Y’en a marre de la hausse des dépôts de bilan

Posté par ippolito le 17 janvier 2014

270.000 salariés français touchés par les faillites en 2013

Plus de 63.100 dépôts de bilan ont été enregistrés en 2013, soit quasiment autant que lors du record de l’année 2009. 

Les défaillances d’entreprises ont presque atteint l’année dernière le niveau de 2009 en France, avec plus de 63.100 dépôts de bilan, selon une étude du cabinet Altares, publiée dans les Echos du jeudi 16 janvier.

Les faillites, qui concernent 270.000 emplois, ont surtout touché les TPE et les PME, indique le journal économique, citant les chiffres d’Altares.

« Le nombre de commerces ou de cafés-restaurants qui ont déposé le bilan a atteint un plus haut historique », affirment Les Echos, soulignant que ce sont surtout les secteurs directement liés à la consommation des ménages.

Au cours de cette « année noire », les défaillances ont pratiquement atteint le niveau de 2009 quand elles s’étaient élevées à 63.709, reflétant l’impact de la crise qui avait éclaté l’année précédente.

Selon Altares, la tendance devrait légèrement s’améliorer cette année. Le cabinet table sur près de 60.000 entreprises en faillite.

Les plus grosses sociétés pas épargnées

Le nombre des défaillances d’entreprises de plus d’un million de chiffre d’affaires en 2013 en France est proche du niveau record enregistré au plus haut de la crise en 2009, selon des chiffres de l’assureur-crédit Euler Hermes publiés jeudi 16 janvier.

En 2013, ce sont 4.880 entreprises ayant un chiffre d’affaires de plus de 1 million d’euros qui ont fait défaut, soit 63% de plus qu’à la fin 2007, avant la crise financière de l’automne 2008, indique Euler Hermes dans une note.

Ce niveau est presque équivalent à celui enregistré fin 2009 qui s’établissait à 4.986 défaillances d’entreprises, selon l’assureur-crédit.

« Nous avons un retour à un niveau record de sinistralité de ces entreprises qui sont celles ayant le plus de poids dans l’économie française, via l’emploi et leur passif fournisseurs », explique Maxime Lemerle, responsable des études sectorielles et des défaillances d’entreprises, chez Euler Hermès.

Il faudrait atteindre 1% de croissance

Pour cette catégorie d’entreprises, la hausse des défaillances est près de « trois plus forte que pour l’ensemble des entreprises », précise l’assureur.

Pour 2014, Euler Hermes prévoit 61.800 défaillances d’entreprises toutes catégories confondues, contre 62.175 recensées en 2013, soit un léger repli de 1%, selon des chiffres provisoires.

Cette situation « se traduirait par une baisse de 0,22 point du Produit intérieur brut (PIB) en 2014 et la destruction de 165.000 emplois, soit un demi-point de chômage en plus », souligne Euler Hermès.

« Selon nos estimations, il est nécessaire d’atteindre un palier de 1% de croissance du PIB pour espérer un vrai reflux des défaillances », dit Maxime Lemerle.

(avec AFP)

http://www.challenges.fr/economie/20140116.CHA9289/les-defaillances-d-entreprises-proches-du-record-de-2009.html

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Y’en a marre de la crise

Posté par ippolito le 14 janvier 2014

PIB, dette, revenu : ce que nous a vraiment coûté la grande crise de 2008 

Si d’aucuns essayent de se persuader et de persuader les Français que la crise est derrière nous, voire que la courbe du chômage va s’inverser, ses conséquences sur notre économie sont bien réelles.

Il est aujourd’hui fréquent d’entendre, ou de lire, que la crise que le pays traverse depuis 2008 est derrière nous. Bien évidemment, tel n’est pas le cas ; la France est aujourd’hui plongée dans une situation économique et sociale sans précédent dans ce qu’il convient d’appeler l’ère moderne, à savoir depuis l’après-guerre. 6 années après Lehman Brothers, il convient de se poser la question du coût de cette crise, et de son impact économique sur le pays, un bilan.

Aborder la question du bilan revient à se poser la question de ce que serait l’état économique du pays sans la survenance de cette crise. C’est-à-dire d’envisager la situation d’un pays qui aurait continué à suivre son évolution moyenne avant 2008. Une fiction basée sur la tendance de croissance que le pays a connu entre les années 1996 et 2007, c’est-à-dire depuis que la France est soumise aux contraintes issues (et respectées ou non) de l’entrée du pays dans la zone euro. L’intégralité des données utilisées ici sont issues de l’Insee et de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques).

La croissance

Afin de se rendre compte de l’évolution de la croissance entre 1996 et 2007, l’utilisation des chiffres de la croissance nominale (c’est-à-dire sans en retrancher les chiffres d’inflation) offrent le meilleur résultat. L’aspect « brut » de ces données permet en effet de se rendre compte que la croissance française suivait une tendance parfaitement stable au rythme de 4% par an entre ces deux dates.

Croissance nominale France comparée à sa tendance de 1996 à 2007 

Il est ici tout à fait frappant de constater que la France progresse avec une régularité de métronome pendant les 12 premières années ici retenues. Le choc brutal qui survient au cours de l’année 2008 est un tremblement de terre qui vient bouleverser cette tendance. L’écart est majeur et a continué à se creuser année après année pour atteindre un montant de 328 milliards d’euros pour la seule année 2013. En cumulant les écarts constatés chaque année depuis 2008, le gouffre atteint 1176 milliards d’euros, soit 57% du PIB actuel de la France.

Il convient alors de s’intéresser à ce que le pays a perdu en points de croissance cumulés au cours de ces années. Ce qui revient à prendre en compte la perte cumulée de points de croissance au cours des années, par rapport à la tendance de progression que connaissait le pays jusqu’alors :

France. Variation de la croissance nominale par rapport à sa tendance 1997-2007

Le graphique ci-dessus retrace encore une fois la stabilité de la croissance entre 1996 et 2007, au rythme de 4%, et l’importance de l’impact de la crise dès 2008. La France perd ainsi près de 16% de croissance nominale, et ces 16 points perdus vont avoir un lourd impact sur le pays. 

L’emploi et le chômage

En France, le nombre d’emplois total est proche de 23 millions au cours de l’année 1996. Et ce nombre progresse d’année en années, sur un rythme plus ou moins stable de 1.25% par an. C’est ainsi qu’à la fin de l’année 2007, le pays compte 26.5 millions d’emplois. La croissance perdue au cours des années suivantes va lourdement impacter ce rythme de progression, et le pays ne va créer aucun emploi au cours de ces 6 années, et va même en détruire 200 000 (2008-2013). Le manque a gagné se comptabilise au total à 2 millions d’emplois.

Évolution du nombre d’emploi en France comparé à sa tendance entre 1996 et 2007

La conséquence primaire de cet arrêt de création de postes par l’économie française va être de profondément détériorer le niveau de chômage du pays. En ne prenant en compte que le taux de chômage, l’évolution ne permet pas d’être comparée au nombre d’emplois total en France. Voilà pourquoi il a été choisi de prendre en compte la progression du nombre de chômeurs (catégorie A) entre le mois de juin 2008 (qui est un plus bas) jusqu’au mois de novembre 2013, dernière donnée disponible à ce jour.

Progression en % du nombre de chômeurs en France entre juin 2008 et novembre 2013

Le résultat est accablant, plus de 82% de progression, soit un total de 1,5 million de chômeurs au total en plus depuis juin 2008. Il est également nécessaire de montrer que le nombre de chômeurs n’a jamais été aussi important qu’au mois de novembre 2013, avec un total de près de 3,4 millions de chômeurs. Ce qui permet encore une fois d’invalider totalement toute idée d’inversion de la courbe du chômage.

Les revenus

Ici encore, l’impact de la crise est massif. Les revenus des Français progressaient également sur un rythme stable depuis 1996 et ce jusqu’en 2007 ; et ce rythme a été de 3.9% annuels. L’année 2008 va avoir raison de cette constance.

France : croissance des revenus comparée à sa tendance entre 1996 et 2007

La réalité se décroche totalement de sa tendance précédente, et l’écart a été de 167 milliards pour la seule année 2012, pour un total cumulé de 517 milliards d’euros depuis 2008. Voici le prix payé par les Français sur l’autel de la crise au titre de leurs revenus.

Afin de dégager une part des revenus qui ne concernent pas la majorité des Français, il est possible de constater le même phénomène au titre des seuls revenus salariés, qui suivent la même progression et une perte également de grande ampleur.

France : croissance des revenus salariés comparée à sa tendance entre 1996 et 2007

L’écart atteint ici 91 milliards pour la seule année 2012, et un total cumulé de 261 milliards de manque à gagner pour les salariés depuis 2008.

La Dette

Bien que certains continuent d’affirmer que le niveau de dette de la France est la cause de la crise, il convient simplement de constater que c’est bien l’absence de croissance qui va avoir un effet accélérateur sur le niveau de dette du pays. Comme cela peut se vérifier ci-dessous.

En effet, il est possible de constater une progression de la dette française entre 1996 et 2007, mais cette progression est alors principalement financée par la croissance nominale que connait le pays durant cette période, soit 4% par an. 

Malgré tout, il est visible à l’œil nu que les différents gouvernements vont tout de même dépenser plus que le pays ne gagne, mais ce, sur un rythme annuel modéré de 0.81% par an.

 Sans la crise, et en suivant cette tendance, le pays serait aujourd’hui endetté à 68% de son PIB en lieu et place des 93% actuels. C’est ainsi plus d’un quart de l’endettement total du pays qui est la conséquence directe de la crise.

Encore une fois, cette envolé de la dette Française est la conséquence directe de la perte de croissance nominale. Comme cela peut être constaté ci-dessous en comparant les progressions inverses des deux variables.

Perte de croissance nominale et sa conséquence directe sur la progression de la dette 

Il est aisé de constater que lorsque la croissance progresse sur son rythme annuel de 4%, le niveau de dette est soit stable, soit il diminue. Inversement, la perte de croissance cumulée depuis 2008 va avoir un effet multiplicateur sur la progression de l’endettement de la France.

Il est d’ailleurs frappant de constater le même phénomène sur le chômage.

Alors que le nombre de chômeurs a diminué drastiquement entre 1996 et 2007, arrivant à un plus bas proche de 1,8 millions de chômeurs, la rupture de la tendance économique qui prévalait a fait exploser le niveau de chômage dès 2008.

La crise n’est pas terminée, la France est aujourd’hui dans une situation ou 1100 milliards d’euros manquent au pays, soit 57% de son PIB, ou 2 millions d’emplois viennent manquer, et ou son endettement progresse encore et toujours. Ce type de montant permet alors de comprendre les sommes gigantesques engagées par les différentes banques centrales à travers le monde afin de venir compenser les pertes des différents pays. 

Soit 22% du PIB pour le Royaume-Uni, plus de 20% également pour le Japon, et un total de 1 trillion de dollar pour les Etats-Unis pour la seule année 2013. Mais les dirigeants européens ne semblent pas comprendre l’ampleur du marasme qui frappe le continent depuis 2008.

http://www.atlantico.fr/decryptage/pib-dette-revenu-que-vraiment-coute-grande-crise-2008-en-9-graphiques-nicolas-goetzmann-951817.html?page=0,1

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Y’en a marre des effets de la crise en banlieue

Posté par ippolito le 19 décembre 2013

Les effets de la crise se sont concentrés en banlieue

La crise s’installe durement et durablement en banlieue. Les données statistiques relevées par l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) dans son rapport 2013, et rendues publiques mercredi 18 décembre par le ministre délégué à la ville, François Lamy, le confirment crûment. Comme une piqûre de rappel à l’heure où la loi sur la ville est discutée au Parlement.

L’écart de revenus entre les quartiers classés en ZUS et les autres territoires urbains « continue à se creuser », remarque ainsi l’Observatoire. Plus inquiétant : cette dégradation s’opère alors que le revenu moyen est reparti à la hausse dans les villes voisines comme dans l’ensemble du territoire. La courbe du chômage montre les mêmes inflexions.

Le décrochage dû à la crise depuis 2009 est bien réel. On savait qu’une plus grande précarité sociale sévissait dans les ZUS : la proportion des personnes y vivant sous le seuil de pauvreté (977 euros mensuels) y est trois fois plus importante que dans le reste du territoire : 36,5 % des habitants contre 12,7 % hors ZUS. Avec 50 % des moins de 18 ans qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, les jeunes sont les premières victimes de ce dénuement. C’est aussi dans ces banlieues qu’on retrouve le plus grand nombre d’allocataires du RSA (31,7 %) et de la couverture maladie universelle (un assuré sur cinq).

Mais ce que montrent pour la première fois les statistiques de l’Observatoire, c’est que l’écart entre ces ZUS et les autres quartiers des mêmes agglomérations se creuse toujours plus. Le revenu moyen par unité de consommation (qui tient compte de la taille des ménages) avait augmenté de 6,2 % entre 2004 et 2008, soit 2 points de moins que le reste du territoire. Mais il grimpait. En 2008, le revenu moyen a cessé d’y progresser tandis que, dans le même temps, il est reparti à la hausse tant dans les unités urbaines voisines que pour l’ensemble de la France métropolitaine.

DÉCROCHAGE RAVAGEUR

En clair, contrairement à l’assertion courante qui prétend que, depuis le déclenchement de la crise de 2008, la situation s’est dégradée partout, cela va encore plus mal dans les quartiers populaires alors que cela ne va pas si mal ailleurs. Et même s’il existe des disparités entre les quartiers prioritaires, les banlieues dévissent alors que le reste du pays s’en sort.

Deuxième enseignement de ce rapport, les effets de la crise, notamment le chômage, sont concentrés sur les quartiers populaires. Après une progression forte entre 2009 et 2010, qui s’est ralentie entre 2010 et 2011, le taux de chômage en ZUS a brusquement grimpé après 2011, pour s’établir à 24,2 % en 2012, soit près de 6 points supplémentaires en trois ans ! Dans les autres quartiers, si la situation de l’emploi se dégrade, elle le fait dans une proportion bien moindre (+ 0,5 %).

Ainsi, là encore, l’écart se creuse avec le reste du pays. Alors que de 2006 à 2009 le différentiel se situait à 9 points, il atteint dorénavant 14,5 points. Malgré les exonérations pour les entreprises qui s’implantent dans les quartiers et les dispositifs d’emplois aidés, on y est deux fois et demi plus au chômage. Ce décrochage cumulatif est ravageur sur les populations, soulignent les élus de banlieue.

Au moment où le ministre de la ville réforme la géographie prioritaire et met sur le même plan des territoires ruraux et des banlieues populaires – au nom de « l’égalité des territoires » –, le rapport de l’Onzus met en lumière le caractère exceptionnel de la situation sociale en banlieue. Et vient opportunément rappeler cette spécificité de relégation territoriale et de stigmatisation qui plombe ces quartiers dits sensibles.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/12/18/les-effets-de-la-crise-se-sont-concentres-en-banlieue_4336211_3224.html

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Y’en a marre de la hausse des faillites d’entreprises

Posté par ippolito le 9 décembre 2013

Les faillites d’entreprises en hausse de 5,5% sur un an

L’immobilier, l’hébergement-restauration, l’agriculture, la sylviculture ainsi que la pêche sont les secteurs qui ont connu la plus forte progression du nombre de faillites en 2012-2013.

Le nombre de faillites d’entreprises sur les 12 mois achevés fin septembre a augmenté de 5,5% par rapport aux 12 mois précédents, selon des données publiées vendredi 6 décembre par la Banque de France.

A la fin août, 62.683 entreprises avaient fait faillite en cumul sur 12 mois.

La Banque de France table par ailleurs sur un accroissement du nombre de faillites en octobre. Selon les données provisoires dont elle dispose, les défaillances d’entreprises à fin octobre doivent augmenter de 3,5% en glissement annuel.

Les faillites ont particulièrement augmenté dans le secteur de l’immobilier (+10,2% sur l’année achevée fin septembre par rapport aux 12 mois précédents), l’hébergement-restauration (+9,6%), l’agriculture, sylviculture et pêche (+6,2%) et le commerce (+5,9%).

Plus on est petit, plus on a de chances de faire faillite

A l’inverse, les faillites sont moins nombreuses dans les activités financières et d’assurance (-2,7%).

Les petites entités sont encore une fois celles qui sont le plus victimes de défaillances. Sur l’ensemble des PME (moins de 250 salariés), le nombre de faillites cumulées à fin septembre est en hausse de 5,2%. Les micro-entreprises sont notamment les plus touchées (+5,6%).

Pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI, 250 à 4.999 salariés) et les grandes entreprises, les défaillances sont restées constantes.

Une entreprise est déclarée défaillante dès lors qu’est ouverte en son nom une procédure judiciaire (redressement judiciaire, liquidation judiciaire ou procédure de sauvegarde).

http://www.challenges.fr/economie/20131206.CHA8067/les-faillites-d-entreprises-en-hausse-de-5-5-sur-un-an.html

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Y’en a marre de la crise

Posté par ippolito le 6 décembre 2013

Artus : et si la France était en récession en 2014 ?

Le gouvernement et des instituts nous annoncent le contraire, mais pour Patrick Artus l’hypothèse d’une contraction de l’économie est très plausible.

Les prévisions de croissance pour 2014 pour la France (du gouvernement français, des institutions internationales) sont légèrement inférieures à 1 %, contre une croissance prévue très légèrement positive en 2013. 

L’amélioration de la situation économique de la France est attribuée par les prévisionnistes à une reprise des exportations, avec la meilleure croissance mondiale, à une reprise de l’investissement des entreprises, à un recul du taux d’épargne des ménages.

Mais les indicateurs conjoncturels racontent une histoire tout à fait différente. Qu’on regarde les perspectives de croissance dans l’industrie et dans les services (les enquêtes « PMI »), les carnets de commandes pour les biens d’équipement, la confiance des ménages, la tendance des exportations, on ne voit aucun signe en France qui annonce une amélioration, au contraire : toutes ces enquêtes et tous ces indicateurs sont compatibles avec une croissance fortement négative en 2014 en France.

Le PMI de la France est autour de 48, dans la zone de recul de l’activité, contre 54 en Allemagne, 50 en Espagne, 51 en Italie. L’enquête sur les commandes de biens d’équipement est à – 54 en France, contre – 30 environ en Espagne et en Italie, – 12 en Allemagne. Les exportations en volume sont en croissance légèrement négative en France sur un an au troisième trimestre 2013, la confiance des ménages reste très faible, etc.

L’extrême pessimisme des entreprises

Peut-on comprendre que la croissance resterait négative en France en 2014 alors qu’elle serait nettement positive en Allemagne (1,5 % environ), un peu positive en Espagne et même en Italie?

D’une part, il ne faut pas compter sur une reprise forte du commerce mondial, donc sur une croissance tirée par les exportations. Les pays où l’économie repart (États-Unis, Royaume-Uni, Japon, Chine) ont des croissances tirées par les services, par la construction : ce sont des modèles de croissance très domestiques, ne générant pas d’importations supplémentaires, donc de reprise du commerce mondial. 

Mais cela vaut pour tous les pays, sauf pour ceux qui gagnent rapidement des parts de marché à l’exportation comme l’Espagne. Ce qui est particulier à la France est l’extrême pessimisme des entreprises, qui conduit au recul des investissements et de l’emploi. On peut l’attribuer à de multiples causes connues : d’abord à la faiblesse de la profitabilité et de la rentabilité du capital, d’où la fragilité financière et la faible incitation à investir ; la rentabilité du capital physique (des équipements, des bâtiments, pas du capital financier) est inférieure à 7 % en France contre 12 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. 

Ensuite, au niveau très élevé de la pression fiscale sur les entreprises en France (qui représente 17,5 % du produit intérieur brut, contre 15,5 % en Italie, 11,5 % en Espagne, 10 % en Allemagne) et surtout l’incertitude sur la fiscalité et les réglementations. Le Parlement français multiplie les modifications des règles fiscales, et l’annonce par le Premier ministre d’une réflexion, durant probablement plusieurs années, sur la remise à plat de la fiscalité a encore accru cette incertitude. 

L’incertitude réglementaire et fiscale contribue aussi à expliquer le recul important de l’activité de construction résidentielle en France, avec des mises en chantier à 320 000 en un an, plus basses encore (280 000 probablement) l’année prochaine, contre 450 000 avant la crise.

Un risque majeur sur les taux d’intérêt

Que se passera-t-il si la France est en réalité en récession et non en croissance proche de 1 % en 2014 ?

Le premier risque est que cela attirera l’attention des investisseurs non résidents. Si la France est le seul pays de la zone euro à ne pas connaître de reprise économique en 2014, il est improbable que ces investisseurs continuent à prêter à l’État français à un taux d’intérêt seulement supérieur de 45 points de base (0,45 %) au taux d’intérêt payé par l’État allemand.

Le second risque est qu’une récession en 2014 empêcherait toute amélioration des finances publiques. On attend un déficit public légèrement inférieur à 4 % du produit intérieur brut en 2014 avec une croissance voisine de 1 % ; si la vraie croissance est de l’ordre de -1/2 %, le déficit public remonterait vers 4,5 % du PIB. 

Le risque le pire est enfin évidemment que si la croissance était par exemple de – 1/2 %, avec des gains de productivité de l’ordre de 0,7 % sur l’année, l’emploi dans les entreprises reculerait de 1,2 %, le nombre de chômeurs augmenterait de plus de 200 000 durant l’année 2014, et la situation politique et sociale serait évidemment très compliquée.

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/patrick-artus/artus-et-si-la-france-etait-en-recession-en-2014-05-12-2013-1765001_1448.php

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Y’en a marre des prévisions impitoyables pour 2014

Posté par ippolito le 1 décembre 2013

Chômage : les prévisions impitoyables pour 2014

De la Commission européenne à l’OCDE en passant par le FMI, les grandes institutions économiques s’attendent à ce que le nombre de demandeurs d’emploi continue à augmenter en 2014.

Le temps presse : dans quelques semaines, le gouvernement devra rendre compte de son engagement à entamer une baisse durable du chômage fin 2013 – une promesse que François Hollande a semblé nuancer ce jeudi, avant de faire marche arrière. Les chiffres de Pôle Emploi pour le mois d’octobre, qui seront publiés en fin d’après-midi, en diront plus sur les chances de voir s’inverser la fameuse courbe.

Toutefois, plusieurs prévisions publiées récemment par de grandes institutions économiques ont battu cet espoir en brèche. Dernière en date : l’OCDE, qui prédit dans son rapport annuel que le taux de chômage atteindra 10,8% l’année prochaine, contre 10,6% en 2013. Il faudrait attendre 2015 pour le voir (légèrement) refluer, à 10,7%. Peu avant, la Commission européenne misait elle aussi sur un chômage en hausse, le voyant passer de 11% à 11,2% l’année prochaine. 

Le mois dernier, l’OFCE livrait elle aussi des pronostics pessimistes. Selon l’institut français, «aucune amélioration notable du chômage n’est à attendre d’ici la fin de l’année 2014». 

Certes, la multiplication des contrats aidée ainsi que le Crédit d’impôt compétitivité emploi permettraient une «stabilisation» entre la fin de cette année et le début de la suivante. Mais «le taux de chômage repartirait ensuite à la hausse jusqu’en fin d’année 2014, les créations d’emplois dans le secteur non-marchand étant insuffisantes pour absorber la hausse de la population active».

En octobre également, le FMI pronostiquait un chômage quasi-stable en 2014, voyant son taux passer de 11% à 11,1%. En septembre enfin, les prévisions de l’Unedic (assurance chômage) misaient sur 75 000 inscrits supplémentaires en catégorie A l’année prochaine. 

Dans chaque scénario, la hausse du chômage est faible – en tout cas largement inférieure à celle de 2013, où les effectifs de la catégorie A devraient augmenter de 170 000 selon l’Unedic. Mais aucune institution ne s’attend à un franc retournement de la courbe l’année prochaine.

On mesure donc la taille du défi que s’est lancé le gouvernement. «Cette promesse [de faire baisser le chômage avant fin 2013] m’a toujours laissé perplexe», soulignait récemment auprès de Libérationle leader de la CFDT, Laurent Berger. 

De son côté, l’exécutif mise sur une reprise de la croissance, conjuguée au traitement social du chômage et à sa politique favorisant l’investissement des entreprises. Il aura cependant fort à faire pour que la «baisse durable» ne se transforme, au mieux, qu’en simple accalmie.

Dominique ALBERTINI

http://www.liberation.fr/economie/2013/11/28/chomage-les-previsions-impitoyables-pour-2014_961869

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