Y’en a marre des politiques

Posté par ippolito le 22 avril 2012

L’argent des politiques

Voilà près de vingt ans que des mesures ont été prises pour moraliser le financement de la vie politique. Malgré des progrès évidents, force est de constater qu’il subsiste bien des trous dans les mailles du filet.

 Ce n’est pas en France que l’on verrait l’hécatombe qui a frappé la classe politique anglaise. Le scandale des notes de frais a décimé une partie des élus de Sa Gracieuse Majesté. Des ministres ont démissionné, des députés ont renoncé à briguer un nouveau mandat, le speaker de la Chambre des communes a cédé la place. Tout cela pour avoir fait supporter au contribuable, qui l’achat de nourriture pour chats, qui l’acquisition d’un robinet de salle de bains, qui la construction d’une piscine dans une résidence secondaire. Les indélicats ont dû rembourser.

 Pareille occurrence en France est inconcevable, l’utilisation des notes de frais, qui permettent aux élus d’améliorer leur standing, n’étant pas contrôlée. Et quand des abus sont constatés, c’est au hasard d’une enquête judiciaire ouverte pour un autre objet.

 C’est ainsi que les policiers découvrirent que l’ex-président du conseil général de l’Essonne Xavier Dugoin avait fait acheter une cave de vins fins sur les comptes du département avant que son fils ne la revende. Malgré les serments sur la transparence, le coût de la vie publique reste un maquis. Cependant, depuis 1993, l’Assemblée nationale publie en juin les comptes détaillés de son exercice financier. Récemment, le Sénat a suivi l’exemple, timidement.

Pour savoir combien touchent les élus, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. A cause du cumul des mandats qui favorise le cumul des indemnités et des avantages en nature (logement et voiture de fonction, assistants et secrétaires, et parfois personnel de maison, sans compter les photocopies, les gommes et les crayons achetés sur les fonds publics).

Un député de base, n’ayant pas d’autre mandat électif, reçoit tous les mois plus de 20 000 euros. Cette somme inclut une indemnité de fonction de 5 219,17 euros, la seule soumise à impôt, une autre de 9 021 euros pour rémunérer ses collaborateurs. La règle est de ne pas les payer au-dessous du smic et, pour ceux qui salarient un membre de la famille, comme Michel Charasse à Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme) ou Eric Raoult au Raincy (Seine-Saint-Denis), il y a un plafond à ne pas dépasser.

 Combien sont-ils à pratiquer le népotisme ? Les députés seraient 15 % à employer un conjoint ou un enfant, et les sénateurs, 30 %. « S i on a des parents compétents, pourquoi s’interdirait-on de le faire ? » demande la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, dont le conseiller parlementaire n’est autre que son fils Pierre.

Pour leurs frais (voiture, permanence, réception), les députés perçoivent une « indemnité représentative de frais de mandat » (IRFM), de 5 838 euros. Cette IRFM a connu deux augmentations, une première fois en 1993, afin de compenser la fiscalisation de la totalité du traitement des élus de la nation, jusqu’alors très peu imposables, et lors de l’instauration de la contribution sociale généralisée (CSG). Ils ne voulaient pas supporter une perte de leur pouvoir d’achat.

Avec une même enveloppe de frais forfaitaires pour lesquels il n’est pas besoin de produire de justificatifs, les sénateurs sont aussi bien lotis. Quelle que soit l’assemblée à laquelle ils appartiennent, les parlementaires bénéficient en outre des transports gratuits à la SNCF comme à la RATP, et de huit allers/retours en avion en métropole sur les lignes d’Air France.

 Outre la possibilité de contracter des prêts immobiliers à des taux défiant toute concurrence, ils peuvent aussi se faire rembourser sur facture jusqu’à 15 000 euros d’équipement informatique pendant la durée de leur mandat ainsi que 3 000 à 5 000 euros de notes de taxi et autant en appels téléphoniques. Une fleur supplémentaire est accordée aux sénateurs, qui ont droit à cinq lignes de téléphone, portable compris.

Autre passe-droit, cette fois pour les époux ou épouses des représentants de la nation : ils ont droit à une réduction de 50 % sur les billets de la SNCF. Pour cela, la condition matrimoniale suffit.

Qu’un député dispose d’une enveloppe de frais considérable pour parcourir sa circonscription peut se comprendre. En matière de dépenses, rares, cependant, sont ceux à jouer cartes sur table. Cet été, 5 députés de gauche sur les 577 s’y sont employés. 

Dans l’ordre : René Dosière (Aisne), Jean-Jacques Urvoas (Finistère), Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire), Régis Juanico (Loire, trésorier du PS) et George Pau-Langevin (Paris). « Si je ne dépensais pas, qui ferait le travail à ma place ? » interroge René Dosière, le premier à avoir passé au crible les budgets de l’Elysée sous l’ère Chirac. 

« La suspicion est causée par l’existence de parlementaires cumulards », estime le député de l’Aisne. Pour lui, le problème vient non pas des députés à plein temps, mais des « députés à temps partiel », qui cumulent les mandats locaux d’un bon rapport financier-et les présidences des syndicats intercommunaux. 

Certains vont même jusqu’à déléguer à un collaborateur payé, par exemple par un conseil général, le travail parlementaire, aucun texte n’interdisant ces pratiques. Il y a des départements (Aisne, Isère, Loire…) où, plutôt que d’ouvrir une permanence électorale et d’embaucher un assistant, ces élus locaux, près de leurs sous, font supporter les dépenses à la collectivité. 

Idem pour les notes de restaurant. Les factures sont intégrées à la ligne « dépenses alimentaires et cantine » du budget. Un président de conseil général n’agit pas autrement lorsqu’il convie 20 ou 30 personnes à dîner dans ses appartements de fonction.

 L’utilisation des voitures de fonction procède du même mécanisme. L’opposition pourrait jouer son rôle. Ce qui est fort rare. C’est ainsi que les avantages en nature perdurent sans guère de contrôles que ceux opérés par les magistrats financiers des chambres régionales des comptes. Mais voilà que celles-ci sont menacées dans leur existence 

Dans les collectivités locales, les seules données éloquentes sont les montants des indemnités qui sont revalorisées une ou deux fois par an, la dernière en date remontant au 1er juillet. Les barèmes s’échelonnent selon l’importance de la ville, du canton ou de la région. Un maire d’une ville de moins de 500 habitants touche 641,11 euros par mois et celui d’une ville de 100 000 habitants et plus 5 468,30 euros. A ces sommes s’ajoutent les frais divers et autres avantages en nature pris en charge par la collectivité et non soumis à l’impôt. 

Même chose pour les conseillers généraux et régionaux, dont les indemnités vont de 1 508,50 à 2 639,87 euros. Mais un maire d’une ville moyenne qui cumule son indemnité municipale avec celle de conseiller général ou régional peut empocher plus de 4 000 euros.

 « Quand on sait que le revenu moyen d’un fonctionnaire ou d’un salarié du privé est de 2 000 euros, par comparaison, celui d’un élu peut atteindre 5 000 euros et parfois 8 000 », souligne-t-on à l’Assemblée nationale. Et cela sans compter, on l’a vu, les frais de personnel et de vie courante qui lui sont versés.

Un élu « réglo » : eric woerth

Plus de 80 % des élus cumulent. Ils perçoivent donc le montant maximal des indemnités, plafonné à 8 206,23 euros par mois depuis le 1er juillet et dont les premiers 961,66 euros sont exonérés d’impôt, officiellement, pour ne pas pénaliser les maires des petites communes. Un système d’écrêtement les oblige à reverser le trop-plein à des collaborateurs. Un Gérard Collomb, maire de Lyon, président du Grand Lyon et député, ou un Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, vice-président du Sénat et de la communauté urbaine de sa ville, n’y échappent pas. Pour avoir perçu pendant quinze mois 13 000 euros de trop, le président du Sénat, Gérard Larcher, par ailleurs maire de Rambouillet, a été visé le 15 juin par une plainte de son principal opposant municipal. Le parquet de Versailles s’est empressé de classer le dossier, Larcher ayant commencé à rembourser le trop-perçu.

 Pour les membres du gouvernement qui cumulent et dont les frais sont pris en charge par l’Etat, le plafond est fixé à une fois et demie le traitement ministériel, soit 21 000 euros par mois. Avec plus de 18 000 euros par mois, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée du Développement de l’économie numérique mais aussi maire de Longjumeau (Essonne) et conseillère régionale d’Ile-de-France, reste dans les limites. De même que Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, président du conseil général de Charente-Maritime et adjoint au maire de Saint-Georges-de-Didonne (19 298 euros). 

En revanche, avec leurs 23 000 euros, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice, maire de Mulhouse (Haut-Rhin) et président délégué de la communauté d’agglomération, et Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense, maire de Toulon (Var) et président de la communauté d’agglomération, sont soumis à la règle de l’écrêtement. 

Au sein du gouvernement, Eric Woerth, ministre du Budget et maire de Chantilly (Oise), est réputé pour ne pas toucher à son indemnité d’élu local. Ayant déclaré son appartement de fonction comme « avantage en nature », on le dit « réglo ».

Ces dernières années, une structure locale a explosé : l’intercommunalité. Afin de favoriser le regroupement des communes, elle s’est accompagnée d’une indemnité très attractive pour ses membres, élus locaux par ailleurs. Ils sont parfois 80 par assemblée. 

Les vice-présidents (2 050,43 euros par mois d’indemnité) se sont multipliés. Metz en compte 48. A l’heure où Nicolas Sarkozy veut simplifier le « mille-feuille administratif », la tâche est loin d’aller de soi

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-10-01/l-argent-des-politiques/917/0/381920

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Y’en a marre de nos élus

Posté par ippolito le 22 avril 2012

Élus : l’austérité, c’est bon pour les autres !

La France détient le record mondial d’élus au mètre carré : on en dénombre 601 132.

Nos élus sont également les recordmen des cumuls qui permettent d’accroître leur rémunération.

Pas tous : nombre de maires de petites communes – ne cumulant pas de mandats – se dépensent sans compter pour leurs administrés tout en ne percevant que de modestes rétributions pour cela. Il faut saluer leur dévouement.

Nos élus sont dans leur rôle quand ils nous appellent à l’effort et à la rigueur pour faire face à la crise économique. Mais, quand on lance des appels à la vertu, il faut montrer soi-même l’exemple. Et on en est loin …

Aujourd’hui, le Sénat vient de rater  à nouveau l’occasion de se mettre en phase avec l’opinion publique. La Haute Assemblée a rejeté deux amendements visant à un meilleur contrôle des dépenses des élus.

Notre classe politique est loin d’être la plus intègre du monde. Son renouvellement est nécessaire. Un des moyens d’y parvenir est de ne pas faciliter la permanence des élus en limitant le nombre de mandats dans le temps. Chez nombre de nos voisins, la politique n’est pas une carrière.

Il est bien connu qu’au premier mandat on apprend, qu’au deuxième on réalise, et qu’à partir du troisième on s’installe, avec des risques de corruption et de clientélisme.

Des élus locaux jusqu’au président de la République en passant par les parlementaires, les privilèges abondent. Les salaires sont confortables. Le montant global des indemnités perçues par les élus locaux s’élevait à 1,461 milliard d’euros en 2007 (10 % de plus en trois ans).

Mais il y a aussi les « compléments », soigneusement cachés au public. Les avantages en nature foisonnent : logements de fonction parfois somptueux, voitures de prestige…

Les « à-côtés » adoucissent la vie : notes de frais souvent impressionnantes (voir le cas du sénateur Pastor) , voyages d’agrément déguisés en missions d’étude, restaurants et hôtels de luxe, cagnottes…

Sans compter les facilités – légales et illégales – qu’offre la fonction élective : employer des proches dans son cabinet, faire avoir une commande à l’entreprise d’un ami, rendre constructible un territoire où l’on possède un lopin… Le régime de retraite des élus n’est pas l’un de leurs moindres avantages.

Élus, écoutez les contribuables,  qui sont vos électeurs : abolissez vos privilèges!

http://www.lecri.fr/2011/07/11/elus-l’austerite-c’est-bon-pour-les-autres/24319

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Y’en a marre des magouilles

Posté par ippolito le 20 avril 2012

Karachi : les 10 millions de la campagne Balladur retrouvés ?

Selon Mediapart, ils proviendraient bien de la vente de frégates à l’Arabie via un compte en Suisse, et non de la vente de t-shirts à l’effigie du candidat.

Le juge Renaud Van Ruymbeke aurait enfin trouvé l’origine des fameux dix millions en espèces versés sur le compte de campagne d’Edouard Balladur pour la présidentielle de 1995, révèle Mediapart vendredi 23 mars.

 L’ex-candidat a toujours expliqué ce versement, qui a failli empêcher la validation de ses comptes par le Conseil constitutionnel, par la vente de tshirts et de gadgets ou par des dons de sympathisants.

Selon le site d’information, des interrogatoires menés par le procureur de Genève Jean-Bernard Schmid en présence du juge d’instruction français auraient permis de trouver la trace d’un retrait de dix millions d’euros en avril 1995 à la banque SCS Alliance de Genève, « sur un compte de transit utilisé par les marchands d’armes ». 

L’argent provenant directement de commissions liées à la vente de frégates à l’Arabie saoudite via le contrat Sawari II, dans lequel Ziad Takieddine a joué le rôle d’intermédiaire.

Le 26 avril 1995, l’équipe d’Édouard Balladur verse précisément une somme du même montant sur le compte de campagne du candidat au Crédit du Nord.

Les juges continuent à enquêter sur le versement de rétrocommissions en marge des contrats Agosta et Sawari II, qui auraient pu alimenter le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. 

Nicolas Bazire, directeur de cabinet d’Edouard Balladur à l’époque, et Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller au ministère de la Défense, ont tous deux été mis en examen pour complicité d’abus de biens sociaux pour leur rôle dans ce volet financier de l’affaire Karachi.

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120323.OBS4476/affaire-karachi-les-10-millions-d-euros-de-la-campagne-balladur-retrouves.html

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Y’en a marre des magouilles

Posté par ippolito le 29 mars 2012

Bettencourt : enquête sur 30 ans d’arrangements fiscaux

Liliane Bettencourt possédait des biens largement sous-évalués, comme une villa aux Baléares déclarée trente fois moins que sa valeur réelle. Comment a-t-elle échappé au fisc ? 
  
Liliane Bettencourt appartient à cette catégorie de Français qui peut discuter de son taux d’imposition avec l’Etat. En 1981, déjà, elle avait envoyé son mari se plaindre auprès de François Mitterrand qui s’apprêtait à instaurer l’impôt sur les grandes fortunes. « Franchement, Liliane et toi vous avez quand même de quoi manger… », avait grogné le président, qui accepta d’exonérer l’outil de travail de l’IGF, comme le réclamait André, son vieil ami des années de guerre.

Aujourd’hui, encore, les choses se sont faites en douceur. De juillet à décembre 2010, l’avocat Pascal Wilhelm a fait des allers-retours entre l’hôtel particulier de Neuilly et l’administration fiscale. Désormais, à Bercy, on assure que « tout est sous contrôle ». Comme s’il fallait se faire pardonner.

« Pendant quinze ans, jamais un inspecteur des Impôts n’a mis un pied chez Liliane », dit Claire Thibout. L’ex-comptable des Bettencourt a longtemps guetté : les patrimoines supérieurs à 3 millions d’euros ne sont-ils pas théoriquement soumis à un examen approfondi tous les trois ans ? Mais rien n’est jamais venu, excepté des « contrôles sur pièces », exercés depuis leur bureau par les agents du fisc.

Ainsi, il aura fallu attendre 2010 pour que l’administration des Impôts réalise que la villégiature de campagne de Liliane Bettencourt à l’Arcouest, en Bretagne, ne valait pas 1,07 million d’euros, comme l’indiquait sa déclaration d’ISF, mais 3,2 millions. La propriété (25 pièces, maison de maître et dépendances, piscine, tennis) a fait l’objet de maints reportages et n’importe quel agent immobilier des Côtes-d’Armor pouvait en indiquer le prix.

Idem pour la villa de Formentor aux Baléares (275m2 habitables, 2.000m2 de terrain) réévaluée à 9,9 millions, alors qu’elle avait été jusqu’alors déclarée pour… 310.500 euros. Anecdotiques, ces petits arrangements, au regard des millions évaporés hors frontières ? Ou révélateurs de la mansuétude dont a bénéficié la famille Bettencourt ?

Bien avant la divulgation des enregistrements clandestins réalisés par le majordome de Liliane Bettencourt, le procureur de Nanterre Philippe Courroye, qui enquêtait sur les mirifiques dons de la milliardaire à François-Marie Banier, avait averti Bercy d’une éventuelle fraude. Eric Woerth en est alors informé. Banier subit un contrôle, mais sa généreuse bienfaitrice ne suscite pas la moindre curiosité du ministre [...] Un an et demi plus tard, au plus fort du scandale, Eric Woerth est soupçonné d’avoir voulu protéger celle qui employait son épouse et qui n’a jamais caché son soutien à Nicolas Sarkozy…

Marie-France Etchegoin – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20111130.OBS5696/bettencourt-enquete-sur-30-ans-d-arrangements-fiscaux.html

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Y’en a marre des faux préfets

Posté par ippolito le 16 mars 2012

Ils n’ont jamais été préfets, mais ils en touchent la retraite

Des dizaines de hauts fonctionnaires ont le titre de préfets alors qu’ils ne le sont pas. Un copinage politique qui leur permet notamment de toucher une retraite de préfet. Parmi eux, Michel Vauzelle et Michel Delebarre.

Parmi ces préfets fantômes, les députés et anciens ministres de François Mitterrand, Michel Vauzelle (photo), 66 ans, et Michel Delebarre, 65 ans SIPA

C’est un scandale français, un de ces abus qui alimentent la rancœur des citoyens contre les politiques. Un de ces arrangements entre amis que l’on cache soigneusement au citoyen, mais qui coûte cher au contribuable. 

Certains de nos hommes politiques et certains hauts fonctionnaires ont été nommés préfets par nos présidents de la République successifs, ils bénéficient d’avantages liés à cette fonction… mais ils n’en ont jamais exercé la moindre fonction. Parmi ces préfets fantômes, figurent deux stars de la politique, les députés et anciens ministres de François Mitterrand, Michel Vauzelle, 66 ans, et Michel Delebarre, 65 ans.

Tous deux indiquent, sur le site informatique de l’Assemblée nationale, la même profession : préfet. Pourtant, le premier est avocat de profession et le second cadre supérieur de collectivités locales. En fait, ces deux grands notables locaux du Parti socialiste qui n’ont jamais exercé les fonctions de préfet avaient été nommés à ce titre, de manière discrétionnaire, par le président François Mitterrand, en 1985 pour le premier et en 1983 pour le second.

Quel intérêt de nommer un préfet fantôme ? C’est un joli cadeau… financier, facile à comprendre. Le 28 avril 2011, Michel Delebarre a fait valoir ses droits à la retraite de préfet, à l’âge de 65 ans, tout comme l’avait fait le 15 août 2010 Michel 

. Cela permet à ces deux caciques du PS de toucher aujourd’hui une pension mensuelle de 4.000 € brut, qui vient s’ajouter à leurs indemnités de parlementaires et d’élus locaux : soit 15.124 € brut (Michel Delebarre) et 9.760 € brut (Michel Vauzelle).

 Sans compter pour chacun une indemnité (forfaitaire) représentative de frais de mandat de député de 6.000 € net. Et cela, en toute discrétion. 

Retraites dorées

D’ici quelques années, lorsqu’ils décideront d’abandonner leurs mandats, ces deux parlementaires pourront cumuler la totalité de leurs retraites de préfet, de parlementaire et d’élu local ! Soit en tout, de l’ordre de 12.000 € mensuels brut pour le premier et 10.000 pour le second. Rappelons que, selon l’Insee, le montant moyen brut des pensions en France s’élevait, en 2009, à 1.196 € par mois… Des montants et des cumuls choquants pour bon nombre des Français.

En juin 2007, à une question de l’hebdomadaire L’Express lui demandant quel était son principal défaut, Michel Delebarre avait répondu : « Je veux tout. » Tout, il l’aura bientôt. En effet, le maire de Dunkerque, président de la communauté urbaine de cette ville et préfet à la retraite abandonnera en septembre prochain son mandat de député pour être tête de liste socialiste aux sénatoriales dans le département du Nord.

Le général de Gaulle, qui ne plaisantait pas avec les finances et la morale publiques, avait mis fin à cette folie des « préfets fantômes », une folie qui perdurait depuis la création de ce corps par Napoléon Ier, en 1800. Autre temps, autres mœurs : avec l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée, en 1981, ce système de copinage, souvent basé sur des relations maçonniques, renaissait de ses cendres.

 La nomination de préfets « en mission de service public relevant du gouvernement » était alors autorisée par un décret du 23 décembre 1982, à hauteur de 5 % de l’effectif budgétaire du corps des préfets. Aujourd’hui, ce quota de « faux préfets » autorisés représente 7 % des 236 préfets, soit 17 préfets fantômes. Au fil du temps, cela fait des dizaines de faux préfets, nommés de manière totalement discrétionnaire et sans exiger le moindre titre ou diplôme pour exercer ces fonctions. 

6.000 € mensuels sans rien faire

Au bout de quelques mois, ces préfets bidons sont nommés préfets hors cadre. Une voie de garage « royale » (utilisée également pour écarter les préfets qui déplaisent), dont on ne revient jamais, mais qui permet aux intéressés de toucher aujourd’hui 6.000 € brut mensuels en attendant la retraite ou d’être élu sénateur, voire député.

Placé alors en détachement pour exercer son mandat, le préfet parlementaire (deux fonctions officiellement incompatibles selon la loi) ne reçoit plus de l’Etat qu’un tout petit salaire correspondant exactement au paiement de ses cotisations de retraite de préfet. Ce qui a été le cas de Michel Delebarre et de Michel Vauzelle pendant plus de vingt-cinq ans. De plus, en cas d’échec électoral, chacun d’entre eux pouvait coiffer sa casquette de préfet hors cadre et percevoir son salaire plein pot, sans être affecté en poste dans un département.

De 1982 à 1995, François Mitterrand a ainsi nommé près d’une soixantaine de préfets en mission de service public. Parmi eux, dix-sept étaient issus des corps de sous-préfets et administrateurs civils. Agés d’au moins soixante ans, ces vieux serviteurs de l’Etat partaient en retraite quelques mois après leur nomination, qui récompensait leurs loyaux services. Ce qui leur permettait de toucher une pension nettement supérieure à celle à laquelle ils avaient droit pour leur carrière de sous-préfet ou dans l’administration de l’Etat. 

La deuxième partie de ces préfets en mission de service public (une quarantaine) était en quasi-totalité des membres du PS, des élus de ce parti et des amis ou proches de l’ancien président. Parmi cette quarantaine de privilégiés, les élus ont le droit de cumuler aujourd’hui cette retraite de préfet en mission (4.000 € en moyenne) avec toutes leurs autres pensions liées à leurs mandats électoraux et des emplois privés.

Garantie tous risques pour les courtisans

Cette institution des préfets fantômes n’est en réalité qu’un des systèmes légaux de financement des deux grands partis politiques français, le PS et l’UMP. Depuis sa renaissance « mitterrandienne », le système a prospéré sous Jacques Chirac, y compris lorsque Lionel Jospin était Premier ministre. Ce cadeau présidentiel offre une sorte de garantie tous risques pour les courtisans, les poids lourds et les incontournables de ces deux formations. On recase toujours ses amis ! Voilà pourquoi, chaque mercredi, jour du Conseil des ministres, un « ami » ou un obligé du président de la République, depuis François Mitterrand, peut être nommé préfet « fantôme » chargé d’une « mission (bidon) de service publique relevant du gouvernement ».

Nicolas Sarkozy n’a pas mis fin au système. Son ancien ministre et fidèle conseiller, Brice Hortefeux, 53 ans, en bénéficie. Selon un décret pris lors du Conseil des ministres du 27 avril 1995, il a été nommé préfet, chargé d’une mission de service public relevant de l’action du gouvernement. A l’époque, à la fin des années 1990, ce fidèle de Nicolas Sarkozy tirait ses ressources de son revenu de préfet, soit 40.000 francs brut par mois, et de ses indemnités de conseiller régional d’Auvergne, soit 10.000 francs brut mensuels.

Cette promotion à un poste de préfet fantôme a suscité l’opposition du commissaire du gouvernement, Rémy Schwartz, lors de la séance publique du Conseil d’Etat de novembre 1996. En vain. Car, au bout du compte, à gauche comme à droite, personne ne remet vraiment en cause le système. Tous en profitent, espèrent en profiter ou en faire profiter un ami, un jour ou l’autre. Ce qui est en réalité un scandale d’Etat bénéficie d’un habillage légal dont tous les politiques s’accommodent en silence.

Nommé préfet pour l’empêcher d’être réélu sénateur
Le 11 octobre 2010, le président de la République nommait préfet administrateur des Terres australes et antarctiques françaises (avec résidence dans l’île de la Réunion) le sénateur de Maine-et-Loire, Christian Gaudin, 60 ans. 

En fait, cet ancien membre du Modem et aujourd’hui du Nouveau Centre avait été élu sur sa propre liste aux sénatoriales de 2011 contre celle du poids lourd local de l’UMP, André Lardeux, 64 ans, ex-président du conseil général. En fait, l’Elysée veut que la droite parte unie aux sénatoriales de septembre 2011 en Maine-et-Loire pour avoir une chance de gagner le siège supplémentaire (le département passe de trois à quatre sénateurs). D’autres sénateurs empêcheurs de tourner en rond pourraient être nommés préfets.

Cette nomination inopinée vise uniquement à déminer une situation bien compliquée dans le département de Maine-et-Loire pour les sénatoriales de septembre 2011. La droite possède deux sénateurs hommes, tous deux poids lourds locaux, et qui ont mené leur propre liste en 2001, l’ancien président du conseil général, André Lardeux, 64 ans, et Christian Gaudin, 60 ans. Tous les deux étaient partants pour se représenter en septembre 2011. La présence de Catherine Deroche colle parfaitement avec la constitution « chabadabada » des listes… De plus, le Maine-et-Loire va encore se jouer à la proportionnelle, car le département gagne un siège de sénateur, en passant de 3 à 4 représentants. N’oublions pas que ce département figure parmi les espoirs de la droite quand à la conquête du quatrième siège : si la droite part unie, elle a une chance de s’emparer de ce siège.

Etant donné qu’elle domine le conseil général et la majorité des communes. Après, c’est aussi stratégique d’avoir quelqu’un comme Catherine Deroche au Sénat : en septembre 2011, elle n’aura même pas un an de mandat et, malgré son expérience et sa présidence de l’association des maires, elle n’a pas le poids nécessaire pour tenter de se faire réélire en montant une liste dissidente. D’autres empêcheurs de tourner en rond pourraient être nommés préfets : Alain Vasselle ou Philippe Marini dans l’Oise, Laurent Béteille pour l’Essonne, Alain Gournac ou Dominique Braye dans les Yvelines, et enfin Christian Demuynck en Seine-Saint-Denis.

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/scandale-ils-n-ont-jamais-ete-prefets-mais-ils-en-touchent-retraite-98391.html

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Y’en a marre

Posté par ippolito le 11 septembre 2011

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Ce blog a pour but de partager avec vous tous les jours les meilleurs articles trouvés sur le net qui dénoncent les abus et les dérives de notre système.

Face aux angoisses que connaissent de nombreux Français en ce début de troisième millénaire il est temps de dire STOP.

 

  • Y’en a marre des gaspillages de l’argent public  
  • Y’en a marre des déficits publics abyssaux   
  • Y’en a marre de l’endettement colossal de l’État  

  • Y’en a marre du chômage et des incertitudes sur les retraites !!!!

  • Y’en a marre de la mondialisation et des délocalisations 

  • Y’en a marre des scandales financiers et des magouilles 

  • Y’en a marre de l’inflation et de la baisse de notre pouvoir d’achat 

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    Alors si comme moi vous en avez marre de tout ça rejoignez moi tous les jours sur y en a MARRE !!!!!

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