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Y’en a marre de l’évasion fiscale

Posté par ippolito le 3 mars 2014

Evasion fiscale : petite leçon de calcul à l’attention du ministre du Budget

La cellule mise en place pour régulariser les comptes étrangers non déclarés de contribuables fonctionne à plein assure Bercy. Le ministère annonce in fine 4 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Pourtant, à y regarder de plus près, on est loin du compte en examinant la réalité des chiffres de l’évasion fiscale.

Dans une récente chronique Jean-Marc Sylvestre s’insurgeait contre la marche triomphante entamée par Bercy à l’occasion des  » bons résultats  » des demandes de régularisation des comptes à l’étranger. Près de 16 000 contribuables, abusivement baptisés évadés fiscaux, seraient en cours de régularisation. 2 621 dossiers sont totalement complets et vont être instruits par les services fiscaux.

Aujourd’hui, seuls 241 dossiers ont déjà été traités faisant renter dans les caisses 230 millions d’euros. Mais le ministre du budget Bernard Cazeneuve et le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Christian Eckert, estiment que cette régularisation pourrait rapporter 3 à 4 milliards d’euros de recettes.

40 milliards de recettes fiscales cachés sur les comptes offshore des sociétés !
Bien évidemment, 3 à 4 milliards d’euros, vu l’état de déliquescence du budget national, c’est toujours bon à prendre. Mais cette régularisation, et nous sommes sur ce point entièrement d’accord avec Jean-Marc Sylvestre, c’est l’arbre qui cache la forêt.

Tout d’abord, cette régularisation ne concerne que les contribuables qui résident en France et détiennent des avoirs bancaires à l’étranger non déclarés. En Suisse essentiellement et au Luxembourg. Ce sont souvent des héritiers qui ont reçu ces comptes du défunt ou des particuliers, commerçants, professions libérales ou patrons d’entreprise qui suite à divers soubresauts économiques ou politiques (l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, la création de l’ISF, le plafonnement du plafonnement du même impôt, le passage à l’euro…) ont ouvert un compte dans une banque suisse ou luxembourgeoise.

Aucune procédure de régularisation n’est en revanche prévue pour les sommes autrement plus astronomiques détenues par les grandes entreprises sur des comptes offshore dans les paradis fiscaux. Pourtant ce ne sont pas 3 à 4 milliards que pourrait récupérer Bercy mais dix fois plus d’après les estimations de certains experts !

Ensuite, cette régularisation, avec la complicité de Bercy, créée une confusion totale entre évadés fiscaux et exilés fiscaux. Les premiers demeurent bien en France et y paient beaucoup d’impôt sauf pour les sommes à l’étranger, les véritables évadées, qu’ils s’abstenaient jusqu’à présent de déclarer. Les seconds quittent la France avec armes et bagages et surtout avec la totalité de leur fortune et de leurs économies. Or, sur ce sujet c’est l’omerta.

Pas de recettes fiscales supplémentaires avec la régularisation des repentis

Bercy annonce pour 2011 un peu plus de 400 départs de redevables de l’ISF. C’est peu quand une promenade à Bruxelles, dans les rues d’Ixelles ou d’Uccle vous permet de croiser à chaque coin de rue de riches français exilés. Le phénomène étant le même à Londres et en Suisse, on s’interroge sur le réalisme de ce chiffre.

Malheureusement pour notre fisc national, ces exilés ont souvent des fortunes supérieures à 10 millions d’euros. Soit une perte annuelle d’ISF pour ce montant de 98 190 euros. Sans compter l’impôt sur le revenu, les impôts locaux et la TVA le plus souvent à 20 % sur les achats des  » riches « .

C’est ridicule, car ce chiffre ne prend pas en compte les contribuables, souvent des entrepreneurs partant à la retraite ou de jeunes loups cédant leur entreprise pour empocher la plus-value, qui quittent la France avant d’avoir à payer l’ISF.

C’est inexact car Bercy écarte ces cohortes de retraités qui vont s’installer sous des cieux ensoleillés à la fiscalité plus clémente (le Maroc et ses 30 000 retraités Français, le Portugal qui depuis peu voit débarquer ces nouveaux résidents) et qui le plus souvent ne paient pas l’ISF mais souhaitent mieux vivre en payant moins d’impôt sur le revenu et de taxes locales.

Les pertes annuelles de recettes fiscales pour l’ensemble de ces exilés dépassent annuellement largement les 3 à 4 milliards d’euros de recettes supplémentaires fièrement brandis par Bercy.

Quelles solutions pour éviter une telle déperdition fiscale ?
Plutôt que de pourchasser nos contribuables résidents en leur assénant des pénalités qui restent non négligeables ( 15 % et 30 % en plus de tous les impôts à régulariser sur plusieurs années), Bercy ferait mieux de leur accorder une amnistie fiscale en contrepartie d’une injection des sommes dissimulées dans l’économie nationale.

Bercy devrait également penser, puisque le Président de la République évoque une baisse des impôts, à une refonte totale d’un système fiscal qui fait partir par grappes entières ces contribuables les plus contributeurs.

Enfin, le ministère des Finances ne peut pas diaboliser ainsi sans cesse les particuliers sans s’attaquer vraiment sérieusement à une évasion fiscale autrement plus colossale, celle des grandes entreprises.

Car malgré l’adaptation bienvenue de plusieurs articles du Code général des impôts, notamment en ce qui concerne les prix de transfert, les résultats de la lutte contre l’évasion fiscale internationale des entreprises doivent être bien maigres, Bercy restant sur ce sujet bien silencieux !

http://votreargent.lexpress.fr/impots/evasion-fiscale-petite-lecon-de-calcul-a-l-attention-du-ministre-du-budget_360304.html

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Y’en a marre des promesses de François Hollande

Posté par ippolito le 5 février 2014

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Le changement ? c’est tout le temps !

Décidément, avec François Hollande, on va de surprises en surprises.
Lui qui avait martelé « le changement, c’est maintenant », n’arrête pas de changer.

De compagne, on le sait, mais c’est, comme il l’affirme, sa vie privée…
Sauf que ses changements se multiplient dans beaucoup d’autres domaines.

Oublions donc la scabreuse histoire mettant en scène son ex-compagne, humiliée devant la France entière, et mise à la porte assez brutalement…pour découvrir les autres changements. (Mais qui connait le mari d’Angela Merckel ?)

Il était socialiste, s’étant fait élire sur un programme socialiste, propre à séduire la gauche, voire l’extrême gauche, se targuant de renégocier le traité européen, de mettre au banc de la société son ennemi «  la finance », en bref s’engageant à faire revenir de l’égalité, de la liberté, de la fraternité dans le paysage français s’il était élu.

Or il n’arrête pas de changer…

Il voulait renégocier le traité européen…il a vite changé d’avis, et s’il a tenté de faire croire le contraire, il a finalement été désavoué par son propre premier ministre.

Il avait affirmé que pour cette renégociation : « j’aurais à en convaincre la chancelière, mais je ne serai pas seul : les chefs de gouvernements, même conservateurs, partagent sans le dire notre position »… on sait maintenant ce qu’il en a été.

Malgré tout, Hollande a tenté de faire croire qu’il avait « rempli son contrat ».

S’il avait affirmé être capable « d’inverser la courbe du chômage », formule géométrique qui, s’il faut en croire le scientifique Etienne Klein, n’a aucun sens, (lien) il reconnait aujourd’hui avoir échoué.

Mais un autre changement est remarquable : pour cette « inversion », il s’était engagé personnellement, utilisant le « je  », (je veux inverser la courbe du chômage à la fin de l’année 2013), or, lorsqu’il a évoqué l’échec, il a utilisé le « nous  », dégageant ainsi sa propre responsabilité.

« Nous n’avons pas réussi dans l’année 2013 à faire diminuer le chômage… »

Le changement, c’est aussi ça : il n’assume pas son propre échec, préférant en partager la responsabilité avec son gouvernement.

Autre changement, il utilise maintenant le mot « stabilisation », et non « inversion » ce qui n’a évidemment pas le même sens.

Interrogé sur la « Franceafrique », il avait assuré, évoquant son prédécesseur : « j’aurais préféré que, pendant 5 ans, le candidat sortant marque plus de distance à l’égard d’un certain nombre de régimes, dont les comportements étaient tout, sauf incontestables ».

Les interventions militaires décidées au Mali, et en Centrafrique, n’ont pas confirmé cette détermination. lien

Comme l’estime, avec d’autres, Jean-Luc Mélenchon, l’intervention au Mali était à l’évidence liée aux activités nucléaires de la France, via Areva, au Niger, (lien) et si le gouvernement a tenté de mettre ça sur le dos du « terrorisme », il est difficile de ne pas y voir d’autres raisons, plus économiques celles-là, liées aux mines d’uranium qu’Areva exploite pour nos centrales nucléaires.

Il devait fermer Fessenheim dès son investiture, il l’a reporté à la fin de son mandat, et manifestement la « transition énergétique » recule au fur et à mesure que le temps passe.

De plus, les signes qu’il donne de sa volonté de sortir du nucléaire ne sont pas convaincants, c’est le moins qu’on puisse dire, puisqu’il vient de rencontrer le premier ministre britannique, notamment sur la construction de 2 EPR à Hinkley Point.

C’est assez paradoxal, puisque lui, qui semble de plus en plus tenté par le « modèle allemand », n’est manifestement pas pressé de lui emboiter le pas, en matière énergie.

Son ennemi « le monde de la finance » n’est pas trop inquiet.

Lors de sa conférence de presse récente, il a décidé de supprimer 35 milliards de cotisations patronales, ce qui représente, au-delà du cadeau fait aux patrons, une baisse de salaire annuelle de près de 1250 € pour chaque travailleur, dans la continuité des 20 milliards déjà offerts aux patrons grâce au CICE (crédit impôt compétitivité emploi) et s’il faut en croire l’économiste Bertand Martinot  : « un allègement de 15 milliards d’euros génèrerait donc un peu moins de 200 000 emplois supplémentaires (…) projections très fragiles qui voleraient en éclat en cas de nouvelles hausses d’impôts (…) difficile à mesurer, au mieux nous pourrons avoir les premières analyses fiables aux alentours de 2020  ».

En résumé, des cadeaux aux entreprises…et des résultats incertains…en 2020.

Mais Pierre Gattaz, le patron des patrons en veut plus : il promet la création d’un million d’emplois à condition d’une baisse de 100 milliards d’euros des charges des entreprises.

Prendre de la main gauche pour le donner à la main droite, en quelque sorte, c’est la nouvelle stratégie de François Hollande.

Et quid de la lutte contre la fraude, l’exil fiscal ?

Des Seychelles à la Suisse, en passant par le Luxembourg, Chypre, 20 pays sont montrés du doigt, considérés comme « non conformes aux standards de l’OCDE en matière d’information à des fins fiscales », (lien) mais comment expliquer alors la décision hollandaise de retirer de cette liste noire Jersey et les Bermudes, décision qui aurait été prise sous l’impulsion de l’industrie financière ?

Le fait que BNP Paribas y possède 8 filiales en serait-il la raison ?

Qui cherche-t-on à protéger ?

Au passage, le gouvernement a été plutôt discret sur certaines annulations de dettes : près de 4 milliards pour la Cote d’Ivoire, (lien) 106 millions pour le Congo (lien)… 10 millions d’euros pour les Comores (lien), sans oublier celle du journal l’Humanité, qui se montait à plus de 4 millions d’euros.

Autre changement : Il voulait faire la guerre à l’impôt, et a multiplié les taxes et les impôts divers…a part l’écotaxe qui a connu un destin assez tragique, les autres impôts sont toujours là, privant toujours plus les français de pouvoir d’achat.

Alors qu’en 2010 les prélèvements obligatoires se montaient à 822 milliards d’euros, ils ont atteint 921 milliards en 2012.

Pour 2014, de nouveaux records devraient être battus, dans la continuité de 2013, puisqu’ils atteindraient les 46,5 % de PIB (produit intérieur brut) soit plus de 985 milliards… ils étaient de 44,9 % fin 2012, et de 46,3 % en 2013.

Nous voilà bien loin du combat annoncé le 22 janvier 2012, il y a plus de 2 ans, au Bourget contre « son ennemi, le monde de la finance  »…

De mauvaises langues affirment que la célèbre vignette automobile serait remise à l’ordre du jour… après les municipales, à moins que ce ne soit qu’une bête rumeur, un hoax ?

Le dernier changement en cours est plus inquiétant.

Lui qui se présentait lors du discours du Bourget comme ayant un gros cœur à gauche, le voila d’un coup, au début 2014 s’affirmer haut et fort social libéral, rencontrant en secret celui-là même qui a permis la paupérisation de millions d’allemands, qui sont passé du jour au lendemain de la case « chômage », à la case « misère », obligés d’accepter des salaires défiant toute concurrence, d’environ 400 euros, dans un monde du travail ou la soumission du travailleur est organisée en coupe réglée, lequel se verra privé de tout revenu s’il refuse le travail qu’on lui propose.

Cet homme s’appelle Peter Hartz, des lois du même nom, social libéral aussi, et c’est sous le régime social libéral de Schroeder que ces lois ont été mises en place, avec le résultat que l’on sait.

Après avoir assuré qu’il n’y avait pas eu de rencontre, l’Elysée a finalement admis qu’elle a bel et bien eut lieu entre Hollande et Hartz en novembre 2013, même si le président a juré de ne pas avoir parlé de réforme avec lui.

Ce ne serait donc pas une surprise si un de ces prochains jours, de nouvelles lois, calquées sur celles préconisées par Hartz, soit décidées au plus haut niveau en France : au programme, le travail payé un euro de l’heure, comme le craint Thierry Lepaon, le nouveau patron de la CGT, et la durée d’indemnisation du chômage drastiquement réduite, avec l’obligation d’accepter n’importe quel emploi, sous peine de radiation.

Il avait assuré au sujet des entreprises qui délocalisent « elles devront rembourser les aides qu’elles ont obtenu »…on attend toujours.

Il avait martelé avec conviction lors de son discours du Bourget « le quinquennat ne sera pas un zigzag, une volte face, une contradiction  », on sait maintenant à quoi s’en tenir.

Le plus cocasse c’est que les critiques viennent aussi de l’ex-président, lui qui n’a cessé de changer son fusil d’épaule, déplorant déjà en mars 2012, que le programme de son ex-rival socialiste « change tout le temps ». lien

Comme dit mon vieil ami africain : « les chameaux ne rient pas les uns des autres de leurs bosses  ».

Olivier Cabanel

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-changement-c-est-tout-le-temps-147473

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Y’en a marre de la vie pépère des Assad à Paris surtout par rapport à ce qui se passe en Syrie

Posté par ippolito le 22 septembre 2013

Luxe, cash et polygamie La vie pépère des Assad à Paris

Alors que la France rechigne à accueillir les réfugiés syriens, l’oncle de Bachar el-Assad vit à Paris en toute quiétude. Tout va bien pour lui et ses seize enfants, et si le tyran de Damas tombe, ce dernier ne les entraînera pas dans sa chute. Ils ont désormais des papiers d’une lointaine île des Caraïbes et du fric à ne plus savoir qu’en faire. Révélations.

Ça sent le roussi pour Bachar el-Assad, mais, contrairement au tyran de Damas, qui risque de se prendre un jour une bombe sur la tête, d’autres membres de cette joyeuse famille de dictateurs ne risquent rien, ou presque. Regardez Rifaat, l’oncle du président syrien, exilé après une tentative de coup d’État contre son frère Hafez (l’ancien maître du pays, père de Bachar) et gentiment accueilli en France par Mitterrand en 1984. 

Ancien vice-président de la Syrie, Rifaat el-Assad vit paisiblement entre Paris (relire Charlie du 5 octobre 2011), Marbella et Londres, bien loin du bourbier syrien et du gaz sarin, jouant au pseudo-opposant au régime actuel et lui distribuant bons et mauvais points. «Bachar est gentil, mais il ne prend pas les bonnes décisions», osait-il dans Paris Match en 2012. Ben voyons.

Difficile d’imaginer que celui qui fut chef redouté et redoutable des milices du régime et responsable du massacre de Hama, alors le fief des Frères musulmans, en 1982 (15 000 morts au bas mot), tout en étant jusqu’au début des années 1980 un soutien plus ou moins occulte de groupes terroristes, continue à dormir tranquille sur ses deux oreilles. 

Et pourtant, si: ce polygame (il a quatre femmes), père de seize enfants, s’est concocté un plan de repli, une retraite fin prête pour le jour où une éventuelle guerre lui rendrait la vie impossible dans nombre de pays. 

Quand Bachar tombera, les protections et passe-droits auxquels il a eu droit durant toutes ces années risquent de disparaître. Mais Rifaat el-Assad a des papiers et du fric. De quoi vivre (bien) le temps d’une guerre.

GRENADIN, PAS GREDIN

Comme Charlie peut le révéler, le petit malin s’est procuré en toute discrétion la nationalité de l’île de la Grenade. Ce petit bout de terre perdu dans les Caraïbes, membre du Commonwealth, est apprécié des touristes amateurs de plages de sable fin, mais aussi des blanchisseurs d’argent sale, tant il est réticent à coopérer contre l’évasion fiscale. 

Mais peut-être Rifaat el-Assad ainsi que d’autres membres du clan, comme sa fille Sabla, avocate à Paris jusqu’à une date récente, ont-ils choisi d’investir dans la noix de muscade, l’autre spécialité du cru, au point de devenir de loyaux citoyens de la Grenade…

Toujours est-il qu’ils ont acquis des propriétés sur place. Par quelles ficelles le clan a-t-il obtenu la nationalité et les passeports? Mystère. On n’ose imaginer qu’ils aient pu les acheter… Les autorités de Saint-Georges, la capitale grenadine, ont eu beau fouiller dans le casier judiciaire de l’ex-chef milicien, elles n’ont rien trouvé, comme en atteste le certificat que Charlie a déniché (voir document). Les 15 000 morts de Hama n’ont pas laissé de traces à Interpol.

La quête de papiers a toujours été une prio-ité de Rifaat el-Assad, exilé depuis sa tentative de coup d’État contre son frère. Le roi du Maroc, Hassan II, avait en son temps filé à ce Syrien errant une cinquantaine de passeports marocains, au cas où. Mitterrand lui avait proposé la nationalité française, assure son porte-parole, qu’il aurait «refusée». 

La France n’a jusqu’à aujourd’hui naturalisé qu’un seul Assad: son fils Soumar. Un autre de ses fistons a néanmoins essayé : Siwar, un homme d’affaires, directeur d’une chaîne de télé arabe de Londres et écrivain à ses heures. Installé à Levallois, où il s’est marié en 2006, il a fait un lobbying d’enfer: 

après avoir fait un don de 100 000 euros à la ville, il a aussitôt demandé au député-maire, un certain Balkany, de soutenir sa demande de naturalisation. «C’est vrai que ce monsieur a fait un don mais c’était à l’association des handicapés de la ville, rectifie Isabelle Balkany. En attendant, cela n’a rien à voir avec le fait de soutenir sa demande de naturalisation, il s’agissait d’une intervention comme une autre.»

En tout cas, Balkany a transmis le dossier à son grand copain Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, qui a chargé Hortefeux de suivre l’affaire. Comme il l’a indiqué dans une lettre, le 2 janvier 2007, Sarko a «tout particulièrement» signalé le dossier à son collègue du gouvernement Jean-Louis Borloo, qui avait alors la tutelle des services de l’immigration. À quatre mois de la présidentielle, il n’avait probablement que ça à faire…

Hélas pour le cousin de Bachar, la manœuvre n’a pas fonctionné. Et pour de bonnes raisons:l’enquête fiscale menée pour toute demande de naturalisation a révélé que ledit Siwar avait un gros arriéré d’impôts, et l’administration concernée n’aime pas ça du tout.

 Depuis, l’intéressé semble trouver plus de charme à Londres qu’à Levallois, qu’il a déserté. Il y a été un peu forcé: le gouvernement vient de refuser de proroger son titre de séjour en France, qui deviendra caduc fin septembre, comme le confirme le porte-parole des Assad. C’est la première fois qu’un membre du clan subit une telle déconvenue… Signe que le vent tourne?

LE FISC, CONNAÎT PAS

Les Assad, il faut bien le dire, sont fâchés avec le fisc, réglant leur dû à la solidarité nationale au petit bonheur la chance. «Ils s’en sont toujours fichus, témoigne un fonctionnaire qui les connaît bien. Il faut dire que beaucoup de gens censés travailler pour eux les ont utilisés à leur profit et fait n’importe quoi.» Différents documents consultés par Charlie le démontrent. La taxe foncière et la taxe d’habitation? Connaît pas, chez les Assad. Les impôts dus par les sociétés étrangères propriétaires d’immeubles en France? Idem.

Nos pauvres hères sont littéralement persécutés par le fisc. La société Al Jinane, une des structures luxembourgeoises de la famille, détenant plusieurs appartements à Paris, avait en 2010 un impayé de 130163 euros et a été mise en recouvrement. Oui, carrément. Les Assad ont vu aussi un de leurs beaux apparts saisi et vendu aux enchères. Saisi, vous imaginez? Appartenant à l’un des fils, Dureid (copain d’école et d’armée de cousin Bachar), qui avait oublié de payer 568869,11 euros, il a été vendu à la bougie le 31 mai 2007. Ouf, sauvé: c’est une société appartenant au clan qui l’a racheté pour 2,3 millions.

«Cette gestion financière erratique prouve une fois de plus qu’ils font réellement n’importe quoi», se marre notre fonctionnaire. Les charges de copropriété ont elles aussi été régulièrement oubliées, au point d’atteindre parfois plusieurs centaines de milliers d’euros. «Mais aujourd’hui ils paient rubis sur l’ongle», rapporte fièrement la présidente du conseil syndical du 100, avenue du Président-Kennedy.

Car l’argent coule à flots à Damas-sur-Seine, l’empire immobilier de Rifaat el-Assad, détenu grâce à un entrelacs de sociétés planquées dans les paradis offshore, de Panamá (plus de trente coquilles ont regroupé au fil des ans ses femmes, fils et filles en guise d’administrateurs) au Luxembourg, pour les sociétés les plus récentes. 

Loin de la petite Damas espagnole qu’il a créée près de Marbella en achetant des immeubles entiers, boutiques et boîtes de nuit, le tout dégoulinant de marbres et de stucs, Rifaat el-Assad possède en France de très nombreux biens, sans qu’aucun d’entre eux soit d’ailleurs à son nom: 

une propriété de 45 hectares dans le Val-d’Oise abritant une trentaine de familles syriennes, des murs commerciaux à Lyon, plusieurs dizaines d’appartements de grand standing à Paris, à deux pas de la Maison de la radio et quai André-Citroën, dans la tour Orphée, une poignée de maisons toutes mignonnes dans le XVIe, et même un terrain vague, rue Jasmin, dans le XVIe arrondissement, probablement le terrain vague le plus cher de Paris. 

Après avoir détruit l’édifice, appartenant jadis à l’Aga Khan, en 1991, Rifaat el-Assad n’a jamais reconstruit quoi que ce soit, en dépit des permis de construire déposés au fil des ans. Le Conseil de Paris a donc voté en juillet 2013 une déclaration d’utilité publique visant à l’exproprier. 

Assad a déposé un nouveau permis de construire, susceptible de retarder la procédure. De quoi énerver David Alphand, conseiller municipal, qui ne supporte pas l’idée que l’ancien milicien syrien vive à Paris en toute impunité. «J’ai adressé fin juillet une lettre à François Hollande demandant le gel de ses avoirs immobiliers», explique-t-il.

Contrairement à ce projet immobilier qui végète depuis vingt-deux ans, le clou de ses acquisitions françaises est constitué d’un immeuble entier avenue Foch, meublé avec un luxe inouï: cet hôtel particulier de sept étages abrite ses deux dernières femmes, Line Al Khayer (aux 3e et 4e étages) et Raja Barakat (5e et 6e), quand elles ne sont pas à Londres ou à Marbella. Les deux épouses se tirant la bourre, des ascenseurs distincts ont été aménagés pour qu’elles n’aient pas à se croiser…

En 2010, les assureurs ont mandaté des experts, et leurs rapports donnent le tournis: la valeur des tapis atteint quelque 2 millions d’euros, et celle des meubles, pendules, tapisseries et bibelots de toutes époques, près de 5 millions… L’hôtel particulier a été mis en vente, a écrit Libération, mais n’a finalement pas trouvé acquéreur, tout comme les propriétés espagnoles du clan. On peut imaginer que la crise immobilière et la personnalité sulfureuse du vendeur rebutent les investisseurs.

JEU DE CASH-CASH

Personne n’a jamais cherché à savoir d’où provient la fortune de celui qui commanda l’armée syrienne dans la Bekaa, une plaine long-emps considérée comme un royaume du pavot et de l’héroïne: les mauvaises langues murmurent en tout cas qu’il aurait fait fortune grâce à la poudre et d’autres trafics…

Faut-il y voir une relation de cause à effet? L’argent liquide a de tout temps été un moyen de paiement particulièrement prisé, pour le clan comme pour ses chauffeurs, gardes du corps ou autres anciens barbouzes syriens, des dizaines de petites mains logées notamment dans la propriété du Val-d’Oise. 

Une partie de ce petit monde était payée, jusqu’à récemment, en enveloppes de billets. Probablement, là encore, une tradition familiale… Dans le temps, un homme de confiance allait chercher chaque mois une belle mallette de fric au guichet d’une banque parisienne. Ce fut longtemps à la banque Audi. 

Puis à la Société générale, place Victor-Hugo, où étaient retirés quelque 200000 euros mensuels. Les biftons étaient ensuite distribués à qui de droit. Un jour, une secrétaire s’est fait la malle avec les 20000 euros destinés à l’une des dames Assad.

À la fin des années 2000, les banquiers ont commencé à tiquer et ont fini par refuser de filer tant de cash à la fois. Résultat, Rifaat s’est mis à envoyer des larbins chercher du liquide en Espagne, chacun transportant quelque 9950 euros — c’est-à-dire moins de 10 000 euros, somme à partir de laquelle une déclaration aux douanes est obligatoire. Certains employés, qui visiblement préféraient que leur rémunération ne laisse pas de traces, ont néanmoins fini par ouvrir des comptes bancaires…

Des employés français ont eu droit, eux aussi, à leur gratification: un flic à la retraite et son épouse, qui supervisent la sécurité de Rifaat et de ses femmes depuis que l’État ne s’en charge plus, touchent quelque 5000 euros en cash tous les mois. 

Quand le Service de protection des hautes personnalités (le SPHP, les anciens VO) du ministère de l’Intérieur gérait encore la protection du tonton, une fliquette, détachée à ses côtés en permanence jusqu’en 2005, a perçu durant des lustres la somme de 1400 euros, en plus de sa solde de fonctionnaire. Il paraît que les pourboires sont fréquents pour les flics du SPHP, mais au ministère, on se gausse encore des sacs de luxe qu’elle arbore régulièrement… 

Par contre, il est rarissime qu’une protection soit assurée par un seul fonctionnaire, la règle de base étant que des équipes de deux se relaient auprès de la personnalité à protéger. Encore un passe-droit accordé à Rifaat?

Ça se passe comme ça chez les Assad, mais peut-être plus pour longtemps.

Laurent Léger

http://www.charliehebdo.fr/news/luxe-cash-polygamie-assad-975.html

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Y’en a marre de la fraude mais surtout de la hausse des impots

Posté par ippolito le 11 septembre 2013

L’AUGMENTATION DES IMPÔTS POUSSE À LA FRAUDE

Les saisies d’argent liquides se sont envolées : +500% en un an. Alors que les transferts de fonds en liquide supérieurs à 10 000 € doivent être déclarés, on assiste à des saisies qui vont jusqu’à un million. Et un ancien diplomate proche de Nicolas Sarkozy a été pris à la gare du Nord avec 350 000 € en liquide. Et cela semble clairement lié a l’augmentation des impôts qui posse à la fraude. 

On assiste à une généralisation de la fuite face à l’impôt. Il y a les fuites de capitaux vers l’étranger, principalement la Suisse et le Luxembourg, il y a les exils fiscaux dont Gérard Depardieu nous a donné un exemple spectaculaire. Il y a aussi l’exil fiscal de ceux qui ne peuvent fuir physiquement qui s’appelle le travail au noir.

 La théorie économique comme le bon sens disent qu’il arrive un moment où à trop matraquer sur le plan fiscal, les citoyens finissent par considérer que la fraude est légitime ou même tout simplement que cela ne vaut pas le coup de travailler plus. 

Si bien que cela se retourne contre l’Etat qui en fin de compte perçoit moins. En France, il est clair qu’entre les hausses d’impôt et les mesures comme les attaques contre le statut d’autoentrepreneur, de plus en plus de gens sont tentés par le travail au noir, la fraude ou le renoncement.

Est-ce spécifique à la France ?

Non. Dans tous les pays, il existe un seuil d’imposition au-delà duquel l’économie se met au noir ou se contracte. C’est ce que les économistes appellent un effet Laffer, du nom d’un économiste américain qui avait dit au président Reagan que s’il voulait augmenter les recettes fiscales, il fallait alléger et simplifier les impôts, de façon à ce que les Américains se remettent à travailler et soient moins tentés de frauder.

Cet effet Laffer, on l’a vu à l’œuvre récemment en Grèce. Depuis 2010, le gouvernement grec s’est aperçu que les hausses d’impôts rapportaient moins que prévu et que simultanément, la quantité de billets en circulation dans l’économie grecque était en forte augmentation : 

la Grèce à cause des hausses d’impôts a souffert non seulement de la récession mais aussi de l’accroissement de l’économie au noir, ce qui explique le besoin en billets. Résultat, la Grèce a commencé à baisser sa Tva cet été et le bilan est plutôt positif.
 
Que faut-il faire ?

Il faut évidemment demander des comptes aux fraudeurs. Le gouvernement n’a pas tort de dénoncer leur égoïsme alors que beaucoup de gens à faible revenu paient leurs impôts sans faire d’histoire. Mais il faut pour désamorcer la montée en puissance des fraudes en tout genre une baisse significative des impôts. 

Sous le gouvernement Jospin, on avait baissé la TVA sur les travaux publics et DSK, qui était ministre des finances à l’époque, avait clairement indiqué qu’il s’inscrivait dans la logique de Laffer et qu’il était convaincu que cela allait réduire le travail au noir.

Mais ces baisses n’ont de sens que si on ne creuse pas le déficit c’est-à-dire qu’on en revient à la nécessité toujours plus pressante de réduire les dépenses publiques !

http://www.rmc.fr/info/518570/laugmenattaion-impots-pousse-a-fraude/

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Y’en a marre du Luxembourg et surtout de toutes les magouilles et scandales politiques

Posté par ippolito le 11 août 2013

Le tour-opérateur de l’argent sale au Luxembourg 

Le Luxembourg, son grand-duc, ses banques: ce confetti européen servant de lessiveuse à fric est impliqué dans toutes les affaires qui font scandale. De Tapie à Karachi, en passant par les délocalisations fiscales d’Arthur ou de LVMH, tout transite par ses remparts moyenâgeux et ses maisons discrètes. Suivez le guide.

Eva Joly, pendant la campagne présidentielle de 2012, avait organisé un «Sarkotour» très médiatisé afin de dénoncer l’affairisme du quinquennat qui s’achevait: une étape à Neuilly, où l’ancien maire avait acheté un appartement avec du fric à l’origine mystérieuse, une autre en face de chez Liliane Bettencourt, soulignant son rôle supposé dans le scandale entourant l’héritière de L’Oréal. La virée s’était terminée devant le Fouquet’s, on sait tous pourquoi.

À Luxembourg, capitale du micro-État du même nom, le tour est éclectique. Ici, scandales judiciaires, blanchiment d’argent et optimisation fiscale, le nouveau mot à la mode,  concernent autant des politiques — de tous bords — que des patrons voyous ou des mafieux de tout poil. Ces prédateurs ont un point commun: ils utilisent les facilités du  Luxembourg pour leur argent sale, les mêmes banques, avocats, notaires, fiduciaires… 

Toutes les grandes affaires (Elf, Falcone, Guérini à Marseille et tant d’autres) font  obligatoirement un détour par là, tous les dictateurs africains et les barons de la drogue y font transiter leurs fonds mal acquis. 

Récemment, c’est la justice du Guatemala qui a demandé aux Luxembourgeois le gel du fric planqué par l’ancien président Alfonso Portillo, en prison aujourd’hui pour détournement de fonds.

Mais, loin de la paperasse qui organise les fraudes et opacifie les mouvements d’argent, rien de tel que de visiter les lieux qui abritent ces petites et grandes vilenies, les lieux du crime en quelque sorte. Et les surprises ne tardent pas à se manifester…

BUCOLIQUE OPTIMISATION FISCALE

Autant commencer le périple dans le quartier piéton et touristique du centre-ville de Luxembourg. À côté des Brioche Dorée et autres boutiques à sandwiches qui font tache dans toutes les villes du monde, on trouve tout de même les boutiques Hermès et Cartier, qui rappellent qu’ici le PIB est l’un des plus hauts de la planète. 

À quelques pas de là, voici la rue Beck, une petite voie piétonne où les touristes se mêlent aux employés de bureau pendant la pause-déjeuner. Tiens, sur une petite porte, à peine visible à côté du marchand de journaux et de cartes postales, figurent les étiquettes «AWPG» et «AW Equity». 

Qui peut imaginer qu’à cette adresse anonyme, loin de l’opulente avenue Marceau, dans le triangle d’or parisien, où sont installés ses bureaux, notre Arthur national, l’animateur devenu homme d’affaires multimillionnaire, a déménagé ses sociétés?

Charlie l’avait raconté. Le 1er janvier 2013, son groupe est devenu luxembourgeois. Au passage, l’opération lui avait permis de sortir de France une somme de 149 millions d’euros,
sans débourser un centime. 

Son avocate avait osé affirmer que les boîtes de son client «paient l’impôt sur les sociétés en France». Certains avaient cru la dame sur parole, sans se demander par quel miracle une société luxembourgeoise serait obligée de verser sa dîme au fisc français… 

Seule la filiale tricolore devra payer des impôts, ce qui n’est pas exactement pareil! Mais la bâtisse ne peut sérieusement être le centre névralgique des activités multiformes d’Arthur, autant animateur de télé et de radio que producteur de films ou homme d’affaires donnant dans l’immobilier et les portails Internet. Rien d’illégal à cela, mais on dirait qu’Arthur a du mal à assumer son exil fiscal…

Non, la réalité est qu’à deux heures et quart de TGV de Paris le Luxembourg est un havre de paix pour les nécessiteux qui, préférant faire des économies plutôt que de souscrire à la richesse nationale, y ont emménagé, du moins sur le papier. 

La liste des avantages fiscaux est longue comme deux bras, des exonérations sur les dividendes des sociétés aux droits de succession très allégés, tout comme les impôts sur les sociétés, sans oublier une «grande souplesse», explique la chambre de commerce de ce paradis fiscal, pour les :«achats de voitures de luxe par les sociétés»: 

les politiques locaux, souvent eux-mêmes avocats ou fiscalistes, ont mis au point mille et une ficelles pour attirer sur leur sol ceux à qui le fait de payer des impôts donne des boutons. 

Ce n’est pas pour rien si ce minuscule bout de terre coincé entre la France, la Belgique et l’Allemagne (sa superficie ne dépasse pas les 2 580 kilomètres carrés) dispose de 2 200 milliards d’euros de fonds placés dans ses caisses. Comme le claironne la chambre de commerce, 46% du PIB du pays dépend de son rôle de place financière. 

Certes, il n’y a «que» 155 banques au Luxembourg, soit deux fois moins qu’en Suisse, mais le territoire est tout de même 16 fois plus petit que celui de la Confédération helvétique…

DU FRIC, MAIS EN TOUTE DISCRÉTION

De tout cela, on ne voit rien quand on parcourt, en bon touriste, la place d’Armes, quand on se promène aux abords de la cathédrale, où s’est marié en 2012 l’héritier du grand-duché, pour le plus grand bonheur des marchands du temple. 

En descendant dans la ville Basse, où l’on croirait débarquer dans un petit village paisible, avec sa rivière, ses pavés et son ancienne abbaye reconvertie en centre culturel, on n’imagine pas non plus être au coeur de la lessiveuse: c’est pourtant ici que se trouve la base européenne d’Amazon. 

Oui, le géant de la vente en ligne a installé rue Plaetis un holding qui lui permet d’échapper à la TVA française — et également aux taxes des voisins européens. Nichée dans un petit immeuble jaune au toit d’ardoise, au bord de l’Alzette, Amazon.eu a, comme l’a décrit le rapport sur la fiscalité de l’économie numérique rédigé à la demande du gouvernement en janvier 2013, mis au point une «organisation juridique» intégrant «d’emblée l’objectif de minimiser le taux effectif d’imposition», tout comme les autres Google ou Facebook. 

Pour des revenus dans l’Hexagone approchant le milliard d’euros, Amazon ne verse en France que «4 millions en moyenne par an» de TVA, contre plusieurs dizaines de millions au bas mot si le régime fiscal français lui était appliqué. 

Chaque fois qu’un Français achète un livre ou un disque sur Amazon, cette société ne reverse que 3 % de TVA, alors qu’elle devrait s’acquitter en France de 7% par livre et de 19,6% par disque…

En remontant dans la ville Haute, après avoir franchi la ceinture de verdure qui longe les remparts moyenâgeux et surplombe un improbable lopin de terre cultivé en pleine ville, on se retrouve dans une rue tranquille, la rue Goethe. 

Voici un immeuble d’allure quelconque: la résidence Bourbon. Dans ces locaux ressemblant plus à une maison de retraite qu’au siège d’une enseigne du luxe, comportant une sortie discrète dans une rue derrière, ont été logées une kyrielle de sociétés du groupe de Bernard Arnault, le numéro un mondial du luxe, LVMH, qui, comme son patron, apprécie l’optimisation fiscale. 

Mais si quelques plaques — Renaissance 1849, Blue Participations et Gestion, SFC, etc. — annonçant certaines de ses boîtes sont apposées à l’entrée, nulle part ne figure le logo du groupe, et encore moins celui qui orne les sacs maronnasses qui ont fait sa renommée. 

D’autres structures ont été créées à deux autres adresses, à quelques jets de pierre de là, qui, elles aussi, ne figurent pas dans les documents officiels du groupe, sauf dans les comptes consolidés de l’une des holdings ; il faut vraiment fouiner pour les trouver… 

C’est notamment par Luxembourg que les sociétés d’Arnault sont montées discrètement au capital d’Hermès sans que le groupe concurrent détecte la manip. Comme quoi, l’anonymat des actionnaires et des ayants droit économiques, un véritable acquis national, peut servir tous les desseins, de la regrettable mais légale optimisation fiscale à la délinquance en col blanc.

Qu’en est-il de l’anonymat des détenteurs de comptes bancaires? Dans l’artère qui coupe la «rue LVMH» s’est installée une filiale de la banque Reyl, le fameux établissement suisse dans lequel Jérôme  Cahuzac avait planqué son fric et auquel le juge Van Ruymbeke cherche des noises, subodorant que de l’évasion fiscale a pu y être pratiquée par des Français.

 Au quatrième étage d’un immeuble rose de l’avenue de la Liberté, en face d’un magasin de matériel électrique, Reyl a installé des bureaux et vient même de créer une nouvelle structure, le 5 avril dernier: Reyl Asset Management, une société de gestion de fortunes. 

On trouve également à cette adresse des sociétés créées par la banque à la fin des années 2000 pour le compte de certains clients, tel l’homme d’affaires Alexandre Allard, un proche du Qatar qui souhaitait racheter l’hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. 

Allard n’apparaît pas dans les papiers officiels, contrairement à l’un des représentants de Reyl à l’époque, Pierre Condamin-Gerbier, l’ancien banquier qui fit des révélations à la justice française et dort aujourd’hui en prison à Genève. L’immeuble à la façade travaillée, arborant colonnades et festons, abriterait quelques évadés fiscaux, l’on ne serait pas surpris outre mesure…

RUE DE LA CORRUPTION

Le Luxembourg préserve toujours son secret bancaire, mais pour combien de temps encore? Le fisc et le Trésor américains ont lancé à pleine puissance une redoutable machine de guerre contre la fraude fiscale qui,  sous le nom incompréhensible de Fatca (Foreign Account Tax Compliance Act), obligera toutes les banques de la planète — et même au Luxembourg — à déclarer les titulaires des comptes de résidents fiscaux des États-Unis et les mouvements de fonds opérés sur ces comptes. Seuls, jusqu’à présent, le Luxembourg et l’Autriche s’étaient exonérés de cette obligation.

À quelques mètres de chez Reyl, au coin de l’avenue de la Liberté, se trouve la rue Heinrich Heine. Le nom de cet écrivain allemand ne dit pas grand-chose à la majorité des passants, mais ce n’est pas le cas des connaisseurs des ventes d’armes et de l’affaire Karachi. Heine n’est autre que le nom de la société-écran utilisée pendant des années par  DCNS, le fabricant français de sous-marins, de frégates et autres bateaux militaires, pour verser des pots-de-vin.

 L’avocat chargé de créer cette structure, René Faltz, a son cabinet dans cette rue, dans un immeuble en vieilles pierres, arborant une belle plaque au nom de l’étude. Alors ministre du Budget — on est entre 1993 et 1995 —, Nicolas Sarkozy aurait donné son accord, selon des témoins, à l’utilisation de ce discret pipeline à commissions ; du fric dont la justice soupçonne qu’il est en partie revenu en France afin de financer la campagne présidentielle d’Édouard Balladur. 

Ce bon monsieur Faltz abrita un temps dans ses locaux cette coquille dont le propriétaire réel était une filiale du groupe d’armement appartenant alors à l’État français, et qui était gérée par un homme de confiance de la DCNS, Jean-Marie Boivin, chargé de payer les commissions aux Takieddine et autres… 

Quand Boivin fut viré, tant s’était développée la crainte que remontent à la surface les secrets des commissions, il se rebella et exerça un véritable chantage sur l’État, écrivant à Chirac, alors président, à Sarkozy, à MAM et à d’autres, en réclamant 8 millions d’euros pour solde de tout compte. Maintenant qu’il est revenu au silence, on en déduit qu’il a dû être indemnisé… 

De ses fenêtres, bien loin des remugles de l’affaire, Faltz peut contempler l’une des gloires luxembourgeoises, Arcelor, dont le siège occupe un palais photographié par les touristes en goguette.

Passant par la tranquille place du Théâtre, une fois revenu dans le centre, le touriste pourra contempler l’immeuble blanc qui, audessus d’un magasin d’articles de sport, abrite depuis 2011 la fameuse officine Heine, toujours en activité, au moins sur le papier. Ses mystères, eux, se sont dilués dans l’opacité du Luxembourg.

http://www.charliehebdo.fr/news/argent-sale-luxembourg-935.html

Publié dans Y'en a marre des banques, Y'en a marre des scandales financiers | Pas de Commentaires »

Y’en a marre de Cahuzac et de la fraude fiscale mais surtout de tous ces menteurs…

Posté par ippolito le 6 avril 2013

Après Cahuzac: fraude fiscale… ou évasion fiscale, tous des menteurs ?

Depuis le début de la Grande Crise, en septembre 2008, on a tout entendu sur la chasse à l’impôt perdu et notamment la lutte contre la fraude fiscale. 

Depuis quelques heures et la déflagration Cahuzac, un autre story-telling tente de s’imposer dans l’éditocratie officielle. 

Petit rappel, qui enrage. 

De la fraude fiscale… 

Le premier discours de Nicolas Sarkozy, dix longs jours après l’effondrement de la banque Lehman Brothers, comprend déjà de larges chapitres sur la moralisation du capitalisme financier (sic!) et, notamment, la suppression des paradis fiscaux. Ce sera un leit-motiv de la suite de son quinquennat, comme un hochet agité sur toutes les tribunes internationales pour mieux divertir l’opinion. 

La lutte contre la fraude fiscale devenait une « priorité » d’affichage. 

Quelques mois plus tard, Eric Woerth brandissait une liste de 3.000 comptes clandestins planqués en Suisse. Nous eûmes la « cellule de dégrisement » où les « repentis » pouvaient « négocier » leur retour patrimonial. Nous eûmes le décompte semestriel des sommes – toujours en millions – récupérées par cette fabuleuse lutte contre la fraude fiscale.

 Au plus fort de la crise du « Woerthgate « , Sarkozy fait supprimer non pas son ministre du Budget mais la cellule spéciale chargée des « situations individuelles », au coeur de Bercy. En janvier 2012, la Cour de Cassation achevait le mythe sarkophile en annulant « les perquisitions fiscales dans la mesure où le fichier était volé ». 

La même équipe mélangea aussi la lutte contre la fraude qualifiée de « sociale ». Cela permettrait de rééquilibrer les quotas de boucs-émissaires. Quelques riches fraudent à l’impôts, mais des centaines de salauds de pauvres trichaient aux allocations ! 

On se souvient d’un effroyable assaut du Figaro contre ces « abus de l’assistanat » rédigé par l’épouse d’un grand patron. On comprendra plus tard combien la manoeuvre était basse. 

La triche aux allocations était certes scandaleuse mais financièrement chose négligeable (4 milliards d’euros par an) par rapport à la fraude fiscale dans son ensemble (60 à 80 milliards d’euros par an ).

 Pire, quelques chercheurs évaluaient à plus de 7 milliards d’euros annuels les aides sociales dues mais non réclamées par leurs bénéficiaires ! 

Sur la fraude fiscale, les estimations ne manquent pas. Elles donnent le tournis.  Dans un ouvrage publié en mai 2012, Antoine Peillon (frère de Vincent) évoque 600 milliards d’euros de placements clandestins hors de nos frontières. 

 En janvier 2013, le syndicat Solidaires-Finances publiques évalue à environ 20% le manque à gagner de recettes fiscales brutes annuelles («  »16,76% à 22,3% »). 

Les paradis sont toujours là. Une certaine extrême gauche a fait mine de ne pas voir que Chypre – avec sa fiscalité si attrayante – était l’un d’entre eux qu’il fallait démembrer à la faveur d’une énième secousse de la zone euro. Le Luxembourg voisin nous fait toujours horreur. 

La Belgique sert de refuge à quelques traîtres à une heure trente de train de Paris. Et la Suisse… les banques commerciales du pays ont fait mine de céder à la pression américaine. Barack Obama les avait menacé de boycott sur le sol américain en cas de refus de transparence à l’égard de l’IRS. 

Mais la parade fut vite trouvée. Une journaliste suisse confiait ainsi au Monde que « depuis de nombreuses années, c’est l’activité principale de certains banquiers privés d’héberger des comptes offshore ».

 Et d’ajouter: « A titre d’exemple, quand certains comptes américains sont apparus problématiques compte tenu des procédures entamées par les Etats-Unis, certaines banques privées, plus accommodantes qu’UBS, ont accepté de récupérer ces comptes ». 

… à l’évasion fiscale 
Détenir un compte à l’étranger, même quand on est résident fiscal en France, n’est pas en soi illégal. L’opération n’est pas nécessairement fiscale. Mais quand elle l’est, on appelle cela de l’évasion fiscale. Et c’est là que le bas blesse. 

Car la fraude et l’évasion fiscales ne diffèrent pas de nature mais de degré. 

En 2009, des sénateurs chiffrent à 35 milliards d’euros le coût annuel de l’évasion fiscale .  

Rappelons l’addition: 70 milliards de fraude, 35 milliards d’évasion… Fichtre… Voici une belle centaine de milliards annuellement perdus. 
« Le déficit public de la France s’est élevé à 98,2 milliards d’euros en 2012. Il est en baisse de 7,2 milliards par rapport à 2011. Mais cet effort est insuffisant par rapport à l’objectif de déficit fixé par le gouvernement en accord avec ses partenaires européens. » 
Source: l’Expansion.

Le ver est dans le fruit. On l’a écrit, dit et répété: les moyens de lutter contre la fraude fiscale sont insuffisants. La RGPP de l’ancienne Sarkofrance a servi à démembrer des services, affaiblir leur efficacité, sous couvert de « simplifier » et de « moderniser » l’administration fiscale comme bien d’autres. 

 En 1999, des sénateurs nous pondaient un rapport précurseur (de bêtises) sur l’efficience des services fiscaux. On s’y indignait du « caractère relativement coûteux de notre administration fiscale ».

 On pouvait lire qu’il « n’existe pas de corrélation étroite entre les effectifs mobilisés pour gérer un impôt et le rendement de cet impôt. » Dans un autre rapport, l’OCDE nous apprenait que moins de 8% des effectifs fiscaux français (en 2007) étaient dédiés au contrôle, soit la plus faible proportion de la zone OCDE ! En valeur absolue, cela donnait moins de 6.000 agents, contre 10.000 au Royaume Uni ou aux Pays-Bas ! 

On pouvait et on doit encore s’interroger sur l’incroyable clémence fiscale – récemment rappelé dans une très complète analyse d’Alexis Spire publiée par le Monde Diplomatique – que le fisc accorde aux plus riches. 

Le constat ne date pas d’aujourd’hui. Il met à mal le sacro-saint principe d’égalité devant l’impôt. Nul besoin de s’exiler pour contourner l’impôt. Certains centres pratiques la clémence locale. 

On pouvait, on devait s’indigner de ces multiples appels à la fraude l’évasion propagés à longueur de couvertures et de dossiers spéciaux par nos hebdomadaires de la presse conservatrice (Le FigMag, le Point, L’Express, etc) pour « mieux placer » et donc « mieux vivre son argent ».

 Des hebdomadaires dirigés et animés par les mêmes donneurs de leçons sur-le-tard contre l’infamant Cahuzac.Ecoutez donc Christophe Barbier nous assigner « le plus rouge des cartons pour Jérôme Cahuzac, coupable de fraude fiscale et mensonge global. » Lisez Franz-Olivier Giesberg du point nous affirmer qu’un « homme d’État digne de ce nom doit expliquer qu’il n’y a pas de trésors cachés ni de remèdes miracles. » 

Répétons: la fraude et l’évasion fiscales ne diffèrent pas de nature mais de degré. 

Car il y a ce beau et gros morceau de l’évasion fiscale que d’aucuns aiment à distinguer de la fraude éponyme. La ficelle est grosse, l’arnaque est belle. L’évasion est la vitrine légale, l’opération toujours présentée comme malheureusement de ces pauvres entrepreneurs ou cadres dirigeants contraints à l’exil à cause d’une pression fiscale jugée insoutenable. L’évasion fiscale est ce chantage si récurrent à droite et chez une certaine gauche. 

L’exil, s’il est donc jugé inévitable par ceux qui le décident, devrait être total: reddition des passeports et abandon de la nationalité, sinon rien ! La première des preuves d’appartenance à une nation est le paiement de son impôt. 

Quelques heures après la déflagration Cahuzac, voici une autre preuve et une autre affaire. La preuve enfonce l’ancien ministre – une liste des donations de laboratoires pharmaceutiques à Jérôme Cahuzac. Le timing est médiatiquement précieux.

 L’autre affaire est cette autre liste publiée par THE GUARDIAN, des centaines de noms de titulaires de comptes aux Îles Caïmans. Dès potron minet ce jeudi 4 avril, le nom d’un ancien ex-trésorier des comptes de campagne de François Hollande était avancé.

 L’homme ne s’en est pas caché, il explique qu’il s’agit non pas d’un compte personnel mais professionnel, ouvert dans le cadre d’une joint-venture avec un entrepreneur chinois. 

Dans ces milliers de noms (2,5 millions de fichiers, 12.000 sociétés ), environ 130 seraient français. 

Alors… le ménage, c’est maintenant ? 

http://www.marianne.net/sarkofrance/Apres-Cahuzac-fraude-fiscale-ou-evasion-fiscale-tous-des-menteurs_a1135.html

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