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Y’en a marre des scandales financiers

Posté par ippolito le 2 septembre 2014

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Scandale: Altia, ou le surprenant aveuglement de la BPI

C’est un scandale 
à 18 millions d’euros. 
La Banque publique d’investissement (BPI) 
a englouti l’argent 
du contribuable dans 
un équipementier automobile aujourd’hui en pleine déconfiture, Altia. Les 3 dirigeants 
de cette société sont désormais dans le collimateur de la justice. De son côté, la BPI jure qu’elle n’a rien vu venir. Pourtant, depuis 
le début, les syndicats ont alerté les pouvoirs publics sur une catastrophe prévisible.

L’investissement exemplaire a tourné au fiasco. En 3 ans, le Fonds stratégique d’investissement (FSI), puis sa successeure, la BPI, ont injecté 18 millions d’euros dans un équipementier automobile baptisé Altia.

En mai 2011, époque où ils prenaient 20 % du capital, les brillants banquiers espéraient que l’opération serait rentable. Mais au début du moins d’août, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire. 3 000 emplois sont menacés, dont un millier en France. La direction d’Altia invoque la gravité de la crise du secteur automobile pour justifier les difficultés rencontrées par leur société.

Mais la CGT soupçonne les 3 dirigeants d’avoir largement participé au naufrage (« le Populaire du Centre », 22 mai). Le syndicat a transmis plusieurs documents au parquet de Paris, qui a ouvert mi-mai une enquête préliminaire. Selon l’une des pièces, les 3 patrons d’Altia, Patrice Durand, Nicole Cohen et Patrick Adolf (*), sont également actionnaires d’une société nichée dans le paradis fiscal luxembourgeois, EuroFinaDec.

Au deuxième trimestre 2012, la société détenait près de 4,9 millions d’euros dans ses caisses. Toute la question est de savoir d’où provient ce trésor de guerre. Le syndicat se demande si le compte n’a pas été alimenté grâce aux bénéfices encaissés par une société civile immobilière (SCI) parisienne.

Cette société, SCI Stamping, est propriétaire des murs de plusieurs usines du groupe. Sa présidente n’est autre que Nicole Cohen, dirigeante d’Altia. Problème, selon le rapport d’un expert mandaté par la CGT, les loyers acquittés par les différentes sociétés du groupe à la SCI auraient atteint des niveaux exorbitants. À titre d’exemple, le site de La Souterraine (Creuse) aurait versé en 2011 473 688 euros de loyer annuel, soit près de 200 euros le mètre carré !

Pour mémoire, les prix moyens des locaux industriels dans le Limousin tournaient alors autour de 34 euros le mètre carré, et de 84 euros pour les bureaux. La SCI se serait donc gavée au détriment de la bonne santé financière du site. Cette gabegie n’a fait que charger une barque déjà très proche du naufrage.

En juin 2014, la BPI actionnaire se décide enfin à intervenir. Elle met sur la touche le trio dirigeant et nomme à sa place un manager de crise, Michel Rességuier. Ce spécialiste du redressement des entreprises en difficulté est resté moins de deux mois aux commandes de la boîte. Ce qu’il a vu défie l’entendement. entreprises asphyxiées « Il n’y avait pas d’outil pour piloter l’entreprise, raconte-t-il. J’ai mis un terme aux flux de trésorerie qui voyageaient d’une société du groupe à une autre.

Lorsqu’une filiale “X” avait besoin d’argent, c’est la filiale “Y”, en meilleure santé, qui s’endettait pour lui prêter les fonds. À ce jeu, même les entreprises rentables finissaient par s’asphyxier. Les fournisseurs mal payés refusant de livrer le matériel en temps et en heure, les pièces devaient parfois être transportées le jour même, par taxi ! Je recevais quotidiennement des assignations d’huissiers au nom de créanciers en colère. J’ai même dû trouver le moyen de bloquer des déménageurs envoyés par les créanciers au siège du groupe pour saisir les meubles… » Malgré cette gestion délirante, l’argent public aura continué de couler à flots. Entre les prises de participation du FSI et les 8 millions d’avance sur trésorerie accordés par la BPI cet été, la facture atteint 18 millions d’euros.

Reste une question brûlante : que savaient les pouvoirs publics des errances de la direction ? Un représentant du FSI siégeait au sein du conseil d’administration d’Altia, Guillaume Bardy (*). Les 5 syndicats de l’équipementier ont multiplié les courriers pour l’alerter. Exemple parmi d’autres, cette lettre datée du 20 octobre 2011, dans laquelle on trouve, déjà, cette interrogation : « Nous sommes très surpris de la tournure des événements au sein d’Altia. La trésorerie semble au plus mal et l’avenir est plus qu’incertain pour bon nombre de sites du groupe. Nous nous demandons comment il est possible de donner de l’argent public à un groupe qui ne paie pas ses fournisseurs… » montebourg s’entête

En juillet 2013, une réunion a lieu dans les locaux du ministère du Redressement productif, avec des représentants de la CFDT. « Les délégués ont raconté ce qu’ils voyaient, assure un témoin de la scène : les machines à l’arrêt pendant des mois faute de réparation, les directeurs de site qui devaient payer de leur poche les fournitures, etc. Les responsables du ministère ont rétorqué qu’ils ne pouvaient pas se substituer à la direction… Affligeant. »

Plusieurs courriers ont par ailleurs été envoyés par la CGT au cabinet du ministre du Redressement productif, évoquant la « gestion catastrophique » du groupe. Selon plusieurs sources, c’est pourtant Arnaud Montebourg lui-même qui a fait pression sur la BPI pour que la banque publique remette au pot les 8 millions supplémentaires. Le ministre ne voulait pas perdre la face : en mars 2013, il s’était rendu sur le site du fabricant Caddie, alors en grande difficulté, pour vanter son rachat par le groupe Altia… Difficile d’avouer que le canot de sauvetage était piloté comme un bateau ivre ! Altia, ou le surprenant a veuglement de la BPI

(*) Contactées par l’« HD », ces personnes n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Une banque qui a raté son but

Le fiasco Altia démontre bien les limites de la philosophie de la BPI. Cet organisme lancé en fanfare en février 2013 devait être le bras armé de la reconstruction industrielle. Beaucoup espéraient que cette banque publique détenue par l’État 
et la Caisse des dépôts, et dotée d’une capacité d’action de 42 milliards d’euros 
par an, se comporterait différemment de ses concurrentes privées. Mais bien vite, c’est le dogme libéral qui s’est imposé : signer des chèques aux entreprises, sans contrepartie ni droit de regard.

C’est tout le problème du dossier Altia. Ou bien 
la banque connaissait la nature des agissements douteux de l’ancienne direction, 
et elle aurait dû agir ; ou bien elle en ignorait tout, et cela relève d’une négligence coupable. Ironie de l’histoire, Altia est la seule entreprise en grande difficulté à avoir bénéficié du soutien massif de la BPI. En 2013, cette dernière a débloqué un totale de 488 millions d’euros, mais dans l’immense majorité des cas, les entreprises chancelantes n’ont pas eu accès à cette manne.

http://www.humanite.fr/scandale-altia-ou-le-surprenant-aveuglement-de-la-bpi-549604

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