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Y’en a marre de la crise et surtout qu’on nous prenne pour des cons

Posté par ippolito le 16 août 2013

Croissance française: gare à l’affichage!

En se focalisant sur la croissance du PIB au 2e trimestre, on peut se réjouir de la sortie de récession de l’économie française. Mais l’emploi a continué de se dégrader tout comme la production. Et l’investissement des entreprises, indispensable pour relancer l’activité et faire baisser le chômage, est orienté à la baisse.

Le PIB progresse mais l’emploi continue de se dégrader

On trouve tout, dans les statistiques. Ce qui peut donner lieu à des interprétations contradictoires. Ainsi, l’augmentation de 0,5% du PIB (produit intérieur brut) en France au 2e trimestre 2013 annoncée par l’Insee le 14 août a été copieusement saluée et abondamment commentée dans les médias après que Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, se soit réjoui de ce «très net rebond» qui «confirme la sortie de récession de l’économie française».

Toutefois, le même jour, cet institut produisait une autre estimation qui, toujours sur le 2e trimestre, indiquait un nouveau recul de l’emploi de 0,2% dans les secteurs marchands non agricoles, soit un repli trois fois supérieur à celui observé au 1er  trimestre. Pas de quoi pavoiser: sur un an, d’après le ministère du Travail, 118.200 emplois salariés ont encore été perdus.

La fameuse sortie de récession au deuxième trimestre n’aura donc pas permis d’inverser la tendance. Rappelons que, en France métropolitaine, près de 3,28 millions de personnes étaient inscrites fin juin comme demandeurs d’emplois, soit 11,2% de plus qu’un an plus tôt.

Ainsi, selon que l’on considère la statistique du PIB ou celle de l’emploi, publiées le même jour, on aura une vision bien différente de la situation de l’économie française. 

Cette divergence s’explique: pour que l’emploi redémarre, il faut d’abord que l’activité reprenne. La progression du PIB semblerait donc annoncer de prochaines tendances plus favorables pour l’emploi, et on pourrait espérer être entré dans un cercle vertueux.

Pas de rebond de la production

Mais là encore, l’analyse est complexe. Car pour qu’une économie crée de l’emploi, il faut que la croissance soit de toute façon supérieure à 1%, voire 1,5%. L’économie française en est encore loin. D’autant que si l’on considère la production manufacturière, elle a continué à réculer et a baissé de 0,4% en juin.

Certes, sur le 2e trimestre, elle aurait un peu augmenté (de 1,5%) par rapport aux trois premiers mois de l’année, mais elle se situerait toujours en dessous de son niveau du 2e trimestre 2012. Pas très réconfortant.

Ainsi, même si toute bonne nouvelle est bonne à prendre, l’économie française apparaît encore bien loin de retrouver un rythme de croisière susceptible de lui assurer une croissance qui permettrait de résorber le chômage, objectif prioritaire du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. 

Même si les dernières recommandations du FMI (fonds monétaire international) conseillent à la France de modérer sa politique d’austérité pour ne pas asphyxier la reprise, donnant quitus à la stratégie de François Hollande, le pays n’est pas encore sorti de la crise. 

Et il ne faudrait pas, sous prétexte d’amélioration tendancielle, réduire les efforts nécessaires pour améliorer la compétitivité de l’économie avant même qu’ils commencent à produire leurs effets.

La France loin des meilleurs élèves européens

D’autant que la France est loin de faire partie des meilleurs élèves de l’Europe.  Certes, au 2e trimestre, elle affiche une progression supérieure à celle de 0,3% de l’Union européenne par rapport au 1er trimestre, selon Eurostat. Mais elle est devancée par l’Allemagne, le Royaume Uni, la République tchèque ou la Finlande…  

Et sur douze mois, l’économie française avec 0,3% de progression du PIB n’arrive qu’en dixième position dans l’Union européenne.

Le constat est identique pour la production industrielle. Selon les critères d’Eurostat, elle aurait progressé de 0,7% en juin par rapport à mai dans l’Union pour l’ensemble de l’industrie, mais aurait reculé de 1,5% en France. Un bien mauvais score comparé à l’Allemagne (+2,5%) ou à la Pologne (+3,1%) sans même parler de l’Irlande (+8,7%).

Certes, on ne doit pas tirer de conclusions trop hâtives sur un seul mois: c’est une durée pas forcément pertinente compte tenu des cycles de l’industrie. 

Mais malgré tout et sur un an par rapport à juin 2012, la production industrielle française de juin 2013 affiche un recul de 0,3% selon Eurostat alors que l’Union est à +0,4%, avec des scores bien plus satisfaisant pour l’Allemagne (+2,4%), la Grande Bretagne (+2,1%), la Pologne (+5,3%), la Roumanie (+9,6%) et d’autres encore.

Handicap majeur: l’investissement des entreprises ne repart pas

Dans ces conditions, pour retrouver sa place dans l’Europe et en même temps un rythme de croissance qui la sorte de la crise, l’économie française doit poursuivre ses efforts pour relancer des pans de son industrie trop longtemps délaissés, lorsque la priorité fut laissée aux activités de services. Et inciter les entreprises à investir. Ce qui n’est pas encore le cas.

A titre d’exemple, les PME de l’Hexagone –où se trouvent les créations d’emplois- prévoient d’investir 63 milliards d’euros en 2013, «moins que leurs homologues allemandes et italiennes (respectivement 164 milliards et 79 milliards d’euros), et à peine plus que leurs homologues britanniques qui prévoient d’investir 59 milliards d’euros», souligne le cabinet GE Capital. Ce qui, au final, est préjudiciable à la croissance et à l’emploi.

Plus globalement, selon l’Insee, les chefs d’entreprises de l’industrie manufacturière prévoient pour 2013 une baisse de 4% de leurs investissements par rapport à 2012. 

Une bien sombre prévision, car c’est par la reprise de l’investissement des entreprises qu’une croissance vertueuse peut être durablement réamorcée, alors que la croissance du PIB du 2e trimestre est seulement tirée par la consommation des ménages.

Ce qui, on le voit, doit inciter à une certaine prudence dans l’interprétation des statistiques et surtout dans leur extrapolation.

Gilles Bridier

http://www.slate.fr/story/76532/croissance-francaise-crise-emploi-investissement

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Y’en a marre du surcoût du made in France surtout pour notre portefeuille

Posté par ippolito le 16 août 2013

Le made in France ruineux pour le portefeuille

Une étude évalue de 100 à 300 euros le coût du remplacement des biens importés par du « made in France ». Le tout sans bénéfice pour l’emploi !

Voilà une étude qui ne va pas plaire à Arnaud Montebourg. Selon elle, le remplacement systématique de produits de consommation importés par du « made in France » coûterait de 100 à 300 euros par mois à chaque ménage, selon une étude du Centre d’études prospectives et d’informations internationales.

 Acheter des biens de consommation en provenance des pays émergents et en développement procure à chaque ménage français une économie potentielle de 1 270 à 3 770 euros par an, estime le Cepii dans sa lettre de juin.

Cette économie équivaut à un gain potentiel « de 100 à 300 euros par ménage et par mois », qui « sera passé tout ou partie au consommateur par l’importateur français en fonction du degré de concurrence sur les marchés concernés », indiquent les auteurs de cette analyse dont les chiffres portent sur l’année 2010.

Ces chiffres montrent que les importations en provenance de pays à bas coûts, « qui ne représentent qu’un quart de nos approvisionnements, jouent un rôle décisif en matière de pouvoir d’achat », souligne cette étude. 

En 2007, l’économie réalisée était estimée à environ 2 500 euros, selon ses deux auteurs qui observent que « l’écart de prix est croissant dans le temps ». Le quart du surcoût lié à l’achat de produits français serait concentré sur les seuls articles en cuir, essentiellement les sacs. 

Viendrait ensuite le petit matériel électrique (10 %), suivi des vêtements (8 %). « 71 % du surcoût ainsi calculé proviendrait du remplacement par des produits français des seules importations en provenance de Chine », souligne l’étude de quatre pages.

Pas d’effet positif sur l’emploi

Le Vietnam, la Turquie, la Tunisie, la Thaïlande, la Roumanie et le Maroc suivent par ordre décroissant, représentant chacun plus d’un milliard par an en termes de surcoût de remplacement, poursuit l’analyse. 

Ses auteurs, Charlotte Emlinger et Lionel Fontagné, font valoir que « produits domestiques et produits importés ne sont pas systématiquement substituables ». « Si les ménages dépensent plus sur les produits manufacturés, ils vont dépenser moins sur les services qui sont plus riches en termes d’emploi que les produits manufacturés », a expliqué mercredi à l’AFP M. Fontagné pour qui le report de consommation n’aurait ainsi « pas d’effet positif sur l’emploi ».

Selon lui, « il ne faut pas opposer le made in France aux produits importés mais plutôt faire en sorte que le site de production France soit compétitif et attractif » et chercher à « offrir des produits de qualité à des prix raisonnables ».

http://www.lepoint.fr/economie/le-made-in-france-ruineux-pour-le-portefeuille-14-08-2013-1714052_28.php

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Y’en a marre que nos services d’urgence ferment les uns après les autres

Posté par ippolito le 16 août 2013

Comment fermer un service d’urgences en France 

Wattrelos, l’Hôtel-Dieu à Paris et désormais Pont-à-Mousson, et d’autres à venir, comme Juvisy. Malgré les promesses des politiques, les structures d’urgences sont détruites les unes après les autres.

La méthode est toujours la même, introduite par Mattei du temps de Chirac et conduite par Bachelot du temps de Sarkozy. Rien n’a changé. En voici la sordide recette : comment casser le service public.

SOUS LA COUPE DES ARS

Sournoisement, le 29 juillet dernier, la direction de l’hôpital de Pont-à-Mousson et l’agence régionale de santé (ARS) de Lorraine ont décidé de fermer tout simplement les urgences. 

Environ cinquante malades sont accueillis aux urgences chaque jour. Ils devront faire une heure de voiture pour aller consulter dans les services de Metz ou de Nancy, déjà saturés. 

Cette mesure montre combien les ARS sont devenues des dictatures technocratiques méprisant totalement les élus, les organisations sociales et les malades, afin de s’assurer des primes rondelettes qui récompensent les « économies » prétendument effectuées. 

Car le « surcoût » de la proximité est bien moindre que les frais engendrés par les transports en ambulance ou par les pompiers… Il n’empêche, une bonne ARS est une ARS qui ferme un maximum de structures.

Il n’y a évidemment pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Beaucoup de médecins embauchés dans ces agences donnent une caution médicale aux regroupements. Et il y a plus d’un directeur d’hôpital qui se bat contre ces agences. Il existe aussi des syndicats qui roupillent en facilitant la déconstruction sociale par leur attente stérile.

 Mais la plupart du temps, la partition est la même et elle est jouée par les mêmes musiciens. Pourtant, ils en ont fermé, des urgences : en 1988, tous les établissements de santé avaient un accueil et des services d’urgences, soit trois mille en France. En 2013, il nous en reste neuf cent cinquante. Où est passé l’argent de toutes ces économies? Nul ne sait.

POUR TUER TON CHIEN, DIS QU’IL A LA RAGE

Évaluations, statistiques, audits… Le néolibéralisme fournit les produits pour réaliser l’euthanasie d’un service. Ainsi, les médecins qui devraient soigner les malades, veiller à l’encadrement et à la bonne humeur des équipes, prévoir les plannings et les protocoles thérapeutiques, se voient chargés de statistiques, de codages. 

Combien de vieux de plus de 75 ans par an, par heure, par jour ? Combien de réanimations ? Combien de nains, de sourds, de muets, de galeux ? Le nouveau médecin est vissé devant son ordinateur à contempler des courbes et à rendre des chiffres. Que font de ces chiffres la direction de l’hôpital et l’ARS? Rien, car un bon chiffre est un chiffre qui sert à fermer.

SEMER LA DISCORDE POUR MIEUX RÉGNER

Il y a une chose que les directions des hôpitaux ne supportent pas : la convivialité et les syndicats. Rien ne vaut le discrédit pour s’en débarrasser. 

Soit une infirmière super sympa, qui fait du bon café, de bons gâteaux : faites courir le bruit qu’elle couche, et la rumeur va la pousser à bout. 

Soit un médecin jovial et épicurien qui met une bonne ambiance et soigne bien : écartez-le des réunions, enlevez-lui quelques moyens, noyez-le sous les gardes, pourrissez sa vie privée. Tout est toujours fait pour les virer : 

brimades, harcèlement moral, diminution de leurs fonctions… Ainsi, les médecins et le personnel finissent toujours par craquer, démissionnent ou demandent leur mutation. À Pont-à-Mousson, doucement, les médecins sont partis.

LE CONTRAT DE RETOUR À L’ÉQUILIBRE FINANCIER

La spirale sociale infernale est engagée, le personnel démotivé. Plus l’administration dit «on ne trouve personne» sans chercher, plusceux q ui restent sont sur les genoux. Les heures supplémentaires ne sont pas payées, ce qui dégoûte les personnels de travailler plus. 

Vu le pouvoir d’achat en chute libre et les galères pour les bas salaires, très vite, le personnel se barre ou cumule des emplois pour s’en sortir. De l’autre côté, pour faire encore des « économies », apparaît un plan pour fermer tout ou partie de l’hôpital. Pourquoi commencer par les urgences ? 

Les deux tiers des malades entrent à l’hôpital par là, alors c’est facile pour assécher la demande. Comme la direction n’embauche pas, des lits sont fermés. Et en aval, le travail aux urgences devient infernal, donc les équipes craquent, burn-out et harcèlement devenant le quotidien.

 L’alibi est tout chaud et prêt à être servi : on ne trouve pas de médecins ni d’infirmières, il faut regrouper avec d’autres centres. Dans un pays où nous n’avons jamais eu autant de médecins, il n’y en a plus ? Les infirmières ? 

Environ soixante mille ont abandonné leur profession pour faire autre chose, tellement le manque de considération et d’attractivité est fort. Les services d’urgences étant les plus difficiles à vivre en termes de stress, de conditions de travail, de violences physiques et morales, l’acte final est arrivé: il faut fermer.

THIS IS THE END

Comme à Pont-à-Mousson, l’administration, l’air triste, compatissante, assène au ministère et aux élus cette célèbre phrase de Thatcher, mère du néolibéralisme : « Il n’y a pas d’alternative.» Grâce aux statistiques, ils sortent le nombre de passages et en font un argument. 

Pour Pont-à-Mousson : il faut fermer, car il y a douze mille passages, «c’est trop faible ». Pour l’Hôtel-Dieu à Paris, avec quarante mille passages, « ce ne sont pas de vrais malades », c’est de la « bobologie »… 

Chaque fois, «les malades qui viennent aux urgences n’ont rien à y faire». Vient enfin le discours très convenu du «ça ira mieux en faisant autrement». Les ARS et leurs conseillers médicaux expliquent que les malades n’ont qu’à aller vers la médecine de ville.

 Mais il n’y en a presque plus, car, il y a dix ans, Mattei a mis fin à leur obligation de participer à la permanence des soins. Ajoutons que, dans certains secteurs, il n’y a même plus de docteur…

 Alors l’ARS sort l’alibi Pompiers et SAMU. C’est un peu comme un pays où il n’y aurait plus ni sécurité ni justice, juste le GIGN ou la BAC pour éviter le chaos. Maintenir un SMUR, ça fait bien devant les élus et les caméras du 20-heures, mais ça ne sert que pour les urgences vitales, soit 5% des urgences.

Quant aux pompiers, le contre-argument vient de leur puissante fédération ; les véhicules de secours vont de plus en plus loin et attendent des heures que des brancards se libèrent dans des centres d’urgences sursaturés. Et les malades dans tout cela ? Ils sont bien loin, car les ARS ne s’occupent que des euros, pas des êtres.

Textes Patrick Pelloux, Dessins Charb

http://www.charliehebdo.fr/news/comment-fermer-un-service-d-urgences-en-france-940.html

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