Y’en a MARRE !!!!!!!!

  • Accueil
  • > Y'en a marre des scandales financiers

24 mai, 2013

Y’en a marre de Cahuzac mais surtout des mensonges et des secrets de polichinelle

Cahuzac : le fisc savait depuis 2001, selon Gonelle

Devant la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire du compte en Suisse, le premier détenteur de l’enregistrement de Jérôme Cahuzac dit avoir alerté l’administration dès 2001, par l’intermédiaire de l’un de ses proches.

Y-a-t-il eu dysfonctionnement de l’Etat dans l’affaire Cahuzac ? C’est la question à laquelle tente de répondre la commission d’enquête parlementaire, présidée par le député Charles de Courson, et dont les travaux ont débuté ce mardi. 

Sa mission : retracer et comprendre les événements qui ont eu lieu entre le 4 décembre 2012, date des premières révélations de Mediapart sur l’existence d’un compte suisse appartenant à l’ancien ministre, et le 2 avril 2013, jour des aveux et de la mise en examen de ce dernier. 

Protagoniste très attendu, Michel Gonelle, ancien rival politique de Jérôme Cahuzac à Villeneuve-sur-Lot, a répondu aux interrogations des députés dès 16 heures. 

Une audition qui, suite aux nombreuses questions, a «dérapé de plus d’une heure», selon les propos du président; retardant l’audition suivante de la directrice de cabinet de Jérôme Cahuzac à Bercy, Amélie Verdier.

«Troisième voie»

Pendant plus de deux heures, les députés de la commission ont cherché à retracer les initiatives prises par Michel Gonelle, dès 2000, date à partir de laquelle il était en possession de l’enregistrement de la voix de Jérôme Cahuzac évoquant son compte en Suisse. 

Michel Gonelle explique avoir écarté à l’époque l’option de parler aux médias. De même, il ne choisit pas non plus de se tourner vers le procureur de la République. Un point qui lui sera à plusieurs reprises reproché par les membres de la commission. 

C’est en dehors de toute procédure officielle que Michel Gonelle a donc trouvé ce qu’il nomme «une troisième voie» : informer, au printemps 2001, un fonctionnaire des impôts, faisant partie de son «cercle intime», qui avec son accord, s’est chargé de relayer l’information à la Direction nationale d’enquêtes fiscales (DNEF).

Une révélation qui implique un nouvel acteur dans l’affaire, dont Michel Gonelle n’a pas souhaité donner l’identité, tout en offrant suffisamment de détails à son sujet. L’avocat a par ailleurs évoqué d’autres noms au cours de son audition : 

celui notamment d’un responsable de la DNEF de Bordeaux, qui aurait eu connaissance du dossier. Autre acteur évoqué, Jean-Louis Bruguière, à qui il a confirmé avoir remis une copie de l’enregistrement, de manière non préméditée, lors d’une visite privée du magistrat, fin 2006.

Ainsi, sur les deux supports CD de l’enregistrement de Cahuzac, Michel Gonelle a précisé que l’un était resté en sa possession, l’autre étant parti entre les mains de Jean-Louis Bruguière. Lequel des deux s’est retrouvé dans les bureaux de Mediapart ?

 La commission n’a pas réussi à obtenir de réponse à ce sujet. Michel Gonelle a formellement démenti avoir transmis ce support à qui que ce soit d’autre, tout en ajoutant qu’il n’envisageait pas que Jean-Louis Bruguière ait pu donner le sien. «Mais son exemplaire a dû circuler», a-t-il ajouté. Le président de la commission, après avoir consulté ses collègues, a donc proposé que Jean-Louis Bruguière soit également entendu par la commission.

Tour à tour prolixe et évasif, Michel Gonelle a laissé planer le flou sur les démarches qu’il a pu entreprendre. Au point d’irriter les députés présents : «Vous avez fait une utilisation oblique, voire détournée, de l’administration. 

A aucun moment vous n’avez saisi directement la justice ou l’administration fiscale», s’est agacée Marie-Françoise Bechtel. Face aux reproches récurrents, l’avocat a gardé la même défense pendant toute l’audition. Evoquant le manque de certitudes d’abord sur les faits reprochés à l’ancien ministre. 

Mais plus encore, la crainte de se retrouver sur la place publique et le risque de représailles juridiques: «Cahuzac, ce n’est pas un adversaire comme les autres. Si on fait un pas de travers, il sait répliquer».

Michel Gonelle est aussi revenu sur son entretien avec un membre du cabinet de François Hollande, qui lui aurait conseillé l’immobilisme suite aux révélations qu’il était venu lui apporter : «Une porte se fermait, j’en ai été déçu», a-t-il soutenu.

 Alors, il n’en démord pas : «Moi et mon entourage avons eu une attitude parfaitement républicaine.» Ce qui n’est pas l’avis des députés, notamment de Jean-Marc Germain qui s’est montré plus incisif, reprochant à Michel Gonelle de n’avoir donné aucune explication convaincante : 

«Nous sommes gênés. Vous n’avez pas fait votre devoir de citoyen.» Ce à quoi Michel Gonelle a répliqué : «Je n’ai pas la prétention d’être l’Etat. Vous instruisez mon procès mais je ne crois pas que ce soit moi qui ai fait les choses les plus graves dans cette affaire».

«Secret de Polichinelle»

Mardi matin, dès 9 heures, Edwy Plenel, patron de Mediapart, avait, le premier, pris la parole face aux membres de la commission d’enquête parlementaire: «La seule limite à notre témoignage sera le secret des sources», avait-il précisé. 

Comme attendu, aucun nom n’aura donc était évoqué. Mais, selon les deux journalistes du site, Edwy Plenel et Fabrice Arfi, la liste des témoins est longue. «Il est normal qu’ils aident le travail journalistique», a souligné Edwy Plenel, en faisant référence aux responsables et membres de cabinets qui avaient joué un rôle dans la révélation de l’affaire. 

Pas de noms, mais des pistes : DCRI, ex-DST, DGSE, douane, nombreux sont ceux qui, selon Fabrice Arfi, auteur de l’enquête de Mediapart, pourraient avoir des choses à raconter.

«Amateurisme», «instrumentalisation» : les deux journalistes n’ont pas mâché leurs mots à l’égard du gouvernement, et notamment du ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici : «Nous attendons qu’il admette qu’il a fait une erreur», a lancé Edwy Plenel à la commission. 

Accusé d’avoir «mal travaillé», le patron de Bercy n’est pourtant pas le seul incriminé par les journalistes qui s’en sont pris à tout un système : «Un pouvoir exécutif tétanisé, un pouvoir législatif coalisé, enfin, un pouvoir judiciaire immobile.». 

Un lourd bilan prononcé par le président de Mediapart à l’encontre de l’Etat qui n’aurait pas joué son rôle face à ce qu’il qualifie de «secret de Polichinelle». Même constat de Fabrice Arfi : «Depuis le début des années 2000, l’appareil d’Etat avait reçu des informations sur l’existence d’avoirs cachés.»

Plaidant pour une grande loi sur la liberté d’information, prenant en exemple le Freedom of Information Act américain, Edwy Plenel a appelé, en concluant son audition, les députés de droite comme de gauche à adopter «une logique de majorité d’idée» et à ne pas être dans un affrontement partisan autour des révélations journalistiques. «Si la commission d’enquête pouvait tirer cela vers le haut, le travail de Mediapart n’aura pas était vain», a-t-il conclu.

Par AMANDINE CAILHOL

http://www.liberation.fr/politiques/2013/05/21/cahuzac-le-fisc-savait-depuis-2001-selon-gonelle_904571

23 mai, 2013

Y’en a marre des magouilles et des scandales surtout avec l’argent des contribuables

Tapie-Lagarde : les dessous politiques d’une ténébreuse affaire

Le fait que la patronne du FMI se trouve, aujourd’hui, seule en première ligne, ne doit pas nous tromper : ce qui se joue ici est bien « un scandale d’Etat ». Tapie est riche…de l’argent des contribuables !

« Un scandale d’Etat ». François Bayrou en avait eu l’intuition dès les premières heures, et chaque jour qui passe semble lui donner un peu plus raison : le processus d’arbitrage ayant permis, le 7 juillet 2008, d’accorder à Bernard Tapie la somme faramineuse de 403 millions d’euros dans le cadre de son litige avec le Crédit Lyonnais, ressemble effectivement de plus en plus à un « scandale d’Etat ». 

Un de plus, serait-on tenté de dire. Plus de 400 millions d’euros d’argent public ! Que cela plaise ou non, Bernard Tapie est redevenu riche avec l’argent des contribuables. Dès lors, la question, juridique, politique, morale, est simple : comment a-t-on pu en arriver là ? 

Pour en avoir une idée, il faut lire le réquisitoire de la cour de discipline budgétaire : il est terrible, accablant même. Sans rentrer dans les détails techniques de cette affaire, on croit bel et bien comprendre que la décision d’un tel arbitrage a été prise à l’Elysée et que Christine Lagarde n’a fait en réalité qu’exécuter des ordres venus d’en haut. En tous cas, tous ceux qui étaient contre une telle procédure d’arbitrage ont été systématiquement écartés. 

La direction générale du Crédit Lyonnais était contre : écartée. 
La Caisse des dépôts et Consignations était contre : écartée. 
L’Agence des participations de l’Etat (APE) était contre : écartée. 
Les fonctionnaires de Bercy étaient contre : écartés. 

En 2006, la cour de cassation elle-même avait rendu un arrêt favorable à l’Etat contre les demandes de Bernard Tapie : l’Elysée n’a pas non plus voulu en tenir compte. 

Le 2 octobre 2007, un conseil d’administration du CDR, l’organisme chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, se réunit. Trois administrateurs émettent alors des réserves circonstanciées sur la procédure d’arbitrage : même chose, on ne les écoute pas. En réalité, la décision est déjà prise. 

Pire : parmi les trois arbitres désignés, l’entre d’entre eux, Pierre Estoup, omet de signaler qu’il a déjà travaillé à quatre reprises avec l’avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne. 

On sait, en outre, que Bernard Tapie a été reçu à plusieurs reprises et dans la plus grande discrétion à l’Elysée entre 2007 et 2010. Exactement comme le procureur de Nanterre Philippe Courroye, alors chargé de la délicate affaire Bettencourt, avait été reçu en secret à huit reprises par le chef de l’Etat.

Tapie, lui, jure – « les yeux dans les yeux » ? – que Nicolas Sarkozy ne lui a « jamais parlé de l’arbitrage ». 

Mais est-ce le cas des deux officiers traitants de ce dossier explosif, Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, et son adjoint, François Pérol, aujourd’hui patron de Banques Populaires-Caisses d’Epargne ? 

Toujours est-il qu’aujourd’hui, seule Christine Lagarde se retrouve devant la Cour de Justice de la République. Et l’on verra d’ailleurs, dans quelques heures, si les juges, qui s’apprêtent à l’entendre demain et vendredi, décident de la mettre en examen pour « complicité de faux et détournement de fonds publics » ou s’ils la ménagent en lui accordant un statut de témoin assisté. 

Car deux autres personnages au moins sont dans le viseur : Jean-François Rocchi, président du CDR de 2006 à 2013, un proche de Claude Guéant, et Bertrand Scemama, président de l’EPFR, la structure publique qui chapeaute le CDR. 

Pour autant, Christine Lagarde, droite dans ses escarpins, maintient sa position officielle : personne ne lui a imposé les décisions qu’elle a prises dans ce dossier, dit-elle. Ni Sarkozy, ni personne. Elle veut assumer, seule. Une noble attitude qui arrange sans doute Nicolas Sarkozy, mais qui gêne singulièrement François Hollande. Et pour cause… 

En accord avec l’Elysée, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, vient en effet d’annoncer au journal Le Monde que « si une atteinte aux intérêts de l’Etat est avérée, alors Bercy se constituera partie civile ». Que l’Etat envisageait même un recours en révision contre cet arbitrage qui, répétons-le, a enrichi Tapie de 403 millions d’euros. 

Sauf que, dans le même temps, explique Pierre Moscovici, toujours en accord avec l’Elysée, « Mme Lagarde garde toute la confiance des autorités françaises dans ses fonctions à la tête du FMI ». Cherchez l’erreur… 
  

http://www.marianne.net/Tapie-Lagarde-les-dessous-politiques-d-une-tenebreuse-affaire_a229018.html

22 mai, 2013

Y’en a marre de la corruption et surtout de la pression des marchés

Classé dans  Y'en a marre des scandales financiers — ippolito @ 13:58

L’argent qui corrompt : comment la pression des marchés dégrade la morale

Quel est le point commun entre la crise des subprimes, l’affaire des lasagnes au cheval ou les scandales à répétition quant aux conditions de travail des ouvriers du textile dans les pays du sud?

 Réponse: l’ensemble de ces phénomènes ont pris place au sein d’une institution bien connue des hommes: les marchés. Leur fonction? Permettre l’échange. En théorie, les marchés sont utiles parce qu’ils optimisent l’allocation des ressources et valorisent les biens en fonction de l’offre et de la demande, une fonction essentielle dans la société.

Mais tout le monde ne l’entend pas de cette manière. Moteurs du gain, les marchés c’est aussi l’argent, et un enrichissement souvent synonyme de culpabilité, que l’on songe à François Mitterrand et l’argent qui corrompt ou encore à François Hollande qui, déclarant ne pas aimer les riches, a désigné au Bourget son véritable adversaire: la finance. 

De la Révolution française à l’affaire Cahuzac, l’argent et avec elle les marchés auront donc souvent siégé sur le banc des accusés. Mais ces derniers pervertissent-ils réellement les hommes?

Pour déterminer si la pression des marchés a une influence négative sur la moralité des individus, deux économistes allemands de l’Université de Bonn, Armin Falk et Nora Szech, se sont livrés à plusieurs expériences qui ont impliqué près de mille participants.

Un débat théorique? Seulement en apparence, car comme l’explique Nora Szech au HuffPost, « la crise financière nous a amenés à réfléchir à l’impact des marchés et aux règles qui devraient les gouverner; de la même manière, les scandales alimentaires ou encore les conditions de travail des ouvriers qui travaillent dans l’électronique ou le prêt-à-porter remplissent quotidiennement les colonnes de nos journaux, » continue-t-elle. Les marchés peuvent-ils donc en être tenus pour responsables? 

D’après les résultats de leur étude, publiée le 10 mai dans la prestigieuse revue Science, la réponse est oui. Explications.

Des souris et des hommes

À l’origine de l’expérience, il y avait des souris. Pas n’importe quelle souris, puisqu’il s’agissait de souris de laboratoire dites de surplus. Lorsque des scientifiques utilisent des animaux dans leurs expériences, certaines d’entre elles ne présentent parfois pas les caractéristiques génétiques nécessaires, et bien qu’elles soient en bonne santé, elles sont généralement tuées par les laboratoires.

C’est en tout cas ce qu’on a expliqué aux participants à l’expérience auxquels les chercheurs ont non seulement donné droit de vie ou de mort sur des souris, mais aussi expliqué à l’aide d’une vidéo comment celles-ci seraient tuées, histoire que les choses soient claires.

 Précisons, avant d’aller plus loin, que l’expérience a été validée par le Comité d’éthique de l’Université de Bonn puisque celle-ci devait permettre de sauver des souris qui étaient déjà condamnées par la science.

Les participants à l’étude furent donc mis en situation de gagner de l’argent, avec pour conséquence l’assassinat de la souris, ou de ne rien gagner du tout et de laisser vivre les animaux qui, autrement, auraient été condamnés. Alors dans quelles conditions, ont-ils été prêts à sacrifier la vie d’une souris au profit de leur portefeuille? 

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont divisé les participants en trois groupes.

Les membres du premier groupe ont été confrontés à un choix individuel très simple: gagner dix euros, ce qui provoquait la mort de la souris, ou ne rien gagner du tout et laisser la souris vivre, alors qu’elle était déjà condamnée. Cette situation ne relève pas d’un « marché » à proprement parler, si bien que ce groupe agit en quelque sorte comme un groupe témoin.

Dans le deuxième groupe, les participants s’étant retrouvés dans une situation de marché bilatéral. D’un côté, l’un des participants était un « vendeur », propriétaire de la souris, de l’autre, un autre participant, qui était « acheteur ». Vendeur et acheteur ont donc dû se mettre d’accord sur un prix: 

celui de la mort de la souris évaluée à 20 euros, somme qui devait être ensuite partagée. S’ils se mettaient d’accord sur un prix, l’acheteur recevait alors 20 euros, moins la valeur sur laquelle les deux s’étaient mis d’accord. Quant au vendeur, il recevait la somme en question et la souris était tuée.

Comme l’expliquent les chercheurs, « dans cette expérience simulant un marché bilatéral, le vendeur se trouve dans la même situation que le participant dans la première expérience en ce qu’il ou elle pouvait refuser de l’argent ou l’accepter et provoquer la mort d’une souris. » Il suffisait alors que l’un des deux refuse de participer pour qu’acheteur et vendeur repartent tous les deux bredouilles. L’expérience a eu lieu dix fois, et impliqué 72 participants au total.

La bourse ou la vie (des souris)

L’expérience fut une nouvelle fois différente pour les participants à la troisième catégorie. Objectif cette fois-ci: simuler un marché multilatéral, c’est-à-dire où l’offre et la demande sont le fait de plusieurs participants comme dans une bourse.

Sept acheteurs et neuf vendeurs ont ainsi dû débattre sur les prix des souris, chacun des neufs vendeurs étant « propriétaire » d’une souris. Vendeurs et acheteurs ont pu faire autant d’offres qu’ils le souhaitaient, celles-ci s’affichant sur un écran. Et lorsqu’un accord était trouvé, l’échange était conclu… provoquant le décès d’un rongeur.

L’expérience fut répétée dix fois à l’aide de 96 participants, qui étaient rémunérés selon le même principe dans la seconde expérience. Mais ici, les vendeurs étaient l’objet d’une pression supplémentaire, à cause du plus faible nombre d’acheteurs (7) que de vendeurs (9). Si je ne vends pas ma souris, pouvaient-ils penser, alors un autre vendeur pourrait le faire à ma place et je ne gagnerai rien du tout. Les vendeurs se trouvent donc institués dans un rôle de pivot qui peut faire basculer les transactions.

Bilan des courses? Il n’est pas franchement joyeux. En témoignent ces 45,9% de participants à la première expérience qui d’accord pour tuer leur souris moyennant 10 euros. Si le chiffre fait frémir, ce n’est pourtant rien à côté des 72,2% de participants à l’expérience de marché bilatéral qui ont accepté de vendre la vie de leur souris pour une somme inférieure ou égale à 10 euros. 

Quant aux participants à l’expérience de marché multilatéral, qui avait impliqué neuf vendeurs et sept acheteurs, 75,9% d’entre eux ont cette fois-ci bradé l’âme de leur rongeur pour dix euros ou moins.

Si le marché remplit son rôle en tirant les prix vers le bas, il emporte les valeurs morales avec lui.

De la valeur morale à la valeur marchande

Pour plus de précision dans leurs résultats, les chercheurs ont effectué plusieurs expériences complémentaires.

Un quatrième groupe de participants a été confronté à un choix individuel (faire tuer la souris pour de l’argent ou ne rien faire du tout). Pour ce faire, on leur a présenté une liste de prix croissants allant de 2,50 euros à 50 euros augmentant par tranches de 2,50 euros. 

Pour chaque somme, les participants ont alors dû indiquer s’ils prendraient l’argent quitte à tuer la souris, ou le refusaient. L’idée étant de voir à partir de quelle somme d’argent, ceux-ci privilégierait leur gain avant la vie de la souris.

Malheureusement pour les souris, parmi les 96 participants, la même proportion d’entre eux fut prête à accepter le meurtre de la bête – moyennant la modique somme de 10euros ou moins – que dans la première expérience (45% environ).

Témoin de la dégradation morale que provoque le marché, cette comparaison. Si dans l’expérience du marché bilatéral 72,2% des participants ont accepté de dire adieu à la souris pour 10 euros ou moins, pour que la proportion soit la même dans la quatrième expérience, celle de la liste de prix, les chercheurs ont dû débourser 47,5 euros par participant, le prix que ceux-ci ont estimé comme étant tolérable pour que le rongeur soit exécuté.

Même chose avec la troisième expérience, celle du marché multilatéral où 75,9% des participants plaçaient la vie d’une souris en-dessous de 10 euros. Ici, le prix moyen de la mise à mort s’élevaient à 5,1 euros. Si l’on compare ces résultats avec ceux de la quatrième expérience, celle de la liste de prix, seuls 34,4% d’entre eux étaient alors d’accord pour que la souris soit tuée moyennant 5 euros environ.

Les marchés, qu’ils soient bilatéraux ou multilatéraux ont donc bel et bien eu une influence négative sur la morale des participants. La valeur morale ne résistant pas à la valeur marchande qui est attribuée par les marchés, aux vies des souris.

Souris contre bon d’achat: le match

Dernière étapes de l’études, deux nouvelles expériences imitant la troisième et la quatrième La différence? Cette fois-ci, ce n’était plus la vie de souris qui était mises en jeu mais des biens de consommation moralement neutre. 

Plus précisément: des bons d’achats pour la boutique de souvenirs de l’Université de Bonn, attribués aux étudiants de la même manière que les souris.

Même règle pour ces deux nouvelles expériences: les participants devaient rendre leur bon d’achat à l’issue de l’expérience, bon d’achat qui se voyait alors invalidé. Il se trouvait donc dans la même situation qu’avec les souris, sauf que le coût de l’opération n’était plus moral (la mort d’une souris), mais matériel (la perte d’un bon d’achat).

Si dans le cas des expériences avec les souris, l’influence des marchés avait un impact franchement négatif sur la moralité des participants, dans celles-ci, l’influence du marché fut nulle ou insignifiante. La valeur du bien a prévalu. Et ce n’est pas tout. « Dans le marché de la souris, les prix débutent à un niveau peu élevé et descendent » remarquent les chercheurs, 6,4 euros au début, et 4,5 euros à la fin de l’expérience. A contrario, les prix des coupons sont restés stables.

Conclusion des chercheurs: « à procédures, paramètres et même situation de marché, les valeurs morales déclinent davantage que lorsqu’elles sont moralement neutres. » En d’autres termes, l’ensemble des expériences prouve que dans une situation de marché, nous ferions passer notre intérêt largement avant celui des autres.

Comment le marché dégrade les valeurs morales

Dans une série d’expériences restées célèbres, le psychologue américain Stanley Milgram avait poussé les participants à appliquer des traitements cruels à d’autres individus, qui étaient en réalité des acteurs, à l’aide de décharges électriques croissantes.

 Si ces actions posaient des problèmes de conscience évidents aux participants, auxquels on avait expliqué qu’il s’agissait d’une expérience scientifique, la majorité d’entre eux s’étaient pourtant conformés aux ordres que les scientifiques leur donnaient et cela malgré les cris de leurs victimes.

L’expérience de Milgram en vidéo:

L’expérience de Milgram par Super_Resistence

À l’époque, ces expériences ont permis de mettre en exergue le rôle de l’autorité et du cadre, ici celui d’une expérience scientifique, dans la légitimation d’actes considérés comme immoraux par les participants. 

Une légitimité qui autoriserait l’acte moralement condamnable. Et selon Armin Falk et Nora Szech, le marché jouerait un rôle à peu près similaire dans la dégradation des valeurs morales lors de leurs expériences, cela pour trois raisons:

Premièrement, dans un marché, on est au moins deux, sens de la responsabilité et culpabilité sont ainsi partagés

Deuxièmement, le marché légitime certaines actions qui pourraient paraître illégitime en dehors. Observer les autres échanger ou ignorer des valeurs morales évidentes tendrait à autoriser davantage la poursuite de l’intérêt personnel, et donc légitimé l’assassinat d’une souris

Enfin, lorsqu’un individu agit dans un marché, il agit dans un cadre matérialiste où règne la négociation, la compétition, bref autant d’éléments qui peuvent ponctuellement détourner l’attention de l’individu de ses valeurs

L’esprit d’entreprise est-il compatible avec la morale?

Sur ce dernier point, une autre étude allemande rendue publique le 13 mai a montré comment l’entrepreneuriat peut influencer la moralité d’un individu. Des chercheurs ont placé des entrepreneurs qui se sont déclarés comme attachés aux valeurs environnementale en situation de compétition. Ces dernières n’ont alors pas fait long feu. Quant aux patrons participants ils ne s’étaient rendus compte de rien, preuve que le processus était largement inconscient.

Tous les participants ne se sont pas comportés de la même manière. Les moins efficaces étaient les plus concernés par l’environnement dans leurs choix, et inversement. Comme l’explique le professeur Holger Patzelt: 

« Les entrepreneurs les plus efficaces veulent avoir de l’influence, ils auront donc moins tendance à s’engager dans des directions qui limitent leurs options. Le même principe s’applique aux industries polluantes fortement mises en concurrence. Dans ces situations, les patrons estiment que tout dépend de leur propre décision. »

Mais les résultats de ces expériences impliquent-ils nécessairement que tous les marchés doivent être condamnés, l’argent et les patrons avec? Évidemment non, estiment Nora Szech et Armin Falk, qui rappellent que d’autres formes d’organisation des échanges et d’allocation des ressources se sont révélées bien plus dégradantes pour les valeurs morales, à l’image des régimes totalitaires ou autoritaires.

Néanmoins, estiment-ils, ces résultats montrent que la société doit s’interroger sur la place légitime des marchés dans nos sociétés. Jusqu’où doivent-ils l’intégrer? Dans quels secteurs les marchés devraient-ils être régulés, ou exclus? D’autant plus que cette question ne concerne pas que les possédants ou les multinationales mais bien tout le monde.

Le prix de la cohérence

« Nombreux sont ceux prompts à être révoltés par le travail des enfants, l’exploitation des ouvriers, les conditions d’élevages des animaux, ou la pollution de l’environnement, » écrivent les auteurs. « En même temps, ils semblent ignorer ces étalons moraux quand ils deviennent des acteurs participant à une transaction sur un marché à la recherche du meilleur prix pour leur matériel électronique, leurs vêtements ou leur alimentation. »

Par conséquent, les chercheurs estiment qu’en appeler à la vertu morale des individus n’est que de peu d’effet afin de contrecarrer l’impact négatif des marchés. Alors comment réguler ces marchés inextricablement liés à notre consommation quotidienne ? « On pourrait par exemple d’imposer des standards plus élevés en terme de conditions de travail, de salaires et de sécurité à l’étranger, » nous explique Nora Szech.

« La mise en place de labels de production crédibles pourrait également nous être utiles. Dans de nombreux secteurs industriels, ce n’est actuellement pas le cas. » Encore faudrait-il accepter le surcoût que la mise en place de nouvelles normes imposerait alors. Un peu comme si la cohérence, elle aussi, avait un prix.

http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/13/la-pression-des-marches-degrade-les-valeurs-morales_n_3265256.html?utm_hp_ref=france

Mots-clefs :, , , , , , , , , , ,

20 mai, 2013

Y’en a marre de la bouffe industrielle, de ses lobbies et surtout des magouilles et des scandales alimentaires

Bon appétit 

En 1948, Charles Trénet chantait «Qu’y a-t-il à l’intérieur d’une noix?». Aujourd’hui, il aurait de quoi écrire un album entier. Et ça ressemblerait moins à de la poésie qu’à une formule chimique et mathématique.

C’est ce que vous propose de découvrir ce hors-série, qui explore le monde merveilleux de la bouffe industrielle, de ses lobbies, de ses barons et de leurs magouilles financières, de ses adjuvants aux noms savants et incompréhensibles — c’est préférable —, de ses effets comiques sur notre santé et de son riant avenir qui se fout bien du nôtre.

 Mais, comme il faut tout de même espoir garder, il y est également question des solutions, car il y en a, pour s’affranchir du gavage aux pesticides et aux édulcorants de synthèse. Car, désormais, il ne s’agit plus de manger pour vivre, mais de rester vivant en mangeant.

L’édito de Fabrice Nicolino, 

La mise en scène était succulente. Quand on a commencé à parler du prétendu «scandale de la viande de cheval», au début de février 2013, on a compris qu’on avait affaire à de grands acteurs comiques. La palme au ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, déclarant sur RTL le 11 février:

 «Je découvre la complexité des circuits et de ce système de jeux de trading entre grossistes à l’échelle européenne.» Le Foll est l’un des très rares politiques à connaître l’univers de l’agriculture. Non seulement il est petit-fils de paysan, mais, en plus, il a en poche un BTS agricole et a enseigné l’économie dans un lycée agricole breton.

Donc, il se fout de nous. Mais pourquoi à ce point-là? Parce que l’industrie de la bouffe est en France intouchable. Elle est de loin le plus gros employeur de notre pays de chômeurs, avec 500000 emplois directs, dont la plupart ne sont pas délocalisables. La viande est au cœur du système. Et c’est pourquoi il n’était pas question d’ouvrir le vrai dossier, celui d’une industrie devenue si folle qu’elle paraît incontrôlable.

Au début était pourtant la nourriture. Les panthéons du passé sont pleins de divinités qui la représentent. Ne parlons pas des Grecs, saoulés d’ambroisie, ni des Romains, qui offraient à leurs dieux d’interminables gueuletons. Chez les Slaves, avant que n’arrivent les curés, Zywienia, déesse de la bouffe, couchait avec Radogast, dieu de l’Hospitalité. Pas si mal. Et Kokopelli, le petit dieu des Indiens Anasazi, cachait dans sa bosse éternelle des plantes et des graines. Mais tout cela c’était avant le Grand Progrès.

« autoroutes de la bouffe contre départementales de la nourriture »
La révolution industrielle n’a pas seulement inventé la machine à vapeur, l’usage du pétrole, les abattoirs de Chicago, la bagnole individuelle, la chimie de synthèse et le téléphone portable. Elle a pulvérisé les anciennes manières de se nourrir. 

Ce que vous allez lire dans ce hors-série de Charlie n’est qu’une évocation dont vous ne sortirez peut-être pas tout à fait indemne. C’est en tout cas tout le mal qu’on vous souhaite. Car l’apparition des transnationales de la bouffe a changé en simple marchandise ce qui était jadis cadeau des cieux et travail des hommes. 

Désormais, il faut cracher du flouze. On a vu comment Findus, qu’on croyait un gentil cuisinier, appartenait en réalité à un fonds de pension, exigeant une rentabilité financière d’au moins 8% l’an. La bouffe est une industrie, mondialisée, financiarisée, aussi sympathique que les hedge funds et les subprimes qui ont précipité la crise de 2008. 

Faut-il ajouter que cette industrie se contrefout des questions de santé publique, qui ne sont évidemment pas son problème? Elle surajoute, par exemple, du sel dans tous les plats qu’elle nous fourgue, car cela augmente leur poids, multipliant le profit. Bilan? 25000 morts par an en France, comme le clame dans le désert le chercheur Pierre Meneton.

Cargill, Monsanto, Nestlé, Danone font la loi parce qu’ils pèsent davantage que la plupart des États de la planète. Et les gendarmes du monde, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), regardent ailleurs, quand ils ne sont pas manipulés ou infiltrés par les grands lobbies industriels.

L’histoire que raconte Charlie est sinistre, mais elle fera rire, car il ne nous reste plus que cela, en attendant mieux. Sauf révolte massive de la société, pour l’heure improbable, la machine continuera sa route. Pendant que nous montrons notre impuissance à seulement contrôler le sucre, le sel, le gras, les pesticides, les colorants, les conservateurs, les ingénieurs de l’industrie avancent. 

Leurs labos nous concoctent de la viande sans animal, ou de la bidoche clonée, ou encore des nanoaliments — taille: un milliardième de mètre — capables de traverser tous les tissus vivants, cellules comprises. Où sont les études sur leur toxicité ? Nulle part. Elles n’existent pas. Elles viendront peut-être, mais quand il sera trop tard.

Y a-t-il une autre voie? Plus d’une, en réalité. Le mouvement Slow Food, l’agriculture bio, l’alimentation des Karens de Thaïlande, le végétarisme montrent que nous ne sommes pas condamnés à subir la loi des marchands. Mais pour échapper à la bouffe industrielle, il faudrait commencer par accepter de payer le prix réel des aliments. 

La plupart d’entre nous préfèrent acheter un téléphone portable que de s’acheter du vrai pain et de vrais fruits. La publicité a parfois bon dos, qui permet d’échapper à des questions bien plus dérangeantes. Pour sortir de ce système infernal, il faudrait commencer par relever la tête. Pour l’heure, nous avons la gueule enfoncée dans l’auge.

http://www.charliehebdo.fr/news/bon-appetit-811.html

13 mai, 2013

Y’en a marre du logiciel Louvois et surtout des promesses non tenues

Classé dans  Y'en a marre des scandales financiers — ippolito @ 12:19

France : des milliers de militaires attendent toujours d’être payés

Plus d’un an et demi après l’installation du logiciel Louvois, les erreurs de paiement des soldes des militaires sont toujours aussi nombreuses et ils sont des milliers à en pâtir.

Le 29 octobre dernier, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonçait « la régularisation de toutes les soldes avant Noël » avec un dispositif exceptionnel d’avances de 30 millions d’euros.

 Mais plus de 6 mois plus tard, les dysfonctionnements de Louvois, le système informatique de paie des militaires, demeurent.

« Le plan d’urgence mis en place par le ministère de la Défense n’était qu’un palliatif. Ses ressources financières se tarissent et le calculateur ne fonctionne toujours pas. Fin avril, 7000 militaires étaient encore touchés par des défauts de soldes », affirme Nicolas Bara, le président de l’association Militaires et Citoyens.

« On a longtemps été dans le dialogue avec le ministère. Avec le changement de gouvernement, on a laissé du temps à Jean-Yves Le Drian. Mais les problèmes n’ont que trop duré. Quand un bug est réglé, un autre apparaît aussitôt. Aujourd’hui on en a ras-le-bol ».

Angélique Legarrec, à la pointe de la contestation des femmes de militaires au printemps 2012, est sur la même longueur d’ondes. Désormais membre du Comité d’utilisateurs du logiciel Louvois, elle déclare :

« Les différentes mesures prises par le ministère en octobre dernier sont un emplâtre sur une jambe de bois. Aujourd’hui, il y a encore des milliers de militaires qui ne perçoivent qu’une partie de leur solde, voire rien du tout. Pour les militaires du rang ou les sous-officiers qui n’ont pas des soldes mirobolantes, ça crée tout de suite de grosses difficultés. Certains ont été expulsés de leur logement en location, d’autres ne pouvaient plus remplir le frigo. On ne voit pas le bout du tunnel.»

Jusque-là plutôt épargnés par rapport à leurs collègues de l’armée de Terre, les marins connaissent à leur tour les « joies » du logiciel Louvois. « Le mois dernier le nombre de marins touchés était supérieur à celui des soldats de l’armée de Terre », assure Nicolas Bara.

Mais dix-huit mois après l’installation du logiciel Louvois, le mal dépasse ces «simples» erreurs de paiement des soldes.

«Les bugs à répétition de Louvois pèsent sur le moral des militaires. Certains ne veulent plus prolonger leur engagement au sein de l’armée», confie le président de l’association Militaires et Citoyens.

« Il y a une réelle défiance par rapport au logiciel, à la hiérarchie militaire et au ministère. La récente sortie du nouveau Livre blanc n’a fait que rajouter de l’huile sur le feu » confirme Angélique Legarrec.

Dernier événement en date qui exacerbe l’exaspération des soldats : les 106 millions d’euros de trop-perçus suite à des erreurs dans le versement des soldes. 65 000 militaires devront les rembourser.

« C’est très mal vécu par les militaires. En plus, on a appris l’existence de cette somme par voie de presse. Cela montre que le comité d’utilisateurs n’est qu’un leurre de concertation. C’est un casus belli. Désormais, on n’exclut aucune forme d’action ! »

Sources : Varmatin / Le Journal du Siècle

http://lejournaldusiecle.com/2013/05/12/france-des-milliers-de-militaires-attendent-toujours-detre-payes/

Mots-clefs :, , , , ,

9 mai, 2013

Y’en a marre de la mafia surtout en France

Classé dans  Y'en a marre des scandales financiers — ippolito @ 10:55

En Une de L’Express cette semaine: enquête sur les mafias françaises

Ce n’est pas l’Italie avec Cosa Nostra, ses rites et ses parrains. Et pourtant… De la Corse à Marseille, de Paris aux cités de banlieues, le crime organisé prospère. A l’abri des regards ou presque. 

Car, au-delà des trafics et des violences, se tissent de très complexes et discrets réseaux de corruption et de blanchiment. Plongée dans un monde où le truand côtoie le col blanc. 

Il est parfois des signaux, éparpillés à la surface, qui trahissent une réalité, en eau profonde, qu’on ne veut pas voir. Il est des indices, graves et concordants, qui traduisent un phénomène, inquiétant, que les pouvoirs publics sous-estiment encore largement. 

Qu’on en juge: un magistrat, Charles Duchaine, connu pour enquêter sur de puissants clans marseillais et la tentaculaire « affaire Guérini », discrètement placé sous protection policière, en novembre 2012, après des menaces de mort. 

Trois notables assassinés en Corse en six mois – dont un ancien bâtonnier et un président de chambre de commerce – sur fond de guerre ouverte pour le contrôle du territoire et du business. 

D’étranges cadavres, en région parisienne, qui pourraient être liés aux milliards de la gigantesque arnaque à la taxe carbone. Un ministre de la République, Manuel Valls, qui brandit pour la première fois, en évoquant la Corse, le mot de « mafia », terme jusque-là honni dans un Etat centralisé, assis sur ses dogmes. 

Le crime organisé prospère dans notre pays. Tous les acteurs spécialisés, magistrats, policiers, le disent, et le répètent, mezza voce: d’Ajaccio à Paris en passant par Marseille, un cancer insidieux, nouveau en France, répand ses métastases dans la démocratie et le tissu social. 

Un cancer intimement lié au phénomène de la corruption, que l’Etat fait mine de découvrir en 2013. Le 7 mai, le gouvernement devrait dégainer en Conseil des ministres son projet de super-procureur « anticorruption ». Au classement de Transparency International, les Bahamas et la Barbade s’en tirent toujours mieux que la France!  

Pour acheter la paix, on a préféré dialoguer avec le milieu 

Or les experts le savent bien: corruption et crime organisé sont étroitement liés. « Par essence, le crime organisé, qui ne se balade pas en surface avec une kalachnikov, corrompt.

 Des fonctionnaires, des élus, des entrepreneurs… C’est indispensable à son activité, complexe, occulte et lucrative », explique Bernard Petit, sous-directeur à la PJ de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière. Ce haut responsable pose un diagnostic partagé par tous les spécialistes:

  »En France, on nie le crime organisé comme on nie la corruption, alors que se développent, très clairement, des logiques mafieuses sur le territoire, et pas seulement en Corse. » Aux racines du déni? « On a encore du mal à penser le phénomène. »

 Le pays de Richelieu et de Napoléon, construit autour d’un Etat, peine à s’imaginer des pouvoirs occultes venant concurrencer sa puissance régalienne. La corruption ? C’est l’Afrique. La mafia? L’Italie et ses pizzas… 

Le « casse du siècle » de la Carbone Connection

La Corse est pourtant un bel exemple. Pendant des années, l’Etat a consacré ses efforts à la lutte contre le nationalisme. Pendant ce temps-là, des empires ont pu prospérer, en paix : au nord, le gang de la Brise de mer, au sud, le système du parrain « Jean-Jé Colonna ». 

En 2000, le n° 2 de la PJ affirmait encore que la Brise, aujourd’hui inscrite au firmament du milieu français, était « un mythe ». Avant que ne disparaissent des fichiers du grand banditisme un certain Richard Casanova, l’un de ses boss… 

« Pour acheter la paix, on a préféré dialoguer avec le milieu, voire nouer avec certains de ses membres des  »pactes scélérats », pendant que certains services de renseignement ont joué aux apprentis sorciers », cingle un haut magistrat. Lequel s’étonne de voir des « classé secret-défense » dans un dossier ajaccien comme celui de la société de sécurité SMS, rejugé en appel, en 2012 à Aix-en-Provence.  

Ce gigantesque dossier croisait voyoucratie, main des RG, détournements de fonds publics et emplois fictifs : les ingrédients de ces « réseaux de type mafieux » que dénonçait déjà, en 1999, une commission d’enquête parlementaire sur la Corse. 

« Le terme de mafia [...] ne peut qu’inquiéter. Est-ce la raison pour laquelle l’existence ou non d’activités de type mafieux dans l’île suscite autant de controverses ? Certains responsables de la police ou de la chancellerie ont cru devoir récuser ce terme. » 

La région la plus criminogène d’Europe

Quinze ans plus tard, où en est-on? Au même point, ou presque. La Corse est la région la plus criminogène d’Europe. Les règlements de comptes, non résolus, symptômes d’un mal plus profond, se succèdent. 

« La pègre corse, qui s’est enrichie, investit à Marseille, Aix, Paris, et à l’étranger, avec des fortunes colossales », souligne un magistrat. « Et au prétexte qu’il n’y a pas de structure pyramidale et unitaire comme en Italie, on refuse le mot qui fait peur : mafia », observe Jacques Follorou, journaliste au Monde. 

Le malaise serait aussi sémantique. Non, il n’y a pas en France de Mafia au sens strict du terme, avec une Coupole et des parrains qui brûlent des images sacrées en jurant fidélité à une organisation qui les transcende. 

« Mais si, par mafia, on entend un réseau criminel, enraciné sur un territoire, qui vise le pouvoir et l’argent et infiltre le tissu économico-politique, alors, oui, évidemment, nous sommes en présence de phénomènes mafieux », martèle un magistrat marseillais. 

Et d’ironiser : « Ce qu’on préfère appeler clientélisme, dans le Sud… » Le racket, dans le Sud-Est ou ailleurs, qu’est-ce donc, sinon l’affirmation symbolique d’un pouvoir, d’un contrôle du territoire, via un « impôt bis » ? 

Le fait qu’il s’étende dans les banlieues délaissées par l’Etat, comme on l’a découvert récemment sur les chantiers de BTP en Seine-Saint-Denis, où certains grands groupes prévoient des « enveloppes » dans leur budget, n’est pas anodin. Ces cités, où les bandes brassent un tel cash, via les stups, que la police les intègre désormais au crime organisé. 

« La Mafia n’existe pas », répétaient encore, jusque dans les années 1980, les procureurs généraux en Italie, pendant que le sang giclait à Palerme. Celui qui a compris, le premier, la gravité du mal et la nécessité de pister l’argent sale pour démanteler une association criminelle, fut le juge Giovanni Falcone.

 La différence entre criminalité ordinaire [le milieu, en France] et criminalité mafieuse ? « La première, disait-il, a toujours vécu aux marges de la société, combattue par le pouvoir. La seconde a toujours vécu dans la société, protégée par le pouvoir. » Est-ce de là que vient l’aveuglement ? 

Le crime organisé, qui obéit à une logique de prédation, fausse le fonctionnement de la démocratie  

En France aussi, les grands voyous ont laissé tomber la cagoule pour côtoyer en costard des gens très respectables, d’autant que la décentralisation a ouvert des « sas ». Il y a trente ans, à Marseille, le truand faisait le julot et « montait » sur des braquages. 

Ensuite, il s’est diversifié dans les machines à sous. Aujourd’hui, il fait dans les appels d’offres, l’offshore, les trafics de déchets, les panneaux solaires, histoire de pomper les subventions des collectivités. Ou les quotas de CO2. C’est le fameux « casse du siècle », la plus grande fraude fiscale jamais commise par la « Carbone Connection » franco-israélienne, mêlant cols blancs et grands bandits.

 Au moins 1,6 milliard d’euros subtilisé au Trésor sous forme d’escroquerie à la TVA, ces dernières années. Les « droits à polluer », instaurés en Europe en 2005? Un rêve de fraudeur. Se faire du fric avec du vent… 

Sortis de leur « ghetto criminel », les escrocs nagent, désormais, entre économie légale et illégale, as du blanchiment et facilitateurs de tous ordres. Le crime organisé prospère sur cette « zone grise ». Sur l’impunité, aussi, le silence et les « porosités », comme on dit – les fuites. Avec de lourdes conséquences :

  »De manière fondamentale, le crime organisé, qui obéit à une logique de prédation, fausse le fonctionnement de la démocratie par le jeu de la corruption et la formation de véritables bourgeoisies criminelles, mafieuses », relève Jacques de Saint Victor, historien du droit, qui a décrit l’inexorable ascension de ce « pouvoir invisible » (Gallimard) de l’autre côté des Alpes mais aussi en France. « Il est le symptôme, non la maladie, d’une société financiarisée. »  

Un symptôme devenu un enjeu pour l’Europe, où sévissent 3 600 groupes criminels (Europol) qui ramassent les fruits de la crise, de l’affaiblissement des Etats, de l’ouverture des frontières et de l’opacité de la finance. En avril 2012, une révolution culturelle a eu lieu au Parlement européen : une commission « antimafia » a vu le jour. 

Son objet : enquêter sur la pénétration du crime organisé au sein de l’Union et plancher sur une directive. Pourquoi une entreprise privée de marchés publics à Palerme peut-elle concourir à un appel d’offres à Berlin ? Faut-il créer un délit d’association mafieuse, comme en Italie, qui a aussi un délit d’association de malfaiteurs ? 

En France, même si le mot « mafia » reste tabou, les autorités ont bien dû commencer à s’outiller contre le crime organisé. La loi Perben II de 2004 a amorcé la mobilisation, en créant, en plus d’instruments nouveaux pour l’enquête (garde à vue à quatre jours, sonorisations accrues…), le bras armé de la lutte : 

huit juridictions interrégionales spécialisées (Jirs), munies de magistrats expérimentés, travaillant sur le financier et les grandes affaires criminelles. Une façon de reconnaître la spécificité des dossiers « crime org », nébuleux, aux ramifications internationales, nécessitant plus d’investissement que celui du crime d’un forcené… 

Il a fallu attendre 2010 pour que soit votée la loi Warsmann, qui encadre un autre outil, capital, la confiscation des avoirs d’origine criminelle. Une agence – l’Agrasc -, chargée de centraliser la gestion des biens et sommes saisis, a été créée. « La seule façon d’attaquer les malfaiteurs à la racine, c’est de les frapper au portefeuille.

 Or, pendant des années, on a pensé avant tout « prison », sans saisir leurs biens… », soupire un magistrat. En 2012, 760 millions d’euros de biens ont été saisis et 3,9 millions reversés au budget de l’Etat. « Il y a un profond malaise vis-à-vis de l’argent, en France », note Jean-Baptiste Carpentier, directeur de Tracfin, la cellule qui fait remonter les déclarations de soupçon de blanchiment des banquiers, notaires et autres professions. 

Soit 30 000 l’an dernier – dont un score infime pour la Corse. Et 500 transmises à la justice. « Beaucoup d’affaires médiatiques sortent de Tracfin, comme Pétrole contre nourriture ou Guérini, souligne Carpentier. Nous pourrions plus si on augmentait nos effectifs, 84 agents. Mais justice, police et gendarmerie ne suivraient pas : elles sont à saturation. » 

En 2010, l’Inspection générale des services judiciaires faisait un tour dans les Jirs. Dans celle de Marseille, compétente pour la Corse, le rapport était alarmant: état « préoccupant » de « surchauffe ». Ils ne sont que cinq juges d’instruction opérationnels sur une zone qui couvre quatre cours d’appel, de Perpignan à Bonifacio… 

Quoi de neuf depuis 2010 ? La pression artérielle a augmenté. De source policière, décision a été prise, le 18 novembre, de placer le juge Duchaine sous protection, un traitement habituellement réservé aux juges « antiterro ». 

En décembre, une interpellation venait confirmer le sérieux du renseignement d’origine : le juge s’en prenait un peu trop au patrimoine d’une puissante coterie marseillaise. 

De son côté, en 2009, la PJ a créé le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), une vigie commune à la police et la gendarmerie, qui centralise les données, région par région, des organisations criminelles. 

« Il fallait faire remonter des faits qui, pris isolément, n’avaient pas de sens, pour les mettre en perspective », relate Frédéric Veaux, qui a été parmi les premiers à lancer l’alerte. Des cambriolages de Géorgiens apparaissant ici et là cachent en réalité de véritables structures… « Des menaces en pleine expansion. » Reste que, selon le Sirasco, 75 % des interpellés pour des faits liés au crime organisé sont français.  

En Corse, « pas d’ADN, pas de témoin, pas d’arme »

Le mois dernier, à Nanterre, une brigade a aussi été mise sur pieds spécialement pour la Corse. La Corse, où les enquêtes habituelles butent sur des remparts : « Pas d’ADN, pas de témoin, pas d’arme et des types qui donnent l’heure quand on les arrête », résume un enquêteur. Alors les méthodes changent. 

« Depuis quelques années, note Bernard Petit, avec les magistrats, nous sortons des logiques purement réactives pour travailler, au-delà des seules infractions et des symptômes, sur un phénomène plus large. Cibler des groupes criminels en amont, pour couper, tout autour, les branches de l’arbre. Et dès qu’un homicide survient, une enquête financière est déclenchée. C’est par ce biais qu’on en arrive au mobile.

 » Exemple : l’assassinat du malfaiteur Jacques Buttafoghi, en Corse, en 2009. Non élucidé, il a néanmoins permis de remonter le fil d’un réseau d’extorsion à Aix-en-Provence, démantelé au terme d’une longue enquête, en 2012. « Tout cela nécessite une culture nouvelle, en dehors de l’affichage immédiat qui ne voit la délinquance que comme un trouble engendré à l’ordre public, renchérit un magistrat. Il faut accepter, sur 20 règlements de comptes, de n’en résoudre qu’un. Et infiltrer ces réseaux. » 

Saisir les mafieux, c’est payant

1,3 milliard d’euros. Tel est le montant confisqué début avril, en Italie, à un entrepreneur mafieux qui avait bâti un empire dans l’éolien. Depuis 1982, la péninsule s’accapare les biens à tour de bras, dotée d’un système unique au monde pour les délits de type mafieux : 

des procès « de prévention », spécifiquement consacrés à la saisie du patrimoine, suivant une voie parallèle – et autonome – au procès jugeant le délit. L’optique de la loi italienne est de réutiliser les biens saisis à la mafia à des fins sociales. On mange des pâtes « Toto Riina » faites de blé cultivé par de jeunes Siciliens, via des coopératives, sur les champs pris au boss. La villa des capi, en Calabre, devient un commissariat… 

Gros point noir : la gestion des sociétés saisies. Sur 1 663 entreprises confisquées en Italie depuis 1982, seules 35 sont toujours actives. Faillites, problèmes juridiques, manque de moyens… Signe que la mafia pénètre les zones les plus riches d’Europe, la Lombardie est devenue, depuis peu, la troisième région où l’Italie confisque le plus, derrière celles du Sud. 

Ils le disent tous. Au-delà du cap mental qui reste à passer, le nerf de la lutte contre le « crime org », c’est le renseignement. A la différence de la Serious Organised Crime Agency (Soca) britannique, par exemple, la mission ne figure pas au tableau de bord de la Direction centrale du renseignement intérieur, centrée sur l’ »antiterro », la défense du patrimoine économique et culturel et le contre-espionnage. Le crime organisé pourrait-il s’y ajouter? 

Ils le disent tous: il faut se munir, en France, comme aux Etats-Unis, en Italie ou en Grande-Bretagne, de l’arme fatale dans la lutte antimafia : les « repentis », ces soldats sortis du rang qui, contre protection et remises de peine, dévoilent, de l’intérieur, les rouages du réseau, les homicides, les appels d’offres truqués, les complicités … 

« Sans ça, on n’y arrivera pas », prévient un magistrat, qui ne sait que répondre, faute de protection des repentis en France, à un homme prêt à parler sur de grosses affaires en Corse et à Marseille, mais qui implore : « Sortez-moi de là. » Depuis peu, une cellule interministérielle travaille sur la question. Une évolution des mentalités que les acteurs de terrain – magistrats, policiers, gendarmes – jugent indispensable. 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/en-une-de-l-express-cette-semaine-enquete-sur-les-mafias-francaises_1247101.html

Y’en a marre de France Télécom et surtout de ses dirigeants

Classé dans  Y'en a marre des scandales financiers — ippolito @ 10:45

Suicides à France Télécom : un document accablant

Selon un document interne de 2006, les dirigeants de l’époque voulaient bien supprimer des dizaines de milliers d’emplois. Ce qui alourdirait les charges pesant contre l’ex-PDG.

Ouverte en 2010, l’instruction judiciaire dans le dossier des suicides de France Télécom, menée au pôle de santé publique du parquet de Paris, touche à sa fin. Entre 2008 et 2010, 57 salariés de l’entreprise s’étaient donné la mort (une vague de suicides auxquels s’ajouteraient, selon les syndicats, 34 autres en 2007). 

Les syndicats avaient porté plainte, estimant que les salariés y avaient été poussés en raison de pressions systématiques dont l’objectif (non avoué) aurait été de faire partir 22000 personnes sans recourir à un plan social. Un rapport de l’inspection du travail, accompagné de l’audit d’un cabinet d’études mandaté par les syndicats, avait soutenu cette thèse.

Depuis la mise en examen, en juillet dernier, pour « harcèlement moral », des trois principaux dirigeants de l’époque, l’ex-PDG Didier Lombard, l’ex-numéro deux Louis-Pierre Wenes et l’ex-DRH Olivier Barberot, le juge a collecté des éléments qui pourraient alourdir les charges qui pèsent contre eux. 

A tel point que les plaignants souhaitent que le juge aggrave le chef d’accusation en le faisant passer de « harcèlement moral » à « mise en danger de la vie d’autrui ». « Dès le départ, il y a eu une volonté délibérée de mettre en place un système porteur de risque social, assène Me Frédéric Benoist, avocat du syndicat CFE-CGC. On est au-delà du harcèlement moral. »

Parmi les pièces que nous avons pu consulter, un document pourrait en effet y contribuer. Il est tellement accablant que, selon nos informations, certains responsables de France Télécom auraient cherché à le faire disparaître. 

Il s’agit du compte rendu d’une réunion d’octobre 2006 de l’Acsed, l’association des cadres du géant de la communication, où les trois responsables d’alors s’expriment avec une incroyable franchise sur la mise en place des plans ACT et Next, présentés en 2005. 

Officiellement, l’objectif de ces plans était « de créer de la valeur pour rembourser les dettes, maintenir l’emploi et préparer France Télécom à devenir un opérateur du monde de l’Internet ».

Des propos édulcorés

Pourtant, ce 20 octobre 2006, Lombard et son équipe évoquent clairement l’objectif de réduction des effectifs. « Il faut qu’on sorte de la position mère poule, lance ainsi Didier Lombard. Ce sera un peu plus dirigiste que par le passé. C’est notre seule chance de faire les 22000. » 

Pis, quand les cadres ont appris que le compte rendu de cette réunion avait été enregistré et diffusé, ils ont demandé à la secrétaire de l’Acsed, Marie-Claude M., de le détruire.

« Je n’ai plus ces enregistrements parce que la direction de l’Acsed m’a demandé de les détruire », explique-t-elle aux policiers le 4 décembre dernier. Le juge a même découvert que ce compte rendu avait été volontairement édulcoré par la secrétaire : « Les propos des dirigeants étant assez durs, j’ai pris sur moi de supprimer quelques phrases », explique la dévouée Marie-Claude. 

Ainsi, quand Didier Lombard évoque les mobilités internes à mettre en place, sa phrase « si on n’arrive pas à faire ça, on n’échappera pas au plan social » devient « on n’échappera pas à des mesures plus radicales ». Idem pour Olivier Barberot dont les propos « on va mettre le réseau dans un coin et y loger 25000 fonctionnaires » ont carrément disparu.

La version originale du compte rendu a été retrouvée dans le garage de Marie-Claude, qui en avait gardé une copie. Interrogés, les trois anciens dirigeants assurent qu’ils n’ont donné aucune directive pour détruire ce compte rendu. Ils estiment que ces documents ne sont pas crédibles, puisqu’il y en a eu plusieurs versions. Contacté, Me Jean Veil, l’avocat de Didier Lombard, reste serein : « L’instruction n’est pas terminée, le juge n’a pas fini son travail. Mon client préfère garder ses déclarations pour la justice. »

Dernière phrase que Marie-Claude a ôtée de son compte rendu : la conclusion de l’intervention de Didier Lombard. « En 2007, les départs, je les ferai d’une façon ou d’une autre, par la porte ou par la fenêtre. »

Sébastien Ramnoux 

http://www.leparisien.fr/economie/suicides-a-france-telecom-un-document-accablant-07-05-2013-2785935.php

7 mai, 2013

Y’en a marre des escrocs et surtout de la fraude à la sécurité sociale

Prison ferme pour le radiologue qui escroquait la Sécurité sociale

Le tribunal correctionnel de Valenciennes a condamné ce mardi Farid Alsaïd, un radiologue belgo-syrien, à quatre ans de prison, dont 18 mois avec sursis, pour escroquerie à la Sécurité sociale. 

Le radiologue de 58 ans devra également verser près de 2,7 millions d’euros de dommages et intérêts à plusieurs Caisses primaires d’assurance maladie et à la Caisse nationale de l’assurance maladie.

Absent lors du délibéré, le tribunal a aussi demandé un mandat d’arrêt contre le médecin et lui a interdit  d’exercer sa profession définitivement. 

Dans son jugement, le président a évoqué le « fonctionnement illégal de cinq cabinets » dans le nord de la France, le « recours à la téléradiologie au rabais avec un personnel sans qualification », le « délaissement de la sécurité » et la « multiplication sans fondement médical d’actes de radiologie » entre 2006 et 2007.

« Faire du chiffre »

« Il passait à côté de fractures car la qualité des images n’était pas bonne », avait affirmé un collaborateur aux enquêteurs en évoquant les interprétations des radios à distance. 

Un autre salarié avait évoqué une « pression constante » sur les employés pour « faire du chiffre ». Des employés souvent sans expérience professionnelle, embauchés comme secrétaires médicaux et formés en quelques semaines seulement à la radiologie.

Le radiologue s’était rendu à la police française en juin 2009, après avoir fui en Syrie début 2008 lors de l’ouverture de l’enquête pour escroquerie. Il avait dans un premier temps été poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui et blessures involontaires, mais ces poursuites ont finalement été abandonnées.

http://www.metrofrance.com/lille/nord-prison-ferme-pour-le-radiologue-qui-escroquait-la-securite-sociale/mmdD!HUESDsVIeqsI/

12345...16

MesMots |
The World News Times |
Conserver notre cadre de vi... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Manger!...Manger!
| sauver mon exploitation
| PASSION OCEAN