Y’en a marre de la poste

Posté par ippolito le 30 janvier 2014

Pourquoi vous allez payer beaucoup plus cher votre timbre-poste

L’augmentation de 3% du timbre-poste le 1er janvier n’est qu’un début. C’est un des volets du nouveau « plan stratégique » de La Poste.

Mauvaise nouvelle pour l’amateur d’échanges épistolaires : le nouveau PDG de La Poste, Philippe Wahl, qui présente ce mardi 28 janvier son nouveau plan stratégique à l’horizon 2020 à son conseil d’administration, a décidé de taper fort dans le porte-monnaie de ses clients.

Depuis le 1er janvier, déjà, les tarifs postaux ont augmenté en moyenne de 3%. Le timbre rouge (J+1) est donc passé incognito de 0,63 euro à 0,66 euro. Une hausse accordée par l’ARCEP, son autorité de contrôle, l’an dernier, pour répondre à l’accélération de la chute des volumes de courrier. Jusqu’à présent, entre 2006 et 2012, La Poste pouvait augmenter ses tarifs du taux de l’inflation majorée de 0,3 point. Aujourd’hui, c’est un point de plus.

Et dans son plan stratégique du jour, Philippe Wahl compte même gonfler encore la formule dès 2016, de trois points. C’est dix fois plus que l’augmentation autorisée jusqu’à présent ! Avec ce calcul, sur la base d’une inflation constante à 1,8%, le timbre rouge passerait à 78 centimes en 2019, soit 30% de plus qu’en 2012 ! A ce prix-là, la France qui figurait en dixième position des pays européens pour le prix de son timbre standard, pourrait grimper à la cinquième place, juste derrière la Finlande (0,80 euro), la Suisse (0,83), le Danemark (1,07) et la Norvège (1,22). Un ancien dirigeant du groupe le concède : « L’ARCEP aide bien La Poste en lui accordant cette largesse ».

Assurer un équilibre économique 

Pourquoi une telle ponction ? L’ex-dirigeant ajoute : « Ce n’est pas pour gagner de l’argent sur le dos des clients, mais bien pour tenter d’assurer l’équilibre économique du service universel du courrier ». Un service (distribution du courrier six jours sur sept sur l’ensemble du territoire) qui coûte fort cher et qui ne s’autofinance plus. Comme dans toute l’Europe, et aux Etats-Unis, la chute vertigineuse du nombre de courriers envoyés a cassé la machine postale. Entre 2007 et 2020, il aura fondu de moitié. Et les recettes pour compenser ce manque à gagner ne sont pas légions.

Il y a bien l’activité colis, en plein essor grâce à l’e-commerce, qui fait aujourd’hui la fortune de la Deutsche Post avec DHL. La Poste n’a pas manqué le virage, investissant 2 milliards d’euros en acquisitions ces dernières années. Si elle compte bien maintenir l’effort, elle demeure un nain face aux mastodontes américains Fedex et UPS. Il y a bien aussi les services financiers, qui ont sauvé la poste italienne assurant près de la moitié de son chiffre d’affaires. Là encore, La Poste s’est engouffré dans la brèche, en développant à marche forcée La Banque Postale. Mais elle est encore loin des standards de productivité des majors : quand une banque « normale » déclare 60 à 65% de coefficient d’exploitation, LBP atteignait près de 85% encore l’an dernier !

Nombreuses entrées en Bourse en Europe

Pour accélérer la cadence de nombreux pays européens ont fini par céder aux sirènes de la Bourse. La Deutsche Post y a fait son entrée dès 2000. Et, depuis quelques mois, c’est la course : bpost (Belgique), Royal Mail (Royaume Uni) et CTT Correios (Portugal) viennent de s’y jeter à corps perdu. Et la poste italienne les imitera cette année. Un appel aux fonds privés que notre Poste nationale n’est pas encore prête à lancer.

Restent les économies. Philippe Wahl ne s’en est pas caché auprès des députés qui l’auditionnaient avant sa nomination en septembre : « Le défi social est très lourd et nous nous y préparons ». Brisant même le tabou de manière explicite : « Nos métiers sont des métiers de main d’œuvre. Dans la maison mère, nos 220 000 postiers pèsent 72% du chiffre d’affaires ! D’où le fait que quand le chiffre d’affaires baisse, on commence par ajuster les effectifs »… 

Mais dans le plan stratégique qu’il présente ce matin, rien de tout ça. Un silence qui inquiète cette représentante CGT du personnel au conseil d’administration : « La baisse des coûts est psalmodiée à chaque page du plan stratégique, mais sans aucune précision. Sans doute pour se donner toute latitude et plus de discrétion ». La hausse des prix du timbre est certes une mesure concrète, précise et tellement plus correcte politiquement. Alors pourquoi se gêner ?

http://www.challenges.fr/entreprise/20140128.CHA9709/pourquoi-le-prix-du-timbre-poste-va-exploser.html

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