Y’en a du régime des intermittents du spectacle

Posté par ippolito le 22 avril 2014

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Intermittents du spectacle: touche pas au milliard!

Depuis dix-huit mois, le gouvernement se démène pour dégonfler un dossier ô combien polémique: le très coûteux régime d’indemnisation des métiers du spectacle. C’est réussi: la négociation sur l’assurance-chômage s’ouvre ce 17 janvier. Le sujet n’y sera pas vraiment discuté.

C ‘est l’histoire d’une entourloupe passée quasiment inaperçue. D’un scandale à 1 milliard d’euros qui n’en est plus un. D’un tour de magie signé Michel Sapin et Aurélie Filippetti, avec l’aimable complicité de quelques députés amis.

A la veille de l’ouverture des négociations sur l’assurance-chômage, le 17 janvier, le dossier des intermittents du spectacle – omniprésent ces dix dernières années, responsable de l’annulation du Festival d’Avignon en 2003 – est enterré. Alors que les partenaires sociaux doivent résorber un déficit annuel de 4 milliards d’euros, personne ne s’agite, ni pour réclamer, sinon la disparition des fameuses annexes 8 et 10, au moins un durcissement des règles. Ni pour défendre ce régime dérogatoire.

Quand les socialistes arrivent au pouvoir, en mai 2012, ils héritent d’une situation bien embarrassante pour eux. La Cour des comptes vient de dénoncer, dans son rapport annuel, « la persistance d’une dérive massive » du régime. Elle chiffre le déficit, colossal : 1 milliard d’euros, « soit un tiers du déficit de l’Unedic pour 3 % des demandeurs d’emploi ». Rond, facile à mémoriser, le montant s’installe dans les esprits. L’idée d’un système scandaleusement avantageux se renforce.

La réforme de 2003 est dans toutes les têtes

Les nouveaux gouvernants s’inquiètent. Eux qui se targuent d’être les amis des artistes savent à quel point le régime des intermittents est vital pour la très grande majorité de ses 100 000 bénéficiaires. Cécile est violoncelliste. Depuis avril dernier, elle compte. Ses cachets, ses concerts, ses heures. Son but ? Atteindre ce fameux quota de 507 heures qui lui permettra de retrouver son statut d’intermittente, perdu il y a dix mois en même temps qu’un engagement régulier. Fin janvier, elle devrait enfin renouer avec un revenu un peu plus confortable – 2200 eu ros mensuels, cumul de ses concerts et de ses allocations de chômage.

Dès l’été 2012, une poignée de socialistes sent poindre le danger, même si la convention d’assurance-chômage ne vient à échéance que fin 2013. Ils le savent, le Medef se fera un plaisir de démarrer ces négociations en dénonçant le « milliard des intermittents »; la CFDT milite de longue date en faveur d’une réforme des annexes 8 et 10 : pour elle, la culture ne doit pas être financée par les cotisations des salariés mais par le budget de l’Etat.

Si ces deux-là venaient à s’acoquiner, la situation deviendrait ingérable. Le souvenir de la réforme de 2003, et de la grande crise qui s’en était suivie, est dans toutes les têtes. Il faut profiter des dix-huit mois à venir pour déminer, déminer, déminer…

A la mi-juillet, François Hollande fait un passage remarqué au Off d’Avignon, une déclaration d’amour au monde de la culture. Il faut maintenant donner des preuves. L’Assemblée nationale lance une « mission d’information sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques ».

L’intitulé est alambiqué, l’objectif très clair : protéger le statut des intermittents du spectacle. Consigne a quand même été donnée de terminer les travaux au mois d’avril au plus tard. On ne sait jamais, il ne faudrait pas enflammer les festivals de l’été avec une proposition malheureuse.

« Ce ne serait pas bien si vous étiez autoentrepreneurs? »

A raison d’une matinée par semaine, syndicalistes, économistes, artistes, patrons de l’audiovisuel public ou professionnels du cinéma… défilent à l’Assemblée. Le socialiste Jean-Patrick Gille, désigné rapporteur, et l’UMP Christian Kert, propulsé président parce que très impliqué dans le dossier depuis 2003, enchaînent plus de 250 auditions. Très influente, la CGT-spectacle est entendue à quatre reprises.

Le Medef, lui, décline les propositions de rencontres : l’organisation patronale se déchire alors autour de la succession de Laurence Parisot, elle n’a pas besoin d’un nouveau psychodrame sur un sujet aussi sensible. En son absence, les employeurs du secteur – et notamment la Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma (Fesac) – prennent le relais… pour défendre le régime des intermittents. Non membres du Medef, ils ne sont pas tenus par ses orientations,

Au début de l’année 2013, la mission patine. Denis Gravouil, de la CGT-spectacle, commence à s’inquiéter : « Les députés nous ont demandé des trucs un peu bizarres comme : « Ce ne serait pas bien si vous étiez autoentrepreneurs? Si on changeait les règles, vous vous adapteriez, non ? »"

En janvier, la Cour des comptes persiste et signe dans un nouveau rapport : les intermittents, c’est 1 milliard d’euros, c’est très favorable et c’est sans équivalent ailleurs. Les vieilles querelles se réveillent. Les syndicats s’étonnent publiquement du profil de l’un des conseillers de la Rue Cambon chargé du dossier : Michel de Virville ne fut-il pas président de l’Unedic au titre du Medef début 2008 ? Ses travaux sont-ils vraiment neutres?

La Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France riposte par un film diffusé sur les réseaux sociaux. Tableau noir, cercles, courbes… la forme se veut pédagogique et la conclusion, sans appel : « Le déficit des annexes 8 et 10 n’existe pas. » En quinze jours, le film est visionné 100000 fois.

Filippetti et Sapin défendent le statut des intermittents

Il faut deux ministres pour ramener le calme. Le mardi 26 février, en fin d’après-midi, Aurélie Filippetti et Michel Sapin s’installent dans la salle Lamartine à l’Assemblée. Les bancs sont quasi déserts. La ministre de la Culture n’apprécie pas et le dit. Ce sera son seul éclat. Le message est ensuite sans surprise : il faut préserver un système créateur d’emplois, tout en luttant contre les abus.

La partition de Michel Sapin est plus inattendue. Petit un, explique le ministre du Travail, il n’y a pas lieu de dramatiser la situation financière du régime d’assurance-chômage en général. Petit deux, le système de l’intermittence est en avance, il est même un modèle dans un monde du travail où se développent les contrats précaires. Petit trois, pour toutes ces raisons – et quelques autres – le gouvernement n’a aucune volonté de remettre en question ce régime spécifique. Dans la bouche d’un poids lourd politique, très proche de François Hollande, le propos sonne comme une garantie.

Du côté de la Coordination des intermittents, on savoure. Le ministre du Travail a repris ses arguments quasiment mot à mot. A la CFDT, on tombe des nues : à six mois de l’ouverture de la négociation, le syndicat réalise que la réforme est devenue impossible. Le Medef, lui, ne veut pas se résigner. Le déficit de l’Unedic doit atteindre 4 milliards d’euros fin 2013, autant en 2014, et la dette cumulée frôle les 18 milliards d’euros. Non, décidément, il faut réagir.

Le patronat n’est pas au bout de ses surprises. A la mi-avril, le rapport Gille-Kert est achevé. Il évite les sujets les plus sensibles : pas de bilan de la réforme de 2003, trop polémique; pas de distinction entre artistes et techniciens, susceptible de déclencher une vigoureuse réaction. Juste quelques propositions de bon sens comme l’obligation de proposer un CDI au-delà d’un quota d’heures pour lutter contre les abus dans l’audiovisuel. Et une bombe glissée au bas de la page 213. Quatre lignes où l’on apprend que le régime des intermittents du spectacle ne coûte pas 1 milliard d’euros par an, mais… 320 millions d’euros.

L’énorme écart entre les deux chiffrages tient au mode de calcul. La Cour des comptes mesure la différence entre les cotisations et les allocations chômage des seuls intermittents. Le rapport parlementaire évalue, lui, le surcoût des règles spécifiques appliquées aux intermittents par rapport aux salariés lambda. Les méthodes peuvent se défendre, mais la seconde s’appuie sur un chiffrage un peu baroque.

« Personne ne sait d’où l’Unedic sort ce calcul, glisse un bon spécialiste du dossier. Il omet, en outre, tous les frais fixes de l’assurance-chômage, comme les intérêts de la dette… » La critique est vite balayée. Le texte est adopté à l’unanimité : même la droite a avalé la couleuvre.

La Cour des comptes persiste et signe sur les dérives du système

Christian Kert joue, dans cette phase, un rôle crucial. Inlassablement, dans les réunions de l’UMP, il écarte les doutes de ses collègues et plaide l’apaisement. Il n’est pourtant pas lui-même totalement convaincu de la véracité du chiffrage. Mais renverser la table, dit-il, ne mènerait qu’au blocage total du dossier. Mieux vaut avancer à petits pas. « Le rapport n’est peut-être pas une oeuvre de haute tenue, mais c’est une oeuvre utile, reconnaît-il. Il fallait démythifier ce milliard de la Cour des comptes. »

La CGT-spectacle a bien compris l’intérêt de cette nouvelle évaluation, qu’elle utilise comme outil de communication. Partout, tout le temps. Au bureau de l’Unedic où il siège pour son syndicat, Denis Gravouil s’amuse. Le représentant du Medef évoque un rapport positif sur la création de Pôle emploi ? Lui en profite pour parler de tout autre chose et citer le travail parlementaire. Il insiste pour que son intervention figure au procès-verbal. Une fois, deux fois, trois fois, si nécessaire.

Michel Sapin, lui aussi, assure le service après-vente. A la mi-juillet, à Avignon, le ministre du Travail s’invite dans une rencontre entre Aurélie Filippetti et une vingtaine d’organisations culturelles. L’échange se tient à huis clos, mais les propos de Jean Voirin, alors secrétaire général de la CGT-spectacle, à la sortie, ne laissent pas de place au doute. « Il a dit que s’il y avait des difficultés dans la négociation avec le Medef à l’automne, ses services prendraient leurs responsabilités. » Que demander de plus?

Que ces fichues négociations démarrent enfin ! Initialement programmées en septembre, elles sont sans cesse repoussées. Syndicats et patronat sont mobilisés sur la formation professionnelle. L’assurance-chômage attendra… Avec le risque que les effets bénéfiques du rapport Gille-Kert s’évaporent. Il y a bien, au Sénat, un groupe de travail sur l’intermittence, mais il n’a ni la portée ni l’écho de celui de l’Assemblée.

A l’automne, la belle histoire entre les artistes et leurs amis socialistes se dégrade. La présentation du budget du ministère de la Culture – en nette baisse – sème le doute. Fin novembre, la Cour des comptes fait un retour remarqué avec un document de huit pages intitulé « Le régime d’indemnisation du chômage à l’issue des emplois précaires ».

La position est moins radicale que par le passé, mais le chiffre de 1 milliard d’euros figure toujours en bonne place et les critiques persistent sur les dérives engendrées par le système, en particulier dans l’audiovisuel. L’exemple de Damien, réalisateur de documentaires pour la télé, les illustre. Quand ses employeurs ne prennent pas un film qu’ils ont commandé, ils se justifient : « De toute façon, tu vas toucher les Assedic. »

Pour tout arranger, le Medef s’en mêle. Le 17 décembre, Pierre Gattaz, son président, lâche : « Rien n’est tabou. Tout est à mettre sur la table. » Peu après, le Sénat livre ses propositions. Il défend le régime, mais suggère de demander des efforts aux intermittents. Pas grand-chose, quelques heures en plus pour avoir droit au statut… Pourtant les esprits s’échauffent. Le comité de suivi, créé après la crise de 2003 avec des parlementaires Verts, socialistes et communistes et des représentants du secteur culturel, est réactivé et décide d’un point presse pour le 15 janvier.

A l’approche de la négociation sur l’assurance-chômage, chacun hausse le ton. Pratique assez classique. Pour beaucoup, c’est aussi la seule occasion de se faire entendre. A l’exception de la CGT-spectacle, aucun des acteurs directement concernés par l’intermittence ne participe aux discussions. Mais, à part ces quelques moulinets, rien d’inquiétant.

Bien qu’il s’en défende, Jean-Patrick Gille n’a pas seulement fait tomber la fièvre, il a aussi congelé le débat. Au point que même des propositions consensuelles (comme le plafonnement du cumul entre revenu d’activité et allocation chômage) pourraient être enterrées de peur de réveiller les mauvais démons. Reste à tenir bon jusqu’au 31 mars, date de la fin des négociations. Un peu plus de deux mois pour confirmer les talents de prestidigitateur de Michel Sapin. 1 milliard. Quel milliard?

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/intermittents-du-spectacle-touche-pas-au-milliard_1314437.html#6RCMQLObJIjXlKwg.99

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Y’en a marre des promesses et des mensonges de François Hollande

Posté par ippolito le 5 mars 2014

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Hollande : Fausses promesses, vrai mépris

Économie. Chômage, impôts, retraite, dépense publique, déficits… La liste des mensonges du président de la République s’allonge depuis sa prise de fonctions.

Recul du chômage

« J’inverserai la courbe du chômage d’ici un an », avait annoncé François Hollande le 9 septembre 2012 sur TF1, promesse réitérée lors des voeux du 31 décembre 2012. Pari perdu… Non seulement la courbe du chômage n’a pas été inversée — il aurait fallu pour cela une croissance solide, bien supérieure à 1,7 % —, mais le nombre de chômeurs n’a cessé de progresser pour atteindre 3,3 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A à la fin de décembre, soit une hausse annuelle de 5,7 %.

Pourtant, le gouvernement a usé de tous les stratagèmes pour inverser cette fameuse courbe, multipliant le nombre de radiations de chômeur pour défaut d’actualisation — il n’a jamais été aussi haut (plus de 60 000 en décembre) — et les emplois d’avenir, et menaçant d’une taxe de 1 % de leur masse salariale les entreprises qui ne jouaient pas assez le jeu des contrats de génération.

Baisse des impôts

« Il n’y aura pas d’augmentation générale des prélèvements obligatoires hors TVA et réduction des niches fiscales », promettait le gouvernement il y a six mois. Encore raté ! Après 45,3 % du PIB en 2012 contre une moyenne de 34 % pour les pays de l’OCDE, les prélèvements obligatoires ont atteint un record à 46 % en 2013 et ils progresseront encore en 2014 puisque les impôts devraient augmenter de près de 10 milliards d’euros.

Consommateurs (hausse de la TVA), contribuables (gel du barème de l’impôt sur les revenus, tranche à 45 %), salariés (fiscalisation de la part des contrats santé payée par l’employeur), familles (baisse du plafond du quotient familial, suppressions de niches fiscales…), retraités (fiscalisation de la majoration de 10 % des pensions), épargnants (changement de la fiscalité des revenus du capital), entrepreneurs (taxation des plus-values), entreprises (alourdissement de l’impôt sur les sociétés, taxe à 75 %)… Tous sont mis à l’amende pour renflouer les caisses parce que le gouvernement, incompétent, est incapable de faire des économies.

Retour aux grands équilibres

« Le déficit public sera réduit à 3 % du produit intérieur brut en 2013. » C’était la 9e promesse du candidat Hollande. Elle ne sera pas tenue… Entre-temps, le gouvernement a dû reconnaître l’importance de la crise, ce qui l’a contraint à aller négocier auprès de Bruxelles un délai supplémentaire de deux ans pour revenir aux 3 %. À la fin de 2012, le déficit représentait 4,8 % du PIB ; en 2013 le déficit a encore dérapé et devrait être supérieur aux 4,1 % de la richesse nationale escomptés, en raison de rentrées fiscales moins importantes.

Le pourcentage définitif sera connu à la fin mars lorsque l’Insee dévoilera ses chiffres. On sait d’ores et déjà que le déficit s’est établi à 74,9 milliards d’euros en 2013, soit un dérapage de 13,3 milliards par rapport au projet de loi de finances initial et non pas, comme le gouvernement essaie de nous le faire croire, 2,7 milliards d’euros sur la base du projet de loi de finances rectificative.

Baisse de la dépense publique

« Nous allons réaliser en 2014 un effort d’économies sans précédent de 15 milliards d’euros qui porteront pour 9 milliards sur l’État et ses agences et sur les collectivités locales, et pour 6 milliards sur la sphère sociale », se sont félicités Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve dans la présentation du budget 2014.

Seul problème, et de taille, ces économies ne sont malheureusement que virtuelles… elles sont en effet calculées par rapport à une évolution tendancielle : parce que les dépenses augmenteront moins que prévu, Bercy estime donc faire des économies.

Sur les 9 milliards annoncés sur l’État, 7 sont gagnés sur le tendanciel. En analysant le budget tel qu’il a été présenté, les dépenses s’élèveront à 379,9 milliards d’euros en 2014 contre 373,3 milliards en 2013… Où sont donc les économies ? L’Ifrap relève par ailleurs que « la méthode retenue par le gouvernement n’est pas homogène en fonction des dépenses », ce qui complique donc un peu plus encore la comparaison.

Cadeaux aux entreprises

Dérouler le tapis rouge aux grands groupes étrangers pour les inciter à venir investir en France en leur promettant une stabilité fiscale et déjeuner dans la Silicon Valley avec les patrons de Twitter, Facebook, Google et Mozilla… Voici résumé le paradoxe de François Hollande qui aime moins les entreprises françaises. Celles-ci — elles sont pourtant les seules à pouvoir créer de la richesse et de l’emploi — sont aujourd’hui assommées par les taxes, le coût du travail, les réglementations tatillonnes, une inspection du travail haineuse et un code du travail à l’épaisseur exponentielle…

Sans compter la loi Florange qui oblige les entreprises à chercher un repreneur dès qu’elles veulent se séparer d’une activité, la passivité du gouvernement qui laisse des syndicalistes prendre en otages des cadres d’une entreprise, la loi sur l’économie sociale et solidaire qui contraint les patrons à informer les salariés de leur intention de vendre leur société, ainsi que la ré forme à venir sur les stagiaires.

Choc de simplification

« Les entrepreneurs ne demandent pas d’argent mais de la liberté. Ils ne demandent pas des facilités, mais des simplifications », a déclaré François Hollande lors de son voyage en Californie. Sur le papier, on ne peut être que d’accord avec lui…

Mais dans les faits, où est la simplification ? Le code du travail et le code du commerce comptent chacun plus de 3 500 pages, celui des impôts, 3 600, et le code des marchés publics, plus de 2000.

Les normes s’accumulent, les effets de seuils jouent à plein entraînant une avalanche de formalités nouvelles, l’instabilité fiscale est à son comble, tandis que les cotisations sociales et patronales alourdissent les fiches de paie en diminuant le pouvoir d’achat. Et que dire, en matière de simplification voulue par François Hollande, du renforcement du pouvoir répressif des inspecteurs du travail et de la création d’un conseil de la simplification. Et si la première consistait en la suppression de toutes ces commissions inutiles ?

Comportements avec les partenaires sociaux

« Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés. » C’était une des anaphores lancées par François Hollande lors du débat qui l’opposait à Nicolas Sarkozy avant le second tour de l’élection présidentielle. Les récentes négociations montrent que la considération du gouvernement envers les partenaires sociaux est à géométrie variable.

En décembre 2013, alors que les partenaires sociaux négocient sur le financement de la réforme de la formation, Michel Sapin déclare : « Les partenaires avaient dit que le 12 [décembre] serait la dernière réunion, je ne vais pas donner des ordres. Mais ils ont bien compris que la loi serait présentée en Conseil des ministres [le 22 janvier]. »

Principale visée, la CGPME. La négociation autour du pacte de responsabilité s’annonce tout aussi serrée. Jean-Marc Ayrault a souhaité que « M. Gattaz, quand il sera revenu en France, rencontre vite les organisations syndicales comme c’était prévu pour engager le dialogue social vraiment sur le pacte… Je pense que le décalage horaire peut parfois poser des problèmes. » Avant d’ajouter devant les députés PS : « Le dialogue social ne peut pas reposer sur des oukazes. »…

http://www.valeursactuelles.com/fausses-promesses-vrai-mépris

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Y’en a marre des promesses de François hollande

Posté par ippolito le 28 janvier 2014

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Contre le chômage : la boîte à outils et la baguette magique

Inverser la courbe en 2014, c’est possible, continue de croire le gouvernement. Pour y parvenir, il mise sur les recettes classiques et un choc de confiance.

François Hollande a reconnu avoir mésestimé l’ampleur de la crise.

On saura lundi si le chef de l’État et son gouvernement sont parvenus à faire baisser le chômage fin 2013, mais le ministre du Travail Michel Sapin évoque désormais une simple « stabilisation ». Confronté à une croissance proche de zéro, le gouvernement misait avant tout sur son arsenal d’emplois aidés. Les économistes, sceptiques au départ, jugeaient possible une baisse ponctuelle à la fin de l’année. Mais le compte pourrait in fine ne pas y être.

François Hollande est désormais tourné vers 2014 pour « inverser durablement la courbe du chômage », mais le pari est loin d’être gagné : face aux prévisions pessimistes, le gouvernement compte sur sa boîte à outils anti-chômage et sur un retour de la confiance grâce au pacte de responsabilité.

Boîte à outils

Cette année, Le gouvernement pourra davantage compter sur la croissance : le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, pense que la France peut faire « plus de 1 % », et les organismes internationaux tablent sur une fourchette allant de 0,8 à 1,1 %.

Ces chiffres restent toutefois insuffisants pour faire baisser le chômage : les économistes estiment qu’environ 1,5 % est nécessaire pour créer des emplois en nombre suffisant, alors que 113 000 nouveaux actifs sont attendus en 2014.

Conséquence : aucun organisme n’anticipe d’embellie cette année. Pour l’Insee, le chômage devrait continuer à grimper pour atteindre 10,6 % (11 % avec les Dom) fin juin. Et, selon l’Unedic, 63 200 demandeurs d’emploi sans activité supplémentaires devraient pousser la porte de Pôle emploi, qui en recensait 3,29 millions fin novembre.

Face à ces sombres perspectives, le gouvernement n’entend pas baisser les bras. « Il y a des réalités qui peuvent bouger en fonction des politiques menées », martèle Michel Sapin. Son plan : « Continuer au même rythme les politiques de l’emploi au premier semestre, en faisant en sorte que la croissance prenne le relais mi-2014. » Il compte ainsi sur sa « boîte à outils. Elle contient :

- L’arsenal des contrats aidés classiques : 340 000 nouveaux contrats ont été budgétés pour 2014 ; le plan de formations prioritaires pour orienter les chômeurs vers des postes dits « non pourvus » : 30 000 sont déjà entrés en formation, et 100 000 autres devraient les suivre en 2014, avec, à la clé, un impact significatif sur les chiffres de Pôle emploi, puisque ces chômeurs quittent la très scrutée catégorie A (sans aucune activité) pour la catégorie D. En réalité, toutes ces formations ne sont pas ciblées sur des offres : la question est surtout d’ »augmenter les chances de trouver » un poste, dit-on au ministère du Travail.

- Les emplois d’avenir, destinés aux jeunes pas ou peu diplômés : après les 100 000 de 2013 – qui ont notamment permis l’ »inversion de la courbe du chômage jeunes » revendiquée par François Hollande -, 50 000 nouveaux contrats ont été programmés. Michel Sapin exclut pour l’instant une rallonge, réclamée par certains députés de la majorité.

- Le contrat de génération : alors que seules 20 000 aides à l’embauche ont été demandées en neuf mois, Michel Sapin promet une « accélération ».

- Le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : l’Insee table sur 15 000 emplois créés par semestre, loin des 100 000 annuels attendus selon les hypothèses les plus optimistes.

Le pacte, un pari sur la confiance

Au-delà, l’exécutif mise sur son grand oeuvre, le pacte de responsabilité, pour prendre le relais. En lançant dès lundi les concertations avec les partenaires sociaux, avec en ligne de mire une feuille de route au printemps, il entend réveiller rapidement un regain de confiance chez les entrepreneurs, sans attendre la suppression totale des cotisations familiales d’ici à 2017. L’objectif est d’accélérer ainsi la croissance dans la deuxième partie de l’année.

« C’est parce que je refuse le scénario de l’attentisme et de la frilosité que j’ai proposé le pacte de responsabilité », a expliqué François Hollande lors de ses voeux aux partenaires sociaux. Michel Sapin résume ainsi l’enjeu : « Ou bien les chefs d’entreprise restent l’arme au pied, rien ne se passe, et la croissance sera molle. Ou bien aujourd’hui, dans leurs têtes de patrons d’entreprise, ils disent : Oui, c’est le moment d’embaucher, et la croissance sera plus forte encore. » C’est un pari sur la confiance que prend l’exécutif. Un pari dont rien n’indique qu’il ait des chances de réussir.

http://www.lepoint.fr/economie/contre-le-chomage-la-boite-a-outils-et-la-baguette-magique-26-01-2014-1784507_28.php

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Y’en a marre de la crise et surtout que la reprise en zone euro soit une illusion

Posté par ippolito le 24 août 2013

La reprise en zone euro est une illusion

Depuis quelques semaines, on parle de plus en plus d’un début de reprise dans la zone euro. Les indices-clés indiquant une amélioration dans les pays situés au centre de l’union monétaire seraient la preuve que l’austérité porte ses fruits. 

Les fonds d’investissement américains recommencent d’ailleurs, lentement il est vrai, à financer les dettes des banques européennes. Même Goldman Sachs achète massivement des titres européens. Mais est-ce vraiment la reprise ?

Les cyniques rappellent qu’on l’attendait en Europe dès le quatrième trimestre 2010 et que, depuis lors, toutes les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) prédisaient qu’elle surviendrait « en fin d’année ».

En réalité, selon les prévisions du même FMI, en 2013, les économies de l’Espagne et de l’Italie devraient subir une contraction proche de 2 %, celle du Portugal de plus de 2 % et celle de la Grèce de plus de 4 %.

Aussi, le chômage a atteint des sommets en zone euro avec un taux moyen de 12% de la population active ; la moitié des jeunes sont sans emploi dans les pays de la périphérie, ce qui entraîne à long terme un gaspillage de talents et une érosion de la base fiscale.

CHASSE DÉSESPÉRÉE AU RENDEMENT

Encore plus significatif, la dette publique a augmenté en 2012 de 7 points de pourcentage par rapport au produit intérieur brut (PIB) en Italie, de 11 points en Irlande et de 15 points au Portugal et en Espagne. Si la stabilisation et la réduction de la dette sont les marqueurs d’une reprise grâce à l’austérité, alors les cyniques ont probablement raison de douter de la reprise.

Dans ce contexte, le retour des investisseurs américains qui apportent leurs dollars pour financer à court terme la dette des banques européennes ressemble plutôt à une chasse désespérée au rendement, qui repose avant tout sur la promesse du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, de faire « tout ce qu’il faudra » pour sauver l’euro.

 Quant au jeu de Goldman Sachs avec la Bourse, les mots formulés par le gourou des marchés obligataires, Bill Blain – « acheter bon marché, vendre un peu plus cher à la hausse, puis laisser tomber et s’enfuir » – viennent immédiatement à l’esprit…

Bref, il est prématuré de parler de reprise tant que les pertes engendrées par l’austérité ne sont pas épongées. Tous les pays qui ont appliqué l’austérité sans imposer de pertes aux créanciers privés ont creusé leur dette.

Selon les estimations officielles, la dette publique espagnole, qui représentait seulement 36 % du PIB du pays au début de la crise, a presque triplé, et le chiffre exact pourrait être plus élevé. Et ce sont les pays qui ont coupé le plus dans les dépenses qui ont connu le plus grand pic de rendement obligataire et dont la dette a le plus augmenté.

L’explication est simple. Quand un pays renonce à sa souveraineté monétaire, tout se passe comme si ses banques empruntaient en devise étrangère. Elles sont de ce fait vulnérables à des chocs de liquidité comme celui qui a déclenché la crise du système bancaire européen en 2010-2011. Ne pouvant pas imprimer de la monnaie pour sauver les banques ou dévaluer pour stimuler les exportations, l’Etat n’a que deux options : le défaut de paiement ou la déflation (c’est-à-dire l’austérité).

MAUVAIS DIAGNOSTIC

La logique de cette politique est que, en réduisant le fardeau de la dette et en restaurant la confiance, les coupes budgétaires favoriseraient la stabilité et la croissance. Mais quand plusieurs pays qui entretiennent des échanges commerciaux suivis l’appliquent simultanément, la demande chute, ce qui entraîne la contraction de leurs économies et l’augmentation de leur ratio « dette sur PIB ».

Mais le problème posé par l’austérité dans la zone euro est plus fondamental : les responsables politiques essayent de résoudre la crise de la dette souveraine, alors qu’ils sont avant tout confrontés à une crise bancaire.

Avec un système bancaire européen trois fois plus important et deux fois plus endetté que son homologue américain, et avec une BCE qui ne dispose pas vraiment de l’autorité d’un prêteur en dernier ressort, le brusque tarissement des flux de capitaux vers les pays périphériques, en 2009, a créé une crise de liquidité trop importante pour être contenue.

Les détenteurs d’actifs libellés en euros se sont alors tournés vers la BCE pour qu’elle joue le rôle d’assureur – ce qu’elle se refusait à faire sous la présidence de Jean-Claude Trichet, qui donnait la priorité au maintien de la stabilité des prix. Et les investisseurs ont intégré dans leurs calculs le risque d’un effondrement économique de la zone euro – et non le volume des dettes souveraines –, ce qui a provoqué un bond des rendements obligataires.

La tempête sur les marchés financiers a paniqué les dirigeants de la zone euro, ce qui les a conduits à poser un mauvais diagnostic et à prescrire un mauvais traitement.

La promesse de M. Draghi s’est traduite par un programme de rachat de titres de dette, une opération de refinancement à long terme et la fourniture de liquidités d’urgence, ce qui a permis de gagner du temps tout en baissant les rendements.

Mais la crise bancaire est toujours là. Les dirigeants de la zone euro doivent reconnaître que couper dans les dépenses ne permet pas de stabiliser le bilan des banques surexposées à la dette souveraine des pays périphériques. Tant que l’Europe n’abandonne pas l’austérité au profit d’une politique orientée vers la croissance, tout signe de reprise est illusoire.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/23/la-reprise-est-une-illusion_3465307_3234.html

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Y’en a marre du monde des bisounours et surtout des mensonges

Posté par ippolito le 17 août 2013

La France en 2025 : entre excès d’optimisme et autocongratulation

Les ministres décrivent leur vision de la France en 2025. C’est bien simple : tout ira mieux…

Avant qu’ils ne partent en vacances, François Hollande a demandé à ses ministres de concocter un dernier devoir à rendre le 19 août, soit la date du séminaire gouvernemental de rentrée. Le sujet : « Décrivez votre vision de la France en 2025″.

« Le Point » s’est procuré les copies de Manuel Valls, de Pierre Moscovici, d’Arnaud Montebourg, de Christiane Taubira et de Cécile Duflot. L’exercice, original pour des ministres en exercice, n’a pas manqué de susciter l’étonnement – voire l’amusement – de la presse. Qu’ont-ils prévu ?

Manuel Valls campe en modernisateur de l’Etat

Sécurité, éloge de la République et défense d’un Etat protecteur. La vision de Manuel Valls pour la France en 2025 se veut rassurante, républicaine et laïque.

Côté modernisation, le premier flic de France va même jusqu’à parler de « forces de l’ordre 3.0″. Selon lui, il attend des forces de police non seulement une « vraie proximité avec les populations » mais aussi qu’elles soient des « grandes utilisatrices des nouvelles technologies ». Il envisage enfin la création de « maisons de l’Etat » qui remplaceraient en quelque sorte les sous-préfectures dans les zones dépeuplées.

Christiane Taubira rêve d’une prison efficace

Christiane Taubira annonce que sa réforme pénale aura porté ses fruits : la population carcérale sera passée sous la barre des 60.000 détenus. Comment ? Non pas par la multiplication des maisons d’arrêt mais bien grâce au développement de peines alternatives. Son objectif est de lutter contre la surpopulation carcérale et d’évaluer efficacement le temps de détention « utile ».

Seulement, la garde des Sceaux oublie que sa réforme pénale semble mal engagée depuis l’étalage public de son désaccord avec Manuel Valls. Christiane Taubira évoque enfin une simplification de la justice via l’utilisation de courriers électroniques. 

Pierre Moscovici, le réaliste

Dans sa copie, Pierre Moscovici est le seul à avoir reconnu que cet exercice de prospective était « risqué ». Mais il évite de tomber dans la « politique-publique-fiction » qu’il redoutait. Il a en effet qualifié le plein-emploi d’ »objectif réaliste » tout en prévoyant que la France sera, en terme de PIB, rétrogradée de quatre places pour finir neuvième au classement mondial. Avec ses chiffres et ses notes relativement optimistes, le ministre de l’Economie prévoit le recouvrement de la « souveraineté budgétaire ».

Moscovici se refuse de réaliser inutilement une pâle copie du modèle allemand, avec de l’ »argent public » qui viserait « à reconstruire une industrie perdue ». Bercy prévient en effet qu’en 2025 le modèle industriel allemand ne correspondra plus à l’état de l’économie mondiale. 

Arnaud Montebourg, le sauveur de l’industrie

L’inébranlable ambition d’Arnaud Montebourg se ressent même dans ce travail original de prospective. Le ministre a imaginé pour 2025 le succès d’un programme « Usine du futur », le lancement d’un véhicule consommant 2 litres/100 km et une industrie française génératrice de 20% de la richesse du pays. Sa copie est pleine d’une verve inimitable.

« En choisissant, il y a plus d’une décennie de concentrer ses efforts sur les segments de croissance (…), la France a pris rang sur les marchés les plus dynamiques aujourd’hui ». Le ministre du Redressement productif dresse un tableau dans lequel la France est le leader dans tous les domaines. Selon lui, elle fera partie du « concert des grandes nations industrielles ».

Avec Cécile Duflot, un logement zen

Cécile Duflot a frappé fort… mais à côté. Avec sa casquette d’écologiste, elle a essayé de profiter de l’exercice pour décrire un bilan inquiétant de la biodiversité en 2025 et des changements climatiques… ce que le professeur Hollande ne lui a pas demandé.

Néanmoins, en tant que ministre du Logement, elle annonce « une politique publique du logement volontariste pour garantir l’intérêt général ». Technologie oblige, Cécile Duflot espère également redynamiser les territoires ruraux grâce au développement des services numériques.

Par ailleurs, elle promet la rareté des logements vacants et la création de six millions de logements, dont un tiers sera composé de logements sociaux. Selon elle, tout le monde disposera « d’un toit et d’un environnement de qualité ». « L’accès à ces logements pour chacun ne sera plus un facteur de stress et d’incertitude, mais une étape plaisante de la vie ».

« Les ministres au pays des Bisounours »

En réaction à cet exercice assez original, les titres de presse français s’en sont donnés à cœur joie. « Le Figaro » salue un travail qui ne manque pas de « bonnes intentions », mais critique le « manque de concret » et la « vision idyllique » de certains ministres.

« Le Monde » déclare avoir été frappé par « l’optimisme sans doute un peu excessif des ministres ». La rédaction considère en fait que ces documents sont une bonne occasion pour les ministres de montrer que leurs réformes actuellement en cours porteront leurs fruits dans une dizaine d’années.

Pour « Slate », ce travail inédit fait office d’une bonne « lecture de vacances ». Aussi « divertissante » que « drôle », la rédaction de Slate s’est amusée à relever les mesures qui ont le moins de chances de voir le jour. Parmi elles, le plein-emploi de Montebourg et les peines alternatives de Taubira.

Et enfin, « France TV Info » a joué la provoc’ avec un titre railleur : « Les ministres au pays des Bisounours », bien que le texte de l’article se contente de reprendre les mesures phares du « Point ».

Maxime Lebufnoir – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130816.OBS3418/la-france-en-2025-entre-exces-d-optimisme-et-autocongratulation.html

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Y’en a marre de la crise et surtout qu’on nous prenne pour des cons

Posté par ippolito le 16 août 2013

Croissance française: gare à l’affichage!

En se focalisant sur la croissance du PIB au 2e trimestre, on peut se réjouir de la sortie de récession de l’économie française. Mais l’emploi a continué de se dégrader tout comme la production. Et l’investissement des entreprises, indispensable pour relancer l’activité et faire baisser le chômage, est orienté à la baisse.

Le PIB progresse mais l’emploi continue de se dégrader

On trouve tout, dans les statistiques. Ce qui peut donner lieu à des interprétations contradictoires. Ainsi, l’augmentation de 0,5% du PIB (produit intérieur brut) en France au 2e trimestre 2013 annoncée par l’Insee le 14 août a été copieusement saluée et abondamment commentée dans les médias après que Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, se soit réjoui de ce «très net rebond» qui «confirme la sortie de récession de l’économie française».

Toutefois, le même jour, cet institut produisait une autre estimation qui, toujours sur le 2e trimestre, indiquait un nouveau recul de l’emploi de 0,2% dans les secteurs marchands non agricoles, soit un repli trois fois supérieur à celui observé au 1er  trimestre. Pas de quoi pavoiser: sur un an, d’après le ministère du Travail, 118.200 emplois salariés ont encore été perdus.

La fameuse sortie de récession au deuxième trimestre n’aura donc pas permis d’inverser la tendance. Rappelons que, en France métropolitaine, près de 3,28 millions de personnes étaient inscrites fin juin comme demandeurs d’emplois, soit 11,2% de plus qu’un an plus tôt.

Ainsi, selon que l’on considère la statistique du PIB ou celle de l’emploi, publiées le même jour, on aura une vision bien différente de la situation de l’économie française. 

Cette divergence s’explique: pour que l’emploi redémarre, il faut d’abord que l’activité reprenne. La progression du PIB semblerait donc annoncer de prochaines tendances plus favorables pour l’emploi, et on pourrait espérer être entré dans un cercle vertueux.

Pas de rebond de la production

Mais là encore, l’analyse est complexe. Car pour qu’une économie crée de l’emploi, il faut que la croissance soit de toute façon supérieure à 1%, voire 1,5%. L’économie française en est encore loin. D’autant que si l’on considère la production manufacturière, elle a continué à réculer et a baissé de 0,4% en juin.

Certes, sur le 2e trimestre, elle aurait un peu augmenté (de 1,5%) par rapport aux trois premiers mois de l’année, mais elle se situerait toujours en dessous de son niveau du 2e trimestre 2012. Pas très réconfortant.

Ainsi, même si toute bonne nouvelle est bonne à prendre, l’économie française apparaît encore bien loin de retrouver un rythme de croisière susceptible de lui assurer une croissance qui permettrait de résorber le chômage, objectif prioritaire du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. 

Même si les dernières recommandations du FMI (fonds monétaire international) conseillent à la France de modérer sa politique d’austérité pour ne pas asphyxier la reprise, donnant quitus à la stratégie de François Hollande, le pays n’est pas encore sorti de la crise. 

Et il ne faudrait pas, sous prétexte d’amélioration tendancielle, réduire les efforts nécessaires pour améliorer la compétitivité de l’économie avant même qu’ils commencent à produire leurs effets.

La France loin des meilleurs élèves européens

D’autant que la France est loin de faire partie des meilleurs élèves de l’Europe.  Certes, au 2e trimestre, elle affiche une progression supérieure à celle de 0,3% de l’Union européenne par rapport au 1er trimestre, selon Eurostat. Mais elle est devancée par l’Allemagne, le Royaume Uni, la République tchèque ou la Finlande…  

Et sur douze mois, l’économie française avec 0,3% de progression du PIB n’arrive qu’en dixième position dans l’Union européenne.

Le constat est identique pour la production industrielle. Selon les critères d’Eurostat, elle aurait progressé de 0,7% en juin par rapport à mai dans l’Union pour l’ensemble de l’industrie, mais aurait reculé de 1,5% en France. Un bien mauvais score comparé à l’Allemagne (+2,5%) ou à la Pologne (+3,1%) sans même parler de l’Irlande (+8,7%).

Certes, on ne doit pas tirer de conclusions trop hâtives sur un seul mois: c’est une durée pas forcément pertinente compte tenu des cycles de l’industrie. 

Mais malgré tout et sur un an par rapport à juin 2012, la production industrielle française de juin 2013 affiche un recul de 0,3% selon Eurostat alors que l’Union est à +0,4%, avec des scores bien plus satisfaisant pour l’Allemagne (+2,4%), la Grande Bretagne (+2,1%), la Pologne (+5,3%), la Roumanie (+9,6%) et d’autres encore.

Handicap majeur: l’investissement des entreprises ne repart pas

Dans ces conditions, pour retrouver sa place dans l’Europe et en même temps un rythme de croissance qui la sorte de la crise, l’économie française doit poursuivre ses efforts pour relancer des pans de son industrie trop longtemps délaissés, lorsque la priorité fut laissée aux activités de services. Et inciter les entreprises à investir. Ce qui n’est pas encore le cas.

A titre d’exemple, les PME de l’Hexagone –où se trouvent les créations d’emplois- prévoient d’investir 63 milliards d’euros en 2013, «moins que leurs homologues allemandes et italiennes (respectivement 164 milliards et 79 milliards d’euros), et à peine plus que leurs homologues britanniques qui prévoient d’investir 59 milliards d’euros», souligne le cabinet GE Capital. Ce qui, au final, est préjudiciable à la croissance et à l’emploi.

Plus globalement, selon l’Insee, les chefs d’entreprises de l’industrie manufacturière prévoient pour 2013 une baisse de 4% de leurs investissements par rapport à 2012. 

Une bien sombre prévision, car c’est par la reprise de l’investissement des entreprises qu’une croissance vertueuse peut être durablement réamorcée, alors que la croissance du PIB du 2e trimestre est seulement tirée par la consommation des ménages.

Ce qui, on le voit, doit inciter à une certaine prudence dans l’interprétation des statistiques et surtout dans leur extrapolation.

Gilles Bridier

http://www.slate.fr/story/76532/croissance-francaise-crise-emploi-investissement

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