Y’en a marre des banques et surtout du FMI

Posté par ippolito le 13 janvier 2014

Quand votre banque en faillite viendra se servir sur votre compte

Ce n’est plus une utopie : L’Europe l’a acté : Les banques en difficulté pourront ponctionner les comptes de leurs clients pour se refaire, exactement comme à Chypre en mars dernier. Faut-il se précipiter à la banque et vider son compte ? Rassurez vous : cela n’arrivera pas avant 2016. Enfin, seulement si…

Pour intervenir en Centrafrique il aura fallut à la France trois bons mois pour obtenir un feu vert du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ce qui est rapide. François Hollande a beau ne plus vouloir que la France soit le gendarme de l’Afrique, on ne peut pas pour autant jeter le famas dans le fossé et tourner le dos aux massacres. D’où le la Libye, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Centrafrique, le tout en quatre ans et deux présidents.

Pour sauver des banques, ou mieux, le système bancaire mondial, la théorie voudrait qu’il faille des mois ou des années, vu le nombre de protagonistes impliqués. Seulement voilà : des hommes des femmes et des enfants qui se font massacrer peuvent attendre. L’économie mondiale, non. Si demain, une nouvelle crise -probable, malheureusement – survient, et que les banques – sûrement – se retrouvent à nouveau en première ligne, les chefs d’Etat des grands pays industrialisés qui représentent 80 % de l’économie mondiale – en gros, le G20 – n’auront que quelques heures pour intervenir.

En ce sens, l’accord conclu au niveau européen le 11 décembre dernier est une bonne chose. La directive en cours de préparation, et qui s’appliquera à compter de janvier 2016, prévoit le mécanisme dit de « bail-un », par opposition au « bail-out ». Bail-in, bail-out kesako ? Le bail-out, c’est ce qui a été fait en 2008, quand les Etats sont venus au secours de leurs banques, en leur prêtant massivement de l’argent, en entrant à leur capital, ou carrément en les nationalisant. C’est l’argent public (du moins, la garantie apportée par les Etats qui ont emprunté pour refinancer les banques) qui a sauvé les banques. Il n’a fallut que quelques heures pour décider  des modalités du (des) sauvetage(s). Quelques jours pour les mettre en oeuvre.

Mais voilà : en l’état des finances publiques, et surtout de leurs taux d’endettement, les Etats ne veulent plus prendre le risque de devoir à nouveau intervenir pour sauver les banques, et risquer de « partir avec l’eau du bain » comme dit le proverbe américain. En 2016, donc, ce seront les actionnaires des banques, puis, les détenteurs d’obligations, et enfin, les déposants, qui seront mis à contribution.

Si vous n’êtes pas sûrs d’avoir bien compris, voici en substance ce qui se passera « le jour où » les banques seront en difficulté : Constatant l’impasse dans laquelle la Banque Duchtruc se trouve, menaçant par contrecoup les banques Duchmol et Duchnou, les autorités décideront de chercher l’argent là où il se trouve. J’avoue ne pas avoir bien compris comment l’on irait pomper du cash aux détenteurs d’actions des banques en question, alors même que les cours des dites banques seront forcément en chute libre, voire suspendus. Peut-être en décrétant que tout détenteur de 10 actions ou obligations n’en détiendra plus que 9 ou 8, les autres servant, par leur revente, à apporter du cash à la banque. Mais qui en voudra ? Et quand ?

Non, là où l’argent se trouve, si vous aviez encore un doute, c’est.. sur votre compte en banque. Et pour le coup, là, c’est facile. Le patron de la banque, équipé de son mot de passe de super administrateur, n’aura qu’à taper un ordre sur son ordinateur, et ponctionner les comptes de ses clients. De combien ? Le texte européen prévoit d’autoriser jusqu’à 8 % de « confiscation ». Mais si cela ne suffit pas, et que la banque coule malgré tout ? Plutôt que de devoir honorer la garantie les dépôts bancaires, plafonnée à 100 000 euros, il sera bien plus rationnel pour l’Etat et les autorités bancaires d’autoriser une confiscation par palîers.. comme à Chypre.

A Chypre, les dépots supérieurs à 100 000 euros ont été  taxés à …. 37,5 %, et dans certains cas (origines des fonds douteuses et placement sur des produits d’épargne vendus par la banque dont le capital n’était pas garanti) jusqu’à 60 %. Nul doute que de 8 %, le plafond autorisé par l’accord européen, on n’hésitera pas à monter à 10, 15, ou 20. Ou, moins douloureux, à passer deux fois, à quelques semaines d’écart, tout en bloquant les sorties de cash entre les deux.

Prévoir un plan de sauvetage pour les banques est évidemment responsable. Mais là où le bat blesse, c’est que les règles de fonctionnement des dites banques n’ont, elles, pas vraiment évoluées. La manière dont les banques prennent des risques, d’un côté, pour faire de « l’argent facile », on parle de spéculation financière, et de l’autre, ne jouent pas leur rôle dans l’économie réelle, refusant de financier les entreprises et l’innovation est choquante.

Dans une grande banque, quelques centaines de personnes – pour ne pas dire quelques dizaines – jouent avec l’argent des millions de clients en le plaçant sur les marchés sur des produits à haut rendement, mais à fort risque. Et dans le même temps, les milliers de conseillers bancaires, conseillers d’entreprises comme de particuliers, rechignent à accorder un prêt car les règles de prise de risque de la banque ont changées… On préfere espérer gagner 50 % (ou les perdre) sur un placement, que de n’en gagner 3 ou 4, avec un risque pourtant très limité, alors même que c’est la fonction première de la banque, accompagner l’économie réelle, et non pas jouer avec des milliards avec des ordinateurs ultra-puissants sur des marchés boursiers virtuels.

En 2016, voire avant, votre compte en banque pourra servir à sauver une banque dont les turpitudes dans l’économie virtuelle auront précipité sa chute. A vous de voir si vous vous sentez solidaire.

Moi, pas.

http://fr.finance.yahoo.com/actualites/quand-votre-banque-en-faillite-viendra-se-servir-sur-votre-compte-133010321.html

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Y’en a marre de la hausse des tarifs bancaires

Posté par ippolito le 29 décembre 2013

Hausse des tarifs bancaires: Les démunis payent les étrennes des banquiers

La hausse des tarifs bancaires, le 1erjanvier prochain, touchera d’abord des services de base, donc les plus modestes. L’Association française des usagers de banque (Afub) appelle ni plus 
ni moins à 
«se révolter».

Le père Noël des banques n’est passé que pour les riches. Les établissements bancaires vont augmenter leurs tarifs au 1erjanvier, et surtout pour leurs prestations de base. Ce sont donc les plus pauvres qui devront payer plus, au point qu’une association de consommateurs appelle à «se révolter».

Dans quatre des principales banques françaises (Caisse d’épargne, Crédit agricole, Société générale et CIC), le prix de la carte à autorisation systématique, la moins chère du marché, augmente bien au-delà de l’inflation, entre 1% et 3%. Si son prix est stable à La Banque postale à 28,50euros par an, elle culmine à 39,15euros à la banque de l’écureuil. Parallèlement, la carte internationale à débit différé, la plus chère et uniquement utile aux plus riches, reste, elle, stable autour de 45euros par an.

Les banques impunies

Les virements suivent la même logique. Si tous les établissements les proposent désormais gratuitement sur Internet, ils augmentent à la Caisse d’épargne, à la Société générale et au CIC, pour s’établir à près de quatre euros en moyenne par opération.

Sous couvert d’évolution technologique, ce sont là aussi des inégalités qui se creusent. La fracture numérique touche avant tout les catégories fragiles (plus modestes, plus âgés) tandis que les classes supérieures, dotées des derniers outils (Smartphones…), ont beaucoup moins de mal à s’adapter à ces innovations.

Forcément, l’Association française des usagers de banque (Afub) est en colère. Serge Maître, son secrétaire général, ne mâche pas ses mots. «Ce qui est exécrable, c’est que ça va concerner les produits du quotidien, pas des produits exceptionnels (…) mais les virements, les prélèvements, les tenues de la carte bancaire de base. La carte de luxe, elle, est en baisse. » Chargé de mission banque-assurance à l’UFC Que-choisir, Maxime Chipoy, trouve lui aussi «choquant» que «ces évolutions touchent les plus modestes».

Déjà dénoncés par l’UFC en juin 2013, ce sont surtout les «frais de tenue de compte» qui le préoccupent. «Ces nouveaux frais, généralisés à toutes les banques alors que la plupart d’entre elles n’en appliquaient pas encore il y a trois ans, ne renvoient à aucun service identifiable. Cette opacité semble cacher quelque chose et appelle les pouvoirs publics à imposer une transparence dans leur définition.»

En 2013, ils étaient de l’ordre de 22 euros par an en moyenne, un chiffre en progression de 56% (!) par rapport à 2010. Et ils vont encore lourdement augmenter en 2014. Ainsi, la Banque populaire, qui ne les faisait pas payer jusqu’à présent, va ponctionner 1,50 euro par mois au titre de ces frais, pour tous les clients non titulaires d’une convention de relation – donc, à nouveau, les moins aisés.

La loi bancaire votée en juillet dernier par le Parlement entend mieux encadrer les activités et les tarifs. Outre une harmonisation des termes utilisés par les banques, et une plus grande facilité pour changer d’établissement, ce texte « prévoit un plafonnement des commissions d’intervention, prélevées lors d’incidents de paiement et qui peuvent s’accumuler à grande vitesse pour les ménages à découvert», se défend le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici.

« Ces commissions sont désormais plafonnées pour tous les clients (à 80 euros par mois – NDLR) et, ajoute le ministre, un plafond plus bas s’appliquera aux plus vulnérables», selon des critères qui seront fixés par décret. Jusqu’à présent, les commissions d’intervention rapportaient aux banques françaises plus de trois milliards d’euros chaque année…

Pour autant, le texte n’a pas tenu toutes ses promesses. «Le changement d’établissement bancaire est loin d’être aussi facile qu’annoncé, c’est une grosse lacune de la loi», estime Maxime Chipoy, qui considère que «la galère pour faire transférer un compte joue en faveur d’une impunité des banques».

Serge Maître va plus loin et voit dans cette loi la source même de l’importance des hausses au 1erjanvier. « Les appétits tarifaires se déplacent chaque fois que l’on plafonne », estime le responsable de l’Afub, regrettant que la loi n’intervienne pas sur les hausses annuelles. En attendant une «régulation durable des tarifications», il appelle les usagers à «se révolter».

«Ces hausses ne sont pas une fatalité, assure-t-il. Depuis 2009, le banquier qui veut vous imposer sa nouvelle tarification doit vous envoyer sa plaquette tarifaire, mais surtout il doit ajouter une lettre. Et il ne le fait jamais. Nous pouvons donc résister.»

Recherche super-rentabilité désespérément

Contraintes d’augmenter leur niveau de fonds propres et de liquidités, avec la mise en application de la nouvelle réglementation, connue sous le nom de Bâle 3, les banques mettent les bouchées doubles pour retrouver leur rentabilité à deux chiffres d’avant la crise.

Et c’est la banque de détail qui devient la vache à lait des banques françaises. Pour accroître leurs performances, elles n’hésitent pas à se restructurer, en supprimant des postes, en fermant des agences, à augmenter leurs tarifs de «tenue de comptes», à multiplier les assurances.

Et les résultats sont là. À l’instar de la Société générale, qui affiche une rentabilité groupe avant impôt de 6%, alors que sa banque de détail affiche 24% de rentabilité. En moyenne, ce taux s’établit à 14% pour les banques de détail européennes, selon une étude qui porte sur neuf pays (France, Allemagne, Italie, Russie, Espagne, Suède, Suisse, Turquie et Royaume-Uni).

http://www.humanite.fr/m/node/555961

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Y’en a marre des banques

Posté par ippolito le 9 décembre 2013

L’Etat va encore dépenser 4,5 milliards d’euros pour solder l’affaire du Crédit lyonnais

C’est un scandale qui aura coûté aux contribuables 14,5 milliards d’euros. Record à battre. Vingt ans après l’éclatement de l’affaire du Crédit lyonnais, une banque publique qui a multiplié les investissements risqués dans les années 1990 jusqu’à ce que la crise de 1993 plonge l’établissement au bord de la faillite, l’Etat s’apprête à solder les dernières dettes du Crédit Lyonnais (devenu aujourd’hui LCL).

Selon Le Parisien Dimanche, la loi de finances rectificatives de 2013 va comporter un article autorisant « l’Agence France Trésor — le service de Bercy chargé de la dette — à emprunter 4,5 milliards d’euros sur les marchés financiers. Objectif : lever les fonds nécessaires au remboursement des dernières dettes générées par la quasi-faillite de cette banque publique en 1993. Si le Parlement accepte la mesure, l’Etat mettra donc un point final au volet financier de ce naufrage industriel ».

4,5 milliards d’euros alors que les finances publiques sont dans le rouge ? « Depuis 2006, rien n’a été fait pour anticiper cette échéance. Malgré les mises en garde de la Cour des comptes.

 « La dette de l’EPFR (4,4 milliards d’euros fin 2009) devrait être amortie progressivement, sans attendre 2014 », alertait la Cour, dans un référé — une injonction à agir — envoyé fin 2010 à François Fillon, alors Premier ministre, et transmis début 2011 à la commission des Finances de l’Assemblée nationale », raconte Le Parisien. 

Or, Fillon n’a rien fait, laissant au gouvernement suivant le soin de régler la facture. Ce que le gouvernement Ayrault s’apprête à faire.

Reste à faire les comptes : selon Le Parisien, « au total, le sauvetage du Lyonnais aura coûté la bagatelle de 14,7 milliards d’euros à l’Etat ». Soit « une facture moyenne de 223 euros par Français ou de 812 euros par contribuable imposé… »

*** Source
- Boris Cassel, « Crédit lyonnais : l’Etat passe à la caisse », Le Parisien, 10.11.2013

http://www.politique.net/2013111001-affaire-lyonnais-etat-4-milliards.htm

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Y’en a marre des hausses des tarifs bancaires

Posté par ippolito le 6 décembre 2013

Tarifs bancaires : des hausses bien cachées pour nombre de services

Malgré la pression du gouvernement, le coût d’un compte s’est à nouveau alourdi. Sauf dans les banques en ligne, où la gratuité reste de mise. Etat des lieux.

L’accalmie aura été de courte durée. Alors que l’an passé les banquiers avaient modéré leurs prétentions tarifaires (+1,2% de hausse moyenne), notre nouveau comparatif, établi en exclusivité par le site Choisir-ma-banque.com auprès de 110 établissements, montre qu’ils ont repris leurs mauvaises habitudes. 

C’est ainsi qu’ils facturent 37,35 euros en moyenne leur carte de paiement internationale à débit immédiat, un tarif en hausse de 3,5% sur un an. Ou qu’ils prélèvent aux étourdis demandant la réédition du code de leur carte pas moins de 8,30 euros, un coût en augmentation de 2,95%. Sans parler de leur facture en cas de retrait aux distributeurs de la concurrence (les «­retraits déplacés»), qui a carrément explosé de 8,86%.

 Comme toujours d’ailleurs, ces pratiques se font dans la plus joyeuse ­pagaille, parfois au sein d’une seule et même enseigne. Ainsi, quand le Crédit mutuel Midi Atlantique décide d’augmenter de 3,5% le coût de réédition du code de la carte, celui d’Anjou l’abaisse de 12,6%. Le Crédit agricole Corse, de son côté, ­allège de 20,5% le coût d’une ­opposition sur chèque, tandis que son voisin de Provence Côte d’Azur l’augmente de 4,4%…

Au final, le coût pour le client s’est alourdi de 1,7%, près de deux fois le niveau actuel d’inflation. «Au vu de l’inventivité tarifaire des établissements, il faudra bientôt payer pour dire bonjour à son banquier», résume Reine-Claude Mader, ­présidente de l’association de consommateurs CLCV. 

On n’en est pas si loin, à en juger par les quelque 300 lignes que comptent désormais les brochures tarifaires, contre une centaine auparavant. Parmi les dernières innovations recensées : facturer des frais annuels de tenue de compte, c’est-à-dire le simple fait d’être client ! 

Pour faire passer la pilule (ce tarif s’affiche tout de même en hausse de 16,6% sur un an), les banquiers s’y prennent le plus souvent en deux fois : ils commencent par faire apparaître le service sur leurs plaquettes, en le mentionnant comme gratuit. Avant, un à deux ans plus tard, de le basculer en payant !

 Cette année, les caisses du Crédit agricole se sont apparemment passé le mot, puisque près d’un quart d’entre elles (à l’image de celles du Finistère, du Morbihan, ou encore de Toulouse et du Midi toulousain) se sont mises à le facturer, parfois jusqu’à 30 euros d’un coup.

http://www.capital.fr/finances-perso/dossiers/tarifs-bancaires-des-hausses-bien-cachees-pour-nombre-de-services-893629

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Y’en a marre de l’affaire Apollonia et surtout des banques

Posté par ippolito le 21 novembre 2013

Affaire Apollonia: quand banques riment avec escrocs 

Cet homme-là était un heureux propriétaire. Un chalet dans la station suisse huppée de Crans-Montana, une autre propriété dans la région, une maison à Cassis, quatre-vingts appartements acquis via des SCI, ainsi qu’un jet privé, une Porsche Cayenne et une Maserati: il avait su capitaliser les fruits de l’arnaque dont la justice le soupçonne d’être le cerveau. 

Devant les flics, le patron d’Apollonia avait d’ailleurs fini par avouer: «En fait, je suis dans l’impossibilité de vous dire à ce jour et de façon absolue le montant de mes avoirs.» Au moins, les choses étaient claires…

Mais pour ce proprio gavé, combien de gogos roulés dans la farine? Un bon millier. Faut dire qu’Apollonia ne donnait pas dans le détail. Cette société serait la cause, selon ses victimes, de la première escroquerie immobilière et financière de France; un bon milliard d’euros de préjudice grâce à 7500 logements vendus dans des conditions plus que sulfureuses, grâce aux ficelles de la location meublée. 

Les clients floués, salariés, cadres, professions libérales, ont été appâtés par les avantages de la défiscalisation, voire envoûtés par ses sirènes, au point de se faire avoir comme jamais. Aveuglés, ficelés par la confiance accordée à Apollonia au point de confier des procurations sans vérifier derrière, ils pensaient autofinancer l’achat d’appartements par les revenus locatifs et les avantages fiscaux. 

Ces niches fiscales très attractives ont eu un effet d’attrape-nigauds, d’autant plus que ces petits naïfs se sont vu refourguer des apparts beaucoup plus chers que leur valeur — par exemple 13 302 euros du mètre carré pour un studio en banlieue parisienne. Une fortune!

Résultat, ils se sont retrouvés englués jusqu’au cou dans le surendettement, au point de ne plus pouvoir rembourser leurs emprunts et de voir les apparts saisis par les banques. «Nous voyons des taux d’endettement actuellement de 100 à 500%, aggravés par le fait que les loyers ne sont plus versés par les locataires», raconte Claude Michel, le président de l’association des victimes d’Apollonia (ASDEVILM).

Les responsables d’Apollonia, cinq notaires (dont certains ont fait de la prison), des courtiers en crédit, tous sont mis en examen, alors que les banques, qui ont joué un rôle clé, semblent étrangement épargnées. 

BPI, par exemple, qui aurait, selon une lettre de Jacques Gobert, l’avocat de l’association, «cherché à tirer sciemment un profit maximum» de «l’ignorance» des victimes sur l’étendue exacte de leurs engagements. Il explique encore que «BPI faisait souscrire ces prêts à des taux extrêmement rémunérateurs pour elle et proches ou dépassant le seuil de l’usure». 

Parfois, les taux dépassaient d’un point, voire plus, le taux légal maximal. 

Hélas pour les victimes, le juge a annulé la mise en examen de la banque, réduisant son rôle à celui de témoin assisté, antichambre probable du non-lieu… 

Seuls quelques-uns de ses responsables physiques sont encore poursuivis. La faillite récente du Crédit immobilier de France, sa maison mère, ne va pas aider à ce que justice soit faite… Quatre autres banques ont elles aussi vu leur mise en examen annulées: elles n’auraient pas une connaissance suffisante, au moment des faits, de l’escroquerie présumée. Ah bon…

Le droit, quel droit?

Pourtant, les exemples de violation des règles sont légion dans cet énorme dossier: des fiches de renseignements bancaires et demandes de prêt, toutes complétées de la même main, mais jamais de celle de l’emprunteur; des documents bancaires souvent non signés et non datés, des offres de prêt envoyées par les banques directement à Apollonia et non aux emprunteurs, etc. Les banques se sont allègrement assises sur le droit de la consommation…

L’affaire s’enlise aujourd’hui, instruite par un énième juge, Julien Retailleau, noyé dans un dossier gigantesque de plus de 70000 cotes. «Pendant ce temps, les uns et les autres, responsables de cet état de fait, continuent à exercer, ainsi que les notaires mis en examen; certains collaborateurs d’Apollonia ont même recréé des sociétés», s’énerve Claude Michel. 

Comme les victimes, étranglées, ne remboursent pas les prêts, les banques saisissent les biens, les vendent aux enchères, quitte à les racheter elles-mêmes à 30% de la valeur, tout ça sur la base d’actes de notaires mis en examen pour «complicité d’escroquerie en bande organisée» et «faux en écriture publique». Mais tout ça ne gêne aucunement le business des banques… 

Laurent Léger

http://www.charliehebdo.fr/news/apollonia-1054.html

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Y’en a marre du crédit Lyonnais

Posté par ippolito le 12 novembre 2013

Crédit lyonnais: une ardoise de plusieurs milliards qui traîne depuis vingt ans

En 1996, un incendie se déclare au siège parisien du Crédit lyonnais. Des documents importants disparaissent.

Bercy compte emprunter 4,5 milliards d’euros pour accélérer le règlement des dettes issues de la quasi faillite du Crédit lyonnais dans les années 1990. Retour sur un dossier qui a ébranlé le monde politique et financier.

C’est un dossier aux ramifications sans fin que tente de refermer le gouvernement. Vingt ans après le début d’un scandale comparé alors à celui du Panama sous la IIIe République, Bercy a confirmé ce dimanche son intention de terminer au plus vite de rembourser les dettes issues de la quasi-faillite du Crédit lyonnais en 1993. L’Etat tente depuis vingt ans d’éteindre l’incendie. 

1993 – Le séisme Crédit Lyonnais

Trois ans après avoir annoncé les meilleurs résultats de son histoire, et après des avertissements, le scandale éclate au grand jour. La Commission de contrôle bancaire enquête sur des investissements « pourris » réalisés par des filiales de la banque (alors publique). Parmi les actifs visés figure notamment l’investissement dans la Metro-Goldwyn-Mayer via sa filiale néerlandaise CLBN.

1995 – Le CDR chargé de liquider des actifs « pourris » 

Le Consortium de réalisation (CDR) est chargé de régler les actifs pourris du Crédit Lyonnais. Près de 30 milliards d’actifs sont repris par le CDR, notamment les participations dans Executif Life, Adidas, et plusieurs holding dont celle de François Pinault. 

1996 – L’incendie 

Tout un symbole. Le siège de l’établissement bancaire, boulevard des Italiens à Paris, prend feu le 5 mai 1996, causant la perte d’archives importantes. Une information judiciaire contre X pour « destruction par incendie », l’année suivante. 

1997 – Création de l’EPFR

L’Etablissement public de financement et de restructuration (EFPR) est mis en place  pour chapeauter le CDR créé deux ans plus tôt afin d’apurer le passif du Crédit Lyonnais. Il est chargé notamment du financement du CDR, et pour cela, il souscrit un prêt de 130 milliards de francs auprès du Crédit lyonnais qui doivent être remboursés grâce aux cessions d’actifs.

Alors que les dettes n’ont toujours pas fini d’être remboursées, depuis 2007, l’Etat n’a plus alloué aucun crédit à l’EPFR.

 2003 – Un procès à Paris

Plusieurs dirigeants mis en cause doivent s’expliquer sur les faits survenus dix ans plus tôt, notamment sur la présentation de comptes tronqués. A la barre est notamment appelé l’ancien directeur de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui était directeur du Trésor à l’époque des faits qui supervisait donc les activités de la banque publique. A ses côtés sont également entendus l’ancien patron du Crédit lyonnais, Jean-Yves Haberer ainsi que Jacques de Larosière, qui était alors gouverneur de la banque de France.

2006 – La banque change de nom

Privatisée en 1999, la banque devient « LCL » sept ans plus tard, histoire de repartir sur un nouveau pied. 

2011-2012 : La Cour des Compte et le Sénat rouvrent le dossier

Les Sages de la rue Cambon préviennent en 2011 le gouvernement Fillon que l’EPFR ne reçoit plus de ligne de crédit lui permettant de rembourser ce qu’il reste des dettes dont l’échéance arrive fin 2014. Pire : depuis 2010, elles se sont aggravées. Il reste plus de 4,8 milliards d’euros sur son ardoise comme le rappelle le sénateur Jean-Claude Frécon, rapporteur spécial, dans un document datant de la fin 2012.

Le dossier est d’autant plus sensible que l’arbitrage Tapie de 2008 visant à régler le litige qui l’opposait à la banque pour la cession d’Adidas en 1993 a remis en lumière le CDR et le passif du Crédit lyonnais. 

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20131110trib818ceac1e/credit-lyonnais-une-ardoise-de-plusieurs-milliards-qui-traine-depuis-vingt-ans.html

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