Y’en a marre des pistons et des magouilles des élus

Posté par ippolito le 24 août 2012

Une machine à piston pour les élus franciliens et leur famille

Un gamin au chômage ? Une épouse sans emploi ? Un copain dans le besoin ? Le Comité régional de tourisme d’Ile-de-France se met en quatre pour embaucher.  Et il y en a pour tout le monde.

Pour recaser leurs enfants, conjoints ou amis, les conseillers régionaux franciliens n’ont pas à se casser la tête. Il leur suffit d’aller gratter à la porte d’une accueillante succursale : le Comité régional de tourisme (CRT), qui leur trouve, sans barguigner, l’emploi demandé.

Cette association loi 1901 a déjà eu les honneurs du « Canard » (14/8) pour une escapade aux Jeux Olympiques de Londres offerte à une dizaine d’élus. Qualifiée de « pompe à fric » par un haut fonctionnaire francilien, elle dispose de 26 millions de subventions annuelles. Des fonds destinés, en principe, au développement du tourisme régional – à l’instar de tous les autres CRT…

Tourisme œcuménique

Question piston, l’Ile-de-France se montre en tout cas très œcuménique. Comme le prouve l’annuaire du personnel du Comité régional de tourisme, tous les partis représentés au conseil régional, présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon, sont servis. Et bien servis.

A droite, on y trouve Brigitte Beaudouin, épouse du maire UMP (et ex-député) de Saint-Mandé, Patrick Beaudouin. Mais aussi David Xavier Weiss, secrétaire national du même parti, chargé des industries, de la presse et des médias.

Au PS, les rangs sont plus fournis. Par exemple : Laurine Sabban, fille de Michèle Sabban, vice-présidente PS de la région (responsable justement de la gestion du personnel), ou Marie Yahiel, fille de Michel Yahiel, conseiller chargé de l’emploi à l’Elysée et ancien délégué général de l’Association des régions de France. Sans oublier une adjointe au maire PS du XIVème arrondissement, un élu d’Arcueil (Val-de-Marne), pas moins de deux adjoints au maire de La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), une ex-dirigeante du Mouvement de la jeunesse socialiste, quelques amis de Jean-Paul Huchon, etc. Tous spécialistes éminents de la chose touristique et recrutés comme tels.

Le Parti radical de gauche, le MoDem, le PC et même le MRC de Jean-Pierre Chevènement n’ont pas été oubliés dans la distribution. Avec l’embauche de plusieurs élus municipaux, d’une ex-conseillère régionale, d’une ancienne journaliste de l’ «Huma » ou de militants méritants.

Les Verts ont fait une entrée en force depuis l’arrivée, en 2010, de l’élu écolo Gérard Feldzer à la présidence du Comité régional de tourisme. Cet ancien pilote de ligne s’était déjà illustré à la direction du musée de l’Air et de l’Espace du Bourget (sous tutelle militaire). Un rapport du Contrôle général des armées avait étrillé sa gestion…

Verts et gourmands

Feldzer a inauguré son mandat en faisant venir deux de ses anciens collaborateurs du Bourget. Depuis, le rythme s’est accéléré. Avec l’embauche de Sébastien Lion, fils de Robert Lion (conseiller régional Vert, ex-patron de la Caisse des dépôts et ancien patron de Greenpeace France). Ou celle de Véronique Chevaillier, épouse d’Eric Chevaillier, conseiller régional écolo et président de l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France. Un juste retour des choses : avant de virer écolo, Eric Chevaillier avait milité au PS en compagnie du directeur général du CRT, Jean-Pierre Blat.

Celui-ci ne s’est pas fait prier pour verdir son équipe. En embauchant, par exemple, des écolos recalés du suffrage universel, mais sûrement passionnés par le tourisme. Parmi eux : un ex-candidat aux législatives à Drancy, un cadre des Verts qui avait tenté sa chance dans le Var en 2007, ou encore cet ancien candidat suppléant dans le Val-d’Oise…

Nombre de ces pistonnés doivent leur nouveau job à Jean-Vincent Placé, qui cumule les fonctions de président du groupe Vert au Sénat, de conseiller régional et de membre du conseil d’administration du CRT. L’intéressé ne prend même pas la peine de démentir : « J’ai déjà recommandé des personnes », avoue-t-il. Avant de se défausser : « Du moment qu’il y a des gens pour juger de la qualité des candidatures… » Et des filiations ?

Débauche d’embauches

Tous ces heureux embauchés jurent qu’ils sont bardés de compétences dans le domaine du tourisme et que nul ne leur a fait la courte échelle. On les croit sur parole. Il n’empêche, sur près de 200 salariés, la proportion de « fils d’archevêque » est hallucinante.

« Ne cherchez pas ! J’ai fait le calcul, lâche au « Canard » le directeur général, Jean-Pierre Blat, désarmant de franchise (ou de cynisme). Je peux vous dire que dans 47% des cas, la présence des salariés est en lien avec des élus régionaux ou avec leur passé politique. »

Ainsi, les effectifs du comité régional ont connu une inflation vertigineuse depuis son arrivée, en 2005. Limités auparavant à 68 personnes, ils ont été multipliés par trois en sept ans. Ce qui est loin du rythme de croissance du tourisme en Ile-de-France. Et les salaires varient – selon Jean-Pierre Blat – de 1 600 à 11 800 euros net par mois (pour le sien…).

Les vilains soupçons de Pécresse

Intriguée par l’inflation des effectifs, la présidente du groupe UMP, Valérie Pécresse, a demandé par écrit, au printemps dernier, à Jean-Paul Huchon le nombre de salariés et de voitures de fonction payées par cette annexe de la Région. Elle peut toujours attendre. Huchon s’est débarrassé du problème en lui répondant courtoisement qu’il transmettait la requête au président de la commission des Finances, qui n’est autre que … l’UMP Roger Karouchi, éternel ennemi de Valérie Pécresse. Chapeau l’artiste !  

Aujourd’hui, Gérard Feldzer assure au « Canard » que « toute nouvelle embauche est, en principe gelée ». Il serait temps, car les subventions versées par la région ont, elles aussi, triplé. Et pas moyen de savoir si ce bel argent a bien été utilisé. La Chambre régional des comptes n’a jamais fourré son nez dans le budget du CRT. Les seules missions d’inspection effectuées ont été l’œuvre des services internes du conseil régional, qui n’ont – quelle surprise ! – rien décelé d’anormal. Mais pour une fois que les élus combattent efficacement le chômage…

http://resistanceinventerre.wordpress.com/2012/08/23/une-machine-a-piston-pour-les-elus-franciliens-et-leur-famille/

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Y’en a marre de l’augmentation de la masse salariale de la fonction publique

Posté par ippolito le 24 août 2012

La masse salariale de la fonction publique d’Etat continue d’augmenter
 
Selon un rapport parlementaire, la masse salariale de la fonction publique d’Etat a continué de progresser de 1 % par an au cours des trois dernières années.

Et ce en dépit du principe de non-remplacement d’un départ sur deux à la retraite instauré dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, lancée en 2007.

Pour les députés Bernard Derosier (PS), Marc Francina (UMP) et Charles de La Verpillière (UMP), auteurs d’un rapport (déposé le 12 octobre et non publié à ce jour) de la mission d’évaluation et de contrôle (MEC) sur « la soutenabilité de l’évolution de la masse salariale de la fonction publique », « l’objectif de contrôle des dépenses publiques et de réduction des déficits poursuivi par le gouvernement ne peut être atteint sans maîtrise des dépenses de personnel » rapporte Le Monde.

Ces dépenses, rémunérations et pensions, représentent « toujours plus de 40% des dépenses du budget général de l’Etat« , soit quelque 118 milliards d’euros.

http://www.lecri.fr/2011/10/13/la-masse-salariale-de-la-fonction-publique-detat-continue-daugmenter/26254

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Y’en a marre des prix des carburants

Posté par ippolito le 24 août 2012

Prix à la pompe : Bercy attendu au tournant

Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, devrait annoncer la semaine prochaine les mesures destinées à contrer la flambée des prix de l’essence. Le gel promis par François Hollande a peu de chances de voir le jour.

      
Le dossier risque d’empoisonner la rentrée du gouvernement. Alors que la défense du pouvoir d’achat est l’un de ses thèmes prioritaires, il se retrouve aujourd’hui pris au piège de l’une des promesses du candidat Hollande : bloquer les prix de l’essence s’ils venaient à s’emballer. En juin, Bercy, à la manœuvre sur cet épineux sujet, avait été sauvé par le gong avec le reflux des prix à la pompe.

Mais l’été lui a réservé une mauvaise surprise. « Depuis le 1er juillet, le gazole a bondi de 13,7 centimes, confirme Franck Ibled, le fondateur du site comparateur de prix Carbeo.com. Idem pour le sans-plomb 95 avec une hausse de 13,6 centimes ». Pour un plein de 60 litres, il faut débourser 8 € de plus! Le gouvernement, cette fois, se retrouve au pied du mur.

Silence et embarras

Ce week-end, Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie, l’a redit. Il fera tout pour baisser les prix à la pompe. Comment ? C’est là que les choses se compliquent. Interrogé hier par notre journal, le ministère de l’Energie renvoie la balle à Bercy qui se mure dans le silence. Un embarras compréhensible tant le gel des prix évoqué par François Hollande semble difficile à mettre en œuvre. La mesure réservée, comme lors de la guerre du Golfe, à des circonstances exceptionnelles, n’est pas adaptée. Et le blocage pouvant conduire les distributeurs à vendre à perte si le brut augmente, il n’est même pas sûr qu’il soit juridiquement envisageable.

Baisser les taxes ? « Le plus efficace serait de diminuer de 19,6% à 5,5% la TVA sur les produits pétroliers », suggère Etienne Coyault, de l’association 40 Millions d’automobilistes. Bonne idée mais coûteuse pour les caisses de l’Etat. Pourquoi pas le retour de la vignette abolie en 2000 ? Une chose est sûre : Bercy, où seront reçus le 28 août les pétroliers et les distributeurs, va devoir rapidement trouver une solution. Faute de quoi, il se mettra les automobilistes à dos.

http://www.leparisien.fr/economie/prix-a-la-pompe-bercy-attendu-au-tournant-21-08-2012-2132088.php

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Y’en a marre du trou de la SECU

Posté par ippolito le 23 août 2012

Les pistes pour économiser des milliards à la Sécu

L’Assurance-maladie n’échappera pas à la politique de réduction des dépenses. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions autres que les déremboursements. Le diagnostic et les prescriptions de L’Expansion.

Maison de retraite du Parc, banlieue de Strasbourg. Quatre-vingts résidents et une directrice énergique, Geneviève Dreyer, bien décidée à ne pas jeter l’argent par les fenêtres. En 2010, elle a une idée : mieux gérer les médicaments de ses pensionnaires. Jusque-là, chacun avait ses ordonnances, ses boîtes de pilules, et les cachets en trop finissaient souvent à la poubelle. « Nous avons mis tout le stock en commun, et pioché dedans selon les besoins », raconte- t-elle. Résultat ? Aucun médicament acheté pendant trois mois, puis des dépenses annuelles en baisse de 15%.

172 millions d’euros

C’est ce que la Sécu pourrait économiser si les traitements de certaines maladies chroniques (diabète, hypertension…) étaient vendus en boîtes de trois mois, et non d’un mois. Problème : les pharmaciens viennent d’obtenir une marge plus élevée sur ces conditionnements. Même s’ils finissent par se diffuser davantage, la Sécu n’en retirera donc pas tous les gains attendus.

À lire, en complément: Un acte médical sur quatre serait superflu

Cette anecdote illustre ce qu’un haut responsable de la Sécu répète à l’envi à ses troupes : « Dans la santé, chaque fois que l’on se penche sur un sujet, on trouve des sources d’économies possibles. » En ces temps de disette budgétaire, ce serait presque une bonne nouvelle. Car, à n’en pas douter, les mois à venir vont obliger le gouvernement à serrer les dépenses d’une main de fer. 

Alors qu’elles tendent « naturellement » à croître de 4 % par an, François Hollande compte plafonner la dérive à 3 %. Et peut-être moins encore si la pression s’accentue sur nos finances publiques. D’autant que les réformes promises pendant la campagne présidentielle (limitation des dépassements, multiplication des maisons de santé) nécessiteront des moyens financiers supplémentaires.

La bonne nouvelle, donc, c’est que l’on peut dépenser moins sans dégrader la qualité des soins. Encore faut-il changer des habitudes, s’attaquer à des rentes de situation, voire reconvertir certains salariés. Long, ardu… mais indispensable. Car l’alternative sera encore et toujours plus de déremboursements. Une ficelle très utilisée ces dernières années, et sur laquelle on ne peut guère tirer davantage sans mettre en cause l’égalité dans l’accès aux soins, déjà fragilisée.

Prescriptions: donner la priorité aux génériques

« Il faut sauver le soldat générique » : cela pourrait être le titre de la conférence de presse organisée début juin par l’Assurance-maladie avec le directeur général de l’Agence du médicament, le président de l’Académie de pharmacie et tous les syndicats de pharmaciens. Un raout hors norme, et pour cause. En 2011, pour la première fois, les ventes en volume de ces pilules low cost, source d’économies majeures pour la Sécu, ont reculé de plus de 3%.

450 millions d’euros

Pour une même maladie, les médecins prescrivent des arrêts de durée très variable. Selon un ancien haut dirigeant de la Sécu, les abus représentent encore 5 % des dépenses.

Les pharmaciens voient fleurir sur les ordonnances la mention « Non substituable », qui les oblige à délivrer le médicament de marque même si une copie moins chère existe. Et, coup de massue, l’Académie de médecine a publié sur les génériques un rapport critique – et controversé. D’où cette contre-offensive. 

Car si tous les médicaments pour lesquels un générique existe étaient remplacés par leur copie, la Sécu économiserait 744,6 millions d’euros, selon la Mutualité française. Et bien davantage encore si les prix des génériques en France s’alignaient sur ceux, moins élevés, en vigueur ailleurs en Europe : avec les tarifs néerlandais, la dépense baisserait de 1 milliard d’euros supplémentaire.

Mais il y a plus désolant : la mauvaise habitude, bien française, de délaisser les molécules anciennes pour des médicaments nouveaux, plus chers et protégés par des brevets, qui n’apportent souvent rien de plus aux malades. C’est ce que les experts appellent l’ »effet structure ». « En ce moment, de nouvelles pilules pour réguler la glycémie se développent très vite. Pourtant, elles ne sont pas plus efficaces que les anciennes, et on ne connaît pas leur sécurité à long terme », regrette un diabétologue renommé. Surcoût, selon la Sécu : 156 millions d’euros.

 Même chose avec les traitements contre l’hypertension : si les médecins prescrivaient les pilules les moins onéreuses, à l’instar de leurs homologues allemands, 150 millions d’euros seraient économisés. Et ce ne sont que deux exemples.

250 millions d’euros

Les taux d’occupation des établissements de soins de suite et de rééducation sont très disparates (83 % dans le public, 93 % dans le privé), et les longueurs des séjours varient beaucoup d’une région à l’autre. D’importants gains sont donc possibles dans ce secteur.

Pour contrer ce phénomène, l’Assurance-maladie compte agiter la carotte financière au nez des généralistes. En clair : plus ils choisiront, quand c’est possible, des cachets peu onéreux, plus leurs primes sur objectif s’arrondiront. On pourrait même aller plus loin : en Suède, gouvernement et médecins se sont accordés sur une liste de médicaments sûrs et d’un bon rapport qualité-prix, à utiliser en priorité.

  »C’est un outil très efficace », salive un des meilleurs connaisseurs du système de soins. Selon cet expert, les dépenses de médicaments pourraient encore baisser de 10 % en jouant sur l’effet structure et sur les quantités prescrites. Soit 2,3 milliards d’économies. Un chiffrage qui ne concerne ni les médicaments utilisés à l’hôpital (lire ci-dessous), ni les économies sur les prix des molécules de marque.

Sur ce sujet, beaucoup estiment difficile d’aller au-delà de ce qui a été fait ces dernières années – à quelques exceptions près. Prenons l’exemple des pilules contre la maladie d’Alzheimer. La Haute Autorité de santé a fini par officialiser ce que tout le monde savait : ces cachets ne sont guère plus efficaces que de la poudre de perlimpinpin. En toute logique, leur prix aurait dû baisser fortement, et générer 100 millions d’euros d’économies. « En fait, les labos et le précédent gouvernement ont négocié en direct, et m’ont présenté la facture », grogne Gilles Johanet, le président du comité qui fixe le prix des médicaments. Au total, la baisse n’a rapporté que 55 millions d’euros.

Hôpital: améliorer la gestion et éviter les séjours inutiles

C’était une promesse de campagne de François Hollande : stopper la « convergence tarifaire ». Cette expression barbare cachait un mécanisme redoutable pour les hôpitaux : l’alignement progressif des tarifs auxquels l’Assurance-maladie les rémunère sur ceux, plus faibles, versés aux cliniques. Les hospitaliers, opposés à cette réforme, ont donc eu gain de cause. « Pour autant, cela ne règle pas la question des différences de coût entre établissements publics comparables », avertit Michel Régereau, le président (CFDT) du conseil de la Cnam. Vaste sujet…

 L’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé (Anap), qui a signé des contrats avec 25 hôpitaux, y estime les gains possibles à 300 millions d’euros (lire: Les économies à l’hôpital nuisent-elles à la qualité des soins?). Mais les économies potentielles sur l’ensemble du secteur sont bien plus importantes, tant les écarts de productivité entre établissements restent importants.

Gestion: la Sécu peut mieux faire

Avec des frais de gestion qui atteignent 3,6 % de son budget, la Sécu fait mieux que les complémentaires. Mais ses coûts pourraient encore baisser. Ainsi, fin 2011, 10 % des feuilles de soins lui parvenaient sous forme papier. Surcoût : 160 millions d’euros. Des économies difficiles à dégager, car il reste à convaincre les médecins réfractaires à l’informatisation.

 Du coup, un autre front a été ouvert : la dématérialisation des ordonnances. Si l’économie attendue est modeste (15 millions d’euros), à terme, cela réduira les fraudes. Les feuilles d’arrêt de maladie pourraient aussi être numérisées : selon l’Inspection générale des affaires sociales, cela rapporterait 100 millions d’euros. 

Autre piste : la réduction des écarts de productivité entre les caisses primaires, qui générerait 250 millions d’euros d’économies. Enfin, supprimer la délégation aux mutuelles de la gestion des remboursements des étudiants et des fonctionnaires permettrait d’économiser 200 millions d’euros par an, selon Yves Bur, ex-rapporteur du budget de la Sécu à l’Assemblée. Mais le plus coûteux reste la multiplicité des régimes obligatoires. Un vrai tabou.

Au-delà, c’est la question même de l’utilité de certaines hospitalisations qui se pose. Le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance-maladie a calculé que, pour les seules personnes âgées dépendantes, 3 millions de journées d’hôpital par an pourraient être évitées (gaspillage : 2 milliards d’euros). Réduire ce gâchis supposerait de mieux suivre les malades en amont, pour ne pas avoir à les hospitaliser, et de mieux gérer les sorties vers les services de rééducation.

Mais il y a encore plus porteur : la chirurgie ambulatoire, qui permet aux patients d’entrer le matin à l’hôpital pour être opérés et de dormir chez eux le soir. Elle représente à peine 40 % des opérations en France, contre 80 à 90 % en Angleterre ou aux Etats-Unis. Imiter les Anglo-Saxons générerait en théorie 4 à 5 milliards d’euros d’économies, selon un expert de l’Anap. Pas si simple, en pratique. 

« Quand on développe l’ambulatoire dans un hôpital, on libère quelques lits par service de chirurgie. Ensuite, pour vraiment faire des économies sur la masse salariale, il faut mutualiser les lits restants, et donc priver les chefs de service d’un peu de leur souveraineté », décrypte un spécialiste. En obligeant à repenser l’organisation des services, cette réforme améliorerait le fonctionnement de tout l’hôpital. Et à terme, l’ »ambulatoire » pourrait même concerner les services de médecine.

Médicaments à l’hôpital: renforcer les contrôles

« A l’hôpital, le médicament, c’est open bar toute l’année », se désole ce directeur de la performance d’une agence régionale de santé (ARS). Cause de son désarroi : la fâcheuse tendance des hospitaliers à prescrire des médicaments récents et chers. Pourquoi feraient-ils autrement ? Les labos les leur fournissent à des prix défiant toute concurrence. Sauf que, une fois sortis, les malades vont continuer à les consommer, cette fois au prix fort. Une vieille habitude que les autorités sanitaires ont du mal à contrer.

Autre problème, très sensible : la gestion des molécules innovantes et onéreuses (anticancéreux…), remboursés par la Sécu aux hôpitaux en plus de leur budget de fonctionnement. Leur usage n’est pas plafonné, mais il n’est pas non plus très contrôlé, selon la Cour des comptes. Les ARS suivent le sujet, mais elles ont peu de moyens d’action : « On signe des contrats de bon usage, on vérifie le respect des indications. 

Difficile toutefois de sanctionner financièrement des hôpitaux déficitaires », soupire ce directeur. Surtout, ce mode de remboursement devrait être réservé aux molécules vraiment innovantes, comme le recommandent l’Institut national du cancer et le Conseil de l’hospitalisation. « C’est loin d’être le cas, constate François Pesty, un consultant spécialisé dans le médicament. Pis : comme ces molécules n’amputent pas leur budget, les hospitaliers les utilisent en priorité, même si elles sont très chères. » D’après ses calculs, au moins 350 millions d’euros pourraient être économisés, sans hypothéquer les chances de guérison des malades.

Chirurgie: réduire le nombre d’actes injustifiés

Ce mercredi 30 mai, les esprits s’échauffent dans l’amphithéâtre de l’Académie nationale de chirurgie. Au coeur des débats : l’appendicite. Avec les progrès de l’imagerie, qui permettent d’affiner le diagnostic, cette intervention a bien diminué, mais elle reste plus fréquente qu’à l’étranger. Opère-t-on encore trop en France ? Si le taux d’intervention, très variable d’un département à l’autre, s’alignait sur celui de l’Ile-de-France, pour les seuls moins de 20 ans, on réaliserait chaque année 15 000 opérations de moins (35 millions d’euros)

Cas pratique: réduire la facture du canal carpien
Le syndrome du canal carpien, une affection de la main, entraîne près de 150 000 opérations par an : c’est l’une des interventions les plus fréquentes. Dans un récent rapport, l’Assurance-maladie a montré que de nombreux gains d’efficience étaient possibles.

Coût global annuel de cette intervention
185 millions d’euros (y compris l’acte lui-même, les arrêts de travail, la rééducation).

Ce que l’on pourrait économiser
20 millions d’euros en diminuant les interventions injustifiées. La moitié de la hausse du nombre d’opérations (+ 25 % en neuf ans) n’est pas due à la démographie, selon la Sécu.

37 millions d’euros sur les congés de maladie excessifs dus aux délais d’attente avant l’intervention, et à des arrêts trop longs après celle-ci.

8 millions d’euros sur les frais de kinésithérapie, normalement pas indiquée pour cet acte.

Source : CNAMTS, calculs de L’Expansion

Autre exemple : la pose de stents chez les malades du coeur (pour éviter que leurs artères coronaires ne s’obstruent). Là aussi, les variations géographiques sont fortes. « C’est intrigant, d’autant qu’on a beaucoup recours aux stents en France, alors que, en dehors des infarctus, les indications sont souvent plus discutables. Or l’enjeu économique est important », constate le Pr Nicolas Danchin, ancien président de la Société française de cardiologie. La Cour des comptes avait estimé il y a deux ans que, sous certaines conditions, beaucoup de ces actes pourraient être évités, avec à la clé une économie de 475 millions d’euros.

Le sujet est explosif, car les médecins n’apprécient guère qu’on mette le nez dans leurs pratiques. Mais il avance : l’Assurance-maladie étudie la pertinence de 16 actes. De son côté, la Haute Autorité de santé va préciser les indications des césariennes programmées, des opérations du canal carpien (lire aussi page 81), de l’appendicite, des amygdales ou de la cataracte. Ses premières études montrent, comme son directeur l’expliquait récemment devant les députés, qu’il serait possible d’opérer moins sans nuire aux patients.

Maladies chroniques: faire mieux pour moins cher

Parfois, les patients eux-mêmes sont en première ligne pour constater les gaspillages. C’est le cas de Gérard Raymond, le président de l’Association française des diabétiques. Partisan de l’autonomie des malades, il déplore les dépenses parfois « faramineuses » de soins infirmiers : 

« La plupart des patients sous insuline peuvent se piquer eux-mêmes. Quand ce n’est pas le cas, il faudrait leur apprendre à le faire. » De fait, les dépenses liées au diabète varient beaucoup d’un territoire à l’autre, sans lien avec la qualité du suivi des malades. « Si les coûts moyens étaient alignés sur ceux des trois régions les plus basses, les dépenses diminueraient de 10 % », selon la Sécu. Soit, tout de même, 1 milliard d’euros d’économies potentielles.

 Autre exemple, les dialyses. En France, moins de 8 % des insuffisants rénaux bénéficient d’une dialyse péritonéale, moins chère et plus souple que l’hémodialyse faite à l’hôpital. Porter cette part à 15 %, comme chez nos voisins européens, réduirait les dépenses de 100 millions d’euros.

Transports: maîtriser les dérapages

Petite devinette : où les frais de transport des malades sont-ils le plus élevés ? A la campagne ? A la montagne ? Perdu : c’est dans les agglomérations, et notamment en Ile-de-France ! « Dans 30 départements, dont les Vosges ou la Moselle, on dépense 510 euros par an et par malade. Si la moyenne nationale, 600 euros par an, s’alignait sur ces départements vertueux, on économiserait 500 millions d’euros », calcule un expert. 

Les solutions sont connues. D’abord, inciter les hôpitaux les plus dépensiers à modérer leurs prescriptions – selon les établissements, la part des malades rentrant chez eux aux frais de la Sécu va du simple au double. Ensuite, n’utiliser les ambulances, plus chères que les taxis, qu’en cas de réel besoin. Les ARS ont été saisies du dossier, mais modifier les habitudes est difficile. « Nous pouvons signer des contrats avec les hôpitaux qui dérapent. Mais, pour que cela porte ses fruits, il faut que nous les aidions à se réorganiser. Or nous n’avons pas les moyens d’accompagner tous ceux qui en ont besoin. Nous avons donc limité notre action à quelques-uns », témoigne le directeur de la performance d’une ARS.

Examens: limiter les radios et les analyses superflues

Chaque année, on dépense 16 millions d’euros en radios du crâne. Pourtant, la quasi-totalité est inutile, comme la Haute Autorité de santé l’a rappelé en 2008. Idem pour les radios du thorax et de l’abdomen, dont les volumes pourraient baisser d’au moins 30 %, selon la Sécu (26 millions d’euros d’économies). 

Même chose avec les examens biologiques : la Haute Autorité de santé travaille sur les indications de certains examens, signe qu’il y a sans doute des écarts à corriger. Mais si les dépenses de biologie par habitant sont beaucoup plus importantes en France qu’en Belgique et qu’en Allemagne, c’est surtout parce que le pays compte plus de laboratoires d’analyses.

  »Il y a eu des baisses de tarifs et une petite diminution du nombre de labos, mais le surcoût s’élève encore à environ 1 milliard d’euros », estime un ancien haut responsable de la Sécu. Des comparaisons qui font hurler les professionnels : « Cela ne veut rien dire, s’exclame François Blanchecotte, du syndicat des biologistes. En Allemagne, tout est industrialisé, les biologistes ne font ni les prélèvements, ni les retours d’examens. »

Quelques experts n’hésitent pas à dire que la radiologie devrait suivre le même chemin : « On compte trop de cabinets libéraux. Cette dispersion coûte cher en frais de fonctionnement », affirme Gilles Johanet. De quoi faire bondir les radiologues… Mais une chose est sûre : avant d’engager l’achat de nouveaux appareils d’IRM, comme certains le réclament, on pourrait commencer à faire tourner davantage les machines installées dans les hôpitaux pour réduire les délais d’attente.

Révélation – Equipements: un secteur hors contrôle

Un secteur ni régulé ni contrôlé. Voilà, en substance, les conclusions d’un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur les « dispositifs médicaux » (prothèses, fauteuils roulants…). En 2011, les dépenses de la Sécu dans ce domaine ont certes ralenti, mais surtout du fait de déremboursements et de baisses de tarifs, principalement sur les appareils pour le traitement de l’apnée du sommeil. Leur coût reste toutefois supérieur à celui pratiqué à l’étranger, notamment en Allemagne : en s’alignant sur nos voisins, on économiserait 100 millions d’euros par an.

Comme le note l’Igas, « l’absence de révision régulière des tarifs limite la répercussion des gains de productivité ». Ainsi, le prix des prothèses de hanches et de genoux facturé à la Sécu n’a pas bougé depuis quinze ans et est plus élevé qu’en Allemagne (surcoût : 180 millions d’euros). Plus grave, l’utilisation de ces équipements est très mal surveillée, selon l’Igas.

A l’hôpital, tout un arsenal a été mis sur pied dès 2006, avec des « contrats de bon usage », des taux plafonds de hausse des dépenses et la possibilité de sanctionner les dérapages. Un dispositif qui rencontre « des problèmes de mise en place effective », d’après l’Igas. De même, le contrôle des professionnels libéraux est « insuffisant ».

La faute à une réglementation complexe, à des sanctions limitées et à l’absence d’indications officielles relatives à l’usage de certains équipements. Dans ces conditions, la Sécu n’a aucune base légale pour affirmer qu’un appareil est mal utilisé.

En 2004, une loi avait prévu de créer ou de réviser les indications de tous les produits déjà sur le marché – ce qui permettrait aussi de justifier des baisses de tarifs. Mais la Haute Autorité de santé, chargée de la tâche, a pris du retard. Sans compter que son programme de travail a été fixé en dépit du bon sens : elle s’est ainsi penchée en priorité sur les cannes plutôt que sur les appareils respiratoires, dont les dépenses explosent !

Autre source d’inefficacité : l’évaluation des équipements nouveaux, éclatée entre les hôpitaux universitaires et la Haute Autorité de santé, qui communiquent peu entre eux. Du fait de cette dispersion des moyens, seuls les dispositifs réellement innovants sont évalués. Les autres sont inscrits directement au remboursement, ce qui, selon certains experts, ne va pas sans poser des problèmes de sécurité.

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/secu-sur-la-piste-des-milliards-a-economiser_309257.html

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Y’en a marre des dépenses pour des sondages

Posté par ippolito le 23 août 2012

Hollande plus gourmand en sondages que Sarkozy… pendant la campagne

Les comptes de campagne des candidats à l’élection présidentielle ont été publiés au Journal officiel, mardi 31 juillet 2012. On note quelques surprises, dont la légère gourmandise de François Hollande pour les sondages. Il a dépensé plus que son rival, Nicolas Sarkozy, pourtant passé maître dans l’art de commander des études d’opinion.

hollande, premier sur les sondages. C’est l’une des informations qui ressort après lecture d’un document de 65 pages relatif aux dépenses et recettes des candidats à l’élection présidentielle, publié au Journal officiel, mardi. 

Quand le budget sondage du candidat de l’UMP s’élève à 110 919 euros, celui du candidat socialiste lui est très supérieur avec une dépense de 236 373 euros en enquêtes et sondages. Il est vrai que Nicolas Sarkozy, président sortant, avait pris de l’avance en commandant lui-même beaucoup d’enquêtes d’opinion pendant son mandat. 
  
En revanche, des meetings comme ceux de la Concorde ou du Trocadéro ont coûté plus cher que ceux du Château de Vincennes ou de Bercy puisque les dépenses de Nicolas Sarkozy en réunions publiques s’élèvent à 13 743 107 euros tandis que les frais de meetings de François Hollande ne dépasse pas les 10 millions d’euros (9 377 307 euros).

 Pour son meeting de la Concorde, le candidat de droite avait affrété un TGV – venant de la Côte d’Azur – et 156 bus. Un fonctionnement qui peut expliquer une telle dépense pour les meetings de campagne du candidat Sarkozy.

MÉLENCHON, GRAND PERDANT DE L’OPÉRATION

Sur les budgets globaux, moins de surprise. Plus l’on dépense, plus l’on gagne… des voix. On se rendra rapidement compte que l’ordre d’arrivée des candidats en voix et aussi le même en dépenses… à deux exceptions près. 
  
Ainsi, si Marine Le Pen est sortie gagnante de son duel avec Jean-Luc Mélenchon  dans les urnes, son portefeuille s’est également mieux porté que son adversaire du Front de gauche à l’issu du scrutin. La candidate frontiste a ainsi dépensé 9 095 908 euros pour finalement obtenir 17,90 % au 1er tour de scrutin. Mélenchon, grand perdant de l’opération, a obtenu 11,10 % pour une dépense de 9 514 317 euros, au dessus de celle de Marine Le Pen. 
  
Dans le bas du classement, la candidate de Lutte ouvrière a connu la même déconvenue. Ayant dépensé plus que son concurrent trotskiste Philippe Poutou, Nathalie Artaud est arrivée derrière lui. La candidate LO a ainsi déboursé un peu plus d’un million d’euros (1 022 159 d’euros) pour finalement obtenir 0,56 % des suffrages exprimés. Le candidat soutenu par le NPA, plus économe, est sous la barre du million d’euro (824 097 euros) mais a lui dépassé les 1% (1,15%). 
  
Sans surprise, les candidats les plus dépensiers sont François Hollande et Nicolas Sarkozy, qui ont bien sûr dû entretenir un second tour riche en meetings. Le candidat socialiste arrive en tête des dépenses avec au total 21 769 895 euros déboursés, tandis que Nicolas Sarkozy a employé 21 339 664 euros. Prochaine étape pour la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, l’examen des comptes des candidats aux dernières élections législatives.

http://www.marianne2.fr/Hollande-plus-gourmand-en-sondages-que-Sarkozy-pendant-la-campagne_a221315.html

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Y’en a marre de la crise

Posté par ippolito le 22 août 2012

Comment cinq ans de crise ont changé l’économie

En août 2007 commençait la crise financière. Tour d’horizon des bouleversements qu’elle a entraînés.

L’euro survivra-t-il à la crise. La question reste en suspens. © AFP
       
C’était il y a cinq ans. Le 9 août 2007, en gelant la valorisation de ses trois fonds investis partiellement sur les crédits immobiliers américains « subprimes », BNP-Paribas signait le premier acte d’une crise qui allait se révéler la plus grave depuis la grande dépression des années trente. 

« La disparition de toute transaction sur certains segments du marché de la titrisation aux États-Unis conduit à une absence de prix de référence et à une illiquidité quasi totale des actifs figurant dans les portefeuilles des fonds, quels que soient leur qualité ou leur rating », explique ce jour-là le communiqué de la banque. 

La BCE doit intervenir le jour même pour rétablir la confiance afin que les établissements financiers continuent à se prêter entre eux. En vacances à Saint-Malo, Jean-Claude Trichet décide par téléphone d’injecter plus de liquidités dans le système bancaire européen que lors des attentats du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Cinq ans plus tard, qu’est-ce qui est sorti de cette crise ? 

Irremplaçables banques centrales. C’est une des transformations majeures liées à la crise financière : les banques centrales assument désormais le rôle de dernier rempart contre la débâcle. 

Pour empêcher l’effondrement du système financier international lié à la dissémination des risques des « subprimes », la BCE a abreuvé les banques de liquidités. L’Eurotower de Francfort a prêté aux établissements privés à des conditions sans cesse meilleures et sur des périodes toujours plus longues. 

En novembre 2011, elle décide de servir des liquidités illimitées à un taux de 1 % sur trois ans ! Une opération renouvelée une fois en février et étendue à toutes les banques.

 Au total, ce sont près de 1 000 milliards d’euros que les banques ont pu ramasser auprès de l’institution d’émission. Mais la BCE n’a pas non plus hésité à se lancer dans un programme limité de rachats de dette souveraine des pays à risque. Elle a toutefois veillé à stériliser ces actions afin de ne pas monétiser la dette des États, ce qui serait contraire à son mandat centré sur la stabilité des prix. 

Le programme a été interrompu, mais les rachats pourraient bientôt reprendre sur les obligations espagnoles et italiennes si ces deux pays acceptaient de demander l’aide du FESF pour réussir leurs prochaines émissions de dette.

La Réserve fédérale américaine (FED) est allée un cran plus loin. Elle a opéré des achats massifs de dette publique nationale en faisant marcher la planche à billets pour empêcher les taux appliqués aux ménages et aux entreprises d’exploser (quantitative easing). Elle a aussi soutenu certaines catégories de crédits dans le marché de la titrisation.

Le G20 prend la main. Devant l’ampleur de la crise, les vingt économies les plus puissantes de la planète décident de faire front commun et de dessiner ensemble les solutions à apporter aux bouleversements économiques. À l’initiative de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown, le premier G20 se tient le 15 novembre 2008, deux mois après l’effondrement de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers qui a mis le feu aux poudres sur les marchés. 

Le G20 remplace le fameux G7-G8 pour la tenue des affaires du monde. Mais ses résultats sont mitigés, avec une lutte contre les paradis fiscaux en demi-teinte, une réglementation financière laborieuse, une réforme de la gouvernance mondiale quasi inexistante et peu d’avancées sur le système monétaire international toujours dominé par le dollar. Près de quatre ans plus tard, le G20 reste un forum de discussion, sans même un secrétariat permanent.

Les banques redescendent sur terre. Principales responsables de la crise des « subprimes », les banques doivent se soumettre à de nouvelles règles censées être applicables dans le monde entier. Celles-ci imposent aux établissements financiers de renforcer leurs fonds propres par rapport à leur volume de prêts et de réduire leur dépendance aux financements sur les marchés financiers.

 En réalité, ces règles, dites de Bâle III, ne sont pas adoptées au même rythme en Europe et aux États-Unis. Et elles ne vont pas sans risque, notamment en Europe, où les entreprises sont particulièrement dépendantes du financement bancaire (on parle d’une économie « intermédiée », dans laquelle les entreprises ne se financent pas principalement sur les marchés financiers). Les banquiers estiment qu’ils vont désormais être contraints de réduire leur volume de prêts à cause des nouvelles normes prudentielles.

 Les établissements français se sont notamment engagés dans un mouvement de réduction de leur bilan pour réduire leur dépendance aux liquidités, après la fuite des fonds monétaires américains, devenus réticents à leur prêter de l’argent. 

Ce qui est certain, c’est que les banques ne seront plus en mesure de dégager autant de rentabilité que par le passé (jusqu’à 30 % avant la crise contre un objectif de 12 à 13 % aujourd’hui, comme dans le secteur industriel).

La dette souveraine comporte des risques. Considérées avant la crise comme un des seuls actifs sûrs, les obligations de certains États sont devenues des actifs risqués au même titre que les actions. 

Depuis la restructuration de la dette grecque, la perspective de voir un État européen ne pas rembourser sa dette n’est en effet plus une hypothèse totalement farfelue. 

Dans un contexte de forte aversion au risque, les obligations des États les plus fragiles sont donc délaissées, en particulier par les investisseurs anglo-saxons qui préfèrent se ruer vers la dette américaine ou anglaise, soutenue par leur banque centrale respective.

 Résultat, des pays comme l’Espagne ou l’Italie ont du mal à s’endetter sur les marchés à des taux d’intérêt soutenables. Les investisseurs préfèrent se ruer sur les obligations allemandes, mais aussi françaises, quitte à accepter des taux d’intérêt négatifs sur leurs titres de dette. Mais pour combien de temps ?

Les Occidentaux doivent se désendetter. Si la crise n’a pas pour unique origine un excès de dette publique, les pays occidentaux devront tout de même s’engager dans un cycle de désendettement. Les taux d’endettement public et privé atteignent en effet un peu partout des records. 

En France, l’épargne des ménages est au plus haut au moment où l’État tente de se désendetter. Ce qui pourrait bien brider la croissance pour longtemps. Le Japon a pour sa part annoncé un doublement du taux de TVA dans les prochaines années.

 Quant à l’Angleterre et les États-Unis, ils pourraient atténuer les efforts liés au désendettement grâce à des taux d’intérêt réels très bas, voire négatifs, grâce aux rachats massifs d’obligations souveraines par leur banque centrale.

L’Europe doit s’unir ou mourir. La dette publique dans la zone euro est grosso modo comparable à celle du Royaume-Uni, et même inférieure à celle des États-Unis. Mais l’espace souffre en réalité plus des imperfections de la monnaie unique. La politique monétaire n’est en effet accompagnée que par un budget européen dérisoire (1 % du PIB).

 Résultat, les économies de la zone euro n’ont pas convergé comme attendu lors de la création de la zone euro. Au contraire, elles divergent : l’Europe du Nord, industrielle et compétitive, s’est petit à petit détachée de l’Europe du Sud, consommatrice et de moins en moins performante.

 Une dichotomie qui se retrouve aujourd’hui dans les balances commerciales avec d’un côté les pays excédentaires, comme l’Allemagne, et de l’autre les pays déficitaires, comme la Grèce et l’Espagne. C’est pourquoi les chefs d’État et de gouvernement ont promis au dernier sommet européen des 28 et 29 juin de réfléchir à une intégration budgétaire et économique accrue dans les années à venir. Un projet de long terme.

 Par MARC VIGNAUD

http://www.lepoint.fr/economie/comment-cinq-ans-de-crise-ont-change-l-economie-10-08-2012-1494874_28.php

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