Y’en a marre de la crise

Posté par ippolito le 20 mai 2014

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La France à l’arrêt, le déficit risque de déraper

Le PIB a fait du surplace au premier trimestre, selon l’Insee.L’objectif d’une croissance de 1 % sur l’ensemble de l’année s’éloigne.

L’économie française a de nouveau calé en début d’année. L’Insee a annoncé hier que le PIB avait fait du surplace au premier trimestre, alors que l’institut, les économistes et la Banque de France tablaient sur une croissance, même très légère.

Aucune des composantes n’affiche une progression, exceptés les stocks.
La consommation des ménages a chuté de 0,5 % comme l’investissement des entreprises, et le commerce extérieur a pesé sur la richesse nationale, les importations progressant plus vite que les exportations.

Certes, il s’agit en partie d’un contrecoup après une fin d’année 2013 relativement bonne. Certes, l’activité en zone euro reste atone, à l’image de l’Italie qui a vu son PIB reculer de 0,1 %. Seule l’Allemagne et l’Espagne sont en forme. L’économie a crû de 0,8 % outre-Rhin au premier trimestre (lire page 4).

Mais pour le gouvernement, c’est la douche froide. « La France n’est pas du tout dans une phase de retournement. Aucun signal ne valide ce scénario. L’activité économique reste fragile. Les questions de compétitivité des entreprises françaises restent entières », considère Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis Asset Management.

« Convalescence longue »

N’en déplaise au ministre des Finances, Michel Sapin, pour qui l’objectif d’une croissance de 1 % cette année reste « parfaitement raisonnable », cette stagnation complique largement une équation budgétaire qui était déjà complexe. A la fin du premier trimestre, l’acquis de croissance (c’est-à-dire si le PIB devait rester stable jusqu’à la fin de l’année) est de 0,3 %.

Pour tenir l’objectif de 1 %, il faudrait que la croissance progresse de 0,5 % sur chacun des trois prochains trimestres. Si la croissance s’élève seulement à 0,2 % au deuxième trimestre comme l’attend la Banque de France, alors il faudrait que le PIB progresse de 0,7 % par trimestre par la suite. « Ce n’est pas impossible, mais cela va être très difficile », prévient Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode. Ce serait en tout cas du jamais vu depuis début 2007, avant la crise.

Or l’effort de réduction du déficit public va encore constituer un frein pour l’activité. Comme le fait remarquer Jean-Paul Betbèze, économiste chez Deloitte, « les sorties de crise liées à un surendettement sont toujours compliquées car il faut se désendetter et faire redémarrer l’activité en même temps. La convalescence sera longue et douloureuse ».

Les enquêtes de conjoncture ne laissent pas présager d’une accélération de la croissance. Le moral des chefs d’entreprises stagne depuis plusieurs mois, en dessous de sa moyenne de long terme, sauf dans l’industrie.
C’est donc toute la trajectoire de redressement des comptes publics qui est fragilisée.

Et ce, alors que Paris vient d’envoyer son nouveau programme de stabilité à la Commission européenne. L’objectif d’un déficit ramené à 3,8 % de PIB en 2014 nécessite déjà le vote de 4 milliards d’économies supplémentaires dans le collectif budgétaire de juin.

Et pour tenir les 3 % de déficit l’an prochain, la France fait le pari d’une croissance de 1,7 % et compte réaliser un effort sans précédent de 21 milliards d’économies. « Ralentissement de la croissance et difficulté de contrôler les dépenses des collectivités locales » font douter les experts d’Exane-BNP Paribas. Le FMI a souligné hier les risques pesant sur l’exécution du plan (lire page 3).

Reste surtout à savoir ce que va en dire la Commission, qui a mis la France sous surveillance renforcée et doit valider, ou non, le plan le 2 juin. En théorie, elle « pourrait exercer plus de pression sur le pays si elle le souhaitait », poursuivent les économistes d’Exane. Mais ces derniers n’y croient pas. Alors que l’accent est mis sur l’effort structurel (hors effet de la conjoncture), « l’Europe est susceptible d’accepter un léger dérapage budgétaire en France tant que les réformes sont sur ​​la bonne voie ».

Guillaume de Calignon

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0203499952943-la-france-a-l-arret-le-deficit-risque-de-deraper-671308.php

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Y’en a marre des impayés de salaires

Posté par ippolito le 19 mai 2014

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Les impayés de salaires atteignent un nouveau record

Entre le 1er avril 2013 et le 31 mars 2014, le nombre de salariés concernés a augmenté de 4,3%, atteignant près de 292.000 bénéficiaires.

Les cessations de paiements se sont encore accrues en France de 3,4% au premier trimestre 2014. Les avances effectuées par le régime de garantie ont atteint 2,21 milliards d’euros.

Les avances effectuées par le régime de garantie des salaires s’élévaient à 2,21 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2014: un nouveau record, s’alarme l’organisme gestionnaire dans son bulletin trimestriel. Pourtant, fin 2013, les impayés de salaires avaient déjà atteint un montant supérieur au pic de 2009: 2,19 milliards d’euros.

L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS) souligne:

« Après une année 2013 très destructrice d’entreprises, le début 2014 marque une nouvelle hausse des défaillances ».

Presque 17.000 procédures de défaillances

Selon le cabinet Altares, « le nombre de cessations des paiements s’est accru de 3,4% au premier trimestre 2014 pour se situer à un niveau analogue à celui relevé au 1er trimestre 2009 et menacer directement plus de 60.000 emplois », rappelle l’AGS.

Au premier trimestre, 16.858 procédures de défaillances (sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaires) ont été prononcées, selon Altares.

292.000 salariés concernés

Sur douze mois, le montant couvert par l’AGS (organisme patronal financé par les entreprises, qui avance le paiement des salaires et indemnités pour celles en difficulté) a augmenté de 7,5%. Entre le 1er avril 2013 et le 31 mars 2014, le nombre de salariés concernés a augmenté de 4,3%, atteignant près de 292.000 bénéficiaires.

De janvier à décembre 2013, le nombre de dossiers ouverts par l’AGS a augmenté de 3,3% précise le bulletin. En décembre, le conseil d’administration de l’AGS a décidé de maintenir le taux de cotisation à 0,3% de la masse salariale: le même depuis avril 2011.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140516trib000830449/les-impayes-de-salaires-atteignent-un-nouveau-record.html

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Y’en a marre de la politique de François Hollande

Posté par ippolito le 18 mai 2014

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Croissance : zéro pointé pour la politique de Hollande

Le chiffre de la croissance pour le premier trimestre 2014 est tombé hier matin : le PIB de la France n’a pas progressé, ce qui signifie aussi que le PIB par habitant a reculé. Un mauvais chiffre à rebours des annonces du président de la République et qui démontre la faillite de sa politique.

Le retournement, ce n’est pas maintenant

Ce zéro pointé de croissance au premier trimestre est d’autant plus inquiétant pour plusieurs raisons. Outre le fait que la croissance démographique de la France implique une baisse de la production par habitant, il faut noter que la performance de l’hexagone est inférieure à la moyenne européenne (0,2%) et à celle de notre cher voisin allemand (0,8%).

Pire, quand on étudie le détail des statistiques, on constate que la consommation a baissé, que les investissements ont baissé et que le commerce extérieur a une contribution négative, les importations ayant plus progressé que les exportations. En clair, nous n’avons échappé à une baisse du PIB que grâce à une augmentation des stocks, phénomène temporaire qui finira tôt ou tard par être compensé à l’avenir et pénalisera donc la croissance prochaine.

Ce résultat n’est pas vraiment surprenant devant l’inanité de la politique gouvernementale. Notre ouverture à tous les vents mauvais de la mondialisation pousse le gouvernement à réduire les déficits pour gagner la confiance des marchés et baisser le coût du travail pour gagner en compétitivité.

Mais une telle politique est suicidaire pour un pays comme le nôtre. La baisse des déficits pèse sur la consommation, et par ricochet sur les investissements. Et la quête de compétitivité pèse également sur la consommation, outre le fait d’être totalement illusoire puisque le coût du travail est 5 à 20 fois plus bas en Europe de l’Est, en Afrique du Nord ou en Asie. On voit bien ici que le CICE n’a rien apporté. Et menée partout en Europe, la baisse du coût du travail pénalise les importations de nos clients… Un suicide collectif !

Quelle implication pour l’avenir ?

On pourrait facilement céder à un pessimisme noir et voir dans les chiffres du premier trimestre l’annonce d’une possible nouvelle récession, le risque que notre croissance ne parvienne même pas à atteindre le très modeste objectif de 1% que s’est fixé le gouvernement pour cette année. Cependant, un tel pronostic est sans doute exagérément pessimiste.

En effet, il faut quand même rappeler ici que les prévisionnistes s’accordaient sur une prévision de 0,1% de croissance pour le premier trimestre. Nous ne sommes pas très loin malgré tout. En outre, certains secteurs vont un peu mieux, notamment la production industrielle, en hausse. Et ce n’est pas uniquement à cause d’un phénomène de stockage puisque dans l’automobile, les ventes sont en hausse, et notamment celles des constructeurs français.

Bref, malgré tout, le scénario d’une croissance de 1% n’est pas remis en cause pour cette année, d’autant plus que la baisse des taux est un élément fort de soutien à l’économie. Toute reprise du crédit a un effet important sur l’activité.

En outre, le ralentissement de la baisse des déficits et la fin des hausses d’impôts devraient également permettre une légère accélération de l’économie. En outre, les objectifs restent modestes puisque le PIB a progressé de 0,4% en 2013. En outre, un tout petit peu plus de croissance ne règlera pas tous nos problèmes car, comme on pouvait l’anticiper, cette croissance sera donc limitée, inégale et temporaire (puisque de plus en plus de signes de bulles s’accumulent, avec la montée des opérations de rachats d’entreprise, indicateur solide en la matière).

Le premier trimestre sanctionne logiquement la mauvaise politique économique du gouvernement. Il n’est pas inutile de rappeler le 5,9% de croissance du Japon, qui montre que les Abenomics, mélange peu orthodoxe de relance monétaire et budgétaire, sont bien plus sensés que les Eurhollandomics.

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/croissance-zero-pointe-pour-la-151962

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Y’en a marre de l’optimisme de Hollande

Posté par ippolito le 25 avril 2014

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Croissance : Hollande est-il trop… optimiste?

Réduire les déficits publics, relancer la croissance et créer des centaines de milliers d’emplois. La feuille de route du gouvernement serait-elle un peu « optimiste » ?

Optimiste. Voilà comment on peut qualifier le programme de stabilité présenté par le ministre des Comptes publics Michel Sapin mercredi 23 avril. La trajectoire budgétaire de la France pour les trois prochaines années est fondée sur une hypothèse de croissance du PIB de 1% cette année, de 1,7% en 2015 et de 2,25% l’année suivante. Le gouvernement pense même pouvoir créer des centaines de milliers d’emplois tout en réduisant les déficits publics au rythme annoncé.

S’il estime que la prévision de croissance du gouvernement est « réaliste » pour 2014, Didier Migaud, président du Haut Conseil des finances publiques, juge qu’elle repose pour 2015 « sur un enchaînement vertueux de toutes les hypothèses favorables ». Elle n’est « pas hors d’atteinte », ajoute-t-il diplomatiquement. Et pour 2016 ? Le premier président de la Cour des comptes affirme que le chiffre de Bercy est tout simplement « optimiste ». « L’optimisme, c’est le courage, disait Jaurès », a répondu François Hollande mercredi après-midi.

Le gouvernement aurait-il chargé la barque ?

« Les prévisions de croissance sur lesquelles nous travaillons sont parfaitement en ligne avec celles du FMI et de la Commission », se défend Michel Sapin. Le Fonds monétaire international, il est vrai, a relevé au début du mois sa prévision de 0,9% à 1% pour cette année. Mais il prévoit une croissance de 1,5% l’année prochaine, et non 1,7%.

Quant à la Commission européenne, elle table bien sur une progression du PIB français de 1,7% en 2015. Mais « elle raisonne à politique inchangée », note Olivier Garnier, économiste en chef de la Société générale.

Entre temps, le gouvernement a précisé les modalités du Pacte de responsabilité et des 50 milliards d’euros d’économies. Deux programmes de réformes qui ne sont pas neutres sur la croissance.

Les effets positifs du Pacte de responsabilité

Quel effet aura le programme de soutien aux entreprises décidé par le gouvernement ? « Toute la question est là », estime Marion Cochard, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Manuel Valls a annoncé 10 milliards d’euros d’allègements de cotisations sociales sur les entreprises et 5 milliards d’euros de baisse de prélèvements sur les ménages modestes d’ici 2017. « 15 milliards d’euros redistribués, cela fait 0,7 point de croissance supplémentaire », calcule Marion Cochard.

Pour le gouvernement, le Pacte de responsabilité permettra de créer 200.000 emplois supplémentaires, en plus des 300.000 attendus du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). « Bercy est toujours plus optimiste que nous », juge de nouveau Marion Cochard, qui attend 150.000 emplois. Les baisses de cotisations prévues sur les plus hauts salaires ont des effets sur l’emploi moins importants à court terme. « Mais elles ont des effets sur la compétitivité à plus long terme, ce qui peut avoir un impact très important sur la croissance et la création d’emplois », explique Marion Cochard.

Les effets récessifs des économies budgétaires

En 2015, la Société générale s’attend à une croissance du PIB de 1,2%. « Tous les économistes n’ont pas encore pris en compte les impacts positifs du pacte », affirme Marion Cochard. Mais ils ont intégrés les effets récessifs des économies budgétaires : 50 milliards d’euros, dont 21 milliards sur la protection sociale, 18 milliards sur l’Etat et 11 milliards sur les collectivités territoriales.

Autant de moins pour le PIB français ? Les avis des économistes divergent sur l’impact de la rigueur sur l’activité à court terme. Mais une chose est sûre : la baisse des prestations pour les petits salaires a un impact direct sur l’économie, car les ménages modestes dépensent l’intégralité de leur revenu. « Les scénarios alternatifs proposés par les députés socialistes visant à les épargner étaient intéressants », estime d’ailleurs Marion Cochard.

Dans son avis publié mercredi, le Haut conseil des Finances publiques note que la baisse des dépenses peut « peser davantage que prévu par le gouvernement sur la croissance à court terme ». « Il peut y avoir en 2015 une croissance pas aussi riche en emplois que ne le prévoit le gouvernement », déclare même Didier Migaud. Pessimiste ?

Donald Hebert

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20140423.OBS4870/croissance-hollande-est-il-trop-optimiste.html

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Y’en a marre du SMIC et surtout de la pauvreté

Posté par ippolito le 2 avril 2014

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Pourquoi il faut en finir avec le smic à la française !

Véritable barrière à l’entrée sur le marché du travail pour les jeunes et les moins qualifiés, le salaire minimum français est inefficace pour lutter contre la pauvreté.

Les deux écoles sont irréconciliables. Pour les uns, les 10 milliards de baisses de cotisations patronales annoncées dans le cadre du pacte de responsabilité doivent impérativement se concentrer sur les bas salaires, afin de s’attaquer vite et fort au chômage des travailleurs peu qualifiés.

Pour les autres, le problème de compétitivité des entreprises françaises passe au contraire par une diminution du coût du travail qualifié : la prochaine baisse de charges devrait donc concerner toutes les rémunérations afin d’accompagner la nécessaire montée en gamme de l’industrie française. Quitte à ce que ses effets sur l’emploi soient moins probants à court terme.

Schématiquement, l’alternative peut se résumer à une question simple : faut-il privilégier l’emploi ou la compétitivité ? Ce débat, pour lequel les deux camps ne manquent pas d’arguments, donne mal à la tête à François Hollande. Le président a visiblement du mal à trancher.

Le chômage, un fléau pour les moins qualifiés

L’analyse des chiffres du chômage est sans appel. Ce sont les travailleurs les moins qualifiés qui souffrent le plus de la pénurie d’emplois : alors que plus de 14 % des ouvriers étaient au chômage en 2012, selon les chiffres de l’Insee, cette proposition monte à plus de 20,4 % pour les ouvriers « non qualifiés » ! Par comparaison, 10,3 % des employés étaient sans emploi contre seulement 3,7 % des cadres.

Mais une nouvelle réduction de charges sur les salaires proches du smic ne ferait que rajouter un énième pansement sur la plaie. Depuis les années 1990, les gouvernements, de droite comme de gauche, ont accumulé pas moins de 22 milliards d’allègements de charges sur les bas salaires, sans résultats probants. Et pour cause.

Cette politique a laissé se développer la racine du mal : le niveau du smic (1 445 euros brut par mois, un niveau singulièrement proche des 1 675 euros brut du salaire médian*). « Essayez donc de vivre avec un smic ! » répondent invariablement les défenseurs du salaire minimum. Ils n’ont pas tort. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit efficace.

Le smic se retourne contre les plus fragiles

C’est ce que soulignent trois économistes de gauche, anciens membres du groupe La Rotonde, qui conseillait François Hollande sur sa politique économique pendant la campagne présidentielle. Dans leur nouveau livre, intitulé Changer de modèle **, Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen jugent le smic français « trop élevé ».

« Dans une économie ouverte comme celle de la France aujourd’hui, l’effet favorable sur la demande globale d’une hausse des salaires est très rapidement dépassé par l’impact négatif du renchérissement du coût du travail sur la demande de travail peu qualifié. » Résultat, le smic français serait devenu une véritable barrière à l’emploi contre les jeunes et les travailleurs peu qualifiés, surtout dans les PME, confrontées à une situation économique difficile.

« En constituant un obstacle à l’amélioration des revenus des personnes qui ne parviennent pas à trouver un emploi ou à augmenter leur nombre d’heures de travail, le smic se retrouve en réalité contre certains de ceux qu’il est censé protéger. »

Le salaire minimum français échouerait ainsi à atteindre sa « double vocation implicite » de « fixation de la norme salariale » et de « lutte contre la pauvreté ». D’autant plus que le salaire horaire n’est pas le principal déterminant de la « pauvreté laborieuse », pointent Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen. Le temps de travail et les charges liées à la famille seraient bien plus pertinents pour appréhender la véritable situation d’une personne.

Recycler une partie des baisses de charges pour lutter contre la pauvreté

Plutôt que de l’indexer sur l’inflation subie par les ménages les plus modestes, comme c’est le cas actuellement, ils recommandent donc que la hausse annuelle du smic ne dépasse pas « la croissance de la productivité moyenne du travail ». Ce qui passerait par un gel provisoire, puis par une grande réforme qui ferait varier, par exemple, le smic en fonction des régions mais aussi de l’âge.

Une politique socialement inacceptable ? Pas nécessairement. En contrepartie d’un blocage de la progression du smic, les auteurs proposent d’annuler une partie des 22 milliards d’allègements de charges déjà existants. Autant d’argent qui serait libéré pour financer des politiques ciblées de lutte contre la pauvreté. Cela pourrait passer par une augmentation du RSA-activité, un dispositif qui permet de compléter les revenus des travailleurs pauvres, ou encore par une hausse des prestations sociales.

Une véritable révolution copernicienne. Un chantier pour Manuel Valls ?

* Le niveau de salaire qui partage la population en deux parts égales. L’une gagne plus, l’autre gagne moins.

** Changer de modèle, de nouvelles idées pour une nouvelle croissance, Philippe Aghion, Gilbert Cette, Élie Cohen, éditions Odile Jacob, 269 pages, 22,90 euros.

http://www.lepoint.fr/economie/pourquoi-il-faut-en-finir-avec-le-smic-a-la-francaise-01-04-2014-1807782_28.php

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Y’en a marre du chômage et maintenant

Posté par ippolito le 28 mars 2014

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9 millions de chômeurs en France, et maintenant ?

Le chômage en France atteint aujourd’hui un niveau inégalé. Mais la classe politique se focalise sur la courbe du chômage de la catégorie A de Pole Emploi qui pourtant, selon plusieurs études, ne représenterait que le tiers du nombre réel de demandeurs d’emploi. Il nous faut aujourd’hui affronter la réalité des chiffres pour enfin penser des solutions à la mesure de ce fléau.

Le nombre de chômeurs pourrait, au rythme ininterrompu des fermetures d’usines, encore augmenter et à terme, compromettre, faute de cotisants, jusqu’à l’existence même de notre protection sociale. Peut-être s’avère t-il maintenant indispensable, après quatre décennies de politique économique néolibérale mondialiste de libre échange prônant la délocalisation, de relancer l’industrie manufacturière des biens de consommation.

DEMANDEURS D’EMPLOI OU CHÔMEURS ?

La définition du chômeur au sens du Bureau International du Travail (BIT) ne reconnait que la catégorie A de Pole Emploi qui comptabilise exclusivement les 3.3 millions de chômeurs sans aucune activité inscrits en métropole et constitue 10.8 % de la population active.

Citons l’exemple des contrats aidés : lorsqu’un chômeur inscrit en catégorie A signe un contrat d’Avenir ou de Génération, celui-ci, bien qu’il soit toujours demandeur d’emploi, intègre la catégorie E et sort des statistiques du chômage. Mais quelque soit la définition adoptée, demandeurs d’emploi ou chômeurs, la lutte contre le chômage n’est pas affaire de sémantique.

Pole Emploi, recensait en janvier 2014, toutes catégories et territoires confondus, 5 972 000 inscrits, auxquels il faut ajouter les chômeurs invisibles dont une part importante des 2.2 millions d’allocataires du RSA, les non inscrits découragés et les temps partiels subis.

Selon une enquête récente de l’émission Envoyé Spécial sur « les chiffres de Pole Emploi », 7.5 millions de femmes et hommes rechercheraient un travail mais ne seraient pas toujours inscrits. Des associations de chômeurs, syndicats ou formations politiques contestent également les chiffres officiels. Certains avancent un chiffre officieux de 8 millions quand d’autres affirment que notre pays compterait plus de 9 millions de demandeurs d’emploi.

Une enquête du Parisien/Aujourd’hui, « Le chiffre noir des chômeurs invisibles », semble donner raison à ces derniers : Celle-ci s’appuyait sur les données de l’INSEE et de la DARES et dévoilait déjà en décembre 2012 un chiffre de 9 211 800 personnes touchées par le chômage. La chaine publique France 3 corroborait un chiffre de 9 millions dans son dossier « Les vrais chiffres du chômage » au cours de son journal télévisé du 27/12/2012.

Depuis la révélation de ces chiffres, 63 000 entreprises ont fermé leurs portes et selon la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), la hausse du chômage sur un an s’élève à 5.7 %.

LE LEURRE DU BASCULEMENT VERS UN AUTRE MONDE

Le basculement vers une nouvelle économie génératrice d’emploi pour chacun d’entre-nous, promis par les gouvernements français depuis 40 ans n’a pas eu lieu et n’aura, sans doute pas lieu. L’antienne des produits innovants ou hautement technologiques, et plus récemment, de transition énergétique et à haute valeur ajoutée, qui devaient compenser les millions d’emplois industriels délocalisés, est rabâché chaque jour depuis des décennies.

La dédaigneuse et récurrente assertion selon laquelle nous devrions considérer les industries manufacturières qui produisent les biens courants que nous consommons chaque jour, comme des industries d’hier, est significative d’une volonté obstinée de condamner celles-ci à la disparition.

Ce postulat idéologique invoque généralement un manque de compétitivité, qui par ailleurs n’est pas toujours avéré si l’on tient compte des coûts cachés. Il ne repose guère sur un fondement économique sérieux si l’on considère également le déficit de notre balance commerciale ou les ravages d’un chômage qui plombe maintenant toute l’économie.

Ce discours est associé au dogme néolibéral du libre échange qui depuis toujours, a préconisé la délocalisation de l’industriel française. Depuis les États Généraux de l’Industrie de 2009, bon nombre d’industries manufacturières traditionnelles sont maintenant exclues des dispositifs de financement de l’économie sans lesquels il est impossible pour une PME industrielle de s’adapter et de survivre.

Nicolas Sarkozy et François Hollande, sont d’ardents partisans de cette politique économique qui a pour effet de dévaster notre pays tout en esclavagisant les populations des pays émergents. De nombreuses régions françaises sont aujourd’hui exsangues et la paupérisation gagne du terrain. L’explosion du nombre d’allocataires de minimas sociaux, de repas servis par les restos du cœur ou le chiffre croissant de SDF, nous rappelle chaque jour la trahison des élus envers le peuple.

PACTE DE RESPONSABILITÉ, QUE PEUT-ON ESPÉRER ?

Le plan de relance de Nicolas Sarkozy en 2009, d’un montant de 34 milliards d’euros n’à créé selon les sages de la cour des comptes, que 18 000 à 72 000 postes soit un coût par emploi entre 472 000 et 1900 000 euros. Selon plusieurs économistes, le Grand emprunt de 35 milliards lancé en 2010, n’en a pas généré davantage. Le chiffre de 1 million d’emplois, slogan du patron du MEDEF Pierre Gattaz et celui de 300 000 emplois, estimé par le Haut conseil de la protection sociale, peuvent paraitre très optimistes et pourraient décevoir. Le pacte de responsabilité ne semble guère plus contraignant en termes de création d’emploi que les deux précédents plans gouvernementaux et il est peu certain qu’il crée davantage d’emploi en France.

Le crédit d’impôt compétitivité/emploi (CICE)) d’un montant de 20 milliards d’euros est maintenant inclus dans le pacte de responsabilité de 35 milliards d’euros. Il a été inspiré par le rapport Gallois et était initialement pensé pour alléger les charges de l’industrie. Finalement, 16 milliards d’euros iront aux services et à la distribution et 4 milliards d’euros seulement iront aux entreprises industrielles.

Pourtant, si l’on considère que les emplois industriels génèrent d’autres emplois, il aurait été, d’un point de vue purement économique, plus efficient pour l’emploi, d’encourager l’industrie. Par ailleurs, les entreprises peuvent bénéficier des allégements de charges sans recruter de nouveaux salariés : « Le CICE a pour objet de financer les efforts de l’entreprise en matière d’investissement, de recherche, d’innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique ou énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement ».

RÉINVENTER L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE DES BIENS DE CONSOMMATION

On peut toujours continuer à déplorer l’augmentation du chômage, attendre le retour d’une croissance qui crée peu d’emplois industriels depuis que nous importons la plupart des produits que nous consommons, invoquer une baisse de l’euro que l’Allemagne ne souhaite pas ou parier sur une sortie de la zone euro pour retrouver notre indépendance budgétaire, attendre que les salaires des pays émergents rejoignent notre salaire minimum ou même croire que le Pacte de Responsabilité impactera le taux de chômage, mais pour l’heure, il convient de penser et mettre en œuvre rapidement, quelles que soient les oppositions, des solutions pragmatiques susceptibles de faire baisser significativement le taux de chômage sans que cela ne coûte de l’argent à la collectivité.

L’industrie manufacturière des biens de consommation pourrait bien constituer l’un des rares leviers majeurs dont nous disposons pour recréer à terme plusieurs centaines de milliers d’emplois, auxquels s’ajouteraient par effet mécanique, deux à trois fois plus d’emplois indirects et induits. L’implantation d’usines dans des régions exsangues redonnerait vie à des territoires entiers.

Certes, face au dumping salarial, fiscal, social, environnemental ou monétaire des pays à bas coûts, la fabrication française est souvent peu compétitive. Néanmoins, en modifiant les modes de gestion et les processus de production, il serait tout à fait possible de fabriquer à nouveau en France, une part importante de nos biens de consommation moyen/haut de gamme. Un outil de production plus automatisé corrigerait les coûts de produits exigeant davantage de main d’œuvre et de savoir-faire artisanal. Parfois, un raccourcissement du circuit de distribution, sur le modèle économique de l’intégration verticale, augmenterait considérablement la compétitivité.

Pour financer cette relance, Il suffirait de réorienter chaque année, parmi les aides les moins efficientes pour l’emploi, 1 à 2 % des 220 milliards d’euros annuels de subventions aux entreprises et dépenses pour l’emploi, pour recréer plusieurs centaines de milliers d’emplois industriels en quelques années. Il conviendrait en outre, de mutualiser des outils de distribution et de commercialisation qui optimiseraient la compétitivité des produits, permettraient de juguler la disparition d’entreprises industrielles et favoriseraient la reconstitution d’écosystèmes.

Un plan d’un montant total de 15 à 20 milliards d’euros sur 5 à 10 ans, permettrait de se fixer un objectif de 300 000 emplois industriels. L’activité et les emplois industriels, généreraient mécaniquement, 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits.

Ceux-ci, il faut l’admettre, ne compenseraient pas totalement la perte de 2.5 millions d’emplois industriels en un peu plus de deux décennies. Cependant, au terme du plan, plus de 20 milliards d’euros de nouvelles cotisations salariales et patronales, pourraient abonder chaque année les caisses des régimes de protection sociale.

L’augmentation progressive du nombre de cotisants réduirait d’autant les déficits et permettrait d’envisager une baisse durable du montant des cotisations. L’économie pour la collectivité en dépenses pour l’emploi (DPE) et dépenses connexes pourrait dépasser chaque année, 22 milliards d’euros.

Une relance de l’industrie manufacturière, même si celle-ci s’avérait longue et difficile, démontrerait une volonté nouvelle du gouvernement, indiquerait une remise en question du dogme et enverrait un signal fort et positif aux français qui, en majorité, s’inquiètent de la délocalisation de l’emploi. Elle rassurerait et insufflerait une dynamique pouvant s’étendre à l’ensemble de l’économie française.

Francis JOURNOT

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/9-millions-de-chomeurs-en-france-149782

Publié dans Y'en a marre de la crise, Y'en a marre du chômage | Pas de Commentaire »

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