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Y’en a marre des logements de fonction de nos ministres

Posté par ippolito le 13 novembre 2012

Les logements de fonction des ministres

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, ne profite pas de son 117 m2 place Beauvau
 
Installé à l’hôtel Beauvau dans le 8e arrondissement de Paris, juste en face du palais de l’Elysée, le ministère de l’Intérieur abrite un logement de fonction de 117 m2 qui n’est pas occupé par Manuel Valls « pour des raisons de vie personnelle », précise son cabinet. 

Le prix moyen du m2 pour les appartements situés place Beauvau s’élevant à 13 453 euros d’après Meilleursagents.com, le bien mis à disposition de Manuel Valls est estimé à 1 574 001 euros.

Au total, le parc immobilier du ministère de l’Intérieur est composé d’une dizaine de logements affectés aux directions des grandes administrations (sécurité civile, police…) et aux fonctionnaires qui assument des responsabilités opérationnelles dans le domaine de la sécurité de l’Etat et qui sont, de fait, mobilisables à tout moment.

Adresse : place Beauvau, 75008 Paris
Valeur locative mensuelle : 3 948,75 €
Valeur à l’achat : 1 574 001 €
 

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/logement-de-fonction-des-ministres/manuel-valls.shtml

Les logements de fonction des ministres

Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires : 60 m2 rue de Varenne
 
Le ministère de l’Egalité des territoires et du Logement a élu domicile à l’hôtel de Castries, implanté au 72 rue de Varenne dans le 7e arrondissement de Paris. Le bâtiment abrite un logement de fonction d’une superficie de 60 m2 actuellement occupé par Cécile Duflot, la titulaire du maroquin. Selon l’un de ses conseillers, « elle ne l’utilise que lorsqu’elle assiste à des réunions tardives ou quand elle part de Paris très tôt le matin. »

Comme l’histoire d’une résidence est intimement liée à celle de ses occupants, des aménagements ont été réalisés à l’arrivée de la nouvelle ministre. Une deuxième chambre a été créée dans l’ancien salon où des lits superposés ont été installés pour lui permettre d’accueillir ses enfants.

Adresse : 72 rue de Varenne, 75007 Paris
Valeur locative mensuelle : 2 184 €
Valeur à l’achat : 871 800 €

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/logement-de-fonction-des-ministres/cecile-duflot.shtml

 
Jérôme Cahuzac, ministre du Budget : 40 m2 à Bercy
 
Le bâtiment Colbert, dit « Hôtel des ministres », situé au 139 rue de Bercy dans l’Est de la capitale, compte plusieurs logements de fonction. Parmi eux, un appartement de 40 m2 occupé « une à deux fois par semaine, en fonction des soirées de travail » par Jérôme Cahuzac, ministre délégué en charge du Budget.

Selon les Notaires de Paris, le prix moyen du m2 au 139 rue de Bercy est estimé à 9 187 euros. La valeur d’achat du bien immobilier dont dispose le ministre du Budget s’élève donc à 367 480 euros et sa valeur locative à 938 euros par mois. Aucune information n’a été communiquée par les membres du cabinet de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, quant à l’éventuelle occupation d’un logement de fonction.

Adresse : 139 rue de Bercy, 75012 Paris
Valeur locative mensuelle : 938 €
Valeur à l’achat : 367 480 €

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/logement-de-fonction-des-ministres/jerome-cahuzac.shtml

 

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Y’en a marre du coût de l’expulsion des roms

Posté par ippolito le 13 novembre 2012

Expulsion des Roms : une dépense de 11 millions d’ euros en 2009
  
” Paris a dépensé 11 millions d’euros en 2009 pour rapatrier 10 177 Roms vers la Bulgarie et la Roumanie ” selon le quotidien roumain Gândul (La Pensée) ( source Impots-utiles, voir Combien coûtent les multi expulsions des mêmes immigrés ?), rappelant que des milliers de rapatriements ont déjà eu lieu en 2010.

Nombre de personnes renvoyées sont revenues, reconnaissent des officiels roumains et français.

Soit d’ après les chiffres de Gându, un coût de 1 080, 87 euros par rapatrié. Ce montant est très faible au regard des données ressortant du rapport de la mission ” Immigration, asile et intégration ” du Sénat (Projet de Loi de Finances 2009) :

” Le coût des reconduites à la frontière serait de l’ordre de 415,2 millions d’euros, à ramener au nombre de personnes concernées, que l’on peut estimer en 2009, sur la base d’un ratio deux tiers/un tiers (répartition entre reconduites « forcée » et retours volontaires), à 19 800 personnes.

Dans ce cas, le coût budgétaire prévisionnel des reconduites à la frontière s’établirait à environ 20 970 euros par personne reconduite.

Ce montant moyen doit sans doute être affiné, mais donne un ordre de grandeur pertinent, d’autant qu’il ne prend pas en compte les services des préfectures compétents dans ce domaine, l’aide juridictionnelle attribuée aux personnes retenues, ainsi que le coût du contentieux devant les tribunaux liés à la rétention administrative et à la reconduite à la frontière. “

http://www.observatoiredessubventions.com/2010/expulsion-des-roms-une-depense-de-11-millions-d-euros-en-2009/

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Y’en a marre du made in china

Posté par ippolito le 13 novembre 2012

Un vêtement Made in China provoque une sévère allergie sur une fillette

Le diméthylfumarate a fait une nouvelle victime. Pourtant interdite en France, la substance a été retrouvée sur un vêtement Made in China et a provoqué une grave allergie sur une fille de 4 ans. « C’est un véritable scandale », s’indigne une association de victimes.

Le diméthylfumarate (DMF) continue de faire des dégâts. Cette fois, c’est une petite fille qui a été victime de ces petits cristaux blancs utilisés dans certains pays pour lutter contre les moisissures lors du transport de certains produits. Interdit en France depuis 2008, en Europe depuis 2009, on continue pourtant d’en trouver, parfois, au hasard d’un achat passé entre les mailles du filet. 

C’est le cas d’une fillette qui s’est retrouvée avec une violente crise d’allergie après avoir porté un vêtement Made in China. Les gendarmes et la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ont ouvert une enquête pour déterminer comment un produit interdit a pu provoquer une crise si sévère chez une fille de 4 ans à L’Aigle, dans l’Orne.

« Un véritable problème de santé publique »

En 2008, déjà, des fauteuils Conforama avaient provoqué des eczémas et des brûlures chez une centaine de personnes en France. Pour Claudette Lemoine, présidente du Collectif des victimes des fauteuils Conforama empoisonnés au dimethylfumarate, « c’est un véritable scandale ! 

Pour les adultes, c’est déjà très douloureux toutes ces brûlures, mais pour des tout petits enfants, c’est encore pire ! Car cette petite fille, si elle se gratte le visage, quel est le devenir de sa peau par la suite ? », s’interroge la militante. Elle estime d’ailleurs que le problème n’est pas isolé, et qu’il est loin d’être réglé.

 « C’est une honte que ce produit perdure en France et en Europe alors qu’il y a une interdiction depuis plusieurs années. Le problème de cette petite fille n’est pas unique, je continue de recevoir des victimes brûlées, avec des problèmes aux yeux et autres, c’est un véritable problème de santé publique dont les autorités se foutent complètement ». Selon, il y aurait déjà plus de 2 000 victimes du diméthylfumarate en France.

http://www.rmc.fr/editorial/317780/un-vetement-made-in-china-provoque-une-severe-allergie-sur-une-fillette/

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Y’en a marre du pacte de compétitivité

Posté par ippolito le 13 novembre 2012

Comment le gouvernement va faire payer au contribuable son pacte de compétitivité

Le gouvernement a présenté un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros par an pour booster la compétitivité des entreprises…

Après les paroles, les actes. Reconnaissant depuis son arrivée au pouvoir un problème de compétitivité des entreprises françaises, le gouvernement a abattu ses cartes mardi midi avec la reprise en partie de l’explosif rapport de Louis Gallois.

>> Le plan du gouvernement, c’est par ici

Mais au lieu d’un choc, c’est «un pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi» comptant 35 décisions que le Premier ministre a présenté. Et contrairement à ce que beaucoup craignait, Jean-Marc Ayrault a décidé de ne pas repousser l’annonce de mesures sur la compétitivité-prix pour diminuer le coût du travail.

>> Les réactions, c’est par là

Ce ne sera pas une baisse directe annuelle de 20 milliards de charges patronales jusqu’à 3,5 Smic, comme le proposait l’ancien patron d’EADS et de la SNCF, mais un crédit d’impôt du même montant, calculé en proportion de la masse salariale brute pour les salaires jusqu’à 2,5 Smic, avec une montée en charge progressive sur trois ans dont 10 milliards d’euros de baisse dès 2013. Il viendra s’ajouter aux allégements Fillon prévus jusqu’à 1,6 Smic.

Pas de chèque en blanc

Mais du côté de Matignon, pas question de donner un chèque en blanc aux entreprises. Outre la présence de deux salariés dans les conseils d’administration et de surveillance des grandes entreprises, les représentants du personnel devront donner leur avis sur l’utilisation du crédit d’impôt et une rencontre tripartite (Etat, syndicat, patronat) chaque année veillera au bon fonctionnement du nouveau dispositif. 

Plusieurs observateurs craignent cependant déjà qu’il ne se transforme en usine à gaz. Car avec lui, les entreprises verront donc une partie de leurs charges remboursées a posteriori au titre de leur exercice fiscal 2013, sauf pour les PME et les ETI qui pourront obtenir une avance.

Si le gouvernement garantit un «effet économique immédiat», ce tour de passe-passe lui permet de différer d’un an le financement du crédit d’impôt. La première moitié, 10 milliards, proviendra d’abord, entre 2014 et 2015, de nouvelles économies de la dépense publique rebaptisées «Programme de modernisation de l’action publique». Avec les efforts prévus dans le budget 2013, d’ici 2015, les dépenses auront diminué de 22,5 milliards d’euros par an.

Les ménages mis à contribution

En revanche, les ménages devront régler la seconde partie de la facture. Si un tiers des 10 milliards d’euros sera puisé à compter de 2016 dans une nouvelle fiscalité écologique, l’exécutif fera porter quelque 6 milliards d’euros sur une refonte de la TVA à partir du 1er janvier 2014. Bonne nouvelle: le taux à 5,5% pour les produits de première nécessité (produits alimentaires, équipements et services pour handicapés, abonnements gaz et électricité, fourniture de repas dans les cantines scolaires,) passera à 5%, soit un manque à gagner pour Bercy de 800 millions d’euros par an.

En revanche, le taux intermédiaire de 7% atteindra la barre des 10%, générant 3,8 milliards d’euros de recettes par an. Sont visés par ce relèvement: les livres, les tickets de cinéma, les droits d’entrée dans les zoos et les musées, la restauration et la vente de produits alimentaires préparés, les transports de voyageurs, les produits d’origine agricole, les médicaments non remboursables, la rénovation et réparation de logements privés, le transport de personnes, les hébergements en hôtel ou encore la location meublée… Enfin, la majorité des biens et des prestations de services verra le taux de 19,6% relevé à 20%, moyennant 3,3 milliards d’euros de plus pour l’Etat.

>> Hausse de la TVA : Les restaurateurs disent recevoir une gifle

Bien que Matignon s’en défende, «ce bidouillage sur le taux de TVA», comme le dénonce l’économiste proche du PS Thomas Piketty, fait penser à la TVA sociale proposée durant la campagne présidentielle par Nicolas Sarkozy. L’ancien président proposait alors de faire passer le taux normal de TV de 19,6% à 21,2% pour baisser les cotisations patronales.

Mathieu Bruckmüller

http://www.20minutes.fr/economie/1036820-comment-gouvernement-va-faire-payer-contribuable-pacte-competitivite

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Y’en a marre des fonctionnaires qui servent à rien

Posté par ippolito le 13 novembre 2012

Ceux qui sont formidables, ceux qui ne servent à rien

C’est connu : par temps de rigueur, les fonctionnaires – parce qu’ils ont la sécurité de l’emploi et la solide réputation de se la couler douce – n’ont pas la cote. 

Nous avons tenté de démêler les clichés de la réalité. S’il y a des cas de surnombre, c’est surtout l’efficacité de la machine publique qui est en question.

Le ministère de la Fonction publique est une infirmerie où Marylise Lebranchu fait office de surveillante générale. Après les expérimentations barbares du Dr Sarkozy, l’armée des fonctionnaires a perdu vaillance, lustre et fierté. 

Agents de l’Etat, des collectivités locales et des hôpitaux, soit 5,2 millions de Français, ils forment une immense cohorte de grands brûlés en quête de baume réparateur et de tendresse. «L’Etat a été abîmé, diminué, rétréci», compatit la ministre en blouse blanche. «Depuis mon arrivée, je découvre une puissance publique désorientée, des fonctionnaires humiliés et des élus impatients», cautérise-t-elle encore. 

Depuis cinq mois, les notions de «rationalisation» et de «performance» sont exclues de la pharmacopée officielle. «Etat fort», «confiance», «concertation», «diagnostic partagé», voilà les mots choisis pour préparer le patient à la suite du traitement. Malgré l’élection de François Hollande, en effet, les fonctionnaires ne sont pas au bout de leurs souffrances. 

A sa manière bonhomme, le nouveau président entend prolonger le trait tracé depuis 2007, lorsque les cost killers ont pris les commandes de l’administration. François Hollande résumait pendant sa campagne : «La RGPP, c’est fini.» Et ses ministres lui font écho aujourd’hui.

 Néanmoins, les costumes gris de la Cour des comptes ressemblent aux costumes gris des auditeurs du Boston Consulting Group. Désormais, un député PS à l’embonpoint sympathique, René Dosière, réclame la mise à la diète de l’Etat, en lieu et place des libéraux émaciés. 

Et Louis Gallois, réputé chevènementiste, recommande une «réduction massive des dépenses publiques», soit largement davantage que les 10 milliards d’euros déjà programmés ! Malgré l’alternance, assurément, le prisme budgétaire demeure. 

PARTAGER LES SACRIFICES

Or, pour réduire la dépense publique, le nouveau gouvernement a annoncé, comme l’ancien, la diminution des effectifs dans toutes les administrations, exceptés l’Education nationale et l’Intérieur. Dès 2013, une ponction de 15 000 postes environ sera opérée, soit 2,5 % des effectifs des agents de l’Etat. 

La règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite n’a plus cours ? Certes, mais, désormais, les collectivités locales sont invitées à partager les sacrifices. 

Dans cinq ans, assurément, même sans Sarkozy, la sphère publique aura perdu du poids en France. Les syndicats, sur ce point, ne nourrissent aucune illusion. Tout juste espèrent-ils que la «casse» des services publics se poursuivra en fonction d’une philosophie différente. 

«Quelle fonction publique voulons-nous ? Au service de quel objectif ?» Avant tout, Marylise Lebranchu a posé les questions de base. Son cabinet a distribué aux syndicats et aux employeurs publics un épais fascicule relié, qui égrène jusqu’en janvier des discussions thématiques ultraciblées. Car, s’agissant des services publics, agents et usagers ont perdu leurs repères, brouillés par les privatisations, les délégations, les mises en concurrence. 

Depuis belle lurette, l’instituteur partage sa tâche d’éducation avec des enseignants sous statut privé. Depuis vingt ans, notamment sous pression européenne, l’énergie, les transports, la poste, les télécoms, la télévision sont sortis du périmètre public. Au fil des ans, même certaines missions régaliennes, comme la sécurité dans les trains ou les aéroports, ont été privatisées.

 L’appétit des collectivités locales brouille également les repères, quand un maire arme sa police et un président de conseil régional se pique de diplomatie en ouvrant des «représentations à l’étranger». 

Pourquoi le handicap serait-il abandonné au milieu associatif ? Qui déneigera les routes à Noël ? Quel est le degré d’attachement au service public chez le cancérologue qui, au sein même de l’hôpital, tient une consultation privée à fort dépassement d’honoraires ? 

Fonctionnaire de l’Education nationale, Pascale est en pleine perte de sens : «La validation des acquis de l’expérience est un service public gratuit, mais nous facturons aux usagers l’aide à la constitution de dossiers ! Quant à la formation continue des adultes, c’est un marché sur lequel je suis en concurrence avec d’anciens collègues qui se sont mis à leur compte pour gagner davantage.» 

BATAILLONS PAYÉS À NE RIEN FAIRE ?

Au-delà de la caricature de la France en vieux pays suradministré, l’imbrication public-privé est déjà une banalité. Nonobstant la vétusté des textes réglementaires et la complexité du code de la fonction publique, les ronds-de-cuir de Courteline, qui guettent la retraite en pliant des trombones, existent essentiellement dans les fantasmes de Serge Dassault. 

«Un fonctionnaire sur cinq est contractuel ou vacataire», rappelle Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’UGFF-CGT, pour montrer que la précarité existe aussi dans le public. Las, ces évolutions se sont opérées sans que personne ait osé, à ce jour, théoriser la pratique. 

Qui sait qu’en 2007 des équipes mixtes composées de hauts fonctionnaires et d’auditeurs privés ont passé au crible chaque ministère, afin d’améliorer l’adéquation des effectifs aux politiques publiques ? Cet exercice banal, incontestable pour quiconque se préoccupe de l’usage des deniers publics, aurait dû être l’objet d’un débat, en vue d’une mise en œuvre totale ou partielle. 

Tout au contraire, les rapports sont restés – et demeurent ! – confidentiels. Cinq ans après, ils dorment encore dans le placard personnel de leur commanditaire, Eric Woerth… A la confrontation des expertises, la France préfère le choc des mots creux et des idées vagues. 

Ainsi, la dénonciation du «mille-feuille territorial», l’une des tartes à la crème préférées des réformateurs en chambre, n’est appuyée par aucune étude précise. Où sont les doublons ? René Dosière, qui a lancé le chiffre de 15 milliards d’euros d’économies potentielles, est incapable de citer un seul exemple concret.

 «Ce chiffre est le produit d’un calcul macroéconomique intuitif», reconnaît le parlementaire. Les effectifs des communes ont-ils diminué à proportion de la progression des intercommunalités ? Non. Départements et régions coordonnent-ils, avec l’Etat, leurs actions de développement économique ? Encore non. Mais qui licencier de toute urgence, avec quel bénéfice budgétaire et pour quel progrès social ? 

MANQUE DE TRANSPARENCE

L’Ifrap, fondation d’inspiration libérale, multiplie les argumentaires chocs, mais sa directrice, Agnès Verdier-Molinié, sollicitée par Marianne, est incapable de lister, par exemple, les services de l’Etat dont la mission est assumée par les agents de telle collectivité locale. 

«Menez l’enquête, vous verrez !» conseille-t-elle. Mais comment faire quand, par exemple, la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France, interrogeant la Ville de Paris sur l’effectif des «pervenches», ne peut conclure s’il est de 1 952 ou de… 2 022 ? 

En praticien, le président du conseil général du Morbihan, François Goulard, subodore que certains fonctionnaires de la direction départementale des territoires et de la mer de son département seraient inactifs. «Les préfectures ont conservé les effectifs dédiés à l’instruction des demandes de permis de construire alors que les petites communes s’adressent désormais aux syndicats intercommunaux», dénonce-t-il.

 Hélas, faute de transparence – le préfet a refusé de justifier ses effectifs, malgré cinq relances de Marianne -, impossible de chiffrer le nombre d’agents sous-employés. Un, trois ou 15 ? L’ancien ministre Eric Woerth met en garde contre les fantasmes. Selon lui, «la poursuite de la réforme de l’Etat», formule politiquement correcte qui désigne la chasse à la mauvaise graisse, «ne passe pas par la décentralisation». 

Pour le député-maire de Chantilly, lui-même ex-auditeur chez Arthur Andersen, les fameux doublons ne seraient pas un filon d’économies substantielles. En libéral cohérent, il estime que seul l’abandon de certaines politiques publiques – famille, formation professionnelle, entretien des voies fluviales ? – permettrait de réduire la charge de la fonction publique.

 Fin 2011, le Centre d’analyse stratégique, la boîte à idées du Premier ministre, calculait que, avec 90 emplois publics pour 1 000 habitants, la France se situe «en position intermédiaire haute» parmi les pays de l’OCDE, au niveau du Royaume-Uni, entre les 50 de l’Allemagne et les 160 de la Norvège. 

La productivité des gardiens de musée, par exemple, est mesurée par le coût de la surveillance au mètre carré. Les chercheurs du CNRS, loin de végéter dans leurs labos, sont évalués en fonction du nombre de publications – ce qui les conduit parfois à se citer eux-mêmes pour «scorer» artificiellement.

 Après la RGPP, quel fonctionnaire ignore qu’il est sous surveillance, aussi bien de sa hiérarchie que des usagers ? Autrement dit, la focalisation du débat politique sur les effectifs amuse le tapis, mais détourne de la question essentielle : au regard des attentes des citoyens, les performances des agents publics sont-elles perfectibles ?

Or, à cet égard, les Français expriment un jugement ambivalent : ils chérissent le sacro-saint service public, mais n’en sont pas satisfaits. Touche pas à mon école, à mon hôpital, à mon service des impôts ! Chaque économie d’échelle est un crime contre le pacte social français, qui précipitera, par ricochet, la fermeture du bar et de l’épicerie. Pourtant, les mêmes usagers sont sévères sur la qualité du service rendu. 

Dans la dernière étude menée par Deloitte et l’Ifop, les Français appelés à noter les fonctionnaires n’attribuent qu’une note passable (5,6/10) pour l’intégrité, et moins de la moyenne pour l’efficacité (4,9), le dévouement (4,7) et la réactivité (4,4).

 Pis : 45 % des Français estiment que la qualité du service va se détériorer – un sentiment partagé par 57 % des fonctionnaires questionnés ! De même, le décryptage fin de l’enquête annuelle menée pour l’institut Paul-Delouvrier permet de relativiser des résultats en trompe l’œil : certes, la satisfaction globale des usagers atteint 76 %, mais seulement 10 % des Français ont une «très bonne» opinion de la police, 6 % de l’Education nationale, 5 % de la justice, etc.

 Avec la même structure de satisfaction, une boulangerie «plutôt bonne» serait condamnée à tirer le rideau. Cela étant, même s’il est avéré qu’un nombre croissant d’enfants quittent le primaire sans savoir lire, est-il rationnel de sabrer dans les effectifs d’instituteurs ?

JOUER CARTES SUR TABLE

Dans les séries télévisées, les Français plébiscitent l’instit, le flic, le juge et l’inspecteur du travail, mais les administrés, dans la vraie vie, ont la dent dure ! Sans doute fantasment-ils encore sur un engagement de vie au service de l’intérêt général, alors que l’esprit de mission existe – nous l’avons rencontré ! -, mais pas davantage dans le public que dans le privé.

 «Quand j’ai voulu pourvoir un poste d’encadrement, 14 des 15 jeunes attachés qui ont postulé m’ont d’abord interrogé sur le rythme de travail et les RTT !» s’étrangle un haut fonctionnaire. La valeur travail ne se porte pas mieux ici qu’ailleurs, la peur du chômage en moins. 

La première plaie des administrations est l’à-quoi-bonisme, qui va de pair avec le refus d’assumer ses responsabilités. «Dans les collectivités locales, rapporte un agent contractuel, l’encadrement est pris en tenaille entre les élus, qui recrutent à tour de bras pour satisfaire leur clientèle, et les syndicats, qui leur dénient la légitimité de rémunérer les agents en fonction de leur mérite.»

 D’où la rareté des sanctions disciplinaires à l’encontre du collègue tire-au-flanc, du canard boiteux dont l’indolence pèse sur le service. En 2011, alors que la fonction publique d’Etat compte 2 millions d’agents titulaires, 2 956 sanctions disciplinaires ont été prononcées pour «mauvais service, indiscipline, fautes professionnelles, absences irrégulières et abandon de service». «Les hiérarchies devraient mieux assumer leur rôle», admet Marylise Lebranchu. 

De fait, l’avertissement, le blâme et la révocation existent dans la fonction publique, comme les primes et les bonifications accélérant les carrières, mais l’encadrement répugne à engager les procédures. «C’est trop lourd, se justifie la DRH d’une agence. Cela ne vaut pas le coup.» 

En écho, Christian Grolier, secrétaire général de FO fonction publique, critique lui-même le système actuel de suivi des agents : «L’ancienne majorité a changé le mode de gestion des ressources humaines sans se donner les moyens d’une reconnaissance pécuniaire substantielle ou d’une accélération motivante des carrières.» 

Là encore, les enquêtes montrent une réalité banale : autant que les salariés du privé, les fonctionnaires acceptent le principe de l’évaluation, et même le principe de la mobilité, pourvu qu’ils y trouvent leur compte, individuellement. 

Qui osera admettre, comme Eric Woerth, qu’unifier les trois versants de la fonction publique (Etat, collectivités locales, hôpitaux) est un exercice trop coûteux pour un Etat en faillite ? 

Davantage d’agents formidables et moins de bureaucrates inutiles ? 

C’est possible. Encore faudrait-il jouer cartes sur table, sans dissimuler des choix politiques derrière des contraintes budgétaires imposées par le méchant ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. Bref, s’adresser aux fonctionnaires comme à des citoyens, et non comme à des malades qu’il faudrait dorloter.

http://www.marianne.net/Ceux-qui-sont-formidables-ceux-qui-ne-servent-a-rien_a223847.html

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