Y’en a marre des agences de notation et surtout de la politique de François Hollande

Posté par ippolito le 9 novembre 2013

L’agence de notation Standard & Poor’s sanctionne le ras-le-bol fiscal

Pour l’agence de notation, les gouvernements successifs ont usé jusqu’à la corde les hausses d’impôts, au point de menacer le redressement des comptes.

Un manque de réformes pour retrouver une croissance digne de ce nom, une incapacité à réduire les dépenses publiques et une marge de manoeuvre réduite pour encore augmenter les impôts. Standard & Poor’s n’y va pas par quatre chemins pour justifier sa nouvelle dégradation de la note de la France. 

La stratégie économique de François Hollande est clairement dans le collimateur. Après avoir perdu la meilleure note possible (AAA) en janvier 2012 dans la grille de Standard & Poor’s, l’Hexagone tombe du coup encore d’un cran, à AA, une note qui reste toutefois parmi les meilleures.

Une croissance qui devrait rester anémique

Malgré la promesse du président d’inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année, l’agence de notation américaine considère désormais que les politiques économiques menées depuis sa dernière décision de notation en novembre 2012 (maintien de la note avec perspective négative) n’ont pas significativement réduit le risque que le chômage se maintienne au-dessus de 10 % d’ici à 2016. Son niveau actuel réduirait d’ores et déjà la capacité du gouvernement à mener de nouvelles réformes et réduirait la croissance potentielle du pays à long terme. 

Après une année de progression de l’activité proche de zéro en 2013, Standard & Poor’s s’attend à la voir remonter à seulement 1 % en moyenne en 2014 et 2015, un niveau sensiblement inférieur aux espérances du gouvernement de 1,7 % pour 2015.

Pas assez d’efforts sur la baisse des dépenses 

Sur le plan des finances publiques, Standard & Poor’s s’inquiète de voir le gouvernement repousser sans cesse ses objectifs de baisse du déficit. De 3 % en 2013, la cible a d’abord été révisée à 3,7 %, puis 4,1 %. Et l’ajustement réalisé s’est opéré presque exclusivement via des hausses d’impôts, alors que le poids des prélèvements obligatoires était déjà élevé. 

Standard & Poor’s s’inquiète manifestement du ras-le-bol fiscal qui a obligé le gouvernement à reculer à plusieurs reprises. Le risque serait d’autant plus grand pour le redressement des comptes que les mesures prises et envisagées à l’avenir pour baisser les dépenses sont considérées comme « relativement modestes ». Résultat, Standard & Poor’s s’attend à voir la dette continuer à augmenter.

« Jamais un gouvernement n’avait conduit autant de réformes » (Moscovici)

Autant de jugements que Pierre Moscovici a immédiatement qualifiés de « critiques et inexacts ». Le ministre de l’Économie et des Finances « rappelle que le gouvernement a mis en oeuvre au cours des dix-huit mois écoulés des réformes d’envergure pour redresser l’économie du pays, ses finances publiques et sa compétitivité grâce à une méthode fondée sur l’écoute et le dialogue ». 

Il considère surtout que « jamais un gouvernement n’avait conduit autant de réformes en un temps si court, et dans un contexte conjoncturel aussi difficile ». Il cite notamment « le pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, la loi sur la sécurisation de l’emploi, le chantier en cours de la modernisation de l’action publique, la réforme des régimes de retraite, la création de Bpi France, la réforme bancaire ».

Standard & Poor’s reconnaît que l’accord sur la réforme du marché du travail du 11 janvier dernier ou encore le crédit d’impôt compétitivité-emploi et d’autres réformes sectorielles sont positifs, mais pour autant elle ne les considère pas moins comme insuffisantes pour revigorer la croissance. 

L’agence américaine regrette le manque de flexibilité de l’économie française en comparaison avec ses grands concurrents européens. Elle a toutefois assorti son jugement d’une perspective stable, c’est-à-dire que le risque d’une nouvelle dégradation dans les deux ans est inférieur à un sur trois, tout comme la perspective d’une remontée de la note. 

http://www.lepoint.fr/economie/l-agence-de-notation-standard-poor-s-sanctionne-le-ras-le-bol-fiscal-08-11-2013-1753532_28.php

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Y’en a marre du monde de la finance surtout quand rien ne change

Posté par ippolito le 16 septembre 2013

Cinq ans après Lehman Brothers, la culture financière n’a pas changé.
  
Le gouvernement américain a eu raison de lâcher Lehman Brothers

Les circonstances qui ont provoqué le 15 septembre 2008, la chute de Lehman Brothers sont nombreuses, mais jamais Richard Fuld, son CEO, n’a cru que le Trésor américain, à la tête duquel se trouvait l’ancien patron de Goldman Sachs et un des « parrains » de Wall Street, le lâcherait. 

Contrairement à une perception  erronée,  ce sont les Républicains qui étaient au pouvoir et ne voulaient plus d’un sauvetage des banques. Comme cette crise avait été provoquée par la mauvaise gestion des banques et non par des facteurs extérieurs, il  faillait envoyer un message clair: l’argent des contribuables n’est pas au services des institutions financières. Il fallait une leçon grandeur nature pour comprendre ce qu’une telle faillite signifie au niveau mondial et mettre une limite au chantage des banquiers.

La règlementation peut-elle devenir un risque systémique ?
Suite à ce qui a été un traumatisme -mais n’a pas affecté les investisseurs particuliers aux Etats-Unis- la machine règlementaire s’est mise en route. 

Des deux cotés de l’Atlantique, les Gouvernements ont renfloué les banques.  Les dirigeants politiques ont remis en route la machine à réguler pour que, plus jamais, les contribuables n’aient à sauver les banques. L’Asie n’ayant pas été affectée par cette crise, elle reste (provisoirement) hors du jeu.

Malheureusement, au lieu de restructurer la règlementation, on en a ajouté une couche. La nouvelle règlementation est à la fois plus complexe, moins efficace et encore moins adaptée aux marchés mondiaux.

On s’est intéressé au risque systémique, mais en se contentant de mettre autour de la table les mêmes acteurs. Nous aurons droit à des réunions interminables de régulateurs de tous poils. Aux États-Unis, ce seront des régulateurs spécialisés sous la houlette du Trésor. En Europe ce seront les 28 régulateurs sous la houlette de la Commission et de la Banque Centrale Européenne.

La complexité institutionnelle et les détails absurdes dans lesquels les auteurs se sont perdus, produiront deux faiblesses inévitables: un processus de décision encore plus complexe en cas de crise et une propension des financiers de contourner la jungle des règlementations.

Les mentalités n’ont pas changé.

Que ce soit la baleine de Londres chez JP Morgan, la chute de MF Global et surtout la manipulation du taux du LIBOR ou les délit d’initiés,  nous avons continué à assister à un ensemble d’infractions que les régulateurs n’ont pu prévenir.
Le bilan des grandes banques mondiales continue à contenir deux fois plus d’actifs financiers que de prêts à l’économie.

Apres une première vague de « démissions » à la tète de plusieurs banques et institutions financières, tout est rentré dans l’ordre. Les Présidents et leurs conseils d’administration sont aussi peu efficaces et compétents qu’avant. Personne n’a été remercié. 

Les activités de marché ont continué de plus belle, les hedge funds sont en croissance, les « acteurs financiers » sont repartis à l’assaut d’acquisitions, bref, le modèle financier n’a changé que marginalement, et les banques européennes ne se sont pas vu interdire de spéculer avec leurs fonds propres.

 Qui plus est, certaines d’entre elles ont connu une érosion de leurs fonds propres. La diminution des bilans n’a pas eu lieu. Apres un ralentissement de trois ans qui a accéléré la récession, les marchés sont repartis de plus belle grâce a la subsidiation des banques par les Banques Centrales.

Le légalisme paralyse le crédit.

La réponse donnée aux préoccupations politiques a fait les beaux jours des juristes et des départements administratifs. Aux États-Unis, un dossier pour l’obtention d’un crédit hypothécaire dure des mois à se constituer. Tout se passe comme si l’assaut de règlementations et de procès avait paralysé la fonction de préteur, élément essentiel du rôle des banques.

Les départements de « compliance » qui assurent que toutes les règles nouvelles ont été appliquées jusque dans le moindre détail, sont devenus plus importants que les départements de crédit qui décident ou non d’octroyer le crédit.

 Les grands gagnants des crises financières sont les avocats, les consultants et les comptables. 3 milliards de dollars ont été dépensées pour la liquidation de Lehman Brothers qui se termine après 5 ans. Le total des frais d’avocats des grandes banques américaines pour cette crise financière est également de 3 milliards de dollars.

C’est le changement le plus marqué de l’évolution règlementaire qui a suivi la crise de Lehman. Derrière cette soumission se cache une frilosité face aux risques. La règlementation devient lentement mais surement un créateur de risque en elle-même. Si la finance ne joue plus son rôle de bailleur de fonds, c’est l’économie en elle-même qui en sera affectée.
Il n’y a pas de corrélation entre règlementation et éthique.

Le rôle de la règlementation est de fixer le cadre institutionnel, les règles du jeu et la manière dont les sanctions sont prises. Il serait cependant illusoire de croire qu’elle est en mesure de moraliser la sphère financière.

Il faudra que les individus qui commettent certaines de ces infractions soient appelés à la barre et aient à rendre compte de leurs actes. L’arme de la prison s’impose dans les cas extrêmes. L’interdiction de pratiquer la profession me parait infiniment plus efficace. Le droit et l’éthique opèrent dans des sphères différentes.

Ils se rencontrent sans pour autant se chevaucher.

C’est la culture de la finance qui doit changer.

C’est de la direction des institutions financières que doit venir l’initiative. On ne voit pas beaucoup de changement. Les hommes et les femmes au sommet proviennent de cette même culture et la plupart d’entre eux n’ont pas changé. Ce sont les mêmes dirigeants et les mêmes administrateurs au moins pour les trois quarts.

Ce changement est-il impossible? Certainement pas. C’est en privilégiant la gestion des risques par rapport aux bénéfices que l’on arrivera à une vraie transformation de la dynamique qui amène la finance à se multiplier. C’est indispensable, mais demande du temps et il semble qu’il faudra quelques belles déconfitures financières. 

Augmenter les pare-feu ne change pas les mentalités. Il est important d’être réalistes. Le rôle des régulateurs reste limité. L’intégrité personnelle et collective reste la clé de voute.

Y a-t-il place pour des dirigeants et administrateurs qui tiennent compte du rôle social et humain de leurs institutions? Sans aucun doute. C’est une question de volonté. Cela demande du courage: on ne réforme pas les mentalités sans affronter de farouches résistances. C’est aussi une question d’intégrité et l’intégrité n’a pas besoin de règles. (Albert Camus).

http://finance.blog.lemonde.fr/2013/09/14/cinq-ans-lehman-brothers-la-culture-financiere-na-pas-change/

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Y’en a marre de la hausse des taux d’emprunt et surtout des banques

Posté par ippolito le 10 septembre 2013

Pourquoi emprunter va nous coûter (beaucoup) plus cher

La Fed ayant coupé le robinet, les taux remontent à grande vitesse. Avec des conséquences douloureuses pour les particuliers, la Bourse et les Etats endettés comme la France.

Pour l’instant, les taux pour les particuliers ne se sont pas envolés, mais plus vous allez attendre pour emprunter plus cela va vous coûter cher. 

L’Etat français pouvait emprunter il y a quatre mois à 1,65% sur dix ans. Il doit maintenant payer 2,65% pour lever le moindre euro sur la même durée… Pourtant, tous les cadrans sont en train de passer au vert. François Hollande, comme il l’avait annoncé, voit poindre un début de hausse de la croissance en France. Quant aux efforts budgétaires du pays, ils se poursuivent.

Voilà qui aurait dû permettre de maintenir les taux d’intérêt à un niveau raisonnable. D’autant qu’au niveau international, les capitaux affluent sur les pays occidentaux. 

Les marchés émergents, qui, par leur taux de croissance, avaient réussi à siphonner les capitaux en mal d’investissement (220 milliards de dollars investis en deux ans), ne séduisent plus du tout : depuis le mois de mai, 97 milliards de dollars sont repartis vers les marchés des pays développés où ils se sont investis en actions et en obligations.

De fait, les marchés boursiers en ont bien profité : la Bourse de Paris a gagné 11% depuis mai dernier. Les obligations auraient dû aussi en profiter et l’afflux d’acheteurs de titres d’Etat aurait dû faire baisser les taux d’intérêt. C’est le contraire qui s’est produit. Pourquoi?

On vit un mini-krach obligataire

C’est là qu’il faut introduire un nouveau mot. Il va occuper d’ici peu une très grande place dans le vocabulaire économique mondial. Il s’agit du « taper » (prononcer « tapeur »). 

Qu’est-ce que ce « taper » ? C’est la nouvelle politique de la réserve fédérale. Elle consiste à fermer le robinet (« tap » en anglais) des liquidités dont elle inonde le monde depuis le début de la crise, en 2007. 

En six ans, elle a créé plus de 3.000 milliards de dollars de liquidités, sous forme de prêt à taux zéro aux banques qui les ont ensuite replacées dans l’économie, en les prêtant aux entreprises et aux particuliers, ou en les investissant pour leur propre compte.

Cela a contribué à relancer les cours boursiers et à maintenir les taux de crédit à un niveau artificiellement bas, pour aboutir, au final, à la relance de l’économie américaine. Mission accomplie, nous dit donc Ben Bernanke, le patron de la Fed, qui a décidé de fermer sa boutique à partir de la mi-septembre, maintenant que la croissance américaine est sur les rails.

Mais attention, prévient l’économiste d’Oddo Securities, Bruno Cavalier: « la Fed n’est jamais sortie d’une politique monétaire extrêmement accommodante sans causer de graves dégâts. » On peut désormais parler d’un mini-krach obligataire : les taux de l’emprunt d’état à dix ans aux Etats-Unis sont passés de 1,60 à 2,95%. 

« Il faut bien comprendre que sur le marché des emprunts d’Etat un mouvement comme celui-ci est équivalent à un méga-krach sur les actions » commente notre chroniqueur des marchés, le PDG de MonFinancier.com, Marc Fiorentino.

Et la France, dans tout cela ?

Notre pays est désormais traité avec méfiance : les investisseurs, qui ont moins facilement accès à l’argent facile, sont plus circonspects lorsqu’il s’agit d’investir dans un pays considéré comme fragile. D’où l’écart croissant entre l’Allemagne, qui ne paie que 2,18% pour se financer à 10 ans, et la France, qui elle paie un demi-point de plus : 2,65%. 

Les investisseurs font donc à nouveau la différence entre les pays, et ils le font par le biais des rendements qu’ils exigent des obligations d’état. « Ces rendements vont retrouver des niveaux normaux. » prévient Eric Chaney, économiste d’Axa Investment managers. 

Quel est le niveau normal des taux pour la France, dans ce cas. « 3,2% d’ici un an », nous répond le très respecté Jean-Paul Betbèze, ex-directeur des études du Crédit agricole et désormais président de Betbèze Conseil.

Les conséquences, vous n’allez pas tarder à les sentir : les épargnants peuvent s’attendre à une forte baisse de la bourse. Car les entreprises auront plus de mal à investir. 

Et beaucoup d’investisseurs quitteront le monde des actions trop risqué, pour celui des obligations nouvellement émises, à taux élevé. A 4.000 points et avec des taux entre 2,65 et 3%, la Bourse de Paris apparaît d’ailleurs surévaluée de 15 à 20%.

Un coup dur pour l’immobilier

Le marché qui sera le plus sensible à cette nouvelle donne sera sans doute celui de l’immobilier. Une hausse des taux d’intérêt se transmet immanquablement par une hausse des taux de crédit. 

Aujourd’hui, ils commencent à frémir et ont déjà atteint 2,98% selon les chiffres publiés jeudi par l’observatoire des crédit CSA/Crédit Logement. Ils devraient, pour suivre la hausse déjà réalisée par l’OAT, augmenter de… 60% et donc passer de passer dans les prochains mois de 3% (leur niveau de mai et d’aujourd’hui) à… 4,8%.

Impossible? Pas vraiment. Rappelez-vous. En 2008, ils avaient déjà atteint ce niveau. Ce qui avait fait plonger les prix de 7 à 15%, car 80% des achats immobiliers sont faits à crédit.

  »La hausse a déjà commencé » confirme Mael Bernier, porte-parole du courtier en prêts Empruntis « mais je ne pense pas qu’on en arrive à dépasser les 4% à la fin de l’année : les banques ont besoin de prêter et réduiront leurs marges pour continuer à prêter à taux raisonnable. » 

N’empêche : à 3,8 ou 3,9%, il faudra pouvoir aligner presque 30% d’apport personnel supplémentaire pour acheter le même bien. De quoi décourager les primo-accédants ou pousser les vendeurs à réduire leur prétentions…

Eric Treguier

http://www.challenges.fr/patrimoine/20130906.CHA4046/pourquoi-emprunter-va-nous-couter-beaucoup-plus-cher.html

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Y’en a marre du taux du livret A

Posté par ippolito le 8 septembre 2013

Livret A : comment les épargnants français vont perdre 5 milliards d’euros en 2013

Le taux du livret A est descendu si bas qu’il rapporte nettement moins que d’autres placements aussi sûrs. Mais les Français lui restent fidèles. Les sommes ainsi perdues sont colossales.

Mots-clés : Livret A, assurance vie

Avec un taux qui se limite désormais à 1,25%, le livret A n’a jamais aussi peu rapporté depuis sa création en 1818. 

La baisse du taux du livret A et de ses petits cousins (livrets développement durable, livret d’épargne populaire…) depuis le 1er août ne fait pas vraiment les affaires des épargnants. 

Le « petit livret rouge », placement préféré des français (il y a 63 millions de détenteurs, soit plus de 95% de la population) ne rapporte plus que 1,25% par an, son taux le plus bas depuis sa création en 1818. Effet immédiat, la collecte nette a bien ralenti cet été avec seulement 380 millions d’euros au mois de juillet contre 2,1 milliards en juillet 2012 (-82%).

Les Français restent viscéralement attachés au livret A

Mais depuis le début de l’année, la collecte du livret A totalise 15,5 milliards d’euros de plus qu’en 2012 et dans un sondage réalisé fin juillet, près de la moitié des français déclarent ne pas avoir l’intention de transférer leurs placements vers des produits plus rémunérateurs. 

Un attachement qui peut s’expliquer par les autres avantages qu’offrent les livrets réglementés : liquidité, facilité d’utilisation, défiscalisation et surtout la garantie de l’Etat, car les épargnants continuent à se méfier du système bancaire. Ils craignent toujours de voir tout ou partie de leur épargne disparaître en cas de faillite de la banque, malgré les mécanismes de protection qui garantissent les dépôts jusque 100.000 euros par client.

Mais cette inertie est contre-productive pour l’épargne, car même s’ils ne sont pas soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu contrairement aux autres produits d’épargne, les livrets réglementés sont désormais loin d’être imbattables. En ces temps de pouvoir d’achat en berne, les français se privent donc -volontairement ou sans le savoir- de revenus complémentaires. 

Voici comment les 365 milliards déposés sur les livrets réglementés pourraient rapporter jusqu’à 9,6 milliards d’euros d’intérêts au bout d’un an au lieu des 4,5 milliards qu’ils vont générer en dormant sur un livret A. 

Pour parvenir à ce chiffre impressionnant, nous avons pris comme hypothèse de calcul le taux d’imposition moyen des Français de 14%, auxquels s’ajoutent les 15,5% de prélèvement sociaux, soit un total de 29,5% et nous avons appliqué cette fiscalité aux différents produits d’épargne offrant une sécurité comparable à celle du livret A qu’on peut trouver sur le marché.

Quels sont ces placements aussi sûrs qui rapportent plus ?

Commençons par les promotions sur livrets d’épargne non réglementés comme ceux d’ING Direct ou de BforBank, qui proposent une rémunération boostée de 4 ou 5%  pendant quelques mois.

 Depuis l’an dernier, les constructeurs auto Renault et Peugeot se sont eux aussi diversifiés sur les produits d’épargne, avec des taux d’appels tout aussi alléchants. Sur un an, si l’intégralité des livrets réglementés basculait vers ces produits, ils rapporteraient après impôts 8,1 milliards d’euros, soit 3,5 milliards de mieux que le livret A.

Un des autres placements préférés des français, le fonds en euros de l’assurance-vie, se révèle aussi une option plus rentable. Ce placement est tout aussi sûr que le livret (il est investi en obligations d’Etat et le capital est garanti), et presque aussi liquide, puisqu’on peut disposer de son épargne en cas de besoin.

 Seul inconvénient : on perd l’attrait de l’avantage fiscal réservé à ceux qui ne touchent pas à leur contrat pendant au moins huit années. Mais même avec une fiscalité sans avantage particulier, le gain par rapport au livret A est appréciable. Le taux de rendement moyen pour 2012 était de 2,9% brut et donc de 2.04% (impôts déduits selon les éléments détaillés plus haut).

 Cela revient à 0,8% de mieux que le livret A, soit au total 3 milliards d’euros. Et si on compare au meilleur fonds en euros l’an dernier –celui du Conservateur à 3,75% -, les « intérêts » annuels monteraient même jusqu’à 9,7 milliards d’euros. La morale de l’histoire, c’est que la fidélité ne paie pas toujours !

Damien Pelé

http://www.challenges.fr/patrimoine/20130823.CHA3213/livret-a-comment-les-epargnants-francais-vont-perdre-5-milliards-d-euros-en-2013.html

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Y’en a marre du niveau des dépenses publiques surtout pour les contribuables

Posté par ippolito le 6 septembre 2013

56% du PIB de dépenses publiques : et si la France ne dépensait pas tant ?

En ces temps de ras-le-bol fiscal, la cause est entendue : l’Etat français est coupable de dépenses abusives. Pour preuve, notre niveau de dépense publique atteint 56,3% du PIB contre seulement 45,6% en Allemagne et 41,4% aux Etats-Unis. Problème : nous comparons des choux et des carottes.

Des choix dans la santé et l’éducation
 
Ce papier n’a pas la prétention d’une étude complète et exhaustive qui permettrait de comparer de manière scientifique la dépense publique en France et dans les autres pays, mais de donner des éléments montrant que certaines conclusions sont tirées un peu rapidement. 

A première vue, l’Etat français dépense donc 15 points de PIB de plus que son homologue étasunien ! Premier problème : dans la santé et l’éducation, le gros de nos dépenses est fait par l’Etat, quand outre-Atlantique, la part du privé est bien plus importante (avec un très mauvais résultat). Il y a donc un biais méthodologique à comparer des dépenses publiques qui ne recouvrent pas le même périmètre en France et aux Etats-Unis.
 
En 2011, selon la Banque Mondiale, la France consacrait 11,6% de son PIB à son système de santé (dont 8,9% de dépenses publiques) et les Etats-Unis 17,9% (dont 8,2). Idem sur l’enseignement supérieur, où notre pays consacre 1,4% de son PIB (dont 1,2) contre 2,7% aux Etats-Unis (dont 1).

 En clair, tant pour la santé que l’éducation supérieure, les Etats-Unis dépensent bien plus que nous mais l’Etat y dépense moins que le nôtre car les ménages et les entreprises doivent prendre le relais d’un Etat qui s’est désengagé. 

Du coup, si on additionne les dépenses privées dans les deux domaines, le total atteint alors 59,2% du PIB en France et 52,8% aux Etats-Unis ! L’écart de dépenses entre les deux pays passe de 15 points du PIB à seulement 6,4 points, expliquant pas moins de 57% de l’écart !
 
Du poids des entreprises publiques

Et ce n’est pas tout. En effet, il y a toujours eu un mystère pour moi à voir dans les statistiques pour 2013 un taux de prélèvements obligatoires à 46% et un niveau de dépenses publiques à 56% alors que les déficits sont autour de 4% du PIB. 

Pourquoi y-a-t-il un écart de 10 points entre les dépenses et les recettes de l’Etat tout en ayant seulement 4% de déficit ? La réponse semble être l’inclusion des entreprises appartenant à l’Etat dans les dépenses publiques mais leur non inclusion (logique) dans le périmètre des prélèvements obligatoires. Selon les tableaux de l’INSEE, les recettes de l’Etat ont atteint 51,8% du PIB en 2012, 6,8 points de PIB de plus que les prélèvements obligatoires (à 45%).

 
Ce niveau semble assez cohérent étant donné le chiffre d’affaires des grandes entreprises publiques  : 

SNCF (33 milliards), EDF (40 en France), RATP (5 milliards), RFF (5 milliards), AdP (2,5 milliards), La Poste (21 milliards), France Télévisions et Radio France (4 milliards) et quelques autres participations au-délà de 50% (7,2 milliards), soit 117,7 milliards, environ 6% du PIB, sans compter les parts minoritaires dans GDF-Suez, Renault, Safran ou France Telecom. 

Si même le transport ferroviaire et la poste sont publics aux Etats-Unis, pour avoir une comparaison équitable, il faut sans doute retirer 4 à 5 points de PIB en France de dépenses publiques qui correspondent à un service rendu par le privé outre-Atlantique.
 
Au bout du bout, on peut estimer que l’écart réel de poids du service public entre la France et les Etats-Unis (en corrigeant du poids des dépenses privées d’éducation et de santé et du poids des entreprises publiques) est compris entre 1,5 et 3 points de PIB au lieu des 15 points indiqués par les statistiques brutes. 

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’économies à faire en France. Il y en a sans doute beaucoup, notamment dans les collectivités locales, qui communiquent beaucoup trop. Néanmoins, cela relativise les discours anti-Etat qui passent totalement à côté de biais statistiques majeurs.
 
Oui, la France dépense beaucoup pour son service public. Mais au final quand on compare notre niveau de dépenses avec celui des Etats-Unis, 80 à 90% de l’écart s’explique par des différences de périmètre du fait de la privatisation. Ce qui n’exclut pas de veiller à dépenser l’argent public sagement.

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/56-du-pib-de-depenses-publiques-et-140439

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Y’en a marre des banques qui ne jouent pas le jeu et surtout de leurs abus

Posté par ippolito le 1 septembre 2013

Assurance emprunteur : l’UFC-Que choisir dénonce les abus des banques

Trois ans après l’entrée en vigueur de la loi Lagarde, censée censée permettre à l’emprunteur de souscrire une assurance moins onéreuse que celle proposée par sa banque, l’UFC-Que Choisir estime que les banques ne jouent pas le jeu. 

C’est un bilan au vitriol des trois ans d’application de la loi Lagarde que dresse l’UFC-Que Choisir dans un rapport rendu public. Une loi censée ouvrir à la concurrence l’assurance emprunteur, cette assurance obligatoire lorsqu’on veut souscrire un crédit immobilier. 

L’association de défense des consommateurs estime que le marché est toujours fermé, accaparé par trois banques (Crédit Agricole Assurance, Assurances du Crédit Mutuel et BNP Paribas Cardif) qui se partagent plus de la moitié du marché. Résultat : pour les particuliers, les tarifs n’ont pas baissé…

La loi Lagarde avait instauré la dissociation du crédit et de l’assurance-emprunteur pour permettre au consommateur de choisir librement son assureur plutôt que de souscrire le contrat proposé par la banque, généralement très onéreux. Ainsi la loi Lagarde était-elle sensée de faire baisser les prix. 

La loi Lagarde a eu un effet exactement inverse à son objectif !

Or, «après trois ans d’application, l’échec est criant et la concurrence est complètement évanescente» juge Alain Bazot, le président de l’UFC. Selon l’étude de l’UFC, depuis 2008 les tarifs ont même augmenté et la part, dans ce marché, des assureurs non-bancaires a elle diminuée. Exactement l’inverse de ce qui était escompté. 

L’UFC révèle aussi que plus de 70% des personnes interrogées pour l’enquête disent avoir été confrontés à un chantage tarifaire pour les dissuader ou les empêcher de faire jouer la concurrence, malgré des garde-fous prévus dans la loi. 

Mais dans la pratique, selon l’association, les banques exploitent les imperfections de la loi pour obliger les emprunteurs à souscrire leur assurance. «Il y a un conflit d’intérêts car le banquier doit vérifier la qualité de l’assurance tout en étant lui-même vendeur d’assurance. 

C’est d’autant plus problématique que c’est lui qui décide au final», a souligné Maxime Chipoy, responsable du service des études à l’UFC. 

L’UFC mise sur le projet de loi consommation 

L’association espère que le projet de loi consommation, dont l’examen doit reprendre à la rentrée, inclura un droit à résiliation annuelle de l’assurance-emprunteur qui devrait permettre notamment d’éviter le «chantage» au taux. 

Mais pour l’instant, ce projet de loi, qui prévoit la résiliation à tout moment, au bout d’un an, des assurances automobile, habitation et des «petites» assurances (portables, électroménager…), ne prévoit pas celle de l’assurance-emprunteur.

De leur côté, les banques estiment qu’une telle mesure déstabiliserait le marché. Même si certains établissements comme la Banque postale ou la Caisse d’épargne prévoient déjà un droit à la résiliation annuelle. 

Selon l’UFC, les bancassureurs gagnent 2,2 milliards d’euros chaque année

Le marché de l’assurance-emprunteur pesait 5,7 milliards d’euros en 2011, indique l’UFC. Les principales garanties que finance cette assurance sont le décès (69%), l’invalidité (27%) et la perte d’emploi (2%). 

Selon les calculs de l’association, les marges des banques sur ce produit sont passées de 40% en moyenne en 2007 à 46% en 2013, voire 69% chez les assurés les plus jeunes. Ce qui rapporte 2,2 milliards d’euros chaque année aux bancassureurs.

http://www.leparisien.fr/economie/assurance-emprunteur-l-ufc-que-choisir-denonce-les-abus-des-banques-29-08-2013-3090569.php

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