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Y’en a marre de la situation de la France et surtout de l’Europe

Posté par ippolito le 12 mai 2013

La France est-elle le prochain maillon faible de l’Europe ?

Un économiste du Peterson Institute de Washington décrypte les difficultés économiques rencontrées par l’Hexagone et affirme qu’elles sont une menace pour l’Union européenne. Un point de vue décapant.

Droite, gauche, c’est blanc bonnet et bonnet blanc selon Jacob Funk Kirkergaard, les deux bords politiques « favorisent le statut go et redoutent les manifestations, ce qui bloque toute tentative sérieuse de réforme. » 

« La France correspond à la définition politique d’un « pays périphérique » au sein de la zone euro, à l’exception du fait que les choses ne sont pas aussi catastrophiques qu’en Grèce, au Portugal, en Irlande et sans doute en Italie et en Espagne au cours de ces dernières années », considère l’économiste danois Jacob Funk Kirkergaard, qui n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Dans son rapport, intitulé « La France est-elle un pays périphérique? », cet économiste, ancien collaborateur du gouvernement danois ainsi que de l’ONU en Irak, se joint au rang des Cassandre et autres « déclinogues » et pourfend la propension qu’a la France, selon lui, à céder au statu quo, notamment au niveau économique.

« Pendant vingt ans, la France n’a pas su réformer son économie », juge-t-il. L’auteur a la dent dure envers le président de la République : « Le gouvernement de François Hollande n’a entrepris que peu de choses pour enrayer le lent déclin de la France entamé depuis la signature du traité de Maastricht en 1992. »

Mais il n’épargne pas non plus ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, incapables déjà de donner un coup de barre pour changer de cap. Droite, gauche, c’est blanc bonnet et bonnet blanc selon Jacob Funk Kirkergaard, les deux bords politiques « favorisent le statu quo et redoutent les manifestations, ce qui bloque toute tentative sérieuse de réforme. »

L’Allemagne, un ancien « géant incertain »

En cause également selon lui : les syndicats qu’il égratigne sans prendre de gants. « Comme la National Riffle Association (NRA) aux Etats-Unis, les syndicats français, les représentants du secteur public, les industries protégés en appellent à la ferveur patriotique de leurs concitoyens pour défendre leurs intérêts économiques et politique.

 Résultat: la compétitivité internationale du pays est en souffrance, le poids du secteur public continue de croître, le chômage d’augmenter, et la dette publique et le déficit approchent des niveaux dangereux. »

Arguant qu’un pays doit être « solide », surtout en en ces temps de turbulence, Jacob Funk Kirkergaard prend à titre d’exemple l’Allemagne et rappelle que l’économie d’outre-Rhin doit sa vigueur aux réformes lancées par Gerhard Schröder, l’ancien chancelier de 1998 à 2005, via l’agenda 2010, comprenant notamment hausse de la TVA, indemnisation réduite du chômage, allongement de la durée de la cotisation pour la retraite…

Une potion amère mais efficace pour l’Allemagne, aujourd’hui figure de proue de la zone euro, alors que The Economist surnommait le pays de « géant incertain » en 2002.

Il soutient également que si la France n’est pas loin d’être un cas désespéré sur le plan économique, les marchés financiers continuent à regarder avec bienveillance car il est garanti que l’Allemagne volera au secours de l’Hexagone en cas de soucis. Ce qui la protège d’une envolée des taux auquel elle emprunte.

Rien à craindre d’une « attaque spéculative »

Conséquence: la France n’a rien à craindre d’une éventuelle « attaque spéculative », d’après lui. Mais l’Hexagone devrait en revanche s’inquiéter de ce « malaise », cette « stagnation » et ce »déclin » continus. Un exemple selon lui : le rachat avorté de Daily Motion par Yahoo ! qui traduit le fait que « le gouvernement de François Hollande continue de nier la mondialisation en bloquant les investissements étrangers en France. »

Ce déclin pourrait également avoir des conséquences majeures pour l’Europe, selon son analyse. « Cette absence de réforme a pour conséquence le fait que l’Allemagne refusera une union politique et économique plus avancée. (…) Le chemin vers une plus grande intégration budgétaire de la zone euro – mutualisation de la dette, augmentation des capacités fiscales financières de la zone euro – passe d’abord par des réformes économiques à l’échelle du pays. »

Sans ça, l’Allemagne n’acceptera jamais d’aller plus loin dans le processus de l’intégration économique fiscale et monétaire de la zone euro, selon Jacob Funk Kirkergaard qui conclut: « L’incapacité de la France à se réformer met l’Europe en danger et condamne le pays à voir son influence décliner à l’échelle européenne. »

Nicolas Richaud

http://www.challenges.fr/economie/20130510.CHA9295/la-france-est-elle-le-prochain-maillon-faible-de-l-europe.html

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Y’en a marre des traders et surtout des banques et du monde de la finance

Posté par ippolito le 12 mai 2013

Les traders français en plein regain

En raison des baisses d’effectifs et de l’amélioration de la situation l’an passé, les bonus repartent à la hausse.

On est encore loin des niveaux d’avant la crise, mais dans les banques françaises, les traders se frottent les mains : leurs bonus repartent à la hausse. 

L’an passé, le montant total des parts variables allouées par BNP Paribas et la Société générale (1) aux «personnels susceptibles d’avoir une incidence significative sur le profil de risque de l’entreprise» ont augmenté, respectivement de 14% et 22%. 

Du jamais vu depuis 2009, c’est-à-dire depuis que les banques ont l’obligation de publier le montant des bonus des traders.

Chez BNP Paribas, 3 252 personnes ont touché 559 millions d’euros en «variable» et 522 millions en «fixe» l’an dernier. 

La Société générale, elle, a versé 500 millions d’euros en variable et 393 millions en fixe à 2 974 salariés. Les augmentations sont encore plus sensibles au niveau individuel. A la BNP, le bonus moyen était de 140 000 euros en 2011. Il s’est élevé à 172 000 euros l’année dernière (+ 23%). 

A la Société générale, on est passé de 116 000 à 168 000 euros (+ 45%). Un phénomène qui s’explique par les plans de départ menés ces deux dernières années par les filiales de banque d’investissement des deux établissements :

 il y a aujourd’hui plus d’argent à distribuer à moins de salariés ! Et certains raflent le gros lot. La Société générale évoque des traders touchant plus de 2 millions de bonus.

«Cohérente». Plutôt gênées par ces augmentations, les deux banques tentent de les relativiser. La Société générale note ainsi que «l’enveloppe de rémunération variable de la population régulée» est «cohérente avec l’évolution des résultats opérationnels 2012 de la banque de financement et d’investissement, qui concentre la plus grande partie des personnes régulées», et «fait suite à une baisse marquée de 44% en 2011, plus sensible que celle des résultats et plus importante que le marché sur certaines activités et fonctions». 

De son côté, BNP Paribas écrit : «Les activités de conseil et marchés de capitaux ont connu en 2012 un résultat nettement supérieur à celui de 2011 [résultat brut d’exploitation en hausse de 24,8%, et résultat d’exploitation en hausse de 18,2%]. 

L’enveloppe de rémunérations variables progresse donc mais dans une moindre mesure (+ 14%), et reste à un niveau très nettement inférieur à celui de 2010 (- 45%).» La crise de la zone euro, il y a deux ans, avait affecté la bonne santé des activités de marché, et les traders en avaient souffert. L’an passé, les affaires ont repris, ainsi que les bénéfices, et les professionnels de marché en profitent. Mais on est encore loin des niveaux historiques.

Patience. Autre différence avec les méthodes en vigueur avant la crise : les parts variables ne sont plus distribuées de la même manière. Fini le temps où on recevait sur son compte en banque chaque 1er mars le bonus acquis au titre de l’année précédente. Il faut désormais faire preuve de patience pour toucher son dû : 

à la Société générale, 30% seulement de la part variable est versée immédiatement (15% pour les très gros bonus), le reste étant payé plus tard sous forme de cash ou d’actions, et sous certaines conditions (rester au sein de l’entreprise plusieurs années, avoir une performance future constante). 

BNP Paribas indique pour sa part que le «paiement des rémunérations variables soumis à différé s’étale sur 8 échéances, avec une dernière échéance en septembre 2016, soit trois ans et neuf mois après l’exercice de référence pour la détermination des rémunérations variables».

Il y a tout de même une chose que la crise n’a pas modifiée : l’opacité reste entière sur les montants individuels attribués à chaque salarié. Au sein d’une même équipe, personne en dehors du chef ne sait exactement combien ses collègues ont touché.

(1) Le Crédit agricole et BPCE n’ont pas encore publié cette information.

http://www.liberation.fr/economie/2013/05/07/les-traders-francais-en-plein-regain_901619

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Y’en a marre du taux des prélèvements obligatoires et surtout de la fiscalité en France

Posté par ippolito le 12 mai 2013

Impôts: Français, encore un effort pour être vraiment efficaces!

Si les récentes annonces de François Hollande sur les plus-values de cession de titres d’entreprise vont dans le bon sens, on attend toujours, un an après, la grande réforme promise pour rendre le système fiscal plus efficace et plus juste.

Où fait-il mieux vivre, à votre avis: au Danemark, qui détient un record de prélèvements obligatoires à près de 48% du PIB, ou au Soudan, où ils se situent seulement aux alentours de 10% du PIB? 

Ainsi posée, la question est parfaitement malhonnête… Bien évidemment, le sort des Danois paraît plus enviable que celui des Soudanais, même si la puissance publique y prélève près de la moitié des richesses créées.

Même sans aller jusqu’à prendre ces extrêmes, on peut faire le même raisonnement en comparant le Danemark à la Lituanie, autre pays membre de l’Union européenne où les prélèvements obligatoires ne se situent qu’à 26% du PIB. Les pays où les gens sont le plus taxés sont souvent ceux où le niveau de vie est le plus élevé et la solidarité la mieux organisée.

Et si les Etats-Unis, avec un taux des prélèvements obligatoires de seulement 25,2 % en 2011, ont d’une façon générale une croissance plus rapide que les autres, l’écart entre le Japon et l’Allemagne n’est absolument pas en rapport avec la différence de fardeau fiscal (28,7% contre 38,7%).

De bonnes performances avec des taux élevés
Autrement dit, on peut avoir de bonnes performances économiques avec des taux d’imposition relativement élevés. 

En fait, le niveau des prélèvements obligatoires en dit plus sur l’organisation d’une société (financement de l’éducation, de la santé, de la retraite, etc.) que sur son dynamisme et, pour la vie économique, la différence n’est pas aussi considérable qu’on pourrait le croire.

Par exemple, une entreprise qui finance ses dépenses d’assurance-maladie et d’assurance-vieillesse pour ses salariés par le biais de contrats privés et une autre qui les finance par des cotisations à des organismes publics n’ont pas des coûts forcément très différents, alors que les statistiques de prélèvements obligatoires indiqueront un écart important. La réalité ne peut se réduire à ces seules statistiques.

Cela dit, dans un monde ouvert où les investisseurs peuvent choisir l’endroit où ils placent leurs capitaux, il serait illusoire de croire que chaque pays peut déterminer sa politique de prélèvements obligatoires en toute indépendance. La concurrence fiscale est une réalité.

De la même façon que les grandes surfaces appâtent le chaland avec des prix d’appel, les pays attirent les entreprises en baissant les taux d’imposition, du moins en apparence. L’Allemagne, par exemple, a fort bien joué dans les années 2000 en baissant fortement le taux de l’impôt sur les sociétés qui, en revanche, s’applique à une base fiscale élargie…

Une France guère attirante

De ce point de vue, la France n’est guère attirante, ainsi que le soulignent assez cruellement les différentes statistiques relevées par Eurostat pour l’année 2011. L’Union européenne dans son ensemble est une zone à prélèvements élevés (39,5% du PIB en moyenne pour les dix-sept pays de la zone euro), plus qu’aux Etats-Unis et au Japon, mais plus aussi que dans la majorité des autres économies dites «avancées», parmi lesquelles seuls le Canada et la Nouvelle-Zélande ont des taux de prélèvements supérieurs à 30%.

Et, dans cette Union, la France arrive au quatrième rang sur vingt-sept, avec un taux de prélèvements obligatoires de 43,9%, derrière le Danemark (47,7%), la Suède (44,3%) et la Belgique (44,1%).

 Elle taxe très fortement le capital (44%, contre 28,9% en moyenne dans la zone euro, en comptant les impôts et contributions frappant le capital et ses revenus); elle taxe fortement aussi le travail (38,6%, en comptant tout, impôt sur le revenu et cotisations sociales, taxe sur les salaires, etc., contre 37,7% en moyenne dans l’Union).

Mais elle se situe en revanche dans la moyenne en ce qui concerne l’imposition de la consommation (19,9%, contre 19,4% dans la zone euro et 20,1% dans l’ensemble de l’Union). 

En comparaison, on remarque que l’Allemagne préfère imposer beaucoup moins le capital (22%), un peu moins le travail (37,1%) et davantage la consommation (20,1%).

Ces prélèvements élevés ont un avantage: ainsi que le constate l’OCDE, la France est un des rares pays dans lesquels les inégalités de revenu n’ont pas augmenté entre 1990 et 2011 (ce qui est globalement vrai, même si cette assertion mériterait d’être nuancée), mais c’est aussi l’un des pays de l’OCDE ayant dans le même temps enregistré la progression la plus faible du PIB réel par habitant. On ne peut expliquer toutes nos difficultés économiques par la seule fiscalité, mais on peut penser qu’elle fait partie du problème.

Maintes fois annoncée, jamais effectuée

Le premier point à régler est évidemment celui des dépenses excessives, puisque, malgré des prélèvements élevés, la France est structurellement en déficit. Cette question-là ne doit pas être confondue avec celle qui se pose actuellement de savoir si on est pour ou contre l’austérité ou si on devrait adopter un autre réglage de la conjoncture en Europe.

Une grosse partie de nos déficits n’a rien à voir avec les conséquences de la crise financière et résulte notamment de la forte hausse sur longue période des dépenses de santé et de retraite. 

La France peut faire le choix, sans préjudice pour son économie, d’être, comme le Danemark et la Suède, un pays à forts prélèvements et niveau élevé de solidarité, mais pour que ce choix puisse être durable, il faut que recettes et dépenses s’équilibrent. Cette évidence mérite d’être rappelée.

Ensuite, il faut que ces impôts et cotisations soient bien ciblés, ne créent pas de distorsions et ne freinent pas l’activité.  Notre système fiscal est extrêmement complexe, à tel point que la collecte des impôts a ici un coût trois fois plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE. La simplification maintes fois annoncée et jamais effectuée devra bien avoir lieu.

Une fusion à entreprendre sans tarder

De ce point de vue, les mesures récemment annoncées par François Hollande concernant les plus-values de cession de titres d’entreprise vont dans le bon sens. Elles ont même un triple mérite: elles calment le jeu politique avec les chefs d’entreprise (les «pigeons»), elles ramènent notre fiscalité en ce domaine au niveau de la moyenne européenne et les nouvelles règles sont nettement plus simples que les précédentes.

Mais c’est une goutte d’eau si on se rappelle le programme de François Hollande: «Engager une grande réforme fiscale», avec l’engagement numéro 14 d’un PSR, prélèvement simplifié sur le revenu, qui serait issu de la fusion «à terme» de la CSG et de l’impôt sur le revenu.

Si cette fusion doit être progressive, c’est une raison supplémentaire de l’entreprendre sans tarder. La CSG a une base large: elle touche tous les revenus, mais de façon uniforme; l’impôt sur le revenu est progressif, mais il a une base étroite, en raison notamment des nombreuses niches qui subsistent. Un rapprochement des deux aurait un sens. Travailler sur ce sujet plutôt que de perdre du temps sur l’imposition à 75 % de quelques très hauts revenus aurait un sens.

Réfléchir sur la TVA

Il faudrait aussi réfléchir à la TVA, plus utilisée ailleurs que chez nous quand il s’est agi au cours des dernières années de trouver de l’argent pour rééquilibrer les comptes sans trop peser sur le coût du travail ni faire fuir le capital. 

On comprend bien les réticences de la gauche à utiliser cet instrument, mais cet impôt présente de grands avantages (il est d’un bon rapport et relativement bien toléré) et ses effets secondaires indésirables peuvent être corrigés.

C’est le cas par exemple au Canada, où les titulaires de faibles revenus perçoivent un remboursement d’une partie de leurs paiements de TVA dans la cadre de l’imposition des revenus, ainsi que le font remarquer les experts de l’OCDE aux dirigeants français.

Bref, la France, sans renoncer à son modèle social, peut encore largement améliorer son système fiscal pour le rendre à la fois plus efficace et plus juste. Mais attention: ce n’est pas le genre de réforme qu’on lance en fin de mandat. Si on veut le faire, c’est maintenant.

Gérard Horny

http://www.slate.fr/story/72091/impots-grande-reforme-fiscale

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