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Y’en a marre des magouilles des Tiberi

Posté par ippolito le 19 novembre 2012

Faux électeurs du Ve : Xavière Tiberi, les mensonges et la clope

A LA BARRE La cour d’appel de Paris juge l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement quinze ans après les faits. Le juge demande des noms, toujours en vain.

Xavière Tiberi ne fume plus. Elle n’a plus d’excuse pour s’éclipser de la salle d’audience, où est jugée en appel l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement depuis lundi, plus de 15 ans après les faits. L’épouse de l’ancien maire de Paris Jean Tiberi est contrainte d’écouter les débats et surtout «la foultitude de mensonges» que tous profèrent à son égard.

Lors du procès en première instance, en 2009, elle avait trouvé une parade qu’elle s’empresse de dévoiler au président de la cour d’appel de Paris qui l’interrogeait mercredi après-midi. «A l’époque, je fumais, alors j’ai pris mes deux filtres et je les ai mis dans mes oreilles pour ne pas entendre», lance t-elle au magistrat que l’on devine entre stupéfaction et rire, et qui n’en retrouve plus sa question.

 Xavière Tiberi, 76 ans, elle, ne se démonte pas. Elle joue, même, très à l’aise sur la petite scène qu’elle s’approprie en l’arpentant entre son mari, le président et le procureur. Se déplace au rythme de ses petites phrases prononcées avec éloquence théâtrale et vastes mouvements de bras Et s’accroche avec une obstination remarquable à sa ligne de défense, la même qu’il y a trois ans (et qui lui avait valu neuf mois de prison avec sursis) : tout le monde ment. Sauf elle, qui n’a «jamais commis d’actes frauduleux», «n’a jamais eu connaissance de la moindre fraude électorale.»

Mensonges !

La secrétaire de Jean Tiberi, qui affirme que Madame était omniprésente à la mairie du Ve et donnait des ordres ? Xavière vitupère : «Une menteuse» Quelques secondes de silence plus tard, l’employée devient une «fainéante». Puis une taupe de «la partie civile».  

Au contraire, explique Xavière, en arrivant à la mairie du Ve, «je me suis fais toute petite.» On peine à l’imaginer. Le témoignage d’un repenti, Raymond Nantien, ex-secrétaire générale de la mairie du Ve ? «Le plus grand menteur que la terre ait porté !» 

Le clou, pour Xavière, ce sont quand même les accusations proférées contre son mari, Jean, assis juste derrière elle sur sa petite chaise. Elle l’affirme tout de suite, sans même qu’on le lui demande, «Il s’est toujours efforcé de faire le contraire de ce que je lui disais !» 

L’évocation des faux électeurs lui donne les larmes aux yeux. «C’est un naïf. Il croit tout le monde. Il est incapable de faire ça !» Sanglot ou colère, la voix tremble. Lui regarde. Endosse avec plaisir son rôle en ouvrant des yeux ronds.

«Oui bien-sûr, il y a des noms»

«Vous êtes difficile à suivre, soupire le président. Ca doit être dur au bout de je ne sais pas, 40 ans…» Il lance un regard compatissant sur sa gauche, vers Jean Tiberi. Il aurait pu tout aussi bien regarder à droite. Vers le siège d’Anne-Marie Affret, première adjointe à la mairie du Ve depuis 1984. 

Condamnée en première instance à neuf mois avec sursis, 1 500 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité (Jean Tiberi avait écopé de trois ans) elle est l’ancienne amie, l’ancienne fidèle, qui a trahi. En 2009, Mme Affret a avoué avoir falsifié des formulaires d’inscription sur les listes électorales. Sans jamais donner de nom, elle a toujours répété n’avoir pas agi seule. 

Elle n’en a pas dit plus mercredi, malgré trois longues heures d’interrogatoire. Le président a pourtant tout essayé. Les questions précises, cliniques. «Qui vous demandait de remplir les formulaires ?» Anne-Marie Affret esquive. «Oui bien sûr, il y a des noms.» Il insiste, elle s’énerve, ou feint de s’énerver, on ne sait plus trop, tant elle répète les mêmes phrases à grand renfort de «quand même.» «Pourquoi faudrait-il que ce soit toujours moi qui le dise, c’est trop facile ? Quand même….»

A qui la faute ?

Puis elle ferme les mâchoires, un masque d’enfant buté sur le visage. Anne-Marie Affret est toujours première adjointe à la mairie du Ve aujourd’hui, et aimerait bien que chacun prenne ses responsabilités. La gentillesse – «on essaye justement d’en savoir un peu plus pour ne pas vous faire porter toute la faute» – ne marche guère plus. 

Alors le président s’énerve. «Vous savez quand même qui est au-dessus de vous?» «Vous, Monsieur le président, pardonnez moi, vous ne savez pas qui est au-dessus de moi ?» «Non, je ne sais pas, j’ai des idées, et vous?» Réponse : «J’ai des idées.» Il leur reste trois jours d’audience pour les confronter.

Par VIOLETTE LAZARD

http://www.liberation.fr/societe/2012/11/14/faux-electeurs-du-ve-xaviere-tiberi-les-mensonges-et-la-clope_860507

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Y’en a marre du rapport Gallois

Posté par ippolito le 19 novembre 2012

Cinq experts livrent leur réaction aux mesures annoncées mardi matin par le gouvernement…

Crédit d’impôt, aides à l’exportation et à l’innovation, financement des petites et moyennes entreprises… Les propositions du «Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi» dévoilé mardi par Jean-Marc Ayrault vont-elles dans le bon sens et sont-elles suffisantes pour relever le défi de la compétitivité de l’économie française? 20 Minutes a posé ces questions à cinq économistes. Si leurs analyses divergent, le scepticisme, lui, domine.

Henri Sterdyniak, directeur à l’OFCE: «Le plus prometteur, ce sont les mesures hors coût»

«La mesure phare que l’on retient, ce sont les 20 milliards d’euros que l’on va donner aux entreprises, mais qui ne bénéficieront au maximum qu’à hauteur de six milliards à l’industrie. Le gouvernement n’a heureusement pas osé faire un grand choc mais du coup, les effets risquent d’être un peu négligeables car cela réduira au plus le coût du travail de 1,5% alors que nous avons accumulé un retard de 10% depuis 1999 par rapport à l’Allemagne. 

Par ailleurs, il y a deux mesures dangereuses, la hausse de la TVA et la baisse des dépenses publiques de dix milliards d’euros supplémentaires, que le gouvernement a certes habilement reportées à 2014, mais qui risquent de peser sur la demande. 

Ce qui me semble bien plus prometteur, en réalité, ce sont toutes les mesures “hors coût”, c’est-à-dire tout ce qui porte sur l’intervention publique pour aider les entreprises, à travers le développement de la Banque publique d’investissement (BPI), l’aide à organiser des filières entre fournisseurs et entreprises ou l’incitation à l’innovation à travers les pôles de compétitivité. »

Pierre Alain Muet, député PS et ancien professeur  d’économie à l’Ecole Polytechnique et directeur de l’OFCE: «Un vrai sursaut industriel»

«C’est un vrai sursaut industriel qui s’appuie sur le rapport Gallois et qui va dans le sens de ce que j’appelle la “bonne compétitivité”, c’est-à-dire celle qui est fondée sur l’innovation, la recherche, la formation et la montée en gamme de nos produits. C’est donc un plan complet avec une approche globale. 

En ce qui concerne la compétitivité prix, j’ai toujours plaidé pour cette option du crédit d’impôt car ce dispositif d’incitation évite un transfert brutal et massif des charges des entreprises vers celles des ménages, qui aurait eu un effet dépressif en 2013. Et cela permet en même temps d’être plus exigeant sur les contreparties demandées aux entreprises pour s’assurer que cette aide va bien à  l’investissement et à l’emploi. Il est aussi important que les partenaires sociaux aient leur mot à dire. 

Il y a certes un ajustement des taux de la TVA et cela ne m’enthousiasme pas mais c’est la meilleure façon de boucler un financement, avec aussi une montée en puissance notable de la fiscalité écologique.»

Jean-Paul Betbèze, chef économiste au Crédit agricole: «On ne se sortira d’affaires que par un dialogue social encore plus fort»

«Le problème de la compétitivité est enfin posé, mais il n’y a pas de solution facile quand on a une production de milieu de gamme: la distinction entre compétitivité coût et hors coût n’a alors pas de sens car il faut d’abord reconstituer des marges pour pouvoir se mettre à innover. Ce rapport Gallois aurait dû être traité plus tôt.

 Aujourd’hui, nous sommes dans une économie fragilisée où les impôts ont déjà été augmentés et donc les marges sont réduites pour fiscaliser. Donc 20 milliards d’euros, oui, pourquoi pas. C’est un début. Il faut aller vite en besogne pour freiner la dégringolade.

 Mais on ne se sortira d’affaires que par un dialogue social encore plus fort sur la modération salariale, le partage de la valeur ajoutée ou la place des salariés dans les entreprises.»

Nicolas Bouzou, directeur du cabinet Asterès: «Des demi-mesures qui vont dans la bonne direction»

«Ces mesures vont dans la bonne direction car on s’attaque enfin à la question de la croissance, mais ce n’est pas à mon avis la bonne manière de faire par rapport aux préconisations du rapport Gallois. L’enjeu est de redonner à court terme des marges aux entreprises et c’est pourquoi la baisse des charges était un levier intéressant.

 Le gouvernement a préféré opter pour un crédit d’impôt et n’a pas voulu aller sur le coût du travail, qui est au moins aussi important que l’impôt sur les sociétés, mais qui est certainement trop connoté politiquement à droite. 

C’est dommage car on fait une demie mesure. Enfin, l’autre faiblesse, c’est qu’il y a un trou dans le financement de cette mesure estimée à 20 milliards d’euros, car la baisse de la dépense publique est annoncée à dix milliards d’euros et que la hausse de la TVA ne devrait rapporter que 3,5 milliards d’euros.»

Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode: «Des progrès sur le diagnostic, mais une réponse trop complexe»

«Il y a de vrais progrès sur le diagnostic. Il est désormais admis qu’il y a un problème de coût du travail en France qui serait trop élevé. En revanche, sur la réponse qui est apportée par le gouvernement, on peut s’inquiéter de la complexification par rapport aux propositions de Louis Gallois. 

Un allégement de charges des entreprises aurait été plus lisible, direct et en ligne avec l’objectif de «choc de compétitivité» que ce crédit d’impôt dont ne sait pas très bien quand il pourra être remboursé.

 Par ailleurs, il est à craindre que le diable ne se niche une fois de plus dans les détails: le gouvernement demande en contrepartie de ce crédit d’impôt que “les marges restaurées soient utilisées pour l’investissement, la formation, la qualité, l’emploi, la recherche, l’innovation”. 

Soit. Mais on introduit là un biais de jugement qui nuit à la lisibilité du dispositif et introduit une grande incertitude sur la version qui sera donnée à cette intention dans le texte de loi. En bref, c’est pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?»

http://www.20minutes.fr/economie/1036864-competitivite-economistes-critiques-envers-pacte-gouvernement

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Y’en a marre des radars inutiles

Posté par ippolito le 19 novembre 2012

Y a-t-il trop de radars inutiles ?

Une association provoitures alerte sur les radars-pièges qui ne servent qu’à récolter des amendes. Réponse de la sécurité routière : les appareils ont permis de changer la conduite des automobilistes et ainsi d’épargner des vies.

Le parc des radars automatiques passera de 4 100 à 4 250 d’ici à fin 2013.
       
Pluvieux, venteux et réputé meurtrier sur les routes, ce pont de la Toussaint fait l’objet de contrôles de police renforcés. Autant de raisons de lever le pied ce week-end. 

Un réflexe que bon nombre d’automobilistes ont déjà intégré. Par crainte d’être flashés, les Français ont limité leurs ardeurs au volant, réduisant leur vitesse moyenne de 10 km/h en dix ans.

Mais la multiplication des radars s’est accompagnée d’une explosion des amendes. L’association 40 Millions d’automobilistes a dénombré pas moins de quatorze millions de flashs pour les huit premiers mois de l’année (un chiffre en hausse de 14% par rapport à 2011). Essentiellement pour de petits excès de vitesse.

66 % de morts en moins

Estimant qu’un appareil sur deux sert désormais de radar tirelire à l’Etat, l’association appelle les automobilistes à signaler sur Internet ceux qu’ils considèrent comme « piégeux ». Ce lobby remet par ailleurs en cause « la pertinence de certaines limitations et le positionnement de certains radars ».

Mais pas question de réduire la voilure pour le délégué interministériel à la sécurité routière qui annonce le déploiement de 600 nouveaux radars pédagogiques l’an prochain en France. Les chiffres semblent lui donner raison : on constate en moyenne 66% de morts en moins à proximité des radars depuis leur installation.

Alors qu’un accident mortel sur cinq est dû à une infraction liée à la vitesse, la présidente de la Ligue contre la violence routière juge l’initiative de l’association d’automobilistes « pathétique et insupportable ».

 « Trente-six mille vies ont été sauvées grâce aux radars et, quand on respecte le Code de la route, on n’est pas flashé », souligne Chantal Perrichon, qui affirme que 75% des conducteurs ont l’intégralité de leurs points. Elle appelle d’ailleurs le gouvernement à ne pas relâcher la pression en déployant « davantage de radars mobiles dans les voitures banalisées ».

 Avec l’espoir que, à terme, ralentir en voiture ne soit plus vécu comme une contrainte mais comme un réflexe qui peut sauver des vies. En 2011, 3963 personnes sont mortes, 4000 ont fini handicapées et 2000 enfants sont devenus orphelins à la suite d’accidents de la route.

Et ce n’est pas fini

Le parc des radars automatiques passera de 4 100 à 4 250 d’ici à fin 2013. Si l’on y ajoute l’implantation de nouveaux radars pédagogiques (qui informent le conducteur de sa vitesse sans le sanctionner) la France comptera au total 6620 radars. 

Pour la sécurité routière, les 2000 radars pédagogiques (1 420 aujourd’hui) auront « un effet très favorable », là où « il n’y a pas de radars dans des endroits accidentogènes ». Vingt radars mobiles mobiles (contrôlant la vitesse à partir de véhicules insérés dans le trafic) seront aussi déployés. Quatre radars-chantier sont eux en test pour protéger les ouvriers. L’Europe a demandé à la France de passer d’ici à 2020 sous la barre des 2000 morts sur la route. 

http://www.leparisien.fr/automobile/securite-routiere/y-a-t-il-trop-de-radars-inutiles-02-11-2012-2286515.php

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Y’en a marre de la Banque publique d’Investissement.

Posté par ippolito le 19 novembre 2012

Banque publique d’Investissement : une longue tradition d’échecs

Les PME ont plus besoin de fonds privés que d’une Banque publique d’Investissement.

Dans son programme électoral, François Hollande annonçait :

« Je créerai une Banque publique d’Investissement … pour favoriser  le développement des PME et … permettre aux régions de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France ».

Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des Dépôts, qui en outre présidera cette banque publique, déclare qu’elle permettra de « trouver les nouvelles pépites et les jeunes pousses dont notre économie a besoin ».

L’intention est claire : les impôts nouveaux sur les plus-values que vient de décider le gouvernement vont assécher le financement du démarrage des PME par les particuliers (« Business angels ») et celui de leur développement par les sociétés de capital-risque ; ces financements privés seront donc remplacés par des financements publics décidés par les fonctionnaires de la nouvelle banque et les élus locaux.

L’économie française va-t-elle y gagner ?

Les métiers de « Business angel » et de capital-risqueur sont des métiers difficiles.

Il faut avoir l’expérience de la gestion d’une entreprise en démarrage ou en développement, connaître le secteur d’activité de l’entreprise, les besoins de ses clients, évaluer l’équipe de direction et ses besoins de financement.

Ces métiers sont souvent exercés par des créateurs d’entreprise ayant réussi. Ils sont plus que d’autres capables de donner aux jeunes entrepreneurs des conseils judicieux et écoutés. Et pourtant une grande partie des nouvelles entreprises échouent.

Les fonctionnaires de la banque publique et les élus locaux n’ont pas ce type de compétence. Jouant aux capitalistes avec l’argent des contribuables, ils seront moins motivés à éviter des erreurs.

Au contraire, ils seront sensibles aux pressions des ministres et élus désireux d’avantager des copains ou des donateurs de leurs campagnes électorales.

Pour ces raisons, les établissements financiers publics ont régulièrement été des échecs. Les anciennes SDR (sociétés de développement régional), Le Crédit lyonnais, les banques publiques locales espagnoles ou allemandes ont été des gouffres.

La Caisse des Dépôts, avec ses filiales Dexia et Natixis, a un spectaculaire historique de graves déconfitures ayant ruiné leurs actionnaires minoritaires et les contribuables.

Il n’y a aucune raison qu’il n’en soit pas de même avec sa nouvelle Banque publique d’Investissement.

Alain Mathieu, président de Contribuables Associés

http://www.lecri.fr/2012/10/23/banque-publique-dinvestissement-une-longue-tradition-dechecs/36788

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Y’en a marre du logiciel louvois

Posté par ippolito le 19 novembre 2012

Soldes dans l’armée : « Mon mari n’a pas reçu un centime en deux mois »

Touchée par le dysfonctionnement du logiciel gérant le versement de la solde des soldats de l’armée de Terre, Angélique, femme d’un militaire en opérations extérieures, se trouve, depuis un an, dans une situation financière dramatique. 
 
Elle n’a pas la langue dans sa poche, Angélique. Ironie lexicale, elle détonne même avec la « Grande Muette » qui, depuis neuf ans, a happé son mari dans ses rangs. Elle sait bien que son époux, militaire en opérations extérieures (Opex), ne peut faillir à son devoir de réserve en épanchant ses doléances sur la place publique. En octobre et novembre 2011, lorsqu’il ne reçoit pas son salaire, il ne peut ni crier au scandale, ni convoquer les médias. C’est elle qui parlera pour lui. « Je ne veux pas me taire. Il aurait dû toucher 4 400 euros net pour ces deux mois. Il ne recevra pas un centime. »

Ce n’est qu’au cours du mois de novembre 2011 qu’Angélique apprendra que le responsable de ce dysfonctionnement se nomme Louvois, du nom de ce logiciel défectueux chargé de centraliser le système des paies interarmées. Un simple bug informatique, en somme, responsable d’avoir plongé sa famille aux portes de la précarité. Car le mari d’Angélique est la seule source de revenus du couple. Mère au foyer, elle s’occupe de leurs deux enfants en bas âge. « J’ai vite compris que les choses allaient empirer. Beaucoup de femmes qui, comme moi, ne travaillaient pas n’ont pas reçu le salaire de leurs compagnons militaires. Ça ne s’annonçait pas bien », confie-t-elle.

CAMPAGNE DE SENSIBILISATION POUR LE VERSEMENT DES SOLDES DES MILITAIRES

Prédiction juste. Si le mois de décembre 2011 est vécu comme un mois de répit – « un fonds de régiment mis en place a réglé nos arriérés juste avant Noël », précise-t-elle -, la nouvelle année est un enfer. « On a commencé à recevoir des soldes aux montants complètement aléatoires, des trop-perçus, des sommes dérisoires. C’est complètement dingue ! Depuis, entre le 25 et le 27 de chaque mois, j’ai une boule au ventre, je ne sais pas si l’argent va arriver. »

« Certaines familles sont menacées d’expulsion »

Son mari, en opération quelque part en Afrique, ne peut pas faire grand-chose. « C’est à moi de gérer les problèmes du quotidien. Lui, il a la tête dans sa mission », ajoute Angélique. Au début, son compagnon essaye de la rassurer. Il lui répète de ne pas s’affoler, que « les virements ne devraient plus tarder ». Mais c’est le début d’une spirale infernale : les appels de la banque, les découverts, les agios. « Vous savez, j’ai frôlé l’interdit bancaire, mais j’ai eu en face de moi un conseiller compréhensif. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Certaines familles sont menacées d’expulsion. Il y a pire que moi », précise-t-elle. Il y a surtout bien mieux. Car une fois les économies épuisées, Angélique a dû surmonter la gêne de devoir emprunter de l’argent pour faire face aux 800 euros de loyer mensuel, aux factures, aux faux frais. « Mes parents m’ont aidée. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur eux. » Mais à quel prix… « Ils ont ponctionné presque l’intégralité de leurs économies pour nous aider. »

Outre l’aspect pécuniaire, Louvois a eu un impact sur sa vie de couple. S’il la soutient aujourd’hui, son mari n’a pas toujours vu d’un bon œil le combat médiatique d’une épouse qui milite au sein de l’association Militaires et citoyens, qui interpelle les hautes autorités, et qui a même dernièrement demandé à rencontrer en personne le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. « Mon mari n’était pas rassuré de me voir remuer ciel et terre pour dénoncer cette situation. Il avait peur que ça lui porte préjudice. Il est vrai que l’armée n’aime pas laver son linge sale en public. » Elle aime encore moins les femmes qui « l’ouvrent un peu trop », assène-t-elle, consciente qu’être une « grande gueule » n’est pas franchement bien vu. « C’est un milieu particulier où l’on sent bien que les épouses doivent rester à leur place », lâche-t-elle.

Aujourd’hui, « rien n’a changé ». Angélique se réjouit certes du branle-bas de combat mis en place par le ministre de la Défense pour régler le problème d’ici au début de 2013, mais doute qu’il parviendra à tenir les délais. « Il fait son possible, je le sais bien. Mais si vous saviez les problèmes engendrés par Louvois, c’est fou ! Le dysfonctionnement touche 1 500 personnes rien que dans mon groupe Facebook ! » Déterminée et rebelle, elle fait savoir haut et fort qu’elle ne compte pas baisser les bras. « Je fais peut-être 1,60 m pour 40 kilos, mais croyez-moi, je continuerai à dire ce que j’ai à dire », lâche-t-elle dans un grand éclat de rire.

Par Charlotte BOITIAUX

http://www.france24.com/fr/20121019-soldats-salaires-soldes-armee-france-temoignage-logiciel-louvois

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