Y’en a marre de la baisse du livret A et de Hollande

Posté par ippolito le 13 août 2013

Hollande et le Livret A: Hold-up sur la vérité

C’est le mélange des genres, la belle confusion, le grand n’importe quoi. 
Pierre Duquesne, pour l’Humanité, livre un article à charge contre une récente décision du gouvernement, transférer 30 milliards d’euros des fonds collectés via le Livret A à d’autres activités de crédit bancaire que le financement de la construction de logements sociaux. Cette décision suivait une rencontre, la première depuis son élection, entre François Hollande et des représentants de la profession bancaire, à l’Elysée, début juillet.
 
L’accusation est simple, elle se lit ailleurs qu’à l’Huma: ce « détournement » « met en péril le financement des logements sociaux »; Hollande, qui aurait oublié que son « ennemi, c’est la finance », lui aurait « fait un joli chèque »; ces 30 milliards seraient un « joli cadeau aux banques, déjà épargnées par la loi bancaire ».

Lire un tissu d’approximations mensongères dans le journal fondé par Jean Jaurès, dont on vient de célébrer le triste 99ème anniversaire de son assassinat, est toujours agaçant. 

Dix précisions contre une intox
 
1. Ce Pierre Duquesne-là n’avait peut-être pas lu le rapport d’un homonyme remis le 19 septembre dernier augouvernement. Ce dernier rappelait que l’augmentation du plafond de placement du Livret A (et du Livret de Développement Durable, ex-CODEVI) allait s’accompagner d’un transfert de fonds ainsi collectés vers le financement des PME. Inutile donc, quelques mois plus tard, de jouer à la surprise.
 
2. Les fonds collectés via le Livret A et livrets de développement durable s’élèvent à 343 milliards d’euros à fin décembre 2012 (dont 250 milliards sur le seul Livret A). D’un simple point de vue arithmétique, on jugera donc que la récente décision gouvernementale pèse pour moins de 10% des sommes collectées (8,7% très précisément). 

Hurler à la mort du logement social, crier au « casse du siècle » ou on-ne-sait-quel hold up avec pareil ratio prête à sourire. Le rapport susnommé précise: « L’ensemble de ces besoins annuels pour le logement et la politique de la ville peut être estimé à 19-20 Mds€, dont au moins 3 Mds€ de plus que la production actuelle de prêts pour parvenir à la construction de 150 000 logements sociaux par an envisagée par le gouvernement. » (page 11). Vous avez bien lu: le logement social réclame aujourd’hui environ 20 milliards d’euros. 
 
3. Mais il y a mieux, que l’article, à l’image de nombre de critiques, se garde bien d’évoquer: les fonds collectés par le Livret A sont déjà utilisés pour bien autre chose que le financement du logement social. 

Quelques jours après la rencontre élyséenne, le Parisien, dans son édition magazine du weekend, publiait un intéressant graphique où l’on comprenait que moins de 20% des encours du Livret A étaient utilisés à cette fin (Cf. graphique).
 
Dans son rapport de septembre 2012, Pierre Duquesne rappelait déjà que les « dépôts disponibles au fonds d’épargne sont prioritairement utilisés pour faire des prêts », soit 133 milliards d’euros d’encours fin 2011. Le logement social et la politique de la ville accaparaient 118 milliards d’euros de cette enveloppe. 

Mais les dépôts non utilisés sous forme de crédits sont en fait placés dans un portefeuille d’actifs financiers, représentant 101 milliards d’euros fin 2011. Ce dernier « est placé majoritairement en produits de taux pour 90 Mds€ (dont près de deux tiers en titres d’État et le reste en divers placements, dont des obligations d’entreprises à hauteur de 6 Mds€). 

Environ 10 Mds€ sont placés dans un portefeuille d’actions. Enfin, les OPCVM et les actifs non cotés (capital-investissement, immobilier, infrastructure) représentent un peu moins d’1 Md€. » (Source: Rapportsur la réforme de l’épargne réglementée , Pierre Duquesne, 19 septembre 2012 page 25).
 
4. Loin d’être un placement en déshérence et fragilisé, le Livret A reste le placement chéri des ménages: 185 milliards d’euros d’encours fin 2009; 195 milliards fin 2010; 217 milliards fin 2011; 250 milliards fin 2012. 

En fait, depuis que la collecte a été autorisée aux banques – cassant ainsi un monopole de la CDC (via la Poste et les Caisses d’Epargne), les encours n’ont cessé d’augmenter fortement (contre une hausse moyenne d’environ 0,7% par an entre 1980 et 2007).
 
5. Le lecteur imprudent ou mal informé comprendra que les 30 milliards d’euros ont été « donnés » aux banques. C’est tout le sens premier du mot « cadeau ». Or c’est faux. Les fonds du Livret A appartiennent à leurs détenteurs, des particuliers ou des associations.
 
6. On notera aussi, fait rarement rappelé dans cette polémique de petite semaine, que le plafond de ce placement a été augmenté de 15.300 euros à 19.125 euros au 1er octobre 2012, puis à 22.950 euros au 1er janvier dernier. 

En d’autres termes, l’actuel gouvernement a élargi les capacités d’épargne populaire pour ce placement atypique et protégé créé il y a bientôt 200 ans. 

C’était l’une des promesses de campagne du candidat Hollande. Ce relèvement a fait progresser l’encours du Livret A de quelque 31 milliards. D’après la Banque de France cependant, « les ressources bancaires en provenance de la clientèle ont diminué de 11 milliards » en 2012 (avant le second relèvement du plafond).
 
7. La rémunération du Livret A est basse, elle a même été récemment abaissée à 1,25%. Ceux qui crient au scandale devraient aussi rappeler que le Livret A est un compte d’épargne à taux réglementé. 

Elle est basse parce qu’elle correspond à un placement sans risque, sans contrainte de détention (les fonds sont retirés ou placés sans aucune condition sauf un minimum de 10 euros) et défiscalisé, c’est-à-dire nets d’impôts et de cotisations sociales: les fonds placés sont garantis à 100% par l’Etat.

« En ce qui concerne la rémunération du livret, elle est en principe déterminée automatiquement chaque semestre depuis le 1er août 2004, selon un mode de calcul fixé par le règlement n° 2003-03 du 24 juillet 2003 du Comité de la réglementation bancaire et financière. » Source: ministère des finances

8. La question de la profitabilité des banques n’est pas non plus le sujet: si l’ampleur du profit des banques françaises est une chose qui s’adresse politiquement à deux niveaux: en observant leurs pratiques tarifaires à l’encontre de leurs clients, notamment modestes; en évaluant leur contribution fiscale aux comptes de l’Etat (via l’impôt sur les sociétés, la traque des paradis fiscaux, etc).
 
9. La crise boursière n’a eu qu’une conséquence contre les banques que d’aucuns à gauche devraient trouver heureuse: les banques occidentales se sont vues imposées de plus grands ratios de couverture de leurs placements (« Bâle III »). 

La conséquence est double. Primo, il leur faut davantage collecter des fonds pour assurer le même niveau de crédit. Secundo, toutes choses égales par ailleurs, ce même crédit est plus cher.

« Le secteur fait valoir que la différence entre ses dépôts et ses crédits, de l’ordre de 350- 400 Mds€, devra être comblée d’une manière ou d’une autre, éventuellement par une réduction des crédits octroyés aux entreprises, singulièrement les PME . » (rapport de Pierre Duquesne, 19/09/2012, page 9)

Bref, avec ce transfert, le gouvernement a cherché à procurer de l’argent pas cher car sans risque pour le financement de l’économie.
 
10. Les parties prenantes du logement, et notamment social, ont quand même raison de protester. C’est de bonne guerre ! Cet argent transféré ne sera plus disponible pour financer le logement social, c’est un fait. 

Mais accuser le gouvernement de diminuer le dit financement à cause de cette simple mesure est approximatif et mensonger. Répétons: 80% des sommes collectées par le Livret A ne sont déjà pas utilisées pour le logement social. Pourquoi penser que les 30 milliards d’euros ainsi transférés ne seront pas plutôt prélevés sur le portefeuille financier, par exemple ?

Et où il faut être vigilant…
Si certains ont des envies de vigilance, qu’ils les exercent sur trois autres terrains:

Primo, il faudra surveiller l’évolution du crédit, et notamment de son coût. Que les banques prêtent plus cher qu’elles n’empruntent n’est pas vraiment la question, contrairement à ce que laisse entrevoir certaines critiques. Le Livret A est rémunéré bas car il est sans risque et défiscalisé; pas grand chose à voir avec le crédit aux entreprises.

Secundo, le crédit supplémentaire rendu possible sera-t-il bien utilisé pour le financement des PME ? Quels sont les outils de contrôles ? Comment le contrôle s’exercera-t-il ? Le climat de suspicion généralisé du moment rend cette surveillance et sa précision aussi importante que la précédente.

Tertio, on regrettera que le doublement du plafond de versement dans le Livret A – qui a finalement profité à ceux des ménages qui avaient déjà atteint le plafond précédent – n’ait pas été interdit aux mineurs. Comme l’écrivait ce Pierre Duquesne auteur du rapport de septembre, « chacun peut comprendre qu’un enfant mineur n’a pas vocation à détenir 30 600 € à revenu défiscalisé. » (page 19). Rappelons que l’an dernier, pour les seuls ménages, l’encours moyen par livret était d’environ 3 300 € pour les livrets A .
 
A suivre… 

Bien sûr.

http://www.marianne.net/sarkofrance/Hollande-et-le-Livret-A-Hold-up-sur-la-verite_a1239.html

Publié dans Y'en a marre de François Hollande, Y'en a marre des banques | Pas de Commentaire »

Y’en a marre du Luxembourg et surtout de toutes les magouilles et scandales politiques

Posté par ippolito le 11 août 2013

Le tour-opérateur de l’argent sale au Luxembourg 

Le Luxembourg, son grand-duc, ses banques: ce confetti européen servant de lessiveuse à fric est impliqué dans toutes les affaires qui font scandale. De Tapie à Karachi, en passant par les délocalisations fiscales d’Arthur ou de LVMH, tout transite par ses remparts moyenâgeux et ses maisons discrètes. Suivez le guide.

Eva Joly, pendant la campagne présidentielle de 2012, avait organisé un «Sarkotour» très médiatisé afin de dénoncer l’affairisme du quinquennat qui s’achevait: une étape à Neuilly, où l’ancien maire avait acheté un appartement avec du fric à l’origine mystérieuse, une autre en face de chez Liliane Bettencourt, soulignant son rôle supposé dans le scandale entourant l’héritière de L’Oréal. La virée s’était terminée devant le Fouquet’s, on sait tous pourquoi.

À Luxembourg, capitale du micro-État du même nom, le tour est éclectique. Ici, scandales judiciaires, blanchiment d’argent et optimisation fiscale, le nouveau mot à la mode,  concernent autant des politiques — de tous bords — que des patrons voyous ou des mafieux de tout poil. Ces prédateurs ont un point commun: ils utilisent les facilités du  Luxembourg pour leur argent sale, les mêmes banques, avocats, notaires, fiduciaires… 

Toutes les grandes affaires (Elf, Falcone, Guérini à Marseille et tant d’autres) font  obligatoirement un détour par là, tous les dictateurs africains et les barons de la drogue y font transiter leurs fonds mal acquis. 

Récemment, c’est la justice du Guatemala qui a demandé aux Luxembourgeois le gel du fric planqué par l’ancien président Alfonso Portillo, en prison aujourd’hui pour détournement de fonds.

Mais, loin de la paperasse qui organise les fraudes et opacifie les mouvements d’argent, rien de tel que de visiter les lieux qui abritent ces petites et grandes vilenies, les lieux du crime en quelque sorte. Et les surprises ne tardent pas à se manifester…

BUCOLIQUE OPTIMISATION FISCALE

Autant commencer le périple dans le quartier piéton et touristique du centre-ville de Luxembourg. À côté des Brioche Dorée et autres boutiques à sandwiches qui font tache dans toutes les villes du monde, on trouve tout de même les boutiques Hermès et Cartier, qui rappellent qu’ici le PIB est l’un des plus hauts de la planète. 

À quelques pas de là, voici la rue Beck, une petite voie piétonne où les touristes se mêlent aux employés de bureau pendant la pause-déjeuner. Tiens, sur une petite porte, à peine visible à côté du marchand de journaux et de cartes postales, figurent les étiquettes «AWPG» et «AW Equity». 

Qui peut imaginer qu’à cette adresse anonyme, loin de l’opulente avenue Marceau, dans le triangle d’or parisien, où sont installés ses bureaux, notre Arthur national, l’animateur devenu homme d’affaires multimillionnaire, a déménagé ses sociétés?

Charlie l’avait raconté. Le 1er janvier 2013, son groupe est devenu luxembourgeois. Au passage, l’opération lui avait permis de sortir de France une somme de 149 millions d’euros,
sans débourser un centime. 

Son avocate avait osé affirmer que les boîtes de son client «paient l’impôt sur les sociétés en France». Certains avaient cru la dame sur parole, sans se demander par quel miracle une société luxembourgeoise serait obligée de verser sa dîme au fisc français… 

Seule la filiale tricolore devra payer des impôts, ce qui n’est pas exactement pareil! Mais la bâtisse ne peut sérieusement être le centre névralgique des activités multiformes d’Arthur, autant animateur de télé et de radio que producteur de films ou homme d’affaires donnant dans l’immobilier et les portails Internet. Rien d’illégal à cela, mais on dirait qu’Arthur a du mal à assumer son exil fiscal…

Non, la réalité est qu’à deux heures et quart de TGV de Paris le Luxembourg est un havre de paix pour les nécessiteux qui, préférant faire des économies plutôt que de souscrire à la richesse nationale, y ont emménagé, du moins sur le papier. 

La liste des avantages fiscaux est longue comme deux bras, des exonérations sur les dividendes des sociétés aux droits de succession très allégés, tout comme les impôts sur les sociétés, sans oublier une «grande souplesse», explique la chambre de commerce de ce paradis fiscal, pour les :«achats de voitures de luxe par les sociétés»: 

les politiques locaux, souvent eux-mêmes avocats ou fiscalistes, ont mis au point mille et une ficelles pour attirer sur leur sol ceux à qui le fait de payer des impôts donne des boutons. 

Ce n’est pas pour rien si ce minuscule bout de terre coincé entre la France, la Belgique et l’Allemagne (sa superficie ne dépasse pas les 2 580 kilomètres carrés) dispose de 2 200 milliards d’euros de fonds placés dans ses caisses. Comme le claironne la chambre de commerce, 46% du PIB du pays dépend de son rôle de place financière. 

Certes, il n’y a «que» 155 banques au Luxembourg, soit deux fois moins qu’en Suisse, mais le territoire est tout de même 16 fois plus petit que celui de la Confédération helvétique…

DU FRIC, MAIS EN TOUTE DISCRÉTION

De tout cela, on ne voit rien quand on parcourt, en bon touriste, la place d’Armes, quand on se promène aux abords de la cathédrale, où s’est marié en 2012 l’héritier du grand-duché, pour le plus grand bonheur des marchands du temple. 

En descendant dans la ville Basse, où l’on croirait débarquer dans un petit village paisible, avec sa rivière, ses pavés et son ancienne abbaye reconvertie en centre culturel, on n’imagine pas non plus être au coeur de la lessiveuse: c’est pourtant ici que se trouve la base européenne d’Amazon. 

Oui, le géant de la vente en ligne a installé rue Plaetis un holding qui lui permet d’échapper à la TVA française — et également aux taxes des voisins européens. Nichée dans un petit immeuble jaune au toit d’ardoise, au bord de l’Alzette, Amazon.eu a, comme l’a décrit le rapport sur la fiscalité de l’économie numérique rédigé à la demande du gouvernement en janvier 2013, mis au point une «organisation juridique» intégrant «d’emblée l’objectif de minimiser le taux effectif d’imposition», tout comme les autres Google ou Facebook. 

Pour des revenus dans l’Hexagone approchant le milliard d’euros, Amazon ne verse en France que «4 millions en moyenne par an» de TVA, contre plusieurs dizaines de millions au bas mot si le régime fiscal français lui était appliqué. 

Chaque fois qu’un Français achète un livre ou un disque sur Amazon, cette société ne reverse que 3 % de TVA, alors qu’elle devrait s’acquitter en France de 7% par livre et de 19,6% par disque…

En remontant dans la ville Haute, après avoir franchi la ceinture de verdure qui longe les remparts moyenâgeux et surplombe un improbable lopin de terre cultivé en pleine ville, on se retrouve dans une rue tranquille, la rue Goethe. 

Voici un immeuble d’allure quelconque: la résidence Bourbon. Dans ces locaux ressemblant plus à une maison de retraite qu’au siège d’une enseigne du luxe, comportant une sortie discrète dans une rue derrière, ont été logées une kyrielle de sociétés du groupe de Bernard Arnault, le numéro un mondial du luxe, LVMH, qui, comme son patron, apprécie l’optimisation fiscale. 

Mais si quelques plaques — Renaissance 1849, Blue Participations et Gestion, SFC, etc. — annonçant certaines de ses boîtes sont apposées à l’entrée, nulle part ne figure le logo du groupe, et encore moins celui qui orne les sacs maronnasses qui ont fait sa renommée. 

D’autres structures ont été créées à deux autres adresses, à quelques jets de pierre de là, qui, elles aussi, ne figurent pas dans les documents officiels du groupe, sauf dans les comptes consolidés de l’une des holdings ; il faut vraiment fouiner pour les trouver… 

C’est notamment par Luxembourg que les sociétés d’Arnault sont montées discrètement au capital d’Hermès sans que le groupe concurrent détecte la manip. Comme quoi, l’anonymat des actionnaires et des ayants droit économiques, un véritable acquis national, peut servir tous les desseins, de la regrettable mais légale optimisation fiscale à la délinquance en col blanc.

Qu’en est-il de l’anonymat des détenteurs de comptes bancaires? Dans l’artère qui coupe la «rue LVMH» s’est installée une filiale de la banque Reyl, le fameux établissement suisse dans lequel Jérôme  Cahuzac avait planqué son fric et auquel le juge Van Ruymbeke cherche des noises, subodorant que de l’évasion fiscale a pu y être pratiquée par des Français.

 Au quatrième étage d’un immeuble rose de l’avenue de la Liberté, en face d’un magasin de matériel électrique, Reyl a installé des bureaux et vient même de créer une nouvelle structure, le 5 avril dernier: Reyl Asset Management, une société de gestion de fortunes. 

On trouve également à cette adresse des sociétés créées par la banque à la fin des années 2000 pour le compte de certains clients, tel l’homme d’affaires Alexandre Allard, un proche du Qatar qui souhaitait racheter l’hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. 

Allard n’apparaît pas dans les papiers officiels, contrairement à l’un des représentants de Reyl à l’époque, Pierre Condamin-Gerbier, l’ancien banquier qui fit des révélations à la justice française et dort aujourd’hui en prison à Genève. L’immeuble à la façade travaillée, arborant colonnades et festons, abriterait quelques évadés fiscaux, l’on ne serait pas surpris outre mesure…

RUE DE LA CORRUPTION

Le Luxembourg préserve toujours son secret bancaire, mais pour combien de temps encore? Le fisc et le Trésor américains ont lancé à pleine puissance une redoutable machine de guerre contre la fraude fiscale qui,  sous le nom incompréhensible de Fatca (Foreign Account Tax Compliance Act), obligera toutes les banques de la planète — et même au Luxembourg — à déclarer les titulaires des comptes de résidents fiscaux des États-Unis et les mouvements de fonds opérés sur ces comptes. Seuls, jusqu’à présent, le Luxembourg et l’Autriche s’étaient exonérés de cette obligation.

À quelques mètres de chez Reyl, au coin de l’avenue de la Liberté, se trouve la rue Heinrich Heine. Le nom de cet écrivain allemand ne dit pas grand-chose à la majorité des passants, mais ce n’est pas le cas des connaisseurs des ventes d’armes et de l’affaire Karachi. Heine n’est autre que le nom de la société-écran utilisée pendant des années par  DCNS, le fabricant français de sous-marins, de frégates et autres bateaux militaires, pour verser des pots-de-vin.

 L’avocat chargé de créer cette structure, René Faltz, a son cabinet dans cette rue, dans un immeuble en vieilles pierres, arborant une belle plaque au nom de l’étude. Alors ministre du Budget — on est entre 1993 et 1995 —, Nicolas Sarkozy aurait donné son accord, selon des témoins, à l’utilisation de ce discret pipeline à commissions ; du fric dont la justice soupçonne qu’il est en partie revenu en France afin de financer la campagne présidentielle d’Édouard Balladur. 

Ce bon monsieur Faltz abrita un temps dans ses locaux cette coquille dont le propriétaire réel était une filiale du groupe d’armement appartenant alors à l’État français, et qui était gérée par un homme de confiance de la DCNS, Jean-Marie Boivin, chargé de payer les commissions aux Takieddine et autres… 

Quand Boivin fut viré, tant s’était développée la crainte que remontent à la surface les secrets des commissions, il se rebella et exerça un véritable chantage sur l’État, écrivant à Chirac, alors président, à Sarkozy, à MAM et à d’autres, en réclamant 8 millions d’euros pour solde de tout compte. Maintenant qu’il est revenu au silence, on en déduit qu’il a dû être indemnisé… 

De ses fenêtres, bien loin des remugles de l’affaire, Faltz peut contempler l’une des gloires luxembourgeoises, Arcelor, dont le siège occupe un palais photographié par les touristes en goguette.

Passant par la tranquille place du Théâtre, une fois revenu dans le centre, le touriste pourra contempler l’immeuble blanc qui, audessus d’un magasin d’articles de sport, abrite depuis 2011 la fameuse officine Heine, toujours en activité, au moins sur le papier. Ses mystères, eux, se sont dilués dans l’opacité du Luxembourg.

http://www.charliehebdo.fr/news/argent-sale-luxembourg-935.html

Publié dans Y'en a marre des banques, Y'en a marre des scandales financiers | Pas de Commentaire »

Y’en a marre que les banques se gavent et surtout des promesses non tenues

Posté par ippolito le 10 août 2013

Les banques se gavent sur les marchés

Avec des résultats multipliés par deux ou par six au deuxième trimestre, les banques françaises accentuent leurs dépendances aux marchés, suppriment des postes plutôt que de financer l’économie.

Ramasser des profits en stimulant la crise, en alimentant l’envolée financière et en réduisant les effectifs. C’est, en résumé et à la lecture de leurs résultats pour le premier semestre, la stratégie que semblent avoir adoptée les banques françaises pour contenter leurs actionnaires. 

Une multiplication par deux pour la Société générale ou par six pour le Crédit agricole SA, entre avril et juin, il n’y a aucun doute : avec respectivement 955 et 696 millions d’euros de profits, les résultats sont « supérieurs aux attentes ». 

Les actions s’envolent et ce malgré l’environnement économique toujours chaotique. Avec des records réalisés via les banques de financement et d’investissement (BFI), autrement dit celles qui agissent sur les marchés financiers, la financiarisation est de nouveau en ordre de marche.

Pour le Crédit agricole qui a communiqué, hier, l’apport de la BFI au groupe est de 254 millions d’euros (en hausse de 38 %). La Société générale, la semaine dernière, a également fait état d’une solide « performance » de ses activités de marché au deuxième trimestre en multipliant par près de trois, à 374 millions d’euros, son résultat net pour un chiffre d’affaires en hausse de près de 40 % à 1,69 milliard. 

Seule la BNP Paribas a de son côté constaté une baisse de près de 40 % de cette division, mais envisage de faire progresser la gestion des actifs de 10 % au cours des trois prochaines années. 

Pas de panique cependant, malgré les reculs, la première de la classe affiche, tout de même, un bénéfice trimestriel de 1,76 milliard d’euros.
Les restructurations lancées l’an dernier ont ouvert la voie à ces superbénéfices. 

Selon l’étude sur l’emploi réalisée par l’Association française des banques, le syndicat patronal des banques, l’année 2012 a marqué un tournant : le nombre de personnes travaillant dans le secteur bancaire français a diminué de 1,6 %, du jamais vu depuis treize ans. 

Mais la saignée se poursuit. En septembre, la banque d’investissement française Natixis devrait annoncer la suppression de 500 à 700 postes dans le cadre d’un plan de départs volontaires.

Si cette destruction d’emploi s’est principalement réalisée dans les BFI, avec des réductions d’effectifs de 5 %, dont 10 % dans les activités de front office (- 20% chez les traders par exemple), les banques passent à l’étape suivante. En développant les banques en ligne, les groupes ne cachent plus leur volonté de supprimer des postes d’accueil, voire même des agences. 

Une étude de décembre 2012 du cabinet Roland Berger estimait ainsi que 2 % à 4 % des agences bancaires pourraient, chaque année, fermer leurs portes. La banque de détail représente 70 % des salariés du secteur.

La Société générale a fait passer en février son plan d’économies de 550 à 1 450 millions d’euros. De son côté, la direction du Crédit agricole a annoncé avoir réduit ses effectifs dans le monde de 9,5 % entre le deuxième trimestre 2012 et le deuxième trimestre 2013, soit l’équivalent d’environ 8 000 postes. 

Au niveau des caisses régionales, après 279 suppressions de postes en 2012, le groupe envisage d’en supprimer encore 1 400 en 2013, selon des informations parues dans la presse en début d’année. 

Déçue par les résultats de sa banque de détail en France, la BNP, elle, n’hésite pas à supprimer des emplois en France pour recruter 500 effectifs outre-Rhin, là où la conjoncture paraît plus favorable. 

Au final, la loi bancaire votée à la mi-juillet, plutôt que de s’attaquer à l’ennemi, semble l’avoir dopé.

500 000. C’est, en euros, le montant de l’amende infligée par l’Autorité des marchés financiers à la Société générale pour « lacunes dans la mise en œuvre » d’une procédure d’audit dans ses activités de fonds de gestion et pour ne pas s’être munie « de moyens informatiques suffisants pour son activité ». 

Cette amende s’ajoute à une première amende, d’un montant de 280 000 euros, prononcée par l’AMF en juillet dernier, lui reprochant « de ne pas avoir servi au mieux l’intérêt des porteurs » en évaluant de façon « précise et indépendante des produits financiers complexes » 
vendus par le fonds commun de placement (FCP) Sgam Invest Prudence PEA.

http://www.humanite.fr/m/node/547041

Publié dans Y'en a marre des banques, Y'en a marre des promesses non tenues | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de la baisse du livret A

Posté par ippolito le 3 août 2013

L’Etat pickpocket !!!

Ce 1er août 2013, le livret A est passé à 1,25% (celui du LDD également).

Ainsi à partir d’aujourd’hui le plafond de votre livret A (22.950 euros) qui vous « offrait » 401,60 E ne vous rapportera plus que 286,90 E.

Le motif invoqué par le ‘’voleur’’ est la baisse de l’inflation.

Rappelons qu’en janvier 2013 il était à 2,25% avant de chuter à 1,75% le 1er fevrier.

Ce nouveau vol de « Rapetout » va passer comme une lettre à la Poste parce que les 63 millions de possesseurs de Livret A ne peuvent placer leurs économies en toute sécurité nulle part ailleurs !!!!!

Or, l’inflation, qui était de 2% en 2012, sera de 1,50% en 2013. Cela veut dire que chaque fois que vous croyez percevoir une économie vous perdez effectivement 0,25% de votre capital placé.

Si cette ridicule économie servait à redresser notre pays, la France, nous l’accepterions bien volontiers mais ce n’est pas le cas. Elle bénéficiera en tout premier lieu à la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) qui perçoit 65% du montant total de nos livrets A, ce qui lui permettra :

**D’une part de prêter moins cher (2,25%) aux collectivités locales afin de financer les logements sociaux. Prêts que nous rembourserons nous-mêmes par des hausses de la fiscalité locale.

**Et d’autre part permettra également à la CDC de se rembourser une partie des 4 milliards qu’elle a perdu dans la faillite douteuse de la banque DEXIA, dont 1 milliard provenait de « nos » livrets A.

Nous serons ainsi volés deux fois.

Les 35% restant, soit environ 50 milliards, iront vers les banques de dépôts et leur permettront d’augmenter les rendements de leurs autres produits à court terme et ainsi de se « refinancer » à nos frais.

Les banques vont donc gagner de l’argent en nous prêtant notre argent, qui ne leur coûtera rien.

Bravo les pickpockets !

Est-ce que ce ne serait pas du « vol en bande organisée » ?

Il ne nous reste plus qu’à attendre la prochaine décision des pickpockets qui nous gouvernent en espérant que ce ne sera pas, comme en Argentine il y a dix ans, la confiscation pure et simple de nos « Livrets A ».

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-etat-pickpocket-139205

Publié dans Y'en a marre de la baisse de notre pouvoir d'achat, Y'en a marre des banques | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des banques mais surtout du gouvernement et des promesses non tenues

Posté par ippolito le 29 juillet 2013

Livret A : le gouvernement régale les banques

Le gouvernement a décidé de donner 30 milliards d’euros aux banques, prélevés sur le produit du livret A. La somme, qui est censée permettre le financement des PME, ne bénéficiera donc pas au logement social.

Le livret A victime du « Hold-up de l’été ». C’est par ces mots que les sénateurs communistes (CRC) ont dénoncé mardi 23 juillet la décision du gouvernement – effective à la fin du mois – de mettre « à disposition » des banques 30 milliards d’euros issus de l’épargne réglementée. 

La somme, initialement centralisée à la Caisse des dépôts, provient donc du livret A mais aussi du livret de développement durable. Dès cet automne, 20 milliards d’euros supplémentaires pourraient être distribués selon le journal Les Echos.

« Harro sur le livret A »

Dans un communiqué, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a affirmé que ces ressources supplémentaires permettront aux banques de financer davantage l’économie, et notamment les petites et moyennes entreprises. 

Une justification qui ne convainc pas du tout les communistes, selon qui les banques disposent déjà des fonds nécessaires. Le groupe CRC assure que l’actif bancaire de la BNP est de 1 900 milliards d’euros, tandis que celui de la Société générale est de 1250 milliards et celui du Crédit agricole de 1 840 milliards.

L’association Droit au logement (DAL) critique également la mesure, parlant d’un « cadeau (…) accordé aux banques par le Gouvernement sur le dos (…) de l’intérêt général et des épargnants, pour permettre de spéculer sur les marchés financiers ».

 La décision est d’autant plus contestable que le livret A sert à financer le logement social. Le groupe communiste au Sénat estime que ce placement populaire doit rester un outil destiné à profiter à ce dernier ainsi qu’à favoriser « la transition écologique, (le) développement social urbain, (…) l’égalité des territoires ».

Des promesses non tenues

La mise à disposition de 30 milliards d’euros au profit des banques intervient alors que le livret A rapporte moins aux épargnants. Au 1er août, son taux sera de 1,25 %, son plus bas niveau historique. 

En février dernier, il était déjà passé de 2,25 à 1,75 %. Dans son communiqué, le DAL assure que malgré l’objectif affiché par le gouvernement de favoriser la construction de logements sociaux, cet abaissement a pour réel but de forcer les Français à se « tourner vers les produits financier privés », plus lucratifs. La CGT ajoute que ce changement aura pour conséquence d’accentuer la baisse du pouvoir d’achat de certains ménages.

Le scepticisme a aussi gagné ATTAC, qui a critiqué très durement l’invitation de représentants du secteur bancaire français à l’Élysée, le 19 juillet dernier.

 Dans un communiqué nommé « Avec François Hollande, régalons la finance », le mouvement altermondialiste moque les promesses non tenues par François Hollande, pourtant prononcées lors de son fameux discours du Bourget : « les chroniques de l’’affrontement’ entre [le Président] et la finance se résument à une succession de reculades, de pantalonnades en volte-face (…). 

» Les tractations autour du livret A font donc partie d’un ensemble toujours plus large de renoncements. C’est ainsi que la prochaine grande réforme du Gouvernement, celle des retraites, bénéficiera avant tout aux fonds de pension.

http://www.politis.fr/Livret-A-le-gouvernement-regale,23295.html

Publié dans Y'en a marre des banques | Pas de Commentaire »

Y’en a marre du monde de la finance, de François Hollande et surtout des promesses non tenues

Posté par ippolito le 28 juillet 2013

Avec François Hollande, régalons la finance !

Le 22 janvier 2012, le candidat Hollande lançait devant une foule conquise, réunie au Bourget : « si l’adversaire est la finance, alors, il faut l’affronter ! » C’était sans nul doute dans cet état d’esprit qu’il avait décidé de convoquer les banques françaises à l’Elysée ce vendredi 19 juillet…

« Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit par rapport aux opérations spéculatives » annonçait Hollande au Bourget. 

La loi adoptée le 18 juillet ne prévoit en rien une séparation, mais une « filialisation des activités ». Pour le chercheur Gaël Giraud, celle-ci revient « à exiger la reconduction du statu quo ».

« Les produits financiers toxiques […] seront purement et simplement interdits » lançait le candidat socialiste. La loi bancaire ne prévoit aucune disposition dans ce sens. Idem pour l’encadrement des bonus des traders ou l’interdiction des stock-options [1].

« Aucune banque française ne pourra avoir de présence dans les paradis fiscaux » promettait le futur Président. Là encore : promesse non tenue. 

La loi bancaire prévoit des règles de transparence renforcée, loin d’être suffisantes. Les mesures annoncées au lendemain de la démission du ministre du Budget pour évasion fiscale, relève quant à elle de la pure diversion [2]…

« Enfin, concluait Hollande, je proposerais une véritable taxe sur les transactions financières avec ceux en Europe qui voudront la mettre en œuvre avec nous ». 

Le hic, c’est que, de l’aveu même du Ministre de l’économie, la France veut désormais couler la taxe sur les transactions financières, sous le prétexte qu’elle coûterait trop cher pour les banques françaises [3] !

Il faudrait ajouter à cette liste les récentes déclarations concernant le livret A, dont le taux va à nouveau baisser au plus grand bénéfice des assurances-vie. L’épargne du livret A pourrait même en partie bénéficier aux banques françaises !

N’en jetez plus : les chroniques de l’« affrontement » entre Hollande et la finance se résument à une succession de reculades, de pantalonnades en volte-face et promesses non tenues. 

Il faut dire qu’Hollande a su s’entourer d’un ministre du budget qui s’est avéré être un fraudeur fiscal, ainsi que d’un ministre de l’économie qui s’autoproclame « ministre des banques » et leur « partenaires »… Lui-même ancien Vice-président du Cercle de l’industrie, lobby patronal fondé avec l’actif soutien de Dominique Strauss-Kahn.

Dans ce contexte, pas de surprise, cette rencontre du 19 juillet avec les banques françaises s’est avérée fructueuse… pour la finance ! Le lendemain, Bercy annonçait que les banques recevront plus de 30 milliards d’euros issus de l’épargne du livret A…

Le programme du candidat socialiste annonçait : « avec François Hollande, régulons la finance ». Une faute de frappe, sans doute. « Avec François Hollande, régalons la finance » semble plus proche de la réalité.

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/avec-francois-hollande-regalons-la-138870

Publié dans Y'en a marre de François Hollande, Y'en a marre des banques, Y'en a marre des promesses non tenues | Pas de Commentaire »

1...34567...11
 

MesMots |
The World News Times |
Conserver notre cadre de vi... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Manger!...Manger!
| sauver mon exploitation
| PASSION OCEAN