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Y’en a marre des médicaments dangereux et surtout des mensonges

Posté par ippolito le 5 février 2013

Quels sont les médicaments dangereux selon Prescrire et l’ANSM?

La revue médicale indépendante a publié sa liste noire des médicaments. En 2011, l’Agence du médicament avait dévoilé les traitements placés sous surveillance renforcée. L’Express a comparé les deux inventaires. 

Quels médicaments sont vraiment dangereux ? 

La réponse varie en fonction des interlocuteurs. Selon Le Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, des professeurs Bernard Debré et Philippe Even, 50% des médicaments sont inutiles, dont 5% potentiellement dangereux. 

La semaine dernière, la revue médicale indépendante Prescrire a publié sa liste des « médicaments plus dangereux qu’utiles » pour lesquels elle demande un retrait du marché. 

En janvier 2011, en plein scandale sanitaire du Mediator, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait publié sa liste des 77 médicaments placés sous surveillance renforcée. L’Express y avait, à l’époque, consacré un dossier complet.  

Nous avons comparé les deux inventaires. Au total, près de 20 médicaments sont pointés du doigt à la fois par l’ANSM et par Prescrire. Ceux-ci disposent toujours d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) mais on peut penser que, faisant en quelque sorte l’unanimité contre eux, ce seront les prochains à être retirés de la vente. Il s’agit, par ordre alphabétique, de:  

- Arcoxia (douleur, rhumatologie) 

- Champix (dépendances) 

- Cymbalta (psychiatre) 

- Ferrisat (cancérologie – hématologie) 

- Hexaquine (douleur – rhumatologie) 

- Januvia (diabétologie – nutrition)  

- Ketum gel (douleur – rhumatologie) 

- Nexen (douleur – rhumatologie) 

- Onglyza (diabétologie – nutrition)  

- Pholcodine (pneumologie – ORL)  

- Praxinor (cardiologie)  

- Primalan (dermatologie – allergologie) 

- Procoralan (cardiologie) 

- Protelos (douleur – rhumatologie) 

- Tysabri (neurologie) 

- Valdoxan (psychiatrie) 

- Vastarel (cardiologie)  

- Zyban (psychiatrie – dépendances)  

Parmi le recensement de l’Agence du médicament, figurent par exemple le Di-Antalvic (douleur – rhumatologie) et le Subutex (psychiatrie – dépendances) sans que leur efficacité ne soit remise en cause par la revue médicale. A l’inverse, le Motilium (gastro-enthérite) et le Thiovalone (pneumologie – ORL), entre autres, sont dans le viseur de Prescrire alors que l’ANSM ne les surveille pas avec une attention particulière.  

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/quels-sont-les-medicaments-dangereux-selon-prescrire-et-l-ansm_1216731.html

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Y’en a marre du cumul des mandats et surtout des promesses non tenues

Posté par ippolito le 5 février 2013

Selon le magazine Capital, le bonus de Najat Vallaud-Belkacem serait en fait de 4 238 euros par mois pour un salaire total de 14 178 euros brut

Du brut, du net et une bonne calculette. Il y a près d’un mois, reprenant une information du Nouvel Observateur, nous avions écrit que Najat Vallaud-Belkacem gagnait 12 697 euros brut par mois. 

A ses indemnités de ministre (9 940 euros), il fallait ajouter ses indemnités de conseillère municipale et de conseillère régionale. L’hebdomadaire affirmait que la ministre cumulait ainsi 2 757 euros par mois de revenu pour ces deux mandats locaux. 

Un cumul tout à fait légal : car si François Hollande veut interdire le cumul entre un mandat national (ministre ou député) et un mandat d’exécutif local (maire ou président de conseil général), le président de la République autorise le cumul des fonctions de ministre avec celles de simple conseiller. 

De quoi permettre à certains ministres de compenser en partie la baisse de 30% de leurs indemnités, décidées symboliquement par François Hollande.

Problème : le magazine Capital vient de publier des chiffres différents de ceux du Nouvel Observateur. Le petit bonus de Najat Vallaud-Belkacem serait beaucoup plus élevé. 

Dans son dossier annuel sur l’argent des élus, le mensuel précise ainsi que la ministre des Droits des femmes perçoit, en plus de son salaire de ministre, 2 927 euros brut par mois en tant que conseillère générale du Rhône et 1 311 euros brut par mois en tant que conseillère municipale de Lyon. En d’autres, ses indemnités d’élue locale lui rapporteraient un bonus de 4 238 euros. 

Au total, d’après Capital, la ministre du Droit des femmes cumulerait donc 14 178 euros de revenu brut mensuel. Comment expliquer la différence de près de 1500 euros avec Le Nouvel Observateur ? C’est sans doute lié au mélange du brut et du net. Dans le graphique publié par Le Nouvel Obs, l’hebdomadaire donnait des indemnités locales en net ou en brut tout en ne fournissant uniquement que le salaire brut des ministres. 

L’addition, que nous avions effectuée, entre du brut et du net n’avait donc pas vraiment de sens.

Cette différence de chiffes change-t-elle la donne ? Oui. Car avec un salaire brut mensuel de 14 178 euros, Najat Vallaud-Belkacem réussit, par son cumul, à gagner autant qu’un ministre sous Sarkozy (14 129 euros brut par mois). Le cumul des mandats a donc un bel avenir devant lui.

*** Sources
- Etienne Gingembre, « Combien gagnent les élus de votre région », Capital n°257, janvier 2013
- Julien Martin, « Ministres… et cumulards ! », Le Nouvel Obs n°2511, 20.12.2012

http://www.politique.net/2013020101-bonus-vallaud-belkacem.htm

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Y’en a marre de la guerre au Mali

Posté par ippolito le 5 février 2013

Quand la France paie trois fois au Mali… 

Outre le surcoût de l’opération Serval lancée le 11 janvier et supportée quasi exclusivement par la France, Paris a également décidé d’apporter une aide militaire logistique d’un total de 40 millions d’euros à la Misma (Force internationale de soutien au Mali) et de 7 millions à l’armée malienne, pour vaincre les islamistes.

La France mouille le maillot au Mali et dépense beaucoup pour stabiliser ce pays africain du Sahel… Outre le surcoût de l’opération Serval lancée le 11 janvier et supportée quasi exclusivement par la France, Paris a également décidé d’apporter une aide militaire logistique d’un total de 40 millions d’euros à la Misma (Force internationale de soutien au Mali) et de 7 millions à l’armée malienne, pour vaincre les islamistes, a annoncé mardi à Addis Abeba le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

 La France va « apporter un soutien logistique au contingent de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali) en cours de déploiement (…) de l’ordre de 40 millions d’euros », a-t-il déclaré. La France « intervient (également) en appui des forces armées maliennes et va leur céder du matériel pour un peu moins de 7 millions d’euros », a pécisé le ministre.

Le 23 janvier, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, évaluait à 30 millions d’euros le coût de l’opération Serval menée au Mali contre des groupes islamistes armés, douze jours après le début de l’opération militaire française (le 11 janvier). 

Interrogé sur le coût des opérations dans le cadre de l’émission « Politiques » de France 24-RFI-L’Express, il avait répondu : « c’est un peu difficile à dire maintenant ». « On peut considérer que l’opération la plus coûteuse pour nous jusqu’à présent a été l’opération logistique, le transport… On évalue à peu près à 30 millions d’euros le coût de l’opération à l’heure actuelle », avait-il précisé. 

Jean-Yves Le Drian, a promis la « transparence » sur le coût de Serval. Qui va payer ? Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a promis de piocher dans la réserve de précaution si la facture des opérations extérieures (OPEX) était supérieure aux 630 millions d’euros déjà budgété.

 Ce qui est possible car l’opération au Mali, où 3.000 soldats français ont été engagés, risque de durer… Se basant sur les coûts de l’intervention libyenne de 2012, une agence de presse estimait il y a quelques jours que l’intervention malienne se monterait à 400.000 euros par jour. 

D’autres estimations tablent, elles, sur un million d’euros par jour. Rien n’est moins sûr.

14.000 euros l’heure de vol pour le Rafale

Il est difficile aujourd’hui d’évaluer le surcoût de l’opération Serval. Car les matériels utilisés au Mali auraient de toute façon volé et roulé pour l’entrainement des troupes françaises en France ou ailleurs. 

A chaque exercice budgétaire, un quota d’heures de vol est attribué pour cet entrainement, le surcoût n’intervenant que si ce quota est dépassé. 

Ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est que le coût de l’heure de vol des hélicoptères et avions de combat, engagés depuis le 11 janvier dans les opérations aériennes au Mali, varie considérablement selon le type d’appareil, allant de 1.600 euros pour un hélicoptère Gazelle à 14.000 euros pour le Rafale. 

Ce sont les coûts de maintenance (maintien en condition opérationnelle) des principaux appareils. Ils ne comprennent ni le kérosène, ni la solde des pilotes, qui peut être doublée dans les opérations extérieures. Ces chiffres permettent de calculer le coût de l’opération Serval (heures de vol et de roulage des différents matériels, munitions, …) et intéressent également les pays étrangers désireux d’acquérir des appareils, comme le Rafale.

Pour les avions de combat : Mirage 2000-D (7.000 à 8.000 euros/heure), Rafale (14.000 euros/heure). Le Rafale revient plus cher que le Mirage 2000-D, mais il emporte trois fois plus d’armement. 

Pour les hélicoptères : Gazelle (1.600 euros/heure), Puma (3.600 euros/heure) et Tigre (11.000 euros/heure). Pour le Tigre, le coût horaire d’un appareil est plus élevé au début de la mise en service d’un appareil mais que ce coût décroît ensuite avec l’optimisation du processus de maintenance et l’augmentation du nombre d’appareils en service. 

Quoi qu’il soit, pour calculer les surcoûts de l’opération Serval, il faut déduire les coûts à l’heure vol. Selon le blog Secret défense, Paris a engagé quatorze avions de combat  au Mali (6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR), qui bénéficient désormais de l’appui des ravitailleurs de l’US Air Force. Depuis le début de l’opération Serval, 145 frappes aériennes ont eu lieu.

Michel Cabirol

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20130130trib000745932/quand-la-france-paie-trois-fois-au-mali.html

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Y’en a marre de la face cachée de Pôle emploi

Posté par ippolito le 5 février 2013

La face cachée de Pôle emploi

Conseillers débordés, dossiers remplis sans prise de contact, chômeurs blacklistés…, l’institution est mise à mal dans « Les infiltrés » sur France 2

Pôle emploi ne serait-il qu’un mirage ? Les infiltrés (1), en filmant en caméras cachées une agence, dépeignent une institution inefficiente à sa base. 

Ses conseillers, « débordés » par la multiplicité des tâches, accablés par la rigidité de l’organisation, dépassés par des « objectifs inatteignables », n’assurent plus leur mission d’accompagnement. En clair, ils ne remplissent plus leur première mission.

Mais, pire encore, d’aucuns veulent afficher de bons résultats en s’accommodant du règlement. Ainsi, un agent qui doit suivre 160 chômeurs par mois reconnaît qu’il complète la plupart de ses dossiers sans prise de contact ! La pratique serait courante…. 

On apprend aussi que de nombreux demandeurs ne sont pas « affectés », c’est-à-dire qu’aucun agent ne les suit, car ils sont « incasables ». La liste de ces blacklistés est mise à jour tous les trois mois… La série de dysfonctionnements rend l’ambiance électrique. « On subit des agressions, on a pris des extincteurs dans la tronche », raconte un agent. Détresse contre détresse.

Quatre ans après sa création, née de la fusion entre l’ANPE et les Assedic, Pôle emploi prend l’eau. Mais comment éviter le naufrage alors que le chômage explose (10 % de plus en 2012) ?

Le gouvernement a promis, en juillet dernier, un assouplissement de l’organisation et 2 000 embauches. À terme, un redéploiement des effectifs paraît inévitable – sur 48 000 salariés, seuls 9 000 sont agents d’accompagnement. Ces derniers sont deux fois plus nombreux en Allemagne et en Grande-Bretagne.

http://www.lepoint.fr/societe/la-face-cachee-de-pole-emploi-31-01-2013-1622124_23.php

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Y’en a marre des promesses non tenues

Posté par ippolito le 5 février 2013

Pour quelles raisons manifestent les fonctionnaires ?

Quelque 120 rassemblements et manifestations étaient organisés dans toute la France, jeudi 31 janvier, à l’appel de trois syndicats de la fonction publique (CGT, FSU, Solidaires) pour dénoncer les suppressions de postes dans les ministères « non prioritaires », et demander, notamment, des revalorisations de salaires. Le point sur les revendications des fonctionnaires. 

La revalorisation du « point d’indice »

Les salaires de la fonction publique d’Etat sont calculés en fonction d’une grille qui définit la rémunération principale, selon l’échelon hiérarchique et l’ancienneté. Chaque agent de l’Etat possède un indice, qui définit la base de son traitement, auquel s’ajoutent ensuite des primes et indemnités.

Le point d’indice, commun à tous les fonctionnaires de l’Etat, est en général revalorisé chaque année pour tenir compte de l’inflation. Mais après avoir été augmenté de 0,8 % chaque année entre 2007 et 2009, puis de 0,5 % en 2010, il a été gelé « en valeur » en 2011 et 2012. La politique du gouvernement Ayrault ne diffère donc pas sur ce point de celle du gouvernement Fillon.

Les syndicats espèrent un geste du gouvernement. La CGT comme la FSU estiment que les fonctionnaires ont perdu en moyenne 13 % de leur pouvoir d’achat ces dix dernières années. Mais la ministre de la fonction publique a été ferme jusqu’ici sur le sujet en rappelant qu’une hausse de 1 % du point d’indice augmenterait de 780 millions d’euros la masse salariale de l’Etat (80,6 milliards d’euros en 2013), que le gouvernement entend garder stable.

Toutefois, le point d’indice ne compose pas l’essentiel de l’évolution de la rémunération des fonctionnaires : 31 % de la masse salariale globale de la fonction publique est due à la grille indiciaire, contre 53 % pour des mesures individuelles.

Le gel du point d’indice est en partie compensé par certains dispositifs, comme la garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA), une indemnité annuelle versée aux agents dont le traitement indiciaire brut a évolué moins vite que l’inflation au cours des quatre dernières années. Surtout, les fonctionnaires touchent également des primes et indemnités.

Pour comprendre la rémunération des fonctionnaires, lire : Salaire : les fonctionnaires devraient faire les frais de la rigueur

Un moratoire sur les suppressions de postes

Initiée par le gouvernement Fillon, la révision générale des politiques publiques a instauré la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’Etat. 

Sa mise en application a conduit à la suppression de 117 654 équivalents temps plein travaillés. Soit une réduction de 150 000 postes au sein des ministères entre 2007 et 2012.

Le nouveau gouvernement avait promis de sortir de cette « logique comptable ». Si en 2013, les effectifs vont rester globalement stables, certains ministères ont été privilégiés au détriment d’autres.

Désignés comme « prioritaires » par François Hollande, les ministères de la justice et de l’éducation voient leurs effectifs augmenter, respectivement de 0,6 % et 0,9 %. Mais ces créations sont supportées par des disparitions de postes accrues dans d’autres ministères : 

ainsi le ministère du logement et de l’égalité des territoires connaît plus de suppressions de postes que de départ à la retraite et au ministère de l’écologie, 614 postes sont supprimés pour 999 départs en retraite (donc au-delà de la règle du un sur deux). 

Au ministère de l’économie, l’une des administrations les plus touchées, le taux de non-remplacement s’élève à 55 % (1 890 postes remplacés sur 4 243 départs), c’est tout de même moins qu’en 2012 (64 %).

Là encore la marge du gouvernement est faible. Dans son dernier rapport sur les perspectives des finances publiques publié en juillet, la Cour des comptes élaborait plusieurs scénarios de stabilisation des finances publiques. 

Trois scénarios sur quatre proposaient des baisses d’effectifs de 15 000 à 30 000 euros par an. Le dernier, le seul partant d’une stabilisation des effectifs prévoyait des économies… par le gel du point d’indice, en réduisant aussi drastiquement les mesures catégorielles (- 90 %) ainsi que les avancements.

L’abrogation de la journée de carence non indemnisée

Les grévistes espéraient aussi obtenir l’abrogation du système voté sous le gouvernement Fillon et entré en vigueur depuis le 1er janvier 2012, qui prévoit qu’en cas de congés maladie (non professionnelle), le premier jour de congès des fonctionnaires, stagiaires comme titulaire, n’est pas rémunéré. La mesure, dénoncée unanimement par les syndicats, aurait rapporté moins de 100 millions d’euros.

Avec le mouvement de jeudi, les syndicats espèrent peser sur une réunion consacrée aux carrières et rémunérations prévue le 7 février avec la ministre Marylise Lebranchu.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/01/31/pour-quelles-raisons-manifestent-les-fonctionnaires_1825567_823448.html

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Y’en a marre des sacrifices des salariés

Posté par ippolito le 5 février 2013

Les salariés à l’heure des sacrifices

Dans de nombreuses entreprises, des salariés n’ont pas attendu l’accord national sur la compétitivité pour accepter blocage des salaires ou flexibilité du temps de travail. Objectif : sauver les emplois.

C’est une France à deux vitesses. Celle des salariés qui ne veulent rien lâcher sur leur salaire, leur temps de travail ou son organisation. Et celle d’une majorité silencieuse qui a déjà plié devant le marché proposé par les directions et souvent imposé par le contexte économique.

 Cette semaine, le match Amiens-Sud contre Amiens-Nord, qui se joue depuis des années chez Goodyear, a connu un tournant dramatique. Des investissements industriels et un maintien de l’emploi sur le site Sud. Sur celui du Nord, qui résiste depuis des années à tout accord avec la direction, le couperet a fini par tomber : projet de fermeture assortie de la suppression des 1.173 postes.

Comme Amiens-Sud, des dizaines d’entreprises n’ont pas attendu les accords du 11 janvier sur l’emploi et la compétitivité, bientôt ratifiés par le Parlement, pour mettre leurs salariés au régime de crise. Comme Amiens-Nord, des poches de résistance persistent. 

Renault n’a pas encore bouclé ses négociations avec les syndicats. La mobilisation du 29 janvier dans les usines a rappelé que les propositions de la direction avaient du mal à passer. Lors de l’ultime round de négociations, mardi, les chances qu’un accord soit trouvé sont faibles. 

Malgré les menaces d’une casse sociale plus lourde qu’annoncée (8.500 emplois sont déjà condamnés), les syndicats ne cèdent pas. Modération salariale, nouveaux horaires, changements d’usine de rattachement…, ils jugent le prix à payer trop cher.

« La cadence est trop élevée »

Chez PSA, de lourds efforts de compétitivité font déjà partie du quotidien d’usines comme celle de Sevelnord. À l’été, les 2.400 salariés, dédiés à la production de monospaces et de petits utilitaires, ont accepté que changent les règles du jeu : gel des salaires, baisse des primes de nuit et des primes d’intéressement. 

Dès le mois prochain, l’équipe du matin pourra être «réquisitionnée » pour une demi-heure de travail en plus. Enfin, les journées chômées s’organiseront par rotation et non plus pour l’ensemble du site. Le dispositif se met en place progressivement.

  »Nous n’avons pas eu la mobilisation que nous attendions, reconnaît le délégué syndical CGT de Sevelnord, seul syndicat à ne pas avoir signé l’accord. Mais la grogne est en train de monter. Dans certains ateliers, avec le sous-effectif, la cadence est trop élevée. »

Dans le textile, secteur sinistré depuis des décennies, la survie de quelques rares groupes en France ne s’est pas faite sans douleur. À Autun, 15.000 habitants, siège historique du fabricant de lingerie Dim, aujourd’hui propriété du groupe DBApparel, 22 % des effectifs ont disparu depuis 2006. Les 1.500 employés de l’usine font figure de rescapés. Voire de miraculés. L’atelier tricot ne fonctionne plus qu’avec 80 personnes. Le reste des ouvriers de production a été affecté au centre de distribution. 

« On nous a demandé d’augmenter encore la flexibilité », souffle Frédéric Besacier, délégué CFE-CGC du groupe qui a déjà signé pour un « assouplissement » des 35 heures, un système de chômage partiel durant les deux premières semaines de mai et un gel des salaires. « On se contente de 1,6 à 2 % depuis des années, juste de quoi couvrir l’inflation », regrette le syndicaliste. L’augmentation de la charge de travail à Autun est pourtant significative : devenus plus compétitifs, les Bourguignons ont récupéré une partie de la production alors que DBApparel a supprimé 900 emplois en Allemagne et en Italie ces dernières années.

Sapin en visite chez Rossignol

Même scénario chez Rossignol, le fabricant de skis. Le récent rapatriement en France d’une partie de la production est assorti de contreparties de la part des salariés. Michel Sapin a pu le constater en visitant l’usine, vendredi. Le ministre du Travail a choisi l’industriel grenoblois pour effectuer le genre de sortie que l’on croyait réservée au responsable du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

 Nous sommes dans une spirale positive depuis 2008″, assure Bruno Cercley, le patron de Rossignol. La PME n’aurait pas pu retrouver l’équilibre sans un accord de compétitivité maison : modération salariale, changement des horaires. Si les effectifs dans le monde ont été réduits de 35 %, des efforts ont été demandés à ceux qui ont pu garder leur emploi. Et ils ont été collectifs.

Après des coupes dans les salaires de la direction, ce sont les contrats des skieurs maison qui ont fondu de 50 %. Les salariés, eux, ont dû accepter de moduler leur temps de travail en fonction de la saisonnalité de l’activité. « Si on ne s’était pas coupé le bras aujourd’hui, on serait morts », reconnaît le patron.

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Les-salaries-a-l-heure-des-sacrifices-589595

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