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Y’en a marre du Luxembourg et surtout de toutes les magouilles et scandales politiques

Posté par ippolito le 11 août 2013

Le tour-opérateur de l’argent sale au Luxembourg 

Le Luxembourg, son grand-duc, ses banques: ce confetti européen servant de lessiveuse à fric est impliqué dans toutes les affaires qui font scandale. De Tapie à Karachi, en passant par les délocalisations fiscales d’Arthur ou de LVMH, tout transite par ses remparts moyenâgeux et ses maisons discrètes. Suivez le guide.

Eva Joly, pendant la campagne présidentielle de 2012, avait organisé un «Sarkotour» très médiatisé afin de dénoncer l’affairisme du quinquennat qui s’achevait: une étape à Neuilly, où l’ancien maire avait acheté un appartement avec du fric à l’origine mystérieuse, une autre en face de chez Liliane Bettencourt, soulignant son rôle supposé dans le scandale entourant l’héritière de L’Oréal. La virée s’était terminée devant le Fouquet’s, on sait tous pourquoi.

À Luxembourg, capitale du micro-État du même nom, le tour est éclectique. Ici, scandales judiciaires, blanchiment d’argent et optimisation fiscale, le nouveau mot à la mode,  concernent autant des politiques — de tous bords — que des patrons voyous ou des mafieux de tout poil. Ces prédateurs ont un point commun: ils utilisent les facilités du  Luxembourg pour leur argent sale, les mêmes banques, avocats, notaires, fiduciaires… 

Toutes les grandes affaires (Elf, Falcone, Guérini à Marseille et tant d’autres) font  obligatoirement un détour par là, tous les dictateurs africains et les barons de la drogue y font transiter leurs fonds mal acquis. 

Récemment, c’est la justice du Guatemala qui a demandé aux Luxembourgeois le gel du fric planqué par l’ancien président Alfonso Portillo, en prison aujourd’hui pour détournement de fonds.

Mais, loin de la paperasse qui organise les fraudes et opacifie les mouvements d’argent, rien de tel que de visiter les lieux qui abritent ces petites et grandes vilenies, les lieux du crime en quelque sorte. Et les surprises ne tardent pas à se manifester…

BUCOLIQUE OPTIMISATION FISCALE

Autant commencer le périple dans le quartier piéton et touristique du centre-ville de Luxembourg. À côté des Brioche Dorée et autres boutiques à sandwiches qui font tache dans toutes les villes du monde, on trouve tout de même les boutiques Hermès et Cartier, qui rappellent qu’ici le PIB est l’un des plus hauts de la planète. 

À quelques pas de là, voici la rue Beck, une petite voie piétonne où les touristes se mêlent aux employés de bureau pendant la pause-déjeuner. Tiens, sur une petite porte, à peine visible à côté du marchand de journaux et de cartes postales, figurent les étiquettes «AWPG» et «AW Equity». 

Qui peut imaginer qu’à cette adresse anonyme, loin de l’opulente avenue Marceau, dans le triangle d’or parisien, où sont installés ses bureaux, notre Arthur national, l’animateur devenu homme d’affaires multimillionnaire, a déménagé ses sociétés?

Charlie l’avait raconté. Le 1er janvier 2013, son groupe est devenu luxembourgeois. Au passage, l’opération lui avait permis de sortir de France une somme de 149 millions d’euros,
sans débourser un centime. 

Son avocate avait osé affirmer que les boîtes de son client «paient l’impôt sur les sociétés en France». Certains avaient cru la dame sur parole, sans se demander par quel miracle une société luxembourgeoise serait obligée de verser sa dîme au fisc français… 

Seule la filiale tricolore devra payer des impôts, ce qui n’est pas exactement pareil! Mais la bâtisse ne peut sérieusement être le centre névralgique des activités multiformes d’Arthur, autant animateur de télé et de radio que producteur de films ou homme d’affaires donnant dans l’immobilier et les portails Internet. Rien d’illégal à cela, mais on dirait qu’Arthur a du mal à assumer son exil fiscal…

Non, la réalité est qu’à deux heures et quart de TGV de Paris le Luxembourg est un havre de paix pour les nécessiteux qui, préférant faire des économies plutôt que de souscrire à la richesse nationale, y ont emménagé, du moins sur le papier. 

La liste des avantages fiscaux est longue comme deux bras, des exonérations sur les dividendes des sociétés aux droits de succession très allégés, tout comme les impôts sur les sociétés, sans oublier une «grande souplesse», explique la chambre de commerce de ce paradis fiscal, pour les :«achats de voitures de luxe par les sociétés»: 

les politiques locaux, souvent eux-mêmes avocats ou fiscalistes, ont mis au point mille et une ficelles pour attirer sur leur sol ceux à qui le fait de payer des impôts donne des boutons. 

Ce n’est pas pour rien si ce minuscule bout de terre coincé entre la France, la Belgique et l’Allemagne (sa superficie ne dépasse pas les 2 580 kilomètres carrés) dispose de 2 200 milliards d’euros de fonds placés dans ses caisses. Comme le claironne la chambre de commerce, 46% du PIB du pays dépend de son rôle de place financière. 

Certes, il n’y a «que» 155 banques au Luxembourg, soit deux fois moins qu’en Suisse, mais le territoire est tout de même 16 fois plus petit que celui de la Confédération helvétique…

DU FRIC, MAIS EN TOUTE DISCRÉTION

De tout cela, on ne voit rien quand on parcourt, en bon touriste, la place d’Armes, quand on se promène aux abords de la cathédrale, où s’est marié en 2012 l’héritier du grand-duché, pour le plus grand bonheur des marchands du temple. 

En descendant dans la ville Basse, où l’on croirait débarquer dans un petit village paisible, avec sa rivière, ses pavés et son ancienne abbaye reconvertie en centre culturel, on n’imagine pas non plus être au coeur de la lessiveuse: c’est pourtant ici que se trouve la base européenne d’Amazon. 

Oui, le géant de la vente en ligne a installé rue Plaetis un holding qui lui permet d’échapper à la TVA française — et également aux taxes des voisins européens. Nichée dans un petit immeuble jaune au toit d’ardoise, au bord de l’Alzette, Amazon.eu a, comme l’a décrit le rapport sur la fiscalité de l’économie numérique rédigé à la demande du gouvernement en janvier 2013, mis au point une «organisation juridique» intégrant «d’emblée l’objectif de minimiser le taux effectif d’imposition», tout comme les autres Google ou Facebook. 

Pour des revenus dans l’Hexagone approchant le milliard d’euros, Amazon ne verse en France que «4 millions en moyenne par an» de TVA, contre plusieurs dizaines de millions au bas mot si le régime fiscal français lui était appliqué. 

Chaque fois qu’un Français achète un livre ou un disque sur Amazon, cette société ne reverse que 3 % de TVA, alors qu’elle devrait s’acquitter en France de 7% par livre et de 19,6% par disque…

En remontant dans la ville Haute, après avoir franchi la ceinture de verdure qui longe les remparts moyenâgeux et surplombe un improbable lopin de terre cultivé en pleine ville, on se retrouve dans une rue tranquille, la rue Goethe. 

Voici un immeuble d’allure quelconque: la résidence Bourbon. Dans ces locaux ressemblant plus à une maison de retraite qu’au siège d’une enseigne du luxe, comportant une sortie discrète dans une rue derrière, ont été logées une kyrielle de sociétés du groupe de Bernard Arnault, le numéro un mondial du luxe, LVMH, qui, comme son patron, apprécie l’optimisation fiscale. 

Mais si quelques plaques — Renaissance 1849, Blue Participations et Gestion, SFC, etc. — annonçant certaines de ses boîtes sont apposées à l’entrée, nulle part ne figure le logo du groupe, et encore moins celui qui orne les sacs maronnasses qui ont fait sa renommée. 

D’autres structures ont été créées à deux autres adresses, à quelques jets de pierre de là, qui, elles aussi, ne figurent pas dans les documents officiels du groupe, sauf dans les comptes consolidés de l’une des holdings ; il faut vraiment fouiner pour les trouver… 

C’est notamment par Luxembourg que les sociétés d’Arnault sont montées discrètement au capital d’Hermès sans que le groupe concurrent détecte la manip. Comme quoi, l’anonymat des actionnaires et des ayants droit économiques, un véritable acquis national, peut servir tous les desseins, de la regrettable mais légale optimisation fiscale à la délinquance en col blanc.

Qu’en est-il de l’anonymat des détenteurs de comptes bancaires? Dans l’artère qui coupe la «rue LVMH» s’est installée une filiale de la banque Reyl, le fameux établissement suisse dans lequel Jérôme  Cahuzac avait planqué son fric et auquel le juge Van Ruymbeke cherche des noises, subodorant que de l’évasion fiscale a pu y être pratiquée par des Français.

 Au quatrième étage d’un immeuble rose de l’avenue de la Liberté, en face d’un magasin de matériel électrique, Reyl a installé des bureaux et vient même de créer une nouvelle structure, le 5 avril dernier: Reyl Asset Management, une société de gestion de fortunes. 

On trouve également à cette adresse des sociétés créées par la banque à la fin des années 2000 pour le compte de certains clients, tel l’homme d’affaires Alexandre Allard, un proche du Qatar qui souhaitait racheter l’hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. 

Allard n’apparaît pas dans les papiers officiels, contrairement à l’un des représentants de Reyl à l’époque, Pierre Condamin-Gerbier, l’ancien banquier qui fit des révélations à la justice française et dort aujourd’hui en prison à Genève. L’immeuble à la façade travaillée, arborant colonnades et festons, abriterait quelques évadés fiscaux, l’on ne serait pas surpris outre mesure…

RUE DE LA CORRUPTION

Le Luxembourg préserve toujours son secret bancaire, mais pour combien de temps encore? Le fisc et le Trésor américains ont lancé à pleine puissance une redoutable machine de guerre contre la fraude fiscale qui,  sous le nom incompréhensible de Fatca (Foreign Account Tax Compliance Act), obligera toutes les banques de la planète — et même au Luxembourg — à déclarer les titulaires des comptes de résidents fiscaux des États-Unis et les mouvements de fonds opérés sur ces comptes. Seuls, jusqu’à présent, le Luxembourg et l’Autriche s’étaient exonérés de cette obligation.

À quelques mètres de chez Reyl, au coin de l’avenue de la Liberté, se trouve la rue Heinrich Heine. Le nom de cet écrivain allemand ne dit pas grand-chose à la majorité des passants, mais ce n’est pas le cas des connaisseurs des ventes d’armes et de l’affaire Karachi. Heine n’est autre que le nom de la société-écran utilisée pendant des années par  DCNS, le fabricant français de sous-marins, de frégates et autres bateaux militaires, pour verser des pots-de-vin.

 L’avocat chargé de créer cette structure, René Faltz, a son cabinet dans cette rue, dans un immeuble en vieilles pierres, arborant une belle plaque au nom de l’étude. Alors ministre du Budget — on est entre 1993 et 1995 —, Nicolas Sarkozy aurait donné son accord, selon des témoins, à l’utilisation de ce discret pipeline à commissions ; du fric dont la justice soupçonne qu’il est en partie revenu en France afin de financer la campagne présidentielle d’Édouard Balladur. 

Ce bon monsieur Faltz abrita un temps dans ses locaux cette coquille dont le propriétaire réel était une filiale du groupe d’armement appartenant alors à l’État français, et qui était gérée par un homme de confiance de la DCNS, Jean-Marie Boivin, chargé de payer les commissions aux Takieddine et autres… 

Quand Boivin fut viré, tant s’était développée la crainte que remontent à la surface les secrets des commissions, il se rebella et exerça un véritable chantage sur l’État, écrivant à Chirac, alors président, à Sarkozy, à MAM et à d’autres, en réclamant 8 millions d’euros pour solde de tout compte. Maintenant qu’il est revenu au silence, on en déduit qu’il a dû être indemnisé… 

De ses fenêtres, bien loin des remugles de l’affaire, Faltz peut contempler l’une des gloires luxembourgeoises, Arcelor, dont le siège occupe un palais photographié par les touristes en goguette.

Passant par la tranquille place du Théâtre, une fois revenu dans le centre, le touriste pourra contempler l’immeuble blanc qui, audessus d’un magasin d’articles de sport, abrite depuis 2011 la fameuse officine Heine, toujours en activité, au moins sur le papier. Ses mystères, eux, se sont dilués dans l’opacité du Luxembourg.

http://www.charliehebdo.fr/news/argent-sale-luxembourg-935.html

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Y’en a marre du coût des JO ou d’une coupe du monde surtout pour les contribuables

Posté par ippolito le 11 août 2013

JO, Coupe du monde, Euro : un gouffre financier, forcément ?

L’organisation, jugée trop coûteuse, du Mondial 2014 a éveillé la colère du peuple brésilien. Mais un grand événement sportif plombe-t-il toujours l’économie du pays qui le prend en charge ?

Mots-clés : J.O. de Londres 2012, Coupe du monde de football, Euro 2016, Coupe du Monde 2018, Coupe du Monde 2022

Deux cent milliards de dollars. Selon une étude du cabinet Deloitte, c’est ce que le Qatar prévoit de dépenser pour organiser la Coupe du monde de football 2022. Un chiffre qui rend tous les autres dérisoires.

Au Brésil, le coût de la Coupe du monde est pour l’instant estimé à 11 milliards d’euros : trois fois rien comparé au Mondial qatari mais suffisant pour éveiller la colère.

Parmi les principales revendications des manifestants au Brésil, le coût des événements sportifs – Coupe du monde puis JO – organisés en 2014 et 2016.

Notamment parce que les budgets de rénovation des stades ont explosé : les travaux du stade Mané-Garrincha, par exemple, à Brasilia, devaient coûter 250 millions d’euros. La facture définitive se chiffre à plus de 500 millions.

Pour les prochains JO d’hiver, organisés à Sotchi (Russie), la situation financière est encore pire : de 12 milliards de dollars, le budget des JO 2014 est passé à 50 milliards, un record absolu dans l’histoire des Jeux.

Un phénomène classique : les coûts prévus initialement sont souvent dépassés. Quand une ville se porte candidate, elle doit proposer une étude estimant les coûts et les retombées de l’événement.

Des budgets systématiquement dépassés : la faute aux prévisions

Joint par Rue89, l’économiste du sport Wladimir Andreff explique que ces études sont « la plupart du temps faites n’importe comment » pour trois raisons :

la première est politique : « Il y a des conflits d’intérêts, tout simplement. Les sociétés de consulting ne peuvent pas remettre aux maires des études facturées quelques millions d’euros et qui disent “Laissez tomber, c’est un mauvais projet”. Elles ne seraient plus jamais sollicitées… » ;
la deuxième est méthodologique :

  »L’étude d’impact économiquecompte souvent des choses qui ne devraient pas être comptabilisées. Par exemple, pour les JO d’Athènes, comme pour la Coupe du monde en Afrique du Sud, les études prévoyaient un boom du tourisme grâce à l’événement, alors qu’il y a eu une chute du nombre de touristes en Grèce l’année des Jeux. 

Il y a aussi des effets de substitution : tout ce que les gens dépensent est comptabilisé comme revenus pour les Jeux mais on oublie de se demander ce que les gens auraient fait de leur argent si les Jeux n’avaient pas été organisés. »

« Il y a enfin un vice plus fondamental, ce qu’on appelle la malédiction du vainqueur de l’enchère. Le meilleur moyen de gagner, c’est de tricher un peu, de biaiser l’information. La ville qui est choisie en fin de compte est “piégée” : elle obtient les Jeux, mais elle obtient aussi un déficit financier quasi certain. »

Ces coûts sont de trois types :

les coûts d’organisation sont pris en charge par le CIO, qui abonde le comité d’organisation des Jeux avec les droits de retransmission, les revenus apportés par les sponsors, etc. ;

le coût des équipements sportifs : le CIO y participe, mais les collectivités locales règlent une bonne partie de la facture ;

les coûts des infrastructures non-sportives : aéroports, RER, autoroutes, etc. Entièrement pris en charge par les collectivités, ce sont principalement eux qui provoquent les dépassements de de budgets.
Des Jeux souvent déficitaires

Souvent, les recettes directes – billetterie, droits télé, sponsors – ne parviennent pas à couvrir les coûts d’organisation, sans même parler des dépenses d’infrastructure.

Et quand le comité d’organisation est déficitaire, c’est la municipalité qui doit rembourser. Le record en la matière est détenu par les JO de Montréal, en 1976. Les contribuables québécois ont fini de les payer trente ans plus tard.

Parmi les éditions récentes, les comités d’organisation des Jeux de Sydney, Salt Lake City, Athènes, Turin ou Vancouver ont eux aussi été déficitaires.

Mais les défenseurs des Jeux assurent qu’à long terme, les Jeux sont généralement rentables pour l’économie du pays grâce aux recettes indirectes qu’ils génèrent.

… mais rentables à long terme ?

C’est par exemple ce qu’assurent les organisateurs des JO de Londres. Un an après, le gouvernement britannique affirme que les retombées des Jeux se chiffrent à 9,9 milliards de livres alors qu’ils en ont coûté 9. 

Certes ils devaient coûter initialement 2 milliards… Mais tout va bien puisque les retombées sont plus importantes que prévu. Trop beau pour être vrai ? C’est le point de vue de Wladimir Andreff :

Dans son dossier de candidature, Londres parlait de 2 milliards de livres de retombées positives. [...] Depuis la fin des Jeux, les organisateurs, les ministres affirment que les retombées se situeront entre 10 et 16 milliards de livres… Simplement pour essayer de dire que les coûts sont couverts. »

L’économiste regrette l’absence d’études indépendantes pour étayer ces affirmations :

On fait faire des études avant pour promettre des Jeux magnifiques… Mais après l’événement, on se borne à des déclarations de ministres ! »

A défaut d’études systématiques et objectives sur la rentabilité à long terme de ces évènements sportifs, le débat sur leur pertinence pour l’économie d’un pays ne sera jamais tranché. On peut donc déjà anticiper les polémiques sur l’organisation de l’Euro 2016 en France.

Les ardoises aux contribuables, les bénéfices pour les organisateurs

Le coût de rénovation ou de construction des stades est déjà estimé à 1,7 milliard, dont plus d’un milliard pour les collectivités malgré des financements par partenariats public-privé. 

Parmi les causes de surcoût, les normes drastiques imposées par l’UEFA. C’est justement ce qui pose problème selon l’économiste Jean-Pascal Gayant :

Il y a une réelle anomalie de constater que ces projets laissent de lourdes ardoises aux contribuables tandis qu’elles permettent à l’UEFA et à la Fifa de dégager de confortables bénéfices. »

Pour l’heure, cette question de la « rentabilité » de l’Euro 2016 ne fait pas la une de l’actualité. Ce n’est qu’une question de temps, selon Jean-Pascal Gayant :

La prise de conscience sur le coût des événements sportifs, pour de faibles retombées, est pour l’instant faible en France mais croissante. La crise est à l’évidence un révélateur du fait que les méga-événements ne sont pas si formidables pour les économies qui les accueillent. »

Plusieurs solutions sont envisagées pour éviter ce déficit récurrent. L’organisation d’une compétition sur plusieurs pays, comme l’Euro 2020, est jugée pertinente par Wladimir Andreff et Jean-Pascal Gayant. La solution la plus radicale serait d’attribuer définitivement chaque événement sportif à un pays.

A l’occasion du centenaire des Jeux, la Grèce avait proposé Olympie comme site définitif. Une bonne idée du point de vue comptable mais qui n’a aucune chance de voir le jour, selon Wladimir Andreff :

Parce que les coûts pour la ville sont des profits pour d’autres acteurs : le CIO, les entreprises de travaux publics, les sponsors, etc… Il y a de nombreux intérêts économiques qui contreront dans tous les cas une telle mesure : moderniser Olympie tous les quatre ans, ça ne rapporterait pas beaucoup d’argent ! »

Jean Saint-Marc

http://tempsreel.nouvelobs.com/sport/20130807.OBS2560/jo-coupe-du-monde-euro-un-gouffre-financier-forcement.html

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Y’en a marre des mensonges de François Hollande

Posté par ippolito le 11 août 2013

Pourquoi François Hollande entretient le flou sur la «courbe du chômage»

Le président de la République parle constamment «d’inverser la courbe du chômage». 

Or il existe deux façons de calculer le nombre de chômeurs, deux mesures sensiblement différentes. L’ambiguïté dans laquelle l’Élysée maintient l’opinion est de mauvais aloi.

Le président de la République a achevé ce jeudi sa tournée d’été à Marly-le-Roi, non pas sur les ruines du château de Louis XIV, mais dans une entreprise spécialisée dans les technologies d’exploration océanique, iXBlue. 

Et, comme lors des étapes précédentes, il s’agissait de rappeler la priorité «d’inverser la courbe du chômage», véritable tube estival. Pourtant, et pas plus que les fois précédentes, François Hollande n’a levé le mystère: 

quelle est cette courbe dont il nous annonce le changement d’orientation d’ici à la fin de l’année, avec une précision digne des astronomes qui attendent une éclipse solaire pour le 3 novembre 2013?

Car il existe en réalité deux courbes du chômage, et non pas une. La première, la plus connue, concerne en fait «les demandeurs d’emploi inscrits» à Pôle emploi dont les chiffres sont publiés au mois le mois. 

Il s’agit là d’une statistique administrative, spécifiquement française, et qui répertorie les gens à la recherche d’un emploi, n’ayant aucune activité professionnelle, sinon de façon partielle. 

Leur inscription à Pôle emploi obéit à une double préoccupation: trouver un travail en bénéficiant des conseils de ses services et obtenir une indemnité, ce qui était autrefois la fonction des Assedic.

La deuxième courbe, et elle seule, est à proprement parler celle du chômage. Sa définition correspond à des critères admis internationalement, faisant l’objet d’un accord du Bureau international du travail de Genève (BIT), signé bien sûr par la France.

 Les trois critères de l’état de chômeur, selon le BIT, méritent d’être rappelés: «être sans emploi, autrement dit ne pas avoir travaillé ne serait-ce qu’une heure dans la semaine; être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours; avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de 3 mois».

La manipulation des chiffres, une tentation française quasi éternelle

En France, l’Insee effectue une enquête trimestrielle qui pose ces trois questions (les trois critères du BIT) auprès d’un panel de 75.000 personnes, ce qui est considérable. Aux États-Unis, le Bureau du travail réalise la même enquête par sondage, mais chaque mois. 

Et, partout, ce sont ces chiffres qui font foi, car la définition du chômage n’interfère alors avec aucune autre considération, d’indemnité ou de recherche d’emploi, aussi louables soient ces préoccupations. Notons que c’est pour des raisons de coût que l’Insee réalise son enquête trimestriellement et non pas mensuellement.

Assez bizarrement, François Hollande ne cesse de s’exprimer comme un statisticien en parlant d’«inversion de la courbe du chômage». Le lyrisme n’est pas son fort! Toutefois, son souci de précision s’arrête là, car à aucun moment l’Élysée n’a consenti à dire de quoi le président parlait exactement. 

«On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment», déclarait le cardinal de Retz, figure tutélaire du monde politique français. Mais il ne faut pas s’étonner alors que l’on vive dans l’ère du soupçon et qu’en France plus qu’ailleurs les statistiques soient considérées comme «la forme moderne du mensonge».

Le premier doute tient à la manipulation des chiffres, une tentation française quasi éternelle. Les statistiques, de nature administrative, de Pôle emploi sont à l’évidence étroitement dépendantes de la montée en puissance des emplois aidés, «contrats de génération», «emplois d’avenir» et autres «emplois francs». 

Par ailleurs, Pôle emploi procède en permanence au «nettoyage» de ses fichiers, et c’est légitime, car les personnes ayant trouvé un emploi peuvent omettre de se désinscrire. Mais le rythme auquel s’exercent ces mises à jour est en permanence l’objet de suspicion.

Querelles de chiffres

Formellement, la définition du chômage «au sens du BIT», acceptée internationalement, est jugée comme la plus objective, la plus scientifique: elle seule permet des comparaisons internationales, et c’est la raison pour laquelle le FMI et l’OCDE ne retiennent que ces chiffres.

 Pour sa part, le FMI estime que le taux de chômage va passer en France de 10,2% en 2012, à 11,2% en 2013, puis 11,6% en 2014 et 11,4% en 2015 (moyennes annuelles).

Le suivi du chômage «au sens du BIT», dont les données sont établies en France par l’Insee, présente toutefois deux gros inconvénients. D’une part, l’information est connue avec retard: on ne sait que depuis le 6 juin dernier que le taux de chômage a été de 10,8% en France au premier trimestre 2013. 

Et, d’autre part, l’Insee a rencontré ces derniers mois des difficultés pratiques rendant impossible la publication du nombre de chômeurs (au sens du BIT); on en connaît seulement le taux. Ces problèmes, liés notamment au changement de statut des enquêteurs de l’Insee, ne seront résolus qu’à partir de septembre prochain.

Le flou entretenu par l’Élysée n’en est pas moins regrettable et malsain. Mettre en avant des courbes et des chiffrages sans préciser lesquels ramène le débat à un niveau de technicité trompeur. 

Comme on le rappelle à l’Insee, le taux de chômage ne peut être connu qu’avec un degré d’approximation de 0,4 point. Et qu’en est-il réellement des chiffres de Pôle emploi, dont la précision est encore plus sujette à caution?

Le chômage constitue un dossier bien trop douloureux pour qu’on le ramène à des querelles de chiffres. Or c’est hélas plus que jamais le cas en France. 

Et, du coup, les pouvoirs publics sont et seront de plus en plus suspectés de pratiquer avant tout «une gestion statistique» du problème numéro un des Français.

http://www.lefigaro.fr/emploi/2013/08/08/09005-20130808ARTFIG00331-pourquoi-francois-hollande-entretient-le-flou-sur-la-courbe-du-chomage.php

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