Y’en a marre des dettes et des déficits mais surtout de l’Europe

Posté par ippolito le 29 juillet 2013

On va encore entendre parler du problème des dettes publiques en Europe

La reprise «est là», nous dit François Hollande. La réalité est un peu moins réconfortante: l’Europe reste plombée par la dette de beaucoup de ses Etats et ses dirigeants font comme si le problème avait disparu. Malheureusement, la politique de l’Autruche donne rarement de grands résultats.

Notre Président n’a pas tort de vouloir combattre le pessimisme excessif des Français: il est difficile de préparer l’avenir si l’on ne croit pas que son pays en ait un. 

Un certain nombre d’indicateurs montrent que la tendance au ralentissement perd de sa vigueur et qu’une croissance égale voire très légèrement supérieure à zéro est possible dans les prochains trimestres. Mais il faut être vraiment audacieux pour parler de reprise.

A l’échelle européenne, aucun des deux leviers de politique économique ne peut être actionné. Les politiques budgétaires sont partout restrictives et la politique monétaire ne donne pas de grands résultats: les banques ne sont pas en mesure de faire bénéficier l’économie des taux directeurs très bas de la Banque centrale européenne.

Cercle vicieux

Même si elle se termine mieux qu’elle n’a commencé, 2013 sera une année de récession pour la zone euro. Et les perspectives restent peu enthousiasmantes. Les économistes de l’OFCE, dans leurs prévisions 2013-2014, estiment que l’Europe est en train de boire «le calice de l’austérité jusqu’à la lie». 

Même si la croissance revient timidement en 2014, ce sera trop tard. Ils craignent, au moins pour certains pays, le risque d’un enfoncement «dans le cercle vicieux d’une hausse du chômage, d’une récession qui se prolonge et de doutes croissants quant à la soutenabilité des finances publiques».

On en revient toujours là: la dette publique! Pour freiner sa hausse, les Etats européens mènent simultanément des politiques d’austérité plus ou moins prononcées (ce que l’on connaît en France est sans commune mesure avec ce que subissent les Grecs, les Portugais ou les Espagnols), mais comme la croissance est faible, le poids de cette dette dans le PIB ne cesse de grandir. 

Dans les prochaines années, selon les calculs des économistes de Natixis, il pourrait atteindre 112% du PIB en Espagne, 126% en Irlande, 135% en Italie, 150% au Portugal, voire 205% en Grèce.

Revenir à des niveaux plus soutenables impliquerait des efforts budgétaires tels qu’il semble absolument impossible de l’envisager. Dans ces conditions, le problème de la dette publique en Europe risque de se poser de nouveau. 

On en a eu un petit aperçu avec la crise politique portugaise au cours des dernières semaines, on en reparle un peu avec les suppressions de postes dans la fonction publique en Grèce, mais on fait comme si le problème était derrière nous et qu’il ne s’agissait là que des derniers remous.

C’est une erreur. Car chaque jour qui passe rend la solution du problème plus difficile. Les gouvernements ne peuvent revenir chaque année pour demander de nouveaux efforts alors qu’aucun progrès n’est perceptible. Même les citoyens les plus vertueux et les moins contestataires finissent par se lasser.

L’inflation, le remède dont personne ne veut

L’idéal serait un regain d’inflation. Avec une hausse des prix de 4% ou 5% l’an, la valeur de la dette baisserait chaque année et le paiement des intérêts serait plus léger. L’inflation est toujours le meilleur allié des débiteurs.

 Dans le cas présent, elle aurait un autre avantage: avec des hausses de salaires qui suivraient l’inflation en Allemagne, mais resteraient en retrait dans les pays de la zone euro ayant besoin de relancer leur économie par les exportations, les écarts de compétitivité se résorberaient progressivement et sans trop de douleur.

Evidemment, une telle solution n’a pas que des avantages: elle ruine les créanciers. Dans la première moitié du XXe siècle, l’inflation est à l’origine de ce qu’on a appelé «l’euthanasie des rentiers». En schématisant, on peut dire qu’elle est néfaste pour les vieux et les inactifs et favorise les jeunes et les entrepreneurs. Les vieux ne vont pas se laisser faire!

De toute façon, l’inflation ne se décrète pas. On le voit bien avec les efforts effectués actuellement par le Japon pour en créer un peu: beaucoup d’économistes restent sceptiques sur les chances du gouvernement Abe de réussir sur ce point. Et une fois lancée, la hausse des prix peut échapper au contrôle. En Europe, aucun dirigeant n’est prêt à accepter une telle thérapeutique.

Après avoir mené depuis le milieu des années 80 une politique de «désinflation compétitive», les hommes politiques  français ne s’imaginent pas venir maintenant devant les électeurs expliquer que, tout compte fait, un peu d’inflation ne serait pas une mauvaise chose. 

Quant à l’Allemagne, elle s’y opposerait catégoriquement, de même que la Banque centrale européenne. Il suffit de se rappeler le tollé déclenché par la proposition du chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, en février 2010, de fixer un objectif d’inflation de 4% au lieu de 2% pour se convaincre que jamais cette solution ne sera retenue.

Le mot qui fâche: restructuration

Puisqu’on refuse ainsi la solution la plus douce, il faudra inévitablement employer un remède plus douloureux: celui de la restructuration de la dette de certains pays. Le FMI le dit maintenant: pour la Grèce, on a trop tardé à envisager une telle solution et on a aggravé les difficultés. Mais sans doute faudra-t-il y recourir une nouvelle fois, et pas seulement pour la Grèce. 

A trainer de trop gros boulets, l’Europe ne peut pas avancer. Les solutions peuvent être multiples. La plus radicale est certainement l’effacement pur et simple d’une partie de la dette, mais on peut aussi envisager un étalement dans le temps ou une baisse des taux d’intérêt. A tout le moins, une mutualisation d’une partie de la dette publique des Etats de la zone euro s’imposera inévitablement.

Les arguments contraires ne manquent pas: les pays vertueux vont payer pour les pays endettés, les banques vont devoir subir des pertes alors que beaucoup d’entre elles sont déjà dans une situation difficile, etc. Mais il ne faut pas se leurrer: si l’Europe ne redémarre pas, les marchés financiers, aujourd’hui bercés par les propos rassurants de Mario Draghi, président de la BCE, manifesteront bruyamment leur inquiétude et on devra procéder à chaud à des réformes qui auraient pu être réussies à froid.

Avant les élections allemandes, rien ne se fera. A Athènes, Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, est venu proposer le 18 juillet une aide aux PME grecques, mais s’est déclaré hostile à toute restructuration de la dette publique. Espérons qu’on commencera à discuter sérieusement après le 22 septembre.

Gérard Horny

http://www.slate.fr/story/75670/va-encore-entendre-parler-du-probleme-des-dettes-publiques-en-europe

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Y’en a Marre de la restructuration de la dette du Portugual mais surtout de l’Europe

Posté par ippolito le 24 juillet 2013

Une restructuration de la dette portugaise coûterait 25,3 milliards à la France

Le Portugal va-t-il connaître le sort de la Grèce? S’il est encore trop tôt pour l’affirmer, les économistes sont de plus en plus nombreux à penser que la dette du pays est désormais insoutenable. 

Celle-ci dépasse en effet les 123% du PIB, mais surtout, tout porte à croire que, malgré ses efforts, le pays est incapable de la stabiliser. Pour parvenir à un tel miracle, il devrait en effet dégager un excédent budgétaire primaire d’au moins huit points de PIB, selon les calculs de Natixis.

 Cela ne serait possible qu’au prix de nouvelles réformes structurelles d’ampleur -mais celles-ci ne produirait de toute façon ses effets que d’ici plusiseurs années-, ou si la croissance potentielle était de six points supérieure à celle d’aujourd’hui.

Or non seulement le pays est toujours en récession (-2,3 % cette année), mais en plus, la croissance ne devrait pas dépasser 0,6% en 2014 et 1,5% en 2015, selon le FMI. 

Quant au déficit public, il culmine toujours à 5, 5 %… « Si l’on ajoute à cela la crise que traverse le pays depuis la démission du ministre des finances, la situation est tout simplement insoutenable », assène Patrick Artus, économiste à Natixis.

L’Allemagne serait encore plus affectée que la France

En d’autres termes, si la situation du Portugal ne s’améliore pas d’ici début 2014, il probable que le pays sera contraint de restructurer sa dette, comme l’a fait la Grèce en 2012. 

Plusieurs modalités sont possibles, mais une chose est sûre: les différents mécanismes d’aide mis en place en Europe (MES, FESF…) ainsi que la BCE, qui, d’une façon ou d’une autre, ont prêté de l’argent à Lisbonne, enregistraient des pertes. Tout comme les Etats membres, qui ont apporté leurs garanties à ces dispositifs.

En évaluant le poids et les implications financières de la France dans ceux-ci, Eric Dor, directeur des études à l’IESEG School of Management, a ainsi calculé que les pertes maximales pour notre pays pourraient s’élever à 25,3 milliards d’euros. L’Allemagne serait encore plus affectée (32,9 milliards d’euros).

Les banques françaises sont en mesure d’encaisser le choc

Mais ce n’est pas tout: les différentes banques européennes détiennent elles aussi des obligations portugaises. « Comme dans le cas grec, on peut imaginer qu’en cas de restructuration, elles se verraient échanger ces obligations contre des titres de moindre valeur », commente Eric Dor. Selon lui, les banques françaises pourraient ainsi perdre 16,7 milliards d’euros, au maximum. 

C’est plus que leurs homologues allemandes (13 milliards d’euros), mais bien moins que les espagnoles (55,2 milliards d’euros). « Ce serait une perte importante, mais les établissements bancaires français n’auraient pas trop de mal à l’absorber », rassure Eric Dor.

Reste qu’un tel scénario fragiliserait sérieusement les mécanismes d’aide européens. Et cela, alors que les marchés redoutent déjà que la Grèce, qui s’enfonce dangereusement dans la dépression, ait besoin de restructurer à nouveau sa dette avant 2015…

 http://www.challenges.fr/economie/20130711.CHA2318/une-restructuration-de-la-dette-portugaise-couterait-25-3-milliards-a-la-france.html

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Y’en a marre de l’explosion de la dette en 2012

Posté par ippolito le 29 mars 2013

Nouvelle explosion de la dette, le déficit fait de la résistance

La dette a continué d’exploser en 2012 pour atteindre 1 834 milliards d’euros en fin d’année, soit 90,2% du PIB. Le déficit public de la France, lui, n’a été ramené que de 5,3% à 4,8% du PIB, quand le gouvernement visait 4,5%.

Le déficit public de la France n’a été ramené en 2012 que de 5,3% à 4,8% du PIB (produit intérieur brut), en dérapage par rapport à l’objectif du gouvernement qui visait 4,5% en accord avec ses partenaires européens, a annoncé vendredi l’Insee.

La dette publique, elle, a continué d’exploser atteignant fin 2012 un nouveau record à 1 833,8 milliards d’euros soit 90,2% du PIB, plus que les 89,9% prévus par le gouvernement. En 2011, la dette restait encore à 85,8% du PIB.

Le déficit public, qui comprend les comptes de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale, avait été révisé à 5,3% du PIB en 2011, au lieu de 5,2% d’abord annoncés par l’Insee. Cette révision, ajoutée à la recapitalisation de la banque Dexia intervenue en décembre et à une hausse des dépenses, expliquent le dérapage observé.

Loin, bien loin de l’objectif 3% en 2013

Le gouvernement s’était engagé à réduire le déficit public à 3% du PIB en 2013 mais a reconnu il y a un mois qu’il n’y parviendrait pas. Des discussions sont en cours avec la Commission européenne afin d’obtenir un délai d’un an.

« Les dépenses progressent de 2,9%, davantage que le PIB en valeur (+1,6%) après +2,1% en 2011 », explique l’Insee. Les dépenses de fonctionnement de l’Etat sont notamment en hausse (+2,5%), une accélération « largement liée à des livraisons de matériel militaire plus élevées qu’en 2011 ».

L’investissement public continue de progresser mais plus lentement qu’en 2011 (+1,7% après +3,8%), notamment « en raison d’une forte décélération dans les hôpitaux ».

Explosion du déficit des collectivités locales

L’augmentation des recettes a également ralenti en 2012 par rapport à 2011 (+3,9% après +5,7%), mais se maintient grâce aux impôts sur le revenu et le patrimoine. Les recettes de l’impôt sur le revenu sont en hausse de 8,8 milliards d’euros, celles de la CSG de 3,1 milliards et celles de l’impôt de solidarité sur la fortune de 700 millions.

En revanche, sous l’effet d’une croissance économique inexistante, les impôts sur les produits et la production ralentissent (+2,9% après +5,8% en 2011), en particulier en raison d’un moindre revenu de la TVA (+1,4% contre +3,3% en 2011) et de cotisations sociales moins dynamiques (+2,9% après +4,1%).

Enfin, la décomposition des comptes publics montre que la réduction du déficit en 2012 est essentiellement liée à la baisse de celui de l’Etat, qui diminue de 7,7 milliards d’euros de pertes. Le déficit de la Sécurité sociale se résorbe de 800 millions d’euros alors que celui des collectivités locales passe de 1,5 à 3,1 milliards.

http://www.rmc.fr/editorial/363822/nouvelle-explosion-de-la-dette-le-deficit-fait-de-la-resistance/

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Y’en a marre de l’Europe surtout pour le contribuable

Posté par ippolito le 29 mars 2013

L’Europe coûte cher à Bercy et aux contribuables…

On sait déjà que la contribution versée par la France à l’Union européenne est loin d’être neutre (20 milliards d’euros). Ce que l’on sait moins, c’est le prix que coûte à la France les décisions de la justice européenne en matière fiscale.

Ainsi, l’Etat français doit provisionner sur trois ans plus de 8 milliards d’euros en prévision du coût attendu de trois contentieux fiscaux engagés contre la France au niveau européen.

Tout d’abord, la Cour de justice de l’Union européenne a condamné la France à rembourser à des OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières) étrangers plus de 5 milliards d’euros, au motif que leur traitement fiscal n’était pas le même que celui des OPCVM français.

Ensuite, les fournisseurs d’accès à internet ayant contesté devant les instances judiciaires européennes le bien fondé de la taxe de 0,9 % sur leur chiffre d’affaires, l’Etat a dû provisionner dans la dernière loi de finances 1,3 Mds€ qu’il s’attend à devoir rembourser aux opérateurs sur injonction de la justice européenne.

S’agissant d’un contentieux concernant indifféremment les opérations français et étrangers sur la base d’une infraction alléguée au droit communautaire, on peut en déduire que la France a définitivement perdu la maîtrise de sa fiscalité, y compris pour des impôts purement internes.

Enfin, la même Cour de justice européenne ayant interdit à la France de taxer plus lourdement les dividendes versés par les filiales européennes et non françaises d’entreprises françaises, l’Etat s’apprêtait à devoir rembourser à celles-ci plus de 2 milliards d’euros de « précompte mobilier » indûment prélevé.

Heureusement, le Conseil d’Etat vient de décider de suivre l’Europe sur le fond mais non sur les montants, réduisant ainsi l’addition de plus de moitié.

Malgré cette dernière nouvelle un peu plus favorable aux recettes de l’Etat, on s’aperçoit que par trois simples décisions de justice, l’Europe coûte en quelques mots plusieurs milliards d’euros à la France, c’est-à-dire aux ménages sur qui retombera en définitive le manque à gagner.

Pour la petite histoire, les sociétés créancières de l’Etat dans l’affaire du précompte mobilier avaient déjà revendu leur créance à la Société Générale.

Suite à l’arrêt du Conseil d’Etat réduisant la dette du trésor à leur égard, la Société Générale a dû passer près de 600 M€ de provisions pour faire face à la baisse des créances qu’elle venait d’acheter…

Olivier Bertaux

http://www.lecri.fr/2013/03/26/leurope-coute-cher-a-bercy-et-aux-contribuables/39473

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Y’en a marre de François Hollande

Posté par ippolito le 26 mars 2013

Y'en a marre de François Hollande dans Y'en a marre de François Hollande 8

Le président catastrophe

Dégringolade. À peine plus de trois cents jours après son élection, Hollande est le chef de l’État le plus impopulaire de la Ve République. Méthode, bilan : même ses amis n’y croient plus. Et pendant ce temps, la France coule.

« Dissolution ». Dix mois seulement après l’arrivée de François Hollande à l’Élysée, de plus en plus nombreux sont ceux qui estiment que le chef de l’État n’aura bientôt plus d’autre choix pour tenter de reprendre la main. « Il lui reste la carte du changement de gouvernement après les municipales, dit un grand patron récemment reçu à l’Élysée. 

Mais après ? S’il ne s’agit que d’un nouveau casting, cela ne changera rien. Dissoudre n’est pour l’heure pas dans ses intentions. Mais aura-t-il le choix ? » Il y a encore deux mois, les visiteurs du président ressortaient de son bureau avec l’image d’un homme sinon indifférent, du moins insensible à son décrochage dans l’opinion. 

Convaincu, mordicus, que la politique est d’abord affaire de temps. Et que celui-ci jouait en sa faveur. « C’est un éternel optimiste, il est persuadé qu’il a une bonne étoile au-dessus de la tête, que la croissance va revenir », confie un député PS. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

« Pour la première fois, il m’est apparu un peu perdu », témoigne un interlocuteur régulier, le comparant à « un pilote qui se rend compte que ses manettes ne fonctionnent plus ». 

Les sondages, seuls, n’expliquent pas tout. Certes, il est, après dix mois de mandat, le président le plus impopulaire de la Ve République : 30 % d’opinions favorables en moyenne. Mais le mal est plus profond.

 « Ce que les Français reprochent à François Hollande, ce sont moins ses mauvais résultats que son incapacité à fixer un cap, un scénario de sortie de crise, décrypte Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop. Ils ont le sentiment que le chef de l’État ne sait pas vraiment où il va. »

Cette image — ravageuse — d’un président sans prise sur les événements est partagée jusque dans son propre camp. « Sa photo officielle résume bien le problème : il est dans le jardin, comme s’il refusait d’entrer dans les lieux », affirme l’un de ses proches. 

Et ce ne sont pas les lecteurs du Monde, de Marianne ou du Nouvel Observateur, qui avaient tous trois appelé à voter en sa faveur, qui diront le contraire. Le premier, qui pariait encore sur un « tournant du quinquennat » après le déclenchement de la guerre au Mali, n’a plus de mots assez durs pour dénoncer, à la une, une « présidence Hollande à l’heure du doute » : 

« L’excuse du noviciat ne peut plus être invoquée, l’argument de l’héritage laissé par Nicolas Sarkozy n’opère plus, écrit le quotidien (8 mars). Plus le pays s’enfonce dans la crise, plus l’attitude présidentielle paraît déconnectée de l’état moral du pays […]. 

Au début de son quinquennat, le chef de l’État avait promis aux Français deux ans d’effort suivis de trois années de redistribution de l’effort […], aujourd’hui, plus personne ne croit à ce joli scénario. »

Tout aussi cinglant, Marianne, daté du même jour, s’interroge en première page : « Hollande a-t-il déjà échoué ? » La réponse est au vitriol : « Dix mois après la présidentielle, le pouvoir socialiste est déboussolé, perclus de doutes […]. 

Ce grondement que l’on entend partout, c’est le bourdon, le bruit sourd que fait le cafard carnivore (sic) dans les têtes des dirigeants […]. Les Gaulois avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête ; les Français peuvent en outre craindre chaque jour qu’un impôt supplémentaire leur dégringole sur la binette. »

À peine moins sévère, le Nouvel Obs (7 mars), dans un article intitulé « Hollande : parler, mais pour quoi dire ? », évoque entre autres les « doutes » du président : 

« Tous les arguments qu’on répète à l’envi se fracassent sur le mur des réalités », écrit-il. Le chef de l’État peut bien se dire « consterné » par la presse de gauche selon le Canard enchaîné — qui vient lui-même de révéler son surnom de “Pépère” à l’Élysée —, il est, en plus de la crise, une autre réalité à laquelle il ne peut plus échapper : 

une suspicion générale à son encontre. Quand on ne le moque pas, derrière son dos, sur l’air du Pingouin, la nouvelle chanson de Carla Bruni-Sarkozy…

Lui qui n’avait prévu d’intervenir à la télévision qu’au mois de mai prendra donc la parole sur France 2 dans les prochains jours. Une accélération de calendrier qui témoigne, là encore, de sa nouvelle fébrilité. 

C’est en toute hâte, fin février, qu’il a chargé ses communicants de lui préparer une « séquence » susceptible d’enrayer sa dégringolade dans les sondages. Mais lui-même n’y croit guère. « Il est plus résigné que réellement convaincu par l’exercice », confie-t-on dans son entourage. Où certains ne font pas mystère, eux non plus, de leur peu d’enthousiasme : 

« S’il faut aller à la télé pour répéter que la ligne est la bonne, que les réformes sont en cours, que la rigueur n’est pas l’austérité et que le bilan de la droite devrait l’inciter à plus de discrétion, autant envoyer Ayrault au charbon », affirme un proche. Mais là encore, pour quoi faire ? Lui aussi totalement carbonisé, le premier ministre n’est même plus en mesure de jouer les fusibles…

À peine plus de trois cents jours après l’entrée en fonction de Hollande, tous les clignotants sont au rouge. En économie, d’abord, où le nombre de chômeurs — qui augmente de plus de 1 000 par jour en moyenne ! — n’a jamais été aussi élevé depuis 1997 .

Mais aussi sur la scène internationale et notamment européenne où, hormis au Mali, il a multiplié les échecs et affaibli l’image de la France (lire page 23). Aucune branche à laquelle se raccrocher ! 

« La diplomatie de Hollande est à l’image de sa politique, constate Laurent Wauquiez : molle, touffue et un peu besogneuse. » « Hollande est plus médiocre que normal », résume François Fillon.

L’absence d’autorité du président, dans tous les domaines, est directement responsable d’un climat d’angoisse comme la France n’en avait jamais connu depuis la guerre : selon une étude du CSA pour la Macif, 75 % des Français pensent qu’eux-mêmes ou un de leurs proches pourraient se retrouver en situation de précarité !

 Un chiffre qui recoupe presque trait pour trait les deux tiers de Français qui se disent déçus par l’action de Hollande. Et qui fait qu’aujourd’hui, dans un sondage Ifop pour Paris Match, celui-ci est devancé par Sarkozy (53 % contre 44 %). 

Et que plus d’un Français sur deux prédit la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017. Signaux qui ne trompent pas : après avoir déjà perdu les trois législatives partielles de décembre, le PS a été éliminé dès le premier tour dans l’Oise, dimanche dernier, au profit des candidats UMP et FN.

D’où ce vent de panique qui secoue l’Élysée, encore fragilisé par la multiplication des “couacs” au sein du gouvernement (lire page 19). Là encore, c’est Hollande qui en est à l’origine : 

« Au début, c’était simple : tout le monde tapait sur Matignon en disant que c’était avant tout un problème de coordination. Mais on s’aperçoit sur certains sujets que les choses ne sont même pas tranchées à l’Élysée ; l’histoire du diesel, c’est ça », confie un directeur de cabinet. 

Les Français l’ont compris et ne sont pas dupes. Les deux jours de Hollande à Dijon, censés « renouer le contact avec le terrain », auront été un fiasco : 

selon un sondage CSA-la Lettre de l’opinion, 65 % des Français considèrent ce déplacement comme de la simple communication — qui ne marche pas. Idem pour les ordonnances, supposées accélérer le calendrier, et rejetées dans les mêmes proportions…

Plusieurs de ses proches réclament aujourd’hui qu’il tape du poing sur la table, quitte à se séparer de plusieurs ministres. Mais de quel poids cela pèsera-t-il dans l’opinion au regard de la hausse continue du chômage et de l’affolant agenda d’impopularité qui l’attend : 

chantier des allocations familiales (fin mars-début avril), baisse des aides aux entreprises (mai), lancement de la réforme des retraites (juin) ? 

Hollande, surtout, est plombé par son “péché originel” : la négation de la crise durant sa campagne. Élu sur ce mensonge, il ne dispose plus de la moindre crédibilité : pas de bon médecin sans bon diagnostic ! 

Son grand oral télévisé n’y changera rien : « Il fallait qu’il prononce dès son élection un discours churchillien, estime un sénateur PS. Peut-il encore le faire aujourd’hui ? Je crains qu’il ne soit trop tard… » « N’inquiétez pas les Français », a lancé Hollande à son gouvernement, le 6 mars en Conseil des ministres. 

Là encore, c’est trop tard. Les Français sont déjà plus qu’inquiets. Du président et de sa faiblesse. Et ils ont raison de l’être.

http://www.valeursactuelles.com/président-catastrophe20130320.html

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Y’en a marre de l’absence de relance et surtout de la montée du chômage

Posté par ippolito le 24 mars 2013

Pourquoi la relance n’est-elle toujours pas là?

La mise en place des outils financiers pour relancer l’investissement des entreprises est trop longue. En plus, faute de visibilité, l’envie d’investir fait défaut. Mais sans ce moteur de l’économie, l’emploi ne repartira pas. Mauvais pour la consommation.

La relative bonne tenue de la consommation en France est trompeuse. C’est une des spécificités de l’économie française. Deux raisons principales expliquent ce phénomène. 

D’abord, l’importance des prestations sociales (de l’ordre de 600 milliards d’euros, toutes prestations confondues) dans le revenu de nombreux foyers. 

Ensuite, le taux d’épargne élevé des ménages en France, qui leur permet de puiser dans leur bas de laine pour faire face à des situations difficiles. Ces deux facteurs agissent comme des amortisseurs en cas de crise en évitant à la consommation de plonger.

Mais c’est insuffisant pour une déclencher une relance. La conjoncture économique est d’ailleurs plus dégradée que les statistiques prévisionnelles ne le laissaient supposer.  Par exemple en juin dernier, l’Insee tablait encore sur 0,4% de croissance pour 2012 alors que l’année s’est terminée sur une croissance nulle.

Qu’a-t-il manqué? Pour relancer la machine, encore faut-il que les entreprises investissent. C’est, aujourd’hui, ce qui manque à l’économie, faute de portefeuilles de commandes qui le justifient notamment dans les industries de transport et les activités liées à l’immobilier. 

Pis: les entreprises qui auraient anticipé une hausse de leur production et qui se retrouvent en situation de surcapacités révisent à la baisse leurs projets, amplifiant les baisses d’activités chez leurs fournisseurs qui, à leur tour, réduisent leurs dépenses.

 Au bout de cette réaction en chaîne, les sous-traitants mettent la clé sous la porte (60.500 défaillances d’entreprises en 2012 selon Coface, 62.000 attendus en 2013). C’est l’emploi qui trinque.

Le chômage qui s’alourdit sans cesse depuis 21 mois reflète une situation dont l’économie française ne parvient pas à s’extraire: les ménages consomment, mais les entreprises n’investissent pas assez. 

Et sans investissements, pas d’augmentation de capacités ou de modernisation de l’outil de travail, et au final pas d’emplois nouveaux. On est dans «une forme de cercle vicieux destruction d’emplois/baisse d’activité», commente Coface.

L’investissement des PME va encore reculer au premier semestre
Cette spirale infernale n’est pas brisée. Fin janvier, Oséo, banque des PME et de l’innovation, indiquait que, après une année 2012 de stagnation, l’activité pourrait décliner en 2013. De sorte que, après un sensible recul des investissements des PME l’an dernier, ils pourraient à nouveau être réduits cette année.

L’Insee, qui élargit l’investigation à l’ensemble des entreprises, estime que si les investissements ont augmenté de 2% l’an dernier, ils devraient seulement être stables cette année avec toutefois une baisse au premier semestre par rapport à l’an denier.

COE-Rexecode est plus tranché, anticipant pour 2013 un recul de 2% de l’investissement productif en ligne avec l’érosion du taux de marge des entreprises. L’institut commente:

«La poursuite de la dégradation du climat des affaires et la fragilité financière des entreprises suggèrent que la correction à la baisse de l’investissement productif et de l’emploi pourrait se prolonger, sinon s’amplifier, au moins sur la première partie de l’année.»

Faute d’une relance des investissements, il était illusoire de miser sur un redémarrage de la l’activité. En repoussant à 2014 l’inversion de la courbe du chômage, François Hollande prendre acte de la prévision de croissance de l’économie française ramenée à 0,1% pour 2013, bien loin des anticipations excessivement optimistes qui avaient servi à l’élaboration du projet de loi de finances.

Face à l’urgence, les réponses prennent trop de temps

Les mesures destinées à créer un «choc de croissance» tardent à se mettre en place. En détaillant le Pacte de compétitivité et en expliquant le mécanisme du crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (CICE), le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a affirmé que ses effets seraient perceptibles dès 2013. 

Cette disposition, entrée en vigueur au 1er janvier dernier, vise à encourager les efforts des entreprises qui investissent dans la recherche, l’innovation, la formation et le recrutement. Mais s’agissant d’une réduction d’impôt, les entreprises en percevront les effets en 2014, lorsqu’elles acquitteront l’impôt de l’exercice 2013.

Certes, il est possible, grâce à une mesure de préfinancement, d’anticiper en cédant la créance CICE à Oséo ou un établissement de crédit. Mais on entre alors dans une usine à gaz peu accessible aux PME, alors qu’elles sont les véritables pourvoyeuses d’emplois dans le tissu économique. 

De sorte que la première année, c’est-à-dire en 2013, les effets positifs du CICE sur l’investissement et, par là, sur l’emploi seront retardés.

Plus globalement, l’installation de la Banque publique d’investissement (BPI) prend beaucoup de temps. Alors que sa création était inscrite dans le programme du candidat Hollande, cet établissement qui agrège le Fonds stratégique d’investissement (FSI), Oséo et CDC Entreprises (filiale de la Caisse des dépôts) a seulement tenu son premier conseil d’administration le 21 février, après neuf mois de gestation. 

En outre, elle n’est pas encore opérationnelle puisque les instances régionales qui doivent participer à ses travaux ne seront mises en place qu’en avril.

Ainsi globalement, il aura fallu presqu’un an pour que, avec ses 42 milliards d’euros de force de frappe, la BPI puisse s’engager au plus près des PME. 

Toutefois, face à l’urgence, un fonds de garantie de 500 millions d’euros a déjà été mis en place afin que les banques, qui ont réduit de 7% l’an dernier leurs avances de trésorerie aux entreprises, soient un peu moins restrictives. 

Pour investir, il faut avoir envie

Toutefois, les investissements ne sont pas qu’une question d’argent. Encore faut-il disposer de débouchés pour les faire fructifier. Or, lorsque la consommation stagne, il faut trouver des marchés. Soit par l’innovation pour en créer de nouveaux, soit par l’exportation pour en investir de nouveaux.

Des dispositifs d’aides existent déjà, à l’image du crédit impôt recherche dont le dispositif est éprouvé. Il a été réformé en 2008 et est aujourd’hui renforcé. L’an dernier, il a représenté 5,3 milliards d’euros, indique l’Observatoire du crédit impôt recherche. 

Malgré son attractivité, il n’a pas empêché l’innovation en France de décliner; progression nulle, volontarisme plat, alors qu’il s’agit de préparer l’activité de demain.

 C’est d’ailleurs pour relancer cet effort d’innovation que le Grand emprunt de 35 milliards d’euros a été lancé par Nicolas Sarkozy et conforté par François Hollande.

On peut aussi imaginer d’autres sources de financement, qui utiliseraient une partie des ressources de l’assurance-vie (dont l’encours approche les 1.400 milliards d’euros), en plus des réductions d’ISF pour investissements dans les PME qui existent déjà.

L’argent est donc mobilisable. C’est la dynamique qui fait défaut de même que l’envie de produire et construire dans l’Hexagone, sans lesquelles l’investissement ne peut repartir. 

Ce n’est plus alors une affaire de leviers financiers, mais de visibilité et de confiance dans l’avenir. Neuf mois après l’arrivée de l’équipe Hollande, les repères ne sont pas encore en place.

Gilles Bridier

http://www.slate.fr/story/68987/investissement-emploi-consommation-spirale-infernale

Publié dans Y'en a marre de la crise, Y'en a marre du chômage | Pas de Commentaire »

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