Y’en a marre de l’inflation

Posté par ippolito le 20 mars 2012

Pourquoi la viande va-t-elle coûter encore plus cher ?

Selon un rapport de janvier 2011, le prix de la viande de boeuf a augmenté de 24% en dix ans. 

Les temps sont durs pour les carnivores : le prix de la viande devrait augmenter en 2012. En cause, la baisse du nombre de têtes de bétail, mais pas seulement.

Bleu, saignant, à point ? Ou pas de steak du tout ? En période de crise, le prix de la viande constitue pour certains Français un frein important à sa consommation.

 Au cours de l’année 2012, la situation ne devrait pas s’améliorer : les prix de la viande vont continuer à grimper.

Ce constat, tiré par les éleveurs français à l’issue du Salon de l’agriculture, constitue pour eux une bonne nouvelle, mais pas pour la ménagère française (ou le ménager).

En 2010, l’alimentation représentait 13,4% du budget des Français, selon l’Insee. Un Français consomme en moyenne 92 kg de viande par an, c’est-à-dire environ 250 g par jour. Un chiffre en légère baisse depuis 1998, année où un pic de consommation a été atteint.

Ces dernières années, la part de la viande de boucherie (bœuf, veau, agneau, porc frais, cheval) a diminué au sein de la consommation globale de viande, tandis que celle de la volaille a augmenté.

 Les Français ont également de plus en plus tendance à réduire leur consommation de viande fraiche pour acheter plutôt de la viande surgelée et des produits transformés contenant de la viande.

Si une partie de ces évolutions s’explique par le changement des modes de consommation, le prix de la viande pèse lourd dans le choix des consommateurs français.

 1. Une nette augmentation des prix depuis 10 ou 20 ans

En janvier 2011, un rapport de l’économiste Philippe Chalmin pour le ministère de l’Agriculture établissait le niveau de l’augmentation du prix de la viande bovine à 24% sur 10 ans. Il constatait toutefois que la hausse n’était pas uniforme : si le prix de l’entrecôte était passé de 10 à 30 € le kg, le steak haché surgelé était resté presque stable.
Les autres viandes ne sont pas épargnées. 

Selon l’étude de l’UFC-Que Choisir de 2009 intitulée, « Bœuf, porc et volaille : les prix à la consommation se déconnectent des prix agricoles », pour le porc, « sur les seize dernières années, les prix en rayon ont progressé de 16 % pour le rôti et de 26 % pour l’échine » et « sur le court terme, la volaille est, parmi les produits étudiés, celui qui a le plus été touché par l’inflation (+15 % depuis mars 2007), dépassant de 9 points les autres produits alimentaires ».

L’évolution à la hausse des prix de la viande n’est donc pas une nouveauté, mais le phénomène devrait encore s’accentuer en 2012.

2. La sécheresse et la demande mondiale s’allient contre le consommateur

En France, la sécheresse qui a sévi au printemps dernier a fait augmenter le prix de l’alimentation des animaux et conduit certains éleveurs à réduire leurs troupeaux. Les bêtes sont donc moins nombreuses à arriver dans les abattoirs.

À l’échelle de la planète, le cheptel de bovins diminue et le cours de la viande de bœuf flambe sur le marché mondial. La sécheresse qui a touché le sud des États-Unis a amené le nombre de tête de bétails à son plus bas niveau depuis 60 ans, alors que le pays constitue un des plus grands exportateurs de viande au monde.

Moins rentable en raison de la hausse du coût de l’alimentation des animaux, l’élevage bovin est également concurrencé par les grandes cultures végétales (maïs ou soja) et les agrocarburants, surtout en Amérique latine.

Parallèlement à la baisse du nombre d’animaux, la demande mondiale de viande augmente rapidement, portée par le développement des nouveaux marchés, chinois et russe notamment. En 2010, l’organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation estimait que la production de viande devrait doubler d’ici 2050 pour satisfaire la demande.

La moyenne mondiale de consommation de viande s’élève à environ 42 kg par personne. Un chiffre qui révèle la marge d’évolution de la demande mondiale de viande, puisqu’il est plus de deux fois plus bas que la consommation française.

3. La faute aux distributeurs ?

Du côté de l’UFC-Que choisir, on considère que la demande mondiale n’est pas seule en cause et on dénonce la déconnexion entre prix à la consommation et prix agricoles.

« Le prix du bœuf à la consommation a augmenté de 50% entre 1990 et 2008, alors que les prix de gros ont baissé de 15% dans le même temps. C’est inacceptable », dénonçait en janvier 2009 Alain Bazot, président de l’association.

De la même façon, l’économiste Philippe Chalmin notait dans son rapport que « le niveau des prix de 2010 (2,75 € par kg de carcasse pour une vache « moyenne ») correspond à peu près à la moyenne de la première décennie du XXIe  siècle ». 

Ainsi, la hausse des prix se ferait au profit des industriels et de la distribution, pas des éleveurs.

Toutefois, pour Philippe Chalmin, l’augmentation des prix est en grande partie liée à la hausse des contraintes pesant sur la filière : la nécessité de renforcer la traçabilité après l’épisode de la « vache folle », l’obligation pour les abattoirs de mettre en place un système d’épuration des eaux…

Au cours de la décennie 2000, le consommateur aurait donc gagné en qualité en échange des augmentations de prix. Pour les augmentations de prix à attendre de 2012, c’est une autre affaire…

http://quoi.info/actualite-economie/2012/03/05/pourquoi-la-viande-va-t-elle-couter-encore-plus-cher-1128376/

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Y’en a marre des dépenses de communication

Posté par ippolito le 20 mars 2012

Les dépenses de communication des sites Internet des ministères

Au cours de l’année 2010, le député (UMP) de la Haute-Savoie, Lionel Tardy a interrogé chaque ministère pour connaître les dépenses de communication pour leur site Internet en 2009.

Voici les montants pour certains ministères.

Premier ministre. Total annoncé : 1,035 million

« Les services du Premier ministre sur Internet ont, pour l’essentiel, été assurées par le service d’information du gouvernement (SIG), la direction des Journaux officiels (DJO) et la direction de la Documentation française (DDF). »

88 000 euros pour le référencement et 12 000 euros pour la promotion (via E-regie, la régie Internet du SIG) de gouvernement.fr

242 000 euros pour le référencement de pandemie-grippale.gouv.fr

69 000 euros référencement de journalofficiel.gouv.fr, Legifrance.gouv.fr, boamp.fr, bodacc.fr, circulaires.gouv.fr, info-financière.fr, Ladocumentationfrançaise.fr, service-public.fr, vie-publique.fr et formation-publique.fr

55 000 euros en campagnes de pub pour Boamp.fr

335 000 euros pour bodacc.fr (promotion presse écrite et web).

6 000 euros en pubs lors de la participation de la DDF à des salons

228 000 euros pour Service-public.fr (pubs radio)

Éducation nationale. Total annoncé : 1 244 386,17 euros

434 064,03 EUR (TTC) pour l’achat de mots clés, l’achat de bannières web ainsi que pour les reportages et entretiens vidéo mis en ligne sur la WebTV et la chaîne Dailymotion du ministère. Selon le ministère, près de 2,5 millions d’internautes par mois visitent le site Education.gouv.fr.

Écologie.Total annoncé : 102 842 euros

102 842 euros pour la refonte du site www.développement-durable.gouv.fr initiée en 2008.

Défense.Total annoncé : 380 000 euros

320 000 euros en fonctionnement, hébergement, maintenance et animation de defense.gouv.fr (près de 860 000 visites par mois en 2009). 60 000 euros en achats de mots-clés.

Alimentation, agriculture et pêche.Total annoncé : 137 513,80 euros

91 134 euros pour la mise en ligne des vidéos de la web TV du ministère. 18 489 euros pour l’hébergement du site Parlonsagriculture. 4 829,52 euros pour la formation des services départementaux au développement des sites Internet et intranet du ministère. 5 239,48 euros dépôt de noms de domaine. 17 820,40 euros pour une cartographie du web « alimentation/agriculture/pêche ».

En additionnant ces montants on obtient 137 512,40 euros et non 137 513,80 comme annoncé par le ministère. La différence est minime certes mais ô combien significative…

http://www.observatoiredessubventions.com/2011/les-depenses-de-communication-des-sites-internet-des-ministeres/

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Y’en a marre des gaspillages

Posté par ippolito le 20 mars 2012

Un livre du député René Dosière revient sur le sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée et son coût extravagant.

René Dosière a un combat : le député apparenté socialiste de l’Aisne s’est spécialisé dans la surveillance du train de vie de l’État. Depuis plusieurs années, il pose sans relâche des questions à la présidence de la République et au gouvernement, exigeant exemplarité et transparence du sommet de l’État.

Dans le livre L’argent de l’État, qu’il vient de publier au Seuil, le député épingle notamment le sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée, qui s’est tenu à Paris le 13 juillet 2008, pour un coût exorbitant.

Pour cet événement que Nicolas Sarkozy souhaitait mémorable, le Grand Palais, proche de l’Élysée, a été choisi. Un bâtiment qui nécessite de multiples aménagements pour pouvoir accueillir les chefs d’État et de gouvernement.

Un an plus tard, un rapport de la Cour des comptes tire un bilan sans concession de ce sommet, dont elle souligne « l’impact très négatif sur les finances publiques ».

« Cette conférence internationale d’une durée de trois heures restera dans l’histoire comme la plus chère : 58 000 € la minute », note le député.

En cause, notamment, les délais très courts d’organisation, qui ont empêché de lancer des appels d’offres en bonne et due forme. Les modalités de la conférence ont en effet été fixées quelques jours seulement avant l’échéance. L’entreprise choisie pour aménager le Grand Palais a dû mobiliser 500 personnes jour et nuit pendant plusieurs jours.

Objectif : aménager dans cet immense bâtiment vide une salle pour la déclaration finale, d’autres pour les entretiens bilatéraux, un centre de presse pour les 1 900 journalistes accrédités, 32 cabines pour les interprètes, un bureau pour Nicolas Sarkozy équipé d’une douche ultramoderne, mais aussi poser un faux plancher pour cacher les conduites et installer la climatisation.

La climatisation a coûté à elle toute seule plus de 650 000 €. Quant à la douche, elle n’a pas servi, et a été démontée après le sommet comme tous les autres équipements.

Le soir, un dîner est organisé au Petit Palais (situé en face du Grand Palais) où sont conviées 200 personnes. Le site est loué pour l’occasion à la ville de Paris.

René Dosière souligne que le coût du dîner au sens strict s’élève à 310 € par personne mais qu’il monte à 5 362 € si l’on prend en compte l’aménagement du palais, notamment l’ajout d’un jardin, et même à plus de 7 000 € si l’on incorpore le prix de location du site (340 000 €).

Il raconte que la responsabilité de signer la facture est revenue au comptable du ministère des Affaires étrangères. Celui-ci, horrifié par les montants, refusait de signer, de peur d’en être tenu pour responsable. Le ministre du Budget, Éric Woerth, a donc dû recourir à une réquisition pour régler l’entreprise, des mois après la fin de ce sommet éclair.

L’argent de l’État, de René Dosière, Seuil, 287 pages.

http://quoi.info/actualite-politique/2012/02/09/comment-un-repas-peut-il-couter-5-362-e-par-personne-1123364/

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Y’en a marre des élus locaux

Posté par ippolito le 16 mars 2012

Pourquoi les contribuables versent-ils chaque année la somme record de 1,4 milliard d’euros d’indemnités aux élus locaux?

C’est un chiffre tabou. Difficile à obtenir. Il s’agit du montant global des indemnités versées chaque année à tous les élus locaux. En 2007, il a fallu toute la force de persuasion du député René Dosière (qui lutte contre l’opacité des comptes publics) pour que le gouvernement consente à publier les chiffres… de 2004. Et la note est très salée comme le relève Vincent Quivy dans son livre Nos chers élus, ce qu’ils gagnent vraiment, en atteignant plus d’un milliard d’euros.

Episode 8 : La somme record des indemnités versées aux élus locaux.

Commune, communauté de commune, syndicat, société d’économie mixte, département, région. Ce mille-feuille administratif constitue autant d’occasions pour les élus locaux de percevoir des indemnités. Et vu que les données sont longues et compliquées à recueillir, le ministère en charge des collectivités locales peinent à donner le montant global des indemnités versées. Pourtant, ce chiffre existe. Et il est très élevé : en 2004, les élus locaux ont perçu près de 1,3 milliard d’euros d’indemnités. En 2007, cette somme a augmenté de 10% selon Vincent Quivy en atteignant 1,4 milliard d’euros. 

Pourquoi ce chiffre est-il aussi élevé ? C’est le nombre record de communes en France qui explique en grande partie cette somme. Les indemnités des 36 000 maires et de leurs adjoints représentent à elles-seules près d’un milliard d’euros. À cela s’ajoutent les salaires des conseillers généraux et régionaux (179 millions d’euros), les élus de Paris (11 millions d’euros).

 Sans oublier les nouvelles dépenses nées de la création des communautés de communes : en 2007, alors que l’intercommunalité n’était pas encore achevée, les indemnités des présidents, vice-présidents et membres des assemblées de communautés de communes s’élevaient déjà à 162 millions d’euros. 

Nul doute qu’en cinq ans, ce chiffre a fortement augmenté. Une anomalie financière et démocratique car en raison du cumul des mandats, ce sont souvent les mêmes qui se partagent tous ces postes.

*** Source
- Vincent Quivy, Chers élus, ce qu’ils gagnent vraiment, Seuil, 2010

http://www.politique.net/2012011201-indemnites-des-elus-locaux.htm

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Y’en a marre du montant des subventions pour la culture

Posté par ippolito le 16 mars 2012

32 millions de subventions pour les festivals de Midi-Pyrénées

La région Midi-Pyrénées investit chaque année 32 millions d’euros dans la culture, alors que le désengagement de l’État met à mal la survie des manifestations culturelles .

Révéler les talents de Midi-Pyrénées, faire connaître les compagnies régionales et réaffirmer le soutien de la région, tels sont les objectifs du Guide des festivals, dont la 12e édition pour la saison 2010-2011 vient d’être présentée .

En tout, ce ne sont pas moins de 185 manifestations qui ont été sélectionnées dans ce nouveau numéro, et font valoir la vitalité culturelle de la région Midi-Pyrénées.

Le Guide sera disponible gratuitement dans plus de 3 200 sites de Midi-Pyrénées ainsi que sur le site internet du Conseil Régional .

L’action de la région en faveur des arts de la scène passe également par l’accompagnement de troupes régionales au festival d’Avignon, qui se déroulera du 8 au 31 juillet. Cette manifestation est depuis longtemps un événement incontournable en matière de spectacle vivant, qui doit permettre de « promouvoir la création midi-pyrénéennes auprès des festivaliers », a expliqué Dominique Salomon. 

Cette saison, 24 compagnies midi-pyrénéennes pourront se produire à Avignon grâce au soutien de la région, qui a déboursé près de 120 000 euros pour leur permettre de participer au festival «off». Parmi elles, six présenteront des numéros de cirque dans le cadre de l’opération « Midi-Pyrénées fait son cirque en Avignon », organisée par Circuits, Le Lido et La Grainerie, trois structures régionales de la filière cirque. Fait exceptionnel cette année: deux compagnies de théâtre ont également été retenues pour le festival «in», qui se déroulera du 7 au 27 juillet.

source: la Depeche

http://www.observatoiredessubventions.com/2010/32-millions-de-subventions-pour-les-festivals-de-midi-pyrenees/

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Y’en a marre des faux préfets

Posté par ippolito le 16 mars 2012

Ils n’ont jamais été préfets, mais ils en touchent la retraite

Des dizaines de hauts fonctionnaires ont le titre de préfets alors qu’ils ne le sont pas. Un copinage politique qui leur permet notamment de toucher une retraite de préfet. Parmi eux, Michel Vauzelle et Michel Delebarre.

Parmi ces préfets fantômes, les députés et anciens ministres de François Mitterrand, Michel Vauzelle (photo), 66 ans, et Michel Delebarre, 65 ans SIPA

C’est un scandale français, un de ces abus qui alimentent la rancœur des citoyens contre les politiques. Un de ces arrangements entre amis que l’on cache soigneusement au citoyen, mais qui coûte cher au contribuable. 

Certains de nos hommes politiques et certains hauts fonctionnaires ont été nommés préfets par nos présidents de la République successifs, ils bénéficient d’avantages liés à cette fonction… mais ils n’en ont jamais exercé la moindre fonction. Parmi ces préfets fantômes, figurent deux stars de la politique, les députés et anciens ministres de François Mitterrand, Michel Vauzelle, 66 ans, et Michel Delebarre, 65 ans.

Tous deux indiquent, sur le site informatique de l’Assemblée nationale, la même profession : préfet. Pourtant, le premier est avocat de profession et le second cadre supérieur de collectivités locales. En fait, ces deux grands notables locaux du Parti socialiste qui n’ont jamais exercé les fonctions de préfet avaient été nommés à ce titre, de manière discrétionnaire, par le président François Mitterrand, en 1985 pour le premier et en 1983 pour le second.

Quel intérêt de nommer un préfet fantôme ? C’est un joli cadeau… financier, facile à comprendre. Le 28 avril 2011, Michel Delebarre a fait valoir ses droits à la retraite de préfet, à l’âge de 65 ans, tout comme l’avait fait le 15 août 2010 Michel 

. Cela permet à ces deux caciques du PS de toucher aujourd’hui une pension mensuelle de 4.000 € brut, qui vient s’ajouter à leurs indemnités de parlementaires et d’élus locaux : soit 15.124 € brut (Michel Delebarre) et 9.760 € brut (Michel Vauzelle).

 Sans compter pour chacun une indemnité (forfaitaire) représentative de frais de mandat de député de 6.000 € net. Et cela, en toute discrétion. 

Retraites dorées

D’ici quelques années, lorsqu’ils décideront d’abandonner leurs mandats, ces deux parlementaires pourront cumuler la totalité de leurs retraites de préfet, de parlementaire et d’élu local ! Soit en tout, de l’ordre de 12.000 € mensuels brut pour le premier et 10.000 pour le second. Rappelons que, selon l’Insee, le montant moyen brut des pensions en France s’élevait, en 2009, à 1.196 € par mois… Des montants et des cumuls choquants pour bon nombre des Français.

En juin 2007, à une question de l’hebdomadaire L’Express lui demandant quel était son principal défaut, Michel Delebarre avait répondu : « Je veux tout. » Tout, il l’aura bientôt. En effet, le maire de Dunkerque, président de la communauté urbaine de cette ville et préfet à la retraite abandonnera en septembre prochain son mandat de député pour être tête de liste socialiste aux sénatoriales dans le département du Nord.

Le général de Gaulle, qui ne plaisantait pas avec les finances et la morale publiques, avait mis fin à cette folie des « préfets fantômes », une folie qui perdurait depuis la création de ce corps par Napoléon Ier, en 1800. Autre temps, autres mœurs : avec l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée, en 1981, ce système de copinage, souvent basé sur des relations maçonniques, renaissait de ses cendres.

 La nomination de préfets « en mission de service public relevant du gouvernement » était alors autorisée par un décret du 23 décembre 1982, à hauteur de 5 % de l’effectif budgétaire du corps des préfets. Aujourd’hui, ce quota de « faux préfets » autorisés représente 7 % des 236 préfets, soit 17 préfets fantômes. Au fil du temps, cela fait des dizaines de faux préfets, nommés de manière totalement discrétionnaire et sans exiger le moindre titre ou diplôme pour exercer ces fonctions. 

6.000 € mensuels sans rien faire

Au bout de quelques mois, ces préfets bidons sont nommés préfets hors cadre. Une voie de garage « royale » (utilisée également pour écarter les préfets qui déplaisent), dont on ne revient jamais, mais qui permet aux intéressés de toucher aujourd’hui 6.000 € brut mensuels en attendant la retraite ou d’être élu sénateur, voire député.

Placé alors en détachement pour exercer son mandat, le préfet parlementaire (deux fonctions officiellement incompatibles selon la loi) ne reçoit plus de l’Etat qu’un tout petit salaire correspondant exactement au paiement de ses cotisations de retraite de préfet. Ce qui a été le cas de Michel Delebarre et de Michel Vauzelle pendant plus de vingt-cinq ans. De plus, en cas d’échec électoral, chacun d’entre eux pouvait coiffer sa casquette de préfet hors cadre et percevoir son salaire plein pot, sans être affecté en poste dans un département.

De 1982 à 1995, François Mitterrand a ainsi nommé près d’une soixantaine de préfets en mission de service public. Parmi eux, dix-sept étaient issus des corps de sous-préfets et administrateurs civils. Agés d’au moins soixante ans, ces vieux serviteurs de l’Etat partaient en retraite quelques mois après leur nomination, qui récompensait leurs loyaux services. Ce qui leur permettait de toucher une pension nettement supérieure à celle à laquelle ils avaient droit pour leur carrière de sous-préfet ou dans l’administration de l’Etat. 

La deuxième partie de ces préfets en mission de service public (une quarantaine) était en quasi-totalité des membres du PS, des élus de ce parti et des amis ou proches de l’ancien président. Parmi cette quarantaine de privilégiés, les élus ont le droit de cumuler aujourd’hui cette retraite de préfet en mission (4.000 € en moyenne) avec toutes leurs autres pensions liées à leurs mandats électoraux et des emplois privés.

Garantie tous risques pour les courtisans

Cette institution des préfets fantômes n’est en réalité qu’un des systèmes légaux de financement des deux grands partis politiques français, le PS et l’UMP. Depuis sa renaissance « mitterrandienne », le système a prospéré sous Jacques Chirac, y compris lorsque Lionel Jospin était Premier ministre. Ce cadeau présidentiel offre une sorte de garantie tous risques pour les courtisans, les poids lourds et les incontournables de ces deux formations. On recase toujours ses amis ! Voilà pourquoi, chaque mercredi, jour du Conseil des ministres, un « ami » ou un obligé du président de la République, depuis François Mitterrand, peut être nommé préfet « fantôme » chargé d’une « mission (bidon) de service publique relevant du gouvernement ».

Nicolas Sarkozy n’a pas mis fin au système. Son ancien ministre et fidèle conseiller, Brice Hortefeux, 53 ans, en bénéficie. Selon un décret pris lors du Conseil des ministres du 27 avril 1995, il a été nommé préfet, chargé d’une mission de service public relevant de l’action du gouvernement. A l’époque, à la fin des années 1990, ce fidèle de Nicolas Sarkozy tirait ses ressources de son revenu de préfet, soit 40.000 francs brut par mois, et de ses indemnités de conseiller régional d’Auvergne, soit 10.000 francs brut mensuels.

Cette promotion à un poste de préfet fantôme a suscité l’opposition du commissaire du gouvernement, Rémy Schwartz, lors de la séance publique du Conseil d’Etat de novembre 1996. En vain. Car, au bout du compte, à gauche comme à droite, personne ne remet vraiment en cause le système. Tous en profitent, espèrent en profiter ou en faire profiter un ami, un jour ou l’autre. Ce qui est en réalité un scandale d’Etat bénéficie d’un habillage légal dont tous les politiques s’accommodent en silence.

Nommé préfet pour l’empêcher d’être réélu sénateur
Le 11 octobre 2010, le président de la République nommait préfet administrateur des Terres australes et antarctiques françaises (avec résidence dans l’île de la Réunion) le sénateur de Maine-et-Loire, Christian Gaudin, 60 ans. 

En fait, cet ancien membre du Modem et aujourd’hui du Nouveau Centre avait été élu sur sa propre liste aux sénatoriales de 2011 contre celle du poids lourd local de l’UMP, André Lardeux, 64 ans, ex-président du conseil général. En fait, l’Elysée veut que la droite parte unie aux sénatoriales de septembre 2011 en Maine-et-Loire pour avoir une chance de gagner le siège supplémentaire (le département passe de trois à quatre sénateurs). D’autres sénateurs empêcheurs de tourner en rond pourraient être nommés préfets.

Cette nomination inopinée vise uniquement à déminer une situation bien compliquée dans le département de Maine-et-Loire pour les sénatoriales de septembre 2011. La droite possède deux sénateurs hommes, tous deux poids lourds locaux, et qui ont mené leur propre liste en 2001, l’ancien président du conseil général, André Lardeux, 64 ans, et Christian Gaudin, 60 ans. Tous les deux étaient partants pour se représenter en septembre 2011. La présence de Catherine Deroche colle parfaitement avec la constitution « chabadabada » des listes… De plus, le Maine-et-Loire va encore se jouer à la proportionnelle, car le département gagne un siège de sénateur, en passant de 3 à 4 représentants. N’oublions pas que ce département figure parmi les espoirs de la droite quand à la conquête du quatrième siège : si la droite part unie, elle a une chance de s’emparer de ce siège.

Etant donné qu’elle domine le conseil général et la majorité des communes. Après, c’est aussi stratégique d’avoir quelqu’un comme Catherine Deroche au Sénat : en septembre 2011, elle n’aura même pas un an de mandat et, malgré son expérience et sa présidence de l’association des maires, elle n’a pas le poids nécessaire pour tenter de se faire réélire en montant une liste dissidente. D’autres empêcheurs de tourner en rond pourraient être nommés préfets : Alain Vasselle ou Philippe Marini dans l’Oise, Laurent Béteille pour l’Essonne, Alain Gournac ou Dominique Braye dans les Yvelines, et enfin Christian Demuynck en Seine-Saint-Denis.

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/scandale-ils-n-ont-jamais-ete-prefets-mais-ils-en-touchent-retraite-98391.html

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