Y’en a marre des promesses de François hollande

Posté par ippolito le 28 janvier 2014

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Contre le chômage : la boîte à outils et la baguette magique

Inverser la courbe en 2014, c’est possible, continue de croire le gouvernement. Pour y parvenir, il mise sur les recettes classiques et un choc de confiance.

François Hollande a reconnu avoir mésestimé l’ampleur de la crise.

On saura lundi si le chef de l’État et son gouvernement sont parvenus à faire baisser le chômage fin 2013, mais le ministre du Travail Michel Sapin évoque désormais une simple « stabilisation ». Confronté à une croissance proche de zéro, le gouvernement misait avant tout sur son arsenal d’emplois aidés. Les économistes, sceptiques au départ, jugeaient possible une baisse ponctuelle à la fin de l’année. Mais le compte pourrait in fine ne pas y être.

François Hollande est désormais tourné vers 2014 pour « inverser durablement la courbe du chômage », mais le pari est loin d’être gagné : face aux prévisions pessimistes, le gouvernement compte sur sa boîte à outils anti-chômage et sur un retour de la confiance grâce au pacte de responsabilité.

Boîte à outils

Cette année, Le gouvernement pourra davantage compter sur la croissance : le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, pense que la France peut faire « plus de 1 % », et les organismes internationaux tablent sur une fourchette allant de 0,8 à 1,1 %.

Ces chiffres restent toutefois insuffisants pour faire baisser le chômage : les économistes estiment qu’environ 1,5 % est nécessaire pour créer des emplois en nombre suffisant, alors que 113 000 nouveaux actifs sont attendus en 2014.

Conséquence : aucun organisme n’anticipe d’embellie cette année. Pour l’Insee, le chômage devrait continuer à grimper pour atteindre 10,6 % (11 % avec les Dom) fin juin. Et, selon l’Unedic, 63 200 demandeurs d’emploi sans activité supplémentaires devraient pousser la porte de Pôle emploi, qui en recensait 3,29 millions fin novembre.

Face à ces sombres perspectives, le gouvernement n’entend pas baisser les bras. « Il y a des réalités qui peuvent bouger en fonction des politiques menées », martèle Michel Sapin. Son plan : « Continuer au même rythme les politiques de l’emploi au premier semestre, en faisant en sorte que la croissance prenne le relais mi-2014. » Il compte ainsi sur sa « boîte à outils. Elle contient :

- L’arsenal des contrats aidés classiques : 340 000 nouveaux contrats ont été budgétés pour 2014 ; le plan de formations prioritaires pour orienter les chômeurs vers des postes dits « non pourvus » : 30 000 sont déjà entrés en formation, et 100 000 autres devraient les suivre en 2014, avec, à la clé, un impact significatif sur les chiffres de Pôle emploi, puisque ces chômeurs quittent la très scrutée catégorie A (sans aucune activité) pour la catégorie D. En réalité, toutes ces formations ne sont pas ciblées sur des offres : la question est surtout d’ »augmenter les chances de trouver » un poste, dit-on au ministère du Travail.

- Les emplois d’avenir, destinés aux jeunes pas ou peu diplômés : après les 100 000 de 2013 – qui ont notamment permis l’ »inversion de la courbe du chômage jeunes » revendiquée par François Hollande -, 50 000 nouveaux contrats ont été programmés. Michel Sapin exclut pour l’instant une rallonge, réclamée par certains députés de la majorité.

- Le contrat de génération : alors que seules 20 000 aides à l’embauche ont été demandées en neuf mois, Michel Sapin promet une « accélération ».

- Le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : l’Insee table sur 15 000 emplois créés par semestre, loin des 100 000 annuels attendus selon les hypothèses les plus optimistes.

Le pacte, un pari sur la confiance

Au-delà, l’exécutif mise sur son grand oeuvre, le pacte de responsabilité, pour prendre le relais. En lançant dès lundi les concertations avec les partenaires sociaux, avec en ligne de mire une feuille de route au printemps, il entend réveiller rapidement un regain de confiance chez les entrepreneurs, sans attendre la suppression totale des cotisations familiales d’ici à 2017. L’objectif est d’accélérer ainsi la croissance dans la deuxième partie de l’année.

« C’est parce que je refuse le scénario de l’attentisme et de la frilosité que j’ai proposé le pacte de responsabilité », a expliqué François Hollande lors de ses voeux aux partenaires sociaux. Michel Sapin résume ainsi l’enjeu : « Ou bien les chefs d’entreprise restent l’arme au pied, rien ne se passe, et la croissance sera molle. Ou bien aujourd’hui, dans leurs têtes de patrons d’entreprise, ils disent : Oui, c’est le moment d’embaucher, et la croissance sera plus forte encore. » C’est un pari sur la confiance que prend l’exécutif. Un pari dont rien n’indique qu’il ait des chances de réussir.

http://www.lepoint.fr/economie/contre-le-chomage-la-boite-a-outils-et-la-baguette-magique-26-01-2014-1784507_28.php

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