Y’en a marre de Jean François Copé

Posté par ippolito le 30 mai 2014

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Bygmalion : nouvelles charges contre Copé, « impliqué jusqu’au cou »

Alors que le bureau politique de l’UMP est parvenu à convaincre Jean-François Copé de quitter la présidence du parti, « Le Point » publie de nouvelles révélations.

Il y a eu les premières révélations du « Point » sur une affaire Bygmalion le 27 février. Puis celles de « Libération » le 15 mai dernier. Il y a eu les aveux de l’avocat de la société Bygmalion, Patrick Maisonneuve, lundi 26 mai à 17h. Puis ceux de Jérôme Lavrilleux le même jour à 19 heures. Mardi 27 mai, « Le Point » en remet une louche : l’hebdomadaire apporte de nouvelles précisions sur les ramifications entre Jean-François Copé, les « fausses factures » et la société de communication.

En creux, cette affirmation : Copé ne pouvait pas ne pas être au courant. Poussé à la démission ce matin par le bureau politique du principal parti d’opposition, « Le Point » affirme que le futur-ex-président de l’UMP est « impliqué jusqu’au cou dans le système Bygmalion [et] s’entête à nier l’évidence ».

Pas 11, mais 27 millions

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé, a nié toute malversation hier lors de sa confession sur BFMTV, même si « environ 11 millions d’euros de dépenses liées à la campagne [ont été] ventilées sur d’autres opérations », selon lui. Dans son édition à paraître le 28 mai « Le Point » parle d’une somme de 26,7 millions d’euros qui aurait été versée entre 2011 et 2012 par l’UMP à Event & Cie, filiale événementielle de Bygmalion.

Le magazine épluche les comptes de la société, détaillant les « 13 virements ». Il affirme que Jean-François Copé a menti lorsqu’il a contester avoir sponsorisé la start-up créée par deux de ses proches, Bastien Millot et Guy Alves. « En 2012, 95% des revenus d’Event [& Cie ont été] assurés par un seul et même client, l’UMP ! » argumente « Le Point ».

L’hebdomadaire estime par ailleurs que des « tarifs exorbitants » ont été versés à la société pour l’organisation d’événements, avec des prestations facturées en moyenne à 257.000 euros, dont de nombreuses « conventions bidon » – qui n’auraient, donc, jamais existé. Hier, Jérôme Lavrilleux a parlé de « dérapage sur le nombre – non pas sur la valeur – mais sur le nombre d’événements qui ont été organisés dans le cadre de cette campagne » nécessitant du coup de les facturer à l’UMP.

Un système de rétrocommissions complexe

Bygmalion ? « Un drôle d’alambic qui redistille l’argent touché par l’UMP » affirme le magazine, qui parle de « myriade de sous-traitants » permettant d’éparpiller les versements du parti pour les redistribuer en douce.

Il cite l’exemple d’une société, Léni, spécialisée dans le son et la vidéo, qui a empoché quatre millions d’euros pendant la campagne de Nicolas Sarkozy. Quatre millions, directement versés par la filiale événementielle de Bygmalion. Un certain Jo Alet, « sexagénaire haut en couleur » et déjà condamné à de la prison pour « escroquerie », aurait participé à la campagne de Nicolas Sarkozy pour la société Léni. S’il affirme ne jamais avoir été payé, sa compagne, elle aurait touché via sa société « 1,2 millions d’euros d’un mystérieux client ».

Jean-François Copé, bientôt cantonné à son mandat de député-maire de Meaux, serait actionnaire de la société Léni selon l’hebdomadaire, de même que l’UMP et homme d’affaire Charles Beigbeder, qui y a fait entrer son fonds d’investissement.

Le magazine détaille les interconnexions, les « sociétés éphémères » créés dans des paradis fiscaux. L’argent qui revient, qui repart, et qui permet parfois d’éviter que les magouilles se retrouvent sur la place publique. Comme lorsque Sébastien Borivent, chargé des finances de Bygmalion, quitte la société en 2012 aidé par le versement de 130.000 euros. « Le prix de son silence ? », s’interroge « Le Point ».

Copé savait

L’hebdomadaire l’admet : « Sans un décodeur, difficile [...] de s’y retrouver dans la nébuleuse Bygmalion. » Sur la fin de l’enquête, « Le Point » charge le président de l’UMP, et, pour l’occasion, renomme l’affaire « Copé-Bygmalion ».

Alors qu’il était ministre du Budget, Jean-François Copé aurait entretenu des liens avec Emmanuel Limido, banquier aux côtés duquel il aurait négocié la vente en 2007 d’un centre de conférence en France à des Qatariens. Une affaire qui « intéresse aujourd’hui les policiers chargés de l’enquête sur les comptes de l’UMP », selon « Le Point ».

D’autant que l’ex-conseiller de Jean-François Copé et actuel PDG de Bygmalion, aurait travaillé pour Emmanuel Limido. Ce dernier détiendrait 45% de la société au travers d’une SARL luxembourgeoise, et aurait créé un fonds d’investissement avec « le frère cadet » de Jean-François Copé. Bref, tout un petit monde interconnecté.

Au vu des relations étroites entre Jean-François Copé et les protagonistes de Bygmalion, « Le Point » affirme sans ambages que le président de l’UMP est « impliqué jusqu’au cou », et que « pour sauver sa tête », il aurait délibérément lâché son bras droit, Jérôme Lavrilleux.

Facile, en effet, de se dédouaner de toute responsabilité, lorsque ce sont les signatures de son directeur de cabinet qui apparaissent sur tous les « ordres de décaissement » du parti.

C.Q. – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140527.OBS8602/bygmalion-nouvelles-charges-contre-cope-implique-jusqu-au-cou.html

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