Y’en marre des vœux du président de la République et surtout y’en a marre de François Hollande

Posté par ippolito le 2 janvier 2013

«Hollande a joué au marchand de sable de Bonne Nuit les Petits»

Revue des principales réactions politiques après les traditionnels vœux du président de la République. François Hollande se livrait à l’exercice pour la première fois en tant que chef de l’Etat.

Pour le président de l’UMP, Jean-François Copé, François Hollande a surtout montré l’image «d’un président en manque de crédibilité, qui mène notre pays dans l’impasse», tandis que Jean-Louis Borloo (UDI) a demandé un changement de politique économique. Ce sont «des voeux de rien», a renchéri la présidente du Front national Marine Le Pen.

«Un exercice de voeux pieux» pour Laurent Wauquiez, député Rassemblement-UMP. «Mais les faits ont la tête dure. La seule question qui se pose est: le pays va-t-il mieux depuis que François Hollande est président? 

Chaque mois les chiffres du chômage sont apocalyptiques; les Français et en particulier les classes moyennes sont écrasés d’impôts; et la voix de la France à l’international n’existe plus. (…) Les Français étaient en droit d’attendre un changement de cap et non les mêmes boniments que pendant la campagne électorale». 

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout-La-République, estime que «François Hollande a joué au marchand de sable de Bonne Nuit les Petits. Le président a soufflé le chaud et le froid, il s’est apitoyé sur les millions de chômeurs pour mieux leur promettre des lendemains qui chantent. François Hollande fait le dos rond en attendant la fin de la tempête. 

Il n’a pas eu le courage de comprendre que ce sont ses mauvais choix économiques qui provoquent cette tempête et nourrissent le chômage de masse (…) Les Français ne se laisseront plus endormir! Seule une autre politique peut permettre à la France de surmonter enfin cette terrible crise. Le pays mérite une autre voie». 

Au MoDem, le porte-parole Yann Werling, considère que «l’optimisme dont il a fait preuve, on peut le craindre, ne suffira pas à résoudre l’ensemble des problèmes du pays, ni à convaincre l’opinion. Les réformes qu’il a engagées et qu’il a rappelées vont certes dans le bon sens, mais nous sommes pour notre part persuadés qu’il faut aller plus loin, à la fois dans le soutien aux entreprises, et aussi dans la réduction de la dépense publique».

A gauche, le numéro un du PCF, Pierre Laurent, a jugé que «les attentes des Français rest(aient) entières». A l’inverse, le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a salué des «voeux de combat contre la crise et pour l’emploi».

Pour Jean-Pierre Bel, président PS du Sénat: «Le président de la République a tenu un langage de vérité (…) Il s’est exprimé avec l’autorité et la détermination qui s’attachent à sa fonction, sans chercher à masquer les sérieuses difficultés que connaît le pays, confronté aux conséquences de la politique conduite ces dix dernières années et à une crise internationale d’une gravité exceptionnelle. 

A l’écoute des Français et de leurs attentes, le chef de l’Etat a trouvé les mots et le ton justes pour convaincre de la cohérence et du bien-fondé de l’action engagée pour redresser la France (…) Par ses propos mobilisateurs, (il) a montré aux Français qu’ils peuvent envisager l’avenir avec confiance». 

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) «n’en attendait pas grand chose» «On n’a pas été déçu, explique le parti dans un communiqué. 

Entre exercice habituel d’autosatisfaction et profession de foi au goût austère (…) Pour répondre à la « crise historique », le président, sûr de lui, revient sur ses grandes décisions de l’année qui se termine: maîtrise des dépenses, mise en place du pacte de compétitivité, soi-disant maîtrise de la finance, le tout évidemment dans un  » esprit de justice »… Hollande est formel: 

« Nous avons engagé le redressement ». Il n’est pas sûr que les millions de chômeurs, les salariés licenciés ou à l’emploi menacé (…). Pour le NPA, 2013 doit donc être l’année des mobilisations unitaires pour faire reculer ce gouvernement, le Medef et les classes dirigeantes (…) Cette année, nous devons creuser le sillon d’une opposition unitaire, sociale et politique, à la gauche de ce gouvernement» 

Quant à Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière, elle juge dans un communiqué que «Hollande s’est fait élire en désignant « la finance » comme ennemi; il se couche devant elle.

 Pendant la campagne, il avait fustigé la hausse de la TVA par Sarkozy; il l’a augmentée lui-même. Il avait affirmé « le changement, c’est maintenant »; et 2012 finit pour les travailleurs pire encore qu’elle avait commencé (…) 

Bref, les travailleurs n’ont rien gagné en 2012, avec Hollande à la place de Sarkozy, hormis une régression continue de l’emploi et du pouvoir d’achat.

 En revanche les travailleurs ont la force et la capacité de défendre leurs intérêts collectivement et de rendre enfin les coups que leur portent patronat et gouvernement. C’est la seule perspective». 

(AFP)

1 janvier 2013 à 11:43 (Mis à jour: 12:20)

http://www.liberation.fr/politiques/2013/01/01/hollande-a-joue-au-marchand-de-sable-de-bonne-nuit-les-petits_871029

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Y’en a marre de la taxe à 75%

Posté par ippolito le 30 décembre 2012

La taxe à 75% censurée par les Sages

L’impôt à 75% pour les millionnaires, promesse phare du candidat François Hollande prévue dans le budget 2013, a été censuré samedi par le Conseil constitutionnel.

 Dans leur communiqué, les Sages, qui avaient été saisis par les parlementaires UMP, évoquent une « méconnaissance de l’égalité devant les charges publiques ». Ils ont également retoqué d’autres mesures, comme le calcul du plafonnement de l’impôt sur la fortune (ISF).

Des articles « contraires à la Constitution ». La sentence du Conseil constitutionnel est tombée samedi. Dans un communiqué, les Sages ont annoncé qu’ils censuraient la mesure portant sur une taxation à 75% des revenus de plus d’un million d’euros, prévue dans le budget 2013, l’une des promesses phare formulées par François Hollande durant sa campagne électorale. 

Une décision motivée par la « méconnaissance de l’égalité devant les charges publiques ». Le Conseil a en effet fait valoir que cette taxation, qui devrait s’appliquer pendant deux ans, était « assise sur les revenus de chaque personne physique » alors que l’impôt sur le revenu est prélevé « par foyer ». 

En clair, avec cette taxation, un ménage, dont chaque membre percevrait un revenu de 900.000 euros, aurait été exempté, tandis qu’un autre, dont un seul membre gagnerait 1,2 million d’euros et l’autre rien, aurait dû l’acquitter, ce qui constituait à l’évidence une « rupture d’égalité au regard de la faculté contributive », a-t-on expliqué au Conseil.

Les Sages donnent ainsi raison à l’opposition de droite, qui l’avait saisi sur le Budget 2013. Dans une interview vendredi au Figaro, le président de la Commission des Finances à l’Assemblée, le député UMP Gilles Carrez, estimait notamment que « le taux majoré de l’impôt sur le revenu à 75% crée une rupture d’égalité car il s’applique à un revenu non conjugalisé ». 

Des mesures du Budget 2013 également retoquées

Cette nouvelle tranche d’impôt n’est pas la seule mesure à être retoquée. S’il a validé l’instauration d’une nouvelle tranche marginale à 45% de l’impôt sur le revenu, le Conseil a également considéré que pour les « retraites-chapeau » la taxation particulière à 75,04% en 2012 et 75,34% en 2013 était « confiscatoire » et a ramené la taxation à 68,34%.

 Il a en outre rejeté les modalités de calcul du plafonnement de l’impôt sur la fortune (ISF), en particulier l’intégration des revenus ou bénéfices capitalisés, « que le contribuable n’a pas réalisés ».

Les Sages ont aussi censuré deux autres dispositifs fiscaux, l’un sur l’outre-mer et l’autre sur la Corse, prévus là encore dans le budget 2013, selon le communiqué diffusé par cette institution. 

Au nom du principe d’égalité, les Sages ont décidé de réduire l’avantage fiscal des investissements en outre-mer et de supprimer les exonérations de droits de succession sur les immeubles situés en Corse.

Avant cette décision, les Sages avaient déjà dit non à deux textes du gouvernement Ayrault. Celui sur le logement social, pour un vice de forme et non de fond, et la taxe sur les boissons énergisantes, faute de motivations suffisantes. S’agissant du budget 2012 rectifié, le Conseil l’a validé globalement avec son crédit d’impôt d’aide aux entreprises de 20 milliards d’euros.

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/La-taxe-a-75-censuree-par-le-Conseil-Constitutionnel-583345

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Y’en a marre de Hollande, ou de l’optimisme de l’intelligence et le pessimisme de la volonté et surtout des politiques en général

Posté par ippolito le 27 décembre 2012

Hollande, ou l’optimisme de l’intelligence et le pessimisme de la volonté

«Je suis pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté», confiait le révolutionnaire italien Antonio Gramsci. En plus de six mois à l’Elysée, le président français a fait sienne la maxime inverse.

«Je suis pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté», confiait le révolutionnaire italien Antonio Gramsci. Le réformiste français François Hollande prend étrangement le contre-pied de cette formule célèbre.

Au milieu de la tempête, alors que la récession rôde et que le chômage explose, le président de la République affiche une sérénité à toute épreuve. Rien n’atteint vraiment cet homme protégé par un sens de l’humour qui lui permet de tenir à distance les avanies.

Intimement persuadé que tout finira par s’améliorer en un juste retour des choses, il se garde de chercher à forcer le destin. Cet optimiste congénital laisse le volontarisme aux visionnaires naïfs et aux décideurs aventureux.

Ca s’en va et ça revient

Vainqueur inattendu de l’élection présidentielle de 2012, Hollande est convaincu d’être né sous une bonne étoile, trait de caractère qui le porte à considérer chaque problème sous un angle résolument positif. 

A l’égal de Jacques Chirac dans les années soixante-dix, il est doté d’une acuité visuelle remarquable qui lui permet de distinguer «le bout du tunnel» bien avant la plupart de ses semblables.

Pénétré d’une philosophie benoîtement cyclique, le président Hollande ne se laisse jamais abattre par les sombres prévisions de ces fâcheux de conjoncturistes. Selon la dernière note de l’Insee, la France est sur la pente d’une croissance quasi-nulle en 2013; le pouvoir d’achat recule tandis que 40.000 emplois par trimestre risquent d’être détruits l’année prochaine.

Face à cette situation pathétique, pas question néanmoins, pour le chef de l’Etat, de changer de cap. L’essentiel serait de garder le moral. «Ça va être dur, très dur, mais on va s’en sortir», a-t-il pronostiqué le 21 décembre. Et de promettre une «inversion» de la courbe du chômage «à la fin de l’année 2013».

Hollande répète depuis longtemps que la croissance reviendra bien un jour ou l’autre. Selon lui, l’Europe aurait déjà résolu ses difficultés. «On est en fin de crise de la zone euro», a-t-il affirmé début novembre au Laos, concédant tout de même que l’on est pas encore «en fin de crise économique».

Mais cela ne saurait tarder. «Les conditions sont réunies pour un retour de la croissance en 2013» en Europe, veut croire le président français.

Hollande n’a pas fondamentalement changé d’analyse depuis sa campagne présidentielle. Il a toujours anticipé un début de quinquennat marqué par la récession, la réduction des déficits et des serrages de vis en tous genres. A cette rude première phase doit ensuite succéder celle de la croissance retrouvée.

«La reprise va arriver, c’est une question de cycle», se rassure-t-il dans des confidences au Monde. Ce scénario rose d’une happy end aurait l’immense mérite de lui permettre d’aborder les échéances électorales de la fin du quinquennat dans de bonnes conditions…

Ils votent tout

Le président Hollande affiche une placidité aussi résolue sur le plan politique. Les tiraillements au sein de l’équipe gouvernementale ne le troublent pas outre-mesure.

Peu importent les limites, de plus en plus criantes, de Jean-Marc Ayrault. Pour l’hôte de l’Elysée, le Premier ministre présente surtout l’avantage d’être réputé dénué d’«esprit de calcul», autrement dit de ne pas avoir «d’ambition pour le suite».

Les tensions au sein de la majorité parlementaire avec des élus écologistes et communistes qui renâclent de plus en plus? L’ancien premier secrétaire du PS, expert en arrangements, s’en amuse:

«Ils votent tout. Il faut voir ce qu’on leur a fait avaler: pacte de compétitivité, budget européen, baisse des dépenses… Alors, il faut les ménager.»

Le stratège —et parfois tacticien— de l’Elysée est persuadé que ses alliés sont coincés. Que les communistes ne peuvent aller trop loin dans leurs critiques avant les décisives échéances municipales de 2014. Que les écologistes, du moins ceux qui comptent, prennent plutôt goût au pouvoir. Et que Jean-Luc Mélenchon n’a d’autre choix que de s’enfermer dans un rôle aussi valorisant que marginalisant.

Hollande n’est pas davantage affecté par le résultat des législatives partielles, qui se sont pourtant soldées par de franches victoires de la droite sur fond de démobilisation d’un électorat de gauche désarçonné. Comme son lointain prédécesseur François Mitterrand, il mise gros sur les divisions de l’adversaire.

La guerre entre Jean-François Copé et François Fillon n’est pas terminée. Nicolas Sarkozy n’a pas dit son dernier mot. Le président socialiste est résolu à profiter de cette absence de leadership clair à droite.

Accompagner la mutation

Avec de telles analyses, on conçoit aisément que le chef de l’Etat ne prenne guère au sérieux ceux qui tirent les sonnettes d’alarme et l’implorent de prendre de fortes initiatives. Qu’on ne compte pas sur lui pour s’engager dans on ne sait quelles audacieuses réformes de structure.

Hollande semble penser que, malgré ses défauts, le système économique en place saura résoudre ses contradictions. L’important serait alors de faire preuve de «réalisme» en respectant les intérêts de chacun.

C’est ainsi que la réforme bancaire en projet se situe terriblement en-deça des engagements pris par le candidat Hollande. Elle ne prévoit pas une réelle séparation entre les activités de dépôt et de crédit et, d’autre part, les investissements spéculatifs. Elle n’interdit même pas, en réalité, le «trading haute fréquence» emblématique des excès de la finance.

De l’avis des spécialistes, la réforme bancaire française s’annonce plus timide que celles qui ont été adoptées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis! Après avoir démagogiquement ciblé la finance comme son «véritable adversaire» pendant la campagne, Hollande s’est résolu à composer sagement avec le lobby bancaire.

Le manque de volontarisme menace également de se faire sentir sur le terrain de la réforme du marché du travail, sur lequel Hollande avait un peu imprudemment appelé de ses vœux un «compromis historique» entre syndicats et patronat.

En cette fin d’année, les négociations piétinent. La CFDT elle-même hésite à ratifier un projet d’accord en l’état très insatisfaisant pour les salariés. Quand bien même il serait finalement conclu, sa portée limitée ne marquerait nullement l’ouverture d’une ère nouvelle dans les rapports sociaux. Là encore, l’impulsion que l’on serait en droit d’attendre d’un gouvernement de gauche se fait cruellement désirer.

Au final, l’optimisme bonhomme de Hollande fait le lit d’un fatalisme arrangeant. Prisonnier d’une vision du monde héritée des années soixante-dix, le président n’a pas pris la mesure du dérèglement et de l’épuisement de notre système économique.

A l’instar de beaucoup de gens —à gauche comme à droite— il communie toujours dans la croyance en une «croissance» capable de guérir tous les maux.

Son ambition, confiait-il en octobre au Monde, se limite à accompagner la «mutation» du capitalisme financier «par la négociation, dans la justice». Un socialisme des convenances: «Les autres l’auraient fait sans doute, mais brutalement.» 

Eric Dupin Journaliste et essayiste. Dernier ouvrage paru: La Victoire empoisonnée (Seuil). 

http://www.slate.fr/story/66543/hollande-optimisme-pessimisme-volontarisme-strategie

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Y’en a marre des mensonges, ça suffit !

Posté par ippolito le 24 décembre 2012

Les mensonges ça suffit !

Que ce soit en politique, en économie, en consommation et même en culture, les contrevérités s’énoncent sans pudeur et sans scrupule. «Marianne» a recensé les plus énormes. Pourvu que cela serve à quelque chose.

Intox, désintox : le «fact-checking», ou chasse aux mensonges, est devenu, depuis la campagne présidentielle, le diamant des pages politiques de nos journaux. 

Les rubricards en sont heureux, qui espèrent que cette recherche compulsive des scories du discours effacera le discrédit causé par une excessive proximité avec les puissants.

 Pourtant, cet exercice, pour être salutaire, scotche le journaliste au niveau du balayeur de rue, du croque-mort ou de l’huissier constatant le SMS qui signe l’adultère. Métier essentiel, mais ingrat.

 L’initiative, en effet, reste au menteur, qui décide du sujet comme du tempo, ne laissant au petit greffier de l’information que l’illusion de l’héroïsme vérificateur.

 Désormais, dans les rédactions comme au supermarché ou à l’Assemblée nationale, il est acquis que la vérité coûte cher à dire – alors que le mensonge rapporte, qu’il soit proféré ou… dénoncé. 

FABRIQUE À ABSTENTION

Faut-il pourtant célébrer l’avènement du citoyen déniaisé, à défaut d’être éclairé ? 

Chacun, en écoutant la radio dans sa cuisine ou tripotant l’ordinateur, en est désormais réduit à se fier au moins menteur. 

Sur ArcelorMittal, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gaz de schiste, la migration des riches, la facebookisation des adolescents, les doublons dans la fonction publique, le besoin de main-d’œuvre immigrée dans le bâtiment, les conséquences de la fin de l’euro, la restriction du commerce avec la Chine, le dopage de la bande à Zidane, la régularité de l’appel d’offres du grand stade de Lille, l’innocuité des ondes magnétiques, de l’huile de palme et du Nutella, l’intérêt médical de la moitié de la pharmacopée française, les consommateurs d’infos ne sont guère plus avancés que le quinqua rondouillard tenté par le régime hyperprotéiné Dukan. 

Sous le son d’avoine, on flaire l’entourloupe, mais aucune vérité n’émerge, faute d’autorité au-dessus de tout soupçon. Est-ce un hasard si l’abstention progresse et si la presse se meurt ?

Bienvenue en 2012, bienvenue au temps du mensonge triomphant ! Qu’il s’agisse d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, la réalité ne fait plus l’objet du consensus minimal au sein de la société française.

 Depuis que la crise a planté ses crocs – d’abord sur la croissance et les revenus, puis sur l’esprit public -, les liens sociaux hérités du passé se déchirent et sciences dures et sciences molles tombent en lambeaux. 

Historiens et physiciens sont suspectés de charlatanisme, si bien que le passé n’est plus ce qu’il était et l’espoir d’un progrès de l’humanité ne se porte pas très bien. Internet a donné une nouvelle vitrine aux pseudo-sachants qui professent que la Terre est plate et que les images d’une planète sphérique ont été fabriquées en studio.

La théorie de l’évolution, les attentats du 11 septembre 2001, les pièces de Molière écrites par Corneille…, tout est faux, colporte la rumeur. L’érudition ne provoque plus l’admiration, mais un petit ricanement sans joie. Confiance hier ; soupçon de duperie et sarcasme aujourd’hui. La quête de l’inaccessible étoile a fait place à une recherche paranoïaque de toutes les faces cachées.

 Albert Londres partait longtemps pour raconter la lointaine Russie, la Chine et le Tour de France ; le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, fait baver d’envie les jeunes journalistes qui rêvent de dénoncer le complot du siècle sur la foi d’envois anonymes, avant de rentrer chez eux pour regarder «West Wing» ou «Borgen».

Il ferait beau, au pays de Descartes, que l’exercice du doute se soit substitué à la crédulité. Or, si l’Immaculée Conception a été passée à la moulinette de la raison, si le mythe de l’homme nouveau n’a pas résisté au crash test de l’histoire, ces fictions ont paradoxalement laissé le champ libre aux menteurs patentés.

 Dès lors que rien n’est sûr, n’importe qui peut dire n’importe quoi sans crainte d’être disqualifié. «Supermenteur» – qui se souvient du surnom de Jacques Chirac ? -, condamné par la justice, a été gracié par une opinion anesthésiée, résignée ou cyniquement admirative.

 Il a pu fêter ses 80 ans en patriarche, sans subir l’opprobre en rapport avec son culot pharaonesque. De même, le démontage de la machine à mentir de Claude Allègre n’a pas poussé le géologue à l’exil ou à la trappe ; paresseuse, la presse continue de mettre en scène ses délires sur le climat ou les OGM.

Abraham Lincoln se croyait audacieux, affirmant : «On peut mentir une fois à tout le monde, on peut mentir tout le temps à une personne, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde.» Pauvre naïf ! Les Machiavel du XXIe siècle ne conseillent plus les princes, ils sont les princes.

 En atteste la starification des publicitaires créatifs (Frank Tapiro), des communicants malins (Jean-Luc Mano) et des puissants lobbyistes (Anne Méaux), qui dépassent en influence, en notoriété et plus encore en fortune la plupart de leurs clients.

Après les prêtres et les commissaires politiques, qui faisaient au moins semblant de croire à leurs fadaises, voici le temps venu des professionnels de l’arnaque. Ceux qui «assument». 

Selon eux, la drague sur Internet, le commerce et la politique font un, qui ne se conçoit pas sans étude de marché. Un programme, ou un candidat, se fourgue comme une soupe au goût artificiel, trop salée pour être honnête. Au supermarché et au restaurant, les mentions «Fait maison», «A l’ancienne», «Au torchon», «En cocotte» signalent des préparations industrielles néanmoins estampillées «grand-mère».

Et alors ? A l’UMP, Jean-François Copé a délaissé la langue de bois, à trop forte connotation soviétique, pour un mentir-vrai cash et trash :

 si nul n’a jamais pu retrouver l’enfant au pain au chocolat, il aurait pu exister, dès lors que l’islam communautariste se frotte – c’est un fait – à la laïcité et à la République. Ses adversaires, en réplique, n’ont d’ailleurs pas cherché à vérifier ou à démentir le fait, se contentant de contester la dignité d’une telle évocation.

 Posture contre posture, voilà le pauvre débat ! Quand François Hollande, alors candidat à la présidentielle, a désigné son adversaire, «la finance», Nicolas Sarkozy aurait dû l’obliger à décliner ses engagements, assortis du calendrier de leur mise en œuvre. «On nous ment matin, midi et soir», s’est-il contenté de dénoncer, en expert.

Confrontation des engagements ? Choc des ambitions ? Après les grandes controverses – Guesde/Jaurès, Sartre/Camus, Cohn-Bendit/Peyrefitte, Mitterrand/Rocard, Chevènement/Jospin et même… Balladur/Chirac ! -, l’élection présidentielle de 2012 a opposé deux frères ennemis dont les «entourages» avaient exigé d’eux qu’ils cessassent de porter le même costume bleu nuit avec cravate à pois assortie. Jeu de rôle ? Le 6 mai, la ligne Terra Nova – à peine révisée – a soufflé la victoire à la stratégie Buisson, mais, depuis, le fameux «cap» du capitaine Hollande est un sujet de méditation majeur.

Le dénouement – provisoire, sans doute – du feuilleton sidérurgique Montebourg/Mittal révèle un enchevêtrement de bluffs qui ont estomaqué les ouvriers de Florange. La querelle sur le mariage et l’adoption pour les homosexuels n’est pas sortie des poncifs : casseur de pédés ou bourreau d’enfants, choisis ton camp ! Pour intervenir, psychologues, sociologues, hommes politiques et religieux ont dû s’inscrire dans cette triste alternative : foi contre mauvaise foi.

Osons l’emphase : notre république du mensonge cumule la pathologie communiste de la désinformation industrielle et le réflexe de délégitimation de la pensée divergente, observé sous Vichy. 

Comme Philippe Pétain dénonçant le Front populaire, l’actuel déclin français est mis sur le dos des «mensonges qui vous ont fait tant de mal». Seule innovation, affligeante : aujourd’hui, tout le monde dénonce tout le monde, sans schéma idéologique prédéterminé, au gré de l’actualité et de la distribution des rôles à «C dans l’air».

Occultation de l’endettement public, acceptation passive des fractures françaises, lâcheté face aux communautarismes, esprit soixante-huitard, soumission au lobby bancaire, il y en a pour tout le monde, mais les tirs sont à blanc, si bien que le responsable en chef d’une faillite indiscutable peut parader. 

Alain Juppé est sans doute le meilleur dans ce registre : sanctionné par le suffrage universel et la justice pour avoir menti, en tant que secrétaire général du RPR, sur les emplois fictifs de la Mairie de Paris, l’ex-exilé au Québec prétend rendre la justice tel Saint Louis ! 

En face, c’est Lionel Jospin, le vétéran qui a amplifié la présidentialisation de la Ve République, qui se fait fort de rénover la vie politique française ! Les Guignols n’auraient pas osé mettre en scène pareilles tartuferies.

UNE EXIGENCE POLITIQUE

Face aux Français qui n’en pensent pas moins, comme en URSS lorsque les capacités productives allaient toujours croissant ou dans la Corée du Nord qui vante son dirigeant Kim Jung-un comme «homme le plus sexy de l’année», la récitation du discours officiel est devenue un test d’allégeance.

 Ainsi, Jérôme Cahuzac défend le principe de l’imposition à 75 % des plus hauts revenus, Benoît Hamon, la TVA sociale, Manuel Valls, les alternatives à la prison prônées par Christiane Taubira, et les sarcasmes se déchaînent lorsque l’écologiste Cécile Duflot rue dans les brancards.

 Refusant de faire l’éloge de la duplicité, Michel Rocard assume désormais son archaïsme, dans Libération du 2 décembre. En «observateur rigolard» qui se vante d’avoir «quand même menti moins que la moyenne», il tape sur les doigts de ce «pauvre François», président «coincé» d’une France «horriblement difficile à vivre» : «Le mensonge n’est pas sa tasse de thé même si la politique en exige beaucoup.» 

Dans le langage de tous les jours, l’adjectif «vrai», mis à toutes les sauces, exprime une… vraie demande d’authenticité. Alors, le vrai changement, c’est pour quand ?  

DANIEL BERNARD – MARIANNE

*Article publié dans le numéro 816 paru le 8 décembre 2012 

http://www.marianne.net/Les-mensonges-ca-suffit-_a225074.html

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Y’en a marre des comptes de campagnes de Sarkozy et surtout de tout cet argent gaspillé

Posté par ippolito le 21 décembre 2012

EXCLUSIF

Présidentielle 2012: les comptes de campagne de Sarkozy rejetés

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a réintégré certaines dépenses antérieures à la déclaration de candidature de l’ancien président de la République. 

Le plafond a été dépassé. Nicolas Sarkozy peut déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. 

Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012 au soir, dans la salle parisienne de la Mutualité. Les comptes de campagne du candidat viennent d’être rejetés par la commission chargée de les valider.

La commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a décidé de rejeter les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle. 

Un incroyable coup de théâtre suscité par la réintégration de certaines dépenses antérieures au 15 février 2012, jour où le président sortant avait officiellement déclaré sa candidature, au journal télévisé de 20 heures de TF1. 

Nicolas Sarkozy (dont le mandataire était le député UMP d’Indre-et-Loire, Philippe Briand) avait déclaré un total de dépenses de 21 339 664 euros, alors que le plafond pour un candidat se qualifiant pour le second tour avait été fixé à 22 509 000 euros. 

Dès lors que des dépenses supplémentaires, liées notamment à des réunions publiques, sont réintégrées, le candidat UMP dépasse le plafond autorisé, ce qui entraîne le rejet de son compte. 

La décision de la CNCCFP, présidée par un ancien président de la Cour des Comptes, François Logerot, va être notifiée à Nicolas Sarkozy et transmise au Conseil constitutionnel. Elle peut faire « l’objet d’un recours de pleine juridiction formé par le candidat devant le Conseil constitutionnel dans le délai d’un mois suivant sa notification ». 

Si le rejet des comptes de Nicolas Sarkozy est confirmé, son parti, l’UMP, se verra privé des quelque 11 millions d’euros d’aide publique. Et Nicolas Sarkozy rejoindra… Jacques Cheminade et Bruno Mégret, seuls autres candidats à l’élection présidentielle dont les compte furent invalidés. C’était en 1995 et en 2002. 

Par Eric Mandonnet, publié le 21/12/2012 à 08:01, mis à jour à 11:22

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/presidentielle-2012-les-comptes-de-campagne-de-sarkozy-rejetes_1201855.html

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Y’en a marre des politiques et de leurs gaspillages…

Posté par ippolito le 20 décembre 2012

Comment Jean-François Copé aurait utilisé 810 000 euros du budget de l’UMP pour financer sa campagne

L’attaque vient du camp Fillon, mais pas de n’importe qui. Il s’agit de Dominique Dord, l’ancien trésorier de l’UMP qui a démissionné de ses fonctions suite à l’auto-proclamation de Copé à la présidence de l’UMP. 

Selon ce proche de François Fillon, en tant que secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé aurait utilisé les moyens du parti pour cette campagne interne que le clan Fillon croyait gagner d’avance.

D’après un décompte, repris par le Canard Enchaîné et effectué par Dominique Dord le 26 novembre, juste avant l’annonce de sa démission, « une dizaine de cadres, salariés de l’UMP, ont travaillé pendant les trois mois de la campagne exclusivement pour le maire de Meaux. 

Coût estimé au doigt mouillé, plus de 200 000 euros ». Une somme à laquelle il faut ajouter les 160 000 euros versés au parti de Christine Boutin, « au lendemain même du ralliement » de cette dernière à la candidature de Copé. Dominique Dord assure également que le siège de l’UMP, rue de Vaugirard, a littéralement été « privatisé » pendant la campagne, soit « 300 000 euros de loyers ». 

Dernière dépense attribuée à Copé sur le compte de l’UMP : les « moyens de communication » du parti et notamment l’achat du livre programmatique de Copé. Montant de la facture communication estimée par Dominique Dord ? 150 000 euros. 

Au total, Jean-François Copé aurait donc utilisé l’équivalent de 810 000 euros du budget de l’UMP exclusivement pour sa campagne. Un chiffre qui serait à comparer avec les dépenses déclarées par le clan Fillon, près de 250 000 euros, financées par le micro-parti de l’ancien Premier ministre, France9.

Des chiffres forcément invérifiables et lancés opportunément dans la presse : pourquoi le clan Fillon n’a-t-il pas tiré la sonnette d’alarme avant ? Mystère. Il n’en reste pas moins que ces chiffres donnent un ordre de grandeur du coût de ce fiasco interne, évalué à 1 260 000 euros. Ça fait cher le psychodrame pour un parti qui pourrait afficher 50 millions d’euros de déficit l’an prochain.

*** Source
- « L’addition de Dord », Le Canard enchaîné n°4805, 28.11.2012

http://www.politique.net/2012120201-cope-810-000-euros-budget-ump.htm

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