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Y’en a marre de la situation de la France

Posté par ippolito le 27 mars 2012

La situation critique de la France

La France est en train de devenir le maillon faible de la zone euro. En dépit de quelques réformes significatives (réforme des retraites, Crédit d’impôt recherche, réforme des universités, etc.), la situation économique de la France devient de plus en plus délicate.

Le déficit public structurel est de 4 points de PIB, le déficit de la balance courante des paiements de 3 points de PIB et la part de la production industrielle dans le PIB a chuté de 30 % de 1998 à 2011. 

La part de nos exportations dans les exportations mondiales a baissé de 40 % sur la même période. L’excès de nos dépenses publiques devient terrifiant, soit 8 points de PIB de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro en 2011 et 9 points en 2012 !

Il faudrait baisser les dépenses publiques de 20 milliards d’euros dans chacune des trois années 2012 – 2014 et les geler ensuite en volume pendant trois ans. Les programmes des deux candidats du second tour, annoncés par les sondages, ne préparent absolument pas l’opinion à une telle évolution. 

L’un de ces deux candidats annonce 45 milliards de hausses d’impôts pour financer 20 milliards d’augmentation des dépenses publiques, tandis que l’autre, plus prudent, est peu explicite sur ses intentions en matière de finances publiques.

Tout porte à penser que l’année 2012, avec une prévision de baisse du PIB de la zone euro selon la Commission européenne, ne sera pas simple à gérer quel que soit l’élu.

C’est le déficit du commerce extérieur qui est le signe le plus inquiétant de l’effondrement relatif de notre base productive. Ce déficit a atteint 3,5 % du PIB en 2011 quand les excédents allemands atteignent le double en points de PIB ! Le taux d’activité de la population est très faible : il nous manque trois millions d’emplois productifs marchands pour retrouver une position compétitive moins calamiteuse.

Or, le candidat annoncé victorieux au second tour veut traiter le problème par des hausses massives de la fiscalité afin de punir les « riches » pour leur cupidité. Alors que la concurrence fiscale et sociale fait rage au sein de l’Union européenne et que la relance de l’économie dépend de la volonté des entrepreneurs et des investisseurs de rebâtir le « site de production France », une telle annonce ne peut qu’encourager ces créateurs de richesses à fuir le pays. Etrange paradoxe ! On veut développer les entreprises en punissant les entrepreneurs.

Pourtant François Hollande a bien identifié qu’il fallait encourager l’innovation tandis que Nicolas Sarkozy veut réduire le coût du travail. En réalité, il faut faire les deux !

Les entreprises du CAC 40 sont très internationalisées et les entreprises industrielles du CAC 40 font les deux tiers de leur activité et les trois quarts de leurs profits hors de France. Nous devons nous donner pour objectif de reconstruire derrière elles, un ensemble cohérent de 400 grandes entreprises internationales, à forte base française, qui puissent servir de fer de lance de la reconstruction de filières de production compétitives tandis qu’une politique fiscale et d’encouragement à l’innovation doit permettre l’essor de 4 000 puissantes ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui permettront de mailler le territoire national de 40 000 PME dynamiques.

La croissance économique mondiale se territorialise : ce sont des métropoles puissantes et des districts régionaux dynamiques qui concentrent la création de richesses dans tous les pays du monde.

La France doit accélérer le redéploiement de son appareil de production en favorisant l’émergence de trois niveaux de métropoles pour servir d’écosystèmes de développement aux trois groupes d’entreprises précitées : 

trois grandes métropoles (Grand Paris, Grand Lyon, Grand Marseille), une douzaine de métropoles régionales à vocation européenne et une cinquantaine de grandes préfectures permettant de concentrer tous les systèmes de décision, d’information et de recherche, et de financement pour les mettre en synergie au service des trois groupes d’entreprises. 

Des régions rendues pleinement responsables des systèmes d’innovation et de financement territoriaux complètent ce dispositif de reconquête.

Tout est encore possible. Mais il faut décider et agir vite !

Christian Saint-Etienne, est membre du conseil d’analyse économique et l’auteur de L’incohérence française (Grasset, 2012).

Christian Saint-Etienne, professeur au Conservatoire national des arts et métiers

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/19/la-situation-critique-de-la-france_1671106_3232.html

Publié dans Y'en a marre des déficits et de la dette | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des dépenses publiques

Posté par ippolito le 27 mars 2012

20 pistes pour baisser la dépense publique

Dans un pays où un emplois sur quatre relève de la sphère publique, il est plus facile d’annoncer des hausses d’impôts que de revoir le train de vie de la «maison France»… Voici quelques pistes d’économies au banc d’essai

FAIRE MAIGRIR L’ÉTAT

1. Geler les rémunérations des fonctionnaires

Avec 285 Mds€, les traitements et retraites de la fonction publique sont le premier budget de l’État. Même si le «point d’indice» (qui sert de référence aux augmentations générales) est gelé cette année pour la deuxième année consécutive, les rémunérations des agents progresseront quand même de 2 à 3% en 2012, selon la Fondation Ifrap (libérale). Et ce, grâce à l’ancienneté, aux hausses catégorielles, à la revalorisation des petits traitements. Or, contrairement à une idée reçue, le public est déjà mieux loti que le privé . L’Ifrap prône donc un vrai gel.

2. Poursuivre le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite

En cinq ans, cette mesure a rapporté 7 Mds€, dont la moitié a été réinvestie dans l’État sous forme de revalorisations salariales. Tout relâchement aurait des effets désastreux même si, les retraites des baby-boomeurs étant pour l’essentiel derrière nous, il faut s’attendre à des départs moins nombreux à partir de 2013. Le «un sur deux» fera économiser entre 800 et 970 M€/an entre 2011 et 2013, selon la Cour des comptes, qui suggère qu’à l’avenir une moindre somme soit rétrocédée aux fonctionnaires sous forme de hausses salariales.

3. Appliquer le «un sur deux» à tous les opérateurs publics

Ils sont près de 600, emploient 375.000 personnes et ont été épargnés par les ciseaux de Bercy. Le «un sur deux» ne leur est appliqué que depuis 2011. Et encore: ceux qui dépendent de l’Enseignement supérieur et de la recherche (58% du total) en sont exemptés. Ils en ont donc profité pour augmenter leurs effectifs (+1,5% en 2010)! Peuvent-ils rester éternellement en dehors de la norme?

4. Accélérer les cessions immobilières

Palais coûteux à entretenir et inadaptés au fonctionnement d’une administration moderne, immeubles de bureaux vides, casernes désertes… L’État a vendu pour 500 M€ de bâtiments en 2010. Il reste de quoi faire (la liste contient encore 1700 locaux) et il faut accélérer le tempo. Il faut surtout affecter une part plus élevée du produit des cessions au désendettement (15% aujourd’hui). N’oublions pas les belles résidences de la diplomatie française à l’étranger: certaines valent plusieurs dizaines de millions d’euros.

La France consacre 6% du PIB à l’Éducation

5. Regrouper les établissements scolaires

La France en compte deux fois plus que l’Allemagne pour une population scolaire moins nombreuse. Résultat, les coûts administratifs représentent 5% de la dépense Education chez nous contre 1,3% outre-Rhin, selon les calculs de l’Institut Thomas More. Mieux vaudrait des établissements moins nombreux (primaire et collèges surtout) et plus grands avec un solide réseau de transports scolaires. Les réactions épidermiques des parents dès qu’un recteur veut supprimer une classe en milieu rural montrent la difficulté de la tâche. Cela ne pourra se faire que dans le cadre d’un plan global.

6. Réduire les allègements sur les bas salaires

Très coûteuses (40 Mds€) et peu efficaces pour l’emploi, ces aides sont de plus en plus sur la sellette. Terra Nova, think-tank proche du PS, propose de revoir les exonérations sur les bas salaires, car, pour son directeur Olivier Ferrand, «elles n’atteignent pas leur objectif parce qu’elles ne touchent pas les ouvriers de l’industrie, les plus exposés à la mondialisation, qui gagnent autour du salaire médian. Elles concernent surtout les emplois peu qualifiés du BTP et de l’hôtellerie-restauration, préservés de la mondialisation». Ferrand propose de les «redéployer».

7. Diminuer les concours aux collectivités locales

Une baisse de 15% sur trois ans économiserait près de 9 Mds€. En Grande-Bretagne, David Cameron a entrepris de réduire d’un quart sur quatre ans les dotations aux collectivités. Le Canada est allé encore plus loin en les réduisant de moitié! En France, une réduction autoritaire de la DGF serait le seul moyen d’obliger les collectivités, qui ont recruté à tour de bras ces dernières années, à s’assagir. La lutte contre les déficits est «une oeuvre collective», leur a rappelé François Fillon mi-février.

8. Recentrer les subventions aux associations

Elles touchent 30 Mds/an d’argent public (État, collectivités locales…), selon l’Ifrap. Si beaucoup sont utiles – elles financent notamment l’aide aux personnes, les crèches, les fédérations sportives… -, on peut gagner quelques milliards en recentrant l’aide sur quelques secteurs clés, le social par exemple, et en demandant aux philanthropes du privé de prendre le relais, à la manière anglo-saxonne. Est-ce à l’État de financer des spectacles de marionnettes ou à une Région de subventionner des syndicats?

Enrayer la hausse des préstations sociales

9. Plafonner les indemnités chômage

Explosif! A l’UMP, Pierre Méhaignerie, Bruno Le Maire l’avaient timidement évoqué l’an dernier avant d’être priés de se taire. A gauche, Terra Nova y est favorable, certains syndicats – la CGT, notamment – n’y sont pas hostiles à condition qu’on ne touche qu’aux cadres. La France est le seul pays à offrir à la fois une indemnisation jusqu’à 6000 €/mois et une durée de deux ans (trois pour les plus de 50 ans) En Allemagne, l’indemnisation est plafonnée à 2200€, en Espagne à 1400€, en Italie à 1000€. La durée est aussi plus courte (un an en Italie, deux en Allemagne et en Espagne). Sur 30 Mds€/an d’allocations, un plafonnement à 4000€/mois entraînerait une économie de 370 M€, selon les calculs de l’Unedic. Beaucoup plus si on s’alignait sur le régime allemand.

10. Plafonner les aides aux ménages

Pour tenter d’enrayer l’inexorable montée des aides aux ménages (30 Mds€ en 2011), certains à droite (à l’UMP, entre autres) proposent de les plafonner. Puisqu’elles ne sont pas imposables, l’idée est que le total des aides de l’État, des collectivités et des organismes sociaux perçues par un ménage (RSA, aide au logement, au chauffage, à la cantine des enfants, etc.) ne puisse pas dépasser le niveau auquel on entre dans le barème de l’impôt sur le revenu (6000€/an de revenu imposable pour une part). Cela suppose une clarification du maquis d’aides que reçoivent les foyers. Les députés UMP proposent que, comme en Belgique, toutes les prestations figurent sur une carte à puce à la manière de la carte Vitale pour la santé. Un bon moyen aussi de lutter contre les fraudes.

11. Repenser la politique familiale

C’est la grande idée de François Hollande: il a d’abord pensé supprimer purement et simplement le quotient familial et le remplacer par un crédit d’impôt. Avec cet argument choc: ne touchant pas les foyers non imposables, il favorise les ménages aisés. Les enfants de pauvres n’auraient-ils pas la même valeur que les enfants de riches? Bercy a aussitôt pondu une note pour prévenir des conséquences de l’affaire: la mesure Hollande transférerait 3,50 Mds € des 50% les plus riches vers les 50% les plus pauvres. A moins qu’elle ne soit utilisée aussi pour faire des économies. Tollé des associations familiales: pourquoi casser ce qui marche depuis soixante-dix ans? Le candidat PS a reculé: s’il est élu, les plafonds du quotient seront «modulés». En clair, rabotés.

12. Mettre sous conditions de ressources les allocations familiales

Ce n’est pas prévu à ce jour par le candidat PS. Il est vrai que Lionel Jospin, qui l’avait fait en 1997, avait été obligé d’y renoncer dix mois plus tard face à la contestation. Mais l’idée pourrait refaire surface si la gauche gagne (Arnaud Montebourg l’a proposé lors de la primaire). Seule certitude, elle rapporterait gros: en 1997, où les allocations familiales avaient été abrogées au-delà de 25.000 F/mois (3800€), l’économie avait été de 6 MdsF (près d’1 Md€).

13. Mettre fin au cumul allocations familiales / supplément familial des fonctionnaires

Le saviez-vous? Les agents payés par l’État (fonctionnaires et contractuels) touchent un supplément familial de traitement en sus des allocs. Le système est très généreux: le supplément est versé dès le premier enfant et proportionnel au salaire (plafonné). La Cour des comptes chiffre le dispositif à 1,30 Md€/an et demande qu’on y mette bon ordre. Les syndicats sont d’accord, à condition que soit forfaitisé cet avantage en s’alignant sur le plus élevé. Ben voyons! La logique serait de demander aux agents – au minimum pour les nouvelles recrues – de choisir entre allocations et supplément.

Réduire les dépenses de santé

14 Introduire des franchises

Beaucoup, à gauche comme à droite, y réfléchissent. Le think-tank Terra Nova préconise «une dose de solidarité, en instaurant une franchise maladie en fonction des revenus pour la médecine de confort, jusqu’à 1000 euros par an. L’hôpital resterait remboursé intégralement». 

L’Institut Montaigne (libéral) a planché sur un système voisin: une franchise pour les médicaments et une autre pour les consultations, le reste étant entièrement pris en charge par la Sécu. En Suède, la franchise est de 200€ pour les médicaments et 100€ pour les consultations. En Belgique, il existe cinq tranches en fonction des revenus; en Allemagne, le taux de franchise est aussi fonction des revenus.

15. Définir un panier de soins

C’est la proposition phare de l’Institut Montaigne: gouvernement et partenaires sociaux définiraient un panier de soins intégralement remboursés par la Sécu. Le reste (optique, soins dentaires, cures thermales, etc.) serait pris en charge par les assurances complémentaires. Pour Montaigne, c’est la garantie d’une meilleure gestion, «plus active». Bref, d’un meilleur contrôle des coûts.

16. Lutter contre la surconsommation de médicaments

Nous sommes les plus gros consommateurs d’Europe: 114€ par tête, selon l’Assurance-maladie. C’est 7€ de plus que les Suisses, 20€ de plus que les Espagnols et deux fois plus que les Britanniques! En cause: notre passion pour les antidépresseurs et les antibiotiques, les mauvaises habitudes des médecins qui ont l’ordonnance facile et notre méfiance à l’égard des génériques, moins chers. Pour les seuls antiulcéreux et anticholestérol, nous ferions économiser 1 Md€ à l’Assurance-maladie en consommant autant de génériques que les Allemands.

Les Français sont les premiers consommateurs de médicaments d’Europe. Crédits photo : Patrick ALLARD/REA/Patrick ALLARD/REA
17. Revoir la liste des affections de longue durée (ALD)

Une trentaine de maladies au long cours (diabète, cancer, AVC…) sont prises en charge à 100% par la Sécu. Avec le vieillissement de la population, les ALD explosent: 9 millions de patients pour 78 Mds€ en 2011. Des économies ont été faites depuis deux ans (moins de prises en charge à 100%, moins de transports sanitaires gratuits) mais d’autres, plus douloureuses, sont nécessaires. Pour la Cour des comptes, il faut «réviser» la liste. En clair, la réduire.

18. Réserver l’aide médicale d’État aux soins d’urgence

Marine Le Pen propose de supprimer complètement l’AME. C’est oublier que les sans-papiers resteront, serment d’Hippocrate oblige, soignés aux frais de la Sécu pour leurs graves pathologies et les femmes, pour leurs grossesses. Mais devant l’explosion du coût de l’AME (plus de 650 M€/an), certains à l’UMP – la Droite populaire – souhaitent qu’elle soit réservée aux seuls soins d’urgence. Son coût en serait réduit de moitié, a calculé l’Institut Montaigne.

19. Des hôpitaux moins nombreux mais plus grands

Là aussi, comme pour l’école, il faut faire une croix sur l’idée qu’on se fait soigner tout près de chez soi. Selon l’Institut Thomas More, qui a comparé notre système à celui de l’Allemagne, nous avons moins de lits mais plus d’hôpitaux que nos voisins d’outre-Rhin. Résultat: un coût de fonctionnement plus élevé. Il faut donc impérativement revoir la carte des hôpitaux.

20. Multiplier les opérations en ambulatoire

Seul un tiers des opérations sont effectuées dans la journée en France, contre 80% en Grande-Bretagne. Beaucoup de petites chirurgies ne nécessitent aucun séjour à l’hôpital: encore un quart des patients opérés de la cataracte passe la nuit à l’hôpital. Un taux qui pourrait être très largement réduit.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/15/20002-20120315ARTFIG00799-20-pistes-pour-baisser-la-depense-publique.php

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