Y’en a marre de l’affaire Karachi, de Balladur mais surtout de tous ces scandales politiques

Posté par ippolito le 4 août 2013

Karachi : les révélations d’un consultant politique américain

Il s’appelle Paul Manafort, il est américain et exerce la profession  de consultant politique. Il a notamment travaillé pour les Républicains lors des présidentielles américaines des années 80, mais c’est son rôle dans l’affaire Karachi qui intéresse la justice française. 

Il a reconnu devant les juges chargés de l’enquête financière avoir été payé par un intermédiaire dans les contrats d’armement et avoir rencontré l’équipe de campagne d’Edouard Balladur en 1995, a-t-on appris samedi de source proche du dossier. Il a été interrogé dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, a-t-on précisé, confirmant une information de Libération.

Le consultant a reconnu avoir été payé par AbduRhamane El Assir, l’un des deux intermédiaires, avec l’homme d’affaires Ziad Takieddine, imposé à la dernière minute dans la signature des contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta). 

Les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire soupçonnent que des commissions versées en marge de ces contrats ont pu servir, via des rétrocommissions, à financer la campagne d’Edouard Balladur en 1995. 

Pour la première fois, leur soupçons ont été confirmés par Ziad Takieddine en juin. L’intermédiaire a reconnu avoir rapporté de Suisse des mallettes d’argent liquide provenant des rétrocommissions et destiné à la campagne d’Edouard Balladur.

« Je me rappelle que Paul envoyait des fax à Ziad, en anglais, et Ziad devait les traduire pour les donner au camp Balladur »

Les deux intermédiaires, Abdu Rhamane El Assir et Ziad Takieddine ont été mis en examen dans le dossier. L’ex-épouse de Ziad Takieddine, Nicola Jonhson avait affirmé que Paul Manafort était « un ami proche de Abdul Rahman El-Assir ». 

« A ce sujet, Ziad m’avait dit que Paul Manafort donnait des conseils par rapport à la campagne présidentielle d’Edouard Balladur », avait-elle indiqué lors d’une audition par les policiers. « Je me rappelle que Paul envoyait des fax à Ziad, en anglais, et Ziad devait les traduire pour les donner au camp Balladur », avait encore affirmé Nicola Johnson.

Paul Manafort a confirmé les déclarations de Mme Johnson, expliquant même être venu en France pour présenter son travail à l’équipe de campagne d’Edouard Balladur qui n’avait toutefois pas donné suite. Il a précisé que Ziad Takieddine avait servi d’interprète lors de cette réunion, selon la source proche du dossier. 

L’entourage de l’ex-Premier ministre a toujours nié avoir rencontré Paul Manafort. L’enquête avait mis au jour des paiements d’El-Assir en faveur de Manafort, de sa société de communication ou des proches, pour au moins 200.000 dollars environ entre septembre 1994 et août 1995. 

Trois autres virements d’un compte d’AbduRhamane El-Assir à Madrid vers un compte de Paul Manafort ont été relevés entre octobre 2000 et juin 2001 pour plus de 140.000 dollars.

http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/Karachi-les-revelations-d-un-consultant-politique-americain-622407

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