Y’en a marre de la crise et surtout de la colère populaire qui monte

Posté par ippolito le 24 mars 2013

Austérité: Au-dessus d’un volcan…

La crise se déploie. Elle s’insinue partout, casse, déstabilise, brise, broie nos économies… Elle ronge la structure politique des nations européennes. Il faut désormais être aveugle pour ne pas voir ce qui couve. Bientôt, si l’on n’y prend garde, nos pays ne connaitront que les affres des colères populaires ou des flambées populistes…

La marche à la crise est inéluctable, seules sa ou ses formes sont imprévisibles. Sans un changement radical des politiques gouvernementales, c’est bien vers l’implosion ou l’explosion que nous allons… si tout cela continue à ce petit train.

Vague de colères populaires…

Chaque semaine, chaque jour, de nouveaux éléments d’implosion apparaissent, mettant en évidence toute la dangerosité de la situation. La tension devient extrême entre l’aspiration des peuples à un changement et les différents éléments d’implosion. 

Si l’on tend l’oreille, si l’on dessille quelque peu les yeux, une vague de colère apparait au loin, roulante et grondante, s’avançant inexorablement, une vague qui n’épargnera pas notre pays.

Voici quelques jours, à Lisbonne, de centaines de milliers de Portugais ont défilé contre l’austérité, entonnant l’hymne de la Révolution de 1974 et signifiant ainsi qu’ils souhaitaient un changement radical…

En Italie, un quart des électeurs ont voté pour un « populisme de la rage » incarné par un comique devenu maitre dans la dénonciation de la faillite politique des élites italiennes. 30% ont porté leurs voix sur un Berlusconi épousant toutes les revendications d’un pays à bout de souffle après dix-huit mois de politique d’austérité portée par Mario Monti. 

En Grèce, la crise est là, quotidiennement, l’extrême droite s’installe et le régime des Colonels revient à la mode. En Espagne, la foule envahit les rues et conspue un pouvoir incapable non seulement de sortir le pays de l’ornière mais également d’incarner dignement la politique.

En Espagne également, c’est la Catalogne qui menace de faire sécession, suscitant l’ire de Madrid, qui n’écarte pas de faire intervenir l’armée si tel devait être le choix de cette région déjà autonome. Pense-t-on sérieusement que les secousses politiques et sociales qui frappent désormais tous les pays de l’Europe du Sud ne toucheront pas, demain, la France puis les pays du Nord du continent?

Peut-on se contenter face à cela d’une politique à la Pangloss? Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes? Certes non, nous dit-on, mais c’est pour bientôt! « Ça va aller mieux », ça ira mieux… La croissance nous est promise et les lendemains qui chantent avec certainement. 

Le pire de la crise serait donc derrière nous pas le seul truchement d’un optimisme confinant à l’onirisme et qui nous laisse imaginer une second moitié du quinquennat pavées de bonnes nouvelles…On attend donc la croissance comme d’autres ont attendu Grouchy! Une chance que tout cela ne se soit pas déjà terminé en cent jours….

De défaillances en défaillances…

Le phénomène de défaillance des entreprises ne fait que s’accélérer. Notre tissu de PME est considérablement fragilisé. Or, nos industries sont essentiellement des PME. Le délitement ou la décomposition accélérés du tissu industriel risque donc de s’accroître. On attend une politique industrielle qui ne se réduit pas à atténuer ou négocier les plans sociaux.

Dans le même temps, les ménages ralentissent leur consommation de biens manufacturés. La France des fins de mois difficiles, c’est aujourd’hui l’essentiel du pays. C’est pourtant dans cette France là que se trouvent les ressorts d’un éventuel sursaut économique.

Pendant le même temps, on nous annonce des mesures drastiques de réduction des déficits avec, dit-on, l’objectif de ramener la dette au dessous des 53% du PIB à la fin du quinquennat… Cette politique là serait suicidaire pour notre économie.

Si la dépense publique se réduit, si la dépense privée se contracte, quel carburant restera-t-il à l’économie française et européenne?

Il faut donc être sacrément optimiste pour envisager imperturbablement de continuer la même politique. On nous annonce pourtant un nouveau tour de vis budgétaire pour 2014, on nous en annoncera forcément un pour 2015. 

Voilà de quoi rassurer sur l’avenir. Dans un tel contexte, rappelons le, le plus risqué est donc de voir l’investissement chuter et, en fait de restauration de la confiance, on aboutira rapidement à un choc de défiance. 

Ce risque est d’autant plus important que nous ne voyons poindre aucune politique industrielle d’ampleur et portant sur le moyen terme.

Faut-il s’attarder longtemps sur l’affaire de la taxation du diesel? Ne vaudrait-il en effet pas mieux s’attacher à développer une véritable politique industrielle dans le domaine automobile par exemple? 

On ne développe pas un nouvel appareil industriel en laissant les perspectives de croissance être obstruées par la sinistrose. Ce qui menace c’est une forme d’effritement continu de notre tissu économique avec, au bout du compte, une incapacité totale à pouvoir réamorcer notre appareil productif…

 Dans un pays sans industrie, on peut se demander à quoi serviront les services…Il n’y a pas d’autre alternative que de desserrer la contrainte budgétaire et de donner un autre sens à la construction européenne. Faute de quoi, évidemment, des Prix Nobel d’Economie préféreront donner des conseils à un Beppe Grillo qu’à des sociaux-démocrates « responsables »…

Sans croissance, pas d’avenir…

Au-delà de la dimension industrielle de l’alternative à bâtir, dimension essentielle mais pas suffisante, il s’agit de lancer un véritable plan qui favorise la consommation et la réorientation du stock d’épargne vers l’investissement productif. 

Ce plan signifierait évidemment une profonde réorientation de la politique gouvernementale et l’affirmation d’une parole forte en Europe. 

Commençons par lancer une politique qui permette aux ménages d’acquérir des biens de première nécessité à moindre coût. Une fiscalité moindre sur ces biens est nécessaire et urgente, elle peut contribuer à soulager des Français qui ont le sentiment que les fins de mois difficiles commencent toujours plus tôt. Relancer la consommation interne demeure une priorité.

 Pour compléter un tel dispositif, il faut favoriser, par un grand emprunt, la réorientation de notre épargne nationale. Il y a matière à créer de l’investissement. 

Mais il s’agit de déterminer les filières d’avenir, celles où cette épargne doit être transformée en investissement productif (biotechnologie, aéronautique et d’autres, déjà connues ou à mettre en avant). C’est cela le véritable sens d’une politique industrielle.

Réorienter l’Europe: vite!

Sur le plan politique aussi, il faut donc prendre la mesure de l’urgence. Ceux qui croient que la crise est derrière nous se trompent. L’Europe des marchés se délite sous la pression des discours politiques, suscitant des phénomènes de repli nationaliste ou de tentatives autonomistes. Il est temps que la France parle à l’Europe. Il est grand temps de lancer une alternative en Europe. 

Madame Merkel a quand même eu le loisir de contempler la chute de son poulain Mario Monti. Elle devrait aussi méditer la percée de Stronach en Autriche, au cœur du monde germanique, une percée qui doit beaucoup à la dénonciation de l’euro et des politiques d’austérité. Mais, depuis la Chancellerie, Madame Merkel semble détourner le regard.

José Manuel Barroso, recalé du suffrage universel dans son propre pays, clame ouvertement que les résultats des élections italiennes seront sans conséquence sur les orientations économiques de l’Union européenne. De quoi, on le comprend, réconcilier les peuples européens avec la construction européenne et ses institutions.

On aurait pu se saisir de la crise malienne pour démontrer que, quand la France veut, la France peut et ainsi créer le choc de confiance en Europe pour construire le gouvernement économique de l’Europe et imposer à l’Allemagne une alternative économique et politique dans l’Union européenne. 

À l’initiative au Mali, la France démontrait qu’en politique, la volonté peut beaucoup et, malgré les difficultés de cette guerre, que rien n’est jamais inéluctable dans l’histoire.

Cette alternative, il faut maintenant l’imposer. Le sursaut de la décision doit venir afin de donner une autre orientation au projet européen. L’essentiel, c’est de tourner la page de cette folle orthodoxie de la réduction comptable des déficits. 

On glosera à l’envie sur la monnaie, le taux de change, l’euro fort ou le dollar faible. On peut sans doute avoir raison, mais l’essentiel et l’urgent concernent la question budgétaire. Seule une rupture avec la spirale de l’austérité peut créer le choc de confiance qui peut ramener nos société sur le chemin du mieux.

Julien Dray, Conseiller régional d’Île de France, ancien député de l’Essonne

http://www.huffingtonpost.fr/julien-dray/julien-dray-austerite_b_2853722.html?utm_hp_ref=economie

Publié dans Y'en a marre de la crise | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de la fiscalité en France et surtout des réformes fiscales du gouvernement de Hollande

Posté par ippolito le 22 mars 2013

La magistrale leçon de fiscalité de l’OCDE à la France

Dans son diagnostic annuel, l’OCDE donne quelques bons points au gouvernement français mais tacle sévèrement le contenu de ses réformes Fiscales

Comment redresser nos finances publiques et relancer la croissance? 

Pierre Moscovici a reçu mardi 19 mars au matin, des mains d’Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, le diagnostic annuel de l’organisation internationale sur la France. 

Si le ministre de l’Economie peut se réjouir des quelques satisfecits accordés par l’OCDE à la France, le rapport contient également des critiques acerbes de l’action du gouvernement, notamment sur le plan fiscal, et un appel à passer la vitesse supérieure en matière de réformes.

Coté bonnes nouvelles, l’OCDE se range du coté de Paris dans ses négociations budgétaires avec Bruxelles. Contrairement aux faucons de la Commission qui veulent que la France affiche un déficit public « nettement en-dessous des 3% » en 2014, l’organisation soutient Pierre Moscovici :

  »Avec une croissance plus faible que celle prévue par le gouvernement et des conditions favorables de financement de la dette, il convient de laisser les stabilisateurs automatiques jouer à plein au prix de déficits publics plus élevés qu’envisagés ; ils s’établiraient alors à 3.5 % du PIB en 2013 et à 3.0 % en 2014. » Et l’OCDE de tacler Bruxelles en mettant en garde contre un excès de rigueur qui pourrait pénaliser la croissance.

La pression est mise sur les économies nécessaires

Les experts valident aussi le choix du gouvernement d’avoir commencé le redressement budgétaire en misant d’abord sur les impôts car les hausses de taxes produisent leurs effets plus rapidement.

  »Des hausses d’impôts peuvent aussi présenter l’avantage à court terme, relativement aux baisses des dépenses, de susciter de moindres résistances sociales à même de perturber les marchés de capitaux. » 

Mais ils soulignent qu’à moyen-terme il est préférable de réduire les dépenses, notamment compte tenu du niveau déjà très élevé des prélèvements obligatoires en France. De quoi mettre la pression sur le gouvernement en matière d’économies.

Surtout, l’OCDE tacle sévèrement le contenu de ses réformes fiscales à l’occasion d’une vaste revue de détail des impôts français. Certes, les experts jugent que notre système fiscal remplit très bien son rôle redistributif et a permis de mieux juguler les inégalités que dans la plupart des autres pays.

 Mais ils le trouvent trop complexe et estiment qu’il perturbe les choix des ménages et des entreprises au risque de pénaliser l’activité économique. Voici leurs principales recommandations…

Imposer tous les produits d’épargne de la même façon. L’OCDE critique vertement la décision de François Hollande d’aligner la taxation du capital sur celle du travail.

 Les experts s’alarment de la hausse considérable de la charge fiscale pesant sur les revenus financiers des contribuables aisés. Ils regrettent en particulier la trop forte taxation des dividendes, assujettis d’une part à l’impôt sur les sociétés et une taxe spécifique de 3% payés par les entreprises et d’autre part à l’impôt sur le revenu (même s’il existe un abattement de 40%) et aux prélèvements sociaux. 

Si l’on prend en compte l’inflation qui rogne le rendement du capital, le taux maximum d’imposition des dividendes flirte avec les 150% et dépasse même les 200% en rajoutant l’impôt sur la fortune ! 

« Si les taux sont trop élevés, ils peuvent susciter la fraude et l’évasion fiscales et décourager l’épargne et l’investissement », déplore l’OCDE.

Dans le même temps, le gouvernement n’a pas touché aux multiples niches fiscales qui bénéficient à certains produits d’épargne (assurance-vie, plan d’épargne en actions, livrets divers…) sans que cela ne corresponde à une véritable justification économique. 

« L’augmentation récente des plafonds du livret A et du livret de développqement durable accentue les distorsions existantes », ajoutent les experts qui suggèrent plutôt de supprimer les niches et d’appliquer un traitement fiscal similaire à tous les produits. Ils notent également que de nombreux pays ont opté pour des taux d’imposition du capital inférieurs à ceux sur les revenus du travail.

Renoncer à la taxe à 75%. C’est le second tacle sévère à l’encontre du gouvernement. Même si le rapport reste prudent, soulignant le manque de données fiables sur l’exil fiscal des hauts revenus, l’OCDE ne mâche pas ses mots sur la fameuse taxe à 75 % : 

« au-delà de l’effet négatif sur la capacité de la France à attirer des activités innovantes et à forte valeur ajoutée, elle n’aurait dégagé que des recettes faibles (0.02 % du PIB), voire nulles en suscitant l’émigration de certains contribuables très mobiles internationalement. 

» Plus généralement, les experts critiquent la tradition française à laquelle n’échappe pas François Hollande, qui consiste à avoir des taux d’imposition très élevés mais à multiplier les exemptions. En matière d’efficacité fiscale, mieux vaut faire simple : une base large et des taux faibles.

Individualiser l’impôt. L’OCDE propose une vraie révolution : mettre fin au sacro-saint quotient conjugal qui permet à un couple d’être imposé conjointement, le total des revenus étant divisé par le nombre de parts fiscales, en l’occurrence deux s’il n’a pas d’enfant.

 Selon l’OCDE, le quotient conjugal avantage indument les couples car la présence d’un second adulte ne double pas le coût de la vie en raison d’économies d’échelle (alimentation, logement…).

 Surtout, les études montrent que ce mode de calcul a tendance à dissuader certaines femmes de travailler dès lors que le mari et donc le ménage relève d’une tranche d’impôt élevé. C’est pourquoi une bonne partie des pays de l’OCDE ont opté pour une imposition individuelle.

Supprimer les avantages fiscaux des retraités. Les retraités bénéficient d’une CSG à taux réduit (6,6 % au lieu de 7,5 % pour les actifs), d’un abattement de 10 % sur l’assiette de l’impôt sur le revenu (au même titre que les salariés pour leurs frais professionnels !), ne payent pas de cotisations maladies et sont exonérés de tout ou partie des taxes d’habitation et foncières. 

Tous ces avantages incitent les seniors à partir plus tôt à la retraite et pénalisent leur niveau d’emploi. Il faudrait donc les supprimer quitte à relever le montant de la retraite minimum en compensation.

Réduire davantage les prélèvements sur le travail. L’OCDE accorde un bon point au gouvernement pour son Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE). Selon les calculs des experts, le CICE permettrait à la France de combler la moitié de l’écart de « coin fiscal » pesant sur le travail par rapport à la moyenne des pays étudiés. 

De quoi s’agit-il? Le « coin fiscal » représente la différence entre le cout salarial total (y compris les charges sociales patronales) et la rémunération nette après impôts que touche effectivement le salarié. Il est très élevé en France notamment en raison du poids des cotisations sociales payées par le salarié et l’employeur, qui atteignait, en 2010, près de 16% du PIB, un record au sein de l’OCDE. 

Malgré les progrès liés au CICE, l’organisation recommande donc de réduire encore plus le poids des charges pesant sur le travail et, à la place, de réduire les dépenses publiques ou d’augmenter les taxes environnementales et les droits de succession.

 http://www.challenges.fr/economie/20130318.CHA7328/fiscalite-impots-taxe-prelevements-sociaux-la-lecon-de-l-ocde-a-la-france-de-hollande.html

Publié dans Y'en a marre des impôts et des taxes | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de l’Europe et surtout de la commission européenne

Posté par ippolito le 19 mars 2013

Commission européenne : la France à l’amende de plusieurs milliards d’euros

Tandis que le Parlement européen s’apprête à rejeter l’accord budgétaire de février dernier, on apprend que la France va devoir payer 7 à 8 milliards à la Commission européenne.

Les transes budgétaires de Bercy ne sont pas près de se calmer. Selon des confidences de Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, révélées par Le Parisien, la France se prépare à régler une ardoise de plusieurs milliards d’euros à la Commission européenne.

Soit, environ 3 milliards d’euros en 2013, 3,55 milliards d’euros en 2014 et « un peu moins » en 2015 !

Ces sommes correspondent à plusieurs condamnations accumulées par la France auprès de Bruxelles, suite aux égarements fiscaux de Bercy, à commencer par celui concernant les OPCVM (Sicav et Fonds commun de placement).

Au printemps 2012, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que la législation française sur les OPCVM était une « entrave à la libre circulation des capitaux ».

Motif ? Les dividendes perçus par les Sicav et les FCP « étrangers » étaient taxés à 25 % alors que ceux perçus par leurs homologues tricolores échappaient à cette ponction.

La réponse de la justice européenne a finit par tomber, condamnant la France à une amende d’environ 5 milliards d’euros (avant négociation).
Autre dossier empoisonné : la taxe « Copé » de 0,9% sur le chiffre d’affaires des fournisseurs d’accès à Internet créée afin de permettre à France Télévisions de compenser la perte de recettes occasionnée par l’arrêt de la pub après 20h, une des rares promesses tenues de Nicolas Sarkozy.

Si cette mesure à joué comme un bonus pour les téléspectateurs, elle a en revanche été une malédiction pour les deniers de l’Etat.

Au printemps 2012, les députés Jacques Legendre et David Assouline chiffraient la dette de l’Etat à 950 millions d’euros pour la période 2009/2012. En y ajoutant 2013, la facture 2013 a finalement dépassé le milliard d’euros. Pour l’éviter, il aurait suffit que Paris se plie aux injonctions de la Commission Européenne. 

D’autres affaires, comme celle  du taux de TVA de 7% (services à la personne) que Paris va devoir rehausser à 19,6% sont en cours.

Manque de jugeote

Ce qu’il y a d’exaspérant, c’est que ces milliards d’argent public vont être gaspillés alors qu’un peu de jugeote aurait peut-être permis de limiter la casse.

Dans le cadre du dossier portant sur les OPVM, l’Etat a réalisé un joli gaspillage d’argent public en ignorant l’avertissement du Conseil d’Etat.
En 2009, ce dernier s’était déjà opposé à une mesure fiscale portant sur les fonds de pension étrangers, désavantagés par rapport aux produits d’épargne tricolores.

Montrée du doigt par les sages du Palais Royal, Bercy avait alors été contraint d’homogénéiser la taxation sur les dividendes d’Etat encaissés par les fonds de pension, français ou pas.

En adaptant, plus tard, le même type de discrimination fiscale avec les OPCVM, Bercy a pris un nouveau risque que la Cour de justice de l’Union européenne a sanctionné lourdement.

Lourdement, car la France devra payer des remboursements allant de 2004 à 2012, plus des intérêts de retard alors qu’en changeant son fusil d’épaule dès 2009, elle aurait réduit la note.

Le pire est sans doute à venir : parmi les raisons qui ont conduit les députés européens à voter le budget difficilement acquis par les 27 en février dernier, figure l’apurement des dettes, soit 16 milliards d’euros que les gouvernements de l’UE, dont la France, n’ont toujours pas réglées.

Pour deviner qui va combler ce trou, il suffit de coiffer sa casquette de contribuable en attendant de saisir un bulletin de vote !

http://www.lecri.fr/2013/03/12/europe-la-france-a-lamende-de-plusieurs-milliards-deuros/39300

Publié dans Y'en a marre de l'Europe | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de la rigueur et des impôts à venir …

Posté par ippolito le 19 mars 2013

Comment le gouvernement va économiser 15 milliards en 2014

L’effort exigé par Matignon au membres du gouvernement est sans précédent. Détails de l’addition.

Jean-Marc Ayrault. Le chef du gouvernement a envoyé à ses ministres le 8 mars, une lettre de cadrage prévoyant une baisse d’1,5 milliard dans les dépenses de l’Etat Sipa

Le gouvernement entre dans la phase budgétaire la plus délicate du quinquennat. Alors que Paris a obtenu un délai de Bruxelles pour ramener son déficit public sous les 3% du PIB (2014 au lieu de 2013), Matignon doit donner des gages de sérieux. 

Le 8 mars, Jean-Marc Ayrault a donc envoyé à ses ministres une lettre de cadrage prévoyant une baisse d’1,5 milliard d’euros en valeur absolue des dépenses de l’Etat en 2014 (hors intérêts de la dette et pensions). Effort sans précédent.

Certes, la loi de programmation des finances publiques, votée cet hiver, prévoyait déjà un effort de 10 milliards d’euros par an. Mais cela concernait l’ensemble des dépenses publiques, y compris celles des administrations sociales et locales. 

Pour tenir cet objectif en 2014, l’Etat devait lui-même stabiliser son budget. Compte tenu de la dérive spontanée de certains postes, cela demande d’économiser 10 milliards (un montant fortuitement équivalent à celui évoqué plus haut).

Or, depuis, le gouvernement a adopté le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qui doit être compensé par des économies sur les dépenses publiques (4 milliards d’euros dès l’année prochaine). 

C’est pour cela que Matignon a décidé 1,5 milliard de coupes supplémentaires dans le budget de l’Etat, le reste du financement du CICE étant à chercher du côté des organismes sociaux.

6 milliards d’impôts nouveaux à trouver

Dans sa lettre de cadrage, le Premier ministre demande aussi à son équipe de trouver 3,5 milliards d’euros, pour compenser strictement la progression des dépenses liées aux mesures récentes prises pour lutter contre la pauvreté et le chômage. 

Au total, c’est donc la bagatelle de 15 milliards d’euros que l’Etat va devoir économiser l’an prochain. Là encore, du jamais-vu.

Côté recettes, le gouvernement a promis de ne pas augmenter le niveau global des impôts (exception faite des 75%). Mais Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, a annoncé qu’il devra tout de même trouver 6 milliards supplémentaires pour compenser le moindre rendement de certains impôts, comme la taxe sur les transactions financières.

Enfin, Le Parisien a révélé que la France pourrait devoir rembourser jusqu’à 8 ou 9 milliards d’euros suite à des contentieux juridiques avec Bruxelles sur d’anciennes mesures, dont 3,5 milliards en 2014. Ces risques ont toutefois été anticipés dans la loi de programmation.

Reste que ces efforts pourraient ne pas suffire. Selon Bruxelles, la croissance du PIB ne dépasserait guère 1,2% en 2014. 

Le gouvernement, qui espérait 2%, devra donc revoir sa prévision à la baisse en avril, lors de la présentation de sa nouvelle trajectoire des finances publiques. Quitte, cette fois, à annoncer des coupes substantielles dans les prestations sociales.

http://www.challenges.fr/economie/20130315.CHA7289/depenses-publiques-impots-comment-le-gouvernement-va-economiser-15-milliards-en-2014.html

Publié dans Y'en a marre des impôts et des taxes | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de la situation de la France et surtout de l’immobilisme du gouvernement face à la crise

Posté par ippolito le 16 mars 2013

La France inquiète
  
Londres, le 14 mars, 2013

La reprise de confiance aura été de courte durée. La France inquiète de nouveau.

J’ai passé cette semaine dans la capitale britannique, et une bonne partie de ce temps dans la City. Les conversations avec les divers opérateurs, conseillers et investisseurs ont été, à plusieurs reprises, concentrées sur la situation de l’Europe.

La situation italienne est au centre des préoccupations pour des raisons essentiellement politiques. J’ai eu l’occasion d’exprimer dans ce blog les questions sérieuses que pose l’endettement italien et il est clair, comme Mario Draghi lui-même l’a dit, que les risques d’une crise financière grave ne peuvent être ignorés, si le pays devait retourner à des élections qui risqueraient de polariser encore plus la situation. Face à une crise de cette ampleur, les engagements de la BCE risquent de ne pas être d’un grand secours.

Ce qui m’a cependant frappé, ce sont les inquiétudes qui s’expriment de plus en plus ouvertement à propos de la France. Elles émanent d’interlocuteurs tant européens qu’asiatiques ou américains. Elles sont centrées sur plusieurs questions de fond.

L’absence de direction claire

Le déficit de leadership politique en France (tous partis réunis) est apparent, et il se traduit dans une communication qui traite de divers sujets, sans pour autant donner une indication de l’orientation stratégique. Les problèmes semblent se traiter au cas par cas, sans beaucoup de cohérence.

La visite du Ministre des Finances, Pierre Moscovici, à Londres le mois dernier n’a pas réussi à dissiper une impression confuse, voire cacophonique, de la communication émanant des autorités publiques. Il faut dire que sa persistance à ne pas vouloir procéder à de plus amples coupures budgétaires alimente cette confusion.

Qui plus est, la presse internationale se fait l’écho de déclarations dont on sent qu’elles sont à usage national, et politique.

La situation économique

Lors d’une émission économique sur la BBC lundi dernier, j’ai été interrogé sur les chiffres négatifs du secteur manufacturier, en baisse de 1,4 % au trimestre dernier (chiffres de l’INSEE).

Cette statistique a frappé dans la mesure où la Banque de France tente désespérément de croire à une croissance de 0,1 % pour 2013 alors que les candidats à la présidentielle prévoyaient 2 %.

Comme ces dernières années, les nouvelles en provenance de France ont souvent été moins bonnes que les prévisions, les investisseurs se méfient.

La combinaison d’un déficit budgétaire plus important que prévu et d’une croissance nulle, voire négative, pointe évidemment dans la direction d’une croissance de l’endettement.

L’absence de réformes et la position allemande

Les déclarations du patron de la Bundesbank, Jens Weidman, stigmatisant la catalepsie du programme de réformes, ne laissent pas beaucoup d’espoir d’une réduction des dépenses budgétaires. 

Il confirme les vues du représentant allemand, Jorgen Asmussen, qui pressait la France le mois dernier de prendre des mesures concrètes et mesurables. Le temps des discours est derrière nous.

La réaffirmation par la Chancelière Angela Merkel de la nécessaire austérité ce matin renforce ce qui apparaît à beaucoup d’observateurs comme un divorce croissant entre les deux pays qui dirigent l’Union Européenne, et singulièrement l’Eurozone. 

Le désaccord est profond et fondamental… Et pourtant, l’Europe doit apprendre à conjuguer croissance et discipline. Ce n’est pas impossible, mais demande du courage et de la transparence.

Comme le disent à la Une cette semaine trois magazines, il y a des gaspillages et des dépenses inutiles qui sont intolérables en période de crise, et dont l’élimination ne remet pas en cause pas le modèle social. 

La moyenne des estimations des instituts spécialisés, analysées par l’Expansion, se situe autour de 60 milliards d’euros dans cinq ans. Peut-être la crédibilité passe-t-elle d’abord par le nettoyage des dépenses publiques ? Il faut balayer devant sa porte avant de faire des reproches aux autres.

La Présidence française ou la langue de bois

Les déclarations présidentielles, parfois contradictoires, ne reflètent pas ce qui devrait relever de la communication de crise. La mieux à faire est de transformer la langue de bois en communication authentique. Il vaut mieux admettre les difficultés que les nier : l’opinion publique n’est pas dupe.

S’il est certain que l’état de la dette publique est un héritage des années passées, ce n’est pas en accusant un prédécesseur que l’on résoudra ce qui une situation actuelle inquiétante. A tout le moins, les grands rêves de bâtisseurs de cathédrales semblent ne pas avoir cours à l’Elysée, ce qui a été remarqué et notamment applaudi par Bloomberg.

Le moment est venu de communiquer à la France et au monde un plan de redressement pluriannuel qui ne soit pas basé sur des perspectives de reprise (cela fait trois ans qu’on la prévoit) mais sur un plan de redressement. On attend beaucoup de la présentation de ce plan pluriannuel par Bercy en avril. Ce sera un message crucial, et il devra être crédible.

Ce qui surprend parfois, c’est l’impression que l’urgence n’est pas là. Monsieur Moscovici a précisé que, dans le contexte actuel, il n’était pas nécessaire d’aller au-delà des mesures décidées en 2012. Le monde attend des actions, pas des mots. Tout est encore possible.

par georges ugeux

http://finance.blog.lemonde.fr/2013/03/14/la-france-inquiete/

Publié dans Y'en a marre des déficits et de la dette | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des marchés financiers et des bourses qui s’envolent

Posté par ippolito le 14 mars 2013

Malgré la crise, les bourses s’envolent : c’est quoi le truc ?

Petite question qui fâche : c’est la crise – partout, en France, en Europe, aux Etats-Unis… – et pourtant la Bourse se porte comme un charme. Comment est-ce possible ?

Petite question qui fâche : c’est la crise – partout, en France, en Europe, aux Etats-Unis… – et pourtant la Bourse se porte comme un charme. Comment est-ce possible ? 

Partout, on taille dans les dépenses publiques ; partout, on augmente les impôts pour désendetter les Etats, mais les cours de la bourse, eux, ont pratiquement retrouvé leur niveau d’avant le déclenchement de la Grande Crise de 2007-2008. 

A New York, le Dow Jones s’envole ; à Paris, la bourse a refait son retard. Partout, les dividendes coulent à flot. C’est quoi le truc ? 
  
Jeff Madrick, analyste au Roosevelt Intitute et auteur du livre « Le triomphe de la finance et le déclin de l’Amérique », offre ce matin dans les colonnes de « Libération », une explication iconoclaste, mais qui mérite qu’on s’y attarde. 

Résumons sa pensée : les marchés financiers ont le sourire parce que les profits des grandes entreprises sont très élevés – jusque-là, on comprend tout. 

Et si les multinationales dégagent des bénéfices aussi élevés malgré la crise, c’est qu’elles ont réussi à maintenir des niveaux de salaires très bas. 

Et ce, alors que tous les experts de la pensée économique dominante nous expliquent matin, midi et soir, que le problème, c’est la compétitivité, le coût trop élevé du travail. Bref que les salariés sont trop payés ! 
  
Jeff Madrick va même plus loin : il ne se contente pas de déplorer ce faible niveau de rémunération des salariés – quand les managers des mêmes multinationales, eux, continuent à se goinfrer dans des proportions qui confinent à l’impudeur. 

Il ne se contente pas de constater les dégâts récessionnistes que cette politique salariale provoque sur la consommation, principal moteur de la croissance. Il fustige aussi ces Etats, notamment en Europe, qui ont fait de la limite à 3% du déficit public, un dogme indépassable.

 « Une erreur tragique », dit-il. « L’austérité représente une terrible faillite intellectuelle, comme on a pu le voir en Grande-Bretagne, en France, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce ou en Irlande ». 

Et d’ajouter : « Dans vingt-cinq ou cinquante ans, ces politiques d’austérité apparaitront comme un âge noir de la pensée économique ». Tout simplement parce que ces politiques à courte vue ne font qu’ajouter de la crise à la crise, de la récession à la récession, du malheur au malheur. 
  
D’autant que les marchés financiers, malgré toutes les promesses, malgré toutes les lois, continuent à fonctionner comme si la crise n’avait pas eu lieu, comme si personne n’avait tiré les leçons des dérives de la finance folle. 

Ainsi, apprend-on, que la crise des subprimes n’a pas servi d’exemple, que les emprunts des étudiants américains, surendettés comme jamais, ont été titrisés par les établissements financiers comme le furent, hier, les emprunts immobiliers pourris. Avec les conséquences que l’on sait. 
  
Plus d’un Italien sur deux a voté pour Silvio Berlusconi et Pepe Grillo ; 500.000 personnes manifestaient le week-end dernier au Portugal ; les Grecs sont étranglés, les Espagnols, au bord de l’explosion ; les Chypriotes, à bout de souffle. Et les Français… 
  
On attend quoi au juste ? 

LAURENT NEUMANN 

http://www.marianne.net/Malgre-la-crise-les-bourses-s-envolent-c-est-quoi-le-truc_a227129.html

Publié dans Y'en a marre du CAC 40 | Pas de Commentaire »

1...34567...17
 

MesMots |
The World News Times |
Conserver notre cadre de vi... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Manger!...Manger!
| sauver mon exploitation
| PASSION OCEAN