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Y’en a marre des agences de notation et du AAA

Posté par ippolito le 27 novembre 2012

La perte du triple A est-elle grave?

  Lundi soir, Moody’s a annoncé une dégradation de la note de la dette publique française. L’économiste Céline Antonin et l’analyste financier Marc Touati expliquent au JDD.fr les conséquences de cette décision.

La France a « officiellement » perdu son AAA

Trois agences de notation sont reconnues par les organisations internationales : Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings. Après la décision de Moody’s, lundi soir, deux agences ont désormais dégradé la France au cran inférieur au « AAA ». « Deux sur trois : autrement dit, la France a officiellement perdu son triple A », résume Céline Antonin, économiste au Département analyse et prévision à l’OFCE.

Mais l’important est ailleurs. Dans son communiqué, Moody’s a également annoncé la « mise en perspective négative » de la dette française. « Cela veut dire que l’agence de notation menace la France de dégrader sa note de plusieurs crans dans les prochains mois », décrypte Marc Touati, président du cabinet ACDEFI et auteur de Quand la zone euro explosera (Ed. du Moment).

Les marchés peu impactés

Les marchés boursiers ont fait peu de cas de la perte du AAA français. « Les actionnaires sont davantage inquiets de la situation en Israël ou des chiffres de l’économie américaine », résume Marc Touati. 

En revanche, le marché obligataire, celui sur lequel les entreprises et les Etats se financent, a été logiquement impacté. « On a observé un net report des investisseurs qui préfèrent les obligations allemandes plutôt que françaises », explique encore l’analyste d’ACDEFI.

« Les marchés ont intégré les décisions de Moody’s », affirme pour sa part Céline Antonin, qui ajoute : « Les agences de notation réagissent toujours avec un temps de retard. Elles ne font qu’établir un constat souvent déjà effectué par les investisseurs. »

Quel impact pour l’Etat?

Les taux d’intérêts de la dette française ont certes augmenté, mais, comme la décision était attendue, l’impact sur les finances de l’Etat reste limité. « En revanche, le coup porté est psychologique », estime Céline Antonin. 

« C’est une claque pour le gouvernement Ayrault : Moody’s a sanctionné le plan de compétitivité », explique Marc Touati. En effet, l’agence de notation attendait la présentation des mesures de Jean-Marc Ayrault, après la remise du rapport Gallois, pour confirmer ou non la dégradation de la note française.

« La France écope d’un 18/20 au lieu d’un 20/20″, nuance toutefois Céline Antonin, pour qui « il faut relativiser : la dette française reste très bonne par rapport à de nombreux pays, dont plusieurs de ses voisins européens ». 

Mais le signe envoyé par Moody’s n’en reste pas moins « assez négatif », ajoute l’économiste de l’OFCE : « Au-delà de la seule perte du AAA, Moody’s dit au gouvernement français : les réformes que vous avez entreprises risquent de casser la croissance et de freiner la consommation, qui, en France, est un moteur traditionnel de la croissance. »

Quelles conséquences pour les entreprises et les collectivités?
Automatiquement, la perte du AAA entraîne une dégradation de la majorité des notes des dettes des entreprises et des collectivités territoriales/locales. « Ceci dit, il ne faut sombrer dans le catastrophisme : l’ensemble de la zone euro éprouve des difficultés et nos entreprises ne sont pas plus mal loties que les autres », explique Céline Antonin.

Les banques les plus endettées pourraient faire payer à leurs clients la perte de leur note : durcissement des règles d’accès à l’emprunt pour les entreprises, mais aussi pour les particuliers, hausse des taux d’intérêt. Pour les collectivités, cela risque d’être aussi délicat, dont une partie d’entre elles sont déjà étranglées par un endettement record.

La France peut-elle retrouver son AAA?

En ces temps de crise, retrouver le AAA n’est clairement pas un objectif. Lors de la dégradation de Standard and Poor’s, et alors que Nicolas Sarkozy était encore au pouvoir, François Hollande avait déjà indiqué qu’il préférait se concentrer sur le problème du chômage et de la stabilisation des déficits publiques. Sur ce second point, le chef de l’Etat a annoncé une stabilisation des dépenses publiques. Paradoxalement, c’est aussi ce qui a motivé la décision de Moody’s.

« La sanction de Moody’s est logique car l’exécutif n’a pas annoncé de mesures concrètes sur la réduction des dépenses publiques fonctionnelles. C’est pourtant sur ce point que les agences de notations veulent qu’on agisse », explique Marc Touati qui rappelle que 56% du PIB français a été consacré aux dépenses publiques en 2011. A titre de comparaison, en Allemagne, pays qui conserve pour le moment son AAA, ce taux est 46,6%.

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/La-perte-du-triple-A-est-elle-grave-576520

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Y’en a marre de la fin des heures sup

Posté par ippolito le 27 novembre 2012

La fin des heures supplémentaires, c’est la hausse des impôts pour les salariés
    
En discussion ces jours-ci à l’Assemblée Nationale, le collectif budgétaire du gouvernement veut revenir sur le mécanisme emblématique de l’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaire instauré en 2007 par la droite dans la loi TEPA (Travail, emploi et pouvoir d’achat). 

A première vue, le bilan de cette loi est loin d’être aussi vertueux pour l’emploi que ce qu’avait souhaité le gouvernement lors de son introduction : faible volume d’heures supplémentaires créées et manque à gagner fiscal pour l’Etat de 4,5 à 5 milliards d’euros.

La tentation est donc grande pour la gauche de supprimer une mesure doublement symbolique : elle attaque ainsi la « réforme TEPA » contre laquelle elle s’est battue pendant la mandature précédente et elle récupère une partie des exonérations pour limiter le déficit budgétaire.

 Or, si les entreprises  - a fortiori celle de moins de 20 salariés – vont peu souffrir de cette réforme, c’est bel et bien les 9,5 millions de salariés bénéficiant de l’exonération de charges sociales et d’impôts sur les revenus de ces heures supplémentaires.

 Ainsi, plus de 20 % des ménages Français vont perdre jusqu’à 1,3 milliards d’euros jusqu’alors exonérés et 2,4 milliards d’euros qu’ils devront à nouveau payer en charges sociales.

La fin des heures supplémentaires c’est donc 3,7 milliards d’euros de moins pour près de 30 % des ménages (foyers fiscaux), dans toutes les catégories la population. Cette mesure, devrait donc concerner les revenus de l’année 2012, à partir du premier juillet. 

En année pleine, c’est-à-dire pour les revenus 2013, les Français concernés subiront donc une augmentation d’impôts et de charges de près de 660 euros (6,5 millions de ménages et 3,7 milliards d’euros) par an et par ménage, si l’ensemble des exonérations sont abrogées.

Le parti socialiste s’attaque donc bel et bien au pouvoir d’achat des Français.

En discussion ces jours-ci à l’Assemblée Nationale, le collectif budgétaire du gouvernement veut revenir sur le mécanisme emblématique de l’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaire instauré en 2007 par la droite dans la loi TEPA (Travail, emploi et pouvoir d’achat).

A première vue, le bilan de cette loi est loin d’être aussi vertueux pour l’emploi que ce qu’avait souhaité le gouvernement lors de son introduction : faible volume d’heures supplémentaires créées et manque à gagner fiscal pour l’Etat de 4,5 à 5 milliards €.

La tentation est donc grande pour la gauche de supprimer une mesure doublement symbolique : elle attaque ainsi la « réforme TEPA » contre laquelle elle s’est battue pendant la mandature précédente et elle récupère une partie des exonérations pour limiter le déficit budgétaire.

Or, si les entreprises  - a fortiori celle de moins de 20 salariés – vont peu souffrir de cette réforme, c’est bel et bien les 9,5 millions de salariés bénéficiant de l’exonération de charges sociales et d’impôts sur les revenus de ces heures supplémentaires.

Ainsi, plus de 20 % des ménages Français vont perdre jusqu’à 1,3 milliards € jusqu’alors exonérés et 2,4 milliards € qu’ils devront à nouveau payer en charges sociales.

La fin des heures supplémentaires c’est donc 3,7 milliards € de moins pour près de 30 % des ménages (foyers fiscaux), dans toutes les catégories la population.

Cette mesure, devrait donc concerner les revenus de l’année 2012, à partir du premier juillet. En année pleine, c’est-à-dire pour les revenus 2013, les Français concernés subiront donc une augmentation d’impôts et de charges de près de 660 € (6,5 millions de ménages et 3,7 milliards €) par an et par ménage, si l’ensemble des exonérations sont abrogées. Le parti socialiste s’attaque donc bel et bien au pouvoir d’achat des Français.

Source des calculs : rapport Gorges / Mallot de l’Assemblée Nationale

http://www.lecri.fr/2012/07/16/la-fin-des-heures-supplementaires-c’est-la-hausse-des-impots-pour-les-salaries/34563

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Y’en a marre des nouvelles taxes

Posté par ippolito le 26 novembre 2012

Vers une taxe sur les jeux de hasard?

Un député PS a proposé hier d’imposer les gains supérieurs à 30 000 € pour engranger des recettes. Mais, pour le gouvernement, ce n’est pas une priorité.
 
Taxer de 15% les gains des jeux de hasard quand ceux-ci dépassent 30000 € : c’est la proposition de Yann Galut, député socialiste du Cher. 

Les grands gagnants du Loto ne seront peut-être bientôt plus si chanceux que cela. Le député socialiste du Cher Yann Galut a en effet proposé hier de taxer de 15% les gains des jeux de hasard au-delà de 30 000 €. « En pleine crise économique grave, ce serait une source de revenus non négligeable, assure-t-il. Encore plus, lorsque l’on sait que les gains de la Française des jeux (FDJ) se sont élevés à 7 Mds€ en 2011. 

 Les Français se précipitent pour jouerQUESTION DU JOUR. Impôts : faut-il taxer les grands gagnants des jeux de hasard ?

» Selon lui, cette taxe permettrait d’engranger un milliard d’euros de recettes supplémentaires par an.

Pourtant, le Loto remplit déjà les caisses de la France. A chaque billet vendu, 40% de la mise revient directement à l’Etat. Le pourcentage est de 25% si l’on prend en compte tous les jeux de hasard de la FDJ. « Avec cette taxe sur les mises, nous redistribuons 2,7 Mds€ par an à l’Etat, estime un porte-parole de la FDJ. Cela représente 1% du budget de l’Etat. » Une manne qui pourrait rapporter encore plus si la taxe Galut était validée. Les jeux de hasard seraient alors doublement taxés : à l’achat et au gain.

« Jusqu’ici, celui qui gagne ne subit aucune taxation, reprend le député PS. Cela n’est pas normal. » Exemple à l’appui avec le fameux grand gagnant du super jackpot du Loto de plus de 169 M€ remporté la semaine dernière. Si l’heureux élu est désormais assujetti à l’impôt sur la fortune (ISF), sa cagnotte de 169 M€ n’est pas imposable. Il ne paiera des impôts « que » sur les 10 000 € d’intérêt qu’il touche en moyenne chaque jour. Et si la taxe Galut était votée?

Le futur gagnant devrait alors verser immédiatement à l’Etat 15% de ses gains, soit un peu plus de 25 millions. « Il lui resterait tout de même une belle somme, assure Yann Galut. Et si je comprends que cela enlève une partie du rêve, c’est une question de solidarité nationale. » Qui ne fait pourtant pas l’unanimité chez les habitants de la circonscription de l’élu socialiste. « Je leur ai demandé, certains ne comprennent pas », reconnaît-il.

Peu importe. Pour lui, il est urgent de trouver des solutions pour remplir les caisses de l’Etat. Et la mise en place d’une taxe chez nos voisins européens est, selon lui, un argument supplémentaire. « En Espagne, un gagnant est taxé à 20% dès 2500 € de gains, lance-t-il. Et, en Italie, la taxe s’élève à 6% à partir de 500 € de cagnotte. Ma proposition est bien moins lourde que cela, car elle ne concerne que les gros gains. »

Pas sûr, pour autant, qu’elle trouve une oreille attentive auprès du gouvernement. Bercy balaie cette possibilité, précisant que cela ne représente pas une priorité.

Notre question du jour. Impôts : faut-il taxer les grands gagnants des jeux de hasard ?
Le Parisien

http://www.leparisien.fr/economie/vers-une-taxe-sur-les-jeux-de-hasard-21-11-2012-2341397.php

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Y’en a marre des financements des partis politiques

Posté par ippolito le 26 novembre 2012

Selon Le Canard enchaîné, l’UMP est bientôt en déficit alors que le micro-parti de Jean-François Copé affiche des dons records : 428 731 euros en 2012

Bienvenue dans le monde paradoxal du financement de la vie politique. Figurez-vous qu’un responsable politique peut à la fois être à la tête d’un parti politique déclinant tout en dirigeant un micro-parti en pleine expansion. 

C’est le cas de Jean-François Copé, qui vient d’être réélu à la tête de l’UMP. Il est à la fois secrétaire général de ce parti depuis 2010 et président de Génération France.fr, un micro-parti créé en 2006. Rien d’anormal, tout est légal. 

Le résultat n’en est pas moins paradoxal. Car ces deux entités ont des trajectoires comptables opposées : quand l’un est bientôt en déficit, l’autre bat des records de recettes. Le tout, alors que ces deux partis ont recourt à la même agence de communication. Une situation ubuesque révélée par Le Canard enchaîné il y a deux semaines et qui n’a pas eu l’écho attendu.

50 millions d’euros de déficit pour l’UMP ?

Selon Le Canard enchaîné, l’UMP pourrait présenter un budget en déficit de 50 millions d’euros au printemps prochain. La faute à qui ? D’abord aux électeurs, qui ont déserté : la défaite aux sénatoriales a privé le parti de 500 000 euros, la défaite aux législatives a fait perdre quant à elle 10 millions d’euros annuels de subventions. La faute également aux militants, qui sont moins nombreux : 

Les cotisations sont passées de 8 millions d’euros à 5,5 millions entre 2007 et 2010. Même baisse pour les dons (9,1 millions d’euros en 2007, 7 millions en 2010). Résultats : l’UMP va devoir réduire la voilure pour éviter de mettre ses comptes dans le rouge.

Jean-François Copé, qui vient d’être reconduit à la tête du parti, est-il responsable de la dégradation des comptes de l’UMP ? Non. En tout cas, pas de la baisse des recettes. Mais « il a en revanche, plombé sérieusement les dépenses » assure Le Canard enchaîné. Comment ? En confiant le budget communication du parti à une seule agence de com’, également responsable d’une grande partie de l’organisation des meetings de l’UMP. 

Un choix qui s’est fait sans appel d’offres (pas obligatoire pour un parti politique) et qui inquiéterait aujourd’hui quelques cadres du parti, lesquels estiment la facture des contrats entre l’UMP et cette agence de com’ à « une bonne dizaine de millions » d’euros par an. De quoi largement plomber les comptes de l’UMP, pour des résultats mitigés donc.

Pourtant, l’agence en question a un vrai savoir-faire. La preuve ? Elle fait des prouesses… pour le compte du micro-parti Génération France.fr.

Le club de Jean-François Copé bat des records de dons

Selon l’hebdomadaire, l’agence de com’ qui s’occupe de l’UMP est aussi responsable du micro-parti de Jean-François Copé. « Le site internet de son officine est géré par un cadre » de cette agence, affirme Le Canard. 

Quant à l’association de financement de Génération France.fr, « elle est présidée et domiciliée » chez l’un des co-fondateurs de cette boîte de com’, renchérit l’hebdomadaire. Avec des résultats impressionnants : 

« Alors que l’UMP n’a plus un rond, Copé s’est constitué un joli magot grâce à son micro-parti, Génération France.fr, écrit Le Canard. Lors du dernier quinquennat, le nombre de ses généreux donateurs n’a en effet cessé de croître. De 221 363 euros en 2007, les dons ont presque doublé en 2012, atteignant 428 731 euros ».

Résumons : on a donc un parti bientôt en déficit, un micro-parti battant des records de recettes, et un seul homme à la tête des deux entités gérées par une même agence de communication. C’est la magie du financement de la vie politique. Et tout est légal.

*** Sources
- D. Hassoux, « L’UMP saignée par la défaite, et par Copé », Le Canard n°4802, 07.11.2012
- « Un trésor de guerre présidentielle », Le Canard enchaîné n°4802, 07.11.2012

http://www.politique.net/2012112101-cope-ump-generation-france.htm

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Y’en a marre des subventions du conseil régional

Posté par ippolito le 26 novembre 2012

Subventions : les perles du conseil régional d’Île-de-France (3)

25 000 euros
Pour la création d’un blog du discriminologue.

15 000 euros
Pour l’emploi tremplin d’une assistante de direction basée à … Montpellier.

48 000 euros
Pour former les élus analphabètes issus du scrutin municipal dans le cercle de Nioro du Sahel au Mali.

2 000 euros
Pour un séminaire sur le retour du saumon en Seine.

11 000 euros
Pour financer le développement de la pratique de football dans les écoles des zones d’éducation prioritaires dans la province de Gauteng en Afrique du Sud.

20 000 euros
Pour un programme d’étude sur les écrevisses pour une fédération de pêche.

5 000 euros
Pour former des kinésithérapeutes dans la zone du Mékong au Sud du Vietnam.

25 000 euros
Pour un programme d’étude des mécanismes du déclin du moineau domestique.

500 000 euros
Pour la fête des Franciliens en vue de « développer le sentiment du mieux vivre ensemble ».

1 904 euros
Pour permettre au 1er Vice-président de la région de Kayes au Mali de se rendre en Mauritanie (billets d’avion, déplacements automobiles à Bamako, Logement, frais de séjour et visa.

42 000 euros
Pour former les élus analphabètes de la région de Kayes au Mali.

10 000 euros
Pour un projet intitulé “Plantes médicinales et savoirs ancestraux des femmes Aymara au Chili”.

65 000 euros

Pour que soit présenté dans les quartiers de Santiago un spectacle proposant “un voyage dans l’historique du mouvement Hip Hop, de ses repères, de sa gestuelle, depuis les années 70 aux États-Unis.

400 000 euros
Pour le musée Salvador Allende à Santiago du Chili (alors que le gouvernement chilien ne mettait lui-même que 150 000 euros pour la réhabilitation de ce musée).

http://www.observatoiredessubventions.com/2009/subventions-les-perles-du-conseil-regional-dile-de-france-3/

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Y’en a marre de l’inefficacité des aides au logement

Posté par ippolito le 26 novembre 2012

Logement: l’Etat peut-il faire mieux sans dépenser plus?

Le logement est un vrai problème pour beaucoup de Français et pas seulement pour les plus démunis. Et pourtant, les aides publiques se montent à 40 milliards d’euros par an. Mais on ne peut pas dire qu’elles sont vraiment efficaces.

Combien la politique du logement coûte-t-elle aux finances publiques? 

A vrai dire, il est bien difficile de le savoir. Si l’on se contente de regarder le budget de la mission Ville et logement dans le projet de loi de finances pour 2012, on découvre un chiffre de seulement 7,8 milliards d’euros. 

En fait il faut regarder les diverses sources de financements publiques (Etat, collectivités locales, branche famille de la Sécurité sociale) et les différentes formes d’aides (aides à la pierre, à la personne, aides fiscales diverses), faire le total, enlever certaines sommes qui pourraient être comptées deux fois… Ce n’est pas simple. 

En février, le Conseil d’analyse stratégique, placé auprès du Premier ministre, a publié une note sur les aides au logement des ménages modestes; il n’a pu faire mieux que de donner une estimation des aides publiques au logement pour l’année 2009, à «environ» 37 milliards d’euros. Pour avoir un ordre de grandeur en tête, disons que la collectivité dépense aujourd’hui pour le logement près de 40 milliards d’euros chaque année. Ce n’est pas rien.

D’abord l’aide à la pierre

Ces aides se répartissent en gros en deux catégories: les aides à la construction de logements, appelées aussi aides à la pierre, et celles destinées aux usagers du logement, dites aides à la personne. Sur les 37 milliards de 2009, ces deux grandes familles d’aides s’équilibrent à peu près, avec 19,7 milliards pour les premières et 17,6 milliards pour les secondes. 

Il faut toutefois préciser que ces chiffres incluent des aides fiscales qui sont souvent présentées à part (comme les mesures en faveur de l’investissement locatif) et dont on peut parfois se demander si elles sont des aides au logement ou des aides au secteur du BTP (comme les réductions de TVA).

Pourquoi cumuler ces différentes formes d’aides et ne pas choisir la forme qui serait la plus efficace? Pour comprendre comment on est arrivé là, un rapide retour en arrière s’impose. Après la phase de reconstruction dans l’immédiat après-guerre, l’Etat s’engage au cours des années 50 dans une phase de construction à grande échelle pour faire face aux besoins en logements (la loi sur les HLM, habitations à loyer modéré date de 1949). 

Dans cette première phase, il ne s’agit pas spécialement de construire pour les plus défavorisés: on construit en quantité des logements de qualité destinés à un public très large. Mais, très vite, on commence à créer des logements de qualités différentes pour des populations diverses.

 Dès l’instant où on se met à parler de HLMO (avec un O pour ordinaire), le vers est dans le fruit: on commence à faire des PSR, programmes sociaux de relogement, ou des PLR, programmes à loyer réduit, par opposition aux HLMO ou aux ILN, immeubles à loyers normaux.

Puis Raymond Barre crée l’APL

Le point culminant de cette politique de construction de grands ensembles, dont beaucoup de qualité médiocre, est atteint à la fin des années 60 et au début des années 70. 

Mais cette construction de produits bas de gamme pour les pauvres suscite des réactions. En 1977, avec Raymond Barre, un changement de cap est amorcé. Il n’est plus question de faire des horreurs, on fait du logement social de qualité avec une aide à la pierre pour les constructeurs uniforme ( c’est la politique du PLA, prêt locatif aidé). 

Pour permettre à tout le monde d’y avoir accès, on crée l’APL, Aide Personnalisée au Logement, qui vient faire la différence entre ce que peut verser une famille aux revenus donnés et le loyer demandé (ce nouveau système vient compléter le système de l’ALF, allocation de logement familiale créée en 1948, et de l’ALS, allocation de logement sociale, créée en 1971).

Mais cette politique reposait sur un espoir qui a été déçu: avec le temps et l’enrichissement de la population, l’aide personnalisée au logement pourrait diminuer. C’est le contraire qui est apparu et on s’en est vraiment rendu compte dans les années 90: la partie la plus modeste de la population, loin de voir son pouvoir d’achat augmenter, a eu de plus en plus besoin de l’APL, dont le budget n’a cessé d’augmenter.

 Et, malgré l’importance de cette aide, le taux d’effort, c’est-à-dire la part de leurs revenus que les ménages consacrent à leur logement, a augmenté nettement, surtout pour les plus modestes.

Déceptions en chaine

Autre déception: l’Etat comptait aussi réduire son aide à la pierre. Avec le temps, les sociétés d’HLM allaient se trouver à la tête d’un patrimoine immobilier important et allaient pouvoir financer sur leurs fonds propres, avec simplement le concours de la Caisse des Dépôts, les nouveaux logements nécessaires.

 Malheureusement, celles qui avaient construit les logements sociaux les plus médiocres ont dû engager des travaux de rénovation importants; elles ont  réinvesti avant d’avoir fini de rembourser leurs emprunts antérieurs. 

Et, plus récemment, on leur a parfois demandé de détruire carrément ces barres d’immeubles alors qu’elles n’avaient pas encore remboursé leurs PALULOS, ces primes à l’amélioration des logements. Comment, dans ces conditions réduire l’aide à la pierre? 

C’est d’autant plus difficile que l’Etat demande aux sociétés d’HLM de modérer leurs loyers pour limiter ses dépenses au titre de l’APL…

Diminuer ces aides, qu’il s’agisse des aides à la pierre ou des aides à la personne s’annonce difficile, surtout si le gouvernement veut respecter le programme de François Hollande: construire en moyenne 500.000 logements intermédiaires, sociaux et étudiants chaque année pendant cinq ans. 

Cela paraît d’autant plus difficile qu’on semble privilégier la voie la plus coûteuse: celle de la construction de logements pour les plus modestes avec des financements publics. Dans ce domaine, le raisonnement que tient souvent la gauche est très primaire: on manque de logements sociaux, donc il faut en construire plus. 

Alors que déjà 17 % des ménages français sont locataires du parc social et que, manifestement, des gens aux revenus moyens seraient très contents de sortir de ce parc social s’ils trouvaient à se loger à un prix raisonnable dans le locatif privé. 

Ainsi que le souligne Gilbert Emont, auteur de l’ouvrage Logement: pronostic vital engagé, «l’efficacité des aides publiques est maximale quand on traite l’ensemble de la chaine du logement».

Et Cécile Duflot arriva

Bref, si l’on s’obstine sur la voie du tout HLM, si l’on arrête le dispositif Scellier à la fin de l’année, comme vient de le confirmer Cécile Duflot, sans le remplacer par autre chose, par pure idéologie, pour ne pas faire de cadeaux fiscaux à des bailleurs privés, on risque bien  d’aller vers le coût maximal et l’efficacité minimale des aides publiques.

L’arrivée de la secrétaire nationale d’EELV au ministère du Logement suscite d’ailleurs les plus vives appréhensions parmi les professionnels du logement et même parmi les socialistes qui connaissent bien la question. Ces derniers constatent en effet que si les verts ne sont pas les seuls responsables du problème du logement en Ile-de-France, ils contribuent à l’aggraver par leur politique malthusienne. 

On manque de logements, les loyers augmentent, que fait-on? On prévoit un encadrement des loyers! Certes un tel dispositif peut se justifier à titre exceptionnel et provisoire dans certaines zones où le marché est particulièrement tendu, mais la solution est évidemment ailleurs: il faut construire des logements (y compris en hauteur et en densifiant l’utilisation de l’espace) et si l’on peut associer des capitaux privés à cet effort, on ira plus vite et à moindre coût pour la collectivité. Ce n’est pas gagné!

Gérard Horny

http://www.slate.fr/story/57055/logement-aides-etat-depenses-crise

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