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Y’en a marre du déficit des régimes des retraites

Posté par ippolito le 28 août 2013

Retraites : le vrai débat

1) Pourquoi le déficit des régimes de retraites s’est-il aggravé depuis 2010 ?

Les déficits annuels annoncés des caisses de retraite (14 milliards en 2012, autour de 20 en 2020) n’ont rien à voir avec la démographie, dont les projections n’ont pas changé depuis 2010. Ils sont dus à la crise et aux politiques d’austérité qui s’en sont suivies et qui bloquent l’activité, l’emploi et les cotisations sociales. 

Dans son rapport de décembre 2012, le Conseil d’orientation des retraites explique ainsi « la dégradation beaucoup plus rapide que prévu des comptes des régimes de retraite du fait de la chute des recettes liée à la crise ». 

Pourtant, ce qui nous est proposé aujourd’hui est d’aggraver encore ces politiques. C’est justement ce que veut faire le gouvernement avec la réforme envisagée qui aboutira, d’une façon ou d’une autre, à baisser le montant des pensions. 

En finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail et une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique permettraient déjà de résoudre une bonne partie du problème.

2) L’espérance de vie augmente, est-ce normal de travailler plus longtemps ?

L’espérance de vie augmente de manière quasi continue depuis 250 ans, ce qui n’a pas empêché que le temps passé au travail dans une vie baisse continuellement en parallèle. De plus, l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité, est beaucoup plus faible. Pire même, elle a baissé ces dernières années.

 Tout recul du départ en retraite obère de façon non négligeable le temps dont les salarié-es disposent pour jouir réellement de leur retraite. Enfin, les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières courtes et discontinues et n’arrivent déjà pas à réunir le nombre d’annuités demandé, alors même que les entreprises se débarrassent des salariés âgés. Plus de la moitié des personnes se trouvent ainsi hors emploi au moment où elles liquident leur retraite. L’augmentation de la durée de cotisation ou le report de l’âge légal de départ à la retraite se traduisent en pratique par une pension réduite pour le plus grand nombre.

3) Les jeunes seront-ils victimes des mesures envisagées ?

La solidarité intergénérationnelle a deux aspects. D’une part, les actifs financent le système de retraite et, d’autre part, les salariés âgés laissent leur place dans l’emploi aux nouvelles générations. Ce dernier aspect est particulièrement important en période de stagnation économique. Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que de payer des retraites. La retraite par répartition repose sur un double contrat implicite. Le travail fourni par la génération qui part à la retraite bénéficie à la génération suivante et cette dernière prend en charge les retraités. Ainsi chaque génération monte sur les épaules de la précédente et la création de richesse est partagée entre actifs et retraités. C’est ce contrat intergénérationnel que le gouvernement et le patronat tentent de détruire puisque les personnes âgées seront maintenues de force en activité (en emploi mais très souvent au chômage), bloquant ainsi l’entrée des plus jeunes, tout en les empêchant d’assurer leur rôle vis-à-vis de leurs ainés.

4) Les fonctionnaires sont-ils des privilégiés ?

Le taux de remplacement (le rapport entre la retraite et le salaire) est similaire entre privé et public. Le COR indique ainsi : « Les taux de remplacement nets sont, en première analyse, du même ordre de grandeur pour les anciens salariés du secteur public et pour les anciens salariés du secteur privé nés en 1942, de l’ordre de 74-75 % pour la médiane » (fiches pour le débat, COR, 2013). Le mode de calcul de la retraite est différent dans le privé et dans le public, mais cela aboutit à un résultat similaire. Dans le secteur privé, la pension de base (à laquelle se rajoute une retraite complémentaire) est calculée sur les 25 meilleures années et les primes sont prises en compte. Dans le public, c’est le salaire des 6 derniers mois, mais les primes ne sont pas prises en compte. Le gouvernement actuel, comme les précédents, laisse entendre que les fonctionnaires sont « privilégiés » parce qu’on calcule leur pension sur leur rémunération de fin de carrière, l’idée sous-jacente étant de légitimer une possible modification du calcul (le rapport Moreau évoque un passage aux 10 dernières années). Une telle mesure entraînerait une baisse immédiate de la pension des fonctionnaires.

À l’inverse, appliquer un calcul sur les 6 derniers mois aux salariés du privé aurait un effet désastreux sur leurs pensions ! D’une part, les carrières du privé ne sont pas ascendantes comme celles des fonctionnaires : ce sont souvent des carrières en « cloche » notamment pour les moins qualifiés, ce qui veut dire qu’ils ne perçoivent pas leurs meilleurs salaires en fin de carrière. D’autre part, plus de la moitié des salariés du régime général, qui à 50 ans étaient en emploi, n’y sont plus à l’âge légal de départ en retraite (62 ans). Ils sont au chômage, en préretraite ou sont redevenus inactifs (en particulier les femmes). Calculer leur pension sur leur revenu de fin de carrière serait une catastrophe pour eux et pour elles. C’est d’ailleurs pour cela que dans le régime général on calcule la pension sur les « meilleures années ». Pour améliorer les pensions du privé, il faut les calculer non plus sur les vingt-cinq meilleures années comme actuellement, mais revenir aux dix meilleures comme avant la contre-réforme Balladur de 1993. Cette mesure est, de plus, indispensable pour limiter la pénalisation des carrières courtes.

5) Les retraités sont-ils si riches ?

Les retraités sont eux aussi présentés comme des privilégiés par rapport aux actifs. Or, leur niveau de vie moyen est inférieur à celui des actifs, ou seulement équivalent lorsque sont intégrés les loyers imputés[1] et les patrimoines. Cela n’est d’ailleurs qu’une moyenne, qui ne rend pas compte du fait que ce sont les tranches de revenus les plus élevés qui concentrent les revenus du patrimoine. Si le taux de pauvreté est aujourd’hui le même pour les actifs et les retraités (10,2 % en 2010), celui des retraités est en augmentation, passé de 8,5 % en 2004 à 10,2 % en 2010 avec, comme le remarque le rapport Moreau, une hausse encore plus forte pour les plus de 75 ans, et « au sein de cette population les femmes isolées (notamment les veuves) sont surreprésentées ».

Les retraités ont été touchés par les effets cumulés des contre-réformes passées, et cela va continuer dans l’avenir. Le COR prévoit qu’à l’horizon 2060 le niveau relatif des pensions par rapport à celui des actifs va encore diminuer de 15 à 25 % selon les scénarios économiques. L’argument qui consiste à faire payer les retraités au prétexte qu’ils seraient plus riches que les actifs n’est donc pas fondé. Mais, au-delà, la question fondamentale est de savoir si les salariés doivent voir leur niveau de vie baisser au moment où ils partent en retraite. De fait, les discours patronaux et gouvernementaux considèrent que cela doit être le cas. Au contraire nous considérons que la pension doit être la continuation du salaire, ce que le régime général de la Sécurité sociale admet en calculant le montant de la retraite sur les meilleures années de salaire, même si le nombre de ces années a fortement augmenté depuis 1993.

6) Y aura-t-il trop de retraités et pas assez d’actifs ?

 Les projections démographiques ne sont pas des vérités scientifiques et sont basées sur des hypothèses concernant plusieurs paramètres (fécondité, chômage, taux d’activité des hommes et des femmes, etc.). Déjà, depuis les années 1990, les projections ont beaucoup varié. Ainsi, tous les rapports officiels prévoyaient un effondrement de la natalité. Il n’en a rien été. Jusqu’à récemment, les mêmes rapports prévoyaient un effondrement de la population active dans le futur. Les dernières prévisions de l’Insee font maintenant apparaître une augmentation de la population active jusqu’en 2015 puis une stabilisation par la suite. En outre, certaines hypothèses retenues pour l’évolution de la population active sont régressives : rien ne justifie en effet de projeter, dans la tranche de 25 à 49 ans, un taux d’emploi des femmes inférieur de plus de 10 points à celui des hommes si ce n’est renoncer à toute politique visant l’égalité entre les femmes et les hommes. De marges de manœuvre existent pourtant dans ce domaine, et un niveau d’emploi égal entre les femmes et les hommes signifierait un nombre d’actifs supérieur de 5 % a minima.

 De plus, le ratio qui rend compte de la « charge » globale qui pèse sur les actifs occupés, celui des personnes hors emploi rapporté aux personnes en emploi, ne connaît aucune dégradation notable par rapport aux décennies passées. 

7) Pourra-t-on financer les retraites ?

Les difficultés de l’économie française ne sont pas dues au coût du travail mais au coût exorbitant que fait subir le capital à la société. En trente ans de néolibéralisme, la part dévolue aux dividendes a augmenté de 5 points de pourcentage de la valeur ajoutée des entreprises, aux dépens des salaires et de la protection sociale. Et malgré la crise, les dividendes continuent d’augmenter. En 2012, les entreprises ont distribué 230 milliards de profits, ce qui représente un « surcoût » du capital de 100 milliards par rapport aux « normes » des années 1970-1980. Or le COR indique qu’il faudrait un point de PIB supplémentaire par an à l’échéance 2020 pour équilibrer le système de retraite, ce qui correspond à 2 points de prélèvement supplémentaire sur les revenus d’activité.

Il est donc possible soit de relever progressivement les cotisations patronales en baissant en parallèle les dividendes versés aux actionnaires, soit de soumettre à cotisation les dividendes distribués. L’investissement productif ne serait ainsi pas touché et cette mesure n’aurait pas d’impact sur les prix. La sacro-sainte compétitivité des entreprises serait donc épargnée. Mais il est vrai, et c’est là que le bât blesse, cela suppose un « choc de répartition » et non un choc de compétitivité. Bref, des solutions existent à condition de rompre avec les politiques actuelles et la logique d’un capitalisme financier prédateur.

8) Quel modèle de société se profile derrière les retraites ?

 Le débat politique et citoyen sur les retraites doit montrer que l’enjeu est un véritable choix de société, et cela sur plusieurs plans. Il y a d’abord une dimension de répartition juste de la richesse produite, entre groupes sociaux d’une même génération et entre les générations. Mais, au-delà de la question du financement, un système de retraites indique dans quel sens veut s’orienter la société : maintenir les uns au travail et les autres au chômage ou bien permettre à tous de dégager du temps pour soi, pour créer de la sociabilité, pour participer à la vie de la cité sous tous ses aspects, dans et hors de l’acte productif ?

 L’enjeu de l’émancipation se joue aussi dans le travail lui-même, et elle doit être pensée simultanément dans toutes les sphères de l’existence, en liaison avec la transformation des finalités et de la structure de la production. Le travail, durant toute la vie dite active et dans tous les secteurs, doit donc être transformé, afin de le soustraire à la logique de la rentabilité, à l’impératif de compétitivité – sous-entendu d’intensification –, au stress et aux conditions dégradantes. Mais, en parallèle, la pénibilité actuelle de nombreux métiers doit être reconnue – en veillant à ne pas oublier celle qui caractérise les métiers féminins – et prise en compte dans les conditions d’accès à la retraite. Faire reculer l’aspect de marchandise du travail est devenu un enjeu vital, qui n’est pas sans rapport avec la définition d’autres finalités pour la production de biens et services.

Enfin, la crise écologique nous conduits à moins fonder le financement des retraites et de la protection sociale dans son ensemble sur l’augmentation de la production future que sur la qualité de celle-ci, dont un critère essentiel est l’utilité sociale, et sur son partage, afin de bâtir un modèle de développement vraiment soutenable. Fonder un système de retraites solidaire renvoie donc à la place du travail dans la société et dans la vie de chaque individu. La retraite ne doit pas être la compensation d’un travail aliénant pendant toute une vie : le travail et ses finalités doivent être profondément transformés, car la qualité du travail et celle de la production vont de pair. La retraite sera d’autant mieux un temps de vie digne que la période de travail aura été émancipée des principales oppressions et dominations. Travailler moins, travailler autrement, et vivre mieux, pendant la vie active et pendant la retraite, tel est le condensé de la bataille sur les retraites que nous devons encore engager.

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/retraites-le-vrai-debat-140089

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Y’en a marre des comptes enjolivés de François Hollande sur les emplois d’avenir

Posté par ippolito le 28 août 2013

Les comptes enjolivés de François Hollande sur les emplois d’avenir

Ça y est, ils ont officiellement pris. Après avoir connu un démarrage poussif, le nombre d’emplois d’avenir connaîtrait une explosion depuis fin avril, selon les chiffres officiels donnés par le gouvernement. 

« On a dépassé les 48 000. Ça y est c’est parti les emplois d’avenir. Ça va aller même très fort », s’est ainsi réjoui Michel Sapin, le ministre du travail et de l’emploi, sur France Info, le 20 août. En apparence, un vrai bond, alors que fin avril, le nombre d’emplois d’avenir dépassait à peine les 20 000 sur les 100 000 prévus pour 2013.

Le problème est que les chiffres donnés par le gouvernement reposent sur des sources statistiques internes, peu fiables. C’est la Délégation générale à l’emploi et la formation professionnelle (DGEFP), chargée de mettre en œuvre les emplois d’avenir, qui suit au jour le jour le nombre de ces contrats, tout en mettant la pression sur les missions locales et les agences Pôle emploi pour en faire signer le plus possible. 

Mais ces chiffres ne deviennent véritablement fiables que lorsqu’ils ont été vérifiés par une autre direction du ministère du travail, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), où travaillent des statisticiens professionnels, notamment issus de l’Insee.

Or, que disent ces chiffres ? Pour pouvoir comparer il faut revenir au 1er juillet, la Dares publiant ses chiffres avec plus de retard que la DGEFP. Ce jour-là, en déplacement à Lanester (Morbihan), François Hollande proclame fièrement que 33 000 emplois d’avenir avaient été signés au 30 juin. « Nous sommes aujourd’hui à 33 000 emplois d’avenir, le ministre Sapin m’en a exactement confirmé le nombre, c’est-à-dire que nous sommes précisément au moment où nous voulions être lorsque nous avons décidé », a-t-il déclaré.

En réalité, le nombre d’emplois d’avenir était à cette date, bien plus faible, selon les chiffres de la Dares, publiés le 26 juillet. Selon elle, à fin juin, 23 188 jeunes avaient effectivement été embauchés en emplois d’avenir depuis le lancement de la mesure. D’où vient alors cet écart de 10 000 contrats entre les chiffres de François Hollande et ceux de la Dares ?

3 000 emplois d’avenir professeurs

La première source de décalage est que François Hollande utilise les chiffres tous emplois d’avenir confondus. Or, sur les 100 000 emplois d’avenir prévus pour 2013, 6 000 sont réservés à l’éducation nationale, qui a bénéficié d’une exception pour pouvoir recruter des jeunes diplômés qui souhaitent devenir professeurs. 

Cette exception au dispositif, réservé normalement aux jeunes non diplômés, n’a jamais connu de problème de recrutement, à la différence des emplois d’avenir traditionnels, qui constituent le cœur de la mesure. Selon la DGEFP, sur les 33 000 emplois d’avenir annoncées par M. Hollande, il y avait 3 000 emplois d’avenir « professeurs » et 30 107 emplois d’avenir « traditionnels ». Pour afficher le chiffre le plus élevé possible, M. Hollande préfère ne pas rentrer dans ces détails.

Environ 5 000 prescriptions non encore concrétisées

Au 30 juin, selon la Dares, 4 852 emplois d’avenirs avaient été prescrits, mais non encore concrétisés. Lorsque son agence Pôle emploi ou sa mission locale annonce à un jeune qu’il est retenu pour un emploi d’avenir, il est décompté par le ministère. 

Cette « prescription » est comptabilisée immédiatement par la DGEFP, alors que le contrat peut parfois commencer plusieurs mois plus tard. Il ne sera compté qu’à cette date par la Dares, s’il se concrétise vraiment.

« Il est tout à fait normal de comptabiliser en priorité les prescriptions, c’est l’outil de pilotage le plus pertinent à court terme », justifie-t-on au ministère du travail et de l’emploi. Reste que l’employeur peut manquer d’argent, trouver le dispositif trop complexe ou changer d’avis pour n’importe quelle autre raison avant de véritablement signer le contrat. 

Or, sous la pression du ministère, les conseillers sont incités à prescrire massivement des emplois d’avenir, sans parfois pouvoir s’assurer totalement du sérieux du jeune et de l’employeur. 

Ces chiffres des prescriptions sont donc à prendre avec la plus grande prudence. Une lecture contestée par le ministère du travail et de l’emploi : « la quasi-totalité des prescriptions se traduit par un contrat, le décalage entre les chiffres est seulement dû au fait qu’un contrat peut commencer plusieurs mois après la prescription ».

2 000 emplois d’avenir signés entre novembre et décembre 2012

Contrairement à ce que j’avais indiqué ici précédemment,  le solde restant de 2 000 contrats entre les deux chiffres n’a pas « disparu dans la nature », mais provient des chiffres pour novembre et décembre 2012, qui n’apparaissent pas dans les chiffres Dares qui démarrent au 1er janvier 2013. Je m’excuse pour cette erreur regrettable.

19 000 jeunes encore en emplois d’avenir à fin juin ?

C’est un dernier chiffre intéressant. Selon les estimations de la Dares, à peine 19 179 jeunes occupaient réellement un emploi d’avenir fin juin. Un décalage de près de 4000 personnes qui pouvait s’expliquer par le fait qu’un certain nombre de jeunes avaient démissionné avant la fin de leur contrat ou avaient été licencié. 

Mais selon le ministère, la Dares aurait en fait commis une erreur dans le calcul de ce chiffre, le nombre de jeunes en emplois d’avenir est en réalité d’environ 25 000. « Il y avait 2,7 % de rupture à cette date, soit seulement quelques centaines de jeune au maximum », assure l’entourage de Michel Sapin, en promettant que la Dares corrigera rapidement ce chiffre.

Edit 21/08/13 à 16 heures : ajout de précisions sur les raisons du décalage DGEFP/Dares à la suite du commentaire de fb.

Edit à 23h40 : correction d’une erreur sur les 2000 contrats signés en 2012 et ajout des précisions du ministère.

http://emploi.blog.lemonde.fr/2013/08/23/les-comptes-enjolives-de-francois-hollande-sur-les-emplois-davenir/

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Y’en a marre des impôts et surtout des impôts à venir

Posté par ippolito le 28 août 2013

Inventaire des impôts à venir

Avec l’annonce d’une contribution énergie-climat, c’est une nouvelle taxe qui s’ajoute à la liste des impôts mis en place par les socialistes depuis leur arrivée au pouvoir. 

Lors de sa conférence de presse le 16 mai dernier, François Hollande avait pourtant promis : « L’idéal serait de ne pas augmenter les prélèvements des ménages pour l’année 2014. » Il ajoutait même avoir « conscience » de ne pas pouvoir demander d’impôt supplémentaire aux ménages. Cela n’empêchera pas la pression fiscale de s’accentuer un peu plus sur les Français l’an prochain.

Même si les arbitrages sur le projet de budget 2014 ne sont pas encore définitifs, le gouvernement envisage 6 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, sans compter l’impact de la prochaine hausse de la TVA. Des informations révélées au moment même où chaque contribuable reçoit son avis d’imposition.

Gaz, alcool, tabac…

Les Français ont payé, en 2012, 22 milliards d’impôts supplémentaires, ils paieront 33 milliards en 2013 selon la Cour des comptes. En plus d’avoir maintenu pour les revenus de l’année 2012 le gel du barème de l’impôt sur le revenu, le gouvernement a créé une nouvelle tranche à 45% pour la fraction des revenus supérieurs à 150.000 euros par part. 

Au total, l’impôt sur le revenu a augmenté de 17% par rapport à 2012. À régler avant le 16 septembre donc. Et, en octobre et novembre, ce sont les avis d’impôts fonciers et de taxe d’habitation qui arriveront à domicile.

À cette hausse s’ajoutent diverses augmentations d’impôts indirects. Des prix du gaz à la pinte de bière, les consommateurs sont davantage taxés. Parmi les factures les plus alourdies, celle de l’électricité a augmenté une première fois le 1er août dernier, de 5%, avant de connaître une nouvelle hausse de 5%, le 1er août 2014. Le paquet de cigarettes a également vu son prix grimper de 20 centimes d’euros.

Au tour de la CSG et de la TVA

Les entreprises ne sont pas en reste. Le Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) est censé soutenir la reprise de l’activité économique mais, désormais, les heures supplémentaires sont assujetties aux cotisations patronales (sauf pour les structures de moins de 20 salariés). 

Par ailleurs, la fiscalité du patrimoine (sur les intérêts, les dividendes et les plus-values) n’est plus forfaitaire mais calquée sur le barème de l’impôt sur le revenu. Ce qui risque dnfluer un peu plus l’attractivité de la France par rapport aux régimes fiscaux de ses voisins européens.

Et ce n’est pas fini. Alors que Bercy étudie un relèvement du taux de taxation des dividendes, une hausse des cotisations patronales n’est pas écartée pour financer la réforme des retraites. Autre levier fiscal envisagé dans ce dossier : la contribution sociale généralisée (CSG). Jean-Marc Ayrault doit annoncer dans les prochains jours son augmentation de 0,2 à 0,5 point, ainsi qu’une hausse des cotisations.

Mais les Français retiendront surtout la hausse de la TVA qui se répercutera directement sur la consommation à partir du 1er janvier 2014. Le taux normal passera de 19,6 à 20%, le taux intermédiaire de 7 à 10%. Par ailleurs, les services à la personne ne bénéficient plus d’une TVA à taux réduit à 5,5%,et ont été ramenés au taux normal.

Il faut encore ajouter des frais de notaire en hausse, une possible taxe sur les appareils connectés, une mise à contribution des détenteurs d’assurance-vie ou encore un abaissement du plafond du quotient familial. Malgré la promesse de François Hollande, la liste s’allonge.

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Inventaire-des-impots-a-venir-625576

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Y’en a marre de la réforme des retraites

Posté par ippolito le 28 août 2013

Pourquoi la réforme des retraites ne fera que des mécontents

Le gouvernement va dévoiler ses intentions pour la réforme des retraites en recevant les partenaires sociaux ce lundi et mardi. Quelles que soient les pistes retenues, elles ne feront pas l’unanimité.

La réforme des retraites qui est dévoilée ce lundi par le gouvernement aux partenaires sociaux risque de faire de nombreux mécontents

Une partie du suspense sur le dossier brûlant des retraites, qui aura duré près de quatre mois, va être levé aujourd’hui. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault reçoit les organisations patronales et syndicales une à une, lundi 26 et mardi 27, pour leur donner les grandes lignes de sa réforme des retraites et tester leurs réactions. Tout ne sera donc pas tranché: le projet de loi sera présenté officiellement en Conseil des ministres le 18 septembre et passera à l’Assemblée nationale à partir du 7 octobre.

Ces ultimes rencontres devraient néanmoins permettre de clarifier les intentions du gouvernement, alors que plusieurs ballons d’essai ont été lancés dans la presse ces dernières semaines. François Hollande le sait: ce dossier, anxiogène pour plus de huit Français sur dix et qui divise au sein même de la majorité, est potentiellement explosif. Les précédentes réformes des retraites – la réforme Fillon de 2003 et la réforme Sarkozy de 2010 – ont été massivement contestées dans la rue.

Déminer le terrain

L’exécutif a donc pris soin de déminer le terrain autant que possible. Tout d’abord en écartant d’emblée un nouveau recul de l’âge légal de départ à la retraite, une mesure explosive, à laquelle tous les syndicats sans exception sont opposés, de même que la majorité des Français. Seul le patronat y est favorable - 

le Medef préconise d’augmenter l’âge légal de 62 à 63 ans à l’horizon 2020. Invité du JT de France 2 dimanche soir, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault l’a réaffirmé: « Pas question » de relever l’âge légal de départ, fixé à 62 ans.

Ensuite, il a affiché sa volonté de réaliser une réforme « juste », en abordant des thèmes tels que la pénibilité et les inégalités hommes-femmes, chers aux syndicats, et de mettre tout le monde à contribution, y compris donc les fonctionnaires et les régimes spéciaux. 

Enfin, il a laissé le temps à la concertation, en faisant des retraites l’une des tables rondes majeures de la deuxième grande conférence sociale du quinquennat en juin, puis en recevant les syndicats et le patronat durant tout le mois de juillet.

 Ce rendez-vous de lundi et mardi doit clore cette séquence de concertation. Et comme pour prouver la bonne foi de son gouvernement, Jean-Marc Ayrault l’a réaffirmé dimanche soir: « rien n’est encore décidé », « je veux écouter les partenaires sociaux ».

Mais réformer les retraites, clé de voûte de notre système de solidarité nationale, implique de faire des choix douloureux, nécessairement impopulaires.

Allongement de la durée de cotisation: acceptable

Le gouvernement l’a répété, les Français vont devoir travailler plus longtemps puisqu’ils vivent plus longtemps. La piste d’un allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein est donc privilégiée. 

Actuellement de 41 ans et trois trimestres pour la génération des actifs nés en 1958, qui partiront à la retraite en 2020, elle pourrait passer progressivement à 42 ans pour la génération 1962 et 43 ans pour celle de 1975.

Les Français y sont majoritairement favorables: 53% sont prêts à cotiser pendant 43 ans, selon un sondage de l’institut CSA pour Les Echos et l’Institut Montaigne réalisé début juillet. Le patronat aussi. 

Les représentants des salariés, eux, sont divisés : la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC sont pour, la CGT, FO, la FSU et Solidaires sont contre – ces quatre syndicats ont d’ores et déjà appelé à une journée de mobilisation le 10 septembre . Si la réforme ne devait se limiter qu’à cette mesure, elle passerait sans trop de heurts.

Mais l’allongement de la durée de cotisation n’interviendra qu’après 2020. Or d’ici là, le besoin de financement du système des retraites, tous régimes confondus, s’élève à environ 20 milliards d’euros. Pour le seul régime général, celui des salariés du privé, le besoin de financement s’élève à 7 milliards. Il va donc falloir prendre des mesures de court terme qui rapportent gros.

Hausse de la CSG: très impopulaire

Ces dernières semaines, la piste d’une hausse globale de la contribution sociale généralisée (CSG) a été avancée par la presse. Selon la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine, c’est une piste « cohérente » . 

La presse a fait état d’une augmentation de 0,2 à 0,5 point, qui reste à confirmer. Son taux est actuellement de 7,5% pour les salariés et 6,6% pour les retraités les plus aisés. Une hausse de 0,1 point rapporte environ 1,1 milliard d’euros par an.

A n’en pas douter, cette mesure, si elle se confirmait, passerait mal auprès de l’opinion. Augmenter la CSG revient à amputer du pouvoir d’achat aux salariés. 

C’est pourquoi à l’exception de la CFDT, qui n’est pas très chaude mais ne ferme pas totalement la porte à cette option, tous les syndicats de salariés sont contre. Le Medef, lui, n’est pas très clair sur le sujet.

 En revanche, il s’oppose à une hausse des cotisations vieillesse acquittées par les entreprises afin de financer les mesures sur la pénibilité, sauf si une partie des cotisations famille sont transférées sur la TVA ou la CSG. La GCPME elle ne s’y opposerait pas.

Suppression des droits familiaux: impopulaire

Un temps évoquée, la piste d’une sous-indexation des pensions (revalorisation inférieure à l’inflation) paraît désormais s’éloigner. Syndicats et patronat y étaient opposés. 

Néanmoins, les retraités, épargnés par la réforme Sarkozy de 2010, ne le seront pas cette fois-ci. La déduction d’impôt de 10% dont ils bénéficient au titre des frais professionnels devrait être supprimé. Nombre de leurs droits familiaux seront également revus, notamment la majoration de 10% des pensions pour les hommes et les femmes ayant eu au moins trois enfants.

Les fonctionnaires et les salariés des régimes spéciaux (EDF, GDF, SNCF, RATP) ne seront pas non plus épargnés: même si une convergence pure et simple des règles avec le régime général est exclue, toutes les mesures prises s’appliqueront également à eux.

Au final, ni le patronat ni les syndicats ne risquent de trouver leur compte dans cette réforme, pas même la CFDT qui appelle de ses voeux « une grande réforme systémique ». 

Reste à savoir si les salariés et les retraités sont prêts à faire les efforts qui leur seront demandés. L’ampleur de la mobilisation du 10 septembre permettra de prendre la température de l’opinion.

 Par Emilie Lévêque

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/pourquoi-la-reforme-des-retraites-ne-fera-que-des-mecontents_399267.html#xtor=AL-189

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