Y’en a marre du train de vie de nos élus

Posté par ippolito le 24 juin 2012

Restauration : le self-service gratuit des ministères

Pour être performant, il faut du carburant. Dans les ministères, de grands chefs cuisiniers concoctent quotidiennement des mets savoureux pour ministres et conseillers. Dans les grands ministères comme celui de l’Intérieur, entre 50 et 100 repas peuvent être servis chaque jour. Les conseillers n’ont nullement besoin de ticket repas, tout est gratuit.

Episode 12 : Une addition salée pour le contribuable

Politique.net propose une série sur l’argent du pouvoir en 30 épisodes : Quels sont les avantages des collaborateurs des ministères ? Quels sont les revenus des députés ? Comment les partis politiques étaient-ils financés dans les années 1980 ? Les fonds secrets ont-ils disparu ? A chaque fois, les sources sont publiées en bas de page et les estimations recoupées à partir de plusieurs enquêtes pour essayer de s’approcher au plus près de la réalité.

Des cuisiniers de la République formés dans les grands restaurants

Tous les anciens responsables politiques de premier plan qui ont goutté aux joies du pouvoir sont unanimes : bien manger fait partie des privilèges des hôtes des palais de la République. La plupart des cuisiniers des ministères ont été formés dans les grands restaurants et les grands hôtels parisiens. Selon l’importance du ministère, la brigade est plus ou moins fournie. Nappes blanches, couverts en argent, le service est impeccable et assuré par des Garçons en costume sombre, attentifs au moindre verre de vin vide.

De nombreux journalistes politiques ont eu le plaisir de déjeuner dans un ministère à l’invitation d’un ministre décidé à expliquer ses réformes. Lors des cérémonies de voeux à la presse, les journalistes politiques ont aussi l’occasion d’apprécier de grands buffets aux amuse-bouches raffinés. Champagne et petits-fours sont à volonté. Du temps de Jacques Chirac, « le tartare de Saint Jacques au vinaigre de réglisse » faisait l’unanimité.

La surcharge pondérale guette les collaborateurs et les ministres

Interrogé par un journaliste du Point, un ancien collaborateur de Pascal Clément, prédécesseur de Rachida Dati au ministère de la Justice, explique qu’il a pris plus de 5kg en quelques mois. Outre les déjeuners de travail, des collations sont en libre service gratuitement tout au long de la journée : cafés, thés, boissons pétillantes, croissants le matin. 

Pour s’inviter à la Salle à manger du ministère pour déjeuner, un membre de cabinet d’un ministre doit simplement s’inscrire avant 10 heures. Les vacataires et autres collaborateurs occasionnels sont parfois invités à ces déjeuners « de travail ». Quand Nicolas Sarkozy était au ministère de l’Intérieur, entre 50 et 100 repas étaient servis quotidiennement. A l’époque, il y avait un maître pâtissier expert dans la confession d’un dessert au fenouil et au chocolat. 

Ces mets délicieux ne sont pas sans conséquences. Daniel Vaillant, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Jospin, avait pris plus de 10kg en quelques mois. Image désastreuse pour un pouvoir qui se doit d’être modeste aux yeux de l’opinion.

Déjeuner et dîner de travail… gratuits

Jusqu’à présent, tous les collaborateurs du chef de l’Etat étaient nourris gratuitement par l’Elysée. Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de l’Elysée jusqu’en juillet 2008, a mis fin à ce privilège. Désormais, les notes de frais ne sont acceptées que si le conseiller peut justifier qu’il s’agissait d’un déjeuner de travail. Dans le cas contraire, les conseillers dégustent des plateaux-repas sur le coin de leur bureau, moyennant la somme de 6 euros.

Dans les autres ministères, des consignes ont aussi été données pour réduire le coût de la restauration. Mais les « déjeuners » de travail restent gratuits. Plus de 50 couverts sont dressés quotidiennement dans chaque ministère et le couvert est également mis le soir à dîner pour les conseillers qui s’attardent sur leurs dossiers. Tous ces repas offerts par les ministres à leurs collaborateurs ont un coût, dont les ministères se gardent bien de communiquer le montant.

Le tabou des frais de réception

Outre ces self-services gratuits, il y a aussi les invitations à dîner et les réceptions organisées par le ministre. A l’Elysée, l’heure est aux économies. Jusqu’à présent, le sommelier de l’Elysée traitait tous les hôtes de la même manière, qu’ils soient ministres, parlementaires ou simple élu, en leur servant systématiquement des grands crus. Emmanuelle Mignon a demandé à ce que des vins intermédiaires soient achetés pour les visiteurs de second rand. L’économie réalisée serait de plusieurs dizaines de milliers d’euros par an.

Mais les dérives fastueuses restent légion. En mars 2008, le site d’information Mediapart avait révélé que Rachida Dati avait fait exploser le budget de fonctionnement de son ministère. Dès l’arrivée de la ministre Place Vendôme, les dépenses de réception ont littéralement explosé pour atteindre la somme record de 270 000 euros à la fin de l’année, soit 60 000 euros de plus que le budget prévisionnel.

 Ainsi, le 21 juin 2007, le ministère a organisé une manifestation dans les jardins de la Chancellerie pour la fête de la musique. Les frais de bouche se sont élevés à plus de 25 000 euros. Un mois plus tard, le 13 juillet, la Garden party du ministère de la justice a coûté plus de 50 000 euros en frais de réception. 

A la mairie de Paris, Jacques Chirac avait été inquiété par la justice à cause de ses frais de bouche mais l’affaire avait finit par être classée. Depuis, l’omerta est de nouveau la règle sur ce sujet.

*** Sources
- Sylvie Pierre-Brossolette, « Enquête sur l’Etat Sarkozy », Le Point, décembre 2007
- Vincent Quity, Abus de pouvoir, Editions du moment, septembre 2007

http://www.politique.net/2008081701-le-self-service-des-ministeres.htm

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Y’en a marre des magouilles de Cope

Posté par ippolito le 5 juin 2012

Les aventures de Copé au pays des marchands d’armes

Pendant des années, Ziad Takieddine a courtisé Jean-François Copé, ce «bébé Chirac» aux dents longues. Voyages, vacances, cadeaux… Certains assurent même que la société de la mère du patron de l’UMP aurait bénéficié d’un coup de main du sulfureux intermédiaire. Retour sur une décennie de copinage douteux.

22 novembre 2011. Tout va bien pour Jean-François Copé, ce mardi sur France Info. La petite Agnès assassinée, la réindustrialisation du pays, l’avenir des PME, le secrétaire général de l’UMP cabotine tranquillement. Pendant neuf minutes, pas une seule question sur l’affaire qui grossit et pourrait, allez savoir, lui exploser à la figure: ses relations avec Ziad Takieddine. 

Deux jours avant, Le JDD a révélé que les juges se demandent si de l’argent sale n’a pas permis à Copé de payer des travaux dans son appartement rue Raynouard, à Paris XVIe, et si le compte en Suisse ouvert par sa sœur Isabelle ne lui était pas destiné.

 Intermédiaire sur la vente de sous-marins et de frégates dans les années 1990, Takieddine frayait essentiellement avec la droite. De tout cela, on ne parle pas ce matin-là sur France Info. Deux jours après, heureusement, des étudiants du CFJ osent aborder le sujet pour une émission spéciale 2012.

Début des années 2000. Tout a commencé grâce à Thierry Gaubert, l’ancien collaborateur de Sarkozy. C’est lui qui présente Copé à Takieddine. «Ziad est devenu proche de M. Copé, ils se voyaient et se parlaient souvent. On est partis ensemble en vacances à Venise, à Beyrouth et au Cap d’Antibes», a confié l’ex-femme (ils ont divorcé depuis) de l’homme d’affaires libanais au juge, le 30 août 2011. 

Selon elle, c’est souvent Takieddine qui raque. Gaubert est copain de ce dernier, tout en fréquentant les Hortefeux, Copé et autres. Son carnet d’adresses est long comme le bras, et il bénéficiera plus tard d’un bureau auprès du ministre Copé.

Un 5 mai, dans ces années-là. Grand dîner pompeux chez Takieddine pour fêter l’anniversaire de Jean-François Copé. Que du beau linge, bien à droite: Étienne Mougeotte, alors à TF1, un Dassault, Grégoire Chertok, l’un des proches de Copé, banquier chez Rothschild et futur élu UMP d’Île-de-France, Jean-Luc Chartier, l’ancien petit ami de Cécilia Sarkozy, avocat et figure du monde du polo.

 «Il y avait beaucoup de monde», se souvient devant les flics, le 21 septembre 2011, un autre invité, Nicolas Bazire, ex-bras droit de Balladur. Copé a eu plusieurs de ses anniversaires organisés chez Takieddine.

 Bazire y était: «Cela devait être en 2000 et 2002.» Est-ce à ce moment que Copé reçoit une belle Rolex de la part de cet ami si prévenant? «Nous sommes amis, je l’assume, mais n’avons jamais eu de relations professionnelles», assure-t-il. En dépit de l’agenda chargé du jeune ministre aux dents longues, les deux ne se quittent plus ou presque.

Octobre 2003. Le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement est invité au Liban. Notre homme, tout content, visite Byblos et Baalbek, est reçu par Rafic Hariri, alors Premier ministre, à son domicile de Beyrouth, ripaille avec des ministres libanais.

 Tout ça aux frais du marchand d’armes, comme l’a raconté sa femme. Coût: 19050 euros. La somme apparaît noir sur blanc dans les comptes sous la mention: «avoir famille Copé». La preuve des relations financières entre un ministre de la République et un homme d’affaires soupçonné d’avoir favorisé des rétrocommissions pour la campagne présidentielle de Balladur en 1995?

 «C’est un avoir qui n’a pas été dépensé. Il ne m’a pas offert de billets», affirme Copé. Bon. C’est l’enquête qui le dira. En parallèle, Takieddine fait la cour à Claude Guéant, dircab de Sarkozy, et tente de relancer un énorme contrat de matériel militaire avec l’Arabie saoudite.

20 avril 2004. À cette date, le secrétaire d’État s’est hissé au rang de ministre délégué à l’Intérieur. En vacances à Moustique, l’île des milliardaires, Takieddine est victime d’un accident de voiture. Aussitôt, ses amis bien placés se mobilisent. Copé demande à l’un de ses potes, neurochirurgien en vacances dans les îles, de se précipiter — en avion privé — au chevet de son ami Ziad. Aussitôt dit, aussitôt fait. Merci, Copé!

Toussaint 2004. Les Takieddine et les Copé s’organisent une virée Paris-Londres-Venise. Selon l’ex-madame Takieddine, c’est son mari qui paie. Rebelote à Londres pour la Toussaint 2005.

Début 2005. Copé, nommé ministre du Budget, et donc patron du fisc, reçoit des sollicitations de toutes parts. Comme tous les titulaires de ce poste ultrasensible. Il est saisi du cas d’un homme d’affaires installé au Mali, Gérard Achcar, en conflit avec les impôts.

 En juin 2005, Copé écrit à l’avocat de ce dernier pour lui proposer une solution. Le dossier sera retrouvé chez le marchand d’armes. Achcar a expliqué ne pas connaître celui-ci. Alors, comment son dossier est-il arrivé chez Takieddine? Mystère. 

Pendant toutes ces années, le bon Ziad, qui vit en France et possède un petit empire immobilio-financier, ne paie pas d’impôts. Mais Copé et lui l’assurent: ils n’ont jamais parlé de ça ensemble.

Au même moment. Pendant que le père de Copé, médecin, se met au cinéma (il jouera le rôle de Pétain dans La Rafle), sa mère, Monique, crée une société de conseil en communication, MCC. À Charlie, un témoin qui connaît bien la famille explique que Takieddine aurait «apporté des clients» à maman Copé. 

Troublant, même si le résultat n’est pas brillant, vu le chiffre d’affaires déclaré : 21 800 euros en 2005, deux fois moins en 2006. La société a été radiée en octobre 2010. «Tout ça est faux», assure Copé via son porte-parole.

Été 2005. Isabelle Copé-Bessis, la sœur du ministre du Budget, avocate parisienne, ouvre un compte dans une banque de Genève, au Crédit suisse. Visiblement sans le déclarer en France. Son frère était-il au courant? A-t-elle servi de prête-nom ? Un témoin a dit aux flics qu’il aurait pu servir de «compte de passage» pour Copé, qui dément. L’enquête tranchera, là encore. La dame ne nous a pas rappelés.

Juin 2006. Les Takieddine quémandent une place pour leur fiston, pour la rentrée, dans une école bilingue. «Votre école nous a été chaleureusement recommandée par M. et Mme JF Copé», écrivent-ils à la directrice.

12 août 2011 à 12 h 31. Copé appelle son ami Gaubert pour lui demander le numéro de Takieddine (qui a changé de téléphone depuis qu’il est sur écoutes). Objectif, notent les flics: «le remercier suite à l’interview qu’il a faite». L’intermédiaire tape à bras raccourcis sur les chiraquiens. Mais pas sur le patron de l’UMP.

29 septembre 2011. Encore des compliments de Takieddine sur BFM TV pour son ami Copé. L’entretien en rajoute dans la brosse à reluire. La journaliste, Ruth Elkrief, est elle-même «une grande copine», selon un de ses proches, et aussi la sœur de Danielle Elkrief, une ancienne avocate du patron de l’UMP.

Takieddine ou Copé, ce ne sont qu’affaires de famille.    

Laurent Léger
Article publié dans Charlie Hebdo n°1015
laurent.leger@charliehebdo.fr

http://www.charliehebdo.fr/enquete.html#517

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Y’en a marre des gaspillages

Posté par ippolito le 1 juin 2012

Internats d’excellence : un fiasco à 200 millions d’euros que Sarkozy et Chatel ont voulu cacher

17 rapports non publiés. Le tout nouveau ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, a joué la transparence en autorisant la publication de plusieurs rapports de l’inspection générale de l’éducation nationale que son prédécesseur, Luc Chatel, n’avait pas jugé utile de rendre publiques. 

Et on comprend pourquoi : certains de ces rapports sont accablants pour le pouvoir sortant. Illustration avec celui sur les internats d’excellence, des structures créées par Sarkozy et censées accueillir les élèves méritants des quartiers populaires.

Des internats créés en 2009 et 2010

Nicolas Sarkozy et Luc Chatel en avaient fait un argument de campagne : alors que l’Education nationale était fortement touchée par les restrictions budgétaires depuis 2007, ils brandissaient la création de ces internats d’excellence pour justifier la politique de « concentration » des moyens sur les élèves qui en avaient le plus besoin. Traduction : les internats d’excellence devaient cacher le manque de moyens dans les autres établissements. 

Douze internats d’excellence ont donc été créés et Sarkozy s’apprêtait à doubler les capacités d’accueil de 10 000 à 20 000 élèves. Preuve de son efficacité ? Raté ! Les internats d’excellence sont un véritable fiasco d’après un rapport de juin 2011, jamais publié à ce jour.

Coût : 200 millions d’euros sur fonds publics, et un financement privé aléatoire

D’après ce rapport, relayé notamment par Mediapart, les internats d’excellence ont comme première caractéristique d’être avant tout des gouffres financiers : 200 millions d’euros en 2010 pour seulement douze internats. 

Outre les contributions de différents fonds publics comme l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) ou l’Acsé (Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances), des groupes privés ont participé au financement de ces internats.

  »À Montpellier, la Fondation Total contribue au financement à hauteur de 1,2 M €, à quoi s’ajoutent 300 000 € de la Fondation HSBC », indique par exemple le rapport, cité par Mediapart. Or, ce financement privé, nécessaire en raison du coût exorbitant du dispositif (entre 2 000 et 10 000 euros par élève, hors coût du personnel), inquiète l’inspection générale car il est trop aléatoire : 

« la soutenabilité financière est incertaine pour des projets qui exigent des moyens exorbitants du droit commun et qui ne peuvent être mobilisés que dans le cadre d’une opération exceptionnelle comme celle du grand emprunt », relève le rapport.
Les limites de ce dispositif

C’est surtout le recrutement incohérent des élèves et l’absence de résultats qui sont fortement critiqués dans ce rapport. Les internats d’excellence avaient été mis en place pour des élèves issus des quartiers populaires. Sauf qu’en moyenne, seulement 60% des élèves sont boursiers dans ces internats d’excellence où l’on n’y trouve pas que des élèves de milieu modeste.

  »Comment ne pas s’étonner, dans tel internat, de la présence d’un enfant de professeur des écoles, d’un enfant de notaire, de vétérinaire et même… de proviseur », relèvent par exemple les rapporteurs. 
Dans d’autres cas, c’est l’inverse : certains internats d’excellence ont permis à des établissements de « se débarrasser de perturbateurs » en montant des dossiers de candidature mensongers.

  »Le proviseur de l’internat d’excellence de Langres parle de son côté de « mensonges éhontés » et cite le cas d’un élève que son dossier qualifiait de « timide mais brillant » alors qu’il s’est révélé très faible et présentant des problèmes de comportement », peut-on lire dans le rapport.

Mais il y a pire : les mauvais résultats de ces établissements hors de prix. Selon le rapport, entre 10% et 30% des effectifs des internats ne terminent pas l’année dans ses établissements. En cause, des règles trop strictes mais aussi un emploi du temps surchargé d’activités en tout genre (ateliers théâtre, kayak ou karaté). 

Question d’affichage toujours : sous l’œil des caméras du 20 heures de TF1, Sarkozy avait ainsi pu assister en septembre 2010 à un atelier karaté dans un internat d’excellence pour vanter la réussite du dispositif. On a presque failli le croire.

*** Sources
- Lucie Delaporte, « Internats d’excellence, un naufrage à prix d’or », Mediapart, 28.05.2012
- Rapport n° 2011-057, « La mise en place des premiers internats d’excellence », juin 2011
- « Dans un internat d’excellence, Sarkozy rééquilibre son discours », 20 heures de TF1, 09.09.2010

http://www.politique.net/2012052801-internats-excellence-fiasco.htm

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Y’en a marre des magouilles de UMP

Posté par ippolito le 30 mai 2012

La liste cachée de Sarkozy

Ensemble, tout est possible. La République irréprochable et quelques uns de ses acteurs : 

Alain Agostini (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée. 

Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins. 

Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale. 

Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt. 

Alain Tuduri (UMP) 2009-2010, condamné pour discrimination raciale, pour avoir préempté les biens immobiliers que voulait acheter des personnes d’origines étrangères dans sa commune. 

Axel Poniatowski (UMP) 2010, condamné pour diffamation. 

Brice Hortefeux (UMP) 2010, condamné pour atteinte à la présomption d’innocence. Il a également été condamné pour injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine. Le Parquet Général a requis sa relaxe, la décision a été mise en délibéré au 15 septembre. 

Brigitte Barèges (UMP) 2011, condamnée pour refus de mariage. 

Bruno Sandras (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts. 

Charles Fabre (UMP) 2010, mis en examen pour favoritisme.

Charles Pasqua (UMP) 2009 à 2010, condamné pour trafic d’influence, pour favoritisme, pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance. Il est cité dans l’affaire de recel d’abus de biens sociaux pour l’association France Afrique Orient. Il également mentionné dans l’affaire du financement occulte du ministère de l’Intérieur et de l’Union des groupements d’achats publics.

Christian Vanneste (UMP) 2006 et 2007, condamné pour propos homophobes, condamnation confirmée par la Cour d’Appel puis annulée par la Cour de Cassation. Il avait déclaré l’homosexualité inférieure à l’hétérosexualité et que l’homosexualité était une menace pour l’humanité.

Claude Polony (UMP) 2001-2009, reconnu coupable de prise illégale d’intérêt, favoritisme et détournements de fonds.

Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Il avait déjà été condamné pour harcèlement moral.

Damien Meslot (UMP) 2010, condamné pour outrage à magistrat, mis en examen pour atteinte ou tentative d´atteinte à la sincérité d´un scrutin.

Denis Gautier-Sauvagnac (UMP) 2008, mis en examen pour blanchiment d’argent.

Denis Jacquat (UMP) 2011, condamné pour abus de confiance et infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales.

Didier Schuller (RPR-UMP) 1994, il s’enfuit aux Bahamas après la révélation d’une tentative de déstabilisation du juge Éric Halphen puis il continue sa cavale en Dominique Républicaine où il bénéficie d’une protection diplomatique, avant de revenir en France.
2005, condamné pour financement illégal de sa campagne.
2007, condamné pour avoir fait financer de façon occulte des activités politiques.

Dominique Paillé (UMP) 2004, condamné pour abus de confiance.

Frédéric Chazal (UMP) 2010, condamné pour diffamation.

Gaston Flosse (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Georges Tron (UMP) 2011, mis en examen pour harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol.

Gérard Dezempte (UMP) 2006, condamné pour discrimination.

Gérard Larrat (UMP) 2011, condamné pour constitution de partie civile abusive ou dilatoire dans le but de nuire à son adversaire socialiste.
2011, mis en examen pour complicité d’atteinte à la sincérité du scrutin, complicité de faux administratif et usage et complicité de manœuvre frauduleuse tendant à l’exercice irrégulier du vote par procuration, son élection a été annulée.

Gilles Forray (UMP) 2006, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Guy Drut (UMP) 2005, condamné pour avoir bénéficié d’un emploi fictif.

Guy Wildenstein (UMP) 2011, mis en examen pour recel d’abus de confiance.

Henry Chabert (UMP) 2002, condamné pour recel d’abus de biens sociaux.

Jacques Blanc (UMP) 2009, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt.

Jacques Masdeu-Arus (UMP) 2006 à 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Jacques Myard (UMP) 2009, condamné pour diffamation.

Jean Reynaud (UMP) 2004, condamné pour prise illégale d’intérêt. 2006, condamné pour harcèlement moral et dégradation des conditions de travail.

Jean Tiberi (UMP) 2009, condamné pour occupation illégale des locaux de sa permanence et fraude aux électeurs.

Jean-Louis Garnier (UMP) 2011, condamné pour coups et blessures.

Jean-Louis Masson (UMP) 1997, condamné pour avoir financé la campagne d’un concurrent afin d’affaiblir sa rivale à droite.

Jean-Paul Alduy (UMP) 2008, son élection est annulée pour fraude.

Jean-Paul Fournier (UMP) 2009 à 2010, condamné pour prise illégale d’intérêt.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud condamnée (UMP) 2006, condamnée pour diffamation et complicité de diffamation.

Joëlle Ferrand (UMP) 2010, condamnée pour prise illégale d’intérêt et malversations.

Laurence Spicher-Bernier (UMP) 2010 à 2011, condamnée pour exercice illégal de la profession d’avocat et escroquerie.

Lionel Cressiot (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation.

Lucette Michaux-Chevry (UMP) 2002, condamnée pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics.

Manuel Aeschlimann (UMP) 2009, condamné pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public.

Marie-Jeanne Bozzi (UMP) 2002, condamnée pour proxénétisme aggravé, association de malfaiteurs et dissimulation de travail clandestin.
2007, condamnée pour soustraction au paiement de l’impôt, omission de déclaration et fraude fiscale.
2009, mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de la commission d’un homicide en bande organisée.

Maurice Gutman (UMP) 2010, condamné pour proposition sexuelle à une mineure de 12 ans.

Michel Buillard (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Michel Habig (UMP) 2006, condamné pour avoir fait incendier 14 caravanes appartenant à des Roms installées sur un terrain municipal.

Nicolas Bazire (UMP) 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Olivier Deleu (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation.

Olivier Rey (UMP) 2008, condamné pour violences, menaces et dégradation grave du bien d’autrui à raison de la religion.

Pascal Buchet (UMP) 2007-2011, condamné pour harcèlement moral ayant mené au suicide.

Patrick Balkany (UMP) 2003, condamné pour injure publique et pour diffamation. 1999, condamné pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny.

Philippe Brun (UMP) 2011, condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux.

Pierre Bédier (UMP) 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Philippe Pemezec (UMP) 2010, condamné pour injures. 2007, condamné pour irrégularités lors de sa campagne, son élection sera annulée.

Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) 2004, condamné pour blanchiment d’argent.
2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

René Vestri (UMP) 2009, condamné pour travail dissimulé.
2010, mis en examen pour blanchiment à titre habituel et en bande organisée, trafic d’influence et association de malfaiteurs.

Richard Cazenave (UMP) 1999, condamné pour abus de biens sociaux.
2004, condamné pour recel et complicité d’abus de biens sociaux.

Serge Dassault (UMP) 1998, condamné pour corruption. 2010, condamné pour procédure abusive.
2009, condamné pour avoir acheté des voix lors des municipales.

Thérèse Aillaud (UMP) 2002, condamnée pour détournement de fonds publics.

Thierry Gaubert (proche de l’UMP, collaborateur de Sarközy) 2008, mis en examen pour abus de biens sociaux et escroquerie.
2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Thierry Leprince (UMP) 2007, condamné pour viol sur une mineure de 12 ans.

Vincent Toni (UMP) 2008 et 2011, condamné pour corruption passive.

Xavier Dugoin (UMP) 1997, condamné pour trafic d’alcool, salaires fictifs et corruption.
1999 à 2000, condamné pour abus de confiance, détournement de fonds publics, falsification de documents administratifs et prise illégale d’intérêt.
2001, mis en examen dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs du conseil général de l’Essonne, cette procédure sera annulée pour vice de forme.

2010, un cadre de l’UMP dont le nom n’a pas été diffusé a été mis en examen pour vol de carte bancaire d’un ancien dirigeant et pour le piratage, lors de la guerre interne à l’UMP 31, de l’ordinateur de l’ex-présidente Christine de Veyrac.
Les policiers ont retrouvé des objets acquis frauduleusement au domicile du jeune homme.

L’UMP condamnée pour atteinte au droit à l’image avec son LipDub en diffusant pour le clore la photo d’une jeune femme n’y ayant pas consenti.

L’UMP, à l’origine de la loi Hadopi, condamnée pour piratage d’une musique de MGMT utilisée lors de leurs meetings et pour illustrer plusieurs vidéos diffusées sur Youtube.

Et nous ne citerons pas bien sûr les innombrables “non lieu” ou “affaires classées sans suite” par la bienveillance de certains magistrats…

http://resistanceinventerre.wordpress.com/2012/01/25/la-liste-cachee-de-sarkozy/

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Y’en a marre des anciens ministres

Posté par ippolito le 30 mai 2012

Baisse des salaires des ministres

François Hollande a fait appliquer une des mesures phares de son programme présidentiel: la baisse de 30% des salaires des ministres et du chef de l’ Etat.

Ainsi, avec la baisse des salaires des ministres de 30%, le salaire des ministres va désormais passer de 13 500 euros mensuels à 9 500 euros mensuels.

Cependant, les ministres du gouvernement Fillon qui viennent de quitter leur fonction vont continuer à percevoir leur salaire de ministre pendant 6 mois et toucheront donc 13 500 euros par mois pendant encore 6 mois. Les ministres du gouvernement Fillon toucheront donc un salaire supérieur aux ministres du gouvernement Ayrault pendant encore 6 mois.

Est-il normal que les salaires des ministres du gouvernement Fillon ne soient pas baissés de 30% comme les salaires des ministres actuellement en fonction ?

Il serait juste que la baisse des salaires des ministres de 30% touche également les ministres du gouvernement Fillon. Mais encore faudrait-il que les anciens ministres acceptent de voir leur rémunération baisser de 30%…

source: nouvelobs.com

http://www.impots-economie.com/baisse-des-salaires-des-ministres/

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Y’en a marre de l’évolution des effectifs des fonctionnaires

Posté par ippolito le 28 mai 2012

Fonctionnaires, l’enquête vérité

La gauche et les syndicats ne cessent d’invoquer son démantèlement. Mensonge ou réalité ? L’analyse chiffrée démontre que les agents publics n’ont jamais été aussi nombreux. Plongée dans un monde qui ne devrait pas connaître la crise de l’emploi durant les cinq prochaines années.

Le plus grand plan social de l’histoire du pays ! C’est ainsi que Terra Nova désigne la fameuse règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Selon ce think tank proche de François Hollande, elle aurait « abouti à de véritables saignées dans certains ministères ». 

Dès lors, rien d’étonnant à voir le nouveau président de la République défendre une tout autre philosophie. Avec lui, c’en est fini de la réduction des effectifs. Il annonce au contraire la création de 65 000 postes au cours de son quinquennat, essentiellement dans l’Éducation nationale. 

Ces embauches viendront-elles grossir le nombre total de fonctionnaires ? Non, répond Hollande, qui promet qu’elles s’effectueront à solde nul en supprimant d’autres emplois publics. Ce qui correspondra à 13 000 départs à la retraite non remplacés chaque année.

Et il précise que seront concernées « toutes les autres administrations, hormis l’éducation, la sécurité et la justice ». Reste qu’à moins de se dédire, cette dernière affirmation risque de poser un sérieux problème, car un rapport parlementaire d’octobre 2011 nous apprend que le nombre de fonctionnaires partant à la retraite devrait s’établir à environ 40 000 par an, dont la moitié dans l’éducation, la sécurité et la justice.

Conséquence mathématique de cette précision : pour respecter sa promesse, le chef de l’État va devoir procéder chaque année au non-remplacement de 13 000 agents sur 20 000. Soit non plus un sur deux, mais bien… deux sur trois. Impensable, bien sûr. Voilà sans doute pourquoi il est jusqu’ici resté très vague sur la mécanique précise de sa mesure. Et comme disait la grand-mère de Martine Aubry, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup »…

Tout aussi peu disert sur les détails du plan de recrutement de 65 000 fonctionnaires supplémentaires, Terra Nova condamne donc avec ardeur le principe du “un sur deux”. Quoique la boîte à idées du PS ne se contente pas de fustiger cette « politique aveugle ». Elle situe le point de départ de la curée à 2002, date à laquelle les différents gouvernements de droite auraient commencé à procéder à des centaines de milliers de suppressions de postes dans la fonction publique.

 Intarissable sur le sujet, le think tank ne fait pas cavalier seul. Élus, leaders syndicaux, responsables d’associations d’usagers…, ils sont des dizaines de personnalités à crier au scandale. Tapez le mot “démantèlement” sur Google et l’outil prédictif du moteur de recherche vous orientera instantanément vers l’occurrence “démantèlement du service public”.

Récurrente, l’accusation peut se résumer ainsi : partout, de l’école à l’hôpital en passant par les tribunaux et les commissariats, l’État se désengage de ses missions en réalisant des coupes sombres dans ses effectifs.

Description alarmante d’un pays en voie de déliquescence ou raccourci simpliste ? Au risque de paraître assommante, l’analyse objective de la situation ne peut s’épargner une kyrielle de chiffres officiels. Que nous apprennent-ils au juste, ces chiffres ? Qu’au 31 décembre 2009 (dernières données disponibles), la France comptait 5,3 millions de fonctionnaires (6 millions en incluant le secteur associatif chargé de missions publiques). Soit 5 000 de plus que l’année précédente. Des effectifs quasi stables à court terme, mais en hausse très marquée sur une plus longue période. Ainsi que le révèle le rapport annuel de la fonction publique, ils se sont accrus de 694 000 personnes entre 1998 et 2009.

Plus instructive encore, la progression en plus d’un quart de siècle du nombre de fonctionnaires rapportée à la population. D’après la Cour des comptes, elle a été deux fois plus rapide (36 % contre 18) entre 1980 et 2007. La différence de rythme s’est même accélérée si l’on se réfère à la dernière décennie (13,6 % au lieu de 6,3). 

Enfin, toujours entre 1998 et 2009, l’emploi public a connu une croissance beaucoup plus forte que celle de l’emploi privé (15,1 % contre 9,4). Il représente aujourd’hui 20,4 % de la population active, contre à peine 19 % dix ans plus tôt. Seuls les pays nordiques font “mieux”. Notons que la France n’a pas à rougir des comparaisons internationales : avec 90 emplois publics pour 1 000 habitants, elle est dans le peloton de tête de l’OCDE. Là aussi, derrière des contrées scandinaves hors concours par rapport au reste du monde.

Bref, on a beau triturer les statistiques, pas une ne vient démentir ce constat : loin de s’essouffler, les effectifs de la fonction publique poursuivent leur ascension. Dans ce cas, à quoi a bien pu servir cette nouvelle règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux ? Elle a fait son oeuvre vis-àvis… des fonctionnaires de l’État.

C’est l’un des particularismes du système français, dans lequel cohabitent trois grands corps : la fonction publique d’État (FPE) chargée des missions régaliennes (justice, police, budget, etc.), la fonction publique territoriale (FPT) regroupant les agents des collectivités, et la fonction publique hospitalière (FPH). Seule la première est concernée par le principe du “un sur deux”. Au cours de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait fait part de son intention de l’étendre aux collectivités. Ce projet étant de fait enterré, il laisse place à celui de François Hollande, qui ne prévoit rien de particulier à propos des fonctionnaires territoriaux.

Quoi qu’il en soit, faute d’une égale répartition des efforts durant le précédent quinquennat, ce qui a été économisé d’un côté par les fourmis étatiques fut largement compensé par les embauches de cigales locales. Pour 2009, dernière année mesurée, les chiffres sont sans appel : tandis que le nombre de postes au sein de la FPE a diminué de 29 000, la FPH et la FPT en ont profité pour recruter respectivement 15 000 et 35 000 per sonnes. Et ce jeu de vases communicants à somme positive ne se limite pas à la période la plus récente. Contrainte de compenser les effets de l’instauration de la RTT dans les hôpitaux, la FPH continue d’embaucher massivement depuis 2000. 

Ces vingt dernières années, on constate que les effectifs des ministères ont progressé près de quatre fois moins vite que la population active. Pendant ce temps, ceux des collectivités gonflaient près de six fois plus vite. Bien entendu, le transfert des compétences résultant de la décentralisation explique en partie le phénomène. Reste qu’elle a bon dos, la décentralisation…

Directeur général de l’Insee, Jean-Philippe Cotis s’est penché sur cette question à l’occasion de son rapport 2010 sur la situation des finances publiques. « Entre 1996 et 2007, la fonction publique territoriale s’est accrue de 440 000 agents, dont moins de 50 000 au titre des compétences transférées », peut-on y lire noir sur blanc. Parvenant aux mêmes conclusions, la Cour des comptes souligne qu’il est « paradoxal de constater que les plus fortes augmentations d’effectifs se sont produites dans les catégories de collectivités qui n’ont guère été concernées par des transferts significatifs de compétences ». En un mot comme en cent, pendant que l’État se serre enfin la ceinture, les communautés de communes et les conseils généraux sont à la fête.

Paradoxalement, plus les fonctionnaires sont nombreux et moins les Français estiment leur nombre suffisant. Un micro-trottoir improvisé suffit à réaliser combien cette notion du démantèlement du service public est profondément ancrée dans les esprits. « Peut-être avons-nous trop communiqué sur la dimension comptable de notre réforme sans insister suffisamment sur sa signification profonde, qui est de rendre un meilleur service avec une optimisation des moyens financiers à notre disposition, plaide Jean-François Verdier, directeur général de l’administration et de la fonction publique (DGAFP). En outre, nous aurions dû marteler davantage que l’accusation liée au côté mécanique du “un sur deux” est totalement erronée… » L’argument du déficit de pédagogie se tient. Il ne peut toutefois expliquer à lui seul une perception si éloignée de la réalité.

Faut-il y voir le résultat d’une efficace campagne de désinformation de certains syndicats, dont les effectifs de la fonction publique sont le principal vivier d’adhérents ? Quitte à lâcher un peu de lest sur la question salariale, il est certain que la logique du “toujours plus” demeure la revendication première des CGT, FSU et autres Force ouvrière. Mais leurs discours catastrophistes n’ont jamais porté au point d’hypnotiser la quasi-totalité de la population.

 Non, si l’Hexagone se sent ainsi dépossédé, les raisons principales se trouvent ailleurs. « Par exemple dans le fait que l’on voit ce qui disparaît mais jamais ce qui apparaît, avance Gilles Pedini, associé chargé du secteur public au cabinet de conseil Deloitte. 

Au-delà des inévitables ratés survenant à l’occasion de redéploiements, ces derniers s’accompagnent de réactions souvent épidermiques. Ainsi, lorsqu’une ville perd son tribunal en raison de la réforme de la carte judiciaire, la sensation de démantèlement est très vivace. Chaque habitant la vit comme un insupportable sacrifice. Peu importe qu’au final le ministère de la Justice ait gagné 10 000 fonctionnaires supplémentaires entre 2000 et 2009. »

Le consultant note également que le niveau d’exigence est plus élevé pour un service “gratuit” que lorsqu’il faut mettre la main au portefeuille. C’est la raison pour laquelle l’usager râle toujours plus dans une file d’attente de la Sécurité sociale que le client dans celle d’un restaurant…

Absence de contrôle en cas d’arrêt de travail

Voilà pour la version politiquement correcte de l’analyse de ce défaut de perception des Français. Il en existe une autre, bien moins consensuelle (lire notamment l’interview de l’économiste Michel Godet, page14). « Tant que perdurera un statut de la fonction publique qui choisit de surprotéger ses agents, les usagers ne cesseront de ressentir une détérioration qu’ils mettront à tort sur le compte d’effectifs supposés à la baisse, considère Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’Ifrap (Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).

Par exemple, dans la plupart des administrations, le taux d’absentéisme est tel qu’il a fini par avoir un effet dévastateur sur le niveau de service rendu. »
Si le sujet reste tabou et les données officielles trop rares, les quelques statistiques indépendantes ont de quoi laisser songeur.

 Selon une étude de Dexia Sofcap publiée en 2011, les collectivités locales ont compté en moyenne 22,6 jours d’absence pour raison de santé par agent et par an. La palme revient au secteur hospitalier (24,1 jours), si souvent décrié pour sa pénurie de personnel. Un chiffre à confronter aux 9 jours constatés dans les grandes entreprises privées, d’après une étude d’Alma Consulting Group.

 La situation semble se dégrader : des travaux antérieurs de Dexia sur les collectivités faisaient état de “seulement” 17 jours en 2001. Quelle que soit l’administration concernée, l’incitation à faire acte de présence serait donc purement et simplement défaillante. Un seul jour de délai de carence pour maladie dans le public contre quatre dans le privé, absence de contrôle par des instances extérieures en cas d’arrêt de travail, taux de remplacement du salaire fixé à 100 % non plafonné dans le cadre d’une longue maladie… A minima, ces dispositions ne jouent pas en faveur d’une efficacité optimale.

« La dégradation s’explique aussi par le fait que les agents se sentent de moins en moins concernés par la notion d’intérêt général, poursuit Agnès Verdier-Molinié. Contre toute attente, l’apparition des RTT a en fait renforcé la démobilisation. 

Nombre de fonctionnaires ne raisonnent pas ainsi, bien sûr. Mais ils sont suffisamment majoritaires pour donner le sentiment général de ne plus être au service des usagers. » Des salariés victimes du “moins j’en fais, moins j’ai envie d’en faire” ? On appelle cela l’effet Zoé Shepard, du nom de l’auteur d’Absolument dé-bor-dée ! (chez Albin Mi chel). Durant 300 pages d’un essai savoureux, cette fonctionnaire du conseil régional d’Aquitaine décrit par le menu son quotidien et celui de ses collègues. 

Les rapports à rédiger en dix jours quand deux heures suffiraient, les innombrables pots en tout genre, les interminables pauses-café, les séminaires de formation bidons, etc. La jeune femme brosse un tableau qui vaut toutes les enquêtes du monde sur le sujet des effectifs publics.

Et si l’obsession quantitative revenait à prendre le problème par le mauvais bout ? Et si la solution résidait bien davantage dans la mise en place de la rémunération au mérite ? Du côté des centrales syndicales, ce genre de raisonnement irrite au plus haut point. « Les politiques d’austérité ont appauvri les capacités des services publics à intervenir », préfère dénoncer la FSU dans un récent communiqué.

 « Les faits nous montrent pourtant que la qualité du service rendu est déconnectée du nombre de fonctionnaires employés, rétorque Agnès Verdier-Molinié. Alors que nous en avons environ 1,5 million de plus qu’en 1980, la plupart de nos concitoyens se plaignent d’un désengagement de l’État. Arroser davantage ne servirait donc à rien ; il est au contraire grand temps de mettre fin à cette fuite en avant. »

Sans chercher à stigmatiser qui que ce soit, la question de la suradministration mérite d’être posée. Une chance pour notre pays, des solutions existent sans remettre en question sa sacro-sainte conception du service public. La première est bien sûr In ternet. « Nous n’en sommes qu’aux prémices de ce que permet la dématérialisation des procédures administratives, explique Jean-François Verdier.

 Les gains de productivité qui en découlent nous autorisent à jouer sur les effectifs de manière phénoménale, tout en améliorant la qualité de nos missions. Qui va se plaindre de télécharger un formulaire depuis son fauteuil en lieu et place d’une attente de deux heures dans une préfecture ? Nous avons donc à notre disposition un gisement historique d’économie, qu’il serait insensé de laisser passer. »

Un emploi sur cinq, en France, est un emploi public

Il est également indispensable de repenser l’organisation de nos administrations. « Notamment à travers la mise en place de guichets uniques, suggère Gilles Pedini.

 Prenons, parmi tant d’autres, l’exemple des aides à la création d’entreprise. Chacun peut en demander auprès de Pôle Emploi, des CCI, des communes, des conseils régionaux, des préfectures, etc. Un regroupement au sein d’une même structure n’aurait que des avantages. Tant pour les finances publiques que pour les futurs entrepreneurs. »

Si de telles mesures rencontrent un consensus quasi général, d’autres relèvent du choix de société et nécessiteraient un vrai courage politique. Citons pêle-mêle le regroupement des petites écoles de campagne, la fermeture des postes désertées faute d’habitants, la suppression des inutiles départements, la réévaluation des systèmes de récupération horaire accordés à certains agents. 

Sans oublier l’idée sulfureuse d’un service public recentré sur… le service du public ! Ira-t-on un jour jusqu’à exiger de la totalité des caisses primaires d’assurance maladie qu’elles ouvrent le mercredi ? « Il faudrait pour cela que l’intérêt des mères de famille usagères de la Sécurité sociale passe avant celui des mères de famille agents de la Sécurité sociale, ironise Agnès Verdier-Molinié. Une révolution. »

Revenons sur un dernier chiffre : tandis que le poids de l’emploi public dans l’emploi total est de 20,4 % en France, il se situe autour de 15 dans la plupart des pays de l’OCDE. C’est le cas notamment de beaucoup de nos voisins européens, en rien sous-administrés. À défaut de reproduire ce schéma de manière mécanique, voilà au moins de quoi nous fixer un cap. 

http://www.valeursactuelles.com/dossier-dactualité/dossier-dactualité/fonctionnaires-l’enquête-vérité20120523.html

Publié dans Y'en a marre des fonctionnaires | Pas de Commentaire »

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