Y’en a marre des magouilles des Balkany

Posté par ippolito le 11 octobre 2014

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L’enquête sur le patrimoine des époux Balkany s’est enrichie d’un nouveau scandale…

Patrick Balkany soupçonné d’avoir omis de déclarer 4 millions d’euros au fisc

Les époux Balkany n’ont pas fini d’entendre parler d’impôts.Selon M6, Patrick Balkany (UMP), maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) n’aurait pas déclaré au fisc près de 4 millions d’euros.

L’enquête ouverte pour corruption a rebondi avec le témoignage d’un industriel belge qui assure avoir versé en juin 2009 une commission de 5 millions de dollars (3,9 millions d’euros) au député-maire, qui ne l’aurait pas déclarée au fisc. Georges Forrest, qui a fait fortune dans les mines d’Afrique, a été entendu le 18 septembre dernier comme témoin assisté par le juge Renaud van Ruymbeke dans l’enquête pour blanchiment de fraude fiscale visant les époux Balkany.

Isabelle Balkany a déjà dû payer un million d’euros

Un dossier de plus contre les époux Balkany. Dans le cadre de cette information judiciaire, les juges Renaud van Ruymbeke et Patricia Simon avaient mis en examen fin mai Isabelle Balkany et Jean-Pierre Aubry pour blanchiment de fraude fiscale. L’épouse et première adjointe du maire de Levallois-Perret s’était également vu imposer une caution d’un million d’euros, qu’elle a contestée sans succès devant la cour d’appel avant de la payer.

http://www.20minutes.fr/paris/1458295-20141010-patrick-balkany-soupconne-avoir-omis-declarer-4-millions-euros-fisc

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Y’en a marre de Bygmalion et des magouilles de l’UMP

Posté par ippolito le 1 juin 2014

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Après l’affaire Bygmalion, Mediapart révèle que l’UMP aurait organisé des formations fantômes

Les affaires politico-financières se multiplient de façon vertigineuse. Après l’affaire des fausses factures de Bygmalion qui a abouti à la démission du président de l’UMP, Jean-François Copé, après l’affaire des détournements de fonds des sénateurs UMP, Mediapart révèle une troisième affaire : l’UMP aurait organisé des formations fantômes payées par des collectivités.

Plus de 500 000 euros de chiffres d’affaires par an

D’après Mediapart, « une association liée à l’UMP, l’Association nationale pour la démocratie locale (ANDL), chargée de former des bataillons d’élus locaux aux frais des collectivités, a pris l’habitude de gonfler artificiellement le nombre de présents à ses séances, pour mieux surfacturer aux conseils régionaux, généraux ou municipaux ».

Normalement, tout est très encadré : la loi oblige les assemblées territoriales à financer la formation des élus locaux et ces derniers ont la liberté de choisir leurs prestataires. C’est là qu’intervient l’Association nationale pour la démocratie locale (ANDL), la filiale « formation » de l’UMP dirigée par une proche de Jean-François Copé, la députée Michèle Tabarot. L’ANDL ? C’est une association dont le chiffre d’affaires est florissant : « 580 000 euros en 2011, puis 524 000 euros pour quelque 2 000 élus officiellement « coachés » en 2012″, détaille Mediapart.

Les élus ne viennent pas, mais l’ANDL encaisse quand même l’argent de la formation

D’après une source de Mediapart, depuis trois ans, l’ANDL aurait mis en place une astuce devenue « quasiment industrielle » : la facturation de formations à des élus absents. En clair, « l’ANDL vend une formation à telle ou telle collectivité pour un nombre élevé d’élus UMP, tout en sachant que certains n’y assisteront jamais. Complices, ces « absentéistes » signent quand même la feuille de présence, que l’ANDL est tenue de fournir aux services de la collectivité si elle veut encaisser l’intégralité du montant facturé », explique Mediapart.

Exemple de formations : « Tout savoir sur le budget »

Comment le système fonctionnait ? Mediapart a retrouvé la trace d’une formation intitulée « Tout savoir sur le budget » et qui s’est tenue en janvier 2011 à Laon (dans l’Aisne). Huit élus locaux étaient inscrits. Montant de la facture pour le conseil général de l’Aisne ? 3 997 euros, soit 571 euros par élu. Parmi ces élus, il y avait notamment Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de Jean-François Copé qui s’est illustré dans l’affaire Bygmalion.

Enfin, ça, c’était sur le papier. Car Lavrilleux, qui a signé la feuille d’émargement, n’est jamais venu à cette formation. Interrogé par Mediapart, il s’est justifié comme il a pu : « J’ai eu un empêchement professionnel, j’ai dû annuler le matin même. La formation était due de toutes façons, puisque je n’avais pas annulé dans les délais impartis ». Selon Mediapart, il aurait signé la feuille d’émargement plusieurs jours après ladite formation, ce qui pourrait être assimilé à un faux. S’agit-il d’un cas isolé ? Non, Mediapart a listé plusieurs formations fantômes où des élus étaient annoncés mais ne sont pas venus.

La justice a saisi des documents

Contactés par le site d’information, ni Michèle Tabarot ni le service communication de l’UMP n’ont souhaité répondre aux questions des journalistes. Il revient désormais à la justice de se pencher sur cette nouvelle affaire : dans le cadre de l’enquête préliminaire visant les comptes de l’UMP et ouverte pour « faux », « abus de biens sociaux » et « abus de confiance », des perquisitions ont déjà eu lieu dans les locaux de l’ANDL et des documents ont été saisis.

*** Source
- Mathilde Mathieu et Marine Turchi, « UMP : après les fausses factures, les formations fantômes », Mediapart, 29.05.2014

http://www.politique.net/2014053001-affaire-formations-fantomes-ump.htm

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Y’en a marre des Balkany

Posté par ippolito le 31 mai 2014

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Les Balkany bientôt SDF ?

Au programme des juges : levée de l’immunité de Patrick Balkany et saisie des biens du couple.

Avec une caution de 1 million d’euros à verser avant la fin juin, la fête ne fait que commencer pour Isabelle Balkany. Et pour son mari, Patrick, qui pourrait très bien vite voir arrivée une demande levée de son immunité parlementaire sur le bureau de l’Assemblée. Les juges anticorruption Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon ont mis Isabelle en examen pour blanchiment de fraude fiscale, le 22 mai.

Ils envisagent, en prime, de saisir tous les biens du couple, pour garantir le paiement d’éventuelles amendes et pénalités. Une loi votée… sous Sarkozy leur en donne la possibilité. La splendide villa Pamplemousse, sise dans l’île antillaise de Saint-Martin, pourrait être la première victime de cette rafle judiciaire. Ce nid douillet était officiellement propriété d’une société du Liechtenstein. Mais les juges ont appris que le véritable propriétaire n’était autre qu’Isabelle Balkany.

Bienfaiteur persécuté

La saisie de Dar Guycy, le grandiose palais de Marrakech découvert par « Le Canard », où le couple a l’habitude d’aller se prélasser, sera peut être plus délicate. Cette propriété pour mégalos est censée appartenir à une société panaméenne.

En fait, les enquêteurs ont établi qu’elle avait été achetée, via une fiducie suisse, par un certain Jean-Pierre Aubry. Ancien directeur de cabinet de Patrick Balkany, Aubry est aujourd’hui directeur général de la Semarelp, la société d’économie mixte municipale chargée des chantiers immobiliers de Levallois.

Mis à son tour en examen, l’ami obligeant se trouve dans la seringue. Soit il balance les véritables propriétaires, soit il prend tout sur lui, et risque de se voir condamné lourdement pour blanchiment de fraude fiscale. Dans ce cas, notre homme devra aussi expliquer au tribunal sous le sabot de quel cheval il a trouvé les 5,5 millions d’euros nécessaires à l’achat du gourbi Dar Guycy…

Les magistrats sont également sur la piste d’un magot encore plus gros, planqué à Singapour. C’est ce trésor qui aurait permis à Patrick et Isabelle Balkany de mener, entre les Antilles, le Maroc et leur moulin de Giverny, l’incroyable train de vie qui a stupéfait les enquêteurs.

Reste à savoir de quelle poche provient ce bel argent Au cours de sa garde à vue, la Thénardier de Levallois n’a cessé de répéter, avec sa gouaille habituelle, qu’elle avait acheté la villa Pamplemousse avec l’héritage de ses riches parents. Mais les juges ne sont pas convaincus. Selon leurs premières recherches, le produit de cette succession a été dépensé très rapidement, et il ne suffit pas à expliquer l’opulence du couple.

A tout hasard, d’autres investigations ont été lancées. Aussi bien sur les marchés publics passés à la mairie de Levallois que sur les périples africains de Patrick Balkany, qui est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire entre Areva et le président centrafricain dans le dossier uranium.

Avec un compteur Geiger et un détecteur de pognon…

http://resistanceinventerre.wordpress.com/2014/05/29/les-balkany-bientot-sdf/

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Y’en a marre de Bygmalion

Posté par ippolito le 30 mai 2014

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Bygmalion : un litige de 218 000 € avec la mairie de Saint-Maur

Dans ce qui pourrait être l’affaire Bygmalion du Val-de-Marne, le député-maire UMP de Saint-Maur entend bien obtenir des réponses. Sylvain Berrios a récemment écrit à Idéepole — filiale de la société au coeur du scandale qui a conduit à la démission du patron de l’UMP Jean-François Copé — pour qu’elle lui apporte des précisions sur le marché de communication conclu avec la ville en 2008.

La directrice de communication d’alors avait auparavant travaillé au cabinet du secrétaire d’Etat Jean-François Copé avec les fondateurs de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès. Deux ans plus tard, elle était partie travailler chez Bygmalion. Ce marché vient d’être dénoncé mais le maire, élu en mars, ne compte pas s’arrêter là.

Dans un courrier au ton incisif que nous nous sommes procuré, Sylvain Berrios écrit qu’Idéepole a procédé « à la facturation de prestations pour lesquelles nous ne disposons pas d’éléments nous permettant de les rattacher à son exécution normale ». Et de préciser en fin de cette lettre datée du 23 mai qu’il « souhaite disposer d’une réponse dans un délai de quinze jours ».

Un guide facturé deux fois, un autre non publié…

Sylvain Berrios y pointe du doigt une somme de 218 050 € hors taxe présumée litigieuse. Parmi ces prestations : des frais d’exécution en urgence systématique, des prestations de suivi et de conseil post-création, le guide de la ville facturé deux fois en 2009 puis 2010 ou un guide senior « non publié »…

Autant d’étrangetés relevées dès l’an dernier par une poignée d’élus dissidents de la majorité du maire DVD de l’époque Henri Plagnol. L’actuel premier élu de la ville Sylvain Berrios avait alors effectué un signalement auprès du procureur et, le 15 mars 2013, le parquet de Créteil ouvrait une enquête préliminaire pour des présomptions de favoritisme, détournement de fonds publics, prises illégales d’intérêt et faux et usage de faux. Les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance économique n’ont pour l’instant entendu personne dans cette affaire.

Reste que les signataires de ces factures pourraient être sommés de s’expliquer. Contactés, ni l’avocat de Bygmalion, ni l’ancien maire Henri Plagnol n’ont donné suite à nos sollicitations. Il y a quelques mois, ce dernier estimait à « 10 000 à 25 000 € » les dépenses ne correspondant à aucune publication. « On peut toujours optimiser la gestion mais de là à parler de fausses factures… C’est un mauvais procès », se défendait-il alors.

http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/bygmalion-un-litige-de-218-000-eur-avec-la-mairie-de-saint-maur-29-05-2014-3881083.php

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Y’en a marre de Jean François Copé

Posté par ippolito le 30 mai 2014

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Bygmalion : nouvelles charges contre Copé, « impliqué jusqu’au cou »

Alors que le bureau politique de l’UMP est parvenu à convaincre Jean-François Copé de quitter la présidence du parti, « Le Point » publie de nouvelles révélations.

Il y a eu les premières révélations du « Point » sur une affaire Bygmalion le 27 février. Puis celles de « Libération » le 15 mai dernier. Il y a eu les aveux de l’avocat de la société Bygmalion, Patrick Maisonneuve, lundi 26 mai à 17h. Puis ceux de Jérôme Lavrilleux le même jour à 19 heures. Mardi 27 mai, « Le Point » en remet une louche : l’hebdomadaire apporte de nouvelles précisions sur les ramifications entre Jean-François Copé, les « fausses factures » et la société de communication.

En creux, cette affirmation : Copé ne pouvait pas ne pas être au courant. Poussé à la démission ce matin par le bureau politique du principal parti d’opposition, « Le Point » affirme que le futur-ex-président de l’UMP est « impliqué jusqu’au cou dans le système Bygmalion [et] s’entête à nier l’évidence ».

Pas 11, mais 27 millions

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé, a nié toute malversation hier lors de sa confession sur BFMTV, même si « environ 11 millions d’euros de dépenses liées à la campagne [ont été] ventilées sur d’autres opérations », selon lui. Dans son édition à paraître le 28 mai « Le Point » parle d’une somme de 26,7 millions d’euros qui aurait été versée entre 2011 et 2012 par l’UMP à Event & Cie, filiale événementielle de Bygmalion.

Le magazine épluche les comptes de la société, détaillant les « 13 virements ». Il affirme que Jean-François Copé a menti lorsqu’il a contester avoir sponsorisé la start-up créée par deux de ses proches, Bastien Millot et Guy Alves. « En 2012, 95% des revenus d’Event [& Cie ont été] assurés par un seul et même client, l’UMP ! » argumente « Le Point ».

L’hebdomadaire estime par ailleurs que des « tarifs exorbitants » ont été versés à la société pour l’organisation d’événements, avec des prestations facturées en moyenne à 257.000 euros, dont de nombreuses « conventions bidon » – qui n’auraient, donc, jamais existé. Hier, Jérôme Lavrilleux a parlé de « dérapage sur le nombre – non pas sur la valeur – mais sur le nombre d’événements qui ont été organisés dans le cadre de cette campagne » nécessitant du coup de les facturer à l’UMP.

Un système de rétrocommissions complexe

Bygmalion ? « Un drôle d’alambic qui redistille l’argent touché par l’UMP » affirme le magazine, qui parle de « myriade de sous-traitants » permettant d’éparpiller les versements du parti pour les redistribuer en douce.

Il cite l’exemple d’une société, Léni, spécialisée dans le son et la vidéo, qui a empoché quatre millions d’euros pendant la campagne de Nicolas Sarkozy. Quatre millions, directement versés par la filiale événementielle de Bygmalion. Un certain Jo Alet, « sexagénaire haut en couleur » et déjà condamné à de la prison pour « escroquerie », aurait participé à la campagne de Nicolas Sarkozy pour la société Léni. S’il affirme ne jamais avoir été payé, sa compagne, elle aurait touché via sa société « 1,2 millions d’euros d’un mystérieux client ».

Jean-François Copé, bientôt cantonné à son mandat de député-maire de Meaux, serait actionnaire de la société Léni selon l’hebdomadaire, de même que l’UMP et homme d’affaire Charles Beigbeder, qui y a fait entrer son fonds d’investissement.

Le magazine détaille les interconnexions, les « sociétés éphémères » créés dans des paradis fiscaux. L’argent qui revient, qui repart, et qui permet parfois d’éviter que les magouilles se retrouvent sur la place publique. Comme lorsque Sébastien Borivent, chargé des finances de Bygmalion, quitte la société en 2012 aidé par le versement de 130.000 euros. « Le prix de son silence ? », s’interroge « Le Point ».

Copé savait

L’hebdomadaire l’admet : « Sans un décodeur, difficile [...] de s’y retrouver dans la nébuleuse Bygmalion. » Sur la fin de l’enquête, « Le Point » charge le président de l’UMP, et, pour l’occasion, renomme l’affaire « Copé-Bygmalion ».

Alors qu’il était ministre du Budget, Jean-François Copé aurait entretenu des liens avec Emmanuel Limido, banquier aux côtés duquel il aurait négocié la vente en 2007 d’un centre de conférence en France à des Qatariens. Une affaire qui « intéresse aujourd’hui les policiers chargés de l’enquête sur les comptes de l’UMP », selon « Le Point ».

D’autant que l’ex-conseiller de Jean-François Copé et actuel PDG de Bygmalion, aurait travaillé pour Emmanuel Limido. Ce dernier détiendrait 45% de la société au travers d’une SARL luxembourgeoise, et aurait créé un fonds d’investissement avec « le frère cadet » de Jean-François Copé. Bref, tout un petit monde interconnecté.

Au vu des relations étroites entre Jean-François Copé et les protagonistes de Bygmalion, « Le Point » affirme sans ambages que le président de l’UMP est « impliqué jusqu’au cou », et que « pour sauver sa tête », il aurait délibérément lâché son bras droit, Jérôme Lavrilleux.

Facile, en effet, de se dédouaner de toute responsabilité, lorsque ce sont les signatures de son directeur de cabinet qui apparaissent sur tous les « ordres de décaissement » du parti.

C.Q. – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140527.OBS8602/bygmalion-nouvelles-charges-contre-cope-implique-jusqu-au-cou.html

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Y’en a marre des magouilles de l’UMP

Posté par ippolito le 28 mai 2014

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Fausses factures, Bygmalion, Sarkozy : le grand déballage

L’avocat de la société de communication affirme qu’un système de «vraies-fausses factures» aurait abondé les caisses de campagne de l’ex-président. Un proche de Copé confirme.

«L’affaire Bygmalion» relancée par Libération mi-mai a connu coup sur coup, ce lundi, deux stupéfiants rebondissements. Après les révélations de notre journal concernant la facturation à prix d’or par l’UMP, de conventions souvent introuvables au bénéfice de Bygmalion, l’avocat de la boîte de com a livré sa version. Et a reconnu l’existence d’un système de fausses factures, dont le montant total – «plus de dix millions d’euros» – aurait servi à éponger les dépenses de la campagne présidentielle de l’ex-chef de l’Etat. Me Patrick Maisonneuve a clairement chargé l’UMP, affirmant que c’est «à la demande» du parti que la société a dressé l’ardoise de conventions fantômes.

Second coup de théâtre quelques heures plus tard. Invité de BFMTV, Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de Jean-François Copé, a confirmé ce récit et a tout avoué, la gorge serrée. «Il y a eu un dérapage sur le nombre d’événements organisés dans le cadre de cette campagne présidentielle, je prends ma part de responsabilité. Il y a eu un engrenage irrésistible, je n’ai pas eu le courage de dire : « on en fait trop, on va dans le mur »», a-t-il reconnu, tout en dédouanant Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé. Explications.

L’avocat de Bygmalion avoue de «vraies fausses…par liberation

BYGMALION, C’EST QUOI ?

L’entreprise Bygmalion a été rachetée en 2008 par Guy Alvès et Bastien Millot, deux très proches et ex-collaborateurs de Jean-François Copé. Très vite, le député de Seine-et-Marne, patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale, confie d’importants contrats, sans appel d’offres, à Event & Cie, filiale de Bygmalion chargée de l’événementiel. En l’occurrence, des opérations de communication, de formation des élus ou encore de création de sites web.

DE QUELLES FACTURES PARLE-T-ON ?

Entre janvier et juin 2012, l’UMP a payé dix-huit millions d’euros à la filiale de Bygmalion pour l’organisation de plusieurs événements. Parmi eux, 70 conventions thématiques – sur les retraites, le terrorisme, l’accès au crédit…-, et des dépenses de nourriture, de vidéo, de traduction ou encore de sonorisation.

Problème : comme l’a révélé Libération, ces événements n’ont laissé aucune trace ni dans les médias, ni même dans la mémoire des cadres du parti censés les avoir animées. D’où des soupçons de manipulation financière, et d’utilisation frauduleuse de ces sommes – par exemple au profit de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, dont il était déjà avéré qu’elle a dépassé le plafond des dépenses autorisées; ou au service des ambitions personnelles de Jean-François Copé.

QUE DIT BYGMALION ?

L’avocat de Bygmalion nie l’enrichissement de Copé, «ni à titre personnel, ni politiquement». En revanche, sa conférence de presse est accablante pour Sarkozy. Expliquant que ses clients en ont «gros sur le cœur», celui-ci a confirmé l’existence d’un système de fausses factures, pour un montant total de «plus de dix millions d’euros».

Ces sommes auraient en réalité financé de manière occulte la campagne présidentielle du président sortant. «Ce qui a été facturé sous le libellé « conventions », ce sont les meetings de campagne de Nicolas Sarkozy», a expliqué l’avocat, jugeant que «l’affaire Bygmalion», c’est «l’affaire des comptes de campagne» de l’ex-président. Selon Patrick Maisonneuve, Bygmalion se serait vu «imposer» ce schéma litigieux : «On leur a demandé de procéder comme cela, c’était un chantage économique […] On leur a dit que soit ils faisaient des fausses factures, soit ils n’étaient pas payés.»

QUE DIT LAVRILLEUX?

Connu pour être un animal politique à sang froid, Lavrilleux s’est livré lundi à un incroyable mea culpa. Voix cassée par l’émotion, les yeux rougis. Celui qui fut directeur adjoint de la campagne présidentielle a admis, sur BFMTV ce soir, qu’une partie des dépenses liées aux meetings du candidat UMP de 2012, au lieu d’être intégrée dans les comptes de campagne, a été «absorbée par l’UMP» sous couvert de conventions plus ou moins fictives.

Cette manipulation est due, selon lui, à une «dérive des dépenses» pendant la présidentielle. «Une manière de ventiler une partie des dépenses de campagne», justifie Lavrilleux. Au lieu de la «dizaine de meetings modestes et des deux ou trois grands meetings prévus» au départ, ce sont «44 ou 45 meetings importants» qui ont finalement été organisés. «Pour moi, il y a eu derrière toutes les dépenses dont on parle, des prestations réelles» de Bygmalion, se défend Lavrilleux, élu dimanche eurodéputé dans le Nord. Qui martèle tout au long de cette interview-confession qu’il n’y a eu «aucune malversation ni enrichissement personnel». Le directeur de cabinet de Copé assure par ailleurs que ni le patron du parti ni l’ex-Président n’étaient informés. «Mon travail de directeur de cabinet, c’est de protéger mon patron», explique-t-il les larmes aux yeux.

QUELLE EST LA LIGNE DE DÉFENSE DE COPÉ?

C’est aussi la version à laquelle se tient le patron de l’UMP: l’affaire des facturations de conventions bidons se serait tramée dans son dos. Il n’en savait «rien du tout», jure-t-il. Après avoir crié au complot de la presse contre l’UMP à l’approche des européennes, il raconte avoir finalement eu «des doutes» et a commandé un rapport à la direction générale du parti. Au bureau de politique de mardi qui réunira une quarantaine de responsables UMP et promet une franche explication, Copé a promis de donner «tous les éléments chiffrés dont (il a) connaissance» et martèle sa promesse de transparence.

L’avocat de Bygmalion décharge Copé. C’est déjà ça. Il est néanmoins difficile de croire que le patron de l’UMP n’a rien su de ces fausses factures tant les acteurs de l’affaire lui sont proches: Eric Cesari, directeur général du parti, et le fidèle Jérôme Lavrilleux, premier des Copé boys. «Je faisais confiance par définition aux gens dont c’est le métier, je n’avais pas vocation à repasser derrière», a-t-il répété ces derniers jours. C’était avant les révélations de l’avocat de la société Bygmalion qui mouille encore davantage la direction du parti.

QUEL IMPACT SUR LES COMPTES DE CAMPAGNE DE NICOLAS SARKOZY ?

L’ancien président de la République avait déjà été épinglé par le Conseil constitutionnel, qui avait confirmé le rejet des comptes de sa campagne présidentielle de 2012. En cause : la réintégration dans le calcul de 1,5 million d’euros de dépenses diverses, que l’UMP avait omis de mentionner. Résultat : le plafond des dépenses autorisées pour une campagne (22,5 millions d’euros) avait été dépassé de 466 118 euros. L’enjeu était considérable pour l’UMP, puisqu’un parti ne peut prétendre au remboursement public de la moitié de ses frais (11 millions d’euros dans le cas présent) que si ses comptes sont validés.

L’affaire avait donné lieu à l’épisode de la «souscription nationale» pour renflouer les caisses du parti et que «vive la démocratie», selon Jean-François Copé. L’affaire Bygmalion offre un nouvel éclairage sur ce dossier : en camouflant des dépenses de campagne derrière des conventions bidons, l’UMP pourrait avoir fait exploser le plafond légal dans des proportions bien plus importantes. Une enquête préliminaire a été ouverte pour faux et abus de confiance. Elle a déjà donné lieu à trois convocations. Dur d’imaginer que les responsables de Bygmalion pourront y échapper, tout comme ceux de l’UMP chargés de l’organisation de la campagne 2012.

Laure EQUY, Sylvain MOUILLARD et Dominique ALBERTINI

http://www.liberation.fr/politiques/2014/05/26/fausses-factures-de-l-affaire-bygmalion-a-l-affaire-sarkozy_1027408

 

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