Y’en a marre du train de vie et des privilèges des parlementaires et des fonctionnaires de l’assemblée nationale

Posté par ippolito le 30 juin 2013

Des parlementaires et des fonctionnaires de l’Assemblée nationale avaient un logement de fonction… au château de Versailles

L’histoire n’a pas lieu sous l’Ancien régime, mais en 2005. Tout le monde connaît l’affaire Gaymard, du nom du ministre de l’Économie obligé de démissionner après que Le Canard enchaîné ait révélé que l’État lui finançait un appartement de fonction dont le loyer mensuel s’élevait à 14 000 euros. 

Ce que l’on sait moins, c’est qu’au même moment, le président de l’Assemblée nationale de l’époque, Jean-Louis Debré, était en train de faire discrètement le ménage dans les appartements de fonction de l’Assemblée car il avait découvert que des fonctionnaires et certains parlementaires étaient logés… au château de Versailles !

C’est l’histoire que raconte le rédacteur en chef du mensuel Acteurs publics, Bruno Botella, dans son livre publié en janvier 2013 sous le titre : « Petits secrets et grands privilèges de l’assemblée nationale ». Tout un programme !

Quand Jean-Louis Debré prend ses fonctions de président de l’Assemblée nationale en 2002, il savait que les congrès, réunissant députés et sénateurs, étaient organisés avec Versailles. 

En revanche, il assure qu’il a découvert sur le tard que les locaux dont disposait l’Assemblée au château de Versailles (une partie de l’aile du Midi, une partie de l’aile des Ministres et un pavillon dit « des Roulettes) abritait aussi… des logements de fonction. 

C’est en tout cas ce qu’il a expliqué au journaliste Bruno Botella : « Un jour, alors que j’assiste à la réunion de la questure, je vois passer une facture pour l’achat d’un petit engin pour désherber la façade, raconte Debré. Je demande à mon secrétaire de quoi il s’agit précisément. Il enquête et j’apprends ainsi que l’Assemblée a un jardinier à Versailles qui dispose d’un logement de service de 120 mètres carrés ! ». Debré tente d’en savoir plus, non sans mal. Il raconte la suite :

  »Comme je n’arrivais pas à obtenir la liste des logements à qui ils étaient affectés, un matin, en revenant de ma circonscription, je me suis arrêté à Versailles. J’avais les plans des locaux et j’ai demandé à visiter l’appartement qui m’était attribué. Il venait d’être rénové. Puis j’ai insisté pour qu’on me montre les autres logements. J’ai vu des choses qui n’auraient jamais dû exister. 

Des gens avaient prêté les appartements à leur famille. J’ai interrogé les gardiens qui m’ont dit qu’il y avait des booms régulièrement. C’était un scandale ! Ce jour-là, je ne suis pas allé à Evreux [sa circonscription], j’ai fait demi-tour, je suis rentré à l’Assemblée et j’ai réuni les directeurs pour leur dire : « C’est fini, vous avez un mois pour tout rendre ! ». Fini la vie de château ?

S’il est difficile de croire que Jean-Louis Debré – dont le père Michel Debré était le co-rédacteur de la constitution de la Ve République et a été plusieurs fois ministres – ait véritablement découvert cette situation à ce moment-là, son récit coïncide avec une proposition de loi. 

En mars 2005, quelques semaines après l’affaire Gaymard, Debré suggère de rendre les 220 logements de fonction l’établissement public qui gère le château de Versailles. 

Qui étaient les heureux élus ? 

Les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat (qui n’y logeaient pas), tous les directeurs et secrétaires généraux de l’Assemblée, quelques parlementaires et des fonctionnaires chargés de surveiller et entretenir ces locaux. Au total, ces logements de fonction occupaient 4 200 mètres carrés sur les 25 000 mètres carrés du Château de Versailles. Ils ont tous été rendus depuis.

*** Source
- Bruno Botella, « Petits secrets et grands privilèges de l’assemblée nationale », Éditions du Moment, Janvier 2013

http://www.politique.net/2013062801-logements-de-fonctions-chateau-de-versailles.htm

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