Y’en a marre des dérives des comptes publics

Posté par ippolito le 30 avril 2012

Le palace de la région Rhône-Alpes

Polémique. Devis exponentiels, gestion irrationnelle : les contribuables paient la facture.

C’est l’un des piliers du nouveau quartier Confluence de Lyon. La cathédrale de verre et de brique, signée par l’architecte Christian de Portzamparc, abrite depuis cet été le siège de la région Rhône-Alpes. Mais aussi les polémiques.

Jean-Jack Queyranne, le président (PS) de la collectivité régionale, a beau argumenter, expliquer que la région ne pouvait plus fonctionner avec 1 400 agents répartis sur huit sites différents, et que la facture ne s’élèvera au total qu’à 30 millions d’euros pour le contribuable, l’opposition en fait ses choux gras.

« C’est l’exemple type de la dérive des comptes publics », lance la députée européenne Françoise Grossetête, qui préside le groupe UMP de la région Rhône-Alpes. »En cette période de crise, c’est une véritable gabegie, s’insurge-t-elle. Alors que le prix initial de la construction était annoncé à 60 millions d’euros, on arrive à un total de 175 millions. »

Le président Queyranne se défend. Il prétend limiter la casse grâce à la vente de l’ancien siège, estimé entre 25 et 30 millions. Et grâce aux économies réalisées sur les diverses annexes précédemment louées par la région pour pouvoir loger tous ses services. 

L’argument fait sourire l’élue de droite : « Ce bâtiment a été conçu pour abriter tous les services de la région Rhône-Alpes, mais il est déjà trop petit ! » Rhône-Alpes vient en effet d’investir 1,5 million dans un bâtiment à Pierre-Bénite, pour y abriter ses archives. Et certains services, comme le Conseil économique et social, Rhône-Alpes-Tourisme ou Entreprise Rhône-Alpes International, sont encore logés à l’extérieur. 

La vérité, c’est que l’on change de siège pour rassembler tout le monde mais, finalement, tout est éclaté, parce que, sur un bâtiment de 45 000 mètres carrés, 20 000 sont occupés par un hall. N’aurait-on pas pu prévoir dans cet espace vide de quoi loger tout le monde plutôt que de louer et d’acheter de nouveaux locaux ?

Malfaçons. Quant à la vente de l’ancien siège de Charbonnières, censée compenser partiellement la dépense de cette construction de prestige, elle tarde à venir. Les acquéreurs ne se bousculent pas, au point que la région envisage de diviser le site en trois lots, en attendant la révision du plan local d’urbanisme.

« Et, pendant ce temps, la région paie des frais de gardiennage et d’entretien », observe un fonctionnaire. En attendant, au nouveau siège, la facture continue de s’alourdir. Et les rumeurs vont bon train. 6 millions d’euros ont été provisionnés pour des malfaçons et les finitions seraient loin de correspondre au standing du bâtiment

. »On n’a jamais vu la deuxième couche de peinture, les revêtements de sol sont très bas de gamme, et les stores, côté Rhône, ont été emportés par le vent avant l’emménagement », glisse une salariée de la collectivité. L’édifice, conçu par une grande signature de l’architecture française, serait à ce point défaillant que le cabinet parisien aurait renoncé à le présenter comme sa vitrine et à y conduire des clients.

Le nouveau siège a quand même fait l’objet d’une inauguration en grande pompe le 30 juin. Coût de l’opération : 122 700 euros et 250 000 euros pour l’exposition « Jeux de paysage », présentée dans le hall . L’opposition pointe également du doigt l’achat, pour 12 000 euros, d’une oeuvre destinée à être exposée dans le bureau du président. »Il aurait très bien pu piocher dans les réserves de la DRAC ou des musées », dit un opposant.

S’il n’y avait que les extravagances du siège amiral ! Mais, en sept ans, à force de créer des structures et des comités de toutes sortes, la région est passée de 700 à 1 400 salariés, ce qui gonfle considérablement les coûts de fonctionnement. Jean-Jack Queyranne justifie cette augmentation de la masse salariale par les transferts de responsabilités imposés par l’Etat, notamment pour la gestion des lycées.

Dans la veine des dépenses exagérées figure aussi la politique de coopération extérieure. »La région Rhône-Alpes se prend pour le Quai d’Orsay », caricature Françoise Grossetête, s’amusant à égrener les subventions votées au titre de « nouvelles coopérations », à la région du Parana, au Brésil, à la Pennsylvanie, aux Etats-Unis, au peuple Kishua de Sarayaku ou encore à l’association Yasuni, en Equateur. »En période de crise, il serait peut-être utile de se recentrer sur ses compétences », assène-t-elle.

Dérapage. Pas étonnant donc, si, au cours du mandat de Queyranne, l’impôt régional a augmenté de 23 %. »Cela reste très marginal, le montant reste faible », répond Queyranne. Thierry Kovacs, conseiller régional UMP, dénonce, lui, un budget régional en augmentation de près de 50 % en un mandat. »Et les compétences transférées par l’Etat depuis 2004 représentent moins de 45 % de cette évolution budgétaire », précise-t-il.

Aucun parti pourtant ne montre l’exemple. Ainsi, toujours à Lyon, le chantier du futur musée des Confluences, qui doit ouvrir ses portes en 2014, empoisonne depuis plusieurs années la gestion du conseil général du Rhône, présidé par le centriste Michel Mercier. Bel exemple de dérapage financier, là encore !

Fixé à 61 millions d’euros en 2000, le budget du musée a été multiplié par près de cinq en dix ans, pour atteindre, au gré des problèmes de construction et d’assurances, 263 millions d’euros ! Avant son ouverture, le financement de son fonctionnement fait déjà débat. Michel Mercier l’évalue à 20 millions par an, son opposition socialiste estime qu’il sera plus proche de 30 millions. Petits gâchis en perspective…

http://www.lepoint.fr/economie/le-palace-de-la-region-rhone-alpes-13-10-2011-1387581_28.php

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