Y’en a marre du train de vie de nos ministres et de leurs dépenses

Posté par ippolito le 12 janvier 2013

Les ministres paient-ils leurs dépenses liées à la vie quotidienne ?

Loyer, courses, transports. Que paient vraiment les ministres lorsqu’ils ne sont pas officiellement en fonction ? 

Difficile de le savoir car aucun document précis ne distingue les dépenses professionnelles aux dépenses privées.

 Et comme tout bon ministre doit être en alerte 24h/24, certains n’hésitent pas à utiliser les moyens publics à des fins personnelles.

Episode 14 : Les dépenses des ministres.

Logement de fonction : 23 ministres sur 38 sont concernés

Le logement de fonction fait partie des avantages liés à la fonction de ministre. Tous n’en profitent pas : sur les 38 ministres du gouvernement Ayrault, 15 ont gardé leur logement personnel. C’est le cas notamment de la ministre du Logement, Cécile Duflot, qui habite toujours son pavillon de banlieue, à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). 

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, réside à Paris (et n’aime pas les SDF de son quartier). La ministre de la justice, Christiane Taubira, n’a pas quitté son logement dans les Hauts-de-Seine. Quant au ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, il continue à faire tous les jours l’aller-retour en TGV entre son ministère et son domicile au Mans. 

En revanche, la majorité des ministres occupe, gratuitement, un logement de fonction. A commencer par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault qui occupe l’appartement de fonction de Matignon, d’une surface de 309 mètres carrés (dont 213 mètres carrés pour la partie privée). Arnaud Montebourg est logé à Bercy.

 Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, est installée à l’hôtel de Broglie situé au 35 rue de Varenne, dans le 7e arrondissement de Paris. La valeur locative de son logement, d’une superficie de 149 m2, est estimée à 5 374 euros par mois. Un bel avantage donc.

Personnels affectés à l’entretien de ces logements

Les ministres occupant un logement de fonction ont-ils également droit à des femmes de chambre ? Ca dépend des ministères comme le révèle Vincent Quivy dans son livre « Chers élus ». 

Quand Eric Woerth était ministre du budget et Christine Lagarde, ministre de l’économie, tous deux bénéficiaient d’un personnel à leur service : deux femmes de chambre, deux cuisiniers et deux maîtres d’hôtel pour un coût annuel de l’ordre de 300 000 euros.

 Quand Michèle Alliot-Marie était ministre de l’Intérieur en 2007-2008, le nombre de personnels affectés à son logement de fonction s’élevait à 20 agents (1 militaire, 5 fonctionnaires et 14 contractuels).

 Facture annuelle ? 443 000 euros. Quelle est la frontière entre dépenses de fonction et dépenses personnelles ? Impossible de l’établir. Car la frontière est ténue : par exemple, quand Roselyne Bachelot était ministre de la Santé, elle affirmait qu’aucun personnel n’était affecté pour l’intendance de son appartement de fonction. 

Dans le même temps, elle déclarait que « deux personnes, sous contrat, sont affectées à l’intendance de la ministre de la Santé et de la secrétaire d’Etat chargée de la famille ». Que veut dire exactement le terme « intendance » si ce n’est pas à un usage privé ? Mystère.

Déplacements le week-end : un avion de la République pour Fillon

Pour leurs déplacements, les ministres ont des voitures de fonction. Le week-end, ils ne sont pas censés les utiliser, sauf en cas de déplacement ministériel. Mais qui ira vérifier que tel ou tel ministre n’a pas utilisé sa voiture de fonction pour se rendre dans sa maison de campagne ? Personne. Voilà pourquoi, au détour d’articles, on apprend que tel ou tel ministre avait utilisé les moyens de l’Etat pour des déplacements privés. 

Exemple avec François Fillon lorsqu’il était Premier ministre. En septembre 2008, son Falcon avait évité de justesse la collision avec un avion de tourisme. 

Toute la presse avait décrit en détail la manœuvre d’urgence effectuée par le pilote, mais personne, à l’exception du Canard Enchaîné, ne s’était interrogée sur les conditions de ce voyage. François Fillon et sa famille rentraient en fait de week-end. Et ça a duré pendant tout le quinquennat de Sarkozy : le Premier ministre et sa famille retraient systématiquement de la Sarthe en Falcon 900 ou 7X aux frais de la République. 

Montant de la facture : 1,3 million d’euros par an. La Sarthe n’était d’ailleurs pas la seule destination du Premier ministre. En mai 2009, il était parti en week-end au Maroc à bord d’un Falcon de la République, et en décembre 2010, il avait passé ses vacances de Noël en Egypte.

 Pas d’avion de ligne pour s’y rendre, le Premier ministre avait préféré un Falcon 900 dont l’heure de vol est facturée 9 400 euros. Sûrement échaudés par toutes ces révélations, François Hollande et Jean-Marc Ayrault se sont engagés à limiter leurs déplacements en avion.

*** Sources
- R. Rosso, « Quels ministres bénéficient d’un domicile de fonction ? », L’Express, 11.07.2012
- Justine Gay, « Les logements de fonction des ministres », Journaldunet.com, 02.07.2012
- Vincent Quivy, Chers élus, ce qu’ils gagnent vraiment, Seuil, 2010

L’argent du pouvoir · 3 jan. 2013 à 07:13 

http://www.politique.net/2013010301-depenses-des-ministres.htm

Publié dans Y'en a marre des politiques | Pas de Commentaire »

Y’en a marre du sénat et des sénateurs

Posté par ippolito le 10 janvier 2013

 A QUOI SERT LE SENAT ?

- Papa, papa, à quoi il sert le Sénat ?

- Euh. Tu ne voudrais pas que je te parle plutôt de la sexualité, comment on a fait avec maman pour t’avoir, ce genre d’info, ou que je montre des vidéos coquines ?…

- Non, merci papa, tu es gentil, mais je voudrais que l’on parle du Sénat.

- Bon. Puisque tu insistes. Assieds-toi. E crois que tu es assez grand pour savoir. C’est un sujet dont on parle peu dans les chaumières, et tu comprendras pourquoi. 

Tu vois, mon petit, les hommes politiques sont comme tout le monde, ils ont peur du troisième âge, alors quand ils se font vieux, que leurs neurones sont un peu détendus, voire grillés, et que la zigounette ne se lève plus comme chez toi, ils ont besoin d’un endroit où ils peuvent se reposer, un club, si tu veux, où ils font semblant de travailler, et qui leur assure un bon petit coup de pouce pour leur pouvoir d’achat.

Ils y viennent, ils y sont au chaud, ils piquent un roupillon, ils oublient incontinence et statistiques économiques auxquelles ils ne comprennent rien, et nous, on est bien contents de pouvoir leur assurer une fin de vie aussi heureuse, à ces glorieux débris de la République, avec chauffeur de fonction et bon petit restau étoilé.  

Mais attention, pour que les citoyens ordinaires continuent de financer ce train de vie fait de petites-fours et de « voyages d’étude » aux Maldives, il ne faut pas en parler. Tu sais comment ils sont, les gens, en ces temps de crise. Jaloux, mesquins, minables. Ils seraient capables de remplacer le Dom Pérignon par une Badoit en bouteille plastique. Alors chut !

Le Sénat passe à gauche

A l’école, en cours d’instruction civique, on t’a donné le plein d’informations inutiles : le mode d’élection, le nombre de sénateurs, l’histoire du Sénat. 

On t’a sûrement dit qu’en France « la démocratie locale est une composante essentielle de la démocratie nationale ». On t’a peut-être assommé avec une tirade comme celle-ci : 

« Sur le plan constitutionnel, le Sénat a participé à l’élaboration d’un cadre juridique mieux défini pour les collectivités locales, au regard de la Constitution, tant au cours de la discussion des textes législatifs soumis à son examen, qu’en amenant le Conseil constitutionnel à statuer à plusieurs reprises sur le principe et le contenu de la libre administration des collectivités territoriales. »

C’est à la rubrique « Rôle et fonctionnement’ sur senat.fr, avec pour sous-titre « Des rubriques courtes et claires pour aller à l’essentiel ». 

C’est aussi visqueux que du Nutella mélangé au miel, et, si tu as l’impression que ça ne veut rien dire, c’est que tu es encore bien naïf, mon bonhomme. Quand tu auras un peu vécu, tu comprendras que la vase est le meilleur moyen de cacher le poisson.

Le sens véritable est le suivant : «  Sur le plan constitutionnel, le Sénat ne sert à rien, il faut doublon avec l’Assemblée nationale, mais attention, pour protéger ceux qui y tètent, on a dressé un mur tout en verbosité où s’écraseront vos puériles interrogations, une forteresse  que nous allons défendre comme la prunelle de nos yeux car elle est essentielle à l’ordre établi. »

- Alors c’est comme Sciences-Po, ça ne changera jamais ?

- Jamais. N’est-ce pas merveilleux ?

Il y a au cœur de la République une stabilité comparable aux Pyramides. C’est pour cela que notre système est le meilleur au monde. Sois-en fier, mon garçon !

http://resistanceinventerre.wordpress.com/2013/01/04/a-la-decouverte-des-institutions-a-quoi-sert-le-senat/

Publié dans Y'en a marre des politiques | Pas de Commentaire »

Y’en a marre du salaire de Najat Vallaud-Belkacem et surtout des cumulards

Posté par ippolito le 6 janvier 2013

Le salaire de Najat Vallaud-Belkacem : 12 697 euros par mois grâce à son bonus de 2 757 euros d’élue locale

Figurez-vous que les fonctions de ministre et de porte-parole du gouvernement ne sont pas des emplois à temps plein.

C’est le constat fait par le Nouvel Observateur qui remarque dans son numéro double de Noël que la majorité des membres du gouvernement Ayrault cumulent les mandats.

 A commencer par Najat Vallaud-Belkacem qui détient le record d’indemnités cumulées.
Salaire des ministres : une baisse de 30% compensée par le cumul ?

Les ministres devaient donner l’exemple : en réduisant de 30% le salaire des membres du gouvernement, François Hollande montrait que les politiques pouvaient aussi participer à l’effort budgétaire en période de crise. 

Désormais, un ministre est payé 9 940 euros brut par mois. Mais 25 des 39 ministres du gouvernement ont gardé une fonction locale.

 Tous ne sont pas payés (à l’image de Manuel Valls, qui après avoir essayé de cumuler les indemnités à renoncer à celle qu’il devait toucher en tant que conseiller municipal). 

En revanche, certains ministres n’hésitent pas à cumuler les indemnités. Car si Matignon a interdit aux membres du gouvernement de garder un mandat d’exécutif, ces derniers peuvent conserver un simple poste de conseiller et la rémunération qui va avec.

Najat Vallaud-Belkacem : ministre, porte-parole, conseillère municipale et conseillère régionale

Selon Le Nouvel Obs, la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem ne touche pas seulement son salaire de ministre (9 940 euros brut par mois). 

Elle a conservé son mandat de conseillère municipale et communautaire de Lyon ainsi que son poste de conseillère générale du Rhône. Deux mandats qui lui rapportent un bonus mensuel de 2 757 euros brut par mois.

Ajoutés à son salaire de ministre, Vallaud-Belkacem gagne donc 12 697 euros, soit le plafond maximal imposé aux ministres par la loi sur la transparence financière de la vie politique, promulguée en avril 2011.

A titre de comparaison, sous Sarkozy, un ministre était payé 13 471 euros. En cumulant les mandats, Najat Vallaud-Belkacem réussit donc à compenser en grande partie la baisse de 30% du salaire des ministres version Hollande. En toute légalité donc. Mais est-ce « normal » ? 

L’argent du pouvoir · 27 déc. 2012 à 17:56 

*** Source
- Julien Martin, « Ministres… et cumulards ! », Le Nouvel Obs n°2511, 20.12.2012

http://www.politique.net/2012122701-salaire-de-najat-vallaud-belkacem.htm

Publié dans Y'en a marre des politiques, Y'en a marre des promesses non tenues | Pas de Commentaire »

Y’en a marre de Matignon qui s’embrouille dans les salaires des conseillers d’Ayrault

Posté par ippolito le 3 janvier 2013

Matignon s’embrouille dans les salaires des conseillers d’Ayrault

Suite à une question écrite du député socialiste René Dosière, les services du Premier ministre ont fait paraître des chiffres erronés dans le Journal officiel.

14.979 euros nets. Voilà ce que toucheraient en moyenne les trois conseillers les mieux payés de Jean-Marc Ayrault si l’on en croit la réponse faite par le premier ministre à une question écrite du député socialiste René Dosière, publiée au Journal officiel du 25 décembre 2012.

Un chiffre repris par l’hebdomadaire Le Point dans son numéro paru ce jeudi 3 janvier. Surprenant dans la mesure où les rémunérations des collaborateurs ministériels sont censées ne pas dépasser ceux du Premier ministre et du Président de la République.

Confusion entre salaire brut et net

Or, Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont baissé leur salaire de 30 % et sont désormais payés 14.910 euros bruts par mois. Renseignements pris auprès de Matignon : les services du Premier ministre expliquent avoir commis une erreur. 

Le montant figurant au Journal Officiel est celui de la rémunération brute moyenne dont bénéficient les conseillers de Jean-Marc Ayrault. Le montant net se limite à 13.000 euros par mois soit – à quelques centimes près – la même moyenne que pour les trois plus gros salaires de l’Elysée. 

Un plafond fixé en début de mandat par l’exécutif.

Pour rappel, du temps de Nicolas Sarkozy, les trois collaborateurs les mieux payés de l’Elysée émargeaient en moyenne à 21.146 euros nets par mois selon René Dosière.

Suite au coup de fil de Challenges, Matignon a d’ailleurs immédiatement appelé le très vigilant député socialiste pour l’informer de la bourde.

Créé le 03-01-2013 à 12h29
Mis à jour à 12h48Par David Bensoussan

http://www.challenges.fr/economie/20130103.CHA4764/matignon-s-embrouille-dans-les-salaires-des-conseillers-du-premier-ministre-jean-marc-ayrault.html

Publié dans Y'en a marre des politiques | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des primes distribuées par Fabius

Posté par ippolito le 31 décembre 2012

Les primes de Laurent Fabius

Laurent Fabius dispose d’une enveloppe spéciale de 1,1 million d’euros pour les primes de ses collaborateurs.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius bénéficie d’une enveloppe de 1,1 million d’euros destinée à financer les primes de ses collaborateurs. Le budget alloué aux primes des collaborateurs de Laurent Fabius est l’un des plus importants du gouvernement.

Fabius dispose de 150 collaborateurs, dont 15 membres de cabinet, ce qui explique le budget élevé dont il bénéficie pour les primes de ses collaborateurs. Les collaborateurs de Fabius touchent ainsi une prime de 7274 euros en moyenne par personne.

Au 31 décembre 2012, Fabius aura utilisé 652 171 euros sur les 1 091 082 euros destinés aux primes de ses collaborateurs, soit 60% du budget global.

source: journaldunet.com
Publié par Rédaction le 27/12/12

http://www.observatoiredessubventions.com/2012/les-primes-de-laurent-fabius/

Publié dans Y'en a marre des politiques | Pas de Commentaire »

Y’en a marre des mensonges, ça suffit !

Posté par ippolito le 24 décembre 2012

Les mensonges ça suffit !

Que ce soit en politique, en économie, en consommation et même en culture, les contrevérités s’énoncent sans pudeur et sans scrupule. «Marianne» a recensé les plus énormes. Pourvu que cela serve à quelque chose.

Intox, désintox : le «fact-checking», ou chasse aux mensonges, est devenu, depuis la campagne présidentielle, le diamant des pages politiques de nos journaux. 

Les rubricards en sont heureux, qui espèrent que cette recherche compulsive des scories du discours effacera le discrédit causé par une excessive proximité avec les puissants.

 Pourtant, cet exercice, pour être salutaire, scotche le journaliste au niveau du balayeur de rue, du croque-mort ou de l’huissier constatant le SMS qui signe l’adultère. Métier essentiel, mais ingrat.

 L’initiative, en effet, reste au menteur, qui décide du sujet comme du tempo, ne laissant au petit greffier de l’information que l’illusion de l’héroïsme vérificateur.

 Désormais, dans les rédactions comme au supermarché ou à l’Assemblée nationale, il est acquis que la vérité coûte cher à dire – alors que le mensonge rapporte, qu’il soit proféré ou… dénoncé. 

FABRIQUE À ABSTENTION

Faut-il pourtant célébrer l’avènement du citoyen déniaisé, à défaut d’être éclairé ? 

Chacun, en écoutant la radio dans sa cuisine ou tripotant l’ordinateur, en est désormais réduit à se fier au moins menteur. 

Sur ArcelorMittal, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gaz de schiste, la migration des riches, la facebookisation des adolescents, les doublons dans la fonction publique, le besoin de main-d’œuvre immigrée dans le bâtiment, les conséquences de la fin de l’euro, la restriction du commerce avec la Chine, le dopage de la bande à Zidane, la régularité de l’appel d’offres du grand stade de Lille, l’innocuité des ondes magnétiques, de l’huile de palme et du Nutella, l’intérêt médical de la moitié de la pharmacopée française, les consommateurs d’infos ne sont guère plus avancés que le quinqua rondouillard tenté par le régime hyperprotéiné Dukan. 

Sous le son d’avoine, on flaire l’entourloupe, mais aucune vérité n’émerge, faute d’autorité au-dessus de tout soupçon. Est-ce un hasard si l’abstention progresse et si la presse se meurt ?

Bienvenue en 2012, bienvenue au temps du mensonge triomphant ! Qu’il s’agisse d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, la réalité ne fait plus l’objet du consensus minimal au sein de la société française.

 Depuis que la crise a planté ses crocs – d’abord sur la croissance et les revenus, puis sur l’esprit public -, les liens sociaux hérités du passé se déchirent et sciences dures et sciences molles tombent en lambeaux. 

Historiens et physiciens sont suspectés de charlatanisme, si bien que le passé n’est plus ce qu’il était et l’espoir d’un progrès de l’humanité ne se porte pas très bien. Internet a donné une nouvelle vitrine aux pseudo-sachants qui professent que la Terre est plate et que les images d’une planète sphérique ont été fabriquées en studio.

La théorie de l’évolution, les attentats du 11 septembre 2001, les pièces de Molière écrites par Corneille…, tout est faux, colporte la rumeur. L’érudition ne provoque plus l’admiration, mais un petit ricanement sans joie. Confiance hier ; soupçon de duperie et sarcasme aujourd’hui. La quête de l’inaccessible étoile a fait place à une recherche paranoïaque de toutes les faces cachées.

 Albert Londres partait longtemps pour raconter la lointaine Russie, la Chine et le Tour de France ; le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, fait baver d’envie les jeunes journalistes qui rêvent de dénoncer le complot du siècle sur la foi d’envois anonymes, avant de rentrer chez eux pour regarder «West Wing» ou «Borgen».

Il ferait beau, au pays de Descartes, que l’exercice du doute se soit substitué à la crédulité. Or, si l’Immaculée Conception a été passée à la moulinette de la raison, si le mythe de l’homme nouveau n’a pas résisté au crash test de l’histoire, ces fictions ont paradoxalement laissé le champ libre aux menteurs patentés.

 Dès lors que rien n’est sûr, n’importe qui peut dire n’importe quoi sans crainte d’être disqualifié. «Supermenteur» – qui se souvient du surnom de Jacques Chirac ? -, condamné par la justice, a été gracié par une opinion anesthésiée, résignée ou cyniquement admirative.

 Il a pu fêter ses 80 ans en patriarche, sans subir l’opprobre en rapport avec son culot pharaonesque. De même, le démontage de la machine à mentir de Claude Allègre n’a pas poussé le géologue à l’exil ou à la trappe ; paresseuse, la presse continue de mettre en scène ses délires sur le climat ou les OGM.

Abraham Lincoln se croyait audacieux, affirmant : «On peut mentir une fois à tout le monde, on peut mentir tout le temps à une personne, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde.» Pauvre naïf ! Les Machiavel du XXIe siècle ne conseillent plus les princes, ils sont les princes.

 En atteste la starification des publicitaires créatifs (Frank Tapiro), des communicants malins (Jean-Luc Mano) et des puissants lobbyistes (Anne Méaux), qui dépassent en influence, en notoriété et plus encore en fortune la plupart de leurs clients.

Après les prêtres et les commissaires politiques, qui faisaient au moins semblant de croire à leurs fadaises, voici le temps venu des professionnels de l’arnaque. Ceux qui «assument». 

Selon eux, la drague sur Internet, le commerce et la politique font un, qui ne se conçoit pas sans étude de marché. Un programme, ou un candidat, se fourgue comme une soupe au goût artificiel, trop salée pour être honnête. Au supermarché et au restaurant, les mentions «Fait maison», «A l’ancienne», «Au torchon», «En cocotte» signalent des préparations industrielles néanmoins estampillées «grand-mère».

Et alors ? A l’UMP, Jean-François Copé a délaissé la langue de bois, à trop forte connotation soviétique, pour un mentir-vrai cash et trash :

 si nul n’a jamais pu retrouver l’enfant au pain au chocolat, il aurait pu exister, dès lors que l’islam communautariste se frotte – c’est un fait – à la laïcité et à la République. Ses adversaires, en réplique, n’ont d’ailleurs pas cherché à vérifier ou à démentir le fait, se contentant de contester la dignité d’une telle évocation.

 Posture contre posture, voilà le pauvre débat ! Quand François Hollande, alors candidat à la présidentielle, a désigné son adversaire, «la finance», Nicolas Sarkozy aurait dû l’obliger à décliner ses engagements, assortis du calendrier de leur mise en œuvre. «On nous ment matin, midi et soir», s’est-il contenté de dénoncer, en expert.

Confrontation des engagements ? Choc des ambitions ? Après les grandes controverses – Guesde/Jaurès, Sartre/Camus, Cohn-Bendit/Peyrefitte, Mitterrand/Rocard, Chevènement/Jospin et même… Balladur/Chirac ! -, l’élection présidentielle de 2012 a opposé deux frères ennemis dont les «entourages» avaient exigé d’eux qu’ils cessassent de porter le même costume bleu nuit avec cravate à pois assortie. Jeu de rôle ? Le 6 mai, la ligne Terra Nova – à peine révisée – a soufflé la victoire à la stratégie Buisson, mais, depuis, le fameux «cap» du capitaine Hollande est un sujet de méditation majeur.

Le dénouement – provisoire, sans doute – du feuilleton sidérurgique Montebourg/Mittal révèle un enchevêtrement de bluffs qui ont estomaqué les ouvriers de Florange. La querelle sur le mariage et l’adoption pour les homosexuels n’est pas sortie des poncifs : casseur de pédés ou bourreau d’enfants, choisis ton camp ! Pour intervenir, psychologues, sociologues, hommes politiques et religieux ont dû s’inscrire dans cette triste alternative : foi contre mauvaise foi.

Osons l’emphase : notre république du mensonge cumule la pathologie communiste de la désinformation industrielle et le réflexe de délégitimation de la pensée divergente, observé sous Vichy. 

Comme Philippe Pétain dénonçant le Front populaire, l’actuel déclin français est mis sur le dos des «mensonges qui vous ont fait tant de mal». Seule innovation, affligeante : aujourd’hui, tout le monde dénonce tout le monde, sans schéma idéologique prédéterminé, au gré de l’actualité et de la distribution des rôles à «C dans l’air».

Occultation de l’endettement public, acceptation passive des fractures françaises, lâcheté face aux communautarismes, esprit soixante-huitard, soumission au lobby bancaire, il y en a pour tout le monde, mais les tirs sont à blanc, si bien que le responsable en chef d’une faillite indiscutable peut parader. 

Alain Juppé est sans doute le meilleur dans ce registre : sanctionné par le suffrage universel et la justice pour avoir menti, en tant que secrétaire général du RPR, sur les emplois fictifs de la Mairie de Paris, l’ex-exilé au Québec prétend rendre la justice tel Saint Louis ! 

En face, c’est Lionel Jospin, le vétéran qui a amplifié la présidentialisation de la Ve République, qui se fait fort de rénover la vie politique française ! Les Guignols n’auraient pas osé mettre en scène pareilles tartuferies.

UNE EXIGENCE POLITIQUE

Face aux Français qui n’en pensent pas moins, comme en URSS lorsque les capacités productives allaient toujours croissant ou dans la Corée du Nord qui vante son dirigeant Kim Jung-un comme «homme le plus sexy de l’année», la récitation du discours officiel est devenue un test d’allégeance.

 Ainsi, Jérôme Cahuzac défend le principe de l’imposition à 75 % des plus hauts revenus, Benoît Hamon, la TVA sociale, Manuel Valls, les alternatives à la prison prônées par Christiane Taubira, et les sarcasmes se déchaînent lorsque l’écologiste Cécile Duflot rue dans les brancards.

 Refusant de faire l’éloge de la duplicité, Michel Rocard assume désormais son archaïsme, dans Libération du 2 décembre. En «observateur rigolard» qui se vante d’avoir «quand même menti moins que la moyenne», il tape sur les doigts de ce «pauvre François», président «coincé» d’une France «horriblement difficile à vivre» : «Le mensonge n’est pas sa tasse de thé même si la politique en exige beaucoup.» 

Dans le langage de tous les jours, l’adjectif «vrai», mis à toutes les sauces, exprime une… vraie demande d’authenticité. Alors, le vrai changement, c’est pour quand ?  

DANIEL BERNARD – MARIANNE

*Article publié dans le numéro 816 paru le 8 décembre 2012 

http://www.marianne.net/Les-mensonges-ca-suffit-_a225074.html

Publié dans Y'en a marre des mensonges | Pas de Commentaire »

1...34567...21
 

MesMots |
The World News Times |
Conserver notre cadre de vi... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Manger!...Manger!
| sauver mon exploitation
| PASSION OCEAN