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Y’en a marre de la baisse possible du taux du livret A

Posté par ippolito le 13 décembre 2012

Le taux du Livret A pourrait baisser le 1 er  février 2013
 
La rémunération du Livret A devrait passer de 2,25 % à 2 % voire 1,75 %. Selon Jean-Marc Ayrault, il n’y a « rien de décidé  ». Le Premier ministre a en revanche confirmé le relèvement de 25 % à 22.950 euros du plafond du Livret A début 2013.

Ce n’est pas une très bonne nouvelle pour les épargnants. Pour la première fois en trois ans et demi, le taux du Livret A devrait baisser à partir du 1er février. 

Rémunéré à 2,25 % net depuis un peu plus d’un an, le produit d’épargne liquide préféré des Français ne devrait à cette date plus afficher qu’une rémunération de 2 % net, voire de 1,75 % si l’inflation au mois de décembre ne dépasse pas 1,5 % hors tabac.

Après la publication de cet article, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a assuré qu’il n’y avait « rien de décidé » à ce sujet. « Je ne connais pas le niveau de l’inflation lorsque nous serons amenés à calculer le taux de rémunération du livret A. », a poursuivi le Premier ministre, confirmant que la décision dépendrait de l’application de la formule en vigueur de calcul du taux du produit d’épargne liquide préféré des Français.

Deux fois par an en effet, le 1er août et le 1er février, le taux du Livret A est révisé selon une cette formule mathématique fondée sur l’évolution des taux courts du marché et de l’indice des prix à la consommation hors tabac du mois de juin et de décembre. 

Les taux étant au plancher, c’est l’inflation qui joue depuis plusieurs mois le rôle de juge de paix. Si la formule s’appliquait aujourd’hui, sur la base de l’inflation hors tabac en novembre, soit 1,4 %, le taux du livret A passerait de 2,25 % à 1,75 %. 

Pour que la rémunération du Livret A se maintienne à son niveau actuel, il faudrait au contraire que l’indice des prix hors tabac dépasse 1,8 % au mois de décembre. 

« Le prix du pétrole a au contraire tendance à baisser, souligne Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas. Si ce mouvement se poursuit, le taux d’inflation hors tabac va aussi reculer davantage encore dans les prochains mois en comparaison de son niveau au début de cette année, quand les prix de l’énergie avaient beaucoup augmenté. 

Le taux du Livret A pourrait donc baisser encore en août », conclut-il. Dans ces conditions, il semble peu probable que le gouverneur de la Banque de France invoque de son côté des circonstances exceptionnelles pour déroger à la formule mathématique en vigueur.

Le plafond bientôt relevé

Même dans un tel scénario, les épargnants ne seraient toutefois pas complètement perdants. D’une part parce que la rémunération de leur placement reste supérieure à l’inflation. 

D’autre part, parce que le relèvement de 25 % du plafond du Livret A depuis le 1eroctobre a élargi leurs possibilités d’épargner à des conditions privilégiées. C’est sans compter le doublement en parallèle du plafond du Livret de développement durable (LDD) dont le taux est identique à celui du Livret A. 

Jean-Marc Ayrault a en outre confirmé mercredi matin sur France 2 que ce plafond serait encore relevé de 25 % à la fin de cette année ou « au début de l’année prochaine ». 

Il atteindra alors 22.950 euros. Dans ces conditions, le produit phare de l’épargne réglementée devrait continuer d’accroître son bas de laine. Au plus grand dam des banques qui le distribuent mais doivent reverser 65 % de la collecte au Fonds d’épargne logé à la Caisse des Dépôts (CDC). 

Entre janvier et octobre, le Livret A avait déjà drainé 23 milliards d’euros, dépassant haut la main le record historique de collecte de 18,7 milliards d’euros en 2008. 

Au total, l’encours du Livret A représentait fin octobre une cagnotte de 239,9 milliards d’euros.

Une baisse de sa rémunération serait en revanche une bonne nouvelle pour les acteurs du logement social car leurs prêts sont indexés sur le taux de Livret A. 

« Le livret A est une épargne populaire, utile aux Français, utile aussi au financement du logement social », a souligné dit Jean-Marc Ayrault.Ce recul risquerait toutefois de ne pas leur suffire pour construire, sans subvention, les 150.000 logements sociaux supplémentaires par an promis par les pouvoirs publics.

« La baisse conjoncturelle du Livret A ne règle pas un problème structurel qui doit être traité par la réforme de l’épargne réglementée », souligne une source proche du dossier.

Optimiser la cagnotte

Annoncée pour la fin de l’année, celle-ci doit permettre d’optimiser l’utilisation de la cagnotte du Livret A par l’Etat. Trois curseurs sont au coeur de la réflexion : le partage de la collecte entre les banques et la CDC ; le niveau de commission versée aux établissements bancaires distribuant le Livret A et le calcul de son taux. 

Pour l’heure, chacun campe sur ses positions : les banques et Bercy militent pour baisser le niveau de centralisation actuel à la CDC tandis que celle-ci prône une baisse des commissions bancaires. 

La modification de la formule de fixation du taux jugé trop favorable aux épargnants pourrait être plus consensuelle même si elle est politiquement sensible. Reste à savoir si une telle réforme s’appliquerait dès février.
 
Par Ninon Renaud

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202444381889-le-taux-du-livret-a-devrait-baisser-le-1-er-fevrier-2013-519582.php

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Y’en a marre de la crise et des politiques d’austérité

Posté par ippolito le 13 décembre 2012

« La solution à la crise, c’est l’endettement ! »

En keynésien orthodoxe, l’économiste et analyste financier indépendant Michel Santi dénonce le dogme de l’austérité et appelle à utiliser les déficits publics pour combattre la crise.

L’économiste et analyste financier Michel Santi est membre du World Economic Forum, de l’Institut français des relations internationales et du collectif des « économistes atterrés ».

Dans Splendeurs et misères du libéralisme (L’Harmattan, 17,10€), cet « apôtre de la dette », qui s’insurge contre « l’idolâtrie néolibérale » et les politiques d’austérité, appelle à un changement de paradigme.

Selon vous, la réduction des déficits publics n’est pas une solution. Pourquoi ?

Pour réduire ces déficits, il faut passer par la case austérité. Or, l’austérité assèche la conjoncture économique européenne, entraînée dans une spirale déflationniste. Les Etats devraient mettre en place une politique expansionniste, comme cela se fait aux Etats-Unis par l’injection de centaines de milliards de dollars dans l’économie, par exemple à travers des achats d’actions.

Il faudrait donc aggraver les déficits pour sortir de la crise ?

Il va de soi qu’en l’état actuel des choses, si le déficit de l’Espagne s’aggrave, le pays ne pourra plus du tout se financer sur les marchés. Il faudrait donc des instances européennes, qui n’existent pas à l’heure actuelle, pour garantir cet endettement.

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a pourtant affirmé en septembre que la BCE pourrait racheter sans limite la dette des Etats en difficultés…

Si c’était vraiment le cas, l’Espagne et la Grèce ne rencontreraient plus de soucis pour se financer. Je pense que ce n’est que par la mutualisation des dettes européennes que l’on pourra mettre fin à ces difficultés rencontrées par l’Europe périphérique.

 Il faut un prêteur en dernier ressort. Aux Etats-Unis, si les Etats n’avaient pas la garantie ultime de la Réserve fédérale, la crise des subprimes aurait eu la même amplitude que la crise de l’euro aujourd’hui. Or, il est impossible de garantir les dettes des pays européens si elles ne sont pas mutualisées.

Aujourd’hui, on impose à ces Etats une politique d’austérité qui a pour seul objectif de satisfaire les marchés. En France, les mesures annoncées par le gouvernement vont dans le même sens.

Certes, le gouvernement mène une politique de réduction des déficits, mais prend dans le même temps des mesures favorables à la compétitivité. N’est-ce pas une réponse plus en phase avec la réalité ?

Je vais avoir une réponse de keynésien : faire des cadeaux aux entreprises sans s’assurer de récupérer ces fonds à un moment donné n’a aucun sens. Car à part avec la hausse de la TVA, comment l’Etat va-t-il retomber sur ses pieds ? 

Par ailleurs, je pense qu’il faut aller beaucoup plus loin dans les mesures destinées à motiver les entrepreneurs. Je suis partisan d’un choc d’offre, mais financé par l’endettement.

Mais l’Etat ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens !

Le devoir d’un Etat est d’abord de soutenir son économie, ses chômeurs, de mettre tout en oeuvre pour atténuer la déprime. Pour cela, il doit s’endetter. Il se remboursera une fois la conjoncture redressée. 

Il faut se départir de ce raisonnement néolibéral qui consiste à penser que l’Etat ne doit pas dépenser plus que ce qu’il a. C’est comme cela que les marchés ont asservi les Etats.

Votre keynésianisme n’est-il pas anachronique ? L’argent injecté par l’Etat risque fort de s’en aller vers l’étranger…

Il faut une régulation stricte et une solution globale. Un protectionnisme européen pourrait être une réponse.

Vous dites que les marchés financiers ont confisqué aux Etats leur pouvoir économique. Quelle est leur motivation profonde ?

Plus d’Etat veut dire plus de régulation, donc la remise en question des profits réalisés sur les marchés. Ceux-ci ont donc tout intérêt à rogner les prérogatives de l’Etat. 

Cette confiscation du pouvoir a eu lieu lors des années Thatcher et Reagan, sous l’impulsion des monétaristes comme Friedman. 

Evidemment, ces économistes ne partageaient pas les intérêts des marchés, mais pensaient que les marchés parvenaient toujours à un équilibre et reflétaient les fondamentaux d’une économie.

Quelle politique fiscale prônez-vous ?

Dans le cas d’une embellie économique, il faut évidemment taxer plus. Keynes disait que l’Etat devait rembourser sa dette en cas de reprise, ne serait-ce que pour ne pas hypothéquer l’avenir. Mais en temps de crise, l’alourdissement de la fiscalité n’est pas la solution.

Mais les générations futures seront également pénalisées si l’on alourdit la dette en temps de crise…

Certes, mais elles le seront aussi si la crise se prolonge. Il faut donc mettre tout en oeuvre pour en sortir au plus vite.

Propos recueillis par Louis Haushalter

http://www.challenges.fr/economie/20121123.CHA3492/michel-santi-la-solution-a-la-crise-c-est-l-endettement.html

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Y’en a marre de la dépense publique et de certaines mesures drastiques qui sont préconisées

Posté par ippolito le 13 décembre 2012

L’Institut Montaigne prône des mesures drastiques pour réduire la dépense publique

Augmenter le temps de travail des fonctionnaires, réformer l’intermittence du spectacle ou améliorer l’évaluation des politiques publiques… Le cercle de réflexion insiste sur la nécessaire réduction de la dépense publique pour réduire la dette en France et retrouver le chemin de la croissance.

« Si rien n’est fait, le modèle français se fracassera sur le mur de l’endettement et de l’atonie de la croissance. » Telle est la teneur de l’introduction de l’Institut Montaigne dans son rapport sur l’économie française. 

Dans celui-ci, le centre de réflexion insiste sur la nécessité d’augmenter le temps de travail des fonctionnaires, réformer l’intermittence du spectacle ou encore améliorer l’évaluation des politiques publiques, d’après l’AFP. 

A ses yeux, le gouvernement doit surtout faire plus d’efforts pour réduire la dépense publique pour réduire la dette en France et ramener la croissance.

Pour éponger une dette publique, de 1.832 milliards d’euros (89,9% du PIB) à fin juin, et surtout atténuer la charge de ses intérêts, l’un des tout premiers postes de dépenses de l’Etat, il propose de puiser directement dans ce modèle social. 

Selon le centre de réflexion, la mise en application des mesures qu’il préconise permettrait à l’Etat de faire 38 milliards d’économies sur les 70 milliards qu’il faudrait sur cinq ans pour régler le problème.

 Malgré les oppositions que susciteront ces mesures si un gouvernement les adopte, elles doivent être mises en œuvre « sans que la main ne tremble », lâche-t-il.

Réduction des « dépenses d’interventions »

A commencer par la réduction des dépenses de personnel dans les trois fonctions publiques (d’Etat, hospitalière, territoriale). Pour rétablir le principe du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux à service égal, l’institut propose d’augmenter le temps de travail des agents publics de 2 heures 30 hebdomadaires, et de geler leurs salaires.

Autre levier à privilégier: la réduction des « dépenses d’interventions », prestations et subventions, souligne le rapport. Celui-ci estime que « plus de la moitié des dépenses publiques et plus des trois-quarts de l’accroissement de la dépense publique des 30 dernières années ». Le rapport cite notamment l’assurance-chômage appelée à redevenir « dégressive ». Car « la diminution des allocations-chômage pousse une partie des chômeurs à retrouver un emploi ». 

L’étude montre que « cet impact positif (…) est d’autant plus marqué que les individus sont qualifiés », et que « une proportion importante de chômeurs non qualifiés (ont) peu de chances de retrouver un emploi, indépendamment de leur niveau d’allocation ».

Réduire les prestations familiales

En outre, le régime des intermittents du spectacle doit être « réformé sans complaisance », pour économiser 400 millions d’euros. L’Institut Montaigne préconise aussi une « réforme de fond » de l’assurance-maladie afin de dégager 15,5 milliards d’euros. Il propose ainsi de réduire les remboursements des maladies chroniques « en cas de non-respect d’un parcours de soins fondé sur des protocoles et des référentiels opposables ».

De même, l’Institut suggère aussi de réduire les prestations familiales. Et ce, en éteignant « progressivement la prise en charge des congés parentaux » (2,3 milliards d’euros) tout en « développant l’offre des modes de garde » et des prestations sociales, en supprimant la prime pour l’emploi.

(avec AFP)

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20121213trib000736999/l-institut-montaigne-prone-des-mesures-drastiques-pour-reduire-la-depense-publique.html

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Y’en a marre des 150 millions € distribués au titre de la réserve parlementaire

Posté par ippolito le 13 décembre 2012

A qui profitent les 150 millions d’euros distribués au titre de la réserve parlementaire?
  
Le site Owni et l’association Anticor invitent les contribuables à débusquer les parlementaires se cachant derrière les associations qui ont touché des financements au titre de la réserve parlementaire.

D’abord une question : savez-vous ce qu’est le programme 122 ? Ce n’est pas le titre d’un SAS mais le code sous lequel se dissimule une enveloppe de 150 M€, baptisée réserve parlementaire et dont le contenu peut être distribué par les élus sans contrôle véritable. A discrétion.

Ces 150 millions d’euros annuel sont répartis à hauteur de 60 millions pour les sénateurs et de 90 millions pour les députés. Chaque élu a le droit d’accorder une subvention à un ou plusieurs projets portés par une collectivité ou une association de son choix.

Sous le faux masque de la réfection d’un monument historique ou d’une dotation à l’amicale des pêcheurs de poisons-chats, cette distribution peut prendre un aspect clientéliste, opaque, maintes fois dénoncé par Contribuables Associés.

Les rodomontades de Claude Bartolone

Une fois hissé au perchoir, Claude Bartolone a annoncé son intention de réformer le système.

Selon Owni, Claude Bartolone, n’a « donné comme instruction aux parlementaires socialistes que de limiter les enveloppes, de respecter les délais administratifs et d’éviter les petites subventions ».

Cependant, « la liste exhaustive des subventions et des investissements soutenus par la réserve parlementaire sera intégralement publiée », a affirmé le président PS de l’Assemblée, cette mesure étant destinée à mettre fin aux phantasmes.

Le questionnaire d’Owni

Mettre fin aux phantasmes ? C’est précisément ce que le site Owni se propose de faire immédiatement. Il a extrait une liste partielle des bénéficiaires des 150 millions d’euros de la réserve parlementaire et en appelle aux citoyens afin de débusquer les parlementaires utilisant ce canal pour distribuer de l’argent à leurs féodaux.

Faute de disposer d’un document intégral, le site s’est tourné vers l’annexe au projet de loi de Finances 2013 portant sur « l’effort financier de l’État en faveur des associations ». C’est l’un des 2 postes de dépenses autorisé pour la réserve parlementaire avec les investissements pour les collectivités locales.

Ayant pu reconstituer une liste partielle des récipiendaires, Owni invite ses lecteurs à la consulter et à faire remonter le nom des sénateurs ou des députés acquis à la générosité clanique.

Type de question : Quel lien votre élu entretient-il avec l’organisation justifiant votre intervention ? Quelle est la source vous permettant de l’affirmer ?…

Qu’il s’agisse du financement du club de réflexion du sénateur UMP François Grosdidier, ou de celui du Lion’s Club de Conflans-Montjoie par Claude Ney, chef de cabinet du député UMP des Yvelines, le site estime que les conflits d’intérêts émergeant de ce document sont nombreux.

Pour les Rouletabille de la finance publique, le champ d’investigation est encore large puisque le site n’est parvenu à flécher que l’équivalent de 10 millions d’euros sur les 150 millions soupoudrés chaque année par les 2 assemblées.

Qui nourrit qui et pourquoi ? Il reste encore pas mal de pépites à découvrir.

http://www.lecri.fr/2012/11/15/a-qui-profitent-les-150-millions-d’euros-distribues-au-titre-de-la-reserve-parlementaire/37268

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Y’en a marre de l’immbolier et de la grande intox de la baisse des prix

Posté par ippolito le 13 décembre 2012

Immobilier : la grande intox de la baisse des prix

On nous l’annonce tous les mois, la fin de la hausse de l’immobilier. Si, depuis des années, les professionnels du marché essaient de nous convaincre, avec la complicité des médias, que la chute du prix du mètre carré est imminente, c’est qu’ils ont une bonne raison.

Le 16 octobre 2012, Palais-Brongniart, deuxième étage, direction l’auditorium. La salle est comble et les photographes font crépiter leurs appareils pour mitrailler Jean-François Buet, le tout nouveau président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). 

Dans un instant, le patron de la première organisation des professionnels de l’immobilier, qui regroupe quelque 12 000 adhérents, présentera à la tribune la dernière note de conjoncture sur «le marché de l’immobilier dans l’ancien au 3e trimestre 2012». Ici, à la Bourse, tout le monde sait d’avance qu’il va annoncer une rafale de mauvaises nouvelles. 

A midi pile, le verdict tombe : le marché est grippé et la fièvre sur les prix s’est calmée. De septembre 2011 à septembre 2012, les transactions ont chuté de 15 %, le prix du mètre carré a reculé de 1,1 % en moyenne dans l’Hexagone, avec un repli «plus marqué» en Ile-de-France (- 2 %). Et une nouvelle baisse «pouvant aller jusqu’à 5 %» est attendue en 2013. Quant au chiffre d’affaires des agences, il a dévissé de 20 %. 

En résumé, l’âge d’or est révolu et, selon les calculs de la Fnaim, le secteur va inévitablement perdre 10 000 emplois cette année, soit un emploi sur huit ! D’où, sans doute, ce message incantatoire lancé par Jean-François Buet à l’adresse des propriétaires : 

«L’année 2012 marque un vrai tournant et il faut ramener les vendeurs à la raison. Maintenant, l’histoire est écrite : les hausses de prix intempestives, c’est ter-mi-né !» 

2011, UN CRU EXCEPTIONNEL

Ce refrain vous semble forcément familier : les professionnels de l’immobilier et les médias ne cessent de l’entonner en chœur et en canon depuis deux ou trois ans. Mais, manifestement, à la Fnaim, on a la mémoire courte. 

En 2011, la profession jouait la même partition : promis, juré, après une décennie de folie, le marché allait se calmer, et les tarifs allaient redevenir raisonnables. 

A l’époque, la Fnaim tablait sur une hausse modérée du prix du mètre carré comprise entre 2 et 3 %. Quant aux experts qui décortiquent en boucle les tendances du marché dans les médias, réécoutons-les. Juillet 2011, Olivier Eluère, économiste au Crédit agricole et spécialiste de l’immobilier, prévoit «un repli des ventes de logements anciens de l’ordre de 10 % en 2011». 

Deux mois plus tard, Marc Touati, économiste et président du cabinet Acdefi (Aux commandes de l’économie et de la finance), annonce : «Nous estimons que l’immobilier est actuellement surévalué de 10 % et maintenons notre scénario d’une baisse de 5 à 10 % du prix des logements d’ici à l’élection présidentielle de 2012, en moyenne nationale.» 

Résultat des courses ?

Le cru 2011 a été exceptionnel ! Ni les ventes ni les prix n’ont chuté, bien au contraire : le marché a crevé le plafond. En un an, le nombre de transactions est passé de 784 000 à 858 200, soit une hausse spectaculaire de 9 %. 

Du jamais-vu. «Le record absolu du nombre de transactions, 837 000 à la mi-2006, est ainsi battu», commentaient d’ailleurs en avril dernier les notaires de France en faisant le bilan de l’année précédente. 

Côté prix, la hausse a atteint 6,5 % sur l’ensemble du territoire, soit deux à trois fois plus que ne le prévoyait la Fnaim. Avec des pics de + 9 % à Lyon et à Bordeaux, + 8,2 %, à Nantes, + 7,8 % à Lille, + 7,6 % à Strasbourg. 

Dans la capitale, n’en parlons pas, ce fut une folie : fin décembre 2011, un appartement s’achetait 8 390 €/m2 en moyenne (+ 14 %) et, entre juin 2010 et juin 2011, le mètre carré explosait (+ 39 %), selon Sébastien de Lafond, président et cofondateur de meilleursagents.com. Cherchez l’erreur… «Les prix ont continué de monter parce que, par chance, les taux d’intérêt ont beaucoup chuté, ce que nous n’avions pas anticipé», admet aujourd’hui Marc Touati.

 En résumé, les acheteurs ont accepté de banquer car, en contrepartie, ils profitaient de crédits incroyablement avantageux. L’un dans l’autre, ils s’y retrouvaient. «Mais, persiste l’économiste, on a toujours un potentiel d’une baisse de 10 à 15 % si les taux remontent, ce qui est fort probable.» Avec des si…

PARIS RÉSISTE

En attendant, le léger repli national reflète des réalités différentes sur le territoire. A la campagne ou dans les villes moyennes plus ou moins à l’écart des métropoles, les prix chutent et parfois même dévissent : – 3,4 % à Caen, – 10,2 % à Béthune. 

Mais, dans le centre des grandes agglomérations, toujours plus attractives pour une majorité de Français, le mètre carré continue à augmenter et parfois très fort.

 Un tour d’horizon du site des Notaires de France, qui se garde bien de faire des prévisions en 2013, donne un aperçu de la situation au premier trimestre 2012 : + 5 % à Lille et à Lyon, + 6,7 % à Rennes. En plein cœur de Nantes : + 6 %. Quartier de l’Hôtel-de-Ville à Bordeaux : + 7,8 %. Quartier de Belsunce à Marseille (qui est loin d’être le plus chic) : + 15 %. 

Quant à Paris, le précédent record a encore été battu entre juin et août : 8 440 €/m2 en moyenne dans l’ancien, soit + 1,2 % en trois mois ! «Paris résiste et va continuer à résister», prédit d’ailleurs Jean-Michel Ciuch, directeur général d’Immo Group Consulting. Tiens, changement de son de cloche ? 

Inutile d’espérer une amélioration : mardi 27 novembre, le ministère du Logement annonçait la bérézina dans le neuf, avec une chute de 25 % des ventes des promoteurs au 3e trimestre et un plongeon des permis de construire – la détérioration de la situation économique et les prix élevés effrayant les acheteurs potentiels. 

Autant dire que l’année 2013 ne sera pas meilleure que 2012, quoi qu’aient martelé les experts. «Désormais, la question est de savoir si 2014 verra une reprise», affime sans complexe Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest. Paradoxalement, les prix ne fléchissent toujours pas. 

«Dès le début de l’année, nous avions annoncé que les prix ne baisseraient pas, pour une raison simple : dans certaines zones, la France est déficitaire en logements et la pénurie est surtout présente dans les hypercentres, c’est-à-dire là où les gens veulent habiter», insiste à contre-courant Laurent Vimont, le président du réseau Century 21 qui, lui, envisage de recruter 2 000 personnes cette année quand la Fnaim dégraisse. 

Allez comprendre… Si les prix ne reculent toujours pas – ou si peu -, pourquoi les professionnels multiplient-ils les signes d’inquiétude ? Pour la simple raison qu’ils n’arrivent plus à vendre, notamment les grandes surfaces, et que les belles «com» sur les transactions qui ont fait déborder les caisses depuis une décennie commencent à se faire rares. Bref, la machine qui s’était emballée tourne au ralenti et risque même de passer au point mort. 

«Aujourd’hui, il y a un gros décalage entre les prix qu’attendent les acheteurs et ceux que proposent les vendeurs. On est dans un marché en chiens de faïence, explique Roland Tripard, président du directoire du groupe seloger.com. 

Or, si on veut que le marché redémarre, il faut que les prix baissent.» Mais les propriétaires prêts à vendre, qui voient défiler des hausses de prix à deux chiffres depuis des années, ne veulent rien lâcher. Et les futurs acheteurs, à qui l’on fait miroiter une chute depuis des mois, patientent en attendant le grand soir de l’immobilier. 

«Les acheteurs ont du temps, des conditions de crédit extraordinaires et ils se sont laissé convaincre que les prix allaient baisser», remarque Sébastien de Lafond. Dans ces conditions, comment faire pour inciter tout ce beau monde à changer de comportement, et vite ? En pratiquant la méthode Coué dans les agences.

 Pour faire revenir les acquéreurs, les professionnels invitent les vendeurs à revoir dès à présent leurs prétentions à la baisse, en insistant sur le fait que demain, compte tenu du contexte morose (la crise qui s’installe, le chômage qui augmente, le pouvoir d’achat qui faiblit…), on ne peut présager de rien. 

Un message dont la presse se fait largement complice – il faut bien vendre tous ces «spécial immobilier» aux lecteurs et aux annonceurs du secteur, n’est-ce pas ? En mars, le dossier immobilier de l’Express prodiguait avec optimisme les premiers conseils à ses lecteurs sur le thème :

 «Comment profiter de la baisse». Fin avril, rebelote dans les Echos qui annoncent : «Le scénario d’une baisse des prix se renforce», et de prédire dans l’euphorie une chute continue de l’ordre de 7 % par an pendant sept ans. A la mi-octobre, c’est le Monde qui dans son supplément «Argent» aiguise les appétits : «Les prix commencent à baisser. Comment en profiter.» Autant dire que la baisse, tout comme Godot, on l’attend toujours… 

BOURRAGE DE CRÂNE MÉDIATIQUE

«Je ne voudrais pas stigmatiser tous les agents immobiliers dans leur ensemble, mais je constate aussi qu’il est plus intéressant pour les journalistes de forcer le trait sur la baisse des prix que de nous parler d’un marché atone», grince Sébastien de Lafond. 

Quoi qu’il en soit, le bourrage de crâne médiatique n’a pas leurré les Français pour qui, justement, en ces temps incertains, l’immobilier est devenu une valeur refuge. La maison ou l’appartement est à la fois leur nid et l’essentiel de leur patrimoine. Ils ont chèrement gagné la sécurité d’avoir un toit, mais aussi de disposer d’un bien précieux qu’ils peuvent revendre en cas de pépin.

 Autant d’aspirations qui, d’une certaine façon, sont illustrées par l’enquête réalisée en octobre par l’Ifop pour la Fnaim sur «le moral des ménages et leur perception du marché» : un quart des sondés – seulement – ont perçu une baisse des prix et 46 % ont le sentiment qu’ils continuent d’augmenter.

 A l’avenir, un quart d’entre eux – toujours – misent sur une baisse de prix, 40 % parient sur la stabilité et 38 % s’attendent encore à une hausse… Jusqu’à quand ? La question taraude certains experts qui, eux, n’ont pas les préoccupations mercantiles d’agents immobiliers. 

«Le niveau des prix est intenable et il faudra bien revenir aux niveaux atteints entre 1965 et 2000», s’alarme Jacques Frigitt, auteur d’une étude séculaire sur les prix de l’immobilier qui fait référence sous l’appellation du «tunnel de Frigitt». 

En résumé, l’économiste montre qu’entre 1965 et 2000, soit sur une période de trente-cinq ans et en dépit de cycles à la hausse et à la baisse, le prix d’un logement a invariablement représenté (à 10 % près) deux fois et demie le revenu moyen annuel et disponible* d’un ménage. 

Or, aujourd’hui, il est passé à… quatre fois ! «La situation est devenue extraordinaire ! On peut se dire qu’on a changé de paradigme… Mais je n’imagine pas que cela puisse continuer encore longtemps. 

Cette situation ne s’observe pas dans d’autres pays», s’alarme Denis Burckel, professeur à l’université Paris-Dauphine et coordinateur du pôle logement à Terra Nova, le think tank de la gauche. 

Extraordinaire, absurde, irrationnel… Aujourd’hui, les adjectifs se télescopent pour tenter de décrire une situation inédite qui ne défie pas que la raison. «Le marché est malade et je ne me défends même pas pour dire que j’en fais une lecture moralisante, avertit même Henri Buzy-Cazeaux, aujourd’hui président de l’Institut de management des services immobiliers. C’est un marché qui exclut, qui n’est pas démocratique. Ce n’est plus possible !» Espérons qu’il ait raison… 

* Le revenu disponible d’un ménage comprend les revenus d’activité, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d’autres ménages et les prestations sociales, nets des impôts directs (l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, les CSG et la CRDS). 

LE VRAI PRIX DU MÈTRE CARRÉ ? MYSTÈRE 

Quel est le vrai prix du mètre carré ? Pour le quidam candidat à l’acquisition, avoir une idée précise de l’état du marché est un véritable casse-tête. Pourtant les baromètres et les diverses études ne manquent pas. 

Le hic, c’est qu’aucune de ces enquêtes ne se fonde sur les mêmes données, au point qu’un chat n’y reconnaîtrait pas ses chatons. Certains réseaux publient des chiffres sur la base des transactions réalisées dans leurs propres agences et n’ont donc qu’une lisibilité partielle du marché. 

Mais l’affaire se corse, car les professionnels ne calculent pas les prix au même moment, d’où un décalage et quelques gros écarts de prix d’un baromètre à l’autre. Certains, comme seloger.com, établissent – à partir d’un large éventail d’agents indépendants ou non – leur propre baromètre en se fondant sur le prix des biens mis à la vente. Tant pis si les tarifs varient en cours de négociations…

 D’autres, à l’instar des enquêtes de la Chambre des notaires, réputées les plus fiables, se réfèrent au prix inscrit sur la promesse de vente signée entre le vendeur et l’acquéreur. D’autres encore se fondent sur le prix de la transaction qui figure dans l’acte de vente authentique. Bref, impossible de s’y retrouver.

PERRINE CHERCHÈVE – MARIANNE

http://www.marianne.net/Immobilier-la-grande-intox-de-la-baisse-des-prix_a224793.html

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