Y’en a marre des gaspillages

Posté par ippolito le 28 janvier 2012

Sommet de l’Etat : 254 millions d’euros d’économies possibles

L’Elysée et le Parlement devraient montrer l’exemple et couper dans leurs dépenses superflues. Il y a de quoi faire.
Nicolas Sarkozy oublie rarement de glisser une enveloppe à un élu méritant. Grâce à une cagnotte de 20 millions d’euros, gérée par le ministère de l’Intérieur, il leur distribue de généreuses «subventions d’intérêt local». Après quoi, il leur écrit : «Par décision du président de la République, il a été décidé de vous accorder…» L’exemple venant d’en haut, on n’imagine pas le Parlement renoncer à financer le clientélisme local, ou le Conseil économique et social cesser de gaspiller les millions même lorsque la France est au bord du gouffre. Comme le mon¬tre notre enquête, le président de la République et le Premier ministre peuvent bien «geler» leurs salaires, ils continuent de vivre comme des monarques d’un autre temps.

Des enveloppes pour financer le clientélisme parlementaire = 137 millions

La réserve parlementaire est une sorte de caisse noire. Chaque année, l’Assemblée nationale et le Sénat distribuent des crédits à leurs membres (respectivement 79 et 58 millions d’euros en 2011), dont ceux-ci usent à leur guise dans leur fief électoral. Ces enveloppes leur permettent de saupoudrer les collectivités amies ainsi que les associations culturelles, cultuelles ou sportives…

Si le mode de répartition de ces sommes est parfaitement opaque, les élus de la majorité perçoivent notoirement plus que ceux de l’opposition : ainsi Michel Lejeune, député UMP de Seine-Maritime, peut-il distribuer 110 000 euros quand Laurence Dumont, sa collègue socialiste du Calvados, ne dispose que de 41 500 euros. Gérard Larcher, l’ex-président du Sénat, s’octroyait à lui seul 3,4 millions d’euros. De quoi faire bien des heureux. Après le changement de majorité au palais du Luxembourg, on verra si son successeur socialiste, Jean-Pierre Bel, ose mettre fin à cette pratique délétère.

La flambée du pétrole fait flamber les salaires au Sénat = 3,4 millions
Les fonctionnaires du Sénat sont payés trois fois plus cher que leurs collègues de l’Etat. Cette différence est due, en grande partie, à une ribambelle de primes que leur a attribuées la «haute assemblée» au fil du temps. Ainsi – on ne rit pas – ils bénéficient d’une prime individuelle de chauffage, et comme elle est indexée sur les cours du pétrole, elle est passée de 1 500 euros par an en 2000 à 4 035 euros en 2011. En la supprimant, on rendrait 3,4 millions d’euros par an à la République. La nouvelle majorité aura-t-elle ce courage ? L’heure n’est pas à la frilosité !

Les voyages présidentiels plombent le train de vie de l’Elysée = 6 millions

Les dépenses de l’Elysée ont encore augmenté de 5,5% entre 2008 et 2010, pour atteindre 114 millions d’euros, selon les calculs de René Dosière, le député spécialiste de la chasse aux gaspis. Les seuls voyages de Nicolas Sarkozy reviennent à 55 000 euros par jour (20 millions par an).

 En novembre 2009, une matinée à Colombey-les-deux-Eglises, pour se recueillir sur la tombe du -général de Gaulle, a coûté 284 614 euros. Le président a déplacé trois avions jusqu’à la base aérienne de Saint-Dizier, où trois hélicoptères l’attendaient pour l’emmener à Colombey. Sur place, un chapiteau avait été dressé pour accueillir les corps constitués du département de la Haute-Marne. Figer les dépenses du «château» au niveau confortable de 2008 ferait économiser 6 millions d’euros par an.

L’Union pour la Méditerranée, un « machin » cher à Sarkozy = 2,35 millions

Lancée en juin 2008 avec tambours et trompettes, l’Union pour la Méditerranée brille par sa discrétion. Cette improbable organisation internationale est décriée par nos partenaires, notamment européens, pour qui les relations du Vieux Continent avec le Maghreb doivent rester l’apanage des institutions de Bruxelles.
 Voulu par Nicolas Sarkozy et imaginé par son conseiller spécial Henri Guaino, ce «machin» est donc en panne. Il coûte pourtant 2,35 millions d’euros par an, pour entretenir son siège de Barcelone et un «conseil culturel» sis à l’Elysée. Depuis sa fastueuse inauguration au Grand Palais pour 16 millions d’euros, cette plaisanterie a coûté près de 25 millions aux Français.
Les télés parlementaires passionnent 0,5% des Français = 16 millions
Des élus des deux bords proposent depuis des années de fusionner La Chaîne parlementaire (Assemblée nationale) avec sa sœur jumelle Public Sénat. «En ne gardant qu’un président, qu’une administration et qu’une rédaction, on économiserait 6 millions sur les 33 millions de leurs budgets réunis», tranche… l’un de leurs dirigeants lui-même.
De même, alors que le câble, le satellite et Internet sont des canaux gratuits, chacune pourrait se passer de dépenser 4,5 millions d’euros par an pour être diffusée sur la TNT avec une part d’audience cumulée qui ne dépasse pas 0,5% des téléspectateurs. Enfin, le Sénat pourrait rendre au Trésor public le million que va lui coûter la modernisation de son studio. 

Un triréacteur pour partir en week-end dans la Sarthe = 1,3 million
Chaque week-end du Premier ministre dans son château de Solesmes (Sarthe) revient à 30 000 euros. Au lieu de descendre du TGV à la gare de Sablé-sur-Sarthe, près de chez lui, François Fillon utilise un Falcon 7X gouvernemental pour parcourir les 230 kilomètres qui séparent l’hôtel-Matignon de son domicile. 
Compte tenu du prix de l’heure de vol à bord du triréacteur préféré des milliardaires (7 877 euros), du cortège de voitures officielles venu l’attendre à l’aéroport d’Angers, les retours au bercail du chef du gouvernement coûtent 1,3 million d’euros par an. Le comble, c’est qu’il irait plus vite en prenant le train !

Le Conseil économique et social brasse du vent

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) rend une vingtaine de rapports par an. Il compte pourtant 233 membres payés 3 768 euros par mois, dont pas mal de politiques, syndicalistes ou artistes recasés là pour toucher un complément de revenu. Quant à leurs 2 149 collègues des 26 CES régionaux, ils ne sont guère plus productifs. pas même ceux d’Ile-de-France, où le président peut pourtant compter sur un invraisemblable cabinet de 32 collaborateurs. Comme personne ne consulte cette production intellectuelle, économisons 68 millions d’euros par an en les supprimant. Attention, dans le cas du Cese national (la moitié de la dépense à lui seul), il faudrait réviser la Constitution ! 

Source : Capital 30/12/2011 

http://www.capital.fr/a-la-une/dossiers/gaspillages-publics-80-milliards-d-economies-c-est-possible-687034/sommet-de-l-etat-254-millions-d-euros-d-economies-possibles

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