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Y en a marre des jeux olympiques

Posté par ippolito le 27 février 2015

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Le budget des Jeux olympiques, difficile à maîtriser

Les responsables de Paris et du gouvernement l’assurent : après les dérapages des précédentes éditions, le coût de l’organisation des Jeux olympiques d’été serait contrôlé si la capitale venait à être choisie comme ville hôte en 2024. « Les Jeux dispendieux, je crois que ce n’est plus du tout d’actualité », a affirmé Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, en novembre. « Cette candidature part bien parce qu’elle est maîtrisée », a assuré Thierry Braillard, le secrétaire d’Etat chargé des sports, le 12 février, lors de la présentation de l’étude de faisabilité. La ville n’est pas encore officiellement candidate : le projet doit d’abord être étudié par le Conseil de Paris en avril.

Un budget prévisionnel de 6 milliards d’euros

C’est une règle implicite dans l’élaboration des dossiers de candidature depuis le début des années 2010 : les villes candidates doivent éviter de présenter des budgets démesurés. Celui envisagé pour le moment par Paris atteint 6,2 milliards d’euros, répartis entre des dépenses d’organisation (avec une participation publique relativement faible, 3 %) et des dépenses d’infrastructures. Le Comité international olympique, lui, fournit 2 milliards d’euros.

Budget annoncé pour les JO à Paris en 2024 

Concernant les 3 milliards d’euros d’investissements en infrastructures, l’étude de faisabilité assure que « près de 2 milliards concernent des installations déjà programmées ou envisagées », comme la rénovation de Paris-Bercy et de Roland-Garros. La construction du village olympique (1,7 milliard d’euros) permettrait ainsi de « participer à l’effort de construction en logements manquants en Ile-de-France » et 200 millions d’euros seraient affectés à « la nécessaire mise en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite de certaines infrastructures de transport ». Le projet du Grand Paris prévoit déjà, lui, des investissements massifs dans les réseaux de transports franciliens.

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L’investissement spécifique aux JO serait ainsi d’un milliard d’euros, juge l’étude, qui conclut que ce projet « saurait être responsable financièrement et durable ». A noter que le simple fait de postuler, avec tous les frais que cela suppose et sans garantie d’obtenir le mandat du CIO, coûterait environ 60 millions d’euros, selon une estimation de Bernard Lapasset, président du Comité français du sport international (CFSI).

Tous les précédents Jeux montrent une explosion des coûts

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On ne demande qu’à croire l’étude de faisabilité et espérer des Jeux olympiques réussis, à la sécurité assurée et renvoyant ainsi une bonne image de Paris et de la France lors d’un des événements les plus suivis dans le monde. Pourtant, les expériences passées, sur les trente dernières années, montrent que le budget initialement présenté a largement été dépassé, parfois dans des proportions ahurissantes.

Comparatif entre les coûts annoncés et les coûts réels 

Parmi les exemples récents les plus marquants, les Jeux d’Athènes avaient été largement sous-budgetés. En 2011, le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, avait déclaré qu’en Grèce, « 2 % à 3 % de la dette extérieure du pays a augmenté en raison du coût des Jeux ».

 

« Les premiers partisans de l’organisation d’un tel événement dans leur ville ont intérêt à sous-estimer les vrais coûts »

Quatre ans plus tard, les Jeux de Pékin explosaient les compteurs (avant d’être dépassés par les JO d’hiver de Sotchi en 2014) avec un coût total de près de 40 milliards d’euros. En 2012, la facture des Jeux de Londres a été multipliée par trois par rapport au budget initial. Les prochains jeux de Rio en 2016, au budget initial de 10 milliards d’euros, sont désormais évalués à 12 milliards d’euros. La candidature de Tokyo, en 2020, prévoyait elle un budget équivalent à la candidature parisienne, environ 6 milliards d’euros.

 

En 2010, un article publié dans une revue du Fonds monétaire international affirmait que « les budgets initiaux [des JO] sous-estiment toujours le coût total de l’événement ». Et notamment les dépenses de sécurité, « énormes » depuis le 11 septembre 2001, ou le fait qu’« entre la présentation de la candidature à l’organisation d’un événement et son organisation effective, les coûts de construction et la valeur du foncier peuvent augmenter de beaucoup ».

« De plus, les premiers partisans de l’organisation d’un tel événement dans leur ville ont intérêt à sous-estimer les vrais coûts tant que le soutien du public n’est pas acquis. Quand les villes candidates se lancent dans la bataille, elles ont naturellement tendance à faire des propositions équivalentes à celles de leurs concurrentes et à enjoliver leurs propres plans. »

Les Jeux en valent-ils la chandelle ?

C’est la grande question. En candidatant, les villes espèrent des retombées positives. En termes purement budgétaires concernant l’événement, tout le monde s’accorde à dire qu’on ne tire pas de bénéfices directs avec les Jeux olympiques. Wladimir Andreff, économiste à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, parle même d’un « winner’s curse » (« malédiction du vainqueur de l’enchère ») des Jeux olympiques. Pour Londres 2012, « le seul moyen de conclure que cela valait la peine d’accueillir les JO a été de tenir compte de [supposés] effets intangibles, telle la fierté nationale et locale d’avoir accueilli les Jeux ».

 

« Il est nécessaire de se pencher sur d’autres impacts : bénéfice social, bien-être collectif, fierté nationale, etc. »

Une étude du cabinet Microeconomix, publiée début février, affirme que si les « gains économiques à attendre de l’organisation des JO sont faibles, voire nuls », même le secteur du tourisme « ne devrait pas particulièrement bénéficier des JO, surtout pour une ville comme Paris se situant déjà dans les trois villes les plus touristiques au monde avec Londres et Bangkok, tandis que la France reste le pays accueillant le plus de touristes. »Conclusion :

« Une candidature honnête devrait reconnaître que, si les gains économiques ne suffisent pas à justifier l’organisation de JO, il est nécessaire de se pencher sur d’autres impacts : bénéfice social, bien-être collectif, fierté nationale, etc., autant d’éléments intangibles, bien plus subjectifs, qu’il ne s’agit pas de négliger pour autant. »

Malgré le gouffre financier qu’ont représenté les Jeux de Barcelone en 1992, son maire, Xavier Trias, a estimé en 2012 que l’événement avait « totalement transformé » sa ville. La capitale catalane a ainsi amélioré son réseau de transports, a su réutiliser la plupart des installations olympiques et accueille désormais régulièrement des manifestations sportives de premier plan. Une réutilisation qui a servi d’exemple aux organisateurs de Londres 2012 mais pas à ceux d’Athènes 2004 : l’article du FMI constatait en 2010 que « de nombreux sites utilisés pendant les Jeux d’Athènes en 2004 sont soit vides, soit rarement utilisés, et occupent des terrains précieux dans ce centre urbain surchargé ».
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/02/25/le-budget-des-jeux-olympiques-difficile-a-maitriser_4582953_4355770.html#JdilZJH5Y8gWQjgx.99

Publié dans Y'en a marre des gaspillages de l'argent public | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des anciens présidents

Posté par ippolito le 27 février 2015

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combien coûtent nos anciens présidents de la République ?

René Dosière, député PS qui s’est fait une spécialité de dénoncer les dépenses superfétatoires de l’État, avait commencé sa recherche de transparence par un livre, L’Argent caché de l’Élysée (Seuil, 2007), dans lequel il s’attaquait vertement aux dépenses plus ou moins opaques de l’Élysée sous Jacques Chirac.

Après deux autres enquêtes sur L’État au régime et Le Métier d’élu local(Seuil, 2012 et 2014), le voici qui revient à ses premières amours, l’Élysée. René Dosière, qui est un peu le « Monsieur Propre » de l’Assemblée et qui pratique le « parlementarisme d’investigation » comme certains reporters le  » journalisme d’investigation », utilise son statut de député pour ouvrir des portes interdites aux journalistes.

C’est ainsi qu’il a pu obtenir et publier sur son blog certains chiffres sur le coût pour l’État des trois anciens présidents, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Ces ex de l’Élysée, en effet, bénéficient de nombreux et considérables avantages en nature, non imposables, un appartement de fonction meublé avec deux employés de maison, une protection rapprochée de deux policiers, une voiture de fonction avec deux chauffeurs et sept collaborateurs permanents.

François Mitterrand à l’origine du dispositif

Le seul ancien président qui n’ait pas profité du système, François Mitterrand, décédé quelques mois après avoir quitté l’Élysée, est celui qui en est à l’origine, ayant demandé à son homme de confiance, Michel Charasse, de prévoir un dispositif, jusqu’alors inexistant.

Sauf que, comme souvent en France, les choses ont dérapé. La sécurisation des domiciles et des résidences secondaires des ex-présidents, qui n’était pas prévue, coûte excessivement cher, car, pour assurer une protection permanente autour d’un domicile, il faut mobiliser une bonne quinzaine de gendarmes pour tenir compte des horaires de nuit, des vacances et des aléas des uns et des autres.

Quoi qu’il en soit, l’estimation de René Dosière des dépenses annuelles payées par l’État est de 2,5 millions d’euros par an pour VGE, 2,2 pour Sarkozy et 1,5 pour Chirac. Et si on calcule bien, VGE étant à la retraite de l’Élysée depuis 1981, on arrive pour lui à un total de 85 millions d’euros (2,5 x 34 années), pour Chirac de plus de 10 millions (en 8 ans) et pour Sarkozy de plus de 6 millions (en 3 ans), soit, pour les trois, un global de 100 millions d’euros, chiffre assez colossal pour des hommes qui n’ont pas nécessairement besoin d’être assistés à ce point-là ni pour ce prix-là.

Une retraite de 360 000 euros par an pour Giscard d’Estaing

Or, René Dosière s’est arrêté un peu tôt dans son enquête. Il a complètement zappé le coût de ceux qui, ayant été fonctionnaires et donc payés par l’État durant toute leur vie professionnelle, le sont encore aujourd’hui pour leur retraite. De plus, ayant été parlementaires tout en étant hauts fonctionnaires, ils ont pu bénéficier du privilège exorbitant de pouvoir cumuler différentes pensions, pour lesquelles ils n’ont fait que cotiser. L’iFRAP, cet institut indépendant qui se consacre depuis 30 ans à l’analyse des politiques publiques, vient justement d’étudier la question dans une étude publiée en janvier dernier.

Il en ressort que, Nicolas Sarkozy n’ayant jamais été fonctionnaire, les deux ex-présidents concernés sont Giscard d’Estaing et Chirac, en attendant Hollande… Pour Valéry Giscard d’Estaing, sa retraite officielle est estimée à 18 000 euros par mois plus les 12 000 euros du Conseil constitutionnel que l’on peut considérer comme une retraite additionnelle, soit 30 000 euros au total, ce qui fait 360 000 euros par an.

On en sait plus sur Jacques Chirac, qui cumule une retraite d’ancien président de la République (63 000 euros brut par an) avec une retraite d’ancien député de Corrèze, de conseiller général de Meymac, de maire de Paris et de conseiller référendaire à la Cour des comptes, le tout pour 19 000 brut par mois soit 228 000 euros par an, Chirac ne pouvant plus ou ne voulant plus siéger au Conseil constitutionnel pour raisons médicales.

Hollande devrait coûter un peu plus cher que Chirac

François Hollande, d’après l’iFRAP, citant le service de communication de l’Élysée, serait « le bénéficiaire potentiel des liquidations mensuelles des pensions nettes » suivantes : 5 184 euros en tant qu’ancien président de la République, 6 208 euros en tant qu’ancien député, 3 473 euros en tant qu’ancien conseiller référendaire à la Cour des comptes – où, comme Jacques Chirac, il n’a mis effectivement les pieds que quelques années tout en cotisant plein pot le reste du temps -, et enfin 403 euros pour diverses autres fonctions secondaires, soit un total de 15 268 euros net mensuels.

Lorsque François Hollande aura quitté l’Élysée, il bénéficiera de ces 15 268 euros net de retraites cumulées, ainsi que des 12 000 euros brut du Conseil constitutionnel, soit plus de 27 000 euros par mois (324 000 euros par an) auxquels s’ajouteront bien entendu les mêmes avantages spéciaux que ses prédécesseurs.

En fin de compte, ce que nous coûtent nos anciens présidents retraités est sérieusement plus élevé qu’annoncé par René Dosière, si l’on ajoute leurs méga-retraites à leurs avantages en nature : VGE passerait ainsi à un coût global de 2 860 000 euros par an et Chirac de 1 730 000 euros.

Pour François Hollande, il faudrait prévoir un peu plus que pour Chirac. Enfin, dans l’hypothèse où l’actuel président prendrait sa retraite en 2017 et où son prédécesseur ne serait pas réélu, et en souhaitant que les deux plus anciens – Giscard et Chirac – vivent encore de nombreuses années, on peut estimer que nos quatre présidents retraités, réunis dans un même budget, coûteraient à la France près de 10 millions d’euros par an.

Question : ne serait-il pas temps d’envisager quelques économies sur ce budget qui dépasse l’entendement pour seulement quatre de nos concitoyens, au seul critère qu’ils auraient pu jouer un rôle éminent dans l’histoire de France ? S’agissant d’hommes totalement responsables de l’état désespérant, économiquement et socialement, dans lequel se trouve aujourd’hui notre pays, la question mérite d’être posée. Toutes les conditions sont remplies pour qu’ils nous montrent, une bonne fois pour toutes, qu’ils croient au principe d’exemplarité et qu’ils le prouvent.

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-nouailhac/nouailhac-combien-coutent-nos-anciens-presidents-de-la-republique-26-02-2015-1908001_2428.php

Publié dans Y'en a marre de François Hollande, Y'en a marre de Nicolas Sarkozy, Y'en a marre des fonctionnaires, Y'en a marre des politiques | 1 Commentaire »

 

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