Y’en a marre du monde de la finance et surtout des promesses non tenues

Posté par ippolito le 25 mars 2013

Combien rapporte la taxe Tobin ?
 
Il suffit de feuilleter les documents budgétaires pour découvrir le chiffre: la fameuse taxe sur les transactions financières, ou taxe Tobin, ne rapportera à l’ Etat que de 600 à 800 millions d’euros, au lieu du 1,6 milliard annoncé.

Votée sous Nicolas Sarkozy en février 2012, la taxe Tobin devrait frapper à hauteur de 0,1% les achats des principales actions cotées à Paris. Mais seuls les titres de 110 grandes entreprises, ayant leur siège social en France, sont concernés. 

Arrivée au pouvoir, la gauche a doublé le montant de la taxe Tobin ( 0,2% au lieu de 0,1%) et tenté d’élargir le champ de cette taxe à l’occasion du collectif budgétaire. 

Mais Pierre Moscovici a fini par reculer devant les financiers de Wall Street et de la City, qui menaçaient de vendre massivement leurs titres Total, Vivendi et autres Renault et Sanofi.

Cette perte de recettes s’explique aisément. Comme l’a souligné Bertrand de Saint Mars, délégué général adjoint de l’ Association française des marchés financiers: 

« beaucoup d’investisseurs étrangers ont préféré ne plus traiter les grandes actions françaises ( pour échapper à la taxe Tobin). Ou se tourner vers les produits dérivés qui répliquent le produit réel sans être soumis à la TTF ( taxe Tobin). Un comble, pour une taxe censée décourager la spéculation« .

En 2015, la taxe Tobin à la mode française, au taux de 0,2%, devrait disparaître, pour être remplacée par une taxe Tobin européenne. Son assiette devrait être plus large et concerner, notamment, les obligations et les produits dérivés. 

Rendement espéré: de 20 à 30 milliards. Mais les anglais ont déjà claironné qu’il était hors de question de voir la taxe Tobin s’appliquer à la City.

La commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Semeta, a assuré que l’ Europe saurait établir « des garde-fous solides contre la délocalisation d’activités financières ou l’évasion fiscale« . Bon courage.

source: le canard enchainé

http://www.impots-economie.com/combien-rapporte-la-taxe-tobin/

Publié dans Y'en a marre des promesses non tenues, Y'en a marre du CAC 40 | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de l’absence de relance et surtout de la montée du chômage

Posté par ippolito le 24 mars 2013

Pourquoi la relance n’est-elle toujours pas là?

La mise en place des outils financiers pour relancer l’investissement des entreprises est trop longue. En plus, faute de visibilité, l’envie d’investir fait défaut. Mais sans ce moteur de l’économie, l’emploi ne repartira pas. Mauvais pour la consommation.

La relative bonne tenue de la consommation en France est trompeuse. C’est une des spécificités de l’économie française. Deux raisons principales expliquent ce phénomène. 

D’abord, l’importance des prestations sociales (de l’ordre de 600 milliards d’euros, toutes prestations confondues) dans le revenu de nombreux foyers. 

Ensuite, le taux d’épargne élevé des ménages en France, qui leur permet de puiser dans leur bas de laine pour faire face à des situations difficiles. Ces deux facteurs agissent comme des amortisseurs en cas de crise en évitant à la consommation de plonger.

Mais c’est insuffisant pour une déclencher une relance. La conjoncture économique est d’ailleurs plus dégradée que les statistiques prévisionnelles ne le laissaient supposer.  Par exemple en juin dernier, l’Insee tablait encore sur 0,4% de croissance pour 2012 alors que l’année s’est terminée sur une croissance nulle.

Qu’a-t-il manqué? Pour relancer la machine, encore faut-il que les entreprises investissent. C’est, aujourd’hui, ce qui manque à l’économie, faute de portefeuilles de commandes qui le justifient notamment dans les industries de transport et les activités liées à l’immobilier. 

Pis: les entreprises qui auraient anticipé une hausse de leur production et qui se retrouvent en situation de surcapacités révisent à la baisse leurs projets, amplifiant les baisses d’activités chez leurs fournisseurs qui, à leur tour, réduisent leurs dépenses.

 Au bout de cette réaction en chaîne, les sous-traitants mettent la clé sous la porte (60.500 défaillances d’entreprises en 2012 selon Coface, 62.000 attendus en 2013). C’est l’emploi qui trinque.

Le chômage qui s’alourdit sans cesse depuis 21 mois reflète une situation dont l’économie française ne parvient pas à s’extraire: les ménages consomment, mais les entreprises n’investissent pas assez. 

Et sans investissements, pas d’augmentation de capacités ou de modernisation de l’outil de travail, et au final pas d’emplois nouveaux. On est dans «une forme de cercle vicieux destruction d’emplois/baisse d’activité», commente Coface.

L’investissement des PME va encore reculer au premier semestre
Cette spirale infernale n’est pas brisée. Fin janvier, Oséo, banque des PME et de l’innovation, indiquait que, après une année 2012 de stagnation, l’activité pourrait décliner en 2013. De sorte que, après un sensible recul des investissements des PME l’an dernier, ils pourraient à nouveau être réduits cette année.

L’Insee, qui élargit l’investigation à l’ensemble des entreprises, estime que si les investissements ont augmenté de 2% l’an dernier, ils devraient seulement être stables cette année avec toutefois une baisse au premier semestre par rapport à l’an denier.

COE-Rexecode est plus tranché, anticipant pour 2013 un recul de 2% de l’investissement productif en ligne avec l’érosion du taux de marge des entreprises. L’institut commente:

«La poursuite de la dégradation du climat des affaires et la fragilité financière des entreprises suggèrent que la correction à la baisse de l’investissement productif et de l’emploi pourrait se prolonger, sinon s’amplifier, au moins sur la première partie de l’année.»

Faute d’une relance des investissements, il était illusoire de miser sur un redémarrage de la l’activité. En repoussant à 2014 l’inversion de la courbe du chômage, François Hollande prendre acte de la prévision de croissance de l’économie française ramenée à 0,1% pour 2013, bien loin des anticipations excessivement optimistes qui avaient servi à l’élaboration du projet de loi de finances.

Face à l’urgence, les réponses prennent trop de temps

Les mesures destinées à créer un «choc de croissance» tardent à se mettre en place. En détaillant le Pacte de compétitivité et en expliquant le mécanisme du crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (CICE), le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a affirmé que ses effets seraient perceptibles dès 2013. 

Cette disposition, entrée en vigueur au 1er janvier dernier, vise à encourager les efforts des entreprises qui investissent dans la recherche, l’innovation, la formation et le recrutement. Mais s’agissant d’une réduction d’impôt, les entreprises en percevront les effets en 2014, lorsqu’elles acquitteront l’impôt de l’exercice 2013.

Certes, il est possible, grâce à une mesure de préfinancement, d’anticiper en cédant la créance CICE à Oséo ou un établissement de crédit. Mais on entre alors dans une usine à gaz peu accessible aux PME, alors qu’elles sont les véritables pourvoyeuses d’emplois dans le tissu économique. 

De sorte que la première année, c’est-à-dire en 2013, les effets positifs du CICE sur l’investissement et, par là, sur l’emploi seront retardés.

Plus globalement, l’installation de la Banque publique d’investissement (BPI) prend beaucoup de temps. Alors que sa création était inscrite dans le programme du candidat Hollande, cet établissement qui agrège le Fonds stratégique d’investissement (FSI), Oséo et CDC Entreprises (filiale de la Caisse des dépôts) a seulement tenu son premier conseil d’administration le 21 février, après neuf mois de gestation. 

En outre, elle n’est pas encore opérationnelle puisque les instances régionales qui doivent participer à ses travaux ne seront mises en place qu’en avril.

Ainsi globalement, il aura fallu presqu’un an pour que, avec ses 42 milliards d’euros de force de frappe, la BPI puisse s’engager au plus près des PME. 

Toutefois, face à l’urgence, un fonds de garantie de 500 millions d’euros a déjà été mis en place afin que les banques, qui ont réduit de 7% l’an dernier leurs avances de trésorerie aux entreprises, soient un peu moins restrictives. 

Pour investir, il faut avoir envie

Toutefois, les investissements ne sont pas qu’une question d’argent. Encore faut-il disposer de débouchés pour les faire fructifier. Or, lorsque la consommation stagne, il faut trouver des marchés. Soit par l’innovation pour en créer de nouveaux, soit par l’exportation pour en investir de nouveaux.

Des dispositifs d’aides existent déjà, à l’image du crédit impôt recherche dont le dispositif est éprouvé. Il a été réformé en 2008 et est aujourd’hui renforcé. L’an dernier, il a représenté 5,3 milliards d’euros, indique l’Observatoire du crédit impôt recherche. 

Malgré son attractivité, il n’a pas empêché l’innovation en France de décliner; progression nulle, volontarisme plat, alors qu’il s’agit de préparer l’activité de demain.

 C’est d’ailleurs pour relancer cet effort d’innovation que le Grand emprunt de 35 milliards d’euros a été lancé par Nicolas Sarkozy et conforté par François Hollande.

On peut aussi imaginer d’autres sources de financement, qui utiliseraient une partie des ressources de l’assurance-vie (dont l’encours approche les 1.400 milliards d’euros), en plus des réductions d’ISF pour investissements dans les PME qui existent déjà.

L’argent est donc mobilisable. C’est la dynamique qui fait défaut de même que l’envie de produire et construire dans l’Hexagone, sans lesquelles l’investissement ne peut repartir. 

Ce n’est plus alors une affaire de leviers financiers, mais de visibilité et de confiance dans l’avenir. Neuf mois après l’arrivée de l’équipe Hollande, les repères ne sont pas encore en place.

Gilles Bridier

http://www.slate.fr/story/68987/investissement-emploi-consommation-spirale-infernale

Publié dans Y'en a marre de la crise, Y'en a marre du chômage | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de la réforme des allocations familiales et surtout de la baisse de notre pouvoir d’achat

Posté par ippolito le 24 mars 2013

Allocations familiales : état des lieux… avant réforme ?

Allocations familiales ou de rentrée scolaire, prime à la naissance, complément de ressource, quotient familial, revue des principales prestations.

Le débat sur les prestations familiales est relancé. Il y a quelques semaines, la taxation des allocations avait été évoquée par le premier président de la Cour des comptes, dont le rapport évoquait aussi une baisse de leur montant pour les plus aisés. 

Depuis, le gouvernement a exprimé des avis divergents ou botté en touche, s’en remettant au rapport de Bertrand Fragonard, attendu pour début avril.

 Cette fois, c’est au tour du député PS Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée, d’évoquer mardi 19 mars une division par deux des allocations familiales « au-delà d’un certain niveau de revenus ». Une position « personnelle » dont s’est démarquée le groupe des députés socialistes.

De quoi s’agit-il ? Il existe de nombreuses prestations familiales, qu’elles soient versées à tous selon le nombre d’enfants, chaque mois, comme les allocations familiales, ou seulement aux plus modestes, comme l’allocation de rentrée scolaire. Voici les principales, dont les conditions indiquées ne sont valables que pour la métropole.

Allocations familiales

Versées à partir du deuxième enfant à charge âgé de moins de 20 ans, elles bénéficient à tous, quels que soient les revenus, selon le principe d’universalité. Elles s’élèvent à 127,05 euros par mois pour deux enfants, 289,82 euros pour trois enfants et 452,59 euros pour quatre enfants, puis 162,78 par enfant supplémentaire.

Naissance et garde d’enfants

Sont versées sous condition de ressources (maximum 46.014 euros par an pour un enfant, pour un parent isolé ou un couple avec deux salaires) : la prime à la naissance ou à l’adoption (912,12 euros), l’allocation de base (182,43 euros par mois) de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) pour les parents d’enfants de moins de 3 ans.

Le Complément de libre choix d’activité (Clca) est versé aux parents d’enfants de moins de trois ans qui sont en congé parental total ou partiel, quelles que soient les ressources. 

En cas de cessation totale d’activité, le Clca s’élève à 383,59 euros par mois ou bien 566,01 euros par mois si les parents de perçoivent pas l’allocation de base de la Paje. En cas d’activité partielle, il se situe entre 143,05 euros et 430 euros par mois.

Le complément de libre choix du mode de garde est quant à lui ouvert à tous mais son montant est modulé en fonction des ressources des parents. L’enfant doit avoir moins de 6 ans et être gardé par une assistante maternelle agréée, une garde à domicile, une association ou entreprise habilitée ou une micro-crèche.

Allocation de rentrée scolaire

Sous condition de ressources (23.200 euros maximum pour un enfant, 28.554 euros pour deux enfants, 33.908 pour trois enfants…), l’ARS est versée aux parents pour les aider à assumer le coût de la rentrée pour les enfants de 6 à 18 ans.

Le complément familial

Sous conditions de ressources, pour les parents ayant au moins trois enfants âgés d’au moins 3 ans et de moins de 21 ans. 165,35 euros par mois, montant réduit si les ressources dépassent légèrement le plafond.
Autres aides aux familles et avantages fiscaux

Le RSA (environ 480 euros par mois pour le RSA de base si l’on ne perçoit pas d’allocation logement) est majoré pour les parents isolés, pour atteindre 620 euros.

L’ASF (allocation de soutien familial, 90 à 120 euros par mois environ) est versée pour élever un enfant privé de l’aide de l’un ou de ses deux parents.

Les familles bénéficient aussi d’avantages fiscaux. On peut ainsi par exemple déduire une partie des frais de garde d’enfants de moins de trois ans (ou bénéficier d’un crédit d’impôt, sous certaines conditions).

Le foyer fiscal dispose d’une demi-part fiscale supplémentaire par enfant (une part par enfant à partir du troisième), ce qui diminue l’impôt sur le revenu. L’avantage conféré par ce « quotient familial » est plafonné à 2.000 euros par demi-part supplémentaire.

Le quotient sert aussi par exemple aux mairies ou aux associations pour calculer les tarifs des activités périscolaires, de la cantine, des loisirs…
Un déficit ancien

Depuis plusieurs années la branche familiale de la Sécurité sociale, en déficit, fait couler beaucoup d’encre dans les cabinets ministériels. Alain Juppé avait essayé de taxer les allocations. 

En vain. Lionel Jospin voulait les supprimer pour les plus aisés, et s’était cassé les dents sur le sacro-saint principe d’universalité. La droite se pose en défenseure de la politique familiale, mère de la forte démographie française et donc génératrice de croissance potentielle.

Mais compte-tenu de la croissance en berne et du ralentissement de la réduction des déficits, le gouvernement actuel semble cette fois décidé à réformer les dispositifs dont la redistributivité est jugée la moins égalitaire. Tout en garantissant que l’ensemble ne serait pas remis en cause.

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130319.OBS2386/allocations-familiales-etat-des-lieux-avant-reforme.html

Publié dans Y'en a marre de la baisse de notre pouvoir d'achat | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de la crise et surtout de la colère populaire qui monte

Posté par ippolito le 24 mars 2013

Austérité: Au-dessus d’un volcan…

La crise se déploie. Elle s’insinue partout, casse, déstabilise, brise, broie nos économies… Elle ronge la structure politique des nations européennes. Il faut désormais être aveugle pour ne pas voir ce qui couve. Bientôt, si l’on n’y prend garde, nos pays ne connaitront que les affres des colères populaires ou des flambées populistes…

La marche à la crise est inéluctable, seules sa ou ses formes sont imprévisibles. Sans un changement radical des politiques gouvernementales, c’est bien vers l’implosion ou l’explosion que nous allons… si tout cela continue à ce petit train.

Vague de colères populaires…

Chaque semaine, chaque jour, de nouveaux éléments d’implosion apparaissent, mettant en évidence toute la dangerosité de la situation. La tension devient extrême entre l’aspiration des peuples à un changement et les différents éléments d’implosion. 

Si l’on tend l’oreille, si l’on dessille quelque peu les yeux, une vague de colère apparait au loin, roulante et grondante, s’avançant inexorablement, une vague qui n’épargnera pas notre pays.

Voici quelques jours, à Lisbonne, de centaines de milliers de Portugais ont défilé contre l’austérité, entonnant l’hymne de la Révolution de 1974 et signifiant ainsi qu’ils souhaitaient un changement radical…

En Italie, un quart des électeurs ont voté pour un « populisme de la rage » incarné par un comique devenu maitre dans la dénonciation de la faillite politique des élites italiennes. 30% ont porté leurs voix sur un Berlusconi épousant toutes les revendications d’un pays à bout de souffle après dix-huit mois de politique d’austérité portée par Mario Monti. 

En Grèce, la crise est là, quotidiennement, l’extrême droite s’installe et le régime des Colonels revient à la mode. En Espagne, la foule envahit les rues et conspue un pouvoir incapable non seulement de sortir le pays de l’ornière mais également d’incarner dignement la politique.

En Espagne également, c’est la Catalogne qui menace de faire sécession, suscitant l’ire de Madrid, qui n’écarte pas de faire intervenir l’armée si tel devait être le choix de cette région déjà autonome. Pense-t-on sérieusement que les secousses politiques et sociales qui frappent désormais tous les pays de l’Europe du Sud ne toucheront pas, demain, la France puis les pays du Nord du continent?

Peut-on se contenter face à cela d’une politique à la Pangloss? Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes? Certes non, nous dit-on, mais c’est pour bientôt! « Ça va aller mieux », ça ira mieux… La croissance nous est promise et les lendemains qui chantent avec certainement. 

Le pire de la crise serait donc derrière nous pas le seul truchement d’un optimisme confinant à l’onirisme et qui nous laisse imaginer une second moitié du quinquennat pavées de bonnes nouvelles…On attend donc la croissance comme d’autres ont attendu Grouchy! Une chance que tout cela ne se soit pas déjà terminé en cent jours….

De défaillances en défaillances…

Le phénomène de défaillance des entreprises ne fait que s’accélérer. Notre tissu de PME est considérablement fragilisé. Or, nos industries sont essentiellement des PME. Le délitement ou la décomposition accélérés du tissu industriel risque donc de s’accroître. On attend une politique industrielle qui ne se réduit pas à atténuer ou négocier les plans sociaux.

Dans le même temps, les ménages ralentissent leur consommation de biens manufacturés. La France des fins de mois difficiles, c’est aujourd’hui l’essentiel du pays. C’est pourtant dans cette France là que se trouvent les ressorts d’un éventuel sursaut économique.

Pendant le même temps, on nous annonce des mesures drastiques de réduction des déficits avec, dit-on, l’objectif de ramener la dette au dessous des 53% du PIB à la fin du quinquennat… Cette politique là serait suicidaire pour notre économie.

Si la dépense publique se réduit, si la dépense privée se contracte, quel carburant restera-t-il à l’économie française et européenne?

Il faut donc être sacrément optimiste pour envisager imperturbablement de continuer la même politique. On nous annonce pourtant un nouveau tour de vis budgétaire pour 2014, on nous en annoncera forcément un pour 2015. 

Voilà de quoi rassurer sur l’avenir. Dans un tel contexte, rappelons le, le plus risqué est donc de voir l’investissement chuter et, en fait de restauration de la confiance, on aboutira rapidement à un choc de défiance. 

Ce risque est d’autant plus important que nous ne voyons poindre aucune politique industrielle d’ampleur et portant sur le moyen terme.

Faut-il s’attarder longtemps sur l’affaire de la taxation du diesel? Ne vaudrait-il en effet pas mieux s’attacher à développer une véritable politique industrielle dans le domaine automobile par exemple? 

On ne développe pas un nouvel appareil industriel en laissant les perspectives de croissance être obstruées par la sinistrose. Ce qui menace c’est une forme d’effritement continu de notre tissu économique avec, au bout du compte, une incapacité totale à pouvoir réamorcer notre appareil productif…

 Dans un pays sans industrie, on peut se demander à quoi serviront les services…Il n’y a pas d’autre alternative que de desserrer la contrainte budgétaire et de donner un autre sens à la construction européenne. Faute de quoi, évidemment, des Prix Nobel d’Economie préféreront donner des conseils à un Beppe Grillo qu’à des sociaux-démocrates « responsables »…

Sans croissance, pas d’avenir…

Au-delà de la dimension industrielle de l’alternative à bâtir, dimension essentielle mais pas suffisante, il s’agit de lancer un véritable plan qui favorise la consommation et la réorientation du stock d’épargne vers l’investissement productif. 

Ce plan signifierait évidemment une profonde réorientation de la politique gouvernementale et l’affirmation d’une parole forte en Europe. 

Commençons par lancer une politique qui permette aux ménages d’acquérir des biens de première nécessité à moindre coût. Une fiscalité moindre sur ces biens est nécessaire et urgente, elle peut contribuer à soulager des Français qui ont le sentiment que les fins de mois difficiles commencent toujours plus tôt. Relancer la consommation interne demeure une priorité.

 Pour compléter un tel dispositif, il faut favoriser, par un grand emprunt, la réorientation de notre épargne nationale. Il y a matière à créer de l’investissement. 

Mais il s’agit de déterminer les filières d’avenir, celles où cette épargne doit être transformée en investissement productif (biotechnologie, aéronautique et d’autres, déjà connues ou à mettre en avant). C’est cela le véritable sens d’une politique industrielle.

Réorienter l’Europe: vite!

Sur le plan politique aussi, il faut donc prendre la mesure de l’urgence. Ceux qui croient que la crise est derrière nous se trompent. L’Europe des marchés se délite sous la pression des discours politiques, suscitant des phénomènes de repli nationaliste ou de tentatives autonomistes. Il est temps que la France parle à l’Europe. Il est grand temps de lancer une alternative en Europe. 

Madame Merkel a quand même eu le loisir de contempler la chute de son poulain Mario Monti. Elle devrait aussi méditer la percée de Stronach en Autriche, au cœur du monde germanique, une percée qui doit beaucoup à la dénonciation de l’euro et des politiques d’austérité. Mais, depuis la Chancellerie, Madame Merkel semble détourner le regard.

José Manuel Barroso, recalé du suffrage universel dans son propre pays, clame ouvertement que les résultats des élections italiennes seront sans conséquence sur les orientations économiques de l’Union européenne. De quoi, on le comprend, réconcilier les peuples européens avec la construction européenne et ses institutions.

On aurait pu se saisir de la crise malienne pour démontrer que, quand la France veut, la France peut et ainsi créer le choc de confiance en Europe pour construire le gouvernement économique de l’Europe et imposer à l’Allemagne une alternative économique et politique dans l’Union européenne. 

À l’initiative au Mali, la France démontrait qu’en politique, la volonté peut beaucoup et, malgré les difficultés de cette guerre, que rien n’est jamais inéluctable dans l’histoire.

Cette alternative, il faut maintenant l’imposer. Le sursaut de la décision doit venir afin de donner une autre orientation au projet européen. L’essentiel, c’est de tourner la page de cette folle orthodoxie de la réduction comptable des déficits. 

On glosera à l’envie sur la monnaie, le taux de change, l’euro fort ou le dollar faible. On peut sans doute avoir raison, mais l’essentiel et l’urgent concernent la question budgétaire. Seule une rupture avec la spirale de l’austérité peut créer le choc de confiance qui peut ramener nos société sur le chemin du mieux.

Julien Dray, Conseiller régional d’Île de France, ancien député de l’Essonne

http://www.huffingtonpost.fr/julien-dray/julien-dray-austerite_b_2853722.html?utm_hp_ref=economie

Publié dans Y'en a marre de la crise | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des taxes même à 66% et surtout de la fiscalité en France

Posté par ippolito le 24 mars 2013

Taxe sur les très hauts revenus: même à 66%, le niveau du prélèvement reste spoliateur
  
Même s’il baisse, le niveau du prélèvement reste spoliateur et il pourrait toucher l’ensemble des revenus d’un couple.

C’est aujourd’hui que le conseil d’Etat devrait recommander au gouvernement de limiter le montant de la taxe sur les très hauts revenus à 66,66% contre 75% initialement prévus. 

Après le Conseil constitutionnel en décembre dernier, cette instance estimerait qu’au-delà de cette limite l’impôt devient confiscatoire.

Cette victoire risque de n’être qu’une victoire à la Pyrrhus.

D’abord parce que donner 66,66% de ce que l’on gagne à un Etat aux poches crevées, reste un niveau astronomique. Aussi, parce que le Conseil d’Etat conseille d’englober tous les revenus dans le calcul du nouvel l’impôt, ce qui pourrait élargir le nombre des victimes…

Si le détail de la taxe a peu de chance de sortir avant la prochaine loi de finances – les modélisations vont aller bon train –  le gouvernement devrait néanmoins en communiquer les grandes lignes.

Voici quelques semaines, le socialiste Christian Eckert, a indiqué aux députés que le gouvernement s’orienterait vers la création d’une taxe à 66% sur les revenus supérieurs à deux millions d’euros par couple.

Selon les indiscrétions publiées dans la presse, la future imposition devrait aussi concerner les revenus du patrimoine. Le seuil de taxation sera modulé par la situation de famille du contribuable, le nouvel impôt s’appliquant au couple et non plus à la personne.

Dans le détail, ces 66% se décomposerait entre 45% d’impôt sur le revenu, 4% de surtaxe Fillon, 8% de CSG-CRDS et 9,6% de contribution exceptionnelle.

Au final, quelqu’un imposé sur 100 euros ne parviendrait à sauver que 33,40 euros.

Les modalités précises de la taxe peuvent encore évoluer.

Bernard Cazeneuve, nouveau ministre du Budget depuis le départ de Jérôme Cahuzac, a fait savoir que le nouveau projet de taxation imposerait des contraintes techniques lourdes aux services de Bercy.

La probabilité de voir le gouvernement  enterrer ce projet est cependant epsilonesque : « Il n’y a aucune raison de renoncer à un effort supplémentaire des plus riches des Français. Ils y sont prêts », a récemment affirmé Michel Sapin.

Les Français sont « prêts » ? On croit rêver !

http://www.lecri.fr/2013/03/22/la-taxe-sur-les-tres-hauts-revenus-passerait-de-75-a-66/39408

Publié dans Y'en a marre des impôts et des taxes | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des mensonges sur le Mali et surtout des réalités maliennes

Posté par ippolito le 24 mars 2013

Mensonges et réalités maliennes

Pratiquement tous les partis politiques de droite comme de gauche, si l’on exclut LO et le NPA, se félicitent de la guerre au Mali. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme comme au temps de la guerre d’Algérie, on tait les ressources naturelles convoitées, les intérêts particuliers et les véritables fortunes que se sont constituées les multinationales présentes dans la région. 

De l’Afghanistan à la Libye en passant par la Côte d’Ivoire, nos politiques continuent leur entreprise guerrière pour régenter des pays pauvres, piller leurs ressources et soutenir des gouvernements fantoches à leur solde. Les marchands d’armes se frottent les mains, comme Dassault-Lagardère et toutes sortes de trafiquants mafieux. 

Car, qui peut vraiment croire qu’il s’agit d’une opération « pour la démocratie au Mali » ? Cela fait des décennies qu’elle est bafouée dans ce pays par des régimes corrompus, largement soutenus par la France. 

Alors, pourquoi cette subite urgence « démocratique » ? De même, qui croira qu’il s’agit de « sécuriser la région » ? En réalité, il s’agit, entre autre, de sécuriser l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises en uranium :

 ce dernier est en effet extrait dans les mines du nord du Niger, zone désertique seulement séparée du Mali par une ligne sur les cartes géographiques. 

A ce propos, on soulignera l’extrême perversité des ex-puissances coloniales qui ont jadis tracé des frontières absurdes, faisant fi de l’implantation des populations, et créant des pays aux contours bien curieux : 

le Niger et le Mali sont tous les deux en forme de sablier, une partie sud-ouest contenant la capitale, totalement excentrée et éloignée d’une immense partie nord-est, principalement désertique. 

C’est ainsi que, pendant 40 ans, Areva (auparavant la Cogéma) a pu s’accaparer en toute tranquillité l’uranium nigérien dans ces mines situées à 500 kilomètres de la capitale et du fragile « pouvoir » politique nigérien.

Ces dernières années, des groupes armés se sont organisés dans cette région : des Touaregs, dépités d’être méprisés, déplacés, spoliés, et des groupes plus ou moins islamistes, certains issus des anciens GIA qui ont semé la terreur en Algérie, se sont procuré des armes dans la Lybie, que nous avons déstabilisée pour des motifs inavouables mais toujours sous couvert des droits de l’homme et de la démocratie. Et quel est le rôle du Qatar, grand allié et ami de Paris, qui arme les islamistes dans la région ?

En quelques jours le conflit s’est déjà déplacé en Algérie comme nous l’avons vu avec la prise d’otages du complexe gazier, mais il y a fort à parier que cela risque encore de déborder sur les pays limitrophes. Quel sera le coût de l’intervention au Mali ? 

Si l’on reprend celui de l’intervention libyenne présenté dans un rapport parlementaire, en octobre 2012 : l’utilisation de munitions a coûté 400 000 euros par jour et un missile AASM tiré d’un Rafale sur un objectif au sol revient à 300 000 euros. 

Quel est le coût horaire d’un Mirage 2000, d’un Rafale ou d’un hélicoptère ? Les caisses sont vides parait-il, mais cet énorme gaspillage d’argent public profitera sans complexe aux marchands d’armes et autres actionnaires de diverses entreprises du CAC40.

L’on peut tourner le problème dans tous les sens, c’est d’abord la pauvreté et la misère qui sont les causes de cette situation ; si les gens mangeaient à leur faim, pouvaient se soigner, travailler et vivre décemment dans leur pays, il est certain qu’ils n’auraient pas envie de se faire « trouer la peau » ou d’immigrer loin de chez eux.

C’est la cupidité de quelques uns qui est responsable de la situation. Pour satisfaire la cupidité d’un petit nombre l’on maintient la majorité dans la pauvreté et le chaos. 

Le chômage de masse des jeunesses arabes et africaines risque de fournir des combattants par milliers, ici ou ailleurs, aux résistants qui risquent de surgir face à l’agression du gouvernement Français.

Tant qu’il n’y aura pas un partage équitable des richesses, il faudra que l’argent public entretienne une armée prête à défendre les intérêts privés d’une oligarchie sans scrupule.

Il n’y a pas si longtemps, le Washington Post titrait « La main d’œuvre et les ressources africaines sont la clé du développement économique mondial depuis des siècles. », et Jacques Chirac lorsqu’il était lucide avait déclaré  : « Une grande partie de l’argent qui est dans notre porte monnaie , vient de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique »

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/mensonges-et-realites-maliennes-129549

Publié dans Y'en a marre des opérations militaires extérieures | Pas de Commentaire »

1...34567...22
 

MesMots |
The World News Times |
Conserver notre cadre de vi... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Manger!...Manger!
| sauver mon exploitation
| PASSION OCEAN