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Y’en a marre des banques mais surtout du gouvernement et des promesses non tenues

Posté par ippolito le 29 juillet 2013

Livret A : le gouvernement régale les banques

Le gouvernement a décidé de donner 30 milliards d’euros aux banques, prélevés sur le produit du livret A. La somme, qui est censée permettre le financement des PME, ne bénéficiera donc pas au logement social.

Le livret A victime du « Hold-up de l’été ». C’est par ces mots que les sénateurs communistes (CRC) ont dénoncé mardi 23 juillet la décision du gouvernement – effective à la fin du mois – de mettre « à disposition » des banques 30 milliards d’euros issus de l’épargne réglementée. 

La somme, initialement centralisée à la Caisse des dépôts, provient donc du livret A mais aussi du livret de développement durable. Dès cet automne, 20 milliards d’euros supplémentaires pourraient être distribués selon le journal Les Echos.

« Harro sur le livret A »

Dans un communiqué, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a affirmé que ces ressources supplémentaires permettront aux banques de financer davantage l’économie, et notamment les petites et moyennes entreprises. 

Une justification qui ne convainc pas du tout les communistes, selon qui les banques disposent déjà des fonds nécessaires. Le groupe CRC assure que l’actif bancaire de la BNP est de 1 900 milliards d’euros, tandis que celui de la Société générale est de 1250 milliards et celui du Crédit agricole de 1 840 milliards.

L’association Droit au logement (DAL) critique également la mesure, parlant d’un « cadeau (…) accordé aux banques par le Gouvernement sur le dos (…) de l’intérêt général et des épargnants, pour permettre de spéculer sur les marchés financiers ».

 La décision est d’autant plus contestable que le livret A sert à financer le logement social. Le groupe communiste au Sénat estime que ce placement populaire doit rester un outil destiné à profiter à ce dernier ainsi qu’à favoriser « la transition écologique, (le) développement social urbain, (…) l’égalité des territoires ».

Des promesses non tenues

La mise à disposition de 30 milliards d’euros au profit des banques intervient alors que le livret A rapporte moins aux épargnants. Au 1er août, son taux sera de 1,25 %, son plus bas niveau historique. 

En février dernier, il était déjà passé de 2,25 à 1,75 %. Dans son communiqué, le DAL assure que malgré l’objectif affiché par le gouvernement de favoriser la construction de logements sociaux, cet abaissement a pour réel but de forcer les Français à se « tourner vers les produits financier privés », plus lucratifs. La CGT ajoute que ce changement aura pour conséquence d’accentuer la baisse du pouvoir d’achat de certains ménages.

Le scepticisme a aussi gagné ATTAC, qui a critiqué très durement l’invitation de représentants du secteur bancaire français à l’Élysée, le 19 juillet dernier.

 Dans un communiqué nommé « Avec François Hollande, régalons la finance », le mouvement altermondialiste moque les promesses non tenues par François Hollande, pourtant prononcées lors de son fameux discours du Bourget : « les chroniques de l’’affrontement’ entre [le Président] et la finance se résument à une succession de reculades, de pantalonnades en volte-face (…). 

» Les tractations autour du livret A font donc partie d’un ensemble toujours plus large de renoncements. C’est ainsi que la prochaine grande réforme du Gouvernement, celle des retraites, bénéficiera avant tout aux fonds de pension.

http://www.politis.fr/Livret-A-le-gouvernement-regale,23295.html

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Y’en a marre de l’affaire tapie surtout pour les contribuables

Posté par ippolito le 29 juillet 2013

Affaire Tapie : les deux lettres qui révèlent l’escroquerie

Les trois juges parisiens chargés d’enquêter sur l’arbitrage Tapie pensent enfin tenir les documents susceptibles d’étayer leurs soupçons d’ »escroquerie en bande organisée » dans l’affaire Adidas. 

Il s’agit de deux lettres, rédigées par l’avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne, et adressées les 5 et 12 septembre 2006 à… Pierre Estoup, celui-là même qui allait, quelques mois plus tard, signer une déclaration d’indépendance et rédiger dans sa quasi-globalité la sentence arbitrale accordant 405 millions d’euros à M. Tapie, le 7 juillet 2008.

Dans ces courriers, dont Le Monde a eu connaissance, il est exclusivement question du conflit entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais, lié à la vente d’Adidas. 

Or ces deux hommes, financièrement intéressés au résultat de l’arbitrage Tapie – Me Lantourne a perçu 2,5 millions d’euros d’honoraires, et M. Estoup, près de 300 000 euros pour son rôle d’arbitre –, avaient pourtant assuré aux enquêteurs ne jamais avoir abordé ce sujet avant l’arbitrage.

Pour obtenir ces documents cruciaux, les juges Serge Tournaire, Guillaume Daïeff et Claire Thépaut se sont rendus en perquisition, à trois reprises, les 3, 4 et 8 juillet, au cabinet d’avocats Fried Frank, dans le 8e arrondissement de Paris. 

Me Maurice Lantourne, le conseil de Bernard Tapie, y a travaillé de 2006 à 2009. Or, l’arbitrage a été évoqué officiellement le 30 janvier 2007, pour se conclure, le 7 juillet 2008, par la sentence controversée. Les juges se sont fait remettre les courriers internes, fiches de travail et autres courriels de cette période, ayant trait à l’affaire Tapie.

PIERRE ESTOUP : « JE N’AI DÉLIVRÉ AUCUNE CONSULTATION »

La saisie a été contestée par le délégué du bâtonnier de Paris, et il a fallu qu’une juge des libertés et de la détention, la vice-présidente Annie Rochet, se prononce sur la possibilité de verser ces pièces en procédure. Le 12 juillet, dans une ordonnance détaillée, la juge Rochet a donné raison aux magistrats. Elle cite notamment le « document 45, une lettre de Me Lantourne à M. Estoup datée du 12 septembre 2006. (…) 

Elle est en contradiction avec les déclarations des intéressés relatives à leurs liens. » Effectivement, le 6 novembre 2008, déjà suspecté d’avoir eu des relations commerciales avec Me Lantourne, M. Estoup avait dû s’expliquer auprès des conseils du Consortium de réalisation (CDR), la structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais.

M. Estoup encourait une possible récusation, et Bercy s’interrogeait alors sur un éventuel recours contre la sentence. Il avait simplement admis avoir participé avec Me Lantourne à trois arbitrages déjà anciens, entre 1999 à 2002. 

Il avait ajouté : « Je n’ai délivré aucune consultation, aucun avis, ni reçu aucune note dans le dossier faisant l’objet du présent arbitrage. » Il a aussi assuré, le 19 décembre 2012, devant la Cour de justice de la République, qui examine le rôle de l’ex-ministre de l’économie, Christine Lagarde, dans cette affaire : 

« Je n’ai jamais eu l’occasion de connaître de contentieux ayant pu intéresser Bernard Tapie. » Le 8 octobre 2008, pour sa part, Me Lantourne avait écrit au CDR : « Je n’ai jamais consulté M. Estoup… » L’affaire s’était arrêtée là.

PLUS DE DOUTE, LES DEUX HOMMES ONT PARTIE LIÉE

Depuis, les magistrats ont établi que les deux hommes avaient travaillé sur les mêmes dossiers à au moins neuf reprises, et pas trois. Et voilà maintenant que les juges disposent de ces fameux courriers de septembre 2006. Car dès le 5 septembre 2006, Me Lantourne écrit à Pierre Estoup. La lettre porte comme référence « Aff. BT ». Il joint à cette missive toutes les pièces essentielles afférentes au conflit Tapie/Crédit lyonnais. 

Le 8 septembre 2006, comme l’atteste l’agenda de l’avocat, il rencontre M. Estoup. Avec cette mention : « Quid dossier ». A l’époque, selon ses propres dires, il est pourtant censé ne plus travailler avec le futur arbitre depuis quatre ans.

Une semaine plus tard, le 12 septembre 2006, il s’adresse donc à nouveau à Pierre Estoup, cette fois pour lui adresser une note rédigée par ses soins et relative à l’affaire Tapie. Il y souligne qu’ »il paraît aujourd’hui opportun de mettre un terme à la liquidation judiciaire » et assure que les « fautes commises par le CDR et le Crédit lyonnais sont extrêmement graves ».

Les juges n’ont plus guère de doute : pour eux, les deux hommes ont partie liée. Une conviction renforcée par une autre découverte, issue elle aussi de la perquisition. 

Le 1er octobre 2004, un confrère de Me Lantourne lui demande, en vue d’organiser une réception, une liste de ses invités personnels. Me Lantourne transmet en retour, le 8 octobre, un listing d’une vingtaine de personnes qu’il souhaite voir conviées. Parmi celles-ci… MM. Tapie et Estoup.

 La juge Rochet en conclut que l’ »on peut y apprendre que B. Tapie et P. Estoup étaient invités à la même réception ». Quatre ans avant l’arbitrage. Et six ans après l’intrigante dédicace adressée en 1998 par M. Tapie à M. Estoup : « Votre soutien a changé le cours de mon destin… »

Mais les enquêteurs s’intéressent aussi à un deuxième arbitre de l’affaire Tapie, l’avocat Jean-Denis Bredin. 

La juge Rochet note d’ailleurs dans son ordonnance : « On peut s’interroger sur la neutralité de J.-D. Bredin. » C’est que Me Lantourne a également adressé des courriers à son confrère, et ce bien avant qu’il ne soit désigné arbitre. 

Egalement référencée « Aff. BT. », une missive est rédigée le 25 avril 2006. Suivie d’une autre, le 29 septembre 2006, où Me Lantourne, à la demande de M. Tapie, transmet à Me Bredin le « projet d’avis de M. Lafortune, avocat général à la Cour de cassation ». Comment le camp Tapie a-t-il eu connaissance de ce qui n’est encore qu’un « projet », rédigé par le magistrat Maurice Lafortune, le concernant ? La Cour de cassation se prononcera en octobre 2006, son arrêt faisant repartir la procédure de zéro.

Longuement interrogé le 3 juin, notamment sur l’activisme de Me Lantourne, Me Bredin s’en est pris à M. Estoup, à qui il avait pourtant consacré une dédicace l’assurant de ses « très fidèles amitiés ». 

« Le comportement de M. Estoup dans ses relations avec Me Lantourne et Bernard Tapie n’est pas normal », a-t-il dit. S’il n’a aucun souvenir des courriers que lui a adressés Me Lantourne, il se rappelle en revanche des conditions dans lesquelles fut rédigée la sentence. M. Estoup, dont il juge les avis « partiaux », a « fait la rédaction du travail préparatoire de la sentence dans sa quasi-totalité ». 

Pierre Mazeaud, le président ? « Il a fait ses observations, mais oralement. » Et ce fameux « préjudice moral », soit les 45 millions d’euros accordés au couple Tapie ? Il se souvient que l’un des arbitres « trouvait que cela n’était pas assez ». « M. Estoup ? », risquent les policiers. « Oui », répond Me Bredin.

Sollicité par Le Monde, M. Estoup n’a pas souhaité s’exprimer. M. Lantourne, quant à lui, a appelé à « la plus grande prudence sur les documents saisis, qui ne sont parfois que des projets de lettres. Par ailleurs, je maintiens n’avoir jamais demandé à M. Estoup de travailler en 2006 sur ce dossier. »

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/29/affaire-tapie-les-deux-lettres-qui-prouvent-l-escroquerie_3454805_3224.html

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Y’en a marre du coût des énergies vertes

Posté par ippolito le 29 juillet 2013

La Cour des comptes voit rouge sur la gestion des énergies vertes

En matière d’énergies renouvelables, la France sait en théorie où elle va : en 2020, 23 % de la production totale d’énergie devra être issue du photovoltaïque solaire, des éoliennes terrestres et maritimes, de l’hydraulique ou encore de la biomasse. 

Mais, au-delà de l’objectif, le chemin pour l’atteindre laisse la Cour des comptes perplexe. Dans un rapport publié jeudi, elle s’est penchée sur les progrès réalisés par la France entre 2005 et 2011.

Certes, la part des énergies renouvelables est passée de 10,3 % à 13,1 % dans le mix énergétique du pays en six ans. Mais c’est un chiffre en deçà de l’objectif fixé pour 2011 à 13,5 %. 

« Le prolongement de cette tendance rend donc les objectifs globaux à 2020 difficiles à atteindre », relève la juridiction. Le montant total des aides et des taxes en faveur des énergies renouvelables s’est élevé à 14,3 milliards d’euros sur cette période.

Or, il faudra multiplier par « six ou par sept » les efforts de développement des énergies renouvelables entre 2012 et 2020 pour tenir les engagements français par rapport à ce qui a été fait en six ans. 

Ce qui devrait considérablement alourdir la facture, même si la Cour se garde bien d’effectuer un pronostic devant de « trop nombreuses incertitudes ».

Rendre les énergies vertes « plus compétitives »

Cependant, le président de la juridiction, Didier Migaud, pointe les dispositifs de soutien existants, qualifiés de « complexes, instables, et à l’efficacité variable », et recommande de les revoir. 

Par exemple, la contribution au service public de l’électricité (CSPE), que le consommateur paye sur sa facture d’électricité. C’est un des premiers dispositifs en faveur de la transition énergétique. Elle a rapporté 3 milliards d’euros en 2013. Son montant cumulé d’ici 2020 sera de 40,5 milliards d’euros.

Il serait légitime que son assiette soit élargie à tous ceux qui consomment de l’énergie – fioul, bois, gaz, etc. -, et pas seulement de l’électricité, juge la Cour. De plus, son utilisation serait mal répartie : elle bénéficierait beaucoup trop au photovoltaïque.

  »La filière a capté 62 % de la CSPE, alors qu’elle ne représente que 2,7 % des énergies électriques renouvelables », explique Didier Migaud. Il faudrait donc selon lui la redéployer vers des filières qui ont fait la preuve de leur rentabilité : 

quand le coût horaire d’un mégawatt solaire s’établit de 198 à 698 euros, il varie de 62 à 102 euros pour l’éolien terrestre. Avec un coût de 43 à 188 euros, l’hydroélectricité se montre la plus rentable des renouvelables.

Ces sommes sont à comparer à l’électricité d’origine nucléaire, dont le mégawatt horaire se situe actuellement à environ 50 euros. Grâce à elle, nous bénéficions « d’une énergie moins carbonée et d’une électricité moins chère que nos voisins », se pique de rappeler la juridiction. 

Mais à combien s’élèvera ce coût demain, alors que le projet d’EPR accumule les retards et les milliards imprévus ? De 70 à 90 euros comme le prédit EDF ? La Cour n’a pas la réponse et renvoie vers les chiffres de l’électricien.

Où sont les emplois verts ?

Outre la réaffectation de la CSPE, la Cour des comptes souhaite que soient levés certains obstacles juridiques : il faut plus de sept ans en France pour rattacher un réseau éolien au réseau électrique, contre deux fois moins de temps en Allemagne.

 Car ce ne sont pas les travaux qui prennent le plus de temps – environ 18 mois -, mais bien les différentes procédures administratives, très lourdes, qui freinent le processus.

Quant au « fonds chaleur », instauré lors du Grenelle de l’environnement, il a vraiment dopé l’utilisation de la biomasse. Mais il reste sous-doté par rapport aux objectifs initiaux (240 millions d’euros contre 500 millions prévus).

 Enfin, le gendarme des finances publiques s’étonne que l’eldorado des emplois verts ne soit guère à la hauteur des prédictions passées : elle en dénombre 83 260 en 2012, 15 000 de moins qu’en… 2010.

Ces conclusions peuvent être interprétées de deux façons, qui recoupent les deux camps qui se sont opposés lors du débat national sur la transition énergétique. 

Soit on doit y voir le signe qu’il faut accélérer la cadence, pour arriver à plus d’économies d’échelle, comme le veulent les ONG et les écologistes. 

Soit l’atome doit rester la principale source électrique du pays, les autres types d’énergie restant d’utiles mais mineures sources d’appoint, comme l’ont défendu la majorité des industriels et du patronat, ainsi que certains syndicats.

Un conflit que seul le politique est à même de trancher, juge Didier Migaud, lui-même ancien député socialiste.

http://www.lepoint.fr/economie/la-cour-des-comptes-voit-rouge-sur-la-gestion-des-energies-vertes-26-07-2013-1708541_28.php

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Y’en a marre des dettes et des déficits mais surtout de l’Europe

Posté par ippolito le 29 juillet 2013

On va encore entendre parler du problème des dettes publiques en Europe

La reprise «est là», nous dit François Hollande. La réalité est un peu moins réconfortante: l’Europe reste plombée par la dette de beaucoup de ses Etats et ses dirigeants font comme si le problème avait disparu. Malheureusement, la politique de l’Autruche donne rarement de grands résultats.

Notre Président n’a pas tort de vouloir combattre le pessimisme excessif des Français: il est difficile de préparer l’avenir si l’on ne croit pas que son pays en ait un. 

Un certain nombre d’indicateurs montrent que la tendance au ralentissement perd de sa vigueur et qu’une croissance égale voire très légèrement supérieure à zéro est possible dans les prochains trimestres. Mais il faut être vraiment audacieux pour parler de reprise.

A l’échelle européenne, aucun des deux leviers de politique économique ne peut être actionné. Les politiques budgétaires sont partout restrictives et la politique monétaire ne donne pas de grands résultats: les banques ne sont pas en mesure de faire bénéficier l’économie des taux directeurs très bas de la Banque centrale européenne.

Cercle vicieux

Même si elle se termine mieux qu’elle n’a commencé, 2013 sera une année de récession pour la zone euro. Et les perspectives restent peu enthousiasmantes. Les économistes de l’OFCE, dans leurs prévisions 2013-2014, estiment que l’Europe est en train de boire «le calice de l’austérité jusqu’à la lie». 

Même si la croissance revient timidement en 2014, ce sera trop tard. Ils craignent, au moins pour certains pays, le risque d’un enfoncement «dans le cercle vicieux d’une hausse du chômage, d’une récession qui se prolonge et de doutes croissants quant à la soutenabilité des finances publiques».

On en revient toujours là: la dette publique! Pour freiner sa hausse, les Etats européens mènent simultanément des politiques d’austérité plus ou moins prononcées (ce que l’on connaît en France est sans commune mesure avec ce que subissent les Grecs, les Portugais ou les Espagnols), mais comme la croissance est faible, le poids de cette dette dans le PIB ne cesse de grandir. 

Dans les prochaines années, selon les calculs des économistes de Natixis, il pourrait atteindre 112% du PIB en Espagne, 126% en Irlande, 135% en Italie, 150% au Portugal, voire 205% en Grèce.

Revenir à des niveaux plus soutenables impliquerait des efforts budgétaires tels qu’il semble absolument impossible de l’envisager. Dans ces conditions, le problème de la dette publique en Europe risque de se poser de nouveau. 

On en a eu un petit aperçu avec la crise politique portugaise au cours des dernières semaines, on en reparle un peu avec les suppressions de postes dans la fonction publique en Grèce, mais on fait comme si le problème était derrière nous et qu’il ne s’agissait là que des derniers remous.

C’est une erreur. Car chaque jour qui passe rend la solution du problème plus difficile. Les gouvernements ne peuvent revenir chaque année pour demander de nouveaux efforts alors qu’aucun progrès n’est perceptible. Même les citoyens les plus vertueux et les moins contestataires finissent par se lasser.

L’inflation, le remède dont personne ne veut

L’idéal serait un regain d’inflation. Avec une hausse des prix de 4% ou 5% l’an, la valeur de la dette baisserait chaque année et le paiement des intérêts serait plus léger. L’inflation est toujours le meilleur allié des débiteurs.

 Dans le cas présent, elle aurait un autre avantage: avec des hausses de salaires qui suivraient l’inflation en Allemagne, mais resteraient en retrait dans les pays de la zone euro ayant besoin de relancer leur économie par les exportations, les écarts de compétitivité se résorberaient progressivement et sans trop de douleur.

Evidemment, une telle solution n’a pas que des avantages: elle ruine les créanciers. Dans la première moitié du XXe siècle, l’inflation est à l’origine de ce qu’on a appelé «l’euthanasie des rentiers». En schématisant, on peut dire qu’elle est néfaste pour les vieux et les inactifs et favorise les jeunes et les entrepreneurs. Les vieux ne vont pas se laisser faire!

De toute façon, l’inflation ne se décrète pas. On le voit bien avec les efforts effectués actuellement par le Japon pour en créer un peu: beaucoup d’économistes restent sceptiques sur les chances du gouvernement Abe de réussir sur ce point. Et une fois lancée, la hausse des prix peut échapper au contrôle. En Europe, aucun dirigeant n’est prêt à accepter une telle thérapeutique.

Après avoir mené depuis le milieu des années 80 une politique de «désinflation compétitive», les hommes politiques  français ne s’imaginent pas venir maintenant devant les électeurs expliquer que, tout compte fait, un peu d’inflation ne serait pas une mauvaise chose. 

Quant à l’Allemagne, elle s’y opposerait catégoriquement, de même que la Banque centrale européenne. Il suffit de se rappeler le tollé déclenché par la proposition du chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, en février 2010, de fixer un objectif d’inflation de 4% au lieu de 2% pour se convaincre que jamais cette solution ne sera retenue.

Le mot qui fâche: restructuration

Puisqu’on refuse ainsi la solution la plus douce, il faudra inévitablement employer un remède plus douloureux: celui de la restructuration de la dette de certains pays. Le FMI le dit maintenant: pour la Grèce, on a trop tardé à envisager une telle solution et on a aggravé les difficultés. Mais sans doute faudra-t-il y recourir une nouvelle fois, et pas seulement pour la Grèce. 

A trainer de trop gros boulets, l’Europe ne peut pas avancer. Les solutions peuvent être multiples. La plus radicale est certainement l’effacement pur et simple d’une partie de la dette, mais on peut aussi envisager un étalement dans le temps ou une baisse des taux d’intérêt. A tout le moins, une mutualisation d’une partie de la dette publique des Etats de la zone euro s’imposera inévitablement.

Les arguments contraires ne manquent pas: les pays vertueux vont payer pour les pays endettés, les banques vont devoir subir des pertes alors que beaucoup d’entre elles sont déjà dans une situation difficile, etc. Mais il ne faut pas se leurrer: si l’Europe ne redémarre pas, les marchés financiers, aujourd’hui bercés par les propos rassurants de Mario Draghi, président de la BCE, manifesteront bruyamment leur inquiétude et on devra procéder à chaud à des réformes qui auraient pu être réussies à froid.

Avant les élections allemandes, rien ne se fera. A Athènes, Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, est venu proposer le 18 juillet une aide aux PME grecques, mais s’est déclaré hostile à toute restructuration de la dette publique. Espérons qu’on commencera à discuter sérieusement après le 22 septembre.

Gérard Horny

http://www.slate.fr/story/75670/va-encore-entendre-parler-du-probleme-des-dettes-publiques-en-europe

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