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Y’en a marre du déficit public et surtout de la hausse des impôts

Posté par ippolito le 6 août 2013

Déficit public : pour le FMI, la France s’y prend mal

Dans son rapport annuel sur l’économie française, le FMI estime que le gouvernement doit « réduire les dépenses plutôt que d’augmenter les impôts ».

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la France devrait ralentir son rythme de réduction du déficit public afin de soutenir la reprise économique, dans son rapport annuel sur l’économie française publié lundi. 

« D’ici la fin 2013, le gouvernement aura réalisé aux deux tiers l’effort entrepris en 2011 pour stabiliser les déficits. Étant donné ce bilan et le caractère toujours hésitant de la reprise, le gouvernement devrait ralentir le rythme de l’ajustement », argumente l’organisme international dans son rapport annuel sur l’économie française.

Le FMI prévoit que la France termine 2013 avec un déficit de 3,9 % du produit intérieur brut (PIB), contre 4,8 % en 2012. Il s’établirait ensuite à 3,5 % en 2014 et ne retomberait sous la barre des 3 % qu’en 2015, à 2,8 % du PIB. Le gouvernement français table officiellement sur un déficit de 3,7 % cette année, mais le ministre de l’Économie Pierre Moscovici a reconnu la semaine dernière qu’il pourrait être « légèrement au-dessus ». 

La France, qui s’était engagée auprès de ses partenaires européens à ramener ses déficits à 3 % de son produit intérieur brut dès 2013, a obtenu deux ans de délai pour atteindre cet objectif. Le FMI juge par ailleurs que cette réduction du déficit devrait se faire davantage par une diminution des dépenses publiques, et moins par des augmentations fiscales. 

« Réduire les dépenses plutôt que d’augmenter les impôts »

« Le gouvernement doit rééquilibrer ses efforts et réduire les dépenses plutôt que d’augmenter les impôts, qui sont parmi les plus élevés au monde et ont un effet négatif sur l’investissement et la création d’emplois », estime le rapport. 

L’organisme pointe en particulier les dépenses de la Sécurité sociale et des collectivités locales, domaines « où il y a une marge de progression pour plus d’efficacité ». Pour autant, le Fonds constate « de récentes améliorations des indicateurs économiques » qui « soutiennent la prévision d’une reprise progressive au second semestre 2013″.

Citant les conditions de crédit favorables et le faible endettement des ménages et des entreprises parmi les facteurs de soutien à la croissance, il confirme qu’il prévoit une contraction du PIB de 0,2 % cette année et une croissance de 0,8 % en 2014. 

Mais au-delà de cette « reprise cyclique », le potentiel de croissance de la France est « entravé par des rigidités structurelles sur les marchés du travail et des biens, qui ont, au fil du temps, contribué à une perte progressive de compétitivité et de performance dans les exportations », diagnostique l’institution internationale.

Aussi, tout en saluant les « progrès » déjà accomplis, les auteurs du rapport encouragent le pays à « poursuivre les réformes structurelles pour soutenir le rebond de la demande privée et renforcer la compétitivité », appelant notamment le gouvernement français à réformer les retraites (en augmentant le taux d’activité plutôt qu’en relevant les cotisations), à approfondir la réforme du marché du travail et à ouvrir davantage à la concurrence les marchés de biens et services.

Hausse du chômage jusqu’à fin 2014

Sur le plan social, ils estiment que le chômage poursuivra son ascension à 11,2 % fin 2013 et 11,6 % fin 2014, avant de refluer à 11,4 % fin 2014. 

Le taux de chômeurs dans la population active cessera donc d’augmenter « au cours de l’année 2014″, a estimé Ed Gardner, chef de la mission France du FMI. Il juge « difficile à atteindre » l’objectif du gouvernement français d’inverser la courbe d’ici fin 2013. 

Les enquêteurs du FMI notent par ailleurs que « les risques en matière de stabilité financière ont considérablement diminué, car les banques ont atteint leurs objectifs de désendettement et renforcé leurs matelas de capitaux et de liquidités ».

L’organisme souligne toutefois que le « bas niveau de rentabilité des banques » françaises et « la faiblesse des perspectives de croissance » incitent à maintenir la vigilance. Il estime également que « le système financier français a encore des progrès à faire pour s’adapter pleinement aux nouvelles exigences prudentielles internationales ». 

Le rapport note en effet que les banques françaises dépendent toujours fortement des marchés pour se financer et recommande d’utiliser l’outil des incitations fiscales sur les produits financiers pour changer cette situation. 

Le FMI réalise chaque année une mission de consultation en France dans le cadre de l’article IV de ses statuts. Le rapport publié lundi est la version définitive des conclusions préliminaires publiées le 3 juin.

http://www.lepoint.fr/economie/deficit-public-pour-le-fmi-la-france-s-y-prend-mal-05-08-2013-1711581_28.php

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Y’en a marre des mensonges et surtout des menteurs

Posté par ippolito le 6 août 2013

Extension du domaine du mensonge

Bien sûr, on a connu les travestissements de la réalité pour la bonne cause. Exemple : de Gaulle seul à Londres prétendant représenter la France. Puis on est passé aux cachotteries de technocrates européens prenant leurs décisions dans le dos des citoyens. Florilège d’un nouveau sport national.

C’est la version douce et pacifique d’une méthode que le communisme et le fascisme pratiquaient avec violence : travestir la réalité à défaut de la changer, enjoliver et dissimuler la vraie personnalité des dirigeants et des célébrités. Elle semble envahir l’espace public en ce début de XXIe siècle : 

mensonges, menteurs, menteries pullulent, occupant – et déprimant – de plus en plus l’actualité. La France, qui est à la peine dans bien des domaines, se rattrape dans cet exercice avec une productivité impressionnante. 

Depuis quelques mois, la rubrique des mensonges occupe la première place de la chronique quotidienne. Une offre aussi variée que prolifique. 

A droite, un ex-président, Nicolas Sarkozy, de plus en plus cerné par ses déclarations contradictoires dans trop d’affaires (Bettencourt, Tapie, Kadhafi), un parti, l’UMP, sinistré par la triche, et un ex-ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, fraudeur et magouilleur, qui se noie dans des justifications aussi pathétiques que peu crédibles. 

A gauche, un scénario que n’aurait pas osé Jean-Pierre Mocky : 

un ministre du Budget chassant les fraudeurs du fisc au nom de la rigueur qui s’impose à tous, mais fraudant lui-même le fisc et le niant jusqu’au bout avec un cynisme et un aplomb déconcertants.

 Ajoutons, pour faire bon poids, une éminente autorité morale, le grand rabbin de France, qui se révèle personnage d’emprunt, et la sortie en librairies du dernier plagiat d’Alain Minc. 

Ne soyons pas naïfs, le mensonge en politique, le mensonge dans le débat public, ne datent pas d’aujourd’hui et la liste est longue de ceux qui ont fait l’histoire (lire l’article de Fabrice d’Almeida, p. 58), mais la nouveauté est l’usage immodéré, injustifié, fautif des mensonges publics, de plus en plus proférés en fonction d’intérêts purement privés. 

Car, on finit par l’oublier, il y a un bon usage du mensonge, qu’il convient donc d’abord de rappeler, tant les dérives actuelles se sont éloignées des raisons acceptables de mentir. 

Pas de guerres sans mensonges 

Dans l’art militaire, matrice originelle de tant de comportements publics, mentir est non seulement autorisé mais recommandé ! Le mensonge constitue en effet une arme aussi efficace que justifiée, à condition que l’objectif du combat soit juste. 

Loin de leur être reprochés, les gros mensonges des Alliés dans la préparation du débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, figurent au contraire dans la grande histoire comme des idées géniales. 

Ils avaient, par exemple, imaginé et construit de faux chars en bois et en caoutchouc ainsi qu’un faux général Montgomery préparant des troupes au Maghreb pour que les Allemands, croyant à un possible débarquement en Méditerranée, maintiennent le maximum de troupes dans le sud de la France et ne les concentrent pas face à la Manche. 

Les bobards de Colin Powell, secrétaire d’Etat de George Bush, en 2002, inventant des «armes de destruction massive» en possession de Saddam Hussein pour déclencher la guerre d’Irak, ne sont évidemment pas auréolés du même prestige. 

L’art militaire a sans doute transmis à la politique ce droit de mentir pour le bien public. Machiavel a écrit de belles pages sur les entorses à la vérité que peut s’autoriser le Prince pour mener à bien les affaires de son royaume. Mais, comme pour la ruse militaire, le mensonge politique, largement pratiqué, se décline du meilleur au pire. 

De Gaulle mentait pour le meilleur 

Le général de Gaulle offre un exemple paroxystique du meilleur : il n’a quasiment pas cessé de mentir pour la bonne cause ! Dès le 18 juin 1940, à Londres, il n’hésite pas à prétendre incarner la France malgré son extrême solitude – qui ne sera heureusement mesurée que plus tard : 

il ne rassemble alors guère plus de 3 000 hommes, essentiellement des légionnaires et des marins-pêcheurs bretons de l’île de Sein, accompagnés d’une poignée de juifs républicains et de quelques centaines de jeunes lycéens exaltés. 

A la Libération, ensuite, d’aucuns parleront de «mensonge sublime» à propos du discours gaullien sur la «France unie contre l’envahisseur» et «Paris libéré par lui-même». «Mensonge sublime».

 Nécessaire à la réunification et la reconstruction du pays. De Gaulle mentira à nouveau en 1958 pour sortir la France du bourbier algérien où la gauche l’avait enlisée. 

Les mensonges du parler-vrai 

Le 4 juin 1958, à Alger, il n’hésite pas à donner des gages aux partisans de l’Algérie française : «Je vous ai compris», «La France de Dunkerque à Tamanrasset», afin de prendre le pouvoir et œuvrer et manœuvrer avec ruse et finesse pour préserver la France de la guerre civile qui la menaçait et mettre fin, non sans mal, au conflit en Algérie. 

Une autre variante, moins héroïque et moins généreuse, de mensonge politique a bien été représentée en France par Jean Monnet et Michel Rocard, qui ont théorisé une autre forme de ruse : 

les réformes doivent se préparer discrètement en petits comités d’experts intelligents et s’appliquer d’un coup sans trop raconter à l’avance de quoi il retourne. Ruse que des technocrates délicats ont délicatement baptisée «méthode du suppositoire». 

Michel Rocard, qui avait écrit Parler vrai (Seuil) peu avant la victoire de la gauche en 1981, finira sa carrière en avouant que, même s’il l’a fait «moins que la moyenne», il a dû céder au mensonge, parce que «la politique en exige beaucoup». 

Cette tactique du suppositoire a donné le meilleur – par exemple la CSG -, mais aussi une construction européenne conçue et réalisée dans le dos des peuples avec les résultats que l’on connaît. 

Outil politique, moyen de circonstances particulières, le mensonge, même soporifique, devient dangereux s’il se fait méthode, comme le soulignait l’essayiste libéral Jean-François Revel dans la Connaissance inutile (Grasset) : 

«La démocratie, fondée sur la libre détermination des grands choix par la majorité, se condamne elle-même à mort si les citoyens qui effectuent ces choix se prononcent presque tous dans l’ignorance des réalités.» 

Triomphe des Pinocchio 

Mais les développements récents du mensonge nous ont emmenés bien loin de ce débat de Sciences-Po sur les avantages et les inconvénients pour le politique de dire plus ou moins – ou pas du tout, ce qui n’est plus rare – la vérité aux électeurs. Le menteur politique d’hier faisait attention au dosage, gardant en mémoire le mode d’emploi d’Abraham Lincoln : 

«On peut mentir une fois à tout le monde, on peut mentir tout le temps à une personne, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde.» Où l’on voit qu’en matière de mensonge, c’était mieux avant… 

Le menteur d’aujourd’hui donne plutôt l’impression d’avoir compris que vérités et mensonges passaient aussi bien – ou aussi mal – à la télé et que la sincérité finissait par relever d’un manque de professionnalisme. 

«On nous ment matin, midi et soir», s’indignait faussement Nicolas Sarkozy à propos de la campagne électorale de François Hollande, découvrant qu’il n’avait pas le monopole d’une mise en scène qu’il a lui-même poussée très loin, en admettant s’efforcer de «faire président», peut-être à défaut de l’être vraiment. 

Non seulement il n’y a plus de honte à mentir, mais le mensonge s’est lui aussi privatisé. On ne ment plus pour le pays, l’intérêt général, la relève de l’économie ou les générations suivantes, mais pour ses petits intérêts. 

La vieille blague des «promesses politiques [qui] n’engagent que ceux qui y croient», selon la formule un peu vulgaire de Charles Pasqua, paraît soudain d’une élévation désintéressée à l’heure des affaires Cahuzac, Tapie et Guéant.

 Et le surnom de «Supermenteur» dont était affublé Jacques Chirac inspire presque un sentiment d’injustice : il mentait, mais pour justifier son immobilisme face à des dilemmes politiques qui le dépassaient.

 Nos Pinocchio d’aujourd’hui mentent sur leurs comptes et leurs trafics personnels. Avant, quand les politiques mentaient sur eux-mêmes, c’était à propos de leur passé, Lionel Jospin sur son entrisme trotskiste et François Mitterrand sur son début de carrière vichyste et sa francisque. Cahuzac et Guéant mentent sur leur présent de fraudeurs du fisc. 

Le modèle Cahuzac 

Le mensonge est devenu la langue de mutants qui finissent par ne plus savoir que mentir. Ils mentent pour se distinguer d’un mensonge comme pour se sortir d’un mensonge. 

L’affaire Cahuzac fait figure de cas d’école de ces mensonges qui appellent les mensonges. Ayant menti, puis étant suspecté de mensonge, le ministre du Budget a multiplié les mensonges d’une qualité supérieure («les yeux dans les yeux») devant ses collaborateurs, le ministre de l’Economie, le Premier ministre, les députés et le président de la République lui-même.

 Ensuite, se sachant bientôt découvert, il a menti en prenant les devants pour une mise en scène d’aveux télévisés organisée au mot près par des professionnels du mensonge, ces agences de com qui facturent du bluff à la demande – un métier qui prolifère et dont les responsables économiques et politiques ne peuvent plus se passer. 

Ce sont déjà ces fameux communicants qui avaient été chargés de «blanchir» les menteries de DSK. L’ancien responsable du budget de la France n’a pas hésité à expliquer que ses turpitudes ne constituaient qu’une goutte dans la piscine de mensonges où s’ébattent les politiques : «On me dit que j’ai menti sur ma situation personnelle. 

Cela veut dire quoi ? Qu’il y aurait des mensonges indignes et d’autres qui seraient dignes ? Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l’Assemblée, est-ce digne ? A ce compte-là, j’ai menti devant l’Assemblée sur la possibilité de réaliser 3 % de déficit en 2013.» 

Ajoutons que les ministres collègues de Cahuzac, paniqués, se sont empressés d’annoncer que François Hollande avait fait preuve d’autorité en congédiant son ministre menteur dès l’information judiciaire ouverte, alors que le communiqué de l’Elysée précise que Jérôme Cahuzac a quitté le gouvernement «à sa demande». Qui ment ?… 

L’affaire Tapie résume tout 

Comme pour la maladie de la vache folle, tout le troupeau de l’élite semble atteint par la «mensongite», ainsi que le révèle le carnage de l’affaire Tapie. Les procès-verbaux de garde à vue que se balancent Christine Lagarde et Stéphane Richard montrent que, de la présidente du FMI et de l’un des plus grands patrons français, l’un (ou les deux ?) ment (ent) dans les grandes largeurs. 

Mais, surtout, on découvre avec atterrement la personnalité des trois arbitres qui ont menti en bande organisée : 

Pierre Mazeaud, l’un des grands constitutionnalistes français et éminence gaulliste, Jean-Denis Bredin, ex-éminent ténor du barreau, compagnon de Robert Badinter et grande conscience de gauche, et Pierre Estoup, grand magistrat et autorité en matière de procédure judiciaire ! 

Il faut lire la lettre de Pierre Mazeaud, reconnaissant sans honte qu’il s’est contenté de signer de son considérable paraphe quelques notes reprenant l’argumentaire de Pierre Estoup, l’ami de Bernard Tapie, pour recevoir 300 000 € d’honoraires : «Je tiens donc à vous remercier pour tout ce que vous faites, d’autant plus que j’en serais totalement incapable.» 

Et celle de Me Bredin, écrivant à Pierre Estoup : «Je vous adresse mon modeste brouillon, qui reprend pour l’essentiel vos excellentes observations…» Mazeaud, Bredin, Estoup. Deux personnages de grande qualité parmi ce trio, mais trois symboles d’une élite naufragée dans le mensonge intéressé. 

Le FMI, le rabbin Bernheim et Alain Minc 

Le mensonge s’assume désormais d’autant plus cyniquement que sa découverte ne gêne plus et n’a plus guère de conséquences. Quand le FMI a révélé que son plan de sauvetage de la Grèce, catastrophique, était fondé sur de grossières erreurs de calcul, ses responsables ont-ils démissionné ? Ceux qui avaient approuvé ce plan – de Nicolas Sarkozy à François Hollande en passant par François Bayrou – se sont-ils excusés ? 

De même, ses mensonges n’ont pas empêché le rabbin Bernheim de continuer à commenter la Torah à la synagogue parisienne de la Victoire. 

«Je l’ai écouté, je ne sais pas si c’était de lui, mais il était très bon et très sûr de lui», raconte, stupéfait, un cadre du Crif. Jérôme Cahuzac continue d’arborer son rictus de contentement et cherche un éditeur pour raconter ses exploits héroïques, selon lui mal compris. 

Et Alain Minc ne nie même plus et assume désormais que son dernier livre minute sur le duo Jean Moulin-René Bousquet n’est qu’une petite station de pompage d’un livre de la journaliste Pascale Froment. 

De la même manière, le bistrotier qui attire le chaland pour ses «plats faits maison» n’hésitera pas à lui dire qu’il est à court d’îles flottantes parce qu’il «n’[a] pas été livré». Mais il est à bonne école, Bruxelles ayant normalisé le mensonge officiel avec ses normes mensongères – le chocolat fait avec de l’huile de palme, l’huile d’olive italienne qui vient d’Espagne ou le vin bio qui ne l’est pas. 

Signe des temps, la presse s’est adaptée à ce mélange permanent du vrai et du faux, en considérant qu’il ne faut plus seulement traiter les informations, mais aussi les mensonges qui les remplacent de plus en plus.

 De nouvelles rubriques de fact checking («contre-enquête») ont ainsi fleuri pour faire la chasse aux bobards : «Désintox» dans Libération, «Détecteur de mensonges» dans le Journal du dimanche, «Pinocchio» dans le Nouvel Observateur ou «Décodeurs» dans le Monde. 

Mais le bilan de cette course haletante et sans fin n’inspire guère l’optimisme. Non seulement chaque mensonge démontré laisse la place à 100 autres, mais, surtout, comme certaines bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques, les mensonges résistent à leur dévoilement. Même les pires, ou les plus gênants, dont on n’hésite nullement à poursuivre la diffusion, comme le montre l’exemple consternant du livre et du film Survivre avec les loups. 

Même éventé, le mensonge se vend bien 

Dans cette «autobiographie», une Française, Misha Defonseca, racontait son épopée de fillette juive de 8 ans dans les tragédies de la dernière guerre, partant de Belgique avec pour seul guide une boussole, parcourant plus de 3 000 km à pied à la recherche de ses parents déportés, traversant l’Allemagne et la Pologne pour être finalement secourue et adoptée par des loups. Une trop belle histoire qui deviendra un best-seller mondial diffusé dans les écoles comme outil de la mémoire ainsi qu’un film à succès. 

Avant que des spécialistes de la déportation ne découvrent l’imposture, que Misha Defonseca reconnaîtra. Il y a quinze ans, un mensonge similaire – l’affaire Wilkomirski, du nom d’un musicien suisse qui avait obtenu le National Jewish Book Award et le prix Mémoire de la Shoah pour son livre inventant son calvaire d’enfant ayant survécu aux camps d’extermination de Majdanek et d’Auschwitz – avait provoqué un énorme scandale et les éditions Calmann-Lévy avaient immédiatement retiré le livre du commerce et de leur catalogue. 

L’éditeur de Survivre avec les loups, qui a vendu près de 500 000 exemplaires de ce mensonge mémoriel, a simplement fait passer son imposture éditoriale de la catégorie «témoignage» à celle de «fiction». 

Et sur leurs sites de vente en ligne, Amazon continue de présenter le livre de Misha Defonseca comme «le récit de sa quête dans une Europe à feu et à sang [qui] a bouleversé des milliers de lecteurs», et la Fnac a le culot de proposer comme «résumé» les propos d’une «Laurène, 14 ans, Fnac Lyon Part-Dieu» : «C’est un roman très instructif, une histoire vraie, elle apporte bon nombre d’informations sur la situation en 1939-1945.» La boucle parfaite du mensonge commercial qui tire profit de son forfait. 

http://www.marianne.net/Extension-du-domaine-du-mensonge_a230805.html

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