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Y’en a marre de la crise

Posté par ippolito le 19 novembre 2013

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Chômage, pauvreté, salaires… Portrait social de la France en 8 chiffres

Dans l’édition 2013 de son « portrait social », l’Insee dessine le visage d’une société française confrontée à une crise qui n’en finit pas.

Emploi, salaires, logement, santé…

L’Insee a livré mercredi 13 novembre l’édition 2013 de son « portrait social » de la France. Grilles, tableaux, courbes et colonnes de données statistiques dessinent le visage d’une société française confrontée à une crise qui n’en finit pas.

L’Institut national de la statistique cette année mettre le focus sur la fécondité des Français et les jeunes décrocheurs du système scolaire. L’œil est pourtant inévitablement attiré vers d’autres éclairages comme le marché du travail ou les conditions de vie. Aussi froids que fascinants, ces alignements de chiffres permettent de mieux appréhender les difficultés que nous traversons. Que retenir de ces travaux ?

Le taux de chômage : +0,6 point

Les données concernant le chômage s’étendent sur 2012. Par rapport à 2011, le taux de chômage subit une hausse de 0,6 points. Il s’élève à 9,8% de la population active. La hausse moyenne annuelle varie en fonction des tranches d’âge : elle est de 1,8 point pour les jeunes actifs de 15 à 24 ans, de 0,7 point pour les 25 à 49 ans et de 0,5 points pour les 50 ans et plus.

Sur 2012, 2,8 millions de personnes sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT).

Le taux de pauvreté : +0,3 point

Dans la France de 2011, 8,7 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté monétaire (c’est-à-dire avec moins de 977 euros par mois). Un taux de pauvreté qui s’élève à 14,3% de la population. La moitié de ces personnes ont un niveau de vie inférieur à 790 euros par mois.

Certes plus modérée que les années précédentes, (+0,6 point en 2009 et +0,5 point en 2010), la hausse du taux de pauvreté se poursuit avec +0,3 point en 2011.

La consommation des ménages : -0,4%

En 2012, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut subit une diminution de -0,9%. Cela se ressent sur la dépense de consommation qui chute de -0,4%. Cette baisse de la consommation touche la plupart des postes mais l’automobile est la principale victime.

Sur les 60 dernières années, la seule autre baisse de la consommation avait été enregistrée en 1993.

Le revenu salarial dans le public : -0,7%

Entre 1995 et 2011, le revenu salarial a augmenté en moyenne de 0,7% par an. Le ralentissement observé à partir de 2008 aboutit pour 2011 à une stagnation dans le privé et une baisse de 0,7% dans le public (une baisse qui s’explique par le gel du point d’indice dans la fonction publique depuis juillet 2010).

Dans le privé, une baisse de revenu salarial intervient aussi pour les jeunes et les séniors : -1,1% pour les plus de 55 ans.

En 2011, le revenu salarial annuel moyen est de 20.050 euros. Un chiffre qui masque des disparités importantes, entre les femmes et les hommes notamment : le revenu salarial annuel moyen des femmes est de 17.250 euros quand celui des hommes s’élève à 22.640 euros.

Les moins de 25 ans sont à 7.060 euros quand les plus de 55 ans sont à 24.930 euros. Le quart des salariés les moins payés est à 4.056 euros et le quart des mieux payés a un revenu salarial moyen de 40.350 euros. En 1956, la moyenne du quart le plus bas était de 3.064 euros et celle du quart le plus haut de 36.779 euros.

La durée d’emprunt des jeunes : 25 ans

La flambée de l’immobilier impacte la hausse des crédits à l’habitat et se répercute sur la hausse de l’endettement des ménages entre 2005 et 2011. La part de l’endettement consacré à l’habitat est ainsi passée de 442 milliards d’euros en 2005 à 800 milliards d’euros en 2011. Mais les mensualités restent stables, ce sont en fait les durées des crédits qui s’allongent, notamment pour les primo-accédants.

En moyenne, un ménage de primo-accédants de moins de trente ans empruntait sur 20 ans en 2005, 24 ans en 2007 et 25 ans depuis 2008.

Le taux d’effort des locataires : 27%

Le logement représente un des postes les plus importants dans les budgets, plus d’un quart des revenus pour les locataires du secteur libre et les propriétaires qui remboursent un emprunt.

Dans le secteur libre, le taux d’effort des locataires en secteur libre atteint 27% en 2011, soit une hausse de 2,5 points depuis 2005.

Les mauvaises conditions de travail : +6%

L’espérance de vie d’un ouvrier reste toujours plus basse que celle d’un cadre. Le lien entre carrière professionnelle et santé demeure un facteur d’inégalité. L’espérance de vie d’un ouvrier de 35 ans est inférieure à celle d’un cadre de 6,3 ans. Effet de la crise économique, les conditions de travail se dégradent. Entre 2006 et 2010, le score moyen des mauvaises conditions de travail a augmenté de 6%.

La population française : +0,47%

Petite touche positive dans ce tableau : 822.000 bébés sont nés en France en 2012 et la population française a augmenté de quelque 300.000 personnes cette même année (+0,47%). Au premier janvier 2013, 65,8 millions de personnes vivent en France.

L’étude de l’Insee souligne que cette croissance est très majoritairement due au « solde naturel », c’est-à-dire la différence entre le nombre de naissance et le nombre de décès (+251.000), bien plus qu’au solde migratoire, la différence entre les entrées et les sorties du territoire (+54.000).

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20131113.OBS5178/chomage-pauvrete-salaires-portrait-social-de-la-france-en-8-chiffres.html

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Y’en a marre de la hausse d’impayés de salaire

Posté par ippolito le 13 novembre 2013

De plus en plus d’impayés de salaires

En un an, le régime de garantie des salaires a reçu 6% de dossiers en plus. Plus de la moitié des demandes reçues concernent des entreprises mises en liquidation judiciaires.

Le nombre de salaires impayés augmente, constate le régime de garantie des salaires, l’AGS. Cet organisme, qui intervient pour payer les salariés en cas de défaillance des entreprises, a reçu 6% de dossiers en plus cette année.

En un an, 22 108 avances de salaires ont été demandées et dans plus 13 300 cas, il s’agissait d’entreprises mises d’office en liquidation judiciaire. Les autres demandes concernaient des entreprises en procédure de redressement. Près de la moitié des demandes d’aide venaient de sociétés qui avaient moins de cinq ans d’existence. Un quart des demandes d’entreprises ayant passé les dix ans.

Avec un nombre de salariés concernés stable, les impayés concernent donc un nombre de mensualités plus élevé, pour un total de 2,145 milliards d’euros.

Les données de l’AGS pour le deuxième trimestre montrent une forte augmentation des défaillances dans l’immobilier (+16%) et l’hôtellerie-restauration (+9,4%) sur un an. A l’inverse, « le secteur des activités financières a enregistré les baisses les plus importantes »: -7,4% de défaillances et -19,6% de dossiers ouvertes à l’AGS pour le secteur.

L’AGS est financé par les cotisations des entreprises et assure le paiement des salaires et indemnités des entreprises en difficultés (redressement, liquidation judiciaire, voire procédure de sauvegarde). Elle se charge ensuite de récupérer les sommes avancées auprès des entreprises.

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/economie/de-plus-en-plus-d-impayes-de-salaires_414595.html#YOT5eMoYwlrLKk92.99

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Y’en a marre que la pauvreté gagne du terrain en France

Posté par ippolito le 8 novembre 2013

La pauvreté gagne du terrain en France. 

Le constat du Secours Catholique est sans appel. Hausse des bénéficiaires, baisse des revenus, difficultés d’insertion sur le marché du travail, travailleurs pauvres… Le tableau dressé par l’association est sombre. Retour sur quelques chiffres qui dessinent une paupérisation accrue au sein de la société française.  

Une hausse de 0,6% du nombre de bénéficiaires en un an

En 2012, le Secours Catholique est venu en aide à 1 431 000 personnes, en hausse de 0,6% par rapport à l’année précédente alors que, sur la même période, la population en France a augmenté de 0,47%. 

L’association constate une faible baisse des femmes dans les bénéficiaires (de 429 000 à 428 000). Néanmoins, elle constate parallèlement une forte hausse chez les hommes (de 325 000 à 331 000) mais aussi chez les enfants (de 668 000 à 672 000). 

Plus de 10% des bénéficiaires sont diplômés du supérieur

Le diplôme est-il toujours une garantie face à la précarité? Le rapport du Secours Catholique pose la question. Environ 13% des bénéficiaires de l’association sont diplômés du supérieur, un chiffre plus élevé par rapport à ceux qui ne savent ni lire ni écrire. Le Secours Catholique pointe ainsi les défaillances de l’ascenseur social. La tendance à la précarisation des diplômés du supérieur est en augmentation constante depuis 2003.  

45% des personnes accueillis par l’association disposent d’un diplôme du secondaire, un chiffre qui a connu une hausse de près de 10 points en l’espace d’une décennie.  

94% des bénéficiaires sous le seuil de pauvreté

Moins de 977 euros par mois. Dans 94% des cas, les bénéficiaires du Secours Catholique sont sous le seuil de pauvreté. Plus précisément, dans la plupart des cas, leur niveau de vie ne dépasse pas 497 euros par mois, se situant donc dans des conditions d’extrême pauvreté. Des disparités générationnelles apparaissent également, les moins de 25 ans ayant un niveau de vie moyen de 364 euros. 

Seulement 4,1% des bénéficiaires sont en contrat aidé

C’est une situation ubuesque. Alors que les bénéficiaires du Secours Catholique font partie des publics prioritaires en vue de l’attribution des contrats aidés (car ils touchent pour la plupart des minimas sociaux et sont en situation de chômage de longue durée), ils ne sont que 4,1% à en bénéficier. 

Des familles monoparentales dans 31% des cas

La composition de la cellule familiale est également un élément important de la précarité. Le Secours Catholique observe une surreprésentation des familles monoparentales chez les bénéficiaires. Ainsi, alors que ce type de famille ne représente que 8% des familles en France, elles représentent près de 31% des personnes qui demandent de l’aide à l’association. 

Les mères sont plus représentées au sein des familles monoparentales. Les cas de pauvreté sont plus importants du fait de salaires inférieures. 

33% des bénéficiaires sont d’origine étrangère

En l’espace d’une décennie, entre 2000 et 2012, le pourcentage des bénéficiaires du Secours Catholique d’origine étrangère est passé de 20 à 33%. La majorité, à hauteur de 60%, viennent d’Afrique. Ce chiffre est en baisse constante, avec une augmentation récente de ressortissants de pays de l’Est. 

L’association a également constaté une augmentation de personnes sans papiers (de 6,5% en 2000 à 12% en 2012) qui est due à des politiques en matière d’immigration plus restrictives.  

15% des bénéficiaires ont un travail

Robert Castel, sociologue et auteur en 1995 de La Métamorphose de la question sociale, soulignait le développement du « précariat » au sein du salariat. Il mettait ainsi en lumière le développement des travailleurs pauvres. 

20 ans plus tard, le constat est toujours le même, la crise en plus. La majorité des contrats pourvus aujourd’hui sont précaires, notamment avec les CDD ou bien encore les temps partiels. 15% des bénéficiaires de l’aide du Secours Catholique ont un travail qui ne suffit donc pas à pourvoir l’ensemble des dépenses.  

25% des bénéficiaires sont au chômage depuis au moins deux ans

Aujourd’hui encore, le marché du travail subit les affres de la crise de 2008. L’association caritative souligne que 25% des bénéficiaires sont au chômage et sans indemnisation depuis au moins deux ans. Une hausse de 6 points par rapport aux conclusions de 2003. Une hausse qui met en lumière l’aggravation de la situation du chômage de longue durée. 

Un constat qui se confirme quand l’association se penche sur les chômeurs sans indemnisation depuis au moins 5 ans. De 13% en 2003, il est passé à 16% l’année dernière. 

43% des ménages déclarent des impayés de loyer

43% des personnes aidées par le Secours Catholique en 2012 déclarent avoir des impayés de loyer, 4 points de plus par rapport à 2011. Le taux d’effort (rapport entre la dépense en logement d’un ménage et son revenu) est plus important pour les personnes les plus précaires. Une tendance à la hausse qui se manifeste aussi dans les autres dépenses courantes avec des impayés pour le gaz, l’électricité ou bien encore les mutuelles santé. 

Au-delà du constat, l’association pointe du doigt une augmentation de 7,1% des tarifs du gaz et de 3,1% pour l’électricité sur une année. Des augmentations supérieures à l’inflation qui entraine une augmentation des impayés. 

40% des bénéficiaires ont entre 25 et 39 ans
D’un point de vue générationnel, les 25-39 ans sont les principaux bénéficiaires de l’aide fournie par le Secours Catholique. Ce chiffre est à mettre en relation avec celui, précédemment cité, des précaires diplômés du supérieur.  

La crise de 2008 a précarisé davantage le marché du travail. Ceux qui disposent d’un emploi en CDI (85% des cas en France, selon les chiffres de l’OCDE) sont considérés comme le « premier cercle », ou insiders selon la terminologie anglo-saxonne. Au contraire, dans le « deuxième cercle  » (ou outsiders), se trouvent ceux qui ont un CDD ou bien encore ceux en recherche d’emploi. L’augmentation du taux de chômage en France a rendu plus difficile l’insertion dans le marché du travail.  

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-10-chiffres-noirs-de-la-pauvrete-en-france_1297679.html

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Y’en a marre de l’augmentation de la pauvreté surtout pour les jeunes

Posté par ippolito le 24 octobre 2013

Les jeunes, touchés de plein fouet par la pauvreté

Le nombre de personnes pauvres n’a cessé d’augmenter depuis 2004. Mais la situation française reste moins préoccupante que celles de ses voisins européens.

La pauvreté gagne du terrain en France. Tel est l’enseignement de l’enquête sur l’état de la pauvreté en France, publiée récemment par l’Observatoire des inégalités. Depuis le milieu des années 2000, le nombre de personnes pauvres n’a cessé d’augmenter, atteignant 8,8 millions en 2011.

Avec l’augmentation du taux de chômage, la précarité professionnelle est sans surprise la première cause de pauvreté. «Après 2007 et le début de la crise, on a constaté une hausse de la pauvreté, analyse Julien Damon, professeur associé à Sciences Po. Le choc du chômage a induit un système dual dans lequel les personnes en CDI et les fonctionnaires bénéficient d’un système de protection sociale très indulgent alors que les précaires peinent à y accéder.»

Et même ceux qui ont la chance de trouver un emploi ne sont pas épargnés par la pauvreté: la France compte aujourd’hui près de 2 millions de travailleurs pauvres. Ce phénomène s’explique par «la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment par le niveau du salaire minimum», indique l’étude, mais aussi par «le temps partiel» et «le fractionnement des emplois».

Premiers touchés: les jeunes. Aujourd’hui, plus d’une personne pauvre sur deux a moins de 30 ans. Leurs difficultés à s’insérer sur le marché du travail, même après de longues études, les pénalisent durablement. Et avec un taux de chômage des 15-24 ans qui n’est plus descendu au-dessous des 20 % depuis le début de la crise, les perspectives d’amélioration sont ténues.

Mais la pauvreté n’est pas qu’une question d’argent, comme le souligne Bruno Tardieu, délégué national de l’association ATD Quart-Monde. «Il est réducteur de parler de pauvreté uniquement en termes monétaires. La pauvreté est d’abord l’accumulation de plusieurs précarités.» Et notamment celle des liens familiaux, fragilisés par la multiplication des séparations de couples. Or, les familles monoparentales ont davantage de risques que les autres de tomber dans la précarité puis la pauvreté.

La difficulté à se loger et un accès restreint aux soins constituent également des facteurs majeurs de précarisation. Louis Maurin, Valérie Schneider et Nina Schmidt, auteurs de l’analyse de l’Observatoire des inégalités, estiment à ce titre qu’il est temps de mettre en place «de véritables politiques de l’emploi, de construction de logements, d’accès à la santé et une vraie réforme de l’éducation».

La France, bonne élève de l’Europe

Pourtant, la situation de la France est loin d’être catastrophique. Avec un taux de pauvreté de 14,3 %, elle se situe en dessous de la moyenne européenne, à 16,9 % et fait même partie des bons élèves du continent, aux côtés de la Norvège (10,5 %), des Pays-Bas (11 %) et de l’Autriche (12,6 %). Si l’on considère la grande pauvreté*, la France est même deuxième derrière l’Autriche.

Pour préserver ce statut privilégié au sein du Vieux continent et enrayer la hausse de la pauvreté, tout n’est pas, là encore, question d’argent. «La hausse de la pauvreté n’est pas du tout une question de manque de moyens, précise Julien Damon. Injecter davantage d’argent dans la lutte contre la pauvreté ne serait pas une bonne idée.» La France est d’ailleurs le pays de l’OCDE qui dépense le plus pour son système de protection sociale.

« Un grand plan Marshall contre la pauvreté ne servirait à rien »

Julien Damon, professeur associé à Sciences Po
Pour le professeur de Sciences Po, mieux vaudrait rationaliser les dépenses en mettant en place des politiques publiques capables de «simplifier le système de protection sociale et lutter contre le chômage» ainsi qu’une «politique familiale pour faire en sorte que les gens se séparent moins». Et appliquer les recettes qui fonctionnent dans d’autres domaines, comme l’idée d’un «travailleur social référent», sur le modèle du «médecin traitant» dans le parcours de soin.

Les associations luttent, elles, davantage sur le terrain de la représentation de la pauvreté et la lutte contre les discriminations à son encontre. «Nous souhaitons une plus grande accessibilité aux droits, comme la facilitation de l’accès à un logement social, détaille Bruno Tardieu. Il faut aussi que la relation à la population défavorisée change. Nous demandons ainsi que la discrimination pour cause de précarité sociale soit inscrite dans la loi et soit combattue au même titre que les autres discriminations.» Une pétition en ce sens doit être remise prochainement au gouvernement.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/10/22/20002-20131022ARTFIG00453-les-jeunes-touches-de-plein-fouet-par-la-pauvrete.php

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Y’en a marre de la crise mais surtout de François Hollande

Posté par ippolito le 19 septembre 2013

HOLLANDE COINCÉ ENTRE INÉGALITÉS EN HAUSSE ET TROP-PLEIN FISCAL

Les crises économiques frappent le plus durement les personnes les plus fragiles, et celle de 2008 ne fait pas exception à la règle. On s’en doutait, mais les statistiques que publie l’Insee avec un certain délai (le temps de traiter et analyser les données recueillies) le confirment sans ambiguïté.

Les chiffres de 2011, qui viennent de sortir, ont déjà été amplement commentés, on n’en rappellera ici donc que les grandes lignes: le niveau de vie de la population française a été globalement stable cette année-là, après avoir baissé de 0,5% en 2010 et avoir progressé faiblement, de 0,4%, en 2009.

Mais cette apparente stabilité cache en fait deux mouvements opposés: au-dessus du niveau médian, la moitié des Français ont vu leur situation s’améliorer, et cela d’autant plus nettement qu’ils étaient déjà plus aisés; en sens inverse, pour les revenus les plus faibles, 2011 a été la troisième année de baisse d’affilée, même si cette baisse a été plus modérée qu’en 2009 et 2010.

Pas de conclusions politiques hâtives

Cette évolution s’explique par la conjugaison de deux facteurs: les revenus salariaux les plus élevés progressent plus vite que les autres et les revenus du patrimoine, très faibles dans les catégories sociales les plus modestes, contribuent de façon significative à la hausse du niveau de vie des plus aisés.

 Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Et l’on s’étonne après du pessimisme de beaucoup de Français et de leur manque de confiance dans l’avenir!

Une lecture politicienne de ces chiffres peut conduire à des conclusions hâtives: ce n’est pas étonnant, diront certains, à cette époque, c’était Nicolas Sarkozy qui était à l’Elysée! 

Ce jugement sommaire devrait être nuancé: il est vrai que la France n’a pas échappé à la montée des inégalités, mais ce mouvement constaté à l’échelle mondiale a été d’une moindre ampleur ici que dans beaucoup d’autres pays.

On peut par exemple se référer à la dernière publication d’Emmanuel Saez, professeur à l’Université de Californie, qui poursuit les travaux commencés avec Thomas Piketty sur les inégalités. 

Selon lui, les 1% d’Américains les plus riches ont encaissé à eux tout seuls 19% des revenus distribués aux Etats-Unis l’an passé; jamais depuis 1928 ils ne s’étaient taillé une telle part du gâteau. Et si l’on considère les quatre années d’après-crise 2009-2012, ce 1% a vu son revenu progresser de 31,4%, tandis que celui des 99% restants ne gagnait que 0,4 %…

Des efforts fiscaux justifiés

Ce creusement du fossé entre riches et pauvres, même s’il reste contenu dans l’Hexagone, justifie en tout cas les choix fiscaux de François Hollande: pour restaurer les finances publiques, il est effectivement justifié de demander proportionnellement plus d’efforts aux catégories les plus aisées.

Ce choix a deux vertus. D’une part, il ne freine pas trop la croissance: un supplément d’impôt pèse seulement sur la capacité d’épargne des plus aisés, alors qu’il ralentit la consommation s’il touche les plus modestes. D’autre part, l’impôt, s’il est progressif, contribue à corriger les inégalités de revenus et de patrimoine.

Mais cet aspect vertueux de l’impôt a des limites: lorsque les prélèvements obligatoires atteignent un niveau aussi élevé que c’est le cas maintenant en France, à plus de 46% du PIB, leur caractère redistributif n’est plus guère perçu. 

Ce que chacun retient, c’est qu’ils sont élevés, et le fait que certains paient l’ISF ou arrivent à une tranche d’impôt sur le revenu à 45% (voire éventuellement à 75%) ne console pas de voir sa propre contribution augmenter fortement.

De ce point de vue, le président a sans doute raison de renoncer à faire progresser les taxes sur les carburants et d’épargner le diesel, même si d’autres considérations auraient pu justifier un tel choix. Trop, c’est trop. Même si l’on admet que l’impôt a des vertus, il arrive un moment où la vertu agace.

Gérard Horny

http://www.slate.fr/economie/77846/hollande-inegalites-impots

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Y’en a marre que les inégalités de revenus se creusent en France

Posté par ippolito le 17 septembre 2013

Pourquoi les inégalités de revenus se creusent en France

Les écarts de niveaux de vies entre les ménages les plus aisés et les ménages les plus modestes se sont accrus en 2011, tandis que la pauvreté a gagné du terrain. Explications.

Un niveau de vie médian qui stagne

Voici une étude qui devrait encore accroître la pression sur le gouvernement pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés modestes : les inégalités se sont creusées en France en 2011, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux publiée par l’Insee ce vendredi 13 septembre.

Le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France métropolitaine est resté stable en 2011 à 19.550 euros, soit 1630 euros par mois. Ce montant partage la population en deux, la première moitié ayant moins et la seconde ayant plus. Sous l’effet de la crise, le niveau de vie avait baissé en 2010 (- 0,5%) après une progression faible en 2009 (+ 0,4%). Auparavant, entre 2004 et 2008, il avait augmenté de 1,8% par an en moyenne.

Nouvelle dégradation pour les plus modestes

Les niveaux de vie ont augmenté « uniquement » pour la moitié la plus aisée de la population en 2011, alors qu’ils ont reculé pour la troisième année consécutive pour la moitié la plus modeste, selon l’enquête. La situation s’est améliorée plus largement dans la moitié haute de la distribution : le 9e décile progresse de 2,1% en euros constants, plus fortement que les trois déciles qui le précédent (de + 0,1 % à + 0,8 %). 

À l’inverse, les quatre premiers déciles de niveau de vie continuent à diminuer en 2011 en euros constants (entre -0,2% et -0,8% selon le décile), mais à un rythme moins élevé que les deux années précédentes (entre -0,7% et -1,7% en 2010, et entre -0,4% et -1,1% en 2009).

La hausse des inégalités se poursuit

« La plupart des indicateurs montrent une progression des inégalités », relève l’Insee. Ainsi, les 10% les plus modestes avaient en 2011 un niveau de vie inférieur à 10.530 euros alors que les 10% les plus aisés disposaient d’au moins 37.450 euros, soit 3,6 fois plus, contre 3,5 fois en 2010. 

L’indice de Gini, qui mesure le degré d’inégalité dans une population, a poursuivi sa progression: il est passé de 0,303 en 2010 à 0,306 en 2011, alors qu’il avait déjà nettement augmenté l’année précédente. Enfin, le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20% les plus modestes passe de 4,5 en 2010 à 4,6 en 2011, son plus haut niveau enregistré depuis 1996. 

En clair : les 20% de ménages les plus modestes disposent en 2011 de 8,6% de la somme des revenus disponibles, les 20% les plus aisés perçoivent 39,5% de cette somme.

Des disparités salariales et patrimoniales

Cette poursuite des inégalités est en partie due à l’augmentation des disparités salariales. En 2011, comme l’année précédente, les bas salaires ont pâti de la faible revalorisation du Smic horaire brut: en moyenne annuelle, le Smic a baissé de 0,3% après -0,4% en 2010.

 En outre, au sein du premier décile de niveau de vie, la part des salariés ayant un emploi à durée limitée ou à temps partiel a augmenté. À l’opposé, les revenus salariaux évoluent plus favorablement dans le haut de la distribution.

Quant aux revenus du patrimoine, ils ont augmentent en 2011, en lien avec la légère hausse des taux d’intérêt et la progression des revenus de valeurs mobilières. Toutefois, ces revenus sont très inégalement répartis. 

Pour la grande majorité de la population, ils contribuent peu à l’évolution du niveau de vie du fait de leur faible poids dans le revenu disponible (moins de 6 % en moyenne pour 90 % de la population). En revanche, pour les 10 % de personnes les plus aisées, ils représentent 27 % du revenu disponible ; leur dynamisme en 2011 a donc contribué donc positivement à la progression du niveau de vie de ces personnes.

Le taux de pauvreté continue d’augmenter

La pauvreté a progressé en 2011 avec 8,7 millions de Français concernés, soit 14,3% de la population, vivant avec moins de 977 euros mensuels, contre 14% de la population vivant sous le seuil de pauvreté en 2010. Il a atteint son plus haut niveau depuis 1997. Cette hausse est la troisième consécutive, même si elle est plus modérée que celles enregistrées lors des deux années précédentes (+0,5 point en 2009 et +0,6 point en 2010).

Les actifs plus pauvres que les retraités

Parmi les adultes pauvres, la part des retraités diminue (de 10% à 9,3%), quand celle des actifs augmente (de 10,2% à 10,9%). Cette amélioration provient de la revalorisation des pensions au 1er avril 2011 (+2,1% pour le régime général) et de l’arrivée de retraités bénéficiant de carrières salariales plus favorables. Elle est due aussi à la revalorisation du minimum vieillesse au 1er avril 2011 (+4,7% pour une personne seule et + 2,1% pour un couple).

Les jeunes et les chômeurs plus touchés par la pauvreté

Le nombre d’actifs vivant sous le seuil de pauvreté a fortement progressé en 2011 (+232.000 sur un an), aussi bien parmi les salariés que parmi les chômeurs. Les premiers pâtissent d’une diminution des bas salaires en euros constants.

 Dans un contexte où le chômage est resté relativement stable en moyenne annuelle entre 2010 et 2011, la diminution du niveau de vie des chômeurs provient, elle, en partie de l’augmentation des durées de chômage. Elle s’accompagne d’une légère hausse du nombre de ceux qui ne perçoivent plus d’indemnisation.

En effet, parmi les chômeurs, la part de ceux ayant deux ans ou plus d’ancienneté s’accroît de 1,7 point à 20,5% et celle des chômeurs non indemnisés de 0,5 point à 46,4%. Par ailleurs, les revalorisations des allocations chômage ont été inférieures à l’inflation (le salaire journalier de référence, par exemple, a été revalorisé de 1,5 % au 1er juillet 2011 après 1,2 % au 1er juillet 2010, soit une progression de 1,35% en moyenne annuelle entre 2010 et 2011). 

Ainsi, le poids des revenus déclarés  » perçus  » (y compris indemnités de chômage, mais avant prestations sociales et impôts directs) diminue de 1,8 point dans le revenu disponible des chômeurs. La proportion de chômeurs vivant sous le seuil de pauvreté est ainsi passée de 35,8% à 38,9% entre 2010 et 2011.

Le taux de pauvreté des jeunes adultes (18 à 29 ans) s’est accru de 1,7 point en 2011 à 19,4% et leur niveau de vie médian a diminué de 2,6% après être resté stable en 2010. En effet, la part des jeunes ayant un emploi a reculé (-1,4 point à 55,4%) ; ils sont proportionnellement plus souvent au chômage (+0,4 point à 12,2%) ou inactifs (+0,9 point à 32,3%). 

En outre, ceux qui avaient un emploi en 2011 étaient plus souvent en contrat à durée limitée ou à temps partiel qu’en 2010. Ainsi, le taux de pauvreté des jeunes ayant un emploi a augmenté de 1,4 point en 2011 à 11,5%, contre +0,5 point à 8% pour l’ensemble des personnes ayant un emploi.

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/pourquoi-les-inegalites-de-revenus-se-creusent-en-france_401195.html

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