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Y’en a marre des cabinets ministériels

Posté par ippolito le 11 octobre 2012

Les cabinets ministériels en « infraction » !

« Exemplarité », avait tonné Matignon dès la formation du gouvernement. Quatre mois plus tard, douze ministres ont déjà dépassé le nombre de collaborateurs autorisés.

C’était le 17 mai dernier. Une éternité ! A l’issue du premier conseil des ministres, le gouvernement fait savoir qu’il entend restreindre drastiquement le nombre de collaborateurs dans les ministères. Afin de répondre « au double impératif d’efficacité et d’exemplarité », la règle édictée est stricte : 15 conseillers pour un ministre de plein exercice, dix pour un ministre délégué.

Quatre mois plus tard, au 30 septembre, 12 membres du gouvernement se trouvent en infraction ! Il y a d’abord les petits contrevenants, ceux qui dépassent le plafond d’1 ou 2 unités : Batho, Hamon, Le Drian, Lebranchu, Montebourg, Repentin et Valls. Ensuite, les ministres qui frôlent la correctionnelle : Sapin avec 3 conseillers supplémentaires et Cuvillier avec 4.

3 autres ministres, enfin, risquent le retrait de permis. Contrit de ne pas avoir été nommé à la tête d’un ministère plein, Cahuzac, ministre délégué au Budget, se rattrape avec 16 conseillers, contre 10 autorisés. Touraine a divisé son cabinet en plusieurs pôles, mais ne trompe personne : il compte 6 collaborateurs en trop. Quant à Moscovici, il entend régler le problème du chômage à lui tout seul, avec le record de 7 conseillers au-delà de la limite autorisée !

http://tempsreel.nouvelobs.com/les-off-politiques/20121003.OBS4357/les-cabinets-ministeriels-en-infraction.html

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Y’en a marre des séances de média training des députes

Posté par ippolito le 11 octobre 2012

L’assemblée nationale a payé 435 400 euros de média training aux députés

Pas d’appels d’offres, aucune mention de ses dépenses dans les rapports consacrés au budget de l’Assemblée. Et pourtant, au cours de la dernière législature, l’Etat a bien payé 435 400 euros de média training pour des députés désireux de s’entraîner à l’interview face caméra ou d’améliorer leur diction ou leur gestuelle pour intervenir dans l’hémicycle.

435 400 euros aux frais de l’Etat alors que les députés ont déjà un revenu substantielle (jusqu’à 9 700 euros brut par mois), une enveloppe pour les frais de mandat (6 209 euros) et une autre pour payer des collaborateurs (9 066 euros) ? C’est Mediapart qui a révélé ce chiffre tabou. Si ces formations existent depuis 1979, certains députés ne sont même pas au courant de leur existence : « Jamais entendu parler !  » s’est par exemple agacé le centriste Charles de Courson, interrogé par Mediapart. 

Cet ancien conseiller à la Cour des comptes et partisan d’un contrôle accru sur les dépenses des élus était même particulièrement remonté contre cette information : « Plutôt que de payer des trainings pour plateaux télé, on ferait mieux de former les parlementaires au processus de fabrication de la loi. Certains en auraient bien besoin », a-t-il déclaré. 

Contactée par Mediapart, l’Assemblée a fait savoir qu’elle venait de mettre fin à ses médias training. « La décision a été prise par les trois députés-questeurs (les argentiers de la maison) à la fin juillet, alors qu’ils passaient au crible les charges du Palais-Bourbon, à la demande du nouveau président de l’Assemblée, Claude Bartolone (PS) », indique le site d’information.

Jusqu’à présent, pour financer ces médias training, l’Assemblée mettait à la disposition de chaque groupe parlementaire une enveloppe en fonction du nombre de députés : « le patron des députés UMP avait le droit d’offrir jusqu’à 66 séances par an à ses troupes (à 1 900 euros maximum la séance), contre 43 pour les socialistes (alors dirigés par Jean-Marc Ayrault), 5 pour les communistes et verts, 5 pour le Nouveau centre, et 2 pour les « non-inscrits » », précise Mediapart. A charge pour les groupes parlementaires de choisir le prestataire extérieur, sans aucun appel d’offre. Au nom de la transparence, sans doute ?

*** Source
- Mathilde Mathieu, « L’Assemblée a payé des séances de media training aux députés », Mediapart, 09.10.2012

http://www.politique.net/2012101001-media-training-435-400-euros-assemblee.htm

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Y’en a marre des ripoux

Posté par ippolito le 11 octobre 2012

Bac de Marseille : flics le jour, truands la nuit

Après leur service, ils enfilaient une cagoule et commençaient leur deuxième vie. Une trentaine de policiers de la brigade anti-criminalité des quartiers nord de Marseille vont devoir à présent s’expliquer de faits de corruption et de racket. 

Une affaire sans précédent

La preuve en est régulièrement fournie dans les pages faits divers des journaux : dans la cité phocéenne, on a une conception très particulière du respect de la loi commune (lire Marianne no 804, « Marseille, territoire perdu de la République »). Mais on découvre soudain que les forces de l’ordre locales ont une interprétation très personnelle du sens de leur mission.

 Les cow-boys de la brigade anticriminalité (BAC) nord de Marseille, qui opèrent dans les cités où coule l’argent de la drogue, avaient en effet pris l’habitude de prélever leur dîme auprès des dealers, de passer des marchés ou d’éventer contre rétribution les perquisitions à venir. 

Comme si eux aussi avaient été peu à peu happés par l’économie   souterraine, ses règles et ses lois. Si les soupçons qui pèsent sur ces gardiens   de la paix se confirment, l’affaire est sans précédent en France. Elle ressemble d’ailleurs davantage aux reportages tournés en caméra cachée au Mexique ou au Venezuela, dans cette Amérique où l’on ne sait plus, parfois, qui est le plus mafieux, le flic ou celui qu’il pourchasse. Une trentaine de gardiens de la paix marseillais sont concernés… soit la moitié des effectifs de la fameuse BAC ! 

Ces équipes, plutôt aguerries, chassent toujours en civil à bord de voitures banalisées. Et elles ne se contentaient pas de prélever en passant dans les sacoches des dealers de quoi remplacer le frigo en rade ou réparer la voiture fatiguée de Madame. 

GROS DEALERS DÉPOUILLÉS

Non, ces flics partaient véritablement en expédition dans les cités, le plus souvent   quand l’officier et le commissaire étaient   en congé, le week-end ou la nuit. Et ces   descentes organisées en milice n’avaient pas pour objectif de maintenir l’ordre. Ils enfilaient des cagoules, à la façon   des braqueurs de banques, sortaient du coffre les battes de base-ball, et en avant la musique ! L’escouade de ripoux savait très bien   dans quelles cages d’escalier débouler, à   quelles portes frapper pour dépouiller les gros dealers, ceux dont les fins de mois sont les plus juteuses. Ils confisquaient   l’argent mais aussi la drogue, pour leur consommation personnelle ou pour la revendre. 

Avec la certitude confortable que personne ne porterait plainte – et   pour cause ! Le pire ? Ces fonctionnaires ne se rendaient apparemment pas vraiment compte qu’ils avaient basculé du côté sombre de la société. Le lendemain, ils reprenaient le cours normal de leur vie professionnelle, travailleurs, obéissant   aux ordres, ponctuels. Le manège durait depuis tellement longtemps, une dizaine d’années au bas mot, qu’ils pensaient que rien ne pouvait leur arriver. Comme ces jeunes caïds qui dealent depuis leur plus jeune âge au point de se convaincre qu’ils sont invincibles, eux pensaient qu’on pouvait être flic la semaine et voyou le week-end. Comme les jeunes caïds se sentent forts en meute, eux ont vécu leur dérive collectivement, complices un jour, complices toujours.   

Et puis, franchement, piquer l’argent de la came, est-ce si grave ? Dépouiller des trafiquants de drogue, est-ce vraiment un crime ? Leur sentiment d’impunité était tel que la sanction qui a frappé l’un d’eux en janvier dernier n’a pas longtemps refroidi les autres ripoux. Révoqué avec fracas, le gardien de la paix a pourtant clamé sur tous les toits – et jusque devant les caméras de France 3 où il apparut le visage camouflé – qu’il n’était pas le seul dans la combine. 

Ses collègues, se sentant tout-puissants, ont continué à prendre très peu de précautions, tout juste utilisaient- ils leurs portables personnels plutôt que ceux du service pour leurs conversations borderline. Aucun d’entre eux n’envisageait que le ciel puisse lui tomber sur la tête. Pourquoi leurs chefs prêteraient-ils attention aux élucubrations d’un révoqué avide de vengeance ? La hiérarchie de la police marseillaise a de fait préféré ignorer l’affaire. C’est bien ce qui agite le plus la Place Beauvau ces jours-ci.

UNE DÉRIVE COLLECTIVE DE LA POLICE MARSEILLAISE

Selon nos informations, le numéro deux de la sûreté départementale a pourtant rédigé un rapport sur les dérives de la BAC nord il y a plus de deux ans déjà. Son poste, il est vrai, le mettait rarement en contact avec cette brigade : est-ce la raison pour laquelle on ne l’a pas pris au sérieux ? A-t-on choisi de faire profil bas pour ne pas s’attirer les foudres du ministre de l’Intérieur de l’époque, Claude Guéant, et par ricochet celles de l’ancien ministre de l’Intérieur devenu président, Nicolas Sarkozy ? 

Le directeur départemental de la sécurité publique Pascal Lalle (devenu entre-temps directeur central de la sécurité publique) n’en commande pas moins une discrète enquête interne… d’où il ressort que rien ne permet d’étayer les soupçons et les rumeurs ! A croire qu’aucun chef ne voulait accrocher à son tableau de chasse une   énorme affaire de ripoux…   

Il faut attendre la nomination à Marseille d’un nouveau préfet délégué à la police, Alain Gardère, en septembre 2011, pour voir les choses bouger. Le haut fonctionnaire, qui   débarque de Paris et du cabinet de Guéant, tend l’oreille lorsqu’un policier à la retraite vient lui parler des curieuses habitudes de la BAC nord. Il rencontre le fameux révoqué, mais c’est surtout en allant au contact des habitants des quartiers que le préfet, né en Algérie, capte ici et là les confidences des anciens. « Les policiers piquent de l’argent à ceux qui vendent de la drogue », lui répètent plusieurs témoins.   

Avec une telle précision que le préfet finit par mobiliser le responsable local de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, autrement dit la police des polices). Ecoutes téléphoniques, sonorisation des voitures de service, pose de micros dans les bureaux…

 L’enquête préliminaire sous   le contrôle du procureur Jacques Dallest finit par révéler le « trou noir » de la police marseillaise… Certains commencent même à croire que l’action souterraine des forces   de l’ordre a un lien avec l’accélération des règlements de comptes dans la cité phocéenne.   

De petit deal en arnaque, les gars  de la BAC ont probablement déstabilisé le milieu local et, surtout, contribué à généraliser le soupçon parmi les voyous. Aujourd’hui, Marseille se réveille avec la gueule de bois. On savait la police locale malade. On la disait « poreuse », selon le terme consacré. 

Régulièrement tombait une brebis galeuse. Mais c’est une dérive collective venue d’un autre monde et dont plus personne ne peut ignorer l’ampleur qui vient d’éclater. Un souci de plus pour Manuel Valls, qui, malgré les renforts annoncés pour Marseille, devra sans doute se passer des services de la trentaine de fonctionnaires qui connaissaient le mieux, trop bien peut-être, les quartiers nord. 
Article paru dans le n°807 de Marianne daté du 6 octobre 2012.

http://www.marianne2.fr/Bac-de-Marseille-flics-le-jour-truands-la-nuit_a223160.html

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