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Y’en a marre de la dette

Posté par ippolito le 12 octobre 2012

La dette française dépasse la barre des 90% du PIB

La dette publique a augmenté de 43,2 milliards d’euros en trois mois.
La dette publique de la France s’établit au deuxième trimestre à 1.832,6 milliards d’euros. 

La dette publique de la France a augmenté de 43,2 milliards d’euros au cours du deuxième trimestre, pour s’établir à 1.832,6 milliards d’euros fin juin, soit 91,0% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé vendredi 28 septembre l’Institut national de la statistique et des études économiques.

La dette publique au sens des critères européens de Maastricht a ainsi augmenté de 1,7 point par rapport à la fin du mois de mars.

La dette cumulée de l’Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale atteignait 89,3% du PIB à la fin du premier trimestre.

La progression constatée au deuxième trimestre est due à une hausse de l’endettement de l’Etat, qui a vu sa dette augmenter de 51,3 milliards d’euros au cours de cette période, a expliqué l’Insee.

La dette des administrations de sécurité sociale a en revanche reculé de 8,2 milliards d’euros, du fait principalement de l’action de la Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale).

La contribution des administrations publiques locales à la dette s’est alourdie pour sa part de 400 millions d’euros, une évolution « comparable aux deuxièmes trimestres des années précédentes », a commenté l’Insee. La contribution des organismes divers d’administration centrale a de son côté diminué légèrement, de 300 millions d’euros.

(Avec AFP)

http://www.challenges.fr/france/20120928.CHA1392/la-dette-francaise-depasse-la-barre-des-90-du-pib.html

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Y’en a marre des hausses des impôts

Posté par ippolito le 12 octobre 2012

Budget 2013 : 16 milliards d’impôts nouveaux

L’effort va concerner en priorité les entreprises (9,6 milliards). Le gouvernement se montre ferme sur l’objectif de déficit à 3 % en 2013. Le budget de la Sécurité sociale comprendra 4 autres milliards de prélèvements nouveaux.

Un choc fiscal pour ramener le déficit public à 3 % de PIB en 2013. Le projet de loi de Finances qui a été présenté ce vendredi matin en Conseil des ministres confirme cet objectif, réitéré avec fermeté par le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici. 

Pour y parvenir avec une petite croissance de 0,8 %, l’exécutif prévoit un effort de redressement budgétaire de 2 points de PIB (environ 40 milliards). Il s’appuiera aux deux-tiers sur des hausses de prélèvements obligatoires.

Le budget 2013 de l’Etat comprend ainsi 15,8 milliards de hausses d’impôts, qui seront complétées, lundi, par 4 autres milliards de prélèvements inscrits dans le budget de la Sécurité sociale (taxes sur la bière, cotisations des indépendants, des frontaliers suisses, etc.), pour parvenir ainsi aux 20 milliards d’impôts nouveaux annoncés par François Hollande. 

Dans l’effort fiscal global imposé en 2013, il faut néanmoins aussi prendre en compte l’impact supplémentaire (4 milliards) des mesures votées en juillet dernier, et de celles votées dans le cadre des plans Fillon (gel du barème de l’IR, notamment).
Progressivité beaucoup plus grande de l’impôt sur le revenu

Sur les 15,8 milliards de hausses d’impôt du PLF, 9,6 milliards pèseront sur les entreprises, essentiellement sur les plus grandes. Le reste concernera les ménages (6,2 milliards), avec en particulier une progressivité beaucoup plus grande de l’impôt sur le revenu.

Le gouvernement martèle à ce sujet que 90 % des ménages ne seront pas concernés par les hausses d’IR dans le budget (voir illustration ci-dessous). « L’impôt total versé par le 1 % des ménages les plus aisés augmentera de plus de 2,8 milliards d’euros », insiste Bercy. 

Mais pour parvenir à ce ratio de 90 %, la majorité considère que la non indexation du barème de l’impôt sur le revenu en 2013 (qui correspond à une hausse globale) ne doit pas être décomptée dans les mesures nouvelles. 

Au contraire, le gouvernement augmentant la décote afin de neutraliser l’impact de la non indexation sur les deux premières tranches, il présente cette mesure comme une baisse d’impôt. Dans les faits cependant, près de 10 millions de foyers fiscaux verront leur IR progresser l’an prochain en raison du gel du barème.

L’UMP a commencé d’attaquer le gouvernement sur le fait que les classes moyennes ne seront pas épargnées, en soulignant l’impact des mesures votées en juillet (heures supplémentaires, forfait social). Les joutes politiquesvont certainement se focaliser sur ce point.

Concernant l’ISF, le barème précédent est rétabli, mais pas exactement à l’identique puisque le taux marginal sera de 1,5 %, contre 1,8 % avant la réforme Sarkozy. Le plafonnement global des impôt (ISF, IR, CSG, etc) est bien fixé à 75 % des revenus.
10 milliards d’économies imposées à l’Etat

Côté dépenses, le gouvernement a détaillé les 10 milliards d’économies imposées à l’Etat, que ce soit par le quasi gel de la masse salariale (+0,2 %), l’arrêt de grands projets ou les économies imposées aux opérateurs (agences, etc.). Cela stabilisera à 56,3 % de PIB le poids de la dépense publique dans le PIB l’année prochaine, quand le taux de prélèvements obligatoires bondira de 44,9 % à 46,3 % de PIB.

Le déficit public prévisionnel 2012 est maintenu à 4,5 % de PIB, en dépit des moins-values de recettes fiscales (2,1 milliards), car Bercy attend des recettes sociales en excédent et des dépenses maladie plus faibles que prévu. En outre, la charge de la dette est revue en baisse de 700 millions cette année. 

Le déficit budgétaire se dégrade néanmoins pour atteindre 83,6 milliards d’euros fin 2012. Il doit revenir à 61,6 milliards en 2013. Quant au retour à l’équilibre, il ne serait pas atteint comme prévu en 2017, le gouvernement tablant maintenant sur un déficit de 0,3 % de PIB à cette échéance.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202295472585-budget-2013-16-milliards-d-impots-nouveaux-366985.php

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Y’en a marre des hausses du prix du gaz

Posté par ippolito le 12 octobre 2012

Les prix du gaz augmentent de 2% 

C’est la deuxième hausse en trois mois pour les ménages. Les tarifs du gaz vont augmenter pour les particuliers et les petits professionnels de 2% à partir de ce samedi. Les nouveaux barèmes ont été publiés ce vendredi au Journal officiel (JO). 

Ils confirment la décision annoncée il y a une dizaine de jours par le gouvernement Ayrault de limiter la hausse, sans respecter les textes officiels qui prévoient que les tarifs de GDF Suez reflètent ses coûts d’approvisionnement et d’acheminement. GDF Suez avait demandé une augmentation d’environ 7%.

Le gouvernement a donc une nouvelle fois passé outre l’avis du gendarme du secteur, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui a souligné dans une délibération également parue au JO que les tarifs réglementés des particuliers auraient dû augmenter cette fois de 6,1%.

 La commission a étrillé au passage la décision du gouvernement, en rappelant «que l’insuffisance de la couverture des coûts de GDF Suez par les tarifs réglementés de vente est de nature à perturber le bon fonctionnement des marchés du gaz naturel».

En revanche, les industriels et autres grands consommateurs, qui avaient subi des augmentations plus fortes depuis un an, bénéficieront de tarifs en hausse de 0,6%, voire en baisse de 0,3 à 1,9% selon les catégories d’abonnements, grâce à l’application d’une formule de calcul inchangée.

Le risque d’un nouveau recours de GDF Suez

En limitant de nouveau la hausse des tarifs de GDF Suez, le gouvernement court le risque d’un nouveau recours de l’opérateur historique ou de ses concurrents regroupés au sein de l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode). 

Ces derniers pourraient attaquer en référé l’arrêté gouvernemental, sachant que cette hausse modérée risque de leur faire subir un préjudice important, puisqu’il s’appliquera en plein début de la saison froide.

Les prix du gaz vont ainsi augmenter pour la deuxième fois en trois mois pour les ménages, après une précédente hausse de 2% le 20 juillet. Une autre de 4,4% avait été appliquée par l’ancienne majorité UMP en janvier. Ces augmentations en série, bien qu’inférieures aux montants jugés nécessaires par GDF Suez et l’autorité du secteur, contredisent les déclarations du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

 Il avait dit cet été vouloir limiter la hausse du gaz et de l’électricité au niveau de l’inflation, laquelle tourne autour de 2% sur un an.

http://www.leparisien.fr/economie/votre-argent/les-prix-du-gaz-augmentent-de-2-ce-samedi-28-09-2012-2186317.php

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Y’en a marre du déclin de la France

Posté par ippolito le 12 octobre 2012

Sortir du déclin

Les Français se mentent à eux-mêmes. Ce n’est pas la France qui arrêtera le XXIe siècle ; c’est le XXIe siècle qui s’apprête à expulser la France du cours de l’Histoire. Nicolas Baverez lance un cri d’alarme dans son dernier essai, “Réveillez-vous !”. Extraits.

Malgré son titre stimulant, le dernier livre de Nicolas Baverez est l’un des plus sombres que nous livre ce normalien, agrégé en sciences sociales, énarque et docteur en histoire. Après les Trente Piteuses (Flammarion, 1997) et la France qui tombe (Perrin, 2003), Réveillez-vous ! dresse un constat implacable de la déchéance d’un pays qui s’enferre dans ses illusions, se crispe sur un modèle dépassé, s’enferme dans le déni des réalités quand tous les autres autour de lui se réforment. Ce disciple de Raymond Aron est marqué par l’immobilisme de la France de l’entre-deux-guerres, se refusant à voir la montée des périls parce qu’elle se croyait à l’abri de sa ligne Maginot, jusqu’à l’effondrement de 1940.

Pour Nicolas Baverez nous répétons les erreurs d’hier à cette différence près que l’ennemi, cette fois, n’est plus extérieur mais intérieur : un modèle social ruineux qui nous conduit à la faillite et que ses élites ont renoncé à réformer par peur de heurter des corporations qui n’ont pour seul souci que de défendre leurs privilèges sans considération pour l’intérêt commun.

Face à la nouvelle donne de la mondialisation, Nicolas Baverez évoque un Montoire intellectuel et moral, une trahison des élites, un pacte dé faitiste.

Certains lui reprochent d’aller trop loin, d’abuser des formules chocs et l’acceront de  » déclinisme  » . Pourtant, force est de constater  » , comme le dit si souvent souvent l’auteur, que les faits corroborent son analyse. Le classement du World Economic Forum sur la compétitivité en 2012 situe la France au 21e rang, trois places derrière son rang de 2011, six derrière celui de 2010. Cela avant les nouveaux impôts du budget 2013. La France continue à tomber.

Baverez ne se résigne pas à la décadence et appelle de ses voeux l’émergence d’une Thatcher, d’un Schröder ou d’un de Gaulle capable d’entraîner le pays vers les réformes nécessaires. Tout le contraire d’un président normal dont on a peine à croire qu’il puisse se transformer en Churchill. D. V.

 » Les Français se mentent à eux-mêmes sur l’histoire du XXIe siècle, placée sous le signe de la fin du monopole de l’Occident et de la revanche des pays du Sud. Ils se mentent à eux-mêmes sur la mondialisation qu’ils entendent défaire sans comprendre qu’elle est le principe historique de notre temps et qu’elle repose sur nombre des valeurs universelles de la Révolution française. 

Ils se mentent à eux-mêmes sur l’Europe, tour à tour idéalisée et diabolisée dès lors qu’elle ne peut plus se confondre avec la projection d’une puissance française en recul. Ils se mentent à eux-mêmes sur le déclin dont ils refusent le terme avec d’autant plus de violence qu’ils sont intimement convaincus de sa réalité. 

Ils se mentent à eux-mêmes sur la supériorité d’un modèle qui les appauvrit, qui lamine la société et déclasse la nation. Ils se mentent à eux-mêmes en ne cessant de chercher l’explication du malheur français et d’en reporter la responsabilité sur des boucs émissaires. Les uns intérieurs : les riches, les banquiers, les agences de notation, les entreprises du Cac40, les immigrés. Les autres extérieurs : l’Allemagne, l’Europe, la Chine, la mondialisation.

La France est en passe de sortir de l’écran radar du XXIe siècle. Plus l’Histoire accélère, plus elle regarde vers son passé, vers d’improbables utopies ou d’introuvables modèles alternatifs. Or ce n’est pas la France qui arrêtera le XXIe siècle ; 

c’est le XXIe siècle qui s’apprête à expulser la France du cours de l’Histoire. La référence à l’Histoire est utile pour éclairer le présent et les choix possibles. Elle tourne à la fascination morbide lorsqu’elle se transforme en religion d’une grandeur perdue, lorsque le culte du passé est érigé en obstacle à l’action dans le monde.

La France approche dangereusement du moment où elle va devoir acquitter les comptes de trois décennies de vie à crédit, tant sur le plan diplomatique et stratégique que sur le plan économique. Elle a longtemps fait illusion en raison du formidable héritage des Trente Glorieuses que les Trente Piteuses ont dilapidé. 

Elle a vécu sur ses rentes depuis les années 1980 : l’acquis des grands programmes technologiques des années 1970 ; la stabilité apparente des institutions de la Ve République ; l’adossement à la construction d’une Europe qui s’affirmait comme le premier pôle commercial du monde et au couple formé avec l’Allemagne ; le soft power diplomatique et stratégique accumulé au temps de la guerre froide, en tant que puissance nucléaire positionnée au carrefour des blocs de l’Ouest et de l’Est, entre le Nord et le Sud.

 Tous ces actifs ont été gagés et convertis en dette pour distribuer des revenus déconnectés de production et pour prétendre au statut de mini-grande puissance sans les moyens de la puissance. Il n’en reste plus rien.

La France a consommé tout son crédit, matériel et symbolique. Elle ne vaut que ce qu’elle pèse dans le monde multipolaire et le capitalisme universel, c’est-à-dire plus grand-chose. Et ni les États-Unis – euxmêmes en situation défensive – , ni les émergents – tout à leur rattrapage et à leur revanche sur l’Occident – , ni l’Allemagne – qui s’estime de plus en plus quitte de sa dette vis-à-vis de l’histoire du XXe siècle – n’ont la volonté et la capacité de venir à son secours si elle décide de continuer à s’abandonner.

La France était un pays riche et prospère ; elle ne l’est plus. Après l’explosion de l’économie de bulles, les modèles de croissance à crédit sont caducs. Et la dette publique, au-delà de 90 % du PIB, pèse négativement sur l’activité et l’emploi.

 La puissance des nations dépend aujourd’hui de la capacité à générer de la croissance, qui découle de la qualité de la gouvernance – condition de la capacité des sociétés à s’adapter – , du dynamisme de la démographie, de l’efficacité des infrastructures, du capital humain et de l’innovation.

En France, tous les moteurs de l’activité sont au point mort. La consommation est durablement bridée par l’impératif du désendettement et les hausses d’impôts. L’investissement marchand stagne, au rythme de la baisse des profits des entreprises. Les exportations s’écroulent avec la compétitivité, ce qui se traduit par un déficit commercial record. La croissance, donc les flux sont durablement à l’arrêt.

 Du côté des stocks, donc du capital, la France cède peu à peu son patrimoine pour maintenir coûte que coûte son niveau de vie, qu’il s’agisse du capital de ses grandes entreprises, de ses marques, de ses actifs immobiliers ou de son épargne.

 Le bilan de l’État, positif à hauteur de plus de 600 milliards d’euros en 1980, est désormais négatif de 835 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 2 272 milliards d’engagements hors bilan – dont 1 352 milliards au titre des retraites. Surtout, l’endettement extérieur, qui finançait le double déficit public et commercial, est sur le point de se tarir.

La France, plus gros emprunteur de la zone euro à partir de 2013
Le ciseau entre l’envolée de la dette, d’une part, la stagnation de l’activité et l’effondrement de l’appareil productif, d’autre part, rend inéluctable à brève échéance une brutale hausse des taux d’intérêt, comme en Italie et en Espagne.

 Or la France, à partir de 2013, deviendra le plus gros emprunteur de la zone euro. Elle sera d’autant plus vulnérable que sa dette est majoritairement à court terme et qu’elle est détenue aux deux tiers par des investisseurs internationaux.

 Et elle n’est plus protégée ni par sa taille qui l’empêcherait de faire défaut, comme le montre la descente aux Enfers de l’Espagne et de l’Italie, ni par le parapluie financier de l’Allemagne compte tenu des tensions croissantes qui fragilisent le couple franco-allemand.

Alors qu’elle a largement contribué à inventer et façonner l’idée de la nation, la France n’en forme plus vraiment une. Elle se réduit à un conglomérat de communautés, de groupes d’intérêts, de statuts, de corporations qui non seulement ne ressentent plus de volonté de vivre ensemble, mais s’organisent pour faire sécession.

 Nombre de Français ne se voient plus d’avenir commun, ce qui se traduit par l’exclusion et la délinquance chez les uns, par le choix de l’exil pour les autres. La solidarité a été dégradée dans le comble de l’égoïsme et le pire des cynismes, à savoir un droit de tirage illimité sur des transferts sociaux financés par la dette publique dont la charge est reportée sur les générations futures.

Les déficits sociaux ne sont pas l’instrument mais l’ennemi mortel de la solidarité, car le financement par l’emprunt est indissociable de transferts futurs du travail de tous vers la rémunération de l’épargne d’un petit nombre. Le moindre des paradoxes n’est pas que les protections de l’État providence, loin de favoriser la concorde et l’épanouissement des citoyens, nourrissent l’anxiété et le ressentiment. 

La France détient le double record des transferts sociaux et de la consommation d’anxiolytiques. La peur de l’avenir culmine chez les plus protégés, et notamment chez les agents publics, car ils savent que le système est condamné. 

Le ressentiment oppose les individus, les corps et les communautés, aussi prompts à se mobiliser pour bénéficier des subsides publics qu’à s’exonérer des impôts correspondants pour les reporter sur les entreprises ou sur les riches, c’est-à-dire sur le voisin. L’esprit civique a déserté au profit d’une mentalité de prédateurs d’une jeunesse ayant pour tout héritage un État en faillite. Cronos dévorait ses enfants ; les Français ont choisi de les ruiner.

Économiquement, la surprotection des uns se paie de l’exclusion des autres, notamment des jeunes ainsi que des immigrés et de leurs descendants. Et le chômage permanent qui résulte de l’euthanasie de la production et de l’emploi privé alimente l’angoisse, qui légitime de nouvelles demandes de protection, donc des hausses d’impôts pour financer les dépenses supplémentaires.

 La France s’est ainsi convertie au modèle du “tax and spend” qui a ruiné la Suède dans les années 1980 et justifié le renversement complet de sa stratégie autour de la baisse des dépenses publiques et de la compétitivité par l’investissement et l’innovation. Socialement, cette société fermée s’est transformée en une redoutable machine à creuser les inégalités non pas tant sur le plan des revenus qui sont égalisés par les transferts que sur le plan des statuts.

 D’où l’échec complet de l’intégration. Obnubilée par l’égalité, la France est un des pays développés qui ont laissé s’aggraver les discriminations les plus fortes envers les jeunes, les immigrés et leurs descendants. Sur le plan politique, la stagnation de l’activité et le blocage de la société élèvent des obstacles infranchissables pour réaliser les changements requis par la nouvelle donne du XXIe siècle.

Face aux chocs et aux bouleversements des équilibres mondiaux, la capacité à innover fait la décision. Dans cet univers fluide, instable, en perpétuelle mutation, une nation et une société à l’arrêt sont condamnées. D’où le mouvement de repli de la France sur elle-même, son enfermement dans ses frontières et son histoire, qui vont de pair avec son effacement progressif de l’histoire mondiale. 

L’Allemagne réunifiée et modernisée assume désormais seule le leadership de l’Europe. Pour les ÉtatsUnis, la France n’est plus l’allié singulier des décennies de guerre froide, aussi fidèle et déterminé dans les crises qu’indocile par temps calme. 

Pour les pays émergents, elle est le symbole d’un Occident décadent, dont la culture et les musées méritent le respect mais que sa dévitalisation économique et politique prive de tout rôle effectif dans les af faires du monde…

Le déni du réel débouche sur l’impuissance de la politique, qui devient pure illusion lorsqu’elle n’est plus capable de déboucher sur l’action. Gorgé d’abstractions, le débat politique se déroule en apesanteur. Il n’y a pas un problème concret qu’un recours aux grands principes ne permette d’éluder. Et quand l’existence de difficultés est reconnue, c’est pour mieux éviter d’aborder les solutions qui impliqueraient des choix ou des efforts. 

Loin d’être exposés, les problèmes vitaux du poison de la dette publique, de l’effondrement de la compétitivité et de la croissance, de l’installation d’un chômage permanent, de la montée de l’exclusion, de la désintégration de l’euro sous le feu croisé du défaut des États et des banques n’ont cessé d’être masqués.

 Loin d’être dénoncés, ils ont été présentés comme des évidences répondant à un ordre naturel et éternel. La crise du capitalisme financier puis celle de l’euro continuent à être systématiquement sous-estimées voire carrément ignorées.

Le choix des dirigeants français depuis trois décennies n’est pas seulement celui du déclin, il est celui du nihilisme, du mépris pour la politique et la démocratie, ce qui explique aisément l’espace ouvert aux extrémistes et aux populistes. 

Dès lors que la politique n’agit plus dans le réel, le pays et le peuple subissent. Une nation qui se révèle incapable de conduire sa propre modernisation ne peut prétendre peser sur la définition des institutions et des règles de la mon dialisation. Voilà pourquoi la France est marginalisée en Europe et dans le monde.

Voilà pourquoi elle a perdu la maîtrise de son destin, qu’elle a remis entre les mains de l’Allemagne et des marchés financiers.  »
Réveillez-vous !, de Nicolas Baverez, Fayard, 200 pages, 11,90 €.

http://www.valeursactuelles.com/actualités/économie/sortir-déclin20120912.html

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