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Y’en a marre des scandales alimentaires et surtout de l’opacité dans l’agroalimentaire

Posté par ippolito le 17 août 2013

Alerte dans nos assiettes

En moins de vingt ans, la mondialisation a aussi bouleversé ce que nous mangeons : les pizzas et les plats surgelés ont rejoint les portables et les écrans plats dans la liste des produits low cost importés, souvent made in China. 

Une tendance méconnue, tant les géants de l’agroalimentaire entretiennent l’opacité. Et inquiétante, car la traçabilité est un leurre, comme le prouve l’enquête de L’Express. Révélations. 

Ce 24 juillet est une journée comme les autres aux portes de l’Europe. Les douanes françaises interceptent une cargaison d’aubergines de République dominicaine, avec des doses très élevées d’un insecticide toxique, le méthomyl.

 Aux Pays-Bas, les autorités sanitaires découvrent que des carcasses de bovins roumains n’ont pas été soumises aux tests obligatoires de dépistage de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la maladie de la vache folle. 

En Italie, des lots d’ustensiles de cuisine toxiques made in China sont saisis juste avant leur mise sur le marché, tandis qu’en France une alerte est lancée sur des filets d’espadon gavés de mercure en provenance d’Equateur… 

Longtemps, nous avons été heureux sans le savoir. La volaille s’élevait à Bresse, les pommes normandes avaient du goût et le poisson se ramassait dans les filets bretons.

 Aujourd’hui, des conteneurs de nourriture affluent du monde entier, pour le meilleur – toujours plus de variété, en toute saison -, mais aussi pour le pire. Pressés par la concurrence, par leurs actionnaires et par une grande distribution sans pitié, les groupes agroalimentaires vont chercher toujours plus loin, et toujours moins cher, des produits qu’ils trouvaient autrefois à leur porte. 

Engagés dans une course au profit, les industriels du secteur draguent les tradeurs et les cadors du marketing. Au nom de la productivité, ils délocalisent à l’autre bout du monde, au risque de surveiller davantage leur assiette fiscale que celle du consommateur. 

Dans l’alimentation comme dans tant d’autres secteurs, la planète est devenue une gigantesque usine. Les langoustines pêchées en mer d’Ecosse coûtent trop cher à produire sur place? On les envoie en Thaïlande pour les faire décortiquer par des « petites mains », avant de les renvoyer en Europe pour les cuire. Soit un joli voyage de 27 000 kilomètres. 

En étirant ainsi les chaînes de production, les industriels multiplient les risques d’en perdre le contrôle. On l’a vu au début d’août, avec l’alerte au botulisme lancée sur des produits laitiers en Asie. Les lots contaminés provenaient d’une multinationale néo-zélandaise qui inonde la planète de ses laits en poudre. 

Garantir la qualité des produits importés devient une vraie gageure. La chaîne française de supermarchés qui achète sa pizza industrielle est-elle capable de certifier à ses clients la traçabilité de la soixantaine d’ingrédients, dont un grand nombre vient de Chine, qui la composent ? Peut-elle assurer qu’il n’y a pas de pesticides dans l’origan et que le jambon n’est pas gavé d’antibiotiques?  

Seuls 2 à 3% des conteneurs entrant en Europe sont contrôlés

C’est d’autant moins probable que la Chine est encore loin du compte en matière de sécurité sanitaire, comme le révèle notre enquête. 

En 2012, ce pays concentrait, à lui seul, 16 % des produits saisis aux frontières européennes. Mais combien d’autres passent entre les mailles du filet? Ne nous y trompons pas. 

Les opérations fortement médiatisées, comme celle du 8 août dernier, menées par les autorités dans leur lutte contre les fraudes alimentaires, ne sont destinées qu’à rassurer les Français. Elles ne sont qu’un leurre: seuls 2 à 3% des conteneurs entrant en Europe sont contrôlés!  

Consciente du problème, l’UE prépare une réforme qui vise à sécuriser davantage la filière agroalimentaire. Mais certains, comme Michèle Rivasi, députée verte européenne, estiment déjà que ce « paquet législatif », annoncé pour 2016, n’ira pas assez loin. « Il semble que personne ne veuille demander aux industriels de fournir l’origine des ingrédients qu’ils mettent dans leurs plats cuisinés, explique-t-elle.

Les consommateurs devraient boycotter les produits quand ils ignorent ce qu’ils ont dans leur assiette… » Encore faut-il apprendre à « manger responsable ». Afin que la bonne chère reste sans danger. Et la cuisine, une source de plaisir!  

Par Charles Haquet et Géraldine Meignan, avec Yassine Khiri et Harold Thibault 

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/alerte-dans-nos-assiettes_1273163.html#XKrLmfU8RAAaJZbC.99 

Publié dans Y'en a marre des scandales financiers | Pas de Commentaire »

Y’en a marre du monde des bisounours et surtout des mensonges

Posté par ippolito le 17 août 2013

La France en 2025 : entre excès d’optimisme et autocongratulation

Les ministres décrivent leur vision de la France en 2025. C’est bien simple : tout ira mieux…

Avant qu’ils ne partent en vacances, François Hollande a demandé à ses ministres de concocter un dernier devoir à rendre le 19 août, soit la date du séminaire gouvernemental de rentrée. Le sujet : « Décrivez votre vision de la France en 2025″.

« Le Point » s’est procuré les copies de Manuel Valls, de Pierre Moscovici, d’Arnaud Montebourg, de Christiane Taubira et de Cécile Duflot. L’exercice, original pour des ministres en exercice, n’a pas manqué de susciter l’étonnement – voire l’amusement – de la presse. Qu’ont-ils prévu ?

Manuel Valls campe en modernisateur de l’Etat

Sécurité, éloge de la République et défense d’un Etat protecteur. La vision de Manuel Valls pour la France en 2025 se veut rassurante, républicaine et laïque.

Côté modernisation, le premier flic de France va même jusqu’à parler de « forces de l’ordre 3.0″. Selon lui, il attend des forces de police non seulement une « vraie proximité avec les populations » mais aussi qu’elles soient des « grandes utilisatrices des nouvelles technologies ». Il envisage enfin la création de « maisons de l’Etat » qui remplaceraient en quelque sorte les sous-préfectures dans les zones dépeuplées.

Christiane Taubira rêve d’une prison efficace

Christiane Taubira annonce que sa réforme pénale aura porté ses fruits : la population carcérale sera passée sous la barre des 60.000 détenus. Comment ? Non pas par la multiplication des maisons d’arrêt mais bien grâce au développement de peines alternatives. Son objectif est de lutter contre la surpopulation carcérale et d’évaluer efficacement le temps de détention « utile ».

Seulement, la garde des Sceaux oublie que sa réforme pénale semble mal engagée depuis l’étalage public de son désaccord avec Manuel Valls. Christiane Taubira évoque enfin une simplification de la justice via l’utilisation de courriers électroniques. 

Pierre Moscovici, le réaliste

Dans sa copie, Pierre Moscovici est le seul à avoir reconnu que cet exercice de prospective était « risqué ». Mais il évite de tomber dans la « politique-publique-fiction » qu’il redoutait. Il a en effet qualifié le plein-emploi d’ »objectif réaliste » tout en prévoyant que la France sera, en terme de PIB, rétrogradée de quatre places pour finir neuvième au classement mondial. Avec ses chiffres et ses notes relativement optimistes, le ministre de l’Economie prévoit le recouvrement de la « souveraineté budgétaire ».

Moscovici se refuse de réaliser inutilement une pâle copie du modèle allemand, avec de l’ »argent public » qui viserait « à reconstruire une industrie perdue ». Bercy prévient en effet qu’en 2025 le modèle industriel allemand ne correspondra plus à l’état de l’économie mondiale. 

Arnaud Montebourg, le sauveur de l’industrie

L’inébranlable ambition d’Arnaud Montebourg se ressent même dans ce travail original de prospective. Le ministre a imaginé pour 2025 le succès d’un programme « Usine du futur », le lancement d’un véhicule consommant 2 litres/100 km et une industrie française génératrice de 20% de la richesse du pays. Sa copie est pleine d’une verve inimitable.

« En choisissant, il y a plus d’une décennie de concentrer ses efforts sur les segments de croissance (…), la France a pris rang sur les marchés les plus dynamiques aujourd’hui ». Le ministre du Redressement productif dresse un tableau dans lequel la France est le leader dans tous les domaines. Selon lui, elle fera partie du « concert des grandes nations industrielles ».

Avec Cécile Duflot, un logement zen

Cécile Duflot a frappé fort… mais à côté. Avec sa casquette d’écologiste, elle a essayé de profiter de l’exercice pour décrire un bilan inquiétant de la biodiversité en 2025 et des changements climatiques… ce que le professeur Hollande ne lui a pas demandé.

Néanmoins, en tant que ministre du Logement, elle annonce « une politique publique du logement volontariste pour garantir l’intérêt général ». Technologie oblige, Cécile Duflot espère également redynamiser les territoires ruraux grâce au développement des services numériques.

Par ailleurs, elle promet la rareté des logements vacants et la création de six millions de logements, dont un tiers sera composé de logements sociaux. Selon elle, tout le monde disposera « d’un toit et d’un environnement de qualité ». « L’accès à ces logements pour chacun ne sera plus un facteur de stress et d’incertitude, mais une étape plaisante de la vie ».

« Les ministres au pays des Bisounours »

En réaction à cet exercice assez original, les titres de presse français s’en sont donnés à cœur joie. « Le Figaro » salue un travail qui ne manque pas de « bonnes intentions », mais critique le « manque de concret » et la « vision idyllique » de certains ministres.

« Le Monde » déclare avoir été frappé par « l’optimisme sans doute un peu excessif des ministres ». La rédaction considère en fait que ces documents sont une bonne occasion pour les ministres de montrer que leurs réformes actuellement en cours porteront leurs fruits dans une dizaine d’années.

Pour « Slate », ce travail inédit fait office d’une bonne « lecture de vacances ». Aussi « divertissante » que « drôle », la rédaction de Slate s’est amusée à relever les mesures qui ont le moins de chances de voir le jour. Parmi elles, le plein-emploi de Montebourg et les peines alternatives de Taubira.

Et enfin, « France TV Info » a joué la provoc’ avec un titre railleur : « Les ministres au pays des Bisounours », bien que le texte de l’article se contente de reprendre les mesures phares du « Point ».

Maxime Lebufnoir – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130816.OBS3418/la-france-en-2025-entre-exces-d-optimisme-et-autocongratulation.html

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